L'opinion publique est formatée

L'opinion publique est formatée.

 

L'opinion publique, telle est l'une de mes trois idées fixes, les deux autres sont: les origines du christianisme et la déprofessisonnalisation de la vie politique. Des amis me disent que cela se soigne. Malheureusement, dans mon cas, c'est depuis que je me suis soigné que je  pense ainsi.

.

Ce thème du formatage de l'opinion publique a été abordé à diverses reprises, récemment, dans un fil qui n'y était pas spécialement dédié : Affaire Tapie; devoir de mémoire. (Ouvert le 29 juillet)

.

Certes, il a un rapport entre le formatage de l'opinion et le fonctionnement de la mémoire collective; mais il s'est dit également tant d'autres choses sur l'affaire Tapie que je redoute un peu ce mélange.

 

Je souhaiterais donc aborder la question de l'opinion publique en elle-même; en jouant la durée bien sûr, d'autant que je suis loin d'avoir une théorie définitivement arrêtée là-dessus. A l'occasion, je ferai une petite synthèse sur des choses qui se sont déjà dites... D'ailleurs, je commence maintenant, en rappelant que j'écrivais, le 30 juillet :

 

"L'opinion publique, c'est qui, c'est quoi, c'est quand, c'est comment, c'est pourquoi ? ..."

"La plus grande difficulté, c'est que l'opinion publique formatée ne peut pas savoir qu'elle est formatée, parce qu'elle se pense elle-même à travers son formatage. Il en va de cela comme de la lumière ambiante. On ne voit pas la lumière ambiante, puisque c'est par elle que l'on voit.
"

"ce qui m'intéresse, c'est de savoir qui est responsable de ce formatage et comment il est réalisé. De ce point de vue, je trouve que vous apportez un élément intéressant avec l'empêchement de l'expression de la pensée. Le non-dit compte autant, si ce n'est plus, que le dit.
.
Ceux qui ont la parole - il s'agit d'une minorité - taisent un certain nombre de choses qu'ils devraient dire. Non satisfaits de cet état de choses, ceux-là et d'autres, en empêchent d'autres de s'exprimer. “ (30 juillet)

et

le 31 juillet : " Cette notion de formatage est liée à celle de majorité. Et c'est en cela que l'opinion publique m'intéresse, car la démocratie aussi est fondée sur la notion de majorité et vous avez pu voir, peut-être, que la démocratie m'intéresse. . Or, cette assimilation de la majorité de l'opinion publique à l'opinion publique exclut de l'opinion publique les minorités qui ne trouvent aucune possibilité d'expression, donc aucune possibilité de participer à une éventuelle évolution de l'opinion publique. En d'autres termes les minorités de l'opinion publique sont exclues de l'opinion publique,et, pour être encore plus radical, je dirais que  là où l'on prétend voir de la démocratie, à tort ou à raison, je crois voir un mécanisme totalitaire.

.

L'opinion publique en tant que telle, c'est-à-dire comme peut la voir, scientifiquement un sociologue, par exemple,  n'est que la toile de fond de ma recherche. Au delà de l'approche sociologique, je suis dans une recherche politique : mon hypothèse, c'est qu'il y a formatage, il y a conditionnement de l'opinion publique et mon questionnement est (je me répète) : par qui, quand, comment, pourquoi...je crains de trouver parmi les responsables du formatage des individus et des groupes qui se croient partisans et artisans de la liberté. " (31 juillet)

 

(à suivre)

 

jean-paul yves le goff

http://www.lelivrelibre.net 

Dans la citation de Simone Weil de ce jour, que je vais mettre en ligne dans un instant, la philosophe parle de la « pensée établie ». Le rapport est très étroit entre le formatage de l’opinion publique et la pensée établie et celui qui unit la pensée établie et l’ordre établi ne l’est pas moins.
.
Cet été, trois magazines ont fait chacun un numéro hors série sur des thèmes parfaitement intéressants : Je pense à Marianne et son histoire des rébellions.
.
"
.
.
Dans son édito, Jean-François Kahn, à qui on peut, à peu près, tout reprocher sauf de ne pas avoir, de tous temps, lutté contre la pensée établie pose la question « Dire non, çà commence comment ? » Personnellement, je pense que cela commence par dire non aux vérités les plus communément admises.
.
Je ne dis pas que le fait qu’une idée ou une théorie soit communément admise suffit pour qu’elle soit fausse, je dis seulement que cela ne suffit pas pour qu’elle soit vraie.
.
Un exemple, mais on les trouve en quantité, peut être fourni par le numéro hors série du Nouvel Observateur, consacré, celui-là, au « siècle de Périclès ». On trouve, en sous-titre, les mots « l’invention de la démocratie ». Excellent exemple de formatage de l’opinion, ou bien de ce que dans son livre « l’art de (se) persuader », Raymond Boudon désigne comme « l’indestructibilité des théories fausses, fragiles ou douteuses ». J’ai bien vu qu’ici et là, des rédacteurs émettent, timidement, quelques réserves sur la réalité de la démocratie à Athènes ; mais ces réserves sont totalement insuffisantes et ne suppriment pas le fait que, par la présentation générale qui est faite, dans ce numéro, ils continuent à propager cette absurdité.
.
Je sais bien aussi que Jean-Pierre Vernant (dont on trouve dans ce numéro un article posthume) et Pierre Vidal-Naquet ne se sont pas fait faute de parler de la démocratie athénienne ; mais je dis que ce n’est possible qu’au moyen d’un flou sémantique qui est tout, sauf neutre politiquement.
.

.
Nous aurons peut-être un jour l’occasion de parler des « politiques » de Platon et d’Aristote et de l’organisation de la vie politique dans l’Athènes classique. On ne pourra jamais contester le fait, que régulièrement on tait, quand on évoque la « démocratie athénienne », qu’Athènes est une société esclavagiste. Les citoyens libres sont, au mieux 10%. Outre le fait qu’il ne leur est jamais venu à l’idée de choisir des représentants, je voudrais qu’on m’explique comment une société peut être à la fois esclavagiste et démocratie.
.
Rien n’est moins neutre que de placer à l’origine de toute réflexion sur la démocratie une telle calembredaine que la démocratie athénienne. Rien n’est plus chargé de sens politiquement. C’est que l’on ne veut pas que l’on réfléchisse au fait que la démocratie est un régime nouveau, d’invention récente et qu’il est apparu dans des conditions très problématiques.
.
Troisième hors-série qui m’a beaucoup intéressé et que je vais emporter comme devoir de vacances, c’est celui du magazine philosophie, qui, de 1914 à 2001 fait le point sur les diverses positions des « philosophes face à l’actualité »..
.

.
En ouverture, Jacques Boueresse pose la question essentielle de savoir si face au décryptage, pas toujours facile de l’actualité, la philosophie garantit à ses représentants une plus grande lucidité. A première vue, la réponse n’est pas à la gloire des philosophes. Certes, on ne manque pas de cas où des philosophes ont vu venir les drames politiques et sociaux et les ont dénoncés. Mais d’autres aussi l’ont fait, qui n’étaient pas philosophes. Nombreux sont aussi ceux qui se sont dramatiquement aveuglés. A quoi servait, dans ce cas, leur philosophie » ?
.
(à suivre)

Les médias - tous les médias, dont la télévision, le premier d'entre eux en matière d'influence -, dans un état piteux, jouent un rôle important dans le formatage de l'opinion ; rien que dans leur manière d'habituer l'opinion à penser bipolaire.


De plus, si vous regardez les débats du Parlement européen sur Internet, vous constaterez que ces votes par blocs systématiques sont une spécialité purement française...!

.
Bien sûr, Serge !
.
Merci pour ce commentaire, que j'archive avec soin pour la suite...
.
Mais la télé a trop bon dos: je ne crois pas un instant que l'école et l'université soient exemptes de toute responsabilité.
.
jpylg

Il me semble que la maîtrise de l'opinion publique est une préoccupation majeure des dominants et que tous les moyens leur sont bons pour maintenir les peuples dans l'ignorance de ce qui les concerne directement : la gestion de l'Etat, théoriquement émanation de la représentation populaire, l'utilisation de l'impôt que payent les citoyens, le fait que tous payent un peu pour le "bien-être" de chacun : écoles, santé, justice... la solidarité.
.
Or tout est fait pour pour battre en brêche cette notion de solidarité, les médias valorisent l'individualisme, fossoyeur de l'esprit "vivre en commun, car l'homme est un animal social, qui a besoin des autres pour se développer", l'école met en avant "l'esprit de compétition", qui fini par se traduire dans la vie professionnelle par "marcher sur la g....e des autres pour "réussir", quand à l'entreprise, son emprise est tellement prégnante que nul ne remet en question son fonctionnement paternaliste (je suis pour la "socialisation de l'outil de production" -idée développée entre autre par Noam Chomsky), mais les citoyens n'y pensent même pas, ils assistent impuissants aux pratiques de destruction, notamment en France, de l'outil industriel, garant de nombreux emplois et d'indépendance ; si par grand hasard les citoyens y pensent, c'est pour reconnaître qu'ils n'ont pas les qualifications (intellectuelles ?) pour le faire. On confie donc les clefs de la maison à ceux qui répètent, ad nauséam, qu'ils sont les seuls à pouvoir gérer le bien commun.
.
Ce n'est pas parce qu'ils le disent que c'est vrai, mais l'utilisation du sophisme marche à tous les coups, et l'impression véhiculée par tous les discours, conditionnera l'opinion populaire "puisqu'ils le disent c'est que c'est vrai", asséner des mensonges en profitant de l'ingorance de l'autre...
.
Je ne veux pas faire trop long, mais souvent je rêve de pouvoir "jeter un sort Pinochio", ensuite on verrait le nez de tous les menteurs s'allonger, s'allonger...

