La France qui fait peur

Ah là là, je l’ai regardé souffrir sur TF1, Frédéric Mitterrand, se livrer à ce périlleux exercice, ne pas tout à fait  se renier, en se sortant d’un guêpier politique, en affichant une prudence nouvelle sur Polanski, jouant à la fois d’une sensibilité réelle et d’une rouerie étudiée. Tiens, en 2005, justement…

 

medium_mitterrand.jpg…. Au Salon du livre, je me promenais, une fichue pétition à faire signer sous le bras. J’avisai donc Frédéric Mitterrand, tout seul dans son cashmere, derrière une pile de « Mauvaise vie », et de méchante humeur. Plus assez homme de télévision pour drainer les foules, oublié déjà ?, me demandai-je. De notre bref échange je retirai l’impression que cet homme que j’avais croisé plus gai – sans y – certes doué de cet enthousiasme volatile propre aux habitués du petit écran, mais généreux aussi, m’avait tout l’air de sombrer dans l’amertume.

Impression à la fois confirmée et corrigée par la lecture de la Mauvaise vie. Il y a quelque jouissance à coucher sur papier son mal de vivre, ses manquements, ses difficultés, ses errances. On s’en fiche, à condition de ne pas trop s’apercevoir de ladite jouissance .. Du livre, il se dégage une impression générale d’infinie tristesse. Et ici, je ne parle pas seulement de l’ « enfer » ( comme on disait autrefois des œuvres censurées) chapitre consacré au tourisme sexuel en Thaïlande. Il y a plus d’amour, mais pas plus de bonheur affiché dans celui qui relate l’enfant adopté au Maroc, ou plutôt offert par une famille qui voit en Frédéric Mitterrand la possibilité, pour lui, d’étudier, de sortir de la misère. Tiens, on ne l’a pas exploité ce chapitre là, un oubli sûrement. Ou bien parce que le narrateur – à ne pas confondre avec moi, comme dit le ministre – s’est contenté de l’élever, éduquer, ce gamin, avec les vicissitudes liées à la situation. C’est pas moral, pourtant, ça, ces familles qui se défont de leurs enfants pour leur donner une chance.

 Note à l’intention de Philippe Bilger, ou plutôt de son blog : oui, la critique avait  fait bon accueil à ce livre. Voyez-vous, la critique n’est pas juge des bonnes mœurs mais de la bonne littérature ( enfin, en principe).  Et de ce point de vue, la Mauvaise vie est honorable.

 

Triste, Frédéric Mitterrand. En 2005, si ma mémoire est bonne, il avait déjà donné des gages à la droite, dans l’indifférence complète. C’est pourquoi je n’ai guère été surprise de le voir nommé au ministère de la Culture et de la Communication.

Encore un, du type Kouchner et consorts, me suis-je dit – d’atteint par le syndrome de la pré-retraite : le train de la victoire passe et je ne suis pas à bord ; plus le temps d’attendre la prochaine rame…

Donnée à laquelle il faut ajouter un certain manque de modestie, une capacité d’illusion , qui valent aussi pour Kouchner ou Hirsch : là où je serai je ferai beaucoup, ou bien je limiterai les dégâts.

Bref, voici Frédéric Mitterrand en Saint-Sébastien de la politique, tout criblé de flèches. Soutenant une présidence et un gouvernement qui font leur miel du moindre fait-divers médiatisé, reçoivent à tour de bras victimes et associations de., ajustent au coup par coup des lois qui visent exprèssement à remplacer la peine de mort par une peine de mort lente, Frédéric Mitterrand se retrouve sommé de s’expliquer sur ses mœurs et sa vie privée, des fois qu’il y aurait fait-divers. Là, peut-être, il y a quelque chose de moral.

 

Mais là seulement. Soit, peut-être est-il allé chercher en Asie des prostitués boxeurs de 40 ans . Ce n’est pas la description qu’il donne de ses rencontres (le narrateur n’est pas l’auteur, oups) et au demeurant, à la question de Laurence Ferrari sur la Une, bon, m’enfin, c’était des mineurs ou pas ? Il se montre évasif et pour cause. Il n’est pas d’usage, en ces lieux, de demander les papiers des jeunes gens. Et si vous posez la question, ils sont toujours majeurs. Sauf demande explicite et  dûment tarifée.

Au demeurant, ce n’est qu’un aparté, la loi sur le tourisme sexuel arrive un peu tard, n’en déplaise aux indignés : d’après un article récent de Courrier International où s’expriment les bénéficiaires locaux du marché, le tourisme sexuel, vilipendé un peu partout, ce n’est plus ça, la filière charter se tarit. Tout fout le camp. Maintenant, ce sont les Russes qui font prospérer les lieux. En famille, ou en compagnie, ils prennent le soleil et claquent. C’est presque moral, sauf bien sûr si l’on se demande d’où vient l’argent.

Autre aparté, on peut sanctionner , mais tant qu’il y aura des pays pauvres et de riches amateurs de chair fraîche… L’option, c’est ouvertement ou clandestinement, le reste n’est qu’hypocrisie. C’est libéral, pas moral.

Dernier aparté, promis : ce ne serait pas bien, d’avoir un ministre de la République soupçonné de ? Cher Antoine Perraud, Frédéric Mitterrand prend pour les autres, peut-être. Faut-il dresser la liste des partouzeurs ou pédophiles nominés dans les ministères ? Y compris parmi les ex-titulaires de la Chancellerie ? Les autres ont eu la sagesse de ne pas s’épancher sur leurs histoires ou leurs habitudes sexuelles.

Et pourquoi, plusieurs mois après son arrivée à la Culture, le malheureux Fredo se retrouve-t’il sur la sellette ? Parce qu’il a pris la défense, en Fredo plus qu’en ministre, de Roman Polanski.  Comme toute une salve de signataires idiots, prête à soutenir l’artiste fut-il violeur, il s’est mouillé. C’est pas moral. Créer n’annule en rien le viol.

Mais ce fut toujours le désagrément principal de la vox populi, aujourd’hui ardemment représentée par la rumeur des blogs : on s’indigne avant de s’informer. Regardez le document de Marina Zenovich, Wanted and desired. Allez lire du côté de la presse américaine : pas aussi unanime qu’on le rapporte. Lisez – en anglais – les extraits de procédure.

Reprenez la. La mère de Samantha Geimer,  victime,  porte plainte au lendemain d’une séance de photos dénudées suivies de viol avec absorption d’alcool et Qaalud. Très vite, un accord est passé : le réalisateur reconnaît le détournement de mineure, les parties s’entendent. La jeune fille alors n’est que consultée ( et traquée des mois durant par la presse). La mère, par contre, en cas de procès, pourrait se retrouver obligée d’expliquer pourquoi elle a poussé sa fille de 13 ans à faire cette séance photos, au domicile d’un acteur ( Nicholson) réputé pour ses fêtes où l’on ne danse pas le menuet, avec un réalisateur , seule, absolument seule.

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C’est pas moral, les transactions sur la culpabilité, qui économisent les deniers publics ( pas besoin d’enquêter, expertiser), et promettent au coupable – généralement fait aux pattes -  un rabais sur la peine. C’est pas moral, et les Français seraient bien avisés d’y réfléchir, car c’est exactement ce qui leur pend au nez, via  les projets Sarkozy.

Sauf qu’en l’espèce, un procureur « spécialisé dans le show bizz », a brisé l’accord en passe d’aboutir, il était plus intéressant pour lui, médiatiquement, de poursuivre et incarcérer. D’où la fuite en France de Polanski. Beau sujet pour un proc que ce Polanski, victime indigne, Charles Manson éventre sa femme enceinte de huit mois et, loin de faire veuf digne et inconsolable, il paraît atteint de collectionnite féminine, vire raider du sexe. Comme le disait , quelques années plus tard Gene Moskowitz, correspondant parisien de Variety « Roman, Roman, c’est terrible finalement ». Peut-être bien, finalement.

 Et comme tout accusé, en France, a droit à ce que l’on appelle l’enquête de personnalité avant arrêt de cour d’assises, lisez peut-être Roman par Polanski. J’avais cru ouvrir un de ces bouquins rédigés pour relancer une carrière, c’était un livre. Voilà deux livres dans l’histoire : l’un dont on ne lit qu’un extrait  choisi, l’autre qu’on ignore.

Peu importe que les Etats-Unis se soient bien gardés de réactiver la procédure, peu importe que Samantha Geimen, victime, aujourd’hui âgée de 45 ans, dise en 2003 ( Oscar pour le Pianiste) que « parfois, j’ai l’impression nous avons été tous deux condamnés à perpétuité », peu importe, même, le fait qu’elle ait sans doute  perçu une forte somme. Les victimes, curieusement, deviennent inaudibles lorsqu’elles ne demandent plus vengeance.

 Il a suffi que Polanski, 75 ans, en proie à la nostalgie des States, fasse une demande auprès de la justice américaine pour réactiver un dossier qui aux Usa était frappé de léthargie, et en France serait frappé de prescription.

Honte ! Les puissants et les « show bizz » échappent à la loi, alors que le tout venant se voit lourdement condamné pour des faits relevant de la pédophilie ( il faudra bien, un jour, distinguer le goût pour l’enfant en tant que tel, du goût pour les jeunes gens, tous sexes confondus et âges incertains). On s’indigne.

 Voui, mais la plupart des viols sur mineurs, bonnes gens,  restent impunis, commis par le tout venant, le voisin, vous. Ils ne sont pas le fait de récidivistes surgis dans un square, ni de cinéastes allumés, mais pour  80% d’entre eux , de la famille. Pères, oncles et frères assurent. Grâce à la loi Ségolène Royal/ Frédérique Bredin qui a étendu les délais,  ils encombrent les cours d’assises, mais ne sont que la part émergée de l’iceberg, inchiffrable. Un jour, une assistante sociale , en voiture, m’a montré une ferme derrière les haies du bocage noyé de brume « là, y’a inceste », elle n’avait pas dénoncé car famille nombreuse, pauvre, père unique soutien, catastrophe économique en vue, mise au ban de la victime, « plus de mal que de bien ». Ah, ce n’était pas moral, j’ai vomi en arrivant, mais pas pu obtenir les noms. Le viol ordinaire est silencieux.

 

Et voici que par un de ces glissements hâtifs, une de ces bousculades médiatiques qui interdit la pensée, nous passons du viol sur mineure vieux de trente ans ( Ca compte ? Oui, ça compte, nous ne sommes pas les mêmes, trente ans plus tard), absous par la victime qui redoute par-dessus tout d’avoir à ester en justice, pour en arriver au livre écrit il y a quatre ans par un ministre, que nous passons du viol au soupçon de pédophilie ( un garçonnet ? Non, un jeune homme. La loi fixe à quinze ans la majorité sexuelle) à l’homosexualité assumée. De la justice, à l’écrit, au soupçon. De l’inacceptable à ce qui semble redevenir l’inaccepté.

Amalgame, dit Frédéric le mal embarqué. L’a pas tort sur ce point, aurait dû y réfléchir avant, l’amalgame est une spécialité sarkozienne.

 

On y retrouve  du monde, de l’extrême-droite, au PS toujours plus bien-pensant ( le type qui pourfend le cumul des mandats sauf pour lui ?), toute une France raidie autour de l’enfant sacré ( et muet) une France « faisandée », lis-je. Copé trouve que Mitterrand Frédéric s’en est bien sorti ( même si ça va laisser des traces, comme il insinue, hyper-solidaire). Alliot-Marie trouve aussi que ça allait, la télé, et curieusement annonce le même jour qu’elle va y penser plus avant, pour la prolongation de garde à vue des délinquants sexuels. Ca tombe mal ( à vrai dire, on a prolongé quasiment toutes les gardes à vue, terrorisme, drogue, banditisme, etc.. Autant prolonger tout le monde, comme dans les pays moyennement démocratiques, on y verra plus clair).

"De temps en temps j'écrivais pour le dehors, quand le dehors me submergeait, quand il y avait des choses qui me rendaient folle, outside, dans la rue" disait Marguerite Duras. Ainsi écrivit-elle Nadine d'Orange, France Observateur de 1961,  qui aujourdh'ui ne serait sans doute pas publié.

"

La météo ici s’est complètement amalgamée .Au lieu du soleil annoncé, il y a un ciel bouché, une haie de pluie qui barre l’horizon, un froid qui tombe, une humidité baladeuse. Tout ceci pour moi forme  un paysage obscur et néanmoins reconnaissable. Le temps  froid des certitudes hâtives, des interrogations coupables.

 

 

 

ps, les livres, au fait:La mauvaise vie de Frédéric Mitterrand ( Robert Laffont, en train de repasser en tête des ventes amazon... empruntez-le. Le tome 2, Festival de Cannes, suit. Certains seront bien déçus.

Roman par Polanski, encore Laffont.

Outside, Marguerite Duras, articles réunis par Yann Andrea et Marguerite Duras, Albin Michel

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous êtes courageuse, Dominique Conil. Votre billet est sobre, au raz des pâquerettes, comme le sont le plus souvent ces tristes histoires. Je vous suis gré de ce que vous écrivez. Merci.

Raz des paquerettes, comme vous y allez!

M. Philips pourtant, après avoir lu votre dernier billet sur Finkielkraut - dont je suis loin de partager les positions en général ( comme béber ci-dessous), il me faut moduler.

En ce qui concerne Roman Polanski, si je mentionne "viol", c'est pour deux raisons:

- d'une part parce que la loi française nomme viol tout rapport sexuel avant quinze ans. C'est une facilité d'appellation, ce qui ne veut pas dire que je trouve appropriée ladite loi. Alain Finkielkraut en sait visiblement plus que moi sur la jeune fille concernée. 

- d'autre part, et surtout, et point essentiel, parce qu'elle a toujours maintenu n'être pas consentante: cela suffit. Le viol commence au "non".

Par contre, si j'en juge tant par mon expérience personnelle que par celles de bien d'autres, je vous envie de pouvoir situer si précisément le point exact de la rencontre entre maturité psychique et maturité disons hormonale, entre désir et accomplissement assumé de ce désir: ça me parait assez fluctuant selon les individus.

 

Madame Conil,

Par "raz des pâquerettes", j'ai voulu exprimer que ces histoires se passaient au niveau de la vie des tous les jours, dans la réalité de l'existence. Pas dans les hautes sphères de la philosophie. Je n'y ai pas voulu mettre pour la cause, si c'est de cela dont vous voulez parler, quoique ce soit de méprisant. Ni pour les uns, ni pour les autres.

Pour ce qui est du consentement, vous savez comme moi, pour vous y être déjà penché, que la loi n'y voit aucune différence(et le dit explicitement), qu'il soit donné ou pas, dès lors qu'il s'agit d'un enfant (moins de 15 ans). Le viol d'un enfant commence donc sans que le consentement soit ou non exprimé, accordé ou pas.

Il est évident que je ne suis en rien capable de situer exactement le point de rencontre entre la maturité psychique et "hormonale" chez un individu. Ce que je prétend, avec beaucoup d'autres, c'est que l'un n'accompagne pas nécessairement l'autre. Je pense, par exemple, que, sans doute, quelque part, comme on dit aujourd'hui, Roman Polanski, à 75 ans, pourrait très bien être encore un enfant par certains côtés. Je veux dire avec la mentalité d'un enfant, avec la fragilité d'un enfant. Cela ne signifiant en aucun cas un défaut.

Cher M Philips,

Est-ce que vous citez l'âge de 15 ans parce que c'est la majorité sexuelle en France, ou est-ce que ça correspond à une réalité médicale, ce pourquoi dans ce cas je vous saurais reconnaissant d'enfin accepter de donner vos sources.

Car comme vous le savez, c'est 14 ans dans de nombreux pays d'Europe (et ça l'a été longtemps en France), et c'est 13 ans en Espagne.

 

Cordialement et bien à vous.

Cher beber999,

Votre question a fait l'objet d'une recherche dont je vous livre la conclusion.

Pour ce qui est d'estimer la réalité de la majorité sexuelle sur le plan médical, il convient, chaque cas étant particulier, que l'individu se rende chez un praticien. Gynécologue de préférence pour une personne du sexe féminin, andrologue pour un garçon. Après examen soigneux et rigoureux du patient, l'homme de l'art délivrera un certificat (agréé par les autorités judiciaires) attestant de la réalité médicale, ou pas, de la dite majorité sexuelle. Il va de soi que, en cas de naissance prématurée du sujet, un nombre plus ou moins important de semaines seront retirée du calcul. Prière de se munir de sa carte Vitale ou, à défaut, de celle de l'adulte auquel le régime de la sécurité sociale de la personne est rattaché.

En espérant avoir ainsi répondu à votre questionnement, veuillez agréer, cher Monsieur beber999, l'expression de mes meilleurs sentiments.

