Du journalisme de bénitier sur France 2

Les journalistes se plaignent du discrédit qui est le leur mais ils y concourent souvent de trois manières: premièrement par leurs approximations, deuxièmement par leur manque de réactivité, et troisièmement par leur manque manifeste de réflexion. France 2 vient de nous en fournir une nouvelle illustration qui mérite le détour. Dans le journal télévisé du 28 juillet, Françoise Laborde nous parle de la maison à 15 euros par jour. C'est la solution trouvée par la ministre du logement pour résoudre le problème du manque de logements à loyer modéré. La ministre investit ainsi sur le rêve des français de devenir propriétaires.

 

Le sujet est ainsi lancé. Le reportage montre l'une de ces maisons à 15 euros par jour. Le reporter de terrain est heureusement plus conséquent. Il explique que les 15 euros par jour seront à payer pendant vingt cinq ans. Autrement dit, la présentatrice est prise en flagrand délit de diffusion de fausse information ou de propagande gouvernementale. En effet, à 15 euros par jour, cela fait selon les mois, plus ou moins 45O euros. Soit 135 mille euros au bout de vingt ans ans. A quoi, il faut ajouter les frais notaires, 6% environ, ce qui donne au total - terrain non compris - 135 mille plus 8.100 de frais de notaire, 143 mille 100. la maison à 15 euros est donc bien une manière de présenter les choses sous un angle favorable. A ce petit jeu, on peut faire mieux, la maison à 0 euro 64 de l'heure. On peut aussi le décliner en minute pour amoindrir le prix. Si la présentatrice avait fait l'effort de ce petit calcul, elle n'aurait pas inciter ses télespectateurs à prendre les vessies gouvernementales pour des lanternes.

 

Autre remarque sur France 3. Le reporter explique que ce type de maison s'adresse aux "classes moyennes basses". Et pour nous donner une idée, il nous présente un couple type disposant à eux deux de mille sept ans euros de revenus. A la télé, on est visiblement très vite catalogué classe moyenne.

 

Dans les deux cas, on ne dit rien sur la maison elle même. Ses mètres carrés par exemple, sa situation géographique, des éléments importants, déterminants même pour le prix de cette petite maison dans la prairie.

Mettre en contexte, comme vous le soulignez, cela signifiait donc aussi :
- d'évoquer les frais d'entretien d'un immeuble pour lequel on s'endette sur très long terme et dont le coût modique laisse supposer qu'il nécessitera des travaux ultérieurs,
- de préciser que l'achat du terrain viendrait après ces longues années et n'est pas comptabilisé à ce niveau d'annonce,
- de s'interroger sur la localisation des terrains disponibles pour ces opérations et, vu l'état du foncier en France, des coûts de transport inhérents qu'ils induiraient pour les actifs dans une période de cherté des carburants ( à envisager sur 25/ 40 ans ! !!)

Mais cela signifiait qu'il fallait aussi recadrer l'opération dans le contexte français :
-avec l'abandon progressif du prêt à taux zéro

Et dans le contexte international :
- ce qui impliquait de mettre une telle mesure en perspective en évoquant, par exemple, la crise des subprimes et la catastrophe que le recours au crédit a constitué pour les américains pauvres et insolvables dont la situation n'a fait qu'empirer avec l'incitation à l'endettement

Avant la maison à 15 euros, nous avions eu l'ordinateur à 1 euro, le permis de conduire à 1 euro ... j'en oublie bien évidemment*

Nous vivons dans un univers de bonimentateurs qui essaient de nous fourguer leur camelote, cela s'appelle tout simplement de la propagande ou de la communication institutionnelle.

Vous critiquez à juste titre cette présentation de la politique gouvernementale, ou plutôt d'une prétendue politique affichée par le gouvernement mais dans ce cas précis le soi-disant journaliste n'effectue qu'un travail de reprise, il est au sens plein du terme un présentateur de télévision!

* Dans le même sens la franchise à cinquante centimes par boîte de médicaments ou l'euro supplémentaire payé par consultation médicale ... quantifions, minorons la dépense, c'est le B-A BA de la propagande

rectificatif : lire bonimenteur à la place de bonimentateur !

Il me semble que le propriétaire du terrain se trouve être, de fait, le proprio du bâti dessus, or qui est le proprio du terrain au début du contrat de la maison à "15€ jour", et qui garanti qu'il sera toujours le même à la conclusion finale. En cas de carence de l'acquérant, déclenchant une éventuelle saisie immobilière, qui démêle la situation? Il est débiteur sur le bien bâti, mais le proprio du terrain n'a encore pas vu un centime et il est réputé proprio du tout.

Vous avez bien raison. Vous devriez envoyer votre commentaire à ladite présentatrice, notamment lui suggérer la maison à 0 euro 64 de l'heure.
D'ailleurs, nous sommes très nombreux à ne plus regarder les JT, tant ils sont truffés de détails parasites, de mensonges et mités d'innombrables lacunes.
Les journaliste qui "oeuvrent" de la sorte sont-ils conscients du discrédit dont ils sont l'objet ?

Bonjour,
ils font parti de l'orchestre sur le Titanic....
"jusque là tout va bien, jusque là, tout va bien, jusque là tout va bien..."

