Xavier Darcos: un grand prestidigitateur
Le ministre de l’Education nationale est à la fois (ce qui est rare dans le poste ) un très bon connaisseur du système éducatif et un fin politique ; ce qui, dans le cadre du ‘’sarkozysme’’ obligé, donne une ‘’politique éducative’’ dominée par les tours de passe-passe.
Une des grandes leçons médiatiques est qu’une actualité ( ou une ‘’annonce’’ ) chasse l’autre ( nécessairement en moins de deux semaines soutiennent certains spécialistes ). Il y a une dizaine de jours, Xavier Darcos a annoncé la suppression de 13500 postes pour l’année prochaine ( après celle de 11200 cette année ). On pourrait penser que ce n’était guère le moment d’annoncer cela juste avant la ‘’rentrée’’ des enseignants et des parents d’élèves, qui peuvent s’unir. Mais Xavier Darcos savait déjà qu’il allait faire quelques autres annonces qui occuperaient alors le champ médiatique de la rentrée scolaire. Et c’est fait avec l’annonce ce matin d’une prime relativement substantielle pour les nouveaux enseignants, d'une prime de 300 euros pour les professeurs qui feraient au moins trois heures supplémentaires, et d’une certaine amélioration des fins de carrière en vue.
Il faut dire que Xavier Darcos apparaît comme un champion rarement égalé de la prestidigitation scolaire. Il est sans doute temps de se rappeler quelques-uns de ses tours, dans leur excellence et leur diversité.
On peut commencer par la présentation des nouveaux horaires du primaire dans son article du " Monde " du 18 juillet ( " Le sarkozysme est l’allié de l’école " ; cf mon billet du 31 juillet ) où il affirme tranquillement que la politique voulue par Nicolas Sarkozy " permet de donner plus à ceux qui ont moins : plus aux élèves de l’école primaire, avec les deux heures hebdomadaires de soutien personnalisé ". En réalité tous les élèves ont désormais deux heures d’enseignement en moins ( 24 heures au lieu de 26 heures ) sauf ceux ‘’en difficulté’’ qui ont toujours 26 heures hebdomadaires d’enseignement : 24 heures plus 2 heures ‘’supplémentaires’’… ). Décidément, le ministre n’a pas seulement des difficultés avec le passé antérieur, mais aussi avec le calcul le plus élémentaire.
On peut dire la même chose de ses calculs concernant les répartitions horaires des disciplines. Prenons l’exemple du cycle III ( CE2, CM1, CM2 ). On aboutit à 8 H de français ( contre ‘’entre 6 H 30 et 8 H’’ dans les horaires jusque là en vigueur ), à 5 H en maths ( contre ‘’entre 5 H et 5 H 30’’ ), 2 H en histoire–géographie ( contre ‘’entre 3 H et 3 H 30’’ ), 2 H en sciences ( contre ‘’entre 2 H 30 et 3 H’’ ), 1 H 30 en langues étrangères ( contre ‘’entre 1 H 30 et 2 H’’ ), 2 H 30 en éducation artistique ( contre 3 H ) et 3 H en EPS ( contre 3 H ). Les anciens horaires ( plus copieux mais aussi apparemment plus ‘’flous’’ ) sont remplacés par une distribution apparemment plus rigoureuse ( puisque rien ne semble laissé à l’appréciation des enseignants , sans doute par crainte qu’ils ne ‘’négligent’’ les disciplines considérées comme fondamentales : les mathématiques et surtout le français ). Mais cela n’est qu’apparent : où les enseignants vont-ils prendre dans les nouveaux horaires ( 24 H sur 24 ) les 8 récréations de demi-journées qui doivent durer au moins un quart d’heure chacune ? Mais cette présentation donne l’illusion de la rigueur ( et de la ‘’gonflette’’ ). Ou comment on va faire apparemment plus, en en faisant moins, surtout dans certaines disciplines…
On pourrait multiplier les exemples. Mais on se contentera de la façon dont Xavier Darcos a justifié la diminution des horaires annuels du primaire lors de la présentation de cette réforme : en répondant que nous restions avec un horaire annuel parmi les plus élevés d’Europe. Ce qui n’est pas faux, mais permet de laisser dans l’ombre ( la prestidigitation consiste à mette en lumière le moins important pour laisser caché l’essentiel… ) une question très importante lorsqu’on prend en compte les spécialistes des rythmes scolaires, à savoir que notre journée scolaire est trop longue ( et nettement plus que la quasi totalité des autres pays comparables ) ce qui ne rend pas optimum – loin s’en faut – les apprentissages. Alors que dans la plupart des pays les horaires de chaque journée sont nettement moins chargés, mais le nombre de jours de classe beaucoup plus élevé ( 188 jours en Finlande, 190 en Grande-Bretagne, 200 en Italie et au Japon contre…140 désormais en France ). Ah, c’est sûr, ce n’est pas Xavier Darcos qui mettra l’enfant ou même l’élève au ‘’centre’’ du système éducatif.