PS Je profite de ce courrier pour corriger une de mes nombreuses fautes de langue: on dit "je vous sais gré" et non pas "je vous suis gré"!

 

Merci pour votre réponse claire et précise !

 

A partir de là, on peut raisonnablement penser que nombre de jeunes filles ou hommes sont majeurs sexuellement au plan médical (et non légal) à 13 ans, puisque c'est l'âge retenu par la loi espagnole. Reste la capacité émotionnelle à avoir des rapports sexuels, qui là est probablement une donnée purement subjective.

En conséquence mélanger l'affaire Polanski avec des histoires de pédophilie est presque aussi diffamatoire que le faire dans l'affaire Mitterrand, me semble-t-il.

Et il nous manque encore une bonne définition de la pédophilie (là je suis conscient d'être hors sujet par rapport au billet, c'est l'évocation de Gabriel Matzneff par Antoine Perraud qui me reconduit à ce qui sert actuellement de support à la calomnie).

Oui, vous avez raison: il serait encore plus judicieux que la personne en question s'adresse de préférence à un médecin espagnol pour la délivrance de ce certificat!Clin d'oeilSourireRire

Un vrai raz-de-marée de commentaires au ras des paquerettes.

"il faudra bien,
un jour, distinguer le goût pour l’enfant en tant que tel, du goût pour les
jeunes gens, tous sexes confondus et âges incertains"

Bonjour Dominique Conil,

Je retiens cette sage parole, ayant volontairement subi le monceau d'idioties assénées sur Mediapart autour des affaires Polanski et Mitterrand.

Pour une fois je suis d'accord avec Alain Finkielkraut, l'internet français devient une vraie poubelle.

Reste que le cas Mitterrand et le fils Sarkozy promu à La Défense font tâche à l'étranger, et ça c'est ennuyeux.

 

"Pour une fois je suis d'accord avec Alain Finkielkraut, l'internet français devient une vraie poubelle. "

.

Encore une fois, c'est peut-être moi qui aie mal écouté; mais je ne l'ai pas entendu parler de la "poubelle d'Internet".

.

Je l'ai entendu dire :

.

" " Depuis le déclenchement de cette affaire infernale, je vis dans l'épouvante, ... la France est en proire à une véritable fureur de la persécution ... Il n'y a pas que la France. C'est toute la planète internet qui est devenue comme une immense foule lyncheuse... "

.

jpylg 

Cher beber,

vous avez mis en ligne le lien suivant:

http://www.mediapart.fr/club/blog/beber999/091009/une-nouvel...

et vous avez bien fait. En résumé une lettre opportunément publiée montre que Frédéric Mitterrand, encore à la tête de la villa Medicis s'offre comme témoin de moralité et s'engage à favoriser la réinsertion de deux mineurs accusés de viol en réunion. L'article indique qu'on verra demain, après entretien de l'intéressé avec Sarkozy et Fillon. Au moins, on ne s'ennuie pas, rue de Valois.

Ce rappel, pour en rajouter une pelletée: j'ai croisé Frédéric Mitterrand ( en dehors des Entrepôts, etc) parce qu'il s'était passionné pour un rebelle pénitentiaire, condamné à une longue peine, qui avait participé à une mutinerie, et qui, entre haies de chiens policiers et dument entravé, expliquait pourquoi, lorsqu'on ne vous laisse aucun espoir, la révolte est la seule issue. A la suite de quoi, il avait ouvert son plateau télé de velours bleu ( et sale, la télé c'est toujours douteux)à toute une équipe de contestataires du système pénitentiaire, des condamnations sans fin. Pendant quatre heures. Avec les mêmes questions décalées que lorsqu'il s'attendrit sur les couples mythiques.

A la fin, il avait bien sur demandé qu'on le tienne au courant, pour le rebelle, je ne sais pas si cela a été fait.

Aujourd'hui, on va le mettre dans l'embarras parce qu'il a offert ce que nous sommes tous censés offrir: une possibilité de réinsertion à des condamnés.Filleul ou pas, peu importe. A la villa Medicis ou ailleurs, peu importe. On accole ainsi son nom, à nouveau, au mot "viol". On pourrait ainsi avoir sa peau de ministre - ce qui m'indiffère, il a fait le mauvais choix - mais pour les pires raisons.

Chère Dominique Conil,

A propos de liens, ce lien vers une chronique de Caroline Fourest dans "Le Monde" que je trouve pour une fois excellente :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/10/09/la-liberte...

Elle a également le mérite de balayer les errement pseudo-graveleux d'Antoine Perraud évoquant dans son article sur l'affaire une convention franco-thaïlandaise sur la pédophilie (dont je ne sais s'il l'a trouvée depuis), manière particulièrement vicieuse et indigne de sa part d'amalgamer l'affaire Mitterrand avec la pédophilie.

Je n'ai malheureusement plus le livre à ma disposition. Est-ce que vous l'avez ? Si oui et si vous avez un quart d'heure pour vous y (re)plonger j'aimerais vous poser une ou deux questions en mp.

 Cordialement

Merci, je viens delire le texte de Caroline Fourest, rappel de bon sens, à tout le moins. Sauf sur un pointpeut-être: elle envisage le procès qui attendrait éventuellement Roman Polanski en anticipant un procès "à la française", la cour d'assises étant en effet un lieu d'exposition complète des faits, des motivations - ce que l'on appelle l'instruction à l'audience -pas le cas aux Etats Unis, où des pans entiers du dossier peuvent être passés sous silence, après accord entre les parties.

La situation, ici se complique. D'une part le temps, qui peut considérablement modifier la tenuer des témoignages; d'autre part le désir de la victime elle-même qui redoute par dessus tout d'avoir à revenir publiquement sur les faits.

Oui, je l'ai, La mauvaise vie. Quelles sont les questions ?

à Beber

Vous dîtes être pour une fois d'accord avec Alain Finkielkraut, l'internet français devient une vraie poubelle.

Parce que c'est une ordure ?

Merci à Dominique Conil pour son texte et ses commentaires le précisant.

Au fait, à 17 ans, il m'est arrivé d'être espagnol. Dans un chaud consentement mutuel.

 

"C’est libéral, pas moral."

Voilà!

Beau travail. Voilà un billet nuancé, complexe et clarifiant (et bien écrit). Merci à vous.

Total Respect à ce Merveilleux Billet.

Rien à ajouter.

@ +O-NE

J'aime les colères de Dominique. Saines. Mesurées malgré l'emportement.

Et si tu m'y autorises, je signe. Le soupçon à l'ère du tout médiatique. Où paraître "bien" à la télé, ou non, vaut procès pour la vindicte publique. Ecoeurant.

Recommandé (comme pour après un billet de  poésie, c'est difficile d'écrire après Dominique Conil).

 

Merci Dominique, vous tombez bien, j'avais comme besoin de votre voix de badaud éclairé dans ce spectacle versaillais... je vous embrasse!

Ce n'est pas la France qui fait peur, Dominique, ce sont les hommes, au sens de personnes humaines, mais le qualificatif, dans ce cas-là…

Ceux qui ont vu une fois dans leur vie ce que pouvait donner une foule contre quelques-uns (coupables ou pas, là n'est pas la question) ne peuvent l'oublier.

Souvenir aussi d'un film de Fritz Lang, Fury

Je venais de voir la Nuit du Chasseur. J'ai encore en mémoire les visages de la foule en route pour le lynchage. Jouissance aussi. Peut-être, jouissance contre jouissance. Le problème c'est l'entretien des cycles. L'absence de désir de s'arrêter pour faire médiation contre l'immédiat.

 

Par rapport à ce beau billet :

Je préfererai toujours l'irrégularité, plus près de l'humanité, au bon sens, plus près du sens unique.

Dominique Conil, courageux ce billet dans cette ambiance de vomissure verbale (ou virtuelle) généralisée. Cela recadre.

Bien à vous

Vous avez trouvé les mots pour dire qu'il y a une jouissance malsaine dans le déchainement de l'expression d'un amour exalté pour celle qui est placée comme  un symbole de l'enfante pure puis salie et violée. C'est nier ce qui fut vécue par cette femme, puisque tant s'arrogent le droit de parler à sa place lorsqu'elle se tait.

Je ne sais si vous avez trouvé les mots pour parler de celle qui est de venue une femme. Mais vous aidez à lui redonner une complexité tout humaine.

"Une France qui fait peur", "une France faisandée": je ne vous suivrai pas sur ce terrain. Sollers dénonça en son temps "une France moisie", exprimant avec délectation son mépris du peuple. Je ne dis pas que vous avez cette intention.

Votre critique d'Antoine Perraud, si elle est brève me parait bien injuste. Il a écrit des textes qui permettent de penser sur l'état actuel des bonnes moeurs (puisqu'il faut bien dire que les normes se multiplient et la judiciarisation se développe). Ses articles permettent de penser.

Se rappeler que Polanski, 30 ans après, on devrait parler aussi d'amnistie; l'amnistie est une régle des Etats de droit.

"Le temps froid des certitudes hâtives". En effet. Et où les procureurs amateurs ne craignent pas le manque de preuves, et de manier les anachronismes, pour dénoncer publiquement.

Les crimes africains de l'armée française ne sont pas l'objet de vindicte populaire traversant les décennies, en France. Les défenseurs des enfants y trouvent pourtant matière à se révolter.

 Chère Dominique,

 

 Billet intéressant sur ce sujet auquel je me suis peu intéressée jusqu'à ce que je m'aperçoive que la France médiatique en 'semble' sens dessus dessous - pauvre France !

 

 Il y a l'homme - Frédéric Miterrand - dont je ne dirai pas un mot puisque je n'ai pas lu ce qu'il a écrit ni ne me suis intéressée à son 'cas'.

 Et il y a la politique où cet homme s'inscrit et qu'il soutient par son inscription.

 Faut-il rappeler Pasolini ? Pourquoi pas Althusser tant que nous y sommes ? Leurs positions politiques avaient au moins le mérite d'être claires, repérées et repérables comme telles. Quelle est la position politique de Frédéric Miterrand ? Comme artiste, je n'ai pas souvenir qu'il soit inoubliable - je n'en avais en tout cas jamais entendu parler avant qu'il devienne ministre mais je ne puis tout savoir. Ai-je manqué quelque chose ? Et cela change-t-il quelque chose par rapport à ses positions politiques s'il en a ?

 

 C'était à propos de quoi encore cette effervescence ? Ah oui, Polanski - quel est le 'cas' de cet homme qui baisse soudain sa garde ? est-ce important ? - Polanski donc et la passion des foules pour le sexe sordide - donc triste - mâtiné de cause juridique incomprise sur fond d'indignation morale, de nationalisme, voire d'intégrisme religieux... Quel méli-mélo ! Amours ratées en tout cas.

 

 L'Italie a-t-elle cru pouvoir se débarrasser de Berlusconi, vieillard sordide, au nom de son goût pour la chair fraîche ? Qu'elle sache que Barroso a fait dépêcher ce jeudi Viviane Reding, commissaire luxembourgeoise - PPE comme Barroso et Berlusconi - pour dire que le Parlement européen n'avait aucun pouvoir pour édicter une directive européenne sur le pluralisme des medias. Il semble que cela soit faux selon l'article 6 du Traité de l'Union, et l'article 11 de la Charte des droits fondamentaux, ainsi que des 'critères de Copenhague' imposés aux pays candidats - je cite, sans avoir relu les dits articles, un entrefilet de Maroun Labaki paru ce vendredi dans Le Soir (version papier).

 Mais cela intéresse-t-il cette pauvre France médiatique, digne des feuilles de choux, qui vogue entre chronique des chiens crevés et affaires de moeurs ?

 

 L'opinion publique non éclairée, y compris les politicien(ne)s,  regarde souvent le doigt plutôt que l'astre que ce doigt indique... Et que dire du 'total respect' que le sieur V. voue à votre billet : est-il au moins sorti un peu divisé en son 'fors intérieur' de la lecture de votre billet ? Pas sûr qu'il s'aperçoive que 'total respect' et perversion font bon ménage au sein des familles - clivé - !

 

 Panem et circenses... Quand les partis politiques actuels s'en mêlent !

 

 

 Post-scriptum pour pascal b :

Mutiplication des normes et judiciarisation galopante de la vie quotidienne du commun des mortels, oui bien sûr et je pourais en dire bien des choses. Mais est-ce fondamentalement de cela dont il s'agit dans cette affaire ? Ne mélangeons pas tout, personne ne dispose d'un savoir complet. En Italie, la prescription de un an et demi - pour quels délits ? - risque d'être diminuée prochainement, seule échappatoire possible pour Berlusconi dont l'immunité politique vient d'être mise à mal par la Cour constitutionnelle... à supposer qu'il vive jusque là.

 

A Joha, le risque, en effet, est de mélanger un peu tout. Y aurais-je succombé?

Mes références aux normes de bonnes moeurs et à la judiciarisation me semblent être dans le fil de l'article d'Antoine Perraud interrogeant un universitaire spécialiste de Proudhon proposant une mise en perspective. Mais certes il ne s'agit pas de cela dans cette affaire; et je me tiens à distance de ce qui pourrait être une prise de position dans cette affaire, je suis ignorant de trop de choses.

Quant à la remarque sur l'Etat de la France, certes, la référence à l'Italie de Berlusconi aussi est juste. Mais c'est dans votre pays, la Belgique, que la Marche blanche en défense de la mémoire d'enfants assassinés eut lieu, il y a une dizaine d'années; ce fut un très sordide fait-divers (le tueur Dutroux) avec des implications politiques.

Parler de fait-divers avec implication ou contexte politique n'est point médiocre. En parler mal le serait, et il est bien difficile d'en parler bien.

Cher Pascal,

 

 Je vous réponds un peu tard. J'ai écrit 'ne mélangeons pas tout'  - je ne m'exclus donc pas du lot, pas évident de  tenter de voir clair dans ces emballements médiatiques, surtout quand on prend le train en route – je vais en descendre d’ailleurs de ce train, autre chose à faire ces jours-ci. Si vous avez 'succombé', il n'y a que vous pour tirer cela au clair et je ne vous jetterai certes pas la pierre !

 

 A propos de ma remarque sur 'pauvre France', vous ai-je vexé ? Vous avez raison, on ne lave pas plus blanc que blanc en Belgique - mais il faut quand même remarquer que le procès 'bis' concernant Dutroux a été entièrement démonté, que les journaux n'y ont jamais cru et que Dutroux a eu droit à un procès à peu près correct du point de vue de l'éthique du droit (d’après des amis juristes). Pour rappel, le procès bis concernait une pauvre femme mythomane qui prétendait disposer de preuves quant à un complot impliquant des personnalités : dossier complètement vide in fine.

 Ce  'pauvre France', je le partage parfois avec des ami(e)s français(e)s.
 On pourrait dire parfois 'pauvre' Belgique, mais cela n'aurait pas le même sens, la Belgique n'étant qu'un tout petit pays plus proche du patch-work surréaliste que de l'Idéal que la France a pu représenter longtemps. Un journaliste belge a questionné un moment avec humour ce mode de rassemblement national bizarre qui amenait régulièrement des centaines de milliers de gens derrière des cercueils de gosses – il y en a eu d’autres depuis Dutroux.

 

 Personnellement, je m'en tiendrai au billet nuancé de Dominique Conil quand elle tente de revenir aux faits. Elle questionne à juste titre la façon de faire politique des Frédéric Mitterrand, Hirsch et Kouchner – faudra-t-il y ajouter la série des Bayrou, Marine Le Pen et Hamon quand ils ne dédaignent pas de soulever certains lièvres ?  Sur ce, je rejoins mes camapagnes...

Chère Joha,

Non, je n'ai pas fait d'amalgame. Et je suis d'accord avec votre réponse. Et aussi avec ce que j'ai écrit précédemment qui fut commenté diversement par d'autres...

Mon hypothèse est que les formations d'extrême-droite seront les principales bénéficiaires, dans le contexte de crise économique et sociale, de ce qui va rester comme une variante du "tous pourris, tous complices".  

Je ne suis pas un défenseur de "la France", mais ici, le fait qu'un tel fait-divers prenne une dimension poltique n'est pas une particularité française, je le disais; la Grande-Bretagne et les USA pourraient être cités. C'était une précision, pas un jugement de valeur.

Dans le fil du texte (d'une partie de son texte) de Dominique Conil et de son titre "La France qui fait peur".

Ce que je retiens de ces échanges ici, c'est l'effort de ne pas partir bille en tête, porté par une passion qu'on croit belle et bonne et qui n'est que facteur d'aveuglement.