.
@ dacor,
.
C'est certain que le formatage de l'opinion a tout à voir avec l'exercice du pouvoir...mais il peut ne pas s'agir seulement du pouvoir politique... , sauf si je considère que la politique est absolument partout et dans tout, ce qui peut se concevoir, je rencontre presque plus souvent le pouvoir intellectuel et le pouvoir spirituel que le pouvoir politique; c'est sans doute en raison des "allées" où j'ai choisi de marcher... peu importe ... ce qui compte c'est que ces types de pouvoir que sont les deux que je viens de nommer (il y en a d'autres) ne manifestent aucun désir de voir s'établir quelque forme de contre-pouvoir que ce soit qui forcément est très mal reçue. Toute forme de pouvoir tend à vouloir s'accroître. Pour n'importe quel pouvoir, toute tendance à la baisse est, à terme, une menace de mort.. La liberté de penser, la liberté d'expression sont des contre-pouvoirs. N'importe quel pouvoir supporte mal ces deux libertés dans le champ qui est le sien (mais il peut les revendiquer très hautement dans des champs où il n'est pas maître).
.
A propos du nez de Pinocchio, je ne suis pas sûr que le moyen de façonner l'opinion soit de diffuser systématiquement des mensonges; il s'agit plutôt de contrôler la vérité, la dose de vérité utile. Le recours à la simple omission ou à la sous-information est beaucoup plus efficace que le recours systématique au mensonge. Celui-ci se pratiquait dans les "démocraties populaires".
C'est par le "non-dit" que l'on bluffe les masses dans les démocraties occidentales.
.
jpylg

@ jpylg
.
Par "dominants", j'entends plus que le politique, je pense aux multinationales, qui dominent le monde et les Etats (bien que quelqu'uns échappent à leur influence, ou essayent d'y échapper, comme en Amérique du Sud).
.
Un exemple parmi d'autres, Noam Chomsky explique très bien comment les fabricants de cigarettes ont délibérément menti (et ce pendant plusieurs dizaines d'années) sur l'innocuité de la cigarette sur la santé afin d'augmenter leurs ventes et leurs profits en toute impunité et sans le moindre problème de conscience. Nous avons également le cas Monsanto, spécialiste es mensonges (je ne vais pas faire toute une liste, j'espère que vous comprenez ce que je veux dire).
.
Notre Ministre des finances ment-elle quand elle dit n'avoir reçu aucune instruction de plus haut dans l'affaire Tapie ? Ou tel ou tel ministre qui veut nous convaincre des bienfaits de la politique actuelle du gouvernement ?
.
C'était juste pour préciser ma pensée, pour le reste je suis d'accord avec vous ; mais je pense également que l'afflux très important d'informations, en provenance d'Internet, par exemple, peut noyer des informations cruciales à notre compréhension du monde dans un flot d'informations tumultueux et pas toujours digne de confiance. Avant on ne savait pas parce qu'il n'y avait pas d'infos, maintenant on peut ne pas savoir parce qu'on est noyés d'informations...
.
Corinne

-
problème d'insertion d'une partie de mon texte et d'une image (Nouvel Obs: le siècle de Périclès). Je sais pas ce qui se passe. J'essaie de les placer ici, en espérant que l'on arrivera à reconstituer l'article. Avec toutes mes excuses... jpylg
.
.
Dans son édito, Jean-François Kahn, à qui on peut, à peu près, tout reprocher sauf de ne pas avoir, de tous temps, lutté contre la pensée établie pose la question « Dire non, çà commence comment ? » Personnellement, je pense que cela commence par dire non aux vérités les plus communément admises.
.
Je ne dis pas que le fait qu’une idée ou une théorie soit communément admise suffit pour qu’elle soit fausse, je dis seulement que cela ne suffit pas pour qu’elle soit vraie.
.
Un exemple, mais on les trouve en quantité, peut être fourni par le numéro hors série du Nouvel Observateur, consacré, celui-là, au « siècle de Périclès ». On trouve, en sous-titre, les mots « l’invention de la démocratie ». Excellent exemple de formatage de l’opinion, ou bien de ce que dans son livre « l’art de (se) persuader », Raymond Boudon désigne comme « l’indestructibilité des théories fausses, fragiles ou douteuses ». J’ai bien vu qu’ici et là, des rédacteurs émettent, timidement, quelques réserves sur la réalité de la démocratie à Athènes ; mais ces réserves sont totalement insuffisantes et ne suppriment pas le fait que, par la présentation générale qui est faite, dans ce numéro, ils continuent à propager cette absurdité.
.
Je sais bien aussi que Jean-Pierre Vernant (dont on trouve dans ce numéro un article posthume) et Pierre Vidal-Naquet ne se sont pas fait faute de parler de la démocratie athénienne ; mais je dis que ce n’est possible qu’au moyen d’un flou sémantique qui est tout, sauf neutre politiquement.
.

Cher jpylg, nous te faisons confiance pour nous aider à y comprendre quelque chose! Nous sentons bien que l'opinion publique est formatable mais quels en sont les mécanismes? Essentiel si on se réfère simplement à cette histoire avec Siné et de tout ce qui peut en découler.

.
Bonjour M Philips. Je ne suis pas extra-lucide...mais, il me semble que ce qui est sous-jacent à ce débat - et justement, je viens de poster un message sur l'affaire Siné, en réponse à Edwy Plenel sur sa distinction, "vérité d'opinion" et "vérité de fait", - c'est le problème de la définition même de la vérité, ni plus ni moins; c'est un débat qui est à l'origine de la philosophie et il n'est pas près d'être épuisé. La position hyper-classique est celle de la conformité entre le mot et la chose... une affirmation serait vraie si elle a un correspondant dans le réel; sauf que l'on a découvert depuis que le réel, ce n'était pas simple. Aujourd'hui, la grande mode est de distinguer les "régimes de vérité", je ne sais pas si nous en sommes particulièrement éclairés. J'ai tendance à croire que la mode actuelle dilue la notion même de vérité, raison peut-être pour laquelle je recours à des formulations caricaturales. Ce n'est pas tout-à-fait nouveau : A chacun sa vérité
.
Je crois apercevoir aussi, dans la dimension, sous-jacente, le débat entre la nature et la culture, l'universel et le particulier.
.
Suivons le mouvement.
.
Bon après-midi.
.
jpylg

Cher jpylg,
.
Excellente proposition de nous inviter à nous intéresser au formatage de l'opinion. Je verrais bien votre blog continuer ce thème sur le long terme pour que nous soutenions ensemble, au travers des commentaires et de vos réponses, une possibilité de résister au formatage. Pour ce faire, il est intéressant effectivement d'aller chercher et de construire nos outils de pensée.
.
Ci-dessous une petite contribution à votre papier. Ce n'est qu'un éclairage, il y en aura certes d'autres.
.
* La notion de "fait"
Lors de mes débuts dans la lecture de Lacan, je m'étais étonnée de sa définition de qu'est un "fait". Je cite de mémoire ce que j'en ai retenu. Un fait, cela appartient au domaine du "semblant", au sens où quand on observe un phénomène (prenons l'exemple du mouvement de la lune), on commence par dire "il semble que... au bout de 28 jours elle redevienne pleine". Poursuivant ma réflexion à ce sujet, j'ai été amenée à penser que la 1ère fois que l'on constate un phénomène, cela peut être un accident du au hasard, la 2de fois, cela mérite d'être attentif à la vérification et la 3e fois, on peut commencer à considérer la dite observation comme un "fait". Pour être exacte, il me semble que la 1ère constatation est en réalité souvent déjà une répétition d'un phénomène car c'est souvent cette 1ère répétition qui attire notre attention sur ce que j'appellerais le temps zéro du phénomène, temps où nous ne le constatons pas encore et où nous ne disposons pas des outils de nomination du phénomène.
.
*La notion de "nomination"
Avec quels mots allons-nous décrire le phénomène ? Voilà qui engagera la suite ! Il me semble que l'on oublie trop souvent ce point qui a été développé par Ian Hacking dans son cours au Collège de France qui s'intitule "Façonner les gens".
Il y a, comme vous dites, le réel - qui n'est pas la réalité au sens commun mais ce qui résiste à notre compréhension... si vous êtes d'accord avec cette définition. Et puis il y a les mots qui nous viennent pour tenter de rendre compte de ce réel : entre les deux un hiatus certain !
.
*La notion de "vérité"
Ce n'est pas à un philosophe comme vous que je me permets de rappeler que "la" vérité n'est pas une question simple. Quelles sont les conditions pour qu'une proposition grammaticale soit considérée comme vraie ou fausse ? Si je dis "je mens", suis-je en train de dire la vérité ou de mentir ? Qu'advient-il alors de la vérité de mon assertion ? (Epiménide)
.
*Quels mécanismes ?
A ce sujet, un ouvrage de référence me semble rester celui de Victor Klemperer "LTI, la langue du IIIe Reich" édité chez Albin Michel Pocket. Mais il y en a d'autres bien sûr et notamment pour résister au lavage de cerveau dans lequel on prétend nous baigner.
.
Je me réjouis de continuer à vous lire.

