Mireille Delmas Marty s'alarme à juste titre d'une dérive et nous offre un livre pour compléter la réflexion. Elle formalise juridiquement ce qu'Emmanuel Todd énonçait quelques temps avant.
Fabrice Lhomme et Fabrice Arfi nous informe de l'aboutissement de l'instruction diligentée à propos de l'espionnage en règle réalisé par EDF contre Greenpeace, qui s'oppose notamment au nucléaire, et contre un avocat, défendant les petits actionnaires de Vivendi, dont l'ancien dirigeant fréquente les allées du pouvoir. Espionner les opposants n'est pas un cas isolé. Olivier Besancenot l'a également été par la société qui commercialisait le TASER. Le pouvoir lui-même se méfierait du téléphone (*) et serait donc victime de la paranoïa qu'il a installée.
L'article de Fabrice Lhomme et Fabrice Arfi a été trop rapidement retiré de la "une".
C'est très regrettable parce que les pratiques qu'il expose violant les droits de l'homme ont bénéficié de la collaboration d'anciens fonctionnaires de police (sont-ils tous à la retraite ?).
Cette affaire offre l'occasion d'une mise en perspective supplémentaire dont on peut s'étonner qu'elle n'éveille aucune indignation particulière sur les bancs de l'assemblée - où siègent théoriquement des démocrates - et particulièrement à gauche dont l'actualité apporte bien plus la démonstration d'une appétance à s'enchaîner aux prébendes gouvernementales, dont se réjouit le pouvoir. Il ne saurait s'en priver quand une nouvelle recrue s'est encore proposée récemment pour prendre la tête de la justice financière qui le met en cause. Baudelaire raillait la "domesticité publique".