 

Oui. Comment tenter de comprendre comment un livre paru il y a 5 ans qui n'avait pas fait scandale et qui s'avère ne pas être l'ignominie qu'il fut dit par Mme Le Pen et bien d'autres, qu' un fait-divers glauque datant d'une trentaine d'années qui fut connu de tous, devenaient prétexte une furieuse défense, aujourd'hui, de l'enfant violé -qui, devenue femme, ne demande rien de cela -, avec appels réitérés à ce que la Jutice passe (encore), à ce que la répression soit impitoyable et immédiate.

 Les associations de défense des enfants sont restées sur une prudente réserve. Il s'est agi vite d'autre chose, comme on peut le voir maintenant.

C'est le "les riches jouissent de nos enfants" qui revient. Ce fut le cas lors de la Marche blanche en Belgique, il y a une dizaine d'années. Ce fut le cas à plusieurs reprises en France, notamment lors de l'affaire, dans les années 70 à Bruay-en Artois où des maoïstes dénoncèrent un notaire comme forcément coupable du meurtre d'une adolescente des quartiers populaires proches puisque bourgeois.

C'est un appel au lynchage qui réussit toujours, si le moment est bien choisi,et isole ceux qui n'y participent pas comme suspects de turpitudes. Pour le FN, ce fut bien joué.

"C'est le "les riches jouissent de nos enfants" qui revient." En effet.

Les riches/les élites/les notables versus nous/le commun des mortels/les petits. Faire de cet antagonisme la grille de lecture de la société, c'est rassurant car intellectuellement reposant: il est plus facile de "lyncher" des boucs-émissaires que des rapports sociaux.

Michel Grouchy (mon pseudo pour l'occasion)

Je ne comprends pas votre problème avec le

"les riches jouissent de nos enfants".

 

Vous ne trouvez pas, vous, que les riches jouissent de nos enfants?

 

Ou est-ce que c'est que vous trouveriez cela normal et acceptable, que les riches jouissent de nos enfants?

Complètement perdus dans votre théorisation de tout, du coup ce qui vous ennuie, ce n'est plus que les riches jouissent de nos enfants, mais que l'on puisse s'en prendre à l'un des plus pourris d'entre eux, juste parce que notre pensée ne serait pas assez rigoureuse pour votre logique théorisante?

 

Voyez comme je suis perdu.

Expliquez-moi donc, s'il vous plaît.

@ Axel : C'est "intellectuellement reposant", dit Michel93 : ": il est plus facile de "lyncher" des boucs-émissaires que des rapports sociaux."

Se contenter du spectacle de la jouissance des riches, même si c'est en le dénonçant, c'est toujours accepter l'agenda, accepter le système et ses rapports de forces stratifiés par les inégalités sociales.

Pour changer le système (les rapports sociaux) il faudrait que nous soyons acteurs.
Dans ces affaires de faits divers il nous suffit d'être spectateur.

Merci, précision sensée effectivement.

 

Mais pour moi, essayer de faire démissionner un Frédéric Mitterrand, moi perso je classe ça dans la catégorie "action", donc je remercie un Benoît Hamon mais aussi un Antoine Perraud,

quant à Marine Le Pen et à ses masses de gros beaufs de comptoir qui l'écoutent,

franchement, m'amalgamer avec elle, se servir d'elle comme d'une sorte d'épouvantail pour me faire taire alors que je n'ai rien à voir avec elle, c'est de la mauvaise foi, c'est limite de la complicité avec la caste des poudrés de la Cour du Nabot, et c'est bel et bien ce que fait Mitterrand au 20 heures de TF1.

 

Est-ce que pour vous, il serait "responsable" et plus productif, de se laisser enculer pour de l'argent, par ces bourgeois dégoûtants, condescendants et tout-puissants, qui en plus nous font l'affront suprêmement à hurler de rage de se dire "épidermiquement de gauche"?

Axel, peut être que le problème pour l'intervention de Hamon, c'est de se laisser prendre par un tel mouvement médiatique qui, qu'on le veuille ou non, crée de la confusion. Il est alors peut être plus juste, plus courageux de s'abstenir un temps, de faire très attention d'établir une ligne ferme de démarcation avec certains loups qui hurlent. Ce recul-là, c'est celui qui aide à entendre quelque chose de plus différencié. (tout l'inverse du lamentable interview de Mitterrand par la journaliste de tf1, ce qui ne veut pas dire que j'ai apprécié la prestation du ministre).

D'accord avec Michel 93 et Fantie B et Marielle Billy.

Je précise, au moins pour Axel J.

Le fantasme "les riches jouissent de nos enfants", j'en parle en référence à  la Marche blanche où des banderolles supposaient les élites politiques (et judiciaires et autres) participant à des orgies jouissant à mort d'enfants. A l'époque l'enquête judiciaire explora cette voie (en vain). C'est un fantasme ancien. La figure de Gilles de Rais y participe. Plus précisément: "les puissants jouissent de nos enfants, à mort" est une image politique qu'il est facile de réactiver.

J'en parle en référence à ceux de la Cause du peuple (maoïstes des années 70) qui allèrent organiser la dénonciation du notaire forcément coupable: leur intervention eut des appuis populaires.

Je pense que cela revient: Polanski, Mitterrand seraient des hommes de pouvoir, de relations, seulement pour pouvoir jouir d'enfants perdus. Peu importe le détail de ce qui est dit, peu importe ce que les victimes supposées ont dit. Ils seraient nécessairement coupables.

La Cause du peuple s'est dissous avant de sombrer dans plus d'ignominie, peu après. L'ignominie peut toucher l'extrême-gauche, j'y suis sensible puisque j'en suis proche.

Le FN sait utiliser les vieilles ficelles de rhétorique populiste pour transformer un peuple en agrégats d'individus mus par le ressentiment, inquiets et prêts à condamner quelque bouc-émissaire (pour se présenter en dictateur, ultime recours, capable de frapper durement pour remettre de l'ordre). C'est ce qu'il vient de faire. Je le redis: avec succès.

Réduire la critique de la bourgeoisie à la dénonciation de vices qui lui seraient propres comme le fit aussi Mme Thorez, dans le PCF des années 50, est une erreur de jugement. Une bêtise. Une faute politique, aussi, puisque les fascistes savent mieux le faire.

Ceci n'est pas une prise de position sur les affaires concernées, mais sur la dimension politique que celles ci prennent. Dans le maniement politique du glauque, de l'appel au rejet de l'autre stigmatisé, sans attendre le temps de la justice, les fascistes sont experts. Il serait sot de l'oublier.

 

Chers Pascal, Fantie, Marielle, Michel,

bon,

votre démontage de la récupération populiste est nécessaire, ainsi que votre mise en garde sur ce que devraient être nos priorités: prendre du recul et non se perdre dans l'émotionnel.

 

Maintenant,

s'il vous plaît, je sais que je m'exprime comme un pied, mais essayez de voir quand même enfin ce que je veux dire, et poussez votre réflexion plus loin que ce combat d'arrière-garde où vous êtes certes acculés à rester comme cantonnés (par "l'éternel lepénien" basique), mais qui ne suffit pas dans la responsabilisation qu'il nous faudrait.

Quand je vous dis "je ne suis pas du tout dans la ligne des gros beaufs de comptoir lepénistes" c'est parce que votre réflexion et votre mise en garde, moi, je l'ai déjà intégrée depuis l'affaire Baudis-Alègre, et j'avais donc pu pousser ma réflexion plus loin.

 

Plus loin, c'est-à-dire à peu près là où Antoine Perraud nous mène dans son article "Frédéric Mitterrand: état de panique politique":

Ce n'est bien entendu pas à la manière caricaturale populiste (partouzes, viols et que sais-je encore) que je perçois le "les riches jouissent de nos enfants". Elle est de toutes manières tout simplement invraisemblable techniquement, et ne participe que de l'imaginaire très limité de ces pauvres gens.

"Les riches jouissent de nos enfants", c'est plutôt dans la mesure où ils pervertissent savamment car "naturellement", le sens même de ce que devrait être notre rapport à la vie et à la société, et dans la mesure où ils cassent lentement mais sûrement tout ce qui est autre dans le sens de la vie telle qu'on devrait la percevoir et l'appréhender.

 

Une expression qui serait déjà un peu plus juste: "les riches contaminent nos enfants".

 

Mais ce n'est pas encore ça, car ce qui se passe, c'est qu'ils les forcent véritablement, à aller dans le sens d'être eux-mêmes un petit peu des violeurs de gamines de 13 ans, et aussi un petit peu des touristes sexuels:

Ils arrivent à tout pervertir, jusqu'à la perception intime de notre propre morale personnelle, pour justifier leur pouvoir absolu,

et ils font le mélange/calcul sacrilège suprême de s'arroger AUSSI notre compassion et notre soutien compréhensif!!!

 

C'est pour ça, que je dis que le crime le plus à hurler et à tout casser dans toute cette fange,

c'est quand même quand une Carla Bruni se dit "épidermiquement de gauche".

 

C'est comme quand un touriste sexuel joue sur son homosexualité pour nous culpabiliser nous:

Carla, elle peut bien dire toutes les énormités absurdes qu'elle veut si elle n'est que mannequin et fille à papa qui a fui l'Italie avec tout le magot que sa famille avait amassé pendant des siècles.

Mitterrand, il peut bien profiter de toute la misère humaine du tiers-monde qu'il veut, tant qu'il reste à sa place de Léon Zitrone lettré.

 

Mais quand ces gens se pointent avec tous leurs photographes, jusque sur le toit de l'Elysée, mon Elysée, et prétendent me laver le cerveau comme quoi je devrais les comprendre et faire/penser comme eux (l'exemple), là ça ne marche plus. 

 

Elle est là, ma colère.

Rien à voir avec Le Pen et svp, il serait urgent que vous aussi commenciez enfin à prolonger votre réflexion plus loin que votre combat d'arrière-garde archiconnu (nécessaire aussi je vous l'accorde).

Et si je m'exprime trop mal pour vos standards de comprendre les pauvres bougres comme moi, relisez l'article de Perraud. 

CherAxel, je comprends votre point de vue, on en a un peu parlé sur le fil d'Antoine Perraud que j'ai fini par comprendre par votre mediation !

Mais je n'ai pas le même rapport que vous au gouvernement, jamais par exemple je ne dirais "mon Elysée".

Pour moi les ministres sont des hommes de pouvoirs, en gros à l'abri des lois, et ce depuis des siècles. Rien ne m'étonne dans ce domaine depuis que sous le gaullisme, des ministres (au moins un, est-ce Fontanet ?) ont été assassinés dans des conditiosn troubles et l'indifférence générale (hors Canard Enchainé).

 

Je pense que ces focalisations sur les affaires personnelles des ministres, de leurs proches etc. détournent des affaires proprement politiques.

Ce qui m'intéresse c'est avant tout la morale politique des personnages publics.

 

Pour le reste,dans leurs affaires personnelles, ce sont pour moi des citoyens comme les autres.

Je sais hélas que pour leurs affaires personnelles, et pour la Justice ce ne sera pas le cas, mais ça c'est la rançon des sosciétés inégalitaires que les électeurs acceptent, encore et toujours,  de vote en vote.

 

En plus, comme le montrait Antoine Perraud, ce qui est énervant dans cette affaire Mitterrand, c'est qu'il a été choisi comme ministre pour des raisons mediatiques.

Mais justement, sa nomination m'avait indifféré.  J'avais un vague espoir au niveau politique pour Hadopi, vite balayé.

Donc pourquoi cettre focalisation sur lui et ses pratiques sexuelles, alors qu'il y a tant d'autres affaires concernant des personnages de pouvoir, affaires beaucoup plus avancées et étayées du côté des instructions judiciaires, totalement impunies en France ?

Voilà mon étonnement persistant.

 

Et là je me dis, certes ces affaires là  ne sont pas sexuelles.
Et là ça m'énerve aussi, ces priorités - aprce que ce ne ce sont pas les miennes.
Mais on peut en discuter, bien sûtr, des priorités.

 

«Jamais je ne dirais "mon Elysée".
Pour moi les ministres sont des hommes de pouvoir, en gros à l'abri des lois, et ce depuis des siècles.»

 

Comment pouvez-vous entériner le féodalisme, comment pouvez-vous parler ainsi comme si cette situation vous convenait car on ne peut rien y changer,

et dire un peu plus bas que ce qui vous intéresse c'est plutôt la morale politique?

 

Votre morale politique, puisque vous dites y être intéressée, mais elle est foulée aux pieds, elle est complètement niée, si comme vous entérinez gaiement,

"les ministres sont des hommes de pouvoir, en gros à l'abri des lois"..!!

 

L'Elysée, bien sûr que c'est notre Elysée!

Il est à qui, sinon?

Au roi? Au Seigneur du palais? Not' bon maître?

 

L'Elysée, c'est notre Elysée, tout simplement parce que je ne sais pas si vous êtes au courant, mais la France est une démocratie, le pouvoir est donc à nous, le peuple, et PAS à un homme, Sarkozy, ni à des ministres dignes de "l'Empire Centrafricain" de Bokassa Premier?

Comment ? En ne votant pas pour des notables (sauf au second tour, car je préfère un peu de démocratie à pas du tout), en ne croyant pas aux "notables" d'aucun bord  comme porteurs de changements,  en croyant au pouvoir de la société civile qui ne doit pas se décharger sur les élus de ses responsabilités dans la cité, etc.

Je suis minoritaire depuis toujours,  n'étant pas pour des sociétés inégalitaires avec hiérarchies, décorum élyséeen et toute puissance accordée au chef de l'état et aux préfets.

Je suis pour les contres pouvoirs, et les lieux de médiations et négociations, et c'est en eux que je place mes espoirs.

A Axel J, je ne vous ai aucunement assimilé aux lepenistes.

Axel,

Avec d'autres mots, tu rejoins certaines pensées que j'ai.

Axel (16h57),

J’aurais fait une réponse à double détente. Dans l’ordre (non pas d’importance, mais de présentation):

1)  il est tout de même frappant d’observer que le camp des "anti" (anti-Polanski, anti-Mitterrand pour faire bref) recrute d’un bout à l’autre du spectre politique. Cette réflexion vaut aussi pour la mise en doute de la thèse officielle du 11 septembre. Comment est-ce possible? N’est-ce pas parce que la lorgnette utilisée permet le floutage de cible et aux différentes sensibilités … comment dire … d’entrer en résonnance?

2) Merci Fantie B.!

J’espère ne pas vous avoir totalement cassé la baraque, Pascal B...

@ Pascal b.: Merci pour le rappel de l'affaire de Bruay en Artois.

@ Michel93 : je crois que la discussion sur le populisme est importante.  Il rassemble effectivement d'un bout à l'autre du sspectre politique. Il faudrait pouvoir en discuter, sans jugements préalables, pour comprendre ses ressorts ou ses transformations :

Une hypothèse, comme elle me vient : nous sommes dans une époque plus individualiste qu'en 70 - ces passions collectives seraient-elles un moyen de rassemblement ?

 

Et pour ceux qui croient encore au sens des mots, à la prise en compte de l'histoire et des sujets humains, au-delà des passions :

un point de vue dissident (et informé) sur ces deux affaires et leur contexte :

http://www.mediapart.fr/club/blog/pol/111009/le-sexe-et-l-ef...

 

 

Fantie,

" Il rassemble effectivement d'un bout à l'autre du sspectre politique" dîtes-vous.

Il rassemble principalement le FN et le PS (pas tout le PS, d'ailleurs).

S'en sont tirés honorablement le PG et le NPA (déclarations de Mélanchon et de Besancenot).

Il y a bien deux gauches !

Eh !!! Velveth attention quand même !!! et bonjour à vous au passage.

Jean-Luc Melenchon a bel et bien fait part de son refus de participer à une quelconque meute et à un quelconque lynchage public en la matière, mais il a bien précisé sur Europe 1 dimanche dernier, que si des enquêtes plus appronfondies devaient être ouvertes, notamment en matière de tourisme sexuel, elles devraient l'être au plus tôt.

Le Fred Mitterrand n'est pas absous pour autant.

Et ce n'est pas parce qu'il a véritablement Une Meute aux basques en ce moment, qu'il faut pour autant excuser toutes ses turpitudes présumées avec un très fort faisceaux de présomption convergent .

Il y a nuance tout de même.

@ +E-ON

anti-Polanski, anti-Mitterrand

merci de distinguer : je suis, pour faire aussi bref que vous, pro-Mitterrand et anti-Polanski (plus précisément contre l'impunité que s'est accordée Polanski poour des faits que la justice et que je juge moi-même condamnables)

Les pauvres sont cons parce que la pauvreté rend con. Les riches sont cons parce que la richesse rend con. Petit peuple et richards, qu'ils aillent tous se faire foutre. Votre message est lamentable.

Moi dans toutes ces affaires glauques j'apprécie autant les approches d'Antoine Perraud que de Dominique Conil.