Les tours de passe-passe peuvent être parfois plus classiques ( et plus frustes ). On se souvient certainement ( cf mon billet du 17 juin ) que des extraits d’un rapport de l’inspection générale datant de l’automne 2007 n’ont été portés à la connaissance du public ( par ‘’inadvertance’’ ) qu’en juin 2008 : ce rapport établissait qu’en raison de l’ ’’assouplissement de la carte scolaire’’ décidé par Nicolas Sarkozy et Xavier Darcos, la mixité sociale s’était encore réduite. Et Xavier Darcos ( qui avait déclaré lors du lancement de cet ‘’assouplissement’’ en mai 2007 qu’il demanderait aux établissements de veiller à cette mixité ) avait choisi benoîtement de ne pas rendre public ce rapport importun…
Mais la prestidigitation à la ‘’Darcos’’ peut être beaucoup plus subtile et quasiment invisible. En choisissant de focaliser l’attention sur la réforme des lycées et surtout de sa réforme de l’enseignement primaire ( mais pas dans le cadre de l’ensemble de la scolarité obligatoire, comme l’y invitait en principe la question du ‘’socle commun de connaissances et de compétences’’ ), Xavier Darcos a fait disparaître de l’attention générale la question du collège, qui était jusque là particulièrement prégnante et difficile ( cf d’ailleurs ses déclarations d’octobre dernier, où ( à la suite de Nicolas Sarkozy ), il était question d’ ’’en finir avec le collège unique’’.
On ne s’étonnera donc pas, in fine, qu’en bon prestidigitateur, Xavier Darcos fasse disparaître des dizaines de milliers d’enseignants. Sans coup férir ?








Ce qui m'interpelle tout d'abord dans cet article, c'est le fait que pour trouver une telle analyse de la situation éducative, il faille venir sur un média "à part", et plus précisément sur un blog hébergé par ce site. Les journalistes des médias généralistes auraient-ils perdu tout sens critique, ont-ils perdu le goût de la lecture fouillée des lois et rapports ministériels pour celle plus rapide des communiqués de presse et des dépêches AFP ?
Pour en venir au coeur de l'article, en effet Darcos est un grand politique dans le sens le moins noble du terme car il avance par contre-feux en exposant ce qu'il veut bien exposer, pour mieux avancer en sous-main sur les dossiers sensibles, les plus chargés idéologiquement. En ce sens, que va-t-il advenir du collège unique ? Après l'apprentissage dès 14 ans, la réforme du lycée professionnel, va-t-on vers une explosion de ce collège pour pouvoir trier plus tôt le bon grain de l'ivraie, bien entendu au bénéfice des élèves les plus faibles qui ne peuvent pas suivre le rythme du collège unique... Il me semble que la sélection refait son apparition, sous couvert de traitement privilégié des élèves en difficulté. Mais l'idée d'une élévation générale du niveau d'éducation n'est guère plus défendue par personne, même à gauche. Pourtant, il me semble qu'elle est la manière la plus efficiente d'arriver à une société de la connaissance, nouveau joujou de la classe politique.
C'est cet énervement à ne pas voir le moindre travail journalistique qui m'a fait publier des billets sur Mediapart (ce n'était pas mon objectif en premier lieu).
- Il y a d'abord eu les nouveaux programmes où nous avons reçu les manuels "conformes aux programmes 2008" avant la "consultation des enseignants"
- Ensuite, il y a eu le "recentrage sur les fondamentaux sans une minute de plus pour les maths et le français (comme l'évoque ici notre auteur favori) (voir aussi ici)
- Le "prestidigitateur" a voulu faire croire que les enseignants étaient majoritairement pour cette réforme
- Enfin, doucement et dans l'ombre, on s'attaque à l'école maternelle.
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C'est pour cela que je m'efforce de faire passer dans un petit espace (Mediapart et un petit espace) quelques informations sur la réalité.
Merci de cet eclairage, c'est vrai ce que dit Guillaume Frasca. Vos post sont toujours eclairants, tout comme ceux de Sebastien Rome et donne lecture de ce qui se prepare. Merci de ce travail qui nous permet de mieux saisir certaines réalités insaisissables du fait de l'art du tour de passe passe des ministres de ce gouvernement, qui reussissent a faire comme leur chef : dire une chose et faire exactement le contraire !
