les fils de... et les copains de....

Pierre Bourdieu appelait cela le capital social. C’est ce capital humain, technique, économique, symbolique, qu’un individu est capable de mobiliser à son profit dans son entourage, à charge pour lui de renvoyer l’ascenseur le moment venu. Ce qui concoure à renforcer le pouvoir de ceux qui ont du pouvoir. Ainsi, plus on est riche, plus on est protégé des aléas de la vie. Le langage populaire est plus direct, il parle de copinage et de passe droit.

C’est ce que confirment les fils de… et les copains de…

 

On se souvient du fils de Sarkozy, Jean, dont le scooter avait heurté une voiture. Le conducteur avait pris la fuite et l’automobiliste avait porté plainte. Mais le fils de… Nicolas, pouvait compter sur l’aura de papa, devenu président. Et au tribunal, c’est l’automobiliste qui a été condamné pour dénonciation calomnieuse. Personne ne conduisait ce scooter dont il a pourtant relevé le numéro d’immatriculation, en tout cas, pas le fils de… qui - don d’ubiquité sans doute - était à ce moment là, à la faculté. Revoici que la justice, avec le même empressement à ne rien faire, vient de décider que le fils de… François Fillon est totalement innocent. Pourtant, une motarde a pris le numéro d’immatriculation de son 4x4 et porté plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Il y a quelques jours, sur le périphérique parisien, le fiston du 1 er ministre, a serré de prêt cette Complaisant, le juge a estimé qu’un simple rappel aux règles de sécurité suffisait. Evidemment, on est prié de croire que cela n’a rien à voir avec le fait que Fillon fils soit le chérubin de son papa.

 

D’ailleurs, nous sommes tous des fils de…. Ainsi, moi qui vous parle, je suis le fils de mon père qui, en tant que chômeur, a des entrées comme on dit chez son ami Paul Emploi. Si d’aventure, l’idée me vient de vouloir en profiter, je pourrais sans aucun doute, prendre sa place dans la file d’attente et me requérir de son nom pour obtenir que la maison me traite avec tout le respect qu’on me doit.

 

 

Mais il y  aussi les copains de… Nicolas. Le dernier en date, après François  - François Pérol évidement, c’est Henri Proglio, un copain du Fouquet’s. Il dirige Véolia, Nicolas lui a trouvé un siège où s’asseoir chez EDF, et quand l’actuel PDG partira, il prendra les commandes.

C’est un peu pareil pour ma sœur. Elle touche des jetons de présence au RSA et si en plus, elle peut gratter quelques centaines d’euros dans une entreprise, ca s’ajoutera. Les méchants disent que tout ça fait baisser le coût du travail, lamine la Sécu, augmente la précarité. Ce n’est pas faux, c’est d’ailleurs pour ça qu’Henri – Henri Proglio – conserve, en plus du million d’euro de revenu à EDF, les 3 millions d’Euros de son modeste emploi à Véolia.

 Au fond, tout est simple comme bonjour. Pour ne pas être dans le camp des perdants, il suffit de bien choisir ses amis et de renier ses parents.

Joli portrait de familles....

Moi j'ai un copain qui est le copain de... Claire Malbos !

 

Il a ses entrées tous les jours sur son bout du fil ou dans son frigo, selon que le besoin concerne l'âme ou l'estomac.

 

'faut dire que la Malbos est fille de... ses parents, lesquels avaient décidé une bonne fois pour toutes que quand il y en avait pour 7, il y avait pour 70, et qui élevèrent leurs enfants à concevoir la table et le toit comme des lieux ouverts à tout: drames, joies, poèmes, folies, ... et à tous: errants, abandonnés, poètes, rebelles de base, grands sages, déprimés, clowns ... . A la seule condition que personne ne sache orthographier les mots "passe-droit" ou "copinage", remplacés par "passe-montagne" (ça tient chaud), et "camaraderie"(ça réchauffe).

 

A cette époque de l'année, dans le siècle qui nous occupe, restons fermes sur les principes de base : mieux vaut être pauvre et en bonne santé affectivo-mentalo-spirituello-amouro-tout, quoi, pas vrai, que riche et salement amoché sur tous ces terrains tout de même vitaux.

 

Gageons que nous allons tous passer un bon week-end amoureux entre paumés-non-élus-au-copinages mais vachement portés sur la tendresse, durant que les somnifères avalés par ces boute en train de la république qui se boutent eux-mêmes hors des sentiers de l'humanité fréquentable, tout en réduisant leur battements de vrai coeur à peau de chagrin, virgule, je respire, ne suffiront ni à les endormir, ni à les absoudre, ni à ôter de leurs yeux l'odeur de poubelle qu'ils entendent, immanquablement, devant la glace le matin quand ils y pensent en se rasant.

 

Et voila.

Comme quoi, votre billet, Bourgade, m'a fait du bien.

J'espérais que quelqu'un s'y collerait, et ce fut vous !

Bravo!  "La vache", comme dirait les fillettes du CP, "c'est rudement bien !"

 

 

Tout compte fait, fils de personne, ça fait quelqu'un d'irréprochable alors ?

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C'est un vrai problème ... il se caractérise particulièrement par le silence dont on l'entoure...

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Il se pose, bien sûr, en politique, - il y avait eu, il y a plusieurs mois, un article très intéressant de Mathilde Mathieu, je crois, sur les "dynasties politiques"...

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Il se pose aussi dans des endroits aussi inattendus que l'enseignement supérieur. Quand, pour un seul poste, il y a cent candidats, le fait d'avoir le nom d'un mandarin connu, peut être un avantage extraordinaire pour l'un ou l'autre... Je ne dis pas que ce soit le seul critère de recrutement, mais il peut s'avérer décisif...

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Là où cela sévit comme un fléau, c'est dans les médias et dans le show-biz

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