Mais je constate également, que peu évoque la parole et la place des enfants dans toutes ces tragédies liant une proie enfantine à un prédateur adulte.

Des bas fonds de Bangkok au Jaccuzi de Hollywood, ce sont tous des enfants aund même.

@ +O-NE

Dans votre excellent billet, musarderie qui donne à réfléchir, il me faut, chère Dominique Conil, relever un contresens me concernant: «Dernier aparté, promis : ce ne serait pas bien, d’avoir un ministre de la République soupçonné de ? Cher Antoine Perraud, Frédéric Mitterrand prend pour les autres, peut-être.»

Vous me classez trop vite parmi les tenants sourcilleux de l'adage sur la femme de César condamnée à être «insoupçonnable». Ma ligne de conduite en cette affaire fut celle-ci. Lorsque Frédéric Mitterrand fut nommé ministre, je me fendis d'un article présentant l'homme que le président Sarkozy ajoutait à son tableau de chasse. Mon approche était marquée par une certaine sympathie. Malgré quelque tentative d'un troll de Mediapart, je ne brandissais pas La Mauvaise vie, que j'avais lu (j'ai suivi près de vingt années durant le travail de ce Mitterrand en tant que journaliste à Télérama jusqu'en 2006), refusant que la sphère privée devînt d'emblée une casserole pour un homme soudain responsable des affaires publiques. Je n'oublierai jamais l'exercice que m'avait demandé, en 1981 au CFJ (Centre de formation des journalistes), l'historien Jean-Pierre Azéma. Cela consistait à lire L'Action Française de juin 1936, au moment de la formation du ministère Blum. Entre autres ignominies, Maurras et sa clique reprochaient à Léon Blum, dans une chasse à l'homme faisant flèche de tout bois, son livre de 1907, Du mariage, en un procès d'intention intolérable.

°

Je ne suis pas un adepte de la transparence absolue. Dans un livre au titre sans équivoque, La Barbarie journalistique (Flammarion, 2007), je décortique, à partir d'Outreau, d'Alègre et du RER D, comment le droit de savoir se transforme trop souvent en frénésie de dénoncer, en une curée populiste contre les «notables». Je n'avais pas à me transformer en prétendu Zorro justicier au premier pas de Frédéric Mitterrand dans une carrière politique. L'égotiste pantelant avait le droit de s'engager dans le bien public sans que sa mue fût d'emblée sabotée.

°

Mais lorsqu'il eut prouvé qu'il était là pour défendre et illustrer une République ayant régressé dans le «bon vouloir» et «l'État c'est moi», lorsqu'il s'est inscrit dans ce libéralisme moral qui refuse pour sa faction le moindre frein (c'était tout l'objet de l'entretien avec Robert Damien sur Proudhon) tout en s'acharnant sur la canaille en une sorte de management par la terreur à l'échelle d'un pays, alors il me sembla nécessaire d'expliquer Mitterrand par le côté de chez Fred qui, hélas !, le gouvernait toujours, à un poste où ce genre de télescopage est inadmissible au regard du bien commun.

°

J'ai pris soin, dans mon parti pris, d'appliquer à Frédéric Mitterrand la critique d'Alain Finkielkraut à l'encontre des petits délinquants de banlieues, incapables de décentrement pour se fondre dans notre collectif, envahissant l'espace public avec leur moi déviant, se réclamant d'une sociologie et d'une psychanalyse qui les victimisent pour justifier leurs forfaits...

°

Je suis resté sur une ligne aussi ferme que circonscrite dans ce papier. Je défends les droits d'un Gabriel Matzneff, comme j'avais rendu compte d'un pamphlet de Renaud Camus dans Mediapart. Le soupçon n'a pas à s'exercer en littérature. En politique, la vigilance critique et civique va de soi, sauf s'il fallait que nous redevinssions simples sujets d'une France faisandée, où les manants devraient subir sans broncher les pousse-aux-jouir du pouvoir. Face au cynisme effréné — se parât-il de «sensibilité» ou d'enfance malheureuse —, il n'est pas interdit de contre-attaquer sur le plan éthique. Et ce n'est pas parce qu'une minorité lyncheuse, tout à sa confusion, m'emboîte le pas dans certains commentaires, que ma position saurait être invalidée, en dépit des tentatives de mouches du coche numériques (trolls) dont la devise pourrait être «Je suis partout»...

Avec mes sentiments les meilleurs et ma considération admirative,

Cher Antoine Perraud,

Bravo de défendre la liberté d'expression de Renaud Camus. Ca aurait été encore plus courageux à l'époque où tout le monde lui était tombé dessus pour un passage malheureux dans un livre par ailleurs fort épais, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. Et l'imbécilité de vos confrères a permis que cet écrivain à tirages confidentiels devienne mondialement connu.

S'agissant de Gabriel Matzneff, où là on est dans un itinéraire passé de pédophile reconnu et assumé, ayant donné matière à de nombreux ouvrages autobiographiques (journaux intimes) ou non, quels sont ses "droits" qui ne seraient pas respectés ?

Vous avez écrit dans votre article sur l'Affaire Mitterrand que Gabriel Matzneff avait des problèmes financiers et des problèmes avec son éditeur. Certes c'est triste s'agissant d'un excellent écrivain, mais il est sans doute loin d'être le seul.

Etre écrivain n'est pas être fonctionnaire, sauf peut-être à Cuba ou en Corée du Nord.

Je me souviens d'une émission sur la pédophilie sur Arte en 1994, où le pauvre Gabriel Matzneff avait été piégé : on l'entendait expliquer qu'il était scandaleux qu'avec la baisse du prix des voyages en avion n'importe quel beauf pouvait aller se taper des petits garçons  aux Philippines. Et le journaliste de rétorquer : "quelle différence avec vous ?" Là il y a eu un silence, la caméra continuant à filmer Matzneff, bouche bée, incapable de répondre. Et un silence prolongé à la télévision c'est assez spectaculaire. Ce jour-là il était cuit.

Si vous défendez réellement Gabriel Matzneff je serais curieux de savoir dans quel contexte : lui cherchez-vous actuellement un autre éditeur ? Un généreux mécène ? Une possibilité d'expression publique autre que son site web ? Une chronique culturelle sur "Mediapart" ? Je ne pensais pas que "La table Ronde" le laisserait tomber, si c'est le cas ils me déçoivent.

En tout cas l'amalgame Matzneff-Mitterrand serait encore une escroquerie tendant à chercher à bénéficier du vent de lynchage en cours en diffamant Frédéric Mitterrand, ce qui n'est naturellement pas votre intention.

Cordialement et bien à vous. 

Cher Antoine Perraud,

Merci de votre intervention, qui recadre les choses, à commencer par mes propos, je vous avais en effet partiellement mal lu ( même si vos commentaires, que j'ai  lus entre temps sous l'article "panique politique" l'avaient fait) et va m'amener en tout cas à  la Barbarie journalistique!

J'avais noté la présentation modérée, très cadrée, que vous aviez faite de Frédéric Mitterrand lors de sa nomination.

Je ne suis pas certaine, lorsqu'il intervient n'importe comment en faveur de Roman Polanski, qu'il relève, lui, de "  la domination de l'économie du
désir, la primauté du désir singulier, la vertu même de la pulsion, qui
n'a pas à subir d'interdits, ni moraux ni sociaux.».
Ceux dont il  a choisi le camp politique, sans doute.  Une partie des indignés, oui. Mais lui ? Pas la tête très politique, peut-être bien.Même pas pris le temps de s'enquérir auprès de Me Kiejman avant de s'exclamer devant micros.

A la suite de cela, l'utilisation immédiate qui a été faite de son livre , l'amalgame brutal entre homosexuel qui fréquente les prostitués, la pédophilie( inexistante dans l'une et l'autre affaire) le viol, le tout brassé et entretenant une facile confusion, une seconde vague d'indignation mal informée, je vois là une flambée dont Frédéric Mitterrand a été le détonateur, mais qui le dépasse largement, avec exposition de sa vie privée (publiée, d'accord) .

Ce qui se passe aujourd'hui le confirme. Il est une cible facile. Il lui manque la prudence des bêtes politiques. Voici dont son courrier publié. On donne à penser que décidément, il a un grand faible pour les violeurs, et qu'il s'offre comme témoin de moralité. Que pour un peu les jardins de la Villa Médicis auraient pu être entretenus par des délinquants.

Or le témoignage de moralité - de peu de poids, souvent, en cour d'assises - fait partie de la routine judiciaire. L'offre d'emploi, elle, est par contre fort utile pour contribuer à une future libération conditionnelle. Mais, à regarder l'article du Point, assorti d'une photo aussi patibulaire que possible, est-ce bien ce que l'on va en retenir? Et cela est passablement répugnant.

Peut-être, en ce qui concerne La mauvaise vie, n'en ai-je pas fait la même lecture que vous, peut-être la mienne est-elle trop indulgente. Plus qu'un prédateur qui s'autorise de son enfance malheureuse, j'y ai lu le récit gris, d'un homme gris, qui s'en va conforter la grisaille en des lieux sinistres. Et y ressusciter son désir, à l'évidence.

La Thaïlande n'est que décor: les mêmes scènes, à quelques détails près, se jouent quotidiennement à Paris. Sûr, à part ça, que lorsque "ici, il ose tout dire" comme l'annonce la quatrième de couverture, Frédéric Mitterrand ne s'attendait pas à se retrouver au tableau de chasse ministériel de Sarkozy!

Merci, chère Dominique Conil, de pouvoir, grâce à vous, retrouver le tempo et la vibration propres à une conversation démocratique.

Je suis d'accord avec vous, sauf, peut-être, sur l'aspect marginal, réfractaire ou inadapté de Frédéric Mitterrand au monde politique. Depuis que le roué Hervé Bourges le fit venir à la télévision dans le sillage de l'élection de son oncle à la présidence de la République, notre homme joue avec maestria sur les deux tableaux, telle la chauve-souris de La Fontaine («Je suis oiseau, voyez mes ailes. Je suis souris, vivent les rats!»), obtenant à la fois le statut d'artiste fragile à l'enfance saccagée et d'insignes fonctions avec leur apanage. Se montrer généreux sur notes de frais et dépenser jusqu'au dernier denier public pour de bonnes œuvres décalées n'est certes pas pendable, mais indique, me semble-t-il, comment ce Saint Martin en cachemire se dépouillant rarement pour l'unique et véritable intérêt d'autrui, s'inscrit parfaitement, tout en ayant l'air de ne pas y toucher, dans «la domination de l'économie du désir, la primauté du désir singulier, la vertu même de la pulsion, qui n'a pas à subir d'interdits, ni moraux ni sociaux.»

Sans nous inscrire, vous et moi, dans un feuilleton «empoignant» digne du XIXe siècle, je crains effectivement qu'il ne nous faille nous dire: la suite au prochain numéro...

 

Ne sachant si je serai lu dans la fil des plusieurs centaines de commentaires laissés sous l'article d'Antoine Perraud, je copie ici mon dernier commentaire à propos de son article, puisqu'il est venu se justifier ici :

 

"N'empêche qu'Antoine Perraud ne s'en vante pas
auprès de nous, mais c'est quelqu'un de courageux. Dans une émission de
radio Antoine Perraud a accueilli à de très nombreuses reprises Gabriel
Matzneff, boycotté par l'écrasante majorité de ses confrères du fait de
son étiquette "pédophile". Et ça fait apparemment 25 ans qu'Antoine
Perraud le fréquente, en tout cas il  écrivait en 2004 que ça faisait
20 ans à des lecteurs de "Telerama" qui le critiquaient pour un article
sur l'Eglise orthodoxe jugé nul (Matzneff a beaucoup écrit sur l'Eglise
orthodoxe, Antoine Perraud l'a donc invoqué comme caution). Donc
Antoine Perraud  fréquenterait puis  médiatiserait Gabriel Matzneff
depuis son éviction de son poste de chef de la rubrique littéraire du
"Monde", en suite de l'affaire dite du Coral (dans laquelle Matzneff
n'a joué aucun rôle, mais qui a été l'élément déclencheur à gauche pour
lacher les pédophiles).

En sachant ça, on ne s'étonne pas qu'il ait pu appeler le nouveau
ministre de la culture "Bambi", au moment de sa nomination, en revanche
du coup Antoine Perraud est parfaitement informé des ravages sociaux
que provoquent chez un individu l'apposition de l'étiquette de
"pédophile", et son article en devient encore moins excusable, tant par
l'utilisation de ce terme dans le corps de l'article que par les
ambigüités qu'il y laisse planer sur Frédéric Mitterrand."

 

 Merci Dominique de revenir revisiter l'actualité pelletée au poids des grandes émotions médiatiques.

Beau texte encore et toujours, on en a besoin pour croire à l'information vraie, je veux dire vérifiée, consolidée, belle indignation contre l'instinct de lynchage quel que soit son masque de grandes causes.

Frédéric Mitterrand reste pour moi l'auteur de "lettres d'amour de Somalie" reçu en pleine poire et en gros plan au premire rang du cinéma Utopia à Avignon... et reste la tristesse de voir un artiste rejoindre ceux qui sont nés dans la basse cour et qui ne perdent donc jamais la cadence.

Mais le statut d'artiste comme tu l'écris n'indemnise de rien.

J'ai tendance à penser aussi que la sexualité est bien plus mystérieuse, bien plus personnalisée que ce que nous décrivent les psychiatres et bien plus intéressante que ce pâté à média qui ne manque jamais de gonfler l'audimat.

Dominique , je viens te voir pour te dire toute mon amitié , sensible à ton billet , encore une fois , un billet juste , juste ce qu'il faut pour aider à mieux comprendre , qui aide à apaiser 

 

A cette belle colère  

J'en profite pour remercier , Kairos ( qui m'a offert les 2 citations d'Oscar Wilde sur mes 2 billets )  , lui dire toute mon amitié et qu'il ne s'éloigne pas trop.

Merci à Anne , à Fantie , et à tous ceux qui prennent garde à ne pas juger trop vite , qui s'interrogent pour mieux comprendre

 

Belle journée   

S'interroger, Ben, c'est vrai que certains commentateurs le font bien peu, sur ces affaires "sexuelles" en particulier.

A ce propos, un lien intéressant vers une interview d'E. Roudinesco (donné par Mithra sur un fil d'article) :

la part obscure de nous-mêmes

 

Aussi, une définition
des pédophiles , d'après des études de cas : sont pédophiles ceux qui
sont obsédés par une ou des images d'enfants prépubères. (article entier disponible sur cette page, c'est le troisième texte)

Il y aurait donc de quoi s'interroger, au lieu de sauter à pied joints sur les amalgames.

Merci Dominique pour la mesure et le bon sens. Ouf. ça calme ma colère d'avoir vu cette information (si l'on peut dire) en Une de Mediapart.

Trois fois que je relis votre billet, Dominique, trois fois que je n'arrive pas à y déceler véritablement ce qui me gêne.

 

"une de ces bousculades médiatiques qui interdit la pensée"

 

Une piste ?

Peut-être!

 

En ce que vous même, mélangez peut-être trop, sur un seul et même billet, des éléments qui, à être rassemblés n'en font pas forcément arguments politiques recevables, sauf peut-être pour une bien-pensance auto-proclamée (ça mange pas de pain), celle qui, à l'instar d'un Finkielkraut, agite mécaniquement presque, le chiffon de l'amalgame comme le début d'un totalitarisme.

Paroles contre paroles.

Débat à approfondir ?

Oui, à vouloir dénoncer l'amalgame un peu trop rapidement, on court le risque d'avoir l'air d'amalgamer soi-même! Sur les éléments épars, il y a d'une part le rappel d'éléments divers, qui se retrouvent, juxtaposés, ressassés, brouillés, à donner une image redoutable.

La chose se complique lorsqu'un membre du gouvernement se retrouve piégé par les amalgames que n'hésite jamais à utiliser ledit gouvernement.

Quant au rappel de la réalité des viols d'enfants, en France ( grâce au lien ci-dessus je m'aperçois que Caroline Fourest la mentionne elle aussi) : remise en perspective et effectivement piste de réflexion, pas plus.

Quand à Alain Finkielkraut - l'amalgame comme amorce du totalitarisme, oui,  mais en l'espèce, totalitarisme... nous n'y sommes pas - par contre j'ai cru lire sous sa plume toute une série de précisions concernant la vitime de l'affaire Polanski, qui me met très mal à l'aise à mon tour. S'il s'agit de souligner que Samantha Geimer , habituée des séances photos, ayant un petit ami, etc, n'était pas une enfant mais une très très jeune fille, oui. Mais si cela induit, même sans que cela soit dit, que la victime n'est pas si innocente ( et cela risque d'être compris ainsi), non. Cela rappelle les plaintes pour viol d'antan. Toute fille trop séduisante, en mini jupe ou autre, se voyait suggérer qu'elle ne l'avait pas entièrement volé..

