Journaliste depuis 1976, 26 ans à l'AFP, notamment à la tête du Département Economique, des bureaux de Tokyo et Bruxelles. Quatre livres publiés chez Grasset, dont "Cette crise qui vient d'Asie" et "Le jour où la France a fait faillite"
Une étude de la Banque de France revient sur l'attitude en apparence paradoxale des citoyens européens vis-à-vis de l'euro : ils aiment la monnaie unique tout en la rendant responsable de l'inflation. En Europe, rien n'est simple, tout se complique.
Entre 1919 et 2005, AIG, le premier assureur mondial, avait eu deux patrons. Martin Sullivan, débarqué dimanche par le conseil d'administration, aura tenu trois ans seulement, victime de la crise des "subprime" et de la vengeance de Maurice "Hank" Greenberg, qui avait dû lui céder la place en 2005, après un règne de presque quarante ans.
Le "non" irlandais au traité de Lisbonne disqualifie plus de dix années de finasseries pour sortir l'Union européenne d'une impasse institutionnelle. Il existe pourtant une porte de sortie par le haut, l'Union franco-allemande, proposée en 2003 par Pascal Lamy et Günter Verheugen.
Le gendarme des bourses américaines, la Securities and Exchange Commission, a présenté mercredi 11 juin ses propositions de réforme du fonctionnement des agences de notation. Les trois principales agences, dont le travail consiste à apprécier la capacité des emprunteurs à rembourser leurs dettes, ont été clouées au pilori dès le déclenchement de la crise des «subprime» l'été dernier. La recherche de coupables fait nécessairement partie du processus de gestion politique des retombées de la crise. Il y a de cela aussi dans le zèle réformateur de la SEC.
Dans un entretien exclusif à Mediapart, le président de la Société générale s'explique. Sur l'affaire Jérôme Kerviel et sur la perte de près de cinq milliards d'euros. Daniel Bouton admet que le monde politique et l'opinion publique aient eu du mal à comprendre les explications de la banque. Il s'explique sur les failles des dispositifs de contrôle et parle de l'avenir de la SocGen, sur fond de crise financière.
On ne lit jamais avec trop d'attention les publications de la Banque des règlements internationaux. Les experts de Bâle avaient, parmi les premiers, mis en garde sur les risques du marché immobilier américain, sans être entendus. Ils cherchent maintenant à comprendre pourquoi les tensions persistent sur le marché interbancaire, pourquoi la défiance règne toujours entre les banques internationales. Et ils ne prévoient pas de retour à la normale dans un avenir prévisible. Intéressant.
Réunis jeudi à Paris, les principaux acteurs du cycle de négociations commerciales de Doha se sont donné quinze jours pour préparer à Genève le terrain à une réunion ministérielle cruciale qui se tiendrait fin juin. C'est la dernière ligne droite ou le cul-de-sac pour le vaste marchandage lancé en 2001. Nouveauté: ce ne sont plus les subventions agricoles qui font problème mais les tarifs industriels.
Réunis jeudi à Paris, les principaux acteurs du cycle de Doha se sont donné quinze jours pour préparer à Genève le terrain à une réunion ministérielle cruciale qui se tiendrait fin juin. La dernière ligne droite ou le cul-de-sac pour le vaste marchandage lancé en 2001. Nouveauté: ce ne sont plus les subventions agricoles qui font problème mais les tarifs industiels.
Les déclarations inusitées de Ben Bernanke, patron de la banque centrale américaine, sur les risques d'une nouvelle baisse du dollar signalent l'inquiétude de Washington devant l'affaiblissement du statut du billet vert, dans la foulée de la crise financière. Mais si le déclin face à l'euro est bien structurel, comme le pensent nombre d'experts, la réponse européenne ne peut pas se contenter d'expédients de court terme. Enjeu majeur, même si l'audition organisée mardi 3 juin par la commission des Finances de l'Assemblée nationale n'a attiré qu'une poignée de députés. On trouvera sous l'onglet Prolonger la proposition originale de l'économiste Patrick Artus pour augmenter l'offre d'euros et enrayer la hausse de la devise européenne.
La BCE a dix ans lundi 2 juin. Même si son président Jean-Claude Trichet a le triomphe modeste, elle sort la tête haute de l'épreuve du feu de la crise financière. Décodage.