Merci. D'ailleurs je prépare un billet sur l'adaptation de la réforme dans les écoles. Une vraie catastrophe...Lundi, ce sera un bon jour pour la publication du billet, non ?
Merci pour ces réactions positives que je prends pour un encouragement à aller plus loin , car il faut aller plus loin encore dans l'examen et la mise à jour des ''coups tordus''. Ainsi de la raison profonde de la suppression des classes du samedi ( et de leur non report sur le mercredi, par exemple, alors que cela existait à Périgueux, dont Darcos était le maire..). La suppression pure et simple d'heures d'enseignement dans le primaire prépare en effet au mieux la suppression de cours pour les lycéens ( qui, elle, permettra de supprimer beaucoup de postes de professeurs ). Xavier Darcos pouvait en effet espèrer que les enseignants du primaire ( et leurs organisations syndicales) seraient amenés sans coup férir à entériner plus ou moins de fait cette diminution des horaires d'enseignement de la plupart des élèves ( même s'ils n'avaient rien demandé ). Et c'est ce qui s'est produit. L'enquête menée en mars 2008 par le principal syndicat du primaire - le SNUipp - a confirmé ( comme on pouvait le prévoir ) que les enseignants étaient très partagés. A la question: "Quelle opinion portez-vous sur l'annonce de la suppression des classes du samedi matin et de ses conséqunces pour les élèves et les enseignants?", les 15000 réponses obtenues ont été: très favorables, 28% ; très défavorables, 25%; favorables, 30%; défavorables,12%.
La suppression entérinée de fait dans le primaire ( où les horaires des enseignants et de leurs élèves coincident foncièrement ) rend plus facile la supression d'heures de cours pour les lycéens . Les enseignants des lycées ( et leurs organisations ) vont avoir beaucoup de mal, à partir de la nouvelle situation créée par la réforme des horaires dans le primaire, de s'opposer de façon crédible à la diminution des horaires dans les lycées ( où pourtant les horaires des professeurs et des élèves ne coincident pas du tout ).
Et la campagne est déjà lancée. Lundi, un rapport d'audit, révélé par l'agence AEF, a annoncé que la réforme des lycées ( moins de cours pour les élèves ) devrait permettre d'""économiser'' de 16000 à 17000 postes d'enseignants sur trois ans. Et François Fillon a déjà mis en valeur ce mercredi, "les logiques" qui se dégagent des réformes de Xavier Darcos; et d'abord celle de l'allègement des horaires: "un lycéeen français a 1100 heures de cours par an, contre 900 heures pour un lycéen européen". Xavier Darcos a un ''coup'' d'avance. Bravo l'artiste!
Il y a quand meme une logique que je ne comprends pas. Comment tant d'heures de cours en moins, une ou deux par matiere font moins de professeurs? On leur demande une pluridisciplinarite, c'est cela la réponse à ma question? Car, je veux bien qu'on puisse mutualiser dans les grands etablissements, mais personne ne pourra le faire dans les petits ! Ou alors est ce a penser que l'on veut aussi fermer, condamner les petits etablissements? Rationnaliser la aussi et supprimer ce nouveau service de proximite en envoyant les élèves plus loin de leur lieu d'habitation ? Les 900 heures par an, c'est une moyenne, car je crois savoir que c'est plus dans certains pays, mais il faudrait vérifier pour ne pas se faire prendre de n ouveau au piège favori de ce ministre qui ne cesse de vous asséner de fausses vérités et de jolis mensonges empaquetés (avec un ruban rose autour mais du crêpe noir dedans!) = cadeau exquis, non?
Un petit aperçu ( encore limité et pour cause ) avec l'article de Louise Fessard de ce vendredi dans un lycée lillois?...
Une partie de la réponse est l'augmentation de professeurs enseignant sur deux établissements ou plus (dit postes à compléments de service). Dans le second degré, entre 8% et 9% des enseignants sont sur ce genre de postes, contre 5% seulement il y a cinq ans. Une autre possibilité, évoquée dans cet article (Education nationale : les manipulations du ministère pour supprimer des postes de profs) suggère que dans un petit établissement un départ à la retraite non-remplacé dans une matière, peut entrainer des suppressions de postes dans les autres matières pour aboutir au final à une suppression de classe, mais personnellement, je ne pas rencontré cette situation telle quelle.
Merci Claude Lelièvre pour votre analyse.