Remise en perspective ?

Je crains, là encore , de ressentir une gêne, et ce d'autant plus quand vous précisez que cette même remise en perspective est également faite par C. Fourest pour laquelle je n'ai pas encore réussi à me faire la violence de lire le papier.

Votre allusion me suffira pour l'instant à éclairer le brouillage initié par Finkielkraut.

 

Je me suis jusqu'à présent bien gardée de commenter (et même en pensée) les différents griefs qui sont reprochés à Polanski. Pour faire bref, cela me laisse très indifférente, tout juste cela a-t-il éveillé en moi la question des lolitas, dont je fus, heureuse et consentante. Donc peu d'intérêt, quoique!

 

De la même manière je me suis gardée également de juger de la misère sexuelle des uns ou des autres, fussent ils grands (FM) ou misérables (mon voisin de palier peut-être), homo ou hétero.

 

La seule chose qui me semble digne d'intérêt dans ce grand déballage soudain de la perception de la sexualité à notre époque, c'est la manière dont se sont faits les alliances, les soutiens. Esprit de classe. C'est libéral, pas moral. Mais peut-être au delà.

 

Les commentaires de Finkielkraut ou de Fourest confirment mon analyse, il y a une perception élitiste du droit, quitte à y mettre le prix, à jouir du corps de l'autre (triste en soi) et je dois dire qu'entendre des sirènes ainsi hurler du droit imprescriptible à cette prérogative résume le malaise social actuel, et résonne comme une insulte aux gueux, en forme de je te baise si je veux.

 

Que notre Caroline nationale enfonce le clou, oserai-je, en balançant un minable "vous ne vous êtes pas regardés vous les gueux, à pratiquer l'inceste dans le fin fond de vos campagnes hein, alors la ferme!" (en substance bien sûr, et d'après ce que vous en dites) achève de m'éclairer définitivement sur l'origine de cette France qui fait peur.

 

Oui, il est bien possible qu'une forme de totalitarisme soit à l'oeuvre, ou plutôt se fasse de plus en plus jour. Mais plutôt du côté des intellectuels dûment assermentés, qui semblent malgré tout bien à la peine et n'hésitent pas à invoquer la misère humaine en général pour bétonner leur pré-carré.

Je me suis mal exprimée sans doute.

Je ne peux pas répondre à la place de Caroline Fourest - qu'il y aurait avantage à lire, quand même - mais en tout cas, lorsque je parle de remise en perspective, ce n'est aucunement, comme vous l'écrivez, un renvoi à "vous ne vous êtes pas regardés vous les gueux à pratiquer l'inceste dans le fin fond de vos campagnes". Le tout qui viendrait justifier, en plus, un pré carré autorisant le puissant ( fortune, position sociale,) à "jouir du corps de l'autre". Rien à voir, même.

La remise en perspective l'exemple cité est en campagne, mais posez la question à un travailleur social de l'Ase, et vous verrez que le viol d'enfant ( et là je parle bien d'enfant, pas d'adolescents) n'est pas l'apanage du monde rural. Que dans des milieux plus aisés - qui n'échappent pas à la chose, eux non plus - on soit souvent plus enclin à se tourner vers le psi que vers les tribunaux, en effet.

Simplement, à lire ici et là, on pourrait penser qu'une caste ultra privilégiée se verrait concéder un droit de cuissage généralisé. Je voulais seulement rappeler que le viol d'enfant, dans les faits concerne tous les milieux, et que la seule impunité est celle qui provient du silence. La raélité statistique est très désagréable, car elle nous concerne tous, et elle est dans notre environnement immédiat.

Il est certes plus facile de se faire peur avec des croquemitaines cinéastes, lequel a fait l'objet d'une plainte au lendemain des faits. Lequel, si fautif soit-il, n'est en rien pédophile. Violeur d'une très jeune fille mineure, c'est déjà pas mal.

La déclaration idiote de Frédéric Mitterrand , les signataires indignés qui avancent pour tout argument qu'il est plein de talent et qu'on l'a piégé, auront eu pour effet d'occulter les complexités, voire les abus, d'une procédure américaine, et d'occulter par la même occasion la position de la victime elle-même.

Chère Dominique,

 

Pour vous agréer, voilà, j'ai lu le papier de Caroline Fourest. Et, bien sûr je n'ai pas été étonnée : ce papier est à débagouler!

"Comme si la pédophilie n'était pas constituée à 90 % de cas d'inceste commis par de bons pères de famille, que le patriarcat et la domination masculine ont rendus tout-puissants.", écrit elle dans un redoutable élan féministe.

 

Je ne m'étais pas trompée sur le sens général de son intervention, c'est qu'avec Caroline tout est téléphoné d'avance. En fait on peut aisément faire l'économie de lire ou d'entendre ses interventions, elles ont ce côté furieusement monomaniaque et lancinant jamais trahi.

 

Bref, de toute façon, comme je vous l'ai dit déjà, il ne m'intéresse aucunement de rabaisser la discussion à un niveau purement factuel, où l'on touche à l'intime. Forcément.

 

A cette approche, que je qualifierais de populiste pour le coup, je préfère la distanciation d'un Robert Damien dans l'article de Antoine Perraud avec par exemple cette réflexion à mener autour de

"Je suis frappé par la révolution libérale des mœurs, qui semble avoir été intégrée à droite. C'est la domination de l'économie du désir, la primauté du désir singulier, la vertu même de la pulsion, qui n'a pas à subir d'interdits, ni moraux ni sociaux. On est effectivement pris à front renversé. Les plus libéraux, les plus libérés, ne sont pas ceux qu'on croit. Paradoxalement, une partie de la gauche se trouve en position de défendre l'idée de limitation du désir, de refus des injonctions du désir."

 

Voilà chère Dominique, non pas que vous vous soyez mal exprimée, mais nos réflexions sont (presque dramatiquement) sur des axes parallèles, condamnées de ce fait à se rejoindre sur un point d'infini. Restons donc patientes et optimistes Sourire

 

Bien cordialement.

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Chère Arpège,

Lorsque les grilles d’interprétation, la citation hors contexte, la pensée
tautologique voire le poujadisme judiciaire prennent le pas sur l’information –
et nous sommes ici sur un site d’information – il est bon d’en revenir au
factuel. En matière de journalisme, ce n’est pas une réduction de la pensée,
c’est un devoir de base dont la presse s’affranchit quelque peu ces jours-ci.

Passer le réel au crible de ses convictions ( voir le commentaire de
michel93 plus haut, voir les échanges entre pascal B, Fantie, Axel) en ne s’intéressant «  nullement à rabaisser la
discussion au niveau factuel » est source de belles erreurs.

Lorsque le factuel gêne la pensée, faut-il interroger la pensée ou ignorer
le factuel ?

Je ne suis pas en désaccord, loin de là, avec ce qu’écrit Antoine Perraud, je
suis en désaccord  partiel sur cette
affaire précise. Au risque de perturber votre réflexion en cours, rappelons
qu’il s’agit ici, aussi, de personnes : victime, coupable, magistrats,
etc..

Soyons bêtement factuels. Vous verrez, vous verrez, cela donne à penser.

  •   
    Pourquoi Roman Polanski a-t-il fui
    les Etats-Unis il y a trente ans
    , avec procédure en cours ? Parce qu’un
    procureur  spécialisé dans le show bizz,
    ayant à opter entre ce qui prenait l’allure d’un accord entre victime et
    prévenu ou un super-procès hollywoodien avec Anjelica Huston ou Nicholson en
    témoins, a opté pour le second. Bonne administration de la justice, ou bonne
    administration du médiatique, le débat est ouvert, tant par le film Wanted and
    desired
    ( le procureur y est accablé, y compris par e magistrat qui fut son
    assistant de l’époque ; il faut dire qu’il était mort entre temps), que
    dans la presse américaine. Je relève, là, que le fait d’appartenir à une caste
    privilégiée, loin d’être un avantage, était peut-être un désavantage pour le
    prévenu.
  •    
    Pourquoi, en 2003, lorsque Roman
    Polanski a reçu l’Oscar pour Le pianiste, aucune voix ne s’est-elle élevée
    , en
    France, pour dénoncer l’asile judiciaire dont il bénéficiait depuis plus de
    deux décennies ? J’ai vérifié, la presse a fait son travail.
    « Ira-t’il à la remise des Oscars au risque d’être arrêté ? »
    C’est partout, avec rappel de l’affaire. Mais là, blogosphère indifférente,
    zéro tribune, no comment. Aux Usa, en revanche, on y a pensé. Pour la première
    fois, Samantha Geimer, la victime du viol s’est ouvertement exprimée , accordant son pardon
    et souhaitant qu’on en reste là. D’après toujours la presse américaine ( de
    qualité, comme on dit), un accord avait été passé , via leurs avocats, entre
    elle et Roman Polanski, à hauteur de 500 000 dollars. Je n’ai pas
    connaissance des termes de cet accord, mais il est bien évident – les avocats
    sont là pour cela – que le versement d’une indemnité est assorti d’un
    engagement à ne pas poursuivre. ( Et la victime a en effet demandé la fin des
    poursuites). De cela, on peut conclure que l’argent arrange bien des choses,
    c’est vrai, mais l’argent aux USA, est toujours partie au procès, ce qui
    explique le boom constant des procédures .
  •        
    Pourquoi, en septembre 2009, Roman
    Polanski, heureux propriétaire d’une demeure en Suisse
    où il s’est rendu à
    maintes reprises, est-il interpellé à son arrivée pour un festival lui
    rendant hommage ? Soit dit en passant, on ne pouvait trouver plus
    médiatique, l’actuel procureur Espinoza n’est pas Californien pour rien. La
    raison  en est simple : c’est Polanski lui-même, en demandant à pouvoir se
    rendre sur le territoire américain… qui a réveillé un dossier que nul ne se
    souciait de faire aboutir. Ni la victime, bien embêtée, ni évidemment le
    présumé coupable. Et la France, soudain, de tomber dans les pommes.
  •      
    Y aura-t’il enfin, enfin, procès
    équitable
     ? Rien n’est moins sûr, en raison des accords passés entre
    victime et accusé, sans même évoquer la valeur de témoignages et affirmations
    que le  temps a pu modifier, des témoins
    morts, etc.
  •        
    Et pourtant, comme vous, la morgue
    de certains, le sentiment d’impunité d’une caste ( en fait j’aurais plutôt
    tendance à penser classe, mais il parait que ça n’existe plus..), l’appropriation
    parcellaire d’un discours sur la liberté des mœurs, à usage d’une consommation
    qui est en elle-même un déni du désir, l’injustice de la justice, oui.
  •        
    Enfin, last but not least,
    Caroline Fourest, qui n’est pas ma tasse de thé. Vous voyez une bouffée
    délirante féministe dans ses propos ? Navrée, mais le viol ( dans le
    chiffre qu’elle cite se retrouvent côte à côte l’inceste proprement dit, mais
    aussi le « viol par personne ayant autorité », qui inclut beaux-pères,
    enseignants, et bien d’autres) est un fait masculin. La domination féminine
    emprunte d’autres voies. Mais les victimes, elles, appartiennent aux deux sexes.
    Et pardonnez-moi, mais je vois dans votre volonté d’écarter d’un revers de main
    ce factuel sans noblesse, quelque chose qui pour moi relève de l’indifférence
    pour l’humanité.

Madame Conil,

"le viol ( dans le chiffre qu’elle cite se retrouvent côte à côte l’inceste proprement dit, mais aussi le « viol par personne ayant autorité », qui inclut beaux-pères, enseignants, et bien d’autres) est un fait masculin."

Non, ce peut aussi être un "fait féminin", même s'il est très marginal, bien sûr. Le plus souvent sous la forme de l'inceste mère-fils (Le souffle au cœur de L Malle), sans violence mais aussi, si pas plus!, destructeur. Bien à vous.

 

Je me suis mal exprimée, mea culpa, votre colère est légitime, je la reçois, même si elle est un peu excessive sur la conclusion.

Je continue donc mon chemin parallèle.

 

"La déclaration idiote de Frédéric Mitterrand" : je trouve que vous faîtes preuve d'une grande indulgence envers FM (1), qui a par ailleurs tendance à se servir de l'homosexualité comme d'un bouclier à l'instar de son oncle utilisant sa maladie lors de l'interview d'Elkabach faisant suite à la publication du livre de Péan.

Ne s'agit-il pas -pardon pour ce langage désuet- d'attitude de classe ou de caste ? Ou alors tout simplement d'une revendication inconsciente -à travers le cas de Polanski- du droit à l'oubli pour soi-même. 

 (1)  Deux apports très intéressants  :

 - Mona Chollet dans http://peripheries.net/article324.html

- Didier Lestrade :  http://didierlestrade.blogspot.com/2009/10/le-chapitre-11.html

 

 

Oui, lorsque je parle de "rouerie", c'est bien de cela qu'il s'agit. Mais je distinguerai, disons, l'épisode de la "maladresse" spontanée, de quoi, on arrête Roman ? - de l'épisode plus concerté, TF1, où effectivement le mélange entre sphère intime, exquise sensibilité, énergique déni,  sont aussi écrans de fumée.

Mais je n'y vois pas tellement un langage de caste ou de classe, plutôt l'expression -bien épinglée partout -  du mélange peu attrayant entre exposition de l'intimité et politique, l'empathie suscitée par l'un ( ou pas) étant supposée faire avaler la seconde. La passion que cela soulève n'est-elle pas le pire des symptômes ?

On a les castes qui nous passionnent.

 

«La passion que cela soulève n'est-elle pas le pire des symptômes?»

 

Pardon mais je dois remettre à l'endroit le concept que vous tentez de tordre pour aider Mitterrand à tordre notre pensée et notre intime:

 

La passion que cela soulève est le symptôme qu'on est bien dans le Pire!

"On a les castes qui nous passionnent" (Dominique Conil)

Phrase à écouter. Vraiment.

On appelle "élite" ceux que l'on met au dessus de soi.

J'ai parlé d'attitude et non de langage (1), ce qui n'est pas exactement pareil. Cela dit je suis d'accord avec vous sur l'attrait malsain que suscite toute cette affaire, même chez des personnes que le déballage de tout cela répugne, et parmi lesquelles je me range. Pas facile, après deux décennies de déballage et d'exhibitionnisme télévisuels et médiatiques d'y échapper, mais les enjeux dépassent de loin le cas de FM. Il s'agit d'un membre du gouvernement, sensé me représenter ainsi que l'ensemble des français. On peut d'ailleurs penser que si FM n'avait pas été ministre, son soutien à Polanski serait passé totalement inaperçu.

Cela étant, il ne faudrait pas oublier que certains hommes politiques ou médiatiques, qui sont aujourd'hui, les premiers à pousser des cries d'effraie quand le phénomène leur échappe et se retourne contre eux par effet boomerang en ont été les initiateurs et l'ont utilisé à satiété.

(1) FM n'échappe cependant pas au langage de classe ou de caste quand il évoque des "relations tarifées" (expression reprise systématiquement dans les médias) : bel exemple de rouerie et de manipulation.

Je vais lire, sur vos liens, pour commencer.

En effet, il y a un côté arroseur arrosé, lorsqu'on s'indigne de l'interpellation sur le privé, alors que ledit privé fait l'objet d'une belle exploitation.

Et c'est sans doute pourquoi on parle de "relations tarifées ". Je ne sais s'il s'agit d'un langage de caste ou classe, j'y vois plutôt l'équivalent de ' machin n'est plus parmi nous", parce que mort ça fait violent!

Quant à Frédéric Mitterrand, ou un autre, membre d'un gouvernement qui est censé me représenter: c'est une approche qui m'est étrangère, que je comprends, mais ces gens-là - gouvernement dans son ensemble - ne me représentent en rien. Ils ont été nommés par un président élu, c'est autre chose.

"Relations tarifées " est l'expression utilisée pour ne pas employer purement et simplement "réseau de prostitution".

L'euphémisation du langage est une excellente ressource offerte par la possession du capital linguistique comme aurait dit Bourdieu. 

Pardon, un peu de retard dans la lecture. L'article de Didier Lestrade est remarquable, et féroce. D'autant plus remarquable que lorsqu'il dénonce la surenchère  de "révélation" qui s'empare  - auto-fiction, fiction - de l'objet littéraire, il sait de quoi il parle: il a été lui même "mis en scène" sous nom déguisé, dans un roman de la précédente rentrée littéraire, et le "devinez qui c'est" a parfaitement fonctionné côté promotion. Le regard cru et cruel qu'il porte sur les silences de la communauté homosexuelle donne à réfléchir.

