Gainsbourg Prénom Serge

Gainsbourg, prénom Serge. Nous revisitons cet oeuvre humaine, et le temps s'efface, se contracte, se projette sur des murs, comme pour nous faire écho à l'état tangentiel des mondes, à l'autre qui est en nous et que nous ignorons.

Serge Gainsbourg, nous n'aurons pas ses toiles, trop pudique, ou bien en lui jamais le repos, mais l'angoisse de vivre jamais dépassée. Aujourd'hui, cet artiste nous revient, frappant nos esprits par sa gueule, par sans doute un brin d'émerveillement sur le non dit, le second degré de ses chansons à thème, qui écrasées par les années fun des yéyé, ont survécues......au delà de lui.

Sa biographie n'explique pas à elle seule le personnage, mais elle éclaire sur sa volonté d'en découdre avec les hommes, non pas d'en sonder la chaire, mais les limites, ce corps inachevé de l'humain qui se débat dans son siècle. Provocations diront certains, ce serait réduire sans doute la portée symbolique de ses actes. Gainsbourg était d'un engagement farouche pour les puissants du monde.

L'époque de Gainsbourg est cloisonnée, elle permet donc de faire apparaitre ces artistes originaux dans la sphère média, pétris d'humanité, ils sont à leur manière le trait épais des tableaux, la résonance de la société qui se cherche. Ses sonorités sont une sculpture abstraite de l'espace, il est artisan avant de devenir maître, il façonne l'espace par des sons avant de penser autre chose, transcrivant les émotions, les troubles de cette vie, la sienne en ligne de sons imaginaires, comme pour atteindre et crier aussi à la face du monde le spleen qui le noie.

Oui, Gainsbourg ressemble à s'y méprendre à Icare, approchant le soleil, il finit par tomber puis se relève pour aller au bout de la nuit. Il y rencontre une vie, sans doute proche de la sienne pour parachever son oeuvre originale, insolite qui vaut d'être revisitée. 

Entre "Schubert et Stravinsky", j'aurai dit entre  Thelelonius Monk et  Charlie Parker.  

oui, gourdon, un sacré bonhomme, un spleen à ne plus dormir dans sa vie ni dans ses rêves, dont il ciselait les contours à coups de fulgurances, y compris pour choquer le bourgeois, même en allant chez Kate. Vos comparaisons ne sont pas exagérées.Monk et parker s'il le pouvaient, ne vous contrediraient pas et se diraient flattés. Il est Icare, Gainsbourg, sauf que le soleil en le laissant monter trop haut, chez Kate...

Merci Gourdon pour ce texte. Chapeau bas.

 

Superbe texte. Immortel Gainsbourg, un maître.

Gainsbourg a dit une chose qui m'a paru de bon sens. Que la chanson était un art mineur, la comparant à la musique classique. Y a-t-il donc lieu de l'encenser ainsi, comme s'il était un dieu ou un génie musicien ? Un homme de très grand talent dans l'histoire de la chanson française, certes, mais davantage ?...

 

euh, oui, je pense qu'il était à sa manière, un empêcheur de tourner en rond. 

Il brûle un billet, il casse les mythes, il se veut mythe, il est habité par ses passions, il est brûlé par cet alcool, ces gitanes qui brûlent. Comme Brel, tous les deux sont des artistes, au delà de la chanson.

Il s'est fait seul, il produit son oeuvre en dehors des circuits, il s'impose, comme Nougaro a aussi su le faire. C'est en raison de la pâleur du petit monde musical français, qui est ennuyeux au possible que Gainsbourg prend de la hauteur, en ces temps qui perdent l'horizon de a création.

Il dénonce, il s'engage, il fait ce que ne font plus aucun des artistes de variété de notre époque devenue stérile, endormissement du corps social, sous la férule d'un Drucker soulant nos écrans depuis un demi siècle, ah oui " vivement dimanche", où encore l'appropriation par un homme, sous couvert de popularité d'un créneau qui se meurt, par l'absence de volonté de changement. Oui on comprend pourquoi Polack ne convenait pas!  C'est pour cette raison qu'il, Gainsbourg, avec d'autres habitent un panthéon imaginé, il y va car habité par sa folie. Rimbaud, Verlaine, Eluard,  Hemingway, Pollock sont aussi au panthéon et James Dean.....pour ne pas avoir eu pour autre recherche non pas la notoriété mais l'engagement qui brûle, le chanteur de Nirvana.....est de la même trempe......il devient fou, car trop sensible? Il y en a très peu qui résiste à ce stade, j'en connais.....un ou deux, trois, allez trois. 

Bien à vous.