Le plus complexe (le plus désespérant !) il me semble, c'est de lutter "à l'extérieur" contre cette démolition organisée, et en même temps, de lutter "à l'intérieur" contre toutes les frilosités, les résistances, qui ont empêché l'école de réfléchir à son devenir et de CHANGER.
Oui, et cela dure depuis si longtemps que c'en est devenu paradoxal.
Merci pour vos articles.
Je crois savoir que dans certains pays, le système éducatif externalise l' enseignemement de disciplines comme les arts plastiques ou l' EPS. Ce procédé ne permet-il pas d' afficher des journées scolaires plus courtes et un système éducatif moins onéreux ?( Cette question en forme de remarque ne vise pas à disqualifier le débat sur les rythmes scolaires en France mais à relativiser les comparaisons "brutes" qui nous sont souvent défavorables...)
Heures supplémentaires des enseignants : Travailler plus pour gagner encore moins
Nicolas Sarkozy a affirmé que les heures supplémentaires devaient être mieux payées et le portail du gouvernement [www.premier-ministre.gouv.fr] continue à prétendre que toute heure supplémentaire sera payée 25 % de plus qu’une heure normale y compris les agents des trois fonctions publiques à partir du 1er janvier 2008.
Cela est totalement faux pour les enseignants et chacun peut le vérifier. En réalité, l’heure supplémentaire année (HSA) d’un enseignant est calculée de la façon suivante :
* Une heure normale moyenne est choisie comme référence en faisant la moyenne entre le 1er et le 11em échelon, ceci aboutit déjà à prendre une heure de début de carrière (environ 10 ans d’ancienneté) inférieure à la rémunération de la majorité des enseignants.
* A cette heure normale est appliqué un coefficient de 9/13 soit 69,2%, donc non pas 25% en plus mais 30,8% en moins !! ( certes la première heure supplémentaire n’est rétribuée que 17% en moins que l’heure normale)
* L’enseignant perd pour ces heures supplémentaires, les différentes indemnités (ISOE, résidence, supplément familial) et ne bénéficiera pas de la contribution de son employeur à sa protection sociale (pension civile, maladie, accident du travail).
Au total, si on prend l’exemple d’un certifié 9em échelon (un « prof moyen »), 1 HSA lui est payée 57% d’une heure normale et ne coûte que 36% d’une heure normale à son employeur
A ce tarif, on comprend facilement que le ministre veuille remplacer les heures postes par des heures supplémentaires.
C'est limpide votre explication M. Vayssette. Merci de cette claire explication du phénomène, on a tout de suite mieux compris le pourquoi de la chose !
Juste parce que de temps en temps, ils me font trop rire !! Ces deux la n'ont pas oublié d'être drôles, et ils se rappellent tous les dimanches qu'ils le sont ! Ils seront à Alençon en novembre, pour ceux que ça intéresse !
Merci, c'est une bonne idée pour se dérider par ces temps de vache maigre et de bouclier fiscal.
2 heures de moins pour tous les élèves du primaire et sinon le statu quo pour "quelques" élèves en difficulté.
Pour faire avaler la pilule au corps enseignant, il a fallu laisser entrevoir la fin des cours du samedi matin pour les communes qui ne l'avaient pas encore fait (c'est le cas à Cayenne notamment) et vous verriez la joie intériorisée de ces équipes enseignantes !
Car les propositions fusent pour caler ces deux heures de soutien hebdomadaires, découpées en fractions d'heures réparties sur les quatre jours de classe (un quart d'heure avant ou après le déjeuner ? Bonjour l'efficacité pédagogique). Le ministre Darcos est décidément malin, cherchant à circonvenir les enseignants en flattant la tendance naturelle à la paresse.
Bien sûr, le dispositif de soutien est laissé à la discrétion des conseils d'école. On va pouvoir apprécier leurs consciences professionnelles pour donner autant, mais autrement, à ceux qui ont moins !
Attention, le "statut quo" pour les élèves en difficulté n'est déjà pas acquis. Normalement, ils ont 26 heures de cours mais vu que l'on a mis la réforme en place à la va-vite (les conseils d'école ont été invités à trouver une organisation pour leur école en juin) d'une part et que les écoles s'organisent en "concertation" avec leur mairie et leur inspection académique pour placer ces deux heures dans la semaine...c'est le gros bazar.
Résultat, dans de nombreuses écoles le soutien ne sera pas mis en place avant la mi-septembre voire la fin septembre. On aura donc 24 heures par semaine pour tous les élèves au moins pendant deux semaines.
