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Grève de la faim : la direction de GrDF refuse toujours toute négociation
Communiqué SUD Energie du 29
décembre 2009
Aujourd’hui, une délégation intersyndicales CGT, SUD (la CFDT et la
CFTC étant
excusés) a été reçue par la direction des opérations Ile de France de
GrDF.
Alors que deux représentants syndicaux SUD Energie sont maintenant en
grève de
la faim depuis 16 jours, alors qu’un bulletin de santé alarmant a été
rendu
public par leurs médecins, cette entrevue pouvait être l’occasion de
trouver
une issue acceptable pour toutes les parties à ce mouvement sans
précédent au
sein de l’entreprise. C’est en tout cas dans cet état d’esprit, de
détermination et de responsabilité, que la délégation s’est présentée.
Hélas, la direction de GrDF a fait une nouvelle fois la démonstration
de son
obstination irresponsable. Cette rencontre fut une parodie de
négociation.
Sur le fond du dossier, elle a confirmé de manière éloquente la
mauvaise foi
qui la caractérise depuis le début du conflit : elle refuse de
reconnaître que
ce licenciement est directement lié à la participation de Nordine au
mouvement
du printemps. Nous rappelons que l’ensemble des faits reprochés à
Nordine, et
consignés dans sa lettre de licenciement, se situent précisément entre
«
mi-juin » et le 2 juillet, soit moins de 6 semaines après la fin du
conflit.
Qui peut croire à une telle coïncidence touchant un militant syndical,
salarié
de l’entreprise depuis 12 ans ?
Sur la recherche de solutions, la direction refuse catégoriquement la
réintégration de Nordine au sein de GrDF. Pire, alors qu’elle avait
affirmé
publiquement qu’une mutation au sein des IEG était envisagée « GrDF, la filiale de
distribution du
gaz de GDF-Suez « recherche une porte de sotie à ce conflit, en
regardant les
éléments qui permettent à l’agent licencié d’être réemployable dans une
autre
structure du groupe » a indiqué à l’AFP un porte-parole. » (communiqué
AFP du
28 décembre 19h26) – ce que l’intersyndicale était
disposée à
accepter – cette option a été brutalement retirée de la table
aujourd’hui.
Ainsi, la direction ne propose aucune solution qui garantisse un
maintien de
Nordine dans l’emploi, au sein ou hors de GrDF. Lorsque les
représentants
syndicaux ont rappelé que, à EDF, des salariés licenciés suite au
conflit du
printemps avait pu être muté dans une autre entité du groupe, la
direction
s’est contentée d’asséner : « on n’est pas à EDF, on est à GDF-Suez ».
Face à un licenciement jugé abusif par l’ensemble des salariés et des
représentants syndicaux, les propositions de la direction se limitent
aujourd’hui à ces trois points :
Laisser Nordine dans le logement d’astreinte qu’il occupe jusqu’au 16
mars (fin
de la trêve hivernale) au loyer préférentiel actuel.
Financer une formation, après un bilan de compétence, pour une durée
maximum de
3 semaines.
Financer une prestation d’aide à la recherche d’emploi (outplacement)
pendant 3
à 4 mois.
Au delà du cas de Nordine, cette négociation est une nouvelle
illustration
d’une pratique de management froide, violente, fermée à tout compromis
avec les
salariés. Une pratique qui préfère organiser le harcèlement des
militants pour
éviter d’entendre ce que lui disent à travers eux, et de manière
unanime, ses
personnels. Cette pratique n’est hélas pas propre à GDF-Suez.
L’expérience
récente de France Telecom, dont la trajectoire est si proche
(libéralisation/privatisation d’un groupe public), devrait alerter sur
les
dangers que de telles dérives font peser sur la santé des salariés de
ce
groupe.
Dans ce contexte et en dépit des risques chaque jour plus grands pour
leur
santé, les grévistes de la faim ont décidé de poursuivre leur
mouvement,
toujours très largement soutenu par les salariés, les syndicats locaux,
les
représentants du monde politique et associatif.
Devant cet échec de la négociation au niveau de GrDF Ile de France,
nous
demandons dans l’urgence une entrevue avec la Direction de GdF-Suez. La
résolution de ce conflit passe par une reprise du dialogue et non par
l’expulsion des grévistes de leurs locaux syndicaux.
Nous appelons le Gouvernement à prendre ses responsabilités et à
intervenir au
plus vite dans ce conflit qui touche une entreprise dont l’Etat est
l’un des
principaux actionnaires.
Nous engageons toutes celles et ceux qui luttent pour de réels droits
démocratiques dans les entreprises et contre ces politiques ravageuses
en terme
de santé sociale, à rejoindre le large mouvement de soutien qui
accompagne
cette grève (cf. pétition et appel de personnalités sur www.sudenergie.com).
Paris, le 29 décembre 2009
Fédération SUD Energie








Pour + d'info, voir l'appel contre la répression à EDF-GDF et la vidéo.
Que reproche-t-on exactement à Nordine ?
Vous avez un résumé dans l'article de libé de ce matin: http://www.liberation.fr/economie/0101610924-en-greve-de-la-faim-pour-nordine-syndicaliste-licencie
PS: Ce matin, devant le TGI de Paris, à la sortie du métro Cité, nous étions plusieurs dizaines, dès 9h, pour soutenir les grévistes de la faim et défendre les libertés syndicales.
Hospitalisation d'un gréviste de la faim
Nous venons d'apprendre, après 17 jours de grève de la faim, que Yann Cochin, responsable de Sud Energie, vient d'être hospitalisé en urgence par le SAMU.
Le médecin, appelé hier matin auprès de lui, a demandé cette intervention.
Nous sommes dans l'attente d'informations sur son état de santé.
Effectivement, Yann Cochin, dirigeant syndicaliste, un des responsables nationaux du NPA, a été hospitalisé après qu'un ami, médecin, ait demandé cette intervention.
La direction de GrDF joue le pourrissement et...avec la vie des hommes qui se dressent contre les abus d'autorité.
Nous atteignons actuellement un niveau d’une violence rare dans l’organisation interne de ces entreprises et de ses filiales... mais au sein du "CE" géré par "nos" OS, malheureusement, la situation n'est pas toujours aussi belle à voir également… les réseaux des résistances électriques et gazières sont en marche pour défendre les libertés syndicales au sein de ces deux groupes et à la ccas.
Merci Ivan, en tous cas, de donner un peu de "publicité"(au sens premier) à cette lutte.
La grève de la faim a cessé samedi 2 janvier 2010...