Un recommandé, tout de suite, pour ce billet et son auteur qui met le doigt là où ça fait mal, avec concision et humour. Cela me fait imaginer à une édition participative "critique des medias", que l'on pourrait consulter et y livrer les "perles" ainsi repérées et décryptées.
Info de dernière minute : j'allume France Culture, il est 12h 25, pour écouter le journal, qu'est-ce que j' y entends ? une chanson de Carla Bruni !!! Au secours, j'étouffe !

Peneloppe, depuis des années, Radio-France a un contrat participatif avec Carla Bruni (comme avec d'autres chanteurs, le fils Dutronc, etc, pour des spectacles, des films, etc). Pas de liberté: un contrat à remplir...

Le plus choquant pour moi est la complicité des journalistes à l'anesthésie générale : on braque les projecteurs pendant toute une semaine sur un événement dramatique, certes, émouvant, traumatisant (comme par exemple la mort du petit Valentin) mais qui ne représente rien par rapport à l'ensemble des autres événements qui touchent un pays, 60 Millions d'habitants pendant cette semaine. Combien de suicides de jeunes, de vieux, combien de femmes battues, d'enfants maltraités, de décisions politiques et économiques majeures pendant ce laps de temps, occultées par un unique drame?
Olivier, 38 ans, vivant à Francfort

Absolument d'accord avec vous.

Cette anesthésie de la population française est révoltante pour qui est habitué à un autre traitement.
Depuis la maternelle, on les a habitués ainsi. Comment pourraient-ils voir autre chose ?
.
Ils ont du pain et des jeux... comme au temps des Romains et semblent ne pas demander plus...
.
Quand le pain viendra à manquer, peut-être se réveilleront-ils ?

Ne vous illusionnez pas de trop, les français sont trop c...s, il n'y a rien a espérer d'eux,
(quand je pense qu'on les a foutu dehors en 45! on se mord les doigts maintenant !!!)

Puisque vous aimez la polémique, cher ami, sachez que la Libération - en grande partie celle réalisée par les Américains et les Britanniques, contrairement à ce que vous écrivez, une visite attentive dans les cimetières de Normandie vous le confirmera - a été aussi une Libération pour le peuple allemand opprimé par la dictature. Ils l'ont tout autant saluée que les Français dans leur immense majorité.

La dictature, la terreur, n'est bonne pour aucun peuple. Malheur à celui qui s'y laisse prendre...

C'est pourquoi il est terriblement important de veiller sur ce que ceux qui ont été élus font de la responsabilité qui leur a été confiée.

mam Etoile66,
j'essaie juste avec de l'ironie de mauvais gout de me protéger de votre arrogante supériorité, rien de plus, mais c'est hyper dur !
Vous ne vous rendez même pas compte que vous tenez le même discours que berluscozy à Dakar....
(Sur l'incapacité de certains peuples à rentrer dans l'histoire... )

Vos arguments sont très légers, là... vraiment :-)))

Est-ce que quelqu'un, à propos de la maison à 15 euros/jour, a lu, entendu ou vu un journaliste rappeler les mésaventures financières, techniques, sécuritaires et autres qui ont été le lot de ceux qui s'étaient lancés dans l'acquisition d'une "chalandonette"? Je sais, c'est de l'histoire ancienne, ça se passait sous De Gaulle et la Mme Boutin de l'époque s'appelait Albin Chalandon. Mais voilà un rappel qui aurait été utile, car il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
Concernant M. Chalandon, ce que j'ai lu de plus récent, c'est qu'il a été le premier escabeau de Rachida pour grimper au sommet... Un peu court, MM. les journalistes. Vous auriez du aussi ressortir de l'ombre les belles "chalandonettes" qui fuyaient de partout, qui prenaient l'eau au premier orage, etc., etc.

a quand une chaine ,une radio indépendante et et des journaliistes se faisant un point d'honneur à remettre les choses en place ;titre de l'émission : Français on vous prend pour des cons....

Des JT plus qu'aseptisés ! Le scandale de l'affaire TAPIE : on n'en parle pas ! voitures brûlées, délinquence... tout semble au beau fixe dans ce pays, c'est merveilleux ! Et il y aurait beaucoup d'exemples à donner. De plus, la manière de donner des informations est très orientée à mon avis. L'exemple de la maison à 15 € n'est qu'un parmi d'autres. Pour les heures supplémentaires, c'était la même chose. On montrait au JT de la 2 des cadres ravis de percevoir des heures sup. Magnifique ! Mais quand on connaît la réalité, on est loin de ce tableau à la gloire du gouvernement. Aussi, je surfe sur le net, y compris dans la presse étrangère pour avoir les avis des autres pays européens sur la politique française, histoire de m'oxygéner un petit peu. Je regarde les infos d'ARTE aussi, instructives également. Et enfin, sans vouloir faire de pub à Médiapart, je me suis abonnée à ce journal pour avoir des infos plus objectives que ce qu'on nous sert aux JT. Conclusion : il est toujours enrichissant d'aller voir ailleurs ce qui se passe ! Malheureusement, le Français moyen ne cherche pas à savoir.

Absolument d'accord avec vous !!!