.
@ Joha1008 qui dit : "Je me réjouis de continuer à vous lire.
.
C'est trop gentil; mais j'ai peur de vous décevoir. Je n'ai pas de révélation sensationnelle à faire. Il se trouve que j'ai consacré beaucoup de temps, ces dix dernières années, à étudier les origines du christianisme. Là-dessus, je peux dire pas mal de choses, où d'ailleurs on pourra trouver maints exemples de formatage d'opinion, y compris de l'opinion des athées. Mais tout le monde ne s'intéresse pas à un domaine si particulier de l'histoire qui n'est d'ailleurs pas que de l'histoire.
.
Sur la formation de l'opinion, je n'ai pas beaucoup lu. J'ai cité plus haut, "l'art de (se) persuader" de Raymond Boudon (lui aussi professeur au collège de France). J'ai aussi été assez frappé, quand je l'avais lu par "L'âge des foules" de Serge Moscovici. Je n'ai rien lu de Ian Hacking; son domaine semble surtout la philosophie de la connaissance, qui est, certes loin d'être inintéressant, mais ne correspond pas à l'aspect pratico-pratique, politico-politique, franco-franàais, quotidien, sociétal, que je souhaite. "Le titre "Façonner les gens" m'aurait a priori bien inspiré, mais si j'en crois les quelques lignes que j'ai lues, l'approche est à la fois très particulière et extrêmement techniciste (pauvreté, statistiques, etc). L'ouvrage de Victor Klemperer, me donne à penser qu'il s'agit de propagande. La propagande, en revanche, m'intéresse énormément, surtout si elle parvient à se faire passer comme inaperçue.
.
a bientôt.
.
jpylg

Bonjour JPY Le Goff, et bonjour à tous.

Ce débat en forme de recherche et de partage me semble très encourageant.
Je plaide pour qu'il ne soit pas trop "savant" , qu'il soit accessible au commun des mortels dont je suis.

"L'opinion publique,
c'est qui,
c'est quoi,
c'est quand,
c'est comment,
c'est pourquoi ? ..."

Ces clefs interrogatives me semblent des pistes intéressantes, et utilisables au quotidien pour aiguiser sa capacité de penser, et échanger à partir de diverses sources d'informations.

Je me permets d'ajouter :
- c'est pour qui ?

Qui a intérêt à livrer du prêt à penser , versé en débit continu dans les tuyaux de la communication ?
N'y a t'il pas confusion entre "vérité" et "points de vue" ?
Quelle est la capacité de l'être humain à mesurer sa propre subjectivité ?

J'ai l'impression d'avoir un clignotant qui s'allume quand j'entends , dans certains discours :
"je vais vous dire la vérité"
et il me revient cette phrase :
« Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’Opinion. » Paul Valéry

Mais quand même, parfois, c'est un peu fatigant de penser...pour ne pas avaler des couleuvres...
Il y aura ici, je pense, une source d'encouragement, un foyer de résistance à l'abêtissement collectif.
Merci à chacun.

Je me permets d'ajouter :
- c'est pour qui ?
Qui a intérêt à livrer du prêt à penser , versé en débit continu dans les tuyaux de la communication ?
Jana
.
C'est tout-à-fait mon angle d'approche: à qui le formatage de l'opinion profite ? J'ai déjà un peu plus haut donné un début de réponse: à tout détenteur de pouvoir, quel que soit le pouvoir.
.
J'apprécie la citation de Valéry que je ne connaissais pas et qui m'amène à penser à la responsabilité de ceux qui se laissent manipuler, c'est-à-dire nous tous; et l'on peut étendre la précédente question : quel intérêt avons-nous à ce que l'on nous montre de quelle façon nous devons penser...
.
amicalement.
.
jpylg

A mon avis AUCUN intérêt, que des désagréments, si ce n'est flatter notre paresse naturelle à ne pas vouloir trop s'en faire, mais c'est comme l'autruche, ne rien voir n'empêche pas la catastrophe d'arriver, et la catastrophe, elle est aujourd'hui devant nous et il faudrait voir à se réveiller, maintenant.
Je voudrais attirer votre attention sur une interview de Naomi Klein, qui se livre à une analyse des stratégies et des crédos du néolibéralisme qui pourrait vous intéresser, si vous en avez le temps : http://www.mouvements.info/spip.php?article311
.
Elle explique, entre autre choses très intéressantes, que l'administration Bush est dans un état d'esprit "eschatologique", de fin du monde, fi des dangers et des conséquences des dérèglements climatique, EUX seront sauvés et un nettoyage providentiel sera opéré...
.

Bonjour J.PY Le Goff

oui :
"quel intérêt avons-nous à ce que l'on nous montre de quelle façon nous devons penser..."
et j'ai pris le temps d'y réfléchir.. donc :
- quel intérêt ai-je à ce que l'on me montre de quelle façon je dois-ou devrai penser ?

Je vais continuer à y réfléchir, car selon les circonstances, mes réponses varient.
J'ai lu :
"La communication politique est un jeu compliqué à trois acteurs - hommes politiques, médias et opinion publique. Attention au déséquilibre, dont aucun ne sera finalement bénéficiaire." Dominique Wolton,
http://www.liberation.fr//actualite/politiques/342905.FR.php...

C'est surprenant, il court-circuite l'individu citoyen ?
"l'opinion publique" aurait-elle yeux et oreilles , et tous les cinq sens, pour capter ce que transmettent les médias en direct ?
Cette étape brûlée me semble bizarre, parce que j'y suis là, un peu coincée entre médias et opinion publique...à essayer de me construire mon, ou mes opinions...

Pourrait-on imaginer les 10 (ou 5) questions à se poser face à des "propositions d'opinion" pour éviter de se faire manipuler, éviter d'être formaté? Un peu naïf, non?

@ M Philips
.
En toute recherche fondamentale, je pense qu'un peu de naïveté est plutôt une bonne chose, à condition de rejoindre, à un stade suivant, un peu de méthode...
Pourquoi n'imaginerait-on pas une liste de questions, 5, 10 ou plus : vas-y; soumets-nous les tiennes.
.
On pourrait aussi lister quelques unes de nos opinions et tâcher d'en faire, pour chacun, la généalogie : d'où vient que je pense ceci... d'où est-ce que je tiens que cela est vrai... ?
.
Je n'ai pas trop l'impression que nos opinions se présentent à nous sous forme de propositions: cela serait trop beau; cela respecterait la liberté... Je crois plutôt qu'elles se présentent comme des évidences, des choses qui vont de soi, selon l'avis de tous et depuis toujours...beaucoup de nos opinions sont inconscientes, leur généalogie encore plus.
.
Cela étant, la liberté d'opinion n'est pas non plus tout à fait un leurre... mais elle s'exerce surtout au niveau individuel ou au niveau de petits groupes, sans impact institutionnel, sans réel moyen d'expression...(et donc de "contagion").
.
Il y aurait donc déjà à distinguer ce que l'on croit par soi-même et connaissant nos raisons et ce que l'on croit par simple adhésion - l'opinion personnelle - à - précisément - cette fameuse "opinion publique"... On tombe sur la formation de nos valeurs communautaires... là non plus, tout n'est pas forcément faux, mais tout devrait être, une fois ou l'autre dans la vie, sujet à interrogation et ça ne l'est jamais...