Plus de réserves en ce qui concerne l'article de Mona Chollet. Non sur le fond, car oui, il est inadmissible d'atténuer la responsablité d'un homme mis en exament pour viol en expliquant que la mineure n'était pas vierge ou qu'après tout, elle n'était qu'une lolita arriviste. Ce sont là des arguments qu'on croyait disparus, et qui n'honorent pas leurs auteurs.

Même si apporter des précisions sur le contexte fait partie de l'information.

Par contre, l'empilement de faits, témoignages, extraits choisis à propos de toutes les dérives du monde show bizz ou du monde de la mode: à trop décrire, on n'écrit plus. On contribue davantage à un sentiment d'écoeurement et d'impuissance, plus qu'on n'oinforme ou donne à réfléchir. 

Conclusion de l'Edito d'Eric Fottorino le patron du journal Le Monde d'aujourd'hui :

"Si Frederique Mitterrand n'a pas menti sur l'âge de ses partenaires sexuels en Asie du Sud Est, alors le lynchage dont il est victime est une "tache" sur ceux qui crient avec les loups" (sic) 

Avec des "Si" vous connaissez la suite.....

Mais n'y aurait-il pas moyen de retrouver ce, ou bien tous ces "Beaux Boxeurs Thaïlandais de 40 ans", qui à leur corps défendant ou bien compatissant, viennent de faire une entrée fracassante dans les annales de l'histoire de France, après être sortis il y a des décennies de cela de celles de notre ministre et de les faire témoigner, afin qu'ainsi, tout doute sur la probité des moeurs de notre ministre de la République soit enfin levé ??

Fastoche à faire à l'heure de la mondialisation et des nouvelles technologies.

A moins qu'ils ne soient morts bien sûr, vu l'âge avancé qu'ils avaient déjà à l'époque.

mmddrr de mmddrr !!!

@ +O-NE

«Sont pédophiles ceux qui sont obsédés par une ou des images d'enfants prépubères.Il y aurait donc de quoi s'interroger, au lieu de sauter à pied joints sur les amalgames.»

Merci pour ce renseignement pratique extrêmement utile.

Je viens juste de m'interroger, sur votre conseil.

Ma réponse:

Ouf! je ne suis pas, personnellement, obsédé par de telles visions. Je ne suis donc pas pédophile.

Je vais donc pouvoir m'en donner à coeur-joie avec des gamines de 18 ans et un jour, ah et je vais aussi me renseigner sur cette histoire d'âge sexuel légal à 15 ans: ça m'intéresse aussi, surtout depuis que je sais que je ne suis pas pédophile.

Pardon d'avoir l'air de me moquer comme ça de vous en jouant sur les mots et par ce "rôle de composition du parfait salaud",

mais voyez-vous,

je ne fais que me foutre de votre gueule exactement comme le fait notre ministre de la culture.

A lire de l'immense Serge Garde :

"Cette Société qui consomme ses enfants" paru il y a de cela quelques années déjà.

Fait froid dans le dos, ça me donne pas franchement envie de faire des enfants tout de suite, si c'est pour leur faire subir ce type de Prédateurs Intouchables et protégé.

@ +O-EN

Très bon billet

excellent

POL

De la morale " à la bouche... au grand écart!

 Rien de plus subversif que les textes, dits officiels...

Relisons le  discours de Bercy.

Il ne me faisait pas rêver..............

 


"Nous conjurerons le pire en remettant de la morale dans la politique. Oui, de la morale. Le mot « morale » ne me fait pas peur. La morale, après mai 68, on ne pouvait plus en parler. C’était un mot qui avait disparu du vocabulaire politique. Pour la première fois depuis des décennies, la morale a été au cœur d’une campagne présidentielle.

Mai 68 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral. Les héritiers de mai 68 avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait aucune différence entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid. Ils avaient cherché à faire croire que l’élève valait le maître, qu’il ne fallait pas mettre de note pour ne pas traumatiser les mauvais élèves, qu’il ne fallait pas de classement.

Ils avaient cherché à faire croire que la victime comptait moins que le délinquant.

Ils avaient cherché à faire croire qu’il ne pouvait exister aucune hiérarchie de valeurs.

Ils avaient proclamé que tout était permis, que l’autorité c’était fini, que la politesse c’était fini, que le respect c’était fini, qu’il n’y avait plus rien de grand, plus rien de sacré, plus rien d’admirable, plus de règle, plus de norme, plus d’interdit.

Souvenez-vous du slogan de mai 68 sur les murs de la Sorbonne : « Vivre sans contrainte et jouir sans entrave. »

Voyez comment l’héritage de mai 68 a liquidé l’école de Jules Ferry qui était une école de l’excellence, une école du mérite, une école du respect, une école du civisme, une école qui voulait aider les enfants à devenir des adultes et non à rester de grands enfants, une école qui voulait instruire et non infantiliser, parce qu’elle avait été construite par de grands républicains qui avaient la conviction que l’ignorant n’est pas libre.

Voyez comment l’héritage de mai 68 a liquidé une école qui transmettait une culture commune et une morale partagée grâce auxquelles tous les Français pouvaient se parler, se comprendre, vivre ensemble.

Voyez comment l’héritage de mai 68 a introduit le cynisme dans la société et dans la politique.

Voyez comment le culte de l’argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier ont été portés par les valeurs de mai 68.

Voyez comment la contestation de tous les repères éthiques, de toutes les valeurs morales a contribué à affaiblir la morale du capitalisme, comment elle a préparé le terrain au capitalisme sans scrupule et sans éthique des parachutes en or, des retraites chapeaux et des patrons voyous, comment elle a préparé le triomphe du prédateur sur l’entrepreneur, du spéculateur sur le travailleur.

Voyez comment les héritiers de mai 68 ont abaissé le niveau moral de la politique."

Nicolas Sarkozy, discours de Bercy, 29 avril 2007.

http://www.u-m-p.org/site/index.php/s_informer/discours/nicolas_sarkozy_a_bercy

C etait avant Carla Bruni. Peut etre là une explication ? Et puis surtout un boniment de campagne électorale n'a jamais contraint un homme politique.

Merci pour ce billet très convaincant qui exprime parafitement ce que je ressens depuis le début dans cette affaire.

Merci Dominique.

Très bon billet..

Je ressens moi aussi de la peur de cette France, qui change, aux mains de mafieux qui s'emparent de la justice, des médias, des richesses, qui défendent les violeurs (voire pédophile), les ex-amateurs de tourismes sexuels qui s' étalent en public...

de cette France obligée de "débattre" d' actes répréhensibles "au raz des pâquerettes, des ses "grands" artistes et ministres.

Quelle que soit la "souffrance" ou les souffrances passées, on doit être maître de ses actes, devant la justice, et la souffrance des coupables ne doit pas passer devant celle des victimes .Le traumaitisme est déjà grand quand une femme violée est mariée , mère....

Ce n' est pas "lyncher" que de réclamer la même justice pour les anonymes et les célèbres !

NB: le débat de l' âge de reconnaissance de la pédophilie, cher Beber, est "au raz des pâquerettes" .  Si dans certains  pays on peut mettre marier des fillettes de 12 ans, contre des cadeaux, allez-vous trouver qu'il faudrait le faire en France ?  Si Roman Polanski trouvait avantage à faire des films aux USA, il devait en accepter la loi ...Il me semble que les dirigeants français raisonnent ainsi pour leur pays !

(11/10) Ce qui me fait peur dans notre époque c'est l'abandon de la réflexion, de la recherche du sens des mots.

Même la loi, souvent invoquée par des commentateurs de l'actualité,  est plus précise et nuancée que ce qui s'en dit.

Ce que je crains dans le domaine des crimes et délits sexuels, c'est le glissement vers la notion de crime unique et de peine automatique.

A lire aussi, le billet de Pol :

http://www.mediapart.fr/club/blog/pol/111009/le-sexe-et-l-ef...

et d'autres billets  de Mediapart qui posent aussi la question du contexte  :

http://www.mediapart.fr/club/blog/ben-boukhtache/081009/indi...

http://www.mediapart.fr/club/blog/le-gravier/101009/selon-qu...

http://www.mediapart.fr/club/blog/youri-z/101009/l-antisemit...

 

Ajout du 12/10 : certains commentateurs ont signalé l'article de Mona Chollet  sur peripheries.net ;

Dans la 2ème aprtie de son texte, elle rappelle certaines  pratiques de milieux publicitaires, commerciaux ou artistiques (ou les 3 à la fois) pour qui « L’homme est un créateur, la femme est une créature ».

Cela constitue aussi une partie du contexte de cette affaire.

(j'ajouterais : sans oublier qu'au delà des faiseurs d'images, il y a les consommateurs et consommatrices de ces imagesde corps féminins jeunes et parfaits).

 

 

Pourquoi cet événement déchaîne-t-il les foules ? Je parle de l'affaire Polanski mais aussi des affaires de moeurs en général. Est-ce la France qui en est friande ou la société occidentale contemporaine ? Les gens ou les média ? Pédophilie, viol, tourisme sexuel, autant de mots qui alarment, inquiètent donc font vendre, font parler. Il est urgent de ne rien dire. Il est urgent de réfléchir, d'y penser d'abord.

Bonjour Dominique Conil,

Dans ce billet écrit à fleur de sensibilité, quelques faits me gênent, quand la passion obère la raison, en voici quelques-uns :
. « la loi sur le tourisme sexuel arrive un peu tard, n’en déplaise aux indignés » : mais c’est le cas dans la plupart du temps : la loi arrive très souvent « en retard » par rapport aux faits qu’elle entend sanctionner / réguler / encadrer… Faut-il pour autant ne pas légiférer ? Et cet argument « si c’est pas nous, ce sera les voisins (les russes en l’occurrence)… » m’étonne sous votre plume (on peut sanctionner , mais tant qu’il y aura des pays pauvres et de riches amateurs de chair fraîche…), il m’évoque le « ça a toujours été, ça sera toujours… » ; il me semble qu’avec ces raisonnements, l’esclavage serait encore légal en France (et je ne nie pas ses formes modernes).

. « Faut-il dresser la liste des partouzeurs ou pédophiles nominés dans les ministères ? » : fâcheux amalgame, à mes yeux, l’éventualité de ministre partouzeur ne me gêne pas et cela m’indiffère totalement (ils font ce qu’il veulent de leur corps, dans la sphère privée, entre adultes consentants) ; l’hypothèse de ministre pédophile me heurte considérablement comme je suis heurté chaque fois que l’on évoque la nomination d’une personne justiciable à ces fonctions (les atteintes ou agressions sexuelles sur mineur sont réprimées par la loi).

Voilà, ce ne sont pas des points de détail, à mon sens, même s’ils n’enlèvent rien à l’émotivité et à la qualité de votre intervention…

Cher Kubler,

Le problème de votre "hypothèse de ministre pédophile" c'est que dans son livre et dans ses déclarations orales Frédéric Mitterrand n'a jamais parlé ou a nié avoir eu des relations avec des enfants impubères (même simplement avec des mineurs, ce qui est différent de la pédophilie mais répréhensible dans le cadre de la prostitution).

Dès lors, même si ce n'est pas votre intention, on est dans la stigmatisation gratuite d'un homosexuel. Car un ministre qui aurait écrit qu'il a couché avec des jeunes filles en payant (comme Le Pen l'a déclaré pour son compte dans l'indifférence générale) personne ne viendrait le chercher, surtout dans un contexte où il affirmerait le regretter.

C'est bien parce qu'elle sentait ce danger de réflexe anti-homo "protégeons nos enfants" que la gauche a attendu 1982 pour se désolidariser des pédophiles, dont elle craignait la stigmatisation indissociable de celle des homosexuels.

Cordialement

 

Cher Beber,

Vous avez raison, ce n'est évidemment pas mon intention de stigmatiser beaufement un homosexuel pour sa sexualité (ni qui que cela soi dès lors que nous sommes dans le cadre de la loi). 

Et vous avez également raison, tentons que les mots aient le même sens pour tous, mais ce n'est pas facile : si, pour le Petit Robert, la pédophilie est une "attraction sexuelle pour les enfants" (quel que soit leur sexe, donc), la pédérastie est ainsi définie "commerce charnel de l'homme avec le jeune garçon", jusque là ça va, mais le Petit Robert d'ajouter "et par extension toute pratique homosexuelle masculine"... Si c'est pas de l'amalgame homophobe du Petit Bob, ça ! Sans compter la chappe de silence sur l'homosexualité féminine; l'autre agitée de C. Fourest va encore hurler...

Reste que ce n'est pas simple de déclarer simplement, sans risque de récup' (et sans aucune stigmatisation des homosexuels) que Frédéric Mitterand a eu tort de pratiquer le tourisme sexuel (tout comme il me semble moralement - voire pénalement, suivant leur âge - condamnable pour un adulte de coucher avec des jeunes filles en payant).  

Bien à vous 

 

 

Cher Kubler,

bien vu. En effet, mieux vaut une loi tardive ( il faudra ensuite en vérifier l'application, et les effets réels), que rien du tout. D'autant que c'est très précisément l'opprobre et la menace de sanctions qui ruinent le marché du sexe évoqué.

Sur ce terrain incertain où se trouvent sans arrêt juxtaposés pédophilie et prostitution, dans la vie comme  dans les commentaires, vous avez entièrement raison de vous attacher à la loi. Partouzer est un choix qui peut nuire à une carrrière politique une fois révélé, pas une infraction.

Mais ne voyez pas, dans ce paragraphe, un fatalisme facile : de toute façon, ça continuera, etc... En fait, et j'aurais dû éclairer le propos, il s'agissait de ramener à de justes proportions les effets d'annonce ( on va vous régler ça) et la réalité, qui est celle d'un marché, d'une part ( ça, ça peut changer même si nous n'en prenons pas chemin) et celle de l'humain, plus complexe, très variable selon les cultures et les conceptions de la vie, infinment plus obscure.

 

 

Dans l'état des connaissances sur l'affaire Mitterrand, j'estime comme Beber qu'on est dans la stigmatisation d'un homosexuel.

Ne pas oublier non plus que la pratique homosexuelleétait (est !) rendue bien plus difficile dans nos sociétés que la pratique hétérosexuelle.

Ceci peut expliquer le lien à la prostitution.

Indépendamment de nos avis sur la prostitution (cett exploitation sexuelle de la misère, un autre débat) , on pourrait espérer qu'une véritable acceptation sociétale de l'homosexualité puisse ramener les deux pratiques, homo et hétéro, au même niveau quant au recours à la prostitution.

 

Fantie,

c'est de la mauvaise foi et c'est le jeu que joue Mitterrand pour nous faire taire: il tente de nous culpabiliser comme quoi on serait homophobes,

putain,

quand on est pour le mariage et l'adoption homo, ça fait quand même mal de se voir traité d'homophobe.

 

Rien à voir avec les homos.

Mitterrand, c'est le tourisme sexuel, mais le problème n'est même pas tout à fait ça: le problème, c'est qu'il soit ministre.

 

Un Léon Zitrone touriste sexuel, on s'en tape.

Un ministre, ça ne passe pas.

 

C'est si compliqué à comprendre?

Brouiller les pistes en rameutant je ne sais quelle homophobie, bonjour la confusion!

On dirait que vous préférez penser et réagir en fonction de ce que dit Le Pen ou que ce que disent les masses de gros cons de comptoir.

Ah et en fonction de ce que dit Beber, aussi: lui aussi est excellent pour jouer sur les mots, enfin pour foutre la merde sur les mots, surtout. 

Axel,

Si c'est votre opinion (le fait qu'il soit ministre qui est choqunt), elle est compréhensible. Mais reconnaissez que ce n'est pas le cas de tous ceux qui s'acharnent contre Mitterand.

Je le reconnais bien entendu,

oui mais voilà,

le problème qui nous empêche d'avancer, par exemple de disons notamment "rassembler toute la gauche unie et enfin prendre le pouvoir pour enfin concocter une autre société",

le problème c'est que systématiquement,

au lieu de penser en fonction de ce qu'on aimerait, au lieu de penser en fonction de nous-mêmes, au lieu de prolonger notre r´flexion pour s'´chapper du piège,

on fait syst´matiquement le contraire:

on pense (et on proteste etc), en fonction de ce qui ne va pas.

 

Pour apaiser la réflexion,

pour lui ôter tout ce côté émotif qui brouille tout, prenons un autre exemple, où le sexe est absent:

Comment toute la circulation routière, toute l'infrastructure routière, toute la sécurité routière,

sont pensées, étudiées, organisées, non pas en fonction de ce que devrait être une circulation normale, non pas en fonction du résultat pratique de bien commun qu'on aimerait obtenir,

mais en fonction des chauffards, en fonction des accidents, en fonction aussi de critères encore plus douteux comme par exemple les désiderata des lobbies des Equipementiers.