Pour le 10e anniversaire de la BCE, son président Jean-Claude Trichet a accordé un long entretien à Mediapart. Régulièrement critiqué, il défend le bilan de la banque centrale européenne, estimant qu'elle a traversé avec succès l'épreuve de la crise financière. Mais si les turbulences s'apaisent, "la complaisance est hors de propos", prévient M. Trichet. Face à un nouveau choc pétrolier, il met en garde contre une répétition des erreurs des années 1970. Lire aussi les deux "parti pris": "Bon anniversaire à la gamine de Francfort" et "L'indémodable polémique autour de la BCE".
Réunies à Paris du 26 au 29 mai, les autorités de tutelle des bourses de valeur du monde entier ont entamé le travail, rituel après chaque crise financière majeure, de renforcement de l'arsenal réglementaire. A la recherche d'un équilibre problématique entre innovation et protection des investisseurs, risque et sécurité. Si le passé plaide pour l'avenir, l'optimisme n'est guère de mise.
Les grognards ont grogné. A l'assemblée générale des actionnaires de la Société générale, première confrontation directe entre le management de la banque et sa «base» depuis la découverte en janvier 2008 de la «fraude exceptionnelle» orchestrée par le trader Jérôme Kerviel : le petit actionnaire, piétaille du CAC 40, a demandé des comptes et des têtes.
L'OMC envisage de convoquer à la mi-juin à Genève une trentaine de ministres du commerce et de l'agriculture des pays clés, pour compléter et «mettre à l'équerre» les principaux piliers du cycle de Doha, ce qui permettrait de le conclure fin 2008. L'affaire pourrait mettre à rude épreuve la neutralité dont les Français devront faire preuve quand ils prendront, pour six mois, la présidence tournante de l'Union européenne le 1er juillet. A l'approche de ces échéances, la France, première bénéficiaire de la Politique agricole commune, habille son protectionnisme de nouveaux oripeaux.
Les principaux acteurs du cycle de Doha de l'OMC, lancé en 2001 et toujours pas conclu, devraient se retrouver à Genève au niveau ministériel, à partir du 16 juin, pour des négociations sur deux textes clés concernant l'agriculture et les tarifs industriels. Donné moribond à de nombreuses reprises, le cycle approche de la "partie finale", estime Pascal Lamy, le directeur général de l'OMC.
Pour sauver le système financier américain, la Réserve fédérale a engagé la quasi-totalité de son bilan, où les obligations du Trésor américain ont été remplacées par les titres invendables déposés par les banques, pour obtenir des liquidités. Mais le précédent japonais enseigne qu'il n'y a pas vraiment d'alternative à la purge du système financier.
"C'est quand la mer se retire que l'on voit qui nage sans maillot". Ce proverbe chinois mis à toutes les sauces illustre aussi le processus de décantation entre les trois grandes banques françaises opéré par la crise financière. Un leadership confirmé pour BNPParibas, un rebond sur quoi bien peu auraient parié à la Société générale, une nouvelle aventure loin de ses bases qui se termine mal pour le Crédit agricole.
La crise financière des "subprime" va accélérer le déclin du dollar comme principale monnaie de réserve et d'échange. Le changement de système est en cours, qui conduirait à long terme à un régime à trois piliers, dollar, euro et monnaies asiatiques (yen et yuan). Mais les autorités américaines ne semblent toujours pas convaincues de la nécessité de gérer cette transition pour éviter qu'elle se fasse dans la douleur. Décryptage et réflexions d'un haut responsable monétaire européen.
La Réserve fédérale des Etats-Unis veut obtenir très vite du Congrès américain l'autorisation de rémunérer les réserves que les banques sont contraintes de lui confier. Derrière cette mesure d'apparence technique, il y a l'aveu que le pilotage de la politique monétaire est devenu de plus en plus difficile dans l'anarchie financière qui règne aux Etats-Unis. Ces contorsions contrastent avec la fermeté qui a guidé la main de la Banque centrale européenne depuis l'éclatement de la crise des «subprime» l'été dernier.
Purge financière, licenciements massifs et effort notable de transparence: la banque suisse UBS se décarcasse pour rétablir une réputation ternie par les énormes pertes liées aux "subprime" mais la défiance persiste. UBS reconnaît que l'évaluation précise des pertes venues des Etats-Unis reste impossible.