@ Corinne,

J'ai lu, un peu en diagonale, l'interview de Naomi Klein. (L'économie n'est, hélas ! pas ma tasse de thé). En tous cas, rien que la phrase de titre est intéressante : "Nommer un processus, c'est en soi subversif"... Oui, tout-à-fait , si le processus en question n' a pas jusqu'alors de nom; s'il n'a pas de nom, c'est qu'il n'est pas repéré comme processus, il fonctionne donc mécaniquement...S'il a un nom et qu'on lui change de nom (processus, ou, d'ailleurs, état quelconque) c'est également subversif : par exemple, est-ce que ce que nous nommons "démocratie" ne pourrait pas se désigner autrement ?
.
Quant à l'intérêt que nous aurions ou pas à adhérer à l'opinion publique, je crois que , justement, vous signalez un intérêt majeur : "flatter notre paresse naturelle"... ou davantage: nous rassurer : nous avons intérêt à penser que nos juges sont intègres, nos policiers efficaces, nos hommes politiques soucieux de l'intérêt général, nos militaires à peu près performants, etc...nos professeurs, bien sûr, assez savants, nos politologues nullement partisans...
.
Et au sujet du précédent message où vous parlez des "dominants", bien sûr que l'on trouve les multinationales qui ont intérêt à ce que l'on pense ceci ou cela... mais aussi, toute espèce d'institution disposant d'un quelconque pouvoir... comme ces institutions sont nombreuses et entrent parfois en concurrence, il peut surgir de ce fait un certain espace pour la liberté d'opinion... c'est ainsi que l'Etat qui, selon moi, est le menteur en chef, peut avoir intérêt à contredire certains lobbies, comme le lobby du tabac et imposer l'idée que fumer est dangereux...
.
Enfin, Christine Lagarde et ses affirmations sur l'absence d'instructions, cela me semble, comme à tout le monde, presque invraisemblable... mais justement, ce n'est pas parce que tout le monde le croit qu'il faut le croire... en tous cas, ce type de mensonge est "véniel", parce qu'il ne tromperait pas vraiment, ensuite parce qu'il ne tirerait pas réellement à conséquence ; c'est un peu comme les mensonges qu'on fait par politesse...on sait bien que d'autres raisons que la volonté de Mme Lagarde étaient à l'oeuvre, qu'elles que soient le chemin qu'elles aient emprunté...
.
jpylg

nous rassurer : nous avons intérêt à penser que nos juges sont intègres, nos policiers efficaces, nos hommes politiques soucieux de l'intérêt général, nos militaires à peu près performants, etc...nos professeurs, bien sûr, assez savants, nos politologues nullement partisans... ça me fait penser au cinéma et aux séries télé, les bons gagnent, les méchants sont punis... - (en général, bien sûr, il y a des films plus "subversifs", mais à public plus confidentiel)

.
La fiction (cinéma, télé, théâtre, roman) est presque le moyen idéal pour fixer des valeurs en endormant l'intelligence critique. On lui attribue généralement avant tout une fonction de divertissement; mais je crois qu'elle a d'abord une fonction d'éducation, (donc, un peu, de formatage)...
.
jpylg

Je vais y réfléchir, si la chaleur régnante me le permet!

"Façonner les gens" de Ian Hacking n'est pas difficile à lire puisque je l'ai lu rapidement mais il est vrai que ce cours concerne des points précis : l'effet de la nomination sur les gens dans le domaine médical notamment (obésité, autisme, etc). Des résumés sont disponibles gratuitement sur ce site :
http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/ins_pro/ian_h...
.
Sinon, il y a un petit bouquin facile que je vais lire prochainement de Normand Baillargeon

PETIT COURS D’AUTODÉFENSE INTELLECTUELLE
http://www.luxediteur.com/lux/instinctdeliberte/petitcoursda...
Illustrations de Charb
"Rédigé dans une langue claire et accessible et illustré par Charb, cet ouvrage constitue une véritable initiation à la pensée critique, plus que jamais indispensable à quiconque veut assurer son autodéfense intellectuelle.
On y trouvera d’abord un large survol des outils fondamentaux que doit maîtriser tout penseur critique : le langage, la logique, la rhétorique, les nombres, les probabilités, la statistique etc. ; ceux-ci sont ensuite appliqués à la justification des croyances dans trois domaines cruciaux : l’expérience personnelle, la science et les médias.
« Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle. »
Noam CHOMSKY
Normand Baillargeon enseigne les fondements de l’éducation à l’université du Québec à Montréal. Il est l’auteur de L’ordre moins le pouvoir et de Les Chiens ont soif chez le même éditeur. Il collabore régulièrement au journal Le Couac et à la revue À bâbord!.
Le Petit cours d’autodéfense intellectuelle a été en nomination pour le Prix du public, Salon du livre de Montréal 2006."

.
Très intéressant cette notion de "cours d'auto-défense intellectuelle".
Je vais le lire.
Une bonne chose à faire serait de repérer des ouvrages qui vont dans ce sens... Il y a, ici en France, ceux de Serge Halimi, il me semble...
.
Foucault et Bourdieu, qui ont passé leur vie au coeur du système qu'ils prétendent démonter, m'inspirent certaines réserves; ils sont à connaître cependant
.
A bientôt.
.
jpylg

D'autres ouvrages français :
.
"Rêves de droite - Défaire l'imaginaire sarkozyste" de Mona Chollet, publié aux éditions Zones.
On peut consulter gratuitement le livre de Mona Chollet sur le site : http://www.editions-zones.fr/spip.php?article64&var_recherch...
L'auteur y détaille dans un style vif, facile à lire et plein d'humour les techniques du "storytelling". Références bibliographiques présentes dans l'ouvrage.
.
"Sarkolangue" de Christian Lehmann, publié chez Ramsay.
Je dois aller le chercher chez mon libraire !
.
"Storytelling
La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits"
de Christian Salmon, publié aux éditions la Découverte.
http://ww2.editionsladecouverte.fr/webcc/sog_dec/notice_refe...
Je ne l'ai pas lu mais il semble intéressant à lire le sommaire (1).
.
En video, "Gérard Miller analyse Sarkozy" durant la campagne électorale :
http://www.dailymotion.com/video/x1vfyt_gerard-miller-analys...
Et après-coup, le même Gérard Miller s'intéressant aux phénomènes de fascination collective présentait "Manipulations, mode d'emploi" au festival Off d'Avignon où il s'expliquait aussi sur son vote pour Ségolène Royal : le spectacle-conférence sera visible à la rentrée au Petit Théâtre à Paris.
Et si vous aimez le théâtre, - je sors un peu du sujet de ce billet mais pas tant que ça car je vais vous renseigner un spectacle "antidote" sur le manque de mots -, allez voir dès que vous en aurez l'occasion l'excellent "OHNE" de Dominique Wittorski qui l'a présenté au Off d'Avignon cet été - pour rappel Dominique Wittorski est un de nos médiamis qui dispose aussi d'un site perso : http://wittorski.dominique.neuf.fr/index.htm
.
(1)
Introduction : La magie du récit, ou l’art de raconter des histoires - Le « storytelling revival » - Le récit comme instrument de contrôle - « Des histoires qui racontent vraiment ce que l’Amérique peut et doit être » - Une inquiétante prolifération - 1. Des logos à la story - La crise des marques - Sous le swoosh, les sweatshops - What’s in a name ? - La marque est un récit - L’« univers narratif » des marques - The Dream Society - 2. L’invention du storytelling management - Une histoire de notre temps - Le mutisme des start-up - Une histoire du silence - La chasse au silence et l’injonction aux récits - Le « tournant narratif » des théoriciens du management - Mettre en récits la vie au travail - Les fables magiques des gourous du capitalisme - Les gourous, pourvoyeurs de modes managériales - Shakespeare on management - 3. La nouvelle « économie fiction » - Les call centers indiens, foyers de la mondialisation des consciences - Les « âmes délocalisées » - La « fictionnalisation » des relations de travail - Le nouveau modèle d’autorité du capitalisme émotionnel - Fiction d’entreprise ou entreprise de fiction ? - Les effets déstructurants de l’apologie du changement permanent - La réponse du storytelling - 4. Les entreprises mutantes du nouvel âge du capitalisme - Management d’un déménagement chez Renault - Le storytelling assisté par ordinateur - Les « entreprises récitantes » - Enron, une fabuleuse histoire de Wall Street - La story, nouvelle monnaie du management financier - 5. La « mise en histoires » de la politique - Ashley’s story - Une famille du 11 septembre - « Ils racontent une histoire, nous récitons une litanie » - Le pouvoir par le récit - Le grand narrateur Reagan et ses disciples Clinton et Sarkozy - Les présidents postmodernes - Le Watergate et l’avènement des spin doctors - Créer une contre-réalité - La stratégie de Shéhérazade - 6. Storytelling à Bagdad - Guerre virtuelle à Bagdad - De la guerre froide à la guerre feinte - La querelle du « réalisme » - « Avons-nous la bonne histoire ? » - Le Story Drive Project - « Des armes de distraction massive » - La guerre, une contre-narration - La coopération Hollywood-Pentagone - La série 24 heures chrono, ou la normalisation par la fiction de l’état d’exception - 7. L’empire de la propagande - « Nous sommes un empire, et nous créons notre propre réalité » - De la propagande à l’infotainment - Fox News, une mutation dans l’histoire des médias - L’industrie du mensonge - Un magicien au quartier général - De Uncle Ben à Uncle Sam - Le storytelling comme propagande - « Le feu dans les esprits » - Conclusion. Le nouvel ordre narratif - « Henri Guaino, une mythologie de la France » - Les « histoires » de Nicolas et Ségolène - Quand les cabinets de conseil américains abolissent la politique - « L’ennemi, c’est l’histoire » - Notes - Bibliographie.

.
Merci.
.
Excellente idée, de monter un petit répertoire d'ouvrages sur ce thème.
.
Pour ma part, je vais décrocher pendant quelques jours.
.
a bientôt.
.
jpylg

Le livre de Baillargeon est, au sens positif du terme, un ouvrage de vulgarisation qui a la particularité de regrouper en plusieurs chapitres d'un seul fascicule facile à lire des fondamentaux de méthodologie des sciences sociales ( à l'exception du dernier chapitre qui est un réflexion plus perso sur les médias):

-introduction à l'épistémologie,
-décryptage et utilisation pertinente des statistiques,
-notions de rhétorique
-quelques résultats d'expériences de psychologie sociale

Bref, il reprend ce qu'un cours d'introduction aux sciences sociales devrait comporter, mais présenté en plus fun
Il n'empêche, nombre de ses références en psychologie sociale datent...et on peut le trouver très positiviste...

Avant d'embrayer sur la difficile question de l'opinion publique, de sa formation, de la propagande, des phénomènes d'influence et de leur validation éventuelle:
il me semble que s'agissant de la formation des opinions individuelles un remarquable petit ouvrage n'a pas reçu, même s'il est réédité, l'attention qu'il mérite:
Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois
Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens
(NB/là encore on est toujours dans le registre de la psychologie sociale, ce n'est ni un essai, ni de la sociologie)

Sur les questions de communication et d'information le site de FB Huyghe offre des textes très intéressants et clairs
ce qui n'est pas toujours le cas dans ces domaines
http://www.huyghe.fr/

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui
Signé Vieux Prof

Qui a encore le temps de se faire une opinion ? Et une opinion sur quoi ? Pour se faire une opinion sérieuse, privée, sur un seul sujet important, c'est le temps d'une thèse, 3 ans minimum. Qui dispose de ce temps ? Je peux vous donner une opinion sérieuse sur seulement deux sujets dont vous avez totalement raison de ne pas vous préoccuper : la diffraction sur poudre et la prédiction des structures cristallines. ce ne sont pas des sujets politiques, ni éthiques, ni moraux, ni (...), seulement scientifiques. C'est un peu comme lorsque vous n'avez pas le temps de préparer à manger, vous allez au restaurant : fast-food ou gastronomique. Les opinions sont toutes prêtes pour ceux qui n'ont pas le temps, disponibles à la télé (l'équivalent du fast-food, et même prédigérées en plus) ou bien proposées par une série de philosophes de diverses tendances (l'équivalent du gastronomique, avec tendances nouvelle cuisine, ou bien à l'ancienne, plus diverses variantes). Pour l'opinion toute faite de classe gastronomique, c'est quand même assez demandeur de temps : il faut lire des écrits assez incompréhensibles pour le commun des mortels, c'est un peu plus difficile que de s'asseoir devant sa télé 4 heures par jours en moyenne. Pour les consommateurs d'opinion fast-food en mode télévisuel, c'est du préfabriqué, naturellement, ces consommateur immobiles sur leur fauteuil sont la majorité. Les enquêtes d'opinion rapportent l'opinion de la majorité, elles reflètent donc les opinions prédigérées diffusées à la télé. CQFD. Mon cher Jpylg, commencez à essayer de convaincre les gens de moins regarder la télé si vous espérez d'eux une opinion "personnelle", ou en tout cas moins préfabriquée. Cela va être difficile, c'est le contraire qui se passe : plus de télé, moins de temps de réflexion personnelle, besoin d'opinions prémachées.

.
Mon cher Jpylg, commencez à essayer de convaincre les gens de moins regarder la télé si vous espérez d'eux une opinion "personnelle"
.
Armel, je ne m'exprime pas pour convaincre - c'est-à-dire que je n'adapte pas la forme à ce but - je m'exprime pour dire ce que je sens. - Si cela convainct, tant mieux; sinon, tant pis. Si çà trouve un écho, c'est déjà positif.
.
a +
.
jpylg

" Il ne faut rien fonder sur L'OPINION, il faut d'abord la détruire".
( Gaston Bachelard -Le nouvel esprit scientifique-)

Si vous écrivrez sur un tel sujet c'est qu'il y a souci sur le sujet de la liberté consciente ou inconsciente de l'expression. La pluralité de l'information qui exprime la pluralité des opinions et la libre pensée du choix est-elle menacée ? C'est comme cela que j'interprète votre préoccupation qui malheureusement est.

Mais un autre sujet mériterait d'être approfondi : N'est-ce pas les médias qui sont formatés et non pas l'opinion pulique (repris dans le sens du public) ?
De cause à effet : ne sont-ce pas les journalistes qui sont formatés ?
Pourqu'il y ait formatage, il faut qu'il y ait une volonté supérieure avec la volonté de vouloir imposer la "pensée unique".
Lorsque l'on "surffe" sur Internet on se rend compte du nombre quasi infini d'opinions et de sujets et c'est pourquoi je me pose la question de savoir si elle a été bien posée à savoir :
Est-ce l'opinion public qui est formaté ou son "outil" ? La différence est de taille.
Dans l'histoire aucun formatage du peuple n'a jamais réussi et cette éventualité devient toujours plus difficiile avec la modernité.

Je pense que l'intention d'un formatage de l'opinion publique ne peut venir que dans l'esprit d'un pompier pyromane, tant cette intention ne peut venir que d'un esprit très formaté lui-même.

Excellentes questions. Une des remarques fort juste était:
.
"La plus grande difficulté, c'est que l'opinion publique formatée ne peut pas savoir qu'elle est formatée, parce qu'elle se pense elle-même à travers son formatage. Il en va de cela comme de la lumière ambiante. On ne voit pas la lumière ambiante, puisque c'est par elle que l'on voit.
"
.
C'est pour cela qu'il est absolument indispensable de quitter cette "lumière ambiante" pour un certain temps, deux ans au moins, d'aller à l'étranger, le monde étant devenu un village et de revenir. Et là, c'est le CHOC !!!
.
On constate le niveau d'enfermement dans lequel vit la société française. Les médias, surtout les JT, ne donnent que des informations franco-françaises sans grande importance, zappent l'étranger. Après 27 ans passés à l'étranger, je suis revenue vivre en région parisienne en 2000.
Lorsque nous regardions les JT, nous avions au bout d'une semaine l'impression d'étouffer, d'être enfermés sur une île avec un immense océan autour, aucune nouvelle de ce qui se passait en dehors de cette petite île. Terrible sentiment d'enfermement que je n'ai eu nulle part ailleurs.
.
L'opinion publique se façonne comme la glaise. Il suffit d'en avoir les moyens - sociaux et politiques, financiers donc médiatiques - pour le faire assez rapidement. Je vous recommande la lecture - au cas où le livre n'aurait pas été mentionné plus haut - du livre "La Vague" de Todd Strasser. En voici le descriptif sur amazon.fr:
.
Présentation de l'éditeur
Paru aux Etats-Unis en 1981, "La Vague" est un best-seller, vendu à 1,5 millions d'exemplaires en Europe. Il fait maintenant partie des manuels scolaires dans les écoles d'Allemagne. "La Vague" est basé sur une expérience réelle de cinq jours, menée pendant un cours d'histoire dans un lycée de Californie.

Alors qu'ils étudient la Seconde Guerre mondiale, les élèves s'interrogent sur la facilité avec laquelle le peuple allemand a suivi Hitler et les nazis. Leur professeur d'histoire décide alors d'appliquer certains principes du nazisme et ainsi donner à sa classe le sentiment d'appartenir à une élite : "Le pouvoir par la discipline ! Le pouvoir par la communauté ! Le pouvoir par l'action !"

.
Biographie de l'auteur
Todd STRASSER, né en 1950, est new-yorkais. Il a écrit de nombreux romans, traduits dans plus d'une douzaine de langues.
"La Vague" sera adapté au cinéma en mars 2008 sous la direction de Dennis Hansel en Allemagne.

.
Il est d'ailleurs intéressant de voir que ce livre est devenu un manuel recommandé par les écoles dans un pays, l'Allemagne, où il y a eu une immense autocritique depuis le début des années 60 et où des classes entières sont allées visiter les camps de concentration et Verdun pour VOIR ce qu'avaient fait leurs pères. Et on éduque depuis les enfants à ne pas obéir aveuglément à un adulte.

En France, j'apprenais à l'école que NOUS étions des résistants. Pourtant une grande partie de la population française a collaboré, la peur au ventre de se faire tuer, comme la majorité des Allemands sous la dictature. Voir http://www.h-net.msu.edu/reviews/showrev.cgi?path=5812890778837 Mais ça, c'est un autre sujet de discussion. La guerre d'Algérie et la torture ne sont toujours pas évoqués librement en France... Il y a beaucoup de tabous... de non-dits... aucune auto-critique. Ce n'est qu'en 1995 que Chirac a évoqué la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d'Hiv, http://fr.wikipedia.org/wiki/Rafle_du_v%C3%A9lodrome_d%27hiver , il s'est attiré beaucoup de critiques...
.
Une des raisons de la "pensée unique" régnant en France - d'ailleurs ce mot est intraduisible en d'autres langues, car typiquement français, "main stream" s'en rapprocherait - vient de la structure de la société et de son formatage par les "élites" ou celles qui s'intitulent ainsi. Quelques exemples:
.
"Faire Normale Sup et l'ENA n'est pas à la portée de tout le monde et un tel cursus est révélateur d'une intelligence brillante, voire exceptionnelle." m'écrivait un internaute sur un blog.
.
Voilà ce que j'entends partout en France, on s'écrase devant ces "élites" que l'on a bien fait pousser sur le terreau des familles déjà privilégiées

Alors que dans d'autres pays, le vrai mérite dans son parcours professionnel, par son travail et ses compétences, permet d'arriver au sommet des entreprises ou de l'Etat, sans être passé par ce formatage à la pensée unique pratiqué en France.
.
J'ai partout rencontré ce genre d'émerveillement devant ceux qui ont fait l'ENA ou Sciences Po, ou toute autre "Grande Ecole" (il faut apprécier le terme choisi!) alors que l'Université et la recherche sont dans un état de désolation déplorable.
.
Donc on a tout misé et mis le paquet sur ces cursus "élitaires" qui sont donc aussi financés par les familles de ceux qui n'iront jamais. Quand on voit le classement - "ranking" - des "Grandes Ecoles" françaises au niveau international, on peut commencer à se poser les vrais problèmes...
.
La dépense publique annuelle par étudiant en 2006 en France était de 9 370 € par tête et par an, ce qui place la France en dessous de la moyenne des pays de l'OCDE et masque une grande diversité puisque les chiffres varient de 7 840 € pour les universités à près de 20 000 € pour les « grandes écoles ». Presque le triple...
.
La soi-disant "élite" se sucre de génération en génération sur le dos de la Nation et se reproduit de manière presque incestueuse, les fils et filles d'énarques et des classes aisées y étant beaucoup plus représentés que ceux des autres couches de la société, plus de la moitié.
.
Je vous invite à lire attentivement ces statistiques tout à fait officielles:
http://media.education.gouv.fr/file/28/2/6282.pdf

ainsi que cet article sur wikipedia concernant la sociologie des Grandes Ecoles:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sociologie_des_grandes_%C3%A9coles

.
L'Ecole et l'Université retransmettent ces formatages
.
Situation socio-professionnelle des chefs de ménage des étudiants:
.
Écoles normales supérieures, futurs "enseignants"
5% Agriculteurs
57% Cadres supérieurs et professions libérales
7% Professions intermédiaires
5% Employés
2% Ouvriers
5% Retraités ou inactifs
19% non renseignés
.
En résumé:

"Grandes Ecoles"
Cadres et professions intellectuelles supérieures 50,8 %
Employés et ouvriers 14,7 %
.
"Écoles d'ingénieurs"
Cadres et professions intellectuelles supérieures 59,4 %
Employés et ouvriers 12,4 %
.
"Écoles de commerce"
Cadres et professions intellectuelles supérieures 67,5 %
Employés et ouvriers 7,9 %
.
Voilà comment se reproduit le système...

Voilà comment celui-ci "formate" le reste de la société: On met des barrières tellement infranchissables dans les têtes des gens, on les conditionne à se "coucher" devant les "élites" si "intelligentes" . Et celles-ci pratiquent un lobbying incessant sur les députés et sénateurs pour bien maintenir le système par l'intemédiaire des lois et le rendre tout à fait légal.
.
Quand on passe un certain temps à l'étranger et que l'on revient, cela frappe en pleine figure.
.
En dernier lieu, la formation professionnelle. Selon un rapport de l'ENA: http://www.ena.fr/index.php?module=doc&action=getFile&id=255...
.
"Plus de 50 % des cadres, ingénieurs et techniciens supérieurs bénéficient des plans de formation des entreprises chaque année, alors qu’ils ne concernent que 15 % des ouvriers non qualifiés" (page 34 du document) alors que ces derniers en auraient le plus besoin. Aucune chance pour ceux qui ne font pas partie de "l'élite" qui formate tout pour que surtout le système reste en l'état.
.
Je terminerai en citant l'étonnement, la stupéfaction, de mon fils, arrivé de Hambourg, lors de son arrivée en classe de 1ère S en région parisienne. Dès la rentrée, leur prof principal leur a dit texto: "Vous êtes la future élite de la Nation, il faudra donc bien travailler"... La conséquence ? Ses copains de classe regardaient les autres lycéens en classes économiques, littéraires ou techniques, comme des imbéciles qu'ils allaient bientôt "dominer".
.
Lamentable et révoltant. Je ne cesserai de lutter contre cette ségrégation qui perdure tant que j'aurai ma liberté d'expression.
.
Ce sont ces "élites" en tout genre, qui disposent de tous les réseaux et de tous les moyens d'information, en France bien plus qu'ailleurs, ils ont tout noyauté. Un exemple récent du système que l'on fait accepter aux Français depuis des siècles, les têtes étant formatées dès la maternelle, les déclaration de Renault Dutreil hier:

«Si aujourd'hui je pars (…), c'est, malgré les apparences, dans le prolongement de cette vie intense où le réel m'a donné l'impression de pouvoir s'améliorer et se transformer sous l'effet des volontés collectives et d'un dessein clair. Rompant avec les habitudes de la vie politique française, j'aimerais montrer qu'il n'y a pas qu'une façon de servir son pays, après vingt ans de service républicain, et qu'un homme politique peut aussi être un homme d'entreprise. L'entreprise, la République... «leur mesure est la même, l'être humain, sa motivation, sa foi, sa capacité à lutter et à innover».
.
Quelle langue de bois pour cacher l'appât du gain et le recyclage de ce "politique" râté!
.
«Nous nous réjouissons de l'arrivée au sein de LVMH de Renaud Dutreil», a commenté pour sa part Bernard Arnault. «Grâce à ses compétences, il saura contribuer à la croissance des activités de LVMH aux Etats-Unis».
.
La "croissance des activités de LVMH"!! Voilà le SERVICE du pays ! Un coup d'oeil sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Arnault montre QUI est Bernard Arnault.
.
Et la majorité "silencieuse", celle que l'on trompe à longueur d'année par journalistes interposés - l'amiante, le nucléaire, le saturnisme, etc... - ne dit rien et avale, s'aplatissant devant ces gens "merveilleux" qu'on leur a appris depuis tout petits à "respecter".

@etoile66
J'ai lu l'entièreté de votre post avec un grand plaisir ce qui est l'expressiond 'un véritable intérêt, mais comme toute intervention qui commnece par un compliment, souvent elle se termine par une "critique".
Je réagis à votre tout dernier paragraphe sur le majorité "silencieuse" en contrariété avec mon opinion. Je ne crois pas qu'on la trompe mais qu'on essaye de la tromper avec tous les moyens possibles. De plus si cela a jamais existé l'applatissement et le "respect" de gens merveilleux disparaît à une vitesse exponentielle.

Ma conviction c'est que l'intelligence est également répartie à la naissance et qu'il y a autant d'intelligence chez la gens du peuple que dans l'individu "élite". Et comme le peuple est plus nombreux que l'élite il y a plus d'intelligence dans le peuple. Le reste est une forme d'expression de l'intelligence, forme qui s'apprend et qui peut évoluer dans le temps. Il faut aussi faire la différence entre l'intelligence et la malignité qui ne peut déboucher que sur des situations conflictuelles : à malin malin et demi, comme le dit le bon sens populaire.
J'écrivais à une personne qui s'excusait de ses fautes d'orthographes et de ses faiblesses littéraires (moi-même en suit) : Ni les fautes d'orthographe, ni le vocabulaire ne dérangent lorsque la profondeur des propos en excluent tout besoin d'une forme, qui dans des propos vides, n'expriment qu'un luxe dérisoire.

Ma conviction est aussi qu' une majorité "obligée" de rester silencieuse sera une perte énorme pour une élite qui s'imagine où à laquelle on fait croire qu'elle est suivie : que ce soit pour une raison écnonomique, politique, affective ... Vouloir formater l'opinion c'est développer le principe du perdant/perdant.

Vous écrivez:

"Je ne crois pas qu'on la trompe mais qu'on essaye de la tromper avec tous les moyens possibles. De plus si cela a jamais existé l'applatissement et le "respect" de gens merveilleux disparaît à une vitesse exponentielle."

.
Je ne suis pas sûre que vous ayez raison.

J'ai eu l'occasion de faire campagne pendant les législatives sur le terrain: bistrots de villages, braderies, marchés, rues commerçantes, gares, cinémas, etc. etc... et ai beaucoup, beaucoup écouté et parlé avec les gens. Et j'ai rencontré une foule de personnes qui me disaient souvent "Madame, ON est informés". Et quand je m'enquerrai de leur sources d'information, la majorité des personnes rencontrées me citaient la TV et notamment le JT de TF1...

.
Ce n'est pas pour rien que la présidence actuelle a tout fait pour avoir le droit de nomination des présidents de la TV et radio publiques. C'est passé comme une lettre à la poste.

.
J'ai des preuves tangibles que l'opinion publique est sciemment trompée.


.
Sans parler de Tchernobyl qui est connu maintenant. Mais sur les effets nocifs de l'amiante, par exemple.

.
J'étais à Hambourg en 1973, on enlevait l'amiante des bâtiments, plus tard nous avons été obligés d'enlever la protection des ampoules dans les rétroprojecteurs, car elle contenait de l'amiante. Nous avons dû nous équiper en nouveaux rétro-projecteurs. Rien de tout ceci en France. Mon père sciait gentiment ses plaques d'Everite dans le jardin. Lorsque je lui disais: "Papa, tu sais, c'est cancérignène" il me répondait. "Bah, on le saurait!"...

.
Un petit coup d'oeil sur cet article - encore incomplet - vous montre l'envergure de la tromperie de l'opinion publique française et surtout la chronologie qui confirme ce que je vous écrivais plus haut:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_de_l%27amiante

.
Je vous en cite juste quelques lignes:
.
* En 1977, le professeur Jean Bignon, pneumologue respecté, écrit à Raymond Barre, premier ministre : Force est d'admettre que l'amiante est un cancérogène physique dont l'étendue des méfaits chez l'homme est actuellement bien connue et prédit des conséquences plus graves sur la santé publique pour les trente années à venir.
.
* En 1982, l' Association française de l'amiante qui regroupe les industriels de l'amiante crée le Comité Permanent Amiante (CPA), qui regroupe patronat et syndicats. Il va orienter la politique sanitaire française pour l'amiante. Ce comité, dont le financement sera entièrement dépendant des industries, comprendra aussi des délégués des principaux syndicats qui défendront longtemps l'usage de l'amiante au nom de la préservation de l'emploi. Pendant douze ans, la politique en matière d'amiante sera entièrement confiée à ce comité avec la complicité de l'État Français.
.
* 1986 : Lorsque les États-Unis envisagent d'interdire l'amiante, la France intervient pour émettre un avis négatif, fondé sur un rapport du Comité permanent amiante.
.
* En 1991 quand, poussée par l'Allemagne, la Communauté européenne s'interroge sur une interdiction pure et simple de l'amiante, le CPA procède de nouveau à un intense lobbying dans les couloirs de la Commission afin d'empêcher toute prohibition
.
* En 1994, la mort de six enseignants au lycée de Gérardmer (Vosges) relance le débat sur l'amiante et à Jussieu une nouvelle génération de chercheurs s'inquiète de la présence de l'amiante.
.
Je constate que c'est plus de 20 ans après mon arrivée à Hambourg. Donc dans les années 70, ON SAVAIT !!! Et à Jussieu, aujourd'hui, il y a toujours de l'amiante...
.
Et l'affaire du sang contaminé ? Les médecins allemands refusaient d'acheter les préparations de l'Institut Pasteur, c'est sous la pression de certains hôpitaux qu'ils l'ont fait car elles étaient moins chères. Résultats: des morts...
.
Il en est de même aujourd'hui avec le nucléaire.

Ce sera encore pire quand N. Sarkozy aura réussi - en supprimant la pub sur la TV publique et la donnant à TF1 - de permettre à Bouygues d'acheter Areva. C'est d'ailleurs pour cela qu'il vend des centrales nucléaires partout où il va en voyage officiel, même à Khadafi.

.
L'Allemagne a décidé de mettre fin à l'activité de TOUTES les centrales nucléaires. Pourquoi ?

.
Parce qu'il y eu dans ce pays un débat démocratique pendant plus de 30 ans à ce sujet. Le problème des déchets est un problème qui a été discuté dans tous les sens en Allemagne. Vous avez sûrement entendu parler des immenses manifestations contre les transports par train de déchets nucléaires, les gens étaient couchés sur les voies, des milliers de policiers étaient mobilisés... Les Allemands étaient même venus en France manifester contre les transports de déchets allemands pour l'usine de retraitement de La Hague. Aujourd'hui, 17 centrales nucléaires sont encore en fonctionnement. La sortie du nucléaire civil a été décrétée le 14 juin 2000 par le gouvernement allemand en accord avec les entreprises exploitant les centrales nucléaires actuellement encore en fonctionnnement.

.
L'Autriche interdit l'utilisation de l'énergie nucléaire dans sa constitution.

Les Pays-Bas et l'Espagne ont des lois qui interdisent la construction de nouvelles centrales nucléaires.

Dans d'autres pays, ces politiques ont été suspendues, par exemple en Suisse, ou le moratoire existant sur la construction de centrale n'a pas été reconduit par le peuple.

À la sortie du nucléaire est associée l'idée de développer les énergies renouvelables.

En France, rien dans les médias, une mini-mobilisation. Aucune prise de conscience.

.
Et vous pensez qu'on ne trompe pas l'opinion, sous la pression des lobbies ?

.
Et le plomb dans les conduites d'eau ? Vous en avez beaucoup entendu parler ces 30 dernières années en France ?

.
En 1973, à Hambourg quand j'y suis arrivée, celles-ci étaient changées dans les maisons privées. Car le plomb est très nocif, notamment pour les enfants. La propriétaire du logement que j'y avais loué, m'en avait informée, c'était en octobre 1973. J'en entendais parler pour la première fois de ma vie !

.
J'ai entendu il y a quelques mois sur France Inter que l'Europe obligeait les Français à enlever toutes les canalisations d'alimentation d'eau en plomb. Certains propriétaires protestaient et le gouvernement a accordé jusqu'en 2013 (!!!!!) pour se mettre aux normes européennes.

.
Vous voyez un peu la relation: 1973 -2013... cela fait 40 ans de différence. Quel respect pour la population du pays concerné... Sans commentaires.

Voici quelques infos :

http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2000/mag4/sa_1760_po...
http://www.conseils-infos-batiment.fr/plomberie/tuyau-plomb.php

.
Et voilà comment on manipule la population en la laissant sous-informée sur certains sujets et en lui répétant toujours les mêmes messages dans d'autres domaines. Elle n'a aucune possibilité de s'informer réellement, sauf internet et sauf les Français qui vivent à l'étranger et qui ont d'autres sources d'informations.

Etoile66,
J'accepte votre remarque et vous remecie très sincèrement pour ces éclaircissements. Sur ce coup là vous avez bien plus raison que moi. Je corrige dans votre sens mon appréciation sur les capacités de formatage des opinions et les résultats qui peuvent en découler.
Mon manque d'approche de la "rue", mon optimisme et le fait que je vis dans un pays plus libre que la France d'aujoud'hui m'ont fait croire à une embellie que je n'ai mesurée qu'avec des bons sentiments,cela ne suffit pas.
Il n'y a pas de fatalité et c'est contre cette fatalité aussi que vous luttez (si je puis vous prêter cette intention) ; je suis convaincu par vos propos et mieux éclairé je vais continuer ce combat, le seul qui en vaille la peine celui de l'Humain.

Cher ami, mon intention n'était pas de prouver que j'ai raison ou non, mais d'informer, car j'ai souvent la rage de voir comment les Français sont manipulés par ceux qu'ils élisent et ne contrôlent plus ensuite. Par manque de formation citoyenne, j'en suis de plus en plus convaincue. Elle devrait commencer à l'école maternelle. Je ne sais pas dans quel pays vous vivez, mais lorsque mon fils était en maternelle à Hambourg, ils pratiquaient déjà la citoyenneté et la cogestion de leur classe. Tous les enfants étaient responsabilisés. A mon avis, c'est LÀ que tout commence.

Etoile66,

J'irais même beaucoup plus loin que vous et je dirais comme Guy Bedos, "il faudrait un permis pour pouvoir voter". Mais cela est une autre histoire.
Où j'habite pour moi cela a peu d'importance, j'irais jusqu'à dire que mon pays c'est ma langue en regrettant de ne pas les parler toutes ou qu'elle ne soit pas universelle. Ce n'est pas un secret pourtant : j'habite en Belgique, je suis d'origine italienne mais de nationalité belge. Je n'attache aucune importance personnelle au cloisonnement que la société m' a construit car pour moi je me sens simplement un être humain d'un planète appelée terre.
J'irais dormir serein ce soir car une bonne étoile a éclairé ma vue sur ce monde. Grâce à vous.

Comme vous:

"Je n'attache aucune importance personnelle au cloisonnement que la société m' a construit car pour moi je me sens simplement un être humain d'une planète appelée terre."

J'ai quitté mon Sud-Ouest natal pour vivre à Hambourg, puis Paris, et re-Allemagne du Sud, mon fils a choisi une Polonaise pour partager sa vie. Notre famille est européenne, mais nous en avons aussi dans l'Océan Indien - Réunion et Maurice... Le monde est un village...

Merci beaucoup Etoile66 pour toutes ces informations relative à la santé des populations.
.
En France, d'une part, les gens sont peu informés de ces dangers, mais quand ils le sont et qu'ils ont des véléités de protestations, les autorités n'en tiennent aucun compte (euphémisme...).
.
Les statistiques ont révélé récemment que les accidents de travail ont beaucoup augmenté (en France), gains de productivité et flexibilité obligent, l'a-t-on mentionné sur tf1 et consorts ?

Il me semble qu'il est intéressant de rapprocher ce que vous appelez le formatage de l'opinion publique et les recherches en psychologie sociale sur le thème de l'influence.
Et notamment les résultats de Stanley Milgarm sur la soumission à l'autorité, qu'il me semble nécessaire de garder l'esprit en permanence. Pour mémoire, Milgram a essayé de comprendre le mécanisme qui avait conduit une masse considérable d'individus, en Allemagne à l'époque du nazisme, à commettre les pires horreurs.
Les résultats des études de Milgram, et de quelques autres par la suite, montrèrent qu'avec une mise en condition assez simple, deux tiers des individus (un peu plus même dans la pluspart des sociétés étudiées), pouvaient être conduits à torturer des inconnus sous des prétextes futiles. Dans un échantillon humain pris au hasard plus de deux tiers des personnes sont donc des nazis en puissance. Bien évidemment aucun sondage ne démontrera jamais cela. Et la pluspart des recherches contemporaines, soumises à des règles éthiques mais anti scientifiques, qui obligent à dévoiler le but de l'étude aux sujets observés, ne peuvent plus analyser correctement ces phénomènes.
On peut trouver plus confortable de partir de l'hypothèse que notre société est composée en majorité, de gens capables de se faire une opinion indépendante et d'agir en cohérence avec cette opinion, malheureusement c'est faux. L'être humain est majoritairement manipulable.
J'ai tendance à penser qu'il est aussi majoritairement manipulateur, et je serai intéressé à connaître les recherches qui auraient été réalisées sur ce thème.

L'expérience relatée par Todd Strasser est explicite. J'en parlais dans mon message ci-dessus du 05/08/2008 11:16

Si vous choisissez de poser des questions afin de tenter de forger votre opinion, vous ne pouvez pas conclure ainsi que des "expériences soient explicites", elles sont éventuellement validées provisoirement
L'expérience de Milgram a été largement revisitée y compris par l'équipe de Milgram et cette démarche doit être présentée dans son contete et de façon fidèle

Je joue les vieux profs mais, si vous décidez de lire le livre de Baillargeon, vous acceptez foncièrement de douter
(voir ma note plus haut)
et je vous conseille à nouveau :
Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois
Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens
(NB/là encore on est toujours dans le registre de la psychologie sociale, ce n'est ni un essai, ni de la sociologie)

Désolée pour le registre que j'adopte

ne pas lire contete mais CONTEXTE!

Je ne comprends pas trop le sens de votre message.

En réponse à :
"Milgram a essayé de comprendre le mécanisme qui avait conduit une masse considérable d'individus, en Allemagne à l'époque du nazisme, à commettre les pires horreurs."
je ne connais pas assez cette expérience pour répondre, j'espère juste qu'il a pris la situation de l'Allemagne en considération à l'époque où le national-socialisme s'est implanté. On ne peut reproduire les comportements juste par les techniques, il faut prendre en compte tout le cadre de l'époque, j'en ai beaucoup discuté avec les Allemands âgés qui avaient vécu les débuts du national-socialisme lors de mon arrivée en Allemagne en 1973. Et un jour, l'Histoire sera sûrement vue de manière plus objective lorsqu'on aura réussi à mettre de côté les préjugés et les passions. Ce n'est encore pas du tout le cas, en particulier du côté français qui n'a jamais vraiment fait son autocritique.

je ne crois pas que ce message s'adresse à moi

j'ajoute quand même que c'était précisément pour tenter de comprendre comment des individus avaient pu être capables de ce qui venait d'être commis que Milgram a mis en oeuvre ses recherches
il faut rappeler, comme un contributeur le fait plus haut, que Milgram avait tenté de construire une expérimentation qui avait pour objectif de tenter de "mesurer" jusqu'où pouvait aller LA SOUMISSION à l'autorité ( que l'autorité soit scientifique, politique...) mais non le passage à l'acte

Il me semble que dans ces échanges nous allons trop vite, passant des travaux sur l'analyse de la formation des opinions individuelles à l'interrogation sur ce qu'on appelle "l'opinion publique"

@ critique critique
Si ma mémoire est bonne, Joule et Beauvois développent dans leur livre trés intéressant et amusant leur concept d'engagement, avec des techniques qui ont fait leur preuves dans les domaines pédagogique, commercial et que d'autres mettent en oeuvre en politique. Joule et Beauvois montrent eux aussi la grande réceptivité à la manipulation de leurs sujets d'expérience dans le cadre d'expérimentations de nature différente de celles de Milgram.Il est intéressant de noter que l'ordre de grandeur des résultats est en général voisin de ceux de Milgram.
Ceci étant je ne pense pas que ces techniques puissent relever du domaine des medias et participer au formatage de l'opinion. Elles me semblent plutôt à usage interne des partis politiques, des entreprises, ou d'autres groupes plus restreints.

@ machinchose
tout à fait d'accord, c'est aussi la raison pour laquelle je mettais en garde contre l'amalgame formation des opinions individuelles/ construction d'une éventuelle opinion publique... et j'essayais de suggérer qu'avant de se lancer dans des conclusions trop rapides sur l'influence des médias il serait utile de s'interroger sur ce qu'on sait des conditions de formation des opinions individuelles.
Mais je ne veux pas dire qu'on ne doive pas s'intéresser à l'influence éventuelle des médias, bien au contraire!
Je propose simplement de procéder en essayant de sérier les questions.
On se prive d'une compréhension des phénomènes si on souscrit très vite à la thèse des "effets" ( vieille thèse de la "seringue hypodermique" qui a d'ailleurs fortement inspiré - et fait vivre- les pères fondateurs des sciences de la communication et de la propagande).
Lorsque Chomsky travaille, lui, sur la propagande et propose son modèle des filtres, il est loin d'être simpliste, réducteur et linéaire et pourtant il ne mène pas d'expériences de labo...

En tout état de cause l'opinion ne peut pas être envisagée comme étant un simple "effet".
Cela étant, vous savez comme moi que les expériences de psychologie sociale, qu'on peut essayer de contrôler au sens positiviste du terme, portent le plus souvent sur des expérimentations sur des individus isolés ou, au mieux, sur des petits groupes, et débouchent sur des conclusions provisoires et prudentes.
Je suis particulièrement inquiète lorsque je lis des reprises de conclusions assénées de façon définitive.
On aborde là des sujets particulièrement difficiles ...il existe des tonnes de recherches sur la question, ce sont les psychologues sociaux qui avaient le plus travaillé les phénomènes d'influence et des représentations sociales, les outils sont de plus en plus diversifiés.
Aujourd'hui les recherches sont menées dans le cadre de ce qu'on appelle les "sciences cognitives" ( le terme plus exact serait celui de sciences de la cognition)
Je ne sais pas ce que vous pensez des textes de "neuro marketing" ...même Arrêt sur Image y avait consacré une émission en son temps. Sébastien Bohler qui animait cette émission, a désormais une chronique sur le site d'ASI, il est journaliste au magazine mensuel « Cerveau et Psycho ». et se présente en décrivant son "passe-temps favori : déjouer les ruses des messages médiatiques, pour profiter de la stupéfiante disponibilité de nos cerveaux".

Si je reviens à ce qu'on appelle l'opinion publique (même si on accepte l'idée que "l'opinion publique n'existe pas", Bourdieu, 1973 entre autres), il me semble que les débats qui portent sur la "construction de l