 

Forcément, le résultat est une organisation de la circulation routière qui ne peut qu'être mauvaise et qui ne plaira au bout du compte à personne.

 

Bon.

Maintenant que vous voyez ce que je veux dire,

revenez au problème que pose un Léon Zitrone touriste sexuel qu'on nous a balancé comme représentant de notre Culture Française:

Est-ce que vraiment vous pensez que réfléchir par rapport à ce qu'a dit Marine Le Pen, c'est le meilleur angle d'approche pour se poser des garde-fous et autres conditions et limites? 

Axel, si vous ne supportez dans les fonctions dirigeantes (ministre par ex.) que des personnes n'ayant jamais erré, glissé même, dans le passé, quand bien même, comme c'est le cas du ministre actuel de la culture, ils en auraient fait l'analyse et l'autocritique, je crains que vous ne trouviez personne pour occuper ces postes.

Pour le dire autrement, votre rigueur morale, certes toute à votre honneur en un premier temps, devient une condamnation inconditionnelle à perpétuité pour tout être humain qui n'aurait pas toujours été irréprochable. Cela me semble encore plus effrayant que ce que vous dénoncez.

 

Point de haine à l'égard de votre thèse ; seulement une ultime tentative de vous faire comprendre, sinon admettre, notre point de vue.

Bien à vous.

Point de haine, ça allait sans dire et c'est pareil de mon côté.

Gardons à l'esprit qu'il nous faut nous comprendre et nous unir. 

 

Sinon,

moi je vous répondrai que bien sûr que si, ça existe, des gouvernements complets, AVEC le parlement complet qui va avec, ET tout le personnel au complet de toute l'administration et de toute l'armée la police etc etc etc,

où les casseroles sont extrêmement rares et quand elles existent, ne dépassent  jamais la taille d'un dé à coudre.

Finlande.

Suède.

Norvège.

Islande.

Juste pour vous dire que non, ce n'est pas de la science-fiction utopique.

 

Vos standards français, vos critères ancrés et tatoués dans votre inconscient collectif, sont beaucoup trop pourris.

Au point que vous ne pouvez même pas ne serait-ce qu'imaginer la droiture, l'honnêteté, la transparence.

Et que vous êtes résignés,

sûrs et certains qu'il est impossible d'être autre-chose que pourris.

Je refuse ce terme de résignation, Axel. Notre monde n'est pas parfait et ne la sera jamais, ne serait-ce que parce qu'il est composé d'êtres humains, c'est-à-dire d'êtres imparfaits. Nous ne pouvons donc compter que sur des dirigeants le moins imparfaits possible.

Je n'ai aucune expérience des pays scandinaves que vous brandissez souvent en exemple. Je veux bien croire qu'ils soient plus épargnés que d'autres, mais je doute qu'ils ne soient eux aussi peuplés d'êtres humains, capables comme partout du pire et du meilleur.

 

Réalisme n'est pas résignation. L'utopie débouche plus sûrement sur l'intolérance que le réalisme. Qu'en pensez-vous ?

Cher Axel,

je comprends bien votre position et j'ai envie de vous poser une autre question : croyez-vous sincèrement que ce déballage va changer en quoi que ce soit la politique du gouvernement par rapport à la protection de l'enfance, au tourisme sexuel ?

Ce déballage est un coup de pub pour l'extrême droite. C'est tout, et ça sera tout, vous verrez.  Et le PS à lui courir aux fesses ne récoltera que pea nuts.

Maintenant, que personnellement vous condamniez les pratique du sieur Mitterrand, oui, moi aussi.

Mais là, nous avons à faire à une double histoire :

* un ministre dont la vie et le livre autobio. sont connus depuis longtemps sans émois particuliers

* la fille Le pen qui cherche à se faire encotre plus peuple que son paternel et plus blanche qu'Omo (sans jeu de mots) ; elle veut tout doucettement faitre oublier l'affreux à l'oeil bandé, et incarner une toute nouvelle perspective pour une France debout, pure, honnête...et tout le toutim.

.

Du coup,  vous comprenez que ces voix de gôche qui essaient de dire "moi aussi je l'ai dit que c'est choquant, moi aussi je suis pour la transparence" ... c'est de la C....politique.

.

Je reviens enfin sur votre " les riches jouissent de nos enfants" et ce que vous en avez dit ensuite, je dirais les choses autrement :

la société cherche à jouir de ses enfants, et cela s'aggrave avec la consommation obsédante, le fric obsédant et but d'une vie réussie, l'idée que rien ne peut m'échapper si je le veux, mais aussi la montée du discours du droit à (j'ai droit à ...). N'auriez-vous pas entendu cette phrase qui revendique désormais "le droit d'avoir un enfant" ??? ça ne vous donne pas l'impression que l'enfant devient de + en + un objet, c'est "le merveilleux objet". Et ceci, qu'on soit riche ou pauvre.

Bien salut à vous.

 

 

Axel, j'ajouterai à ce qu'écrit Marielle, et en quoi je me retrouve, ceci : mes ressentis personnels.

Depuisquelques semaine, une campagne de pub sur nos murs, de très jeunes  enfants dénudés, avec le prénom et l'âge, genre Mégane, 2ans, Clio 3 ans. J'ai  été heurtée par cette pub, et encore à chaque fois, et je me dis, par combien de véritables pédophiles sera-t-elle reçue ? Que leur dit-elle?

Quand j'ai appris l'arrestation de Polanski à Radio france (je connaissais l'affaire initiale) , mon réflexeza été de me demander : Qu'en pense la victime, que demnde-t-elle ?

Tout de suite après le journaliste ayant donné la réponse, pour moi, 30 après,  cela devenait une non-affaire.

(parce que je me souvenais des circonstances, le viol reconnu, la mère, le procureur, la transaction ; rien de neuf donc pour moi, sauf si la victime s'estimait lésée par le fait que Polanski n'était pas resté aux USA)

 

Quant à "l'affaire Mitterrand" là non, je n'ai pas suivi émotionnellement parlant;
Mais Mégane Clio et les autres sont toujours sur les murs, eux.

Affichés comme à vendre.Et ça ça m'émeut.Parce que je crois davantage à la prévention, peut-être.

Marielle,

on est d'accord sur le fond. J'aime aussi beaucoup votre sensibilité à cette histoire sordide de soi-disant "droit à l'enfant", qui montre effectivement encore une fois à quel degré de pourrissement notre mentalité est arrivée, dans ce monde où tout est marchandise.

 

Mais quand vous dites que la vie de Mitterrand était connue avant, et sans émois particuliers, c'est complètement faux.

Il y a avait les plus nombreux, ceux qui ne le connaissaient que comme "un Léon Zitrone qui avait des lettres", et qui n'avaient pas lu La Mauvaise Vie.

Et il y avait ceux qui éprouvaient la légère nausée permanente, celle dont on ne parle jamais, car on préfère se tourner vers le côté positif, un petit peu la même que l'on met de côté le temps de savourer la langue géniale d'un Céline par exemple:

On choisit de garder Céline, oui mais dans les bibliothèques, PAS dans les gouvernements.

 

La nausée, on l'a toujours ressentie, et depuis des décennies.

Moi perso j'ai travaillé sur les plateaux de tournages de précisément Roman Polanski,ça tombe bien, hein?

Et bien je pourrais avec un petit effort, bien vous décrire comment la nausée on la range dans un tiroir, pour pouvoir continuer à profiter du génie artistique parallèle et indéniable.

 

Mais Polanski n'est qu'un exemple parmi mille.

Et là, on a changé d'époque: ce qui ne faisait que donner une nausée surmontable, dans le nouveau contexte actuel ça devient insupportable.

trop c'est trop, la coupe est pleine. 

 

«croyez-vous sincèrement que ce déballage va changer en quoi que ce soit la politique du gouvernement par rapport à la protection de l'enfance, au tourisme sexuel?»

 

C'est ce qui se passerait en Scandinavie, ou en France si on y réfléchissait normalement, en hommes debout et non en enculés soumis.

Les choses changeraient, et très vite, soyez-en sûre. 

Ce déballage,

vous avez bien sur raison, ne va rien changer, mais c'est à cause de ce que nous sommes un peuple qui accepte, pire, qui fonctionne comme ça et pour qui c'est ça qui est normal

(la féodalité, les notables-seigneurs, les passe-droit même aux plus bas niveaux etc).

 

Que ça "fasse le jeu de Le Pen", croyez-moi c'est faux. Ce n'est vrai que parce que vous voulez que ça fasse le jeu de Le Pen.

Dans vos mentalités qui se focalisent sur la forme et qui ne touchent surtout jamais au fond

(les acquis de vos chers bons maîtres)

vous vous persuadez que "ça va faire le jeu de Le Pen".

Merci Axel de votre réponse, je comprends bie nce que vous dites. Une précision, quand je pense que ça fait la fortune de Marine LP, ce n'est pas parce que je pense que ça va lui apporter des voix directement, mais c'est parce que ça met en avant une thématique qui obture le reste par cette façon de crier sans savoir (on ne sait pas si Mitterrant a payé des mineurs). C'est encore une fois la manière de faire monter dans le débat public une rumeur et cela prouve combien notre pays est politiquement faiblard.

Et on ne peut pas non plus exiger la démission de quelqu'un parce qu'on suppose quelque chose.

Quant au thème du peuple qui accepte, dont vous parlez en fin de message, en ce moment,  oui, on accepte les horreurs économiques et les injustices. Ce sont les x coups sur la tête qui rendent les gens inquiets, craintifs ; ce fut en son temps la tactique de Mme Thatcher. Mais n'oublions pas que le terrain a été bien préparé chez nous depuis les années 90 ...mais c'est un autre débat.

Honnêtement je n'ai pas vraiment de réponses à cette question. Mais cette question , il aurait fallu alors la poser au moment où il a été nommé (bien sur je ne parle pas de vous mais des médias et des politiques). Cela aurait évité bien des amalgames.

 

Frédéric Mitterand est pour moi un mauvais ministre de la culture (voir par exemple sa défense d'HADOPI) dans un mauvais gouvernement (pas besoin de faire un dessin) nommé pour de mauvaises raisons (son nom!). Mais je préférerai pour ma part le faire tomber sur la loi HADOPI que sur la pratique de tourisme sexuel.

Tout à fait d'accord avec vous Pépère, en tous points. Et "faire tomber" ce ministre "sur la pratique de tourisme sexuel" serait une victoire du FN.

C'est vous, en disant cela, qui faites la victoire du FN.

 

Puisque la Scandinavie c'est de la science-fiction pour vous, tournez-vous donc vers le Royaume-Uni plus proche de nos critères, vous verrez alors que les Nationalistes on peut les maintenir ad vitam aeternam au stade du groupuscule d'illuminés ridicules qui ne feront jamais rien, et surtout pas peur, pas même à une mouche.

Et pourquoi ne pas faire tomber d'autres ministres ou chefs d'Etats ! sur d'autres affaires graves aussi ? des délits de collusion, des délits liés avec des exploitations sauvages à l'étranger, etc.

(et l'affaire Ben Barka, avec mort d'homme, qui a été encore refermée, pour protéger qui ?)

Chère Fantie,

en référence à votre commentaire, plus haut, sur la pub, la prévention, etc..

C'est hors sujet d'une certaine façon, en plein sujet par ailleurs.  Le tout dire et la banalisation qu'amènent les multiples exposés ( dommage, pour une fois que la France parle de sexe, que ce soit comme ça...), voici, page Orange, ouverture d'aujourd'hui.  Lechoix, en lui-même, est révélateur.Je dois dire que la "relation tarifée" en version écolo, pas pensé.

Pour sortir de l'ornière, un bordel berlinois invente les tarifs écolos


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Pour relancer la demande dans son bordel berlinois
éprouvé par la crise, Regina Götz verse désormais dans l'écologie, avec
des tarifs allégés pour les cyclistes et usagers des transports en
commun.


Photographe : Martin Oeser DDP/AFP :: Une prostituée dans un bordel d'Offenbach, en Allemagne, le 6 mars 2009.

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 Martin Oeser DDP/AFP :: Une prostituée dans un bordel d'Offenbach, en Allemagne, le 6 mars 2009.
photo : Martin Oeser , AFP

nMaxPhoto = 1;

"Avec la crise, notre chiffre d'affaires a été divisé par deux en
un an", confie cette ancienne prostituée de 56 ans, qui reçoit autour
d'un café et de petits gâteaux, entourée de dames en tenue légère.

"L'environnement est un thème qui est sur toutes les lèvres et par
ici, il est difficile de se garer. D'où l'idée d'une 'ristourne écolo'
de cinq euros pour qui renonce à venir en voiture. Tout le monde y
gagne", explique Regina Götz, en pantalon fuschia assorti à ses ongles.

Pour en profiter, "les clients cyclistes montrent leur casque ou la
clé de leur cadenas. D'autres présentent leur ticket ou leur carte
mensuelle de transports en commun, comme quand on monte dans le bus",
explique-t-elle.

Lancée en juin, l'offre est vantée sur le site internet de la
"Maison d'envie", le nom très français de ce bordel qui promet "une
atmosphère presque familiale" dans le quartier branché de Prenzlauer
Berg, un fief des Verts.

Au tarif pro-nature, la passe d'un quart d'heure est à 25 euros au
lieu de 30, par exemple. Cela fonctionne, assure la patronne: environ
10% des clients demandent à profiter des prix verts. Ils sont souvent
plus jeunes que la moyenne.

"Maison d'envie - La petite adresse sexy": sur la façade de
l'immeuble, au pied duquel sont installés un snack-bar et un loueur de
vélos, seule une discrète plaque chromée mentionne de quoi il retourne
au rez-de-chaussée du bâtiment arrière.

L'établissement compte quatre chambres et une suite décorées dans
des tons rouge-orangé, avec sur les murs des nus féminins figurant des
poses lascives façon Maja de Goya... ou nettement plus érotiques.

Pour y accéder, le client traverse une cour où des bennes à ordures
cohabitent avec des trottinettes et des vélos d'enfants, puis débouche
dans un couloir où une poussette stationne près du paillasson orné d'un
gros coeur rouge.

"L'environnement est très sympathique, les voisins sont gentils",
dit une prostituée, jolie blonde trentenaire aux cheveux courts en bas
résille et sous-vêtements de dentelle rouge sous un peignoir turquoise.

Elle raconte avoir déjà eu nombre de clients au tarif écolo, tout
comme ses collègues, une dizaine de femmes âgées d'environ 20 à 45 ans
dont la plupart sont à temps partiel. L'une confie être infirmière et
se prostituer en sus dans le plus grand secret, loin de chez elle.
L'autre est conseillère en diététique dans un club de sport, "mais les
temps sont durs", se justifie-t-elle. Une troisième est mère au foyer.

Les clients sont de tous âges et tous milieux "et le doyen a 86 ans", selon la patronne.

Toutes les dames approuvent l'offre écologique. "Regina a plein de
bonnes idées", remarque l'une. La Maison d'envie propose aussi des
tarifs spéciaux le week-end, avec option jacuzzi ou "deux pour une".

Pour Regina Götz, le bordel fonctionne "comme n'importe quel autre
commerce". La prostitution est un secteur légal en Allemagne, qui
emploie plus de 400.000 personnes.

"En temps de crise, nous comprimons les coûts. Nous avons supprimé
le conseiller fiscal, la femme de ménage vient deux heures de moins
chaque semaine, et je n'achète plus que des produits ménagers bon
marché", dit la patronne.

Et de commenter comme un banal chef d'entreprise: "Dans un commerce
comme le nôtre, les choses s'auto-régulent. Mais il faudrait quand même
que la reprise arrive vite. Je scrute les évolutions des cours de
bourse".

Merci. A vous dégoûter de l'écologie (mais non, quand même pas).

Je ne regrette pas d'avoir pris comme page d'accueil la page du google noir (j'aimerais trouver une page de logiciel alternatif aussi sobre, mais ...)

Ce pouvoir de l'image, combien il est sans mediation. Combien je pense qu'il parle directement à nos pychismes. Combien il les modifie en profondeur peut-être.

Merci Dominique Conil. Avec ce choeur des vierges de "Mediapart" on aurait l'impression que seuls Frédéric Mitterrand et Jean-Marie Le Pen, dans la population française masculine, auraient fréquenté des prostitués.

 

Quant aux Françaises, il y a ça :

http://www.iprostitution.org/2008/10/22/tourisme-sexuel-en-e...

 

Ce qui est amusant d'ailleurs, c'est qu'avec sa politique de criminalisation de la prostitution Nicolas Sarkozy envoie les clients vers l'Espagne ou la Suisse ou ailleurs. Sachant que ça existe toujours en France quand même et que ce sera le cas tant que ce ne sera pas le client qui sera poursuivi (je ne dis pas que c'est ce que je souhaite, je serais plutôt pour une législation à l'allemande).

 

 Merci Dominique,

 Vous venez de nous offrir une bonne pinte de rire. En matière de sur-réalisme, la Belgique n'est donc plus seule ! Bon, j'avais dit que je descendais du train mais je traîne, je traîne...

«Et pourquoi ne pas faire tomber d'autres ministres ou chefs d'Etats! Sur d'autres affaires graves aussi? Des délits de collusion, des délits liés avec des exploitations sauvages à l'étranger, etc.


(et l'affaire Ben Barka, avec mort d'homme, qui a été encore refermée, pour protéger qui?

 

Mais bien entendu!!

cela va de soi, c'est évident!

Tout comme Sarkozy lui-même aurait déjà dû démissionner rien que pour l'affaire Tapie/Pérol (et tant d'autres aussi),

sauf qu'en fait avec ce qu'il avait déjà commis comme délits en tant que maire à Neuilly,

n'aurait même pas pu être choisi comme ministre du budget ou de l'intérieur, ni non plus commencer sa campagne électorale pour l'élection de 2007,

étant donné qu'il aurait été déjà dû être poussé hors de la vie politique depuis déjà 20 ans par les Neuilléens.

 

D'autres ministres?

Mais oui, bien entendu, c'est évident, comment pouvez-vous ne serait-ce que vous poser la question, faut-il que vos standards de l'honnêteté et surtout de l'efficacité en politique soient oh si profondément dénaturés?

Sur Europe n°1 ce matin, Jean Luc Mélenchon, alias la Méluche, un super bon bonhomme Français et Humain comme pas deux :

1- Le Lynchage de FM = Stop , et je suis d'accord avec lui, car "Dans le Mélenchon tout est Bon" ;

2 - Pourquoi aucune enquête n'est ouverte sur la base des écrits du livre de FM ?? = "Aller Retour France / Patpong" Asie du sud est + 2 mois sur place pour investiger, avec la foto du ministre dans la poche  = à peine 5 000 € tout compris, in extenso, y-a-t-il beaucoup de "Boxeurs Thaïlandais de 40 ans" qui se prostituent ?? mmddrr de mmddrr !!!!

Alors, la République Française vaut bien cela, non ??

@ +E-ON

 

@Dominique Conil,

 

J'ai toujours beaucoup de difficulté à hurler avec la meute. Je n'ai pas lu le livre de F. Mitterand , mais seulement les quelques extraits qui circulent depuis cette affaire.Et j'avoue que je suis pas arrivée à être choquée. Par contre j'y ai vu un acte de courage, peut être d'exorcisme. Pas évident, en effet,  de se déloquer comme cela aux yeux des lecteurs potentiels. Mais dire sa vérité, aussi difficile soit-elle, peut consister parfois à donner de la confiture aux cochons, selon un adage bien connu. 

  Personnellement, je ne me sens pas le droit de "jeter la première pierre". Je préfère faire mienne la citation de Spinoza dont nous a récemment gratifié Kairos : " ne pas aimer, ne pas haïr, mais comprendre".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Même si je n'ai pas vraiment été convaincu par ses déclarations sur TF1,je considère que la chasse à l'homme est dangereuse.S'il n'a pas eu de relations sexuelles avec un mineur,c'est tout de même du tourisme sexuel qu'il a pratiqué,bien qu'il s'en défende.On a vu des personnes publiques ou anonymes mettre fin à leurs jours pour moins.L'erreur de SARKOZY a été de le nommer car il n'avait aucun sens politique ( voir sa réaction à l'affaire POLANSKI qui a entrainé l'intervention légèrement mensongère de Mme LE PEN).On voit là les limites de l'accession au pouvoir de personnes de la société civile,malgré leur compétence.Notre président,à force de vouloir ratisser large,se trouve pris à son propre piège.Ceux qui voulaient draguer les voix du FN  sont aujourd'hui lâchés par des pères "la morale" avec la complicité d'un PS hypocrite.

Tous les ingrédients d'un bon buzz:

Le roi du trémolo,  prise de guerre du bon roi Sarko,dénoncé par Marine Le Pen, pour avoir défendu des pratiques sexuelles discutables, obligé de se livrer à des aveux touchants.

Homosexualité, pédophilie, art , culture, pouvoir, antisémitisme  toute la meute est  là  pour s'indigner pour ou  contre pour maximiser, minimiser. Pourquoi ce coktail concerne t il autant de gens? J'avoue ne pas bien comprendre.

La pédophilie est condamnable sans ambiguité tout comme le viol avéré, l'homosexualité a quelque chose de dérangeant mais n'est pas condamnable, il faut distinguer une oeuvre d"art et un passage à l'acte tout cela est assez simple et finalement pas très intéressant à commenter.

Vous semblez n'avoir pas remarqué que le sujet est : "La France qui fait peur", et non la nature de la pédophilie et du viol, la valeur morale de l'homosexualité ou encore la distinction entre oeuvre d'art et passage à l'acte, qui ne sont ici qu'illustrations-prétextes et sur lesquels nous sommes tous d'accord (à peu de chose près, tout au moins, à en juger par le caractère "dérangeant" dont vous croyez bon d'affubler l'homosexualité).

Vous semblez n'avoir pas remarqué que le sujet est : "La France qui fait peur"

Il me semble justement  que ce qui fait peur c'est l'engoument général pour cet amalgame plus que douteux dans lequel le Web se délecte.

Si vous considérez que l'homosexualité est un comportement sexuel qui s'inscrit dans l'ordre naturel de cette fonction, libre à vous. Comme biologiste je suis obligé de constater que c'est une exception propre à la race humaine qui ne s'inscrit pas dans la finalité sexuelle de toutes les espèces , c'est bien cela qui est dérangeant..

 

Cher Christian Paultre,

En gros vous nous dites que l'homosexualité est une exception propre à la race humaine, et ça vous pose problème que sexuellement nous ne nous comportions pas en tous points comme les autres mammifères (car je suppose que c'est votre élément de comparaison, et non les poules ou les plantes), du fait d'une absence de finalité qui serait la reproduction ?

En quoi, de votre point de vue de biologiste, est-ce un problème ? Nombre d'homosexuels se reproduisent, même si c'est évidemment avec la participation d'un être de sexe opposé.

En creusant un peu je pense que nous trouverions d'autres points de discordances avec les autres mammifères, non ?

Et pensez-vous que l'OMS a eu raison de cesser de considérer l'homosexualité comme une maladie en 1980 ?

Cordialement

 Hors sujet

 Il n'y a pas 'd'ordre naturel de la fonction sexuelle' dans l'espèce humaine, pas de livre d'aucun biologiste indiquant quels 'comportements' adopter pour y arriver 'naturellement' ! La 'race humaine', dans son ensemble, fait donc effectivement 'exception' parmi les espèces.

 Fin de la parenthèse

La race humaine est une espèce comme les autres qui obéit aux mêmes lois.La religion chrétienne, par le mépris que lui inspire les autres créatures de Dieu dont elle doit profiter sans réserve,  favorise le désastre écologique dans lequel nous nous enfonçons. L'homme de ce point de vue est une exception désastreuse.

 L'espèce humaine est une espèce d'exception car c'est une espèce langagière, une espèce tributaire de la parole - à la différence des espèces animales qui peuvent communiquer par 'signes', l'espèce humaine, en tant qu'espèce culturelle, est régie par des lois signifiantes au sein desquelles règnent les équivoques langagières, lesquelles nous ouvrent d'ailleurs les merveilles de l'humour, mais aussi la somme des malentendus et des feintes (bien différentes de celles de nos amis animaux, je dis 'amis' pour ceux qui les apprécient).

 Exemple de difficulté dans la communication humaine : Pourquoi me dis-tu que tu vas à Lemberg pour que je croie que tu vas à Cracovie alors que tu vas effectivement à Lemberg ?

 Exemple de difficulté dans l'éveil du désir sexuel chez les humains : la nécessité d'un appareillage fantasmatique - Frédéric Miterrand, dans les quelques extraits que j'en ai lus, en témoigne bien.

 

 Evidemment, libre à vous de vous créer vos représentations du monde personnelles entre biologie, religion chrétienne et 'devoir sexuel' - sur votre blog peut-être ?

 Fin de la parenthèse.

Lemberg, alias Léopol, alias Lwow, alias Leopoli se dit aujourd'hui Lviv!

 Un chat y retrouverait mieux ses jeunes que nous ! Sourire

C'est effarant de lire cela, aujourd'hui. Nous sommes là en pleine régression.

@ christian paultre

Vous ne distinguez pas sexualité et reproduction sexuelle ?

Je ne pense pas que ce soit le fil pour débattre des problèmes posés par la sexualité humaine. Qualifier l'homosexualité comme un comportement dérangeant ne suppose nullement sa condamnation morale comme on l'exprime trop souvent. Il ;y a chez l'homme d'autres comportements dérangeants qui contredisent les comportements des systèmes vivants, le suicide sous ses multiples formes en est un autre exemple, alors que le suicide cellulaire (apoptose) est un comportement normal. La vie n'est pas simple elle est souvent dérangeante.

Et avoir des comportements addictifs, est-ce que c'est une forme de suicide dérangeante ? Ne pas sauter sur toutes les femelles en état d'être fécondées qui passent près de nous est-il aussi un comportement pouvant questionner un biologiste ? Et la monogamie ?

Prendre la pilule, pratiquer une IVG, sont-ils des comportements normaux pour des mammifères ?

Cher Beber

Il est bien tard mais vous soulevez de bien intéressantes et amusantes questions. L'addiction par exemple est un comportement autodestructeur en contradiction avec le principe fondamental de survie indispensable à notre existence et qui condamnerait une espèce si elle était trop systématiquement appliquée.Certaines espèces peuvent avoir des comportements addictifs autodestructeiurs mas elles concernent forcément des minorités.d'individus.

Imaginons , cela aurait pu être très possible, que nous ayons des comportements sexuels de Bonobos et imaginons ce que cela pourrait donner dans un métro aux heures d'affluence. La sexualité n'est pas le sujet tragique qu'une bande de coincés ou d'immatures voudraient nous faire croire. La nature a inventé mille ruses pour que nous accomplissions dans le plaisir  notre devoir de sexe indispensable à notre survie.Il y a parfois des bavures mais ce n'est pas le plus intéressant. c'était le sens de mon intrvention.

Un dernier mot tout de même sur ce sujet, qui n'est effectivement pas celui du billet (encore que, mais passons) pour m'étonner de votre parallèle homosexualité/suicide : on peut être hétérosexuel et, sauf convictions personnelles contraires, ne pas être gêné pour autant par l'homosexualité.

 

Le parallèle homosexualité/suicide est moins etonnant qu'il n'y parait à première vue car il touche à la non pérennité de l'espèce pour des individus minoritaires, mais dérangeants de ce point de vue.

La justice américaine estime que le citoyen Polanski a encore des comptes à lui rendre pour des faits commis sur le territoire américain. Et la justice suisse estime qu'elle doit arrêter Polanski et l'extrader. Tout ça est parfaitement légal.

 

"La France qui fait peur", c'est la France où un Ministre désapprouve l'exercice de la justice dans un autre pays démocratique. C'est la France où un Président de la République défend cette façon de faire. C'est la France où les mandataires politiques se croient tout permis parce qu'ils se jugent eux-mêmes au-dessus des lois. Alors qu'au contraire, ils devraient tout faire pour être irréprochables. C'est aussi la France qui s'imagine quelquefois, bien à tort malheureusement, être un exemple pour l'humanité.

 

On est bien loin de tout ça, et voilà pourquoi la France me fait peur.

Bien sur, les autres pays démocratiques sont loin d'être parfaits, mais dans ce cas précis, ni le Ministre ni le Président n'ont je pense de leçons à donner.

Tout à fait d' accord Campagnol

La France ma fait de plus en plus peur:

- cette France qui favorise sans cesse les plus riches, depuis plus de  2 ans

- où la collusion est extrème entre le pouvoir, les médias, la justice, de nombreux artistes 

- où les services publics disparaissent à vitesse accélérée

... j' avoue que quand les citoyens resistent et réagissent, CELA ME RASSURE, au contraire de Mr Finkielkraut !!!

... la réaction est parfois excessive, c' est vrai ... mais par rapport au contexte de "scandales" qui nous envahit ( Clearstream, Polanski, Mittérand...), qui PART de ces dirigeants et de leurs amis, et qui se répand hors de France, elle parait finalement édulcorée !

Heureusement que nous ne sommes pas des moutons de Panurge !

Moi ce qui me fait peur, c'est vous.

Vous avez raison d'avoir peur, car la liberté s'use quand on en abuse.

L'association International All Rights s'apprête à déposer plainte
devant la justice belge contre Frédéric Mitterrand pour avoir fait
l'apologie de la pédophilie, notamment dans son livre paru en 2005, "La
mauvaise vie", a indiqué lundi à l'agence Belga la vice-présidente
française de l'association Nadia Weiler-Strasser.

 http://www.lalibre.be/actu/international/article/535417/mitterrand-une-association-va-deposer-plainte-en-belgique.html

Chère Joha, l'association International rights serait bien inspirée de lire... A force de répondre à des questions - car hormis le savant découpage qui circule sur le net, personne ou presque ne semble avoir lu La mauvaise vie - j'ai fini pa reprendre l'intégralité du chapitre intitulé Bird qui clôt ( sauf deux pages qui n'ont rien à voir) le bouquin.

C'est une description sans concession, triste, même sinistre, du marché du sexe homo à Bangkok ( et un passage différent, à Djakarta) et de que cela éveille en lui. Désir ( liberté des bas fonds et du pays lointain) , puis dégout et honte ( bien sûr, ne circulent sur internet que les passages "hot", et hors contexte).

Il est fait mention, à un endroit, d'un enfant: un mendiant chassé par la police.

Ce que personne ne dit, c'est que ce chapitre relate une histoire, celle d'une rencontre - avec Bird - prostitué pour lequel Frédéric Mitterrand éprouve quelque chose, qui croit voir en lui une émotion semblable, et auquel il va penser beaucoup, trois ans durant, avant de refaire le voyage.. pour retrouver Bird. Il le retrouve. Celui-ci l'accueille pro aimable, ne le reconnait pas. Fin de l'histoire.

Apologie de la pédophilie ?

 Chère Dominique,

'Apologie de la pédophilie' ne reflète pas mon avis bien sûr, d'autant plus que je n'ai lu que quelques passages qui ne m'ont pas laissé cette impression.

Je ne sais si la demande d'action en justice sera effectivement recevable, ni pourquoi celle-ci est faite devant la Justice belge. En tout cas, si c'est le cas, je ne me réjouis pas.

 

Oui, Joha, je sais bien. International rights, je n'en suis pas certaine, il faudrait vérifier, mais n'est-ce pas cette association qui s'empare régulièrement des sujets d'actualité, annonce des procédures fracassantes, suivies de rien ?

 J'ai un peu - pas beaucoup, manque de temps - regardé sur le net et je n'ai rien trouvé sur cette association - une vice-présidente française et quelques adhérents ici et là (cf. article de la Libre). Je suppose que les journaux belges en reparleront peut-être ?

Joha,

C'est la question que je me suis posée, à savoir l'éventualité d'être poursuivi pour "incitation de mineur à la débauche", un délit en France. Voir ICI. Mais je ne suis pas juriste.Qu'est-ce que cette organisation? Est-elle crédible ou sert-elle de paravent?

Et où voyez-vous une "incitation de mineurs à la débauche", au juste, M. Philips ?

Je ne vois pas sur quelle autre base que ce qui est écrit par F Mitterrand dans son livre. Je me suis posé la question au début de la polémique, quand certains disaient que F Mitterrand devait être poursuivi, n'affirme en aucun cas qu'il y a matière, ne suis pas juriste. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Merci.

Je vous posais une question. Lisez le livre, peut-être...

Tout ce pataquès autour du bouquin de FM c'est du grand guignol à la française, faire couler de l'encre pour noyer le poisson. Même si je n'ai aucune sympathie particulière pour FM et zéro sympathie pour son employeur. Merci Dominique Conil pour cette excellente dissertation.

 

Ca me rappelle l'affaire Aussaresse, le politico-légalo-médiatiquement correct qui ne sait pas faire la différence entre le message et le messager. Pour mémoire, j'avais pris position contre l'interdiction de publication (ici) bien avant la décision de la cour de Justice européenne (ici) et je prendrais la même position dans le cas de FM s'il devait se retrouver devant un tribunal pour ses écrits.

Ce qui est navrant dans cette histoire, c'est la petitesse de la manoeuvre politique pour détruire un homme. Que celui qui est prompt à condamner sans vergogne, doit s'attendre, un jour, à être condamné sans pitié !