De toute façon, le temps de repérer les élèves en difficulté (selon quels critères? Je laisse Sébastien Rome répondre) ce soutien sera forcément mis en place après le 2 septembre.
Dernière remarque, en laissant chaque école s'organiser avec sa mairie et faire valider la répartition horaire de ces deux heures par son Inspection académique, on sort de la logique "nationale" de l'éducation pour créer des arrangements "locaux". Ici, on aura quatre fois 30 minutes de soutien à la pause de midi et là trois fois quarante minutes après les cours de l'après-midi, le tout à mettre en place en fonction des transports scolaires, des demandes des parents, de la cantine, etc. D'une certaine façon, on sort de "l'Education nationale"
Pour le "gros bazard", j'en parlerai demain soir dans mon billet. Le titre ne sera pas "Xavier Chronos mange nos enfants" mais cela peut vous donner une idée du contenu.
Sinon, sur le planning de mise en place, je donnerai des liens mais je peux déjà vous apporter cette précision : il y a 60 h (à raison de deux heures semaine) d'aide aux élèves et 36 semaines ; si mes savants calculs sont bons, il n'y a que 30 semaines d'aides (60/2, non ?!) (en fait moins, mais je vous l'explique demain, il faut au moins un billet !). Il est donc prévu qu'il n'y ait pas de soutien en début et en fin d'année. Nous devons rendre le projet 10 septembre. Le notre n'est pas bouclé car, malgré mes efforts pour trouver une solution commune à la ville dès le mois d'avril en incitant la mairie à mettre en place une commission extra-municipale, aucune solution satisfaisante n'a été trouvé. Lundi, autour de 14h, nous devrions avoir décidé du placement des heures.
Pour le repérage des élèves, ça c'est facile, c'est notre boulot. C'est encore plus facile quand les équipes sont stables dans les écoles. Je crois connaître pratiquement tous les élèves en difficultés de mon école. Le problème est celui du repérage fin de la difficulté ; surtout chez les plus grands qui ont cumulé les difficultés (les unes cachant les autres) et se superposé des stratégies (qui parfois marchent) d'évitement de la difficulté. Un élève peu avoir de grosses difficultés avec la notion de quantité (la "base" pour comprendre les mathématiques) mais il peut arriver tant bien que mal à suivre s'il s'est construit des mécanismes lorsqu'il est face un certain type de situation. Du coup, avant de pouvoir travailler sur ses difficultés, il faut lui faire "désapprendre" des stratégies qui "marchent" mais qui le bloqueront plus tard dans sa scolarité ("quand je fais une addition, je mets "1" en haut et je compte) (utiliser ses connaissances pour faire face à des situations inconnues est la "grosse" lacune des élèves français en maths).
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Je m'éloigne du sujet, alors à demain...
"Très bon connaisseur du système éducatif et fin politique", "grand prestidigitateur".... les termes sont particulièrement bien choisis pour décrire l'honorable M. Darcos qui s'attèle à parachever l'oeuvre commencée hélas avant lui du démantèlement et de l'assassinat pur et simple de l'école publique. Les termes de votre analyse rassurent un peu dans le silence assourdissant, parce que peut-être hébété, qui accompagne ces tours de passe-passe. A qui M Darcos s'adresse-t-il ? Aux parents qui par choix ou nécessité surtout ont encore choisi l'école publique ? Pour les rassurer, ou les endormir ? Ou bien son discours ne cherche-t-il pas plutôt à conforter tous ceux qui déjà ont quitté le navire ? Il nous faut vraiment entrer en lutte pour sauver une école de la république que l'Etat cherche à lâcher. Merci de votre éclairage.
Je rajoute une hypothèse : vu que c'est et ce sera sans doute le bazar, que les mairies vont avoir du mal avec toute cette organisation, je me dis que Darcos va instituer d'ici un an, le rattrapage le mercredi matin. mais c'est vrai que là, on aura des problèmes avec le catéchisme !!!
Quant à "l'assassinat" de l'école évoqué par Issaperti, je le rapprocherais de "la non-assistance à institution en danger" : beaucoup d'enseignants font ce qu'ils peuvent (et font beaucoup) depuis des lustres mais l'organisation de cette institution est tellement archaïque qu'elle n'en peut plus.
Des axes intelligents seraient parmi plusieurs : la réflexion sur le rythme scolaire / la remise en question de la pression évaluative / la remise en question de l'organisation par classes / la revitalisation de la formation en pédagogie ...
Bref, ce que depuis longtemps nos ministères (et nos syndicats ?) n'ont pas voulu travailler par manque de - j'hésite - courage politique, imagination, capacité à penser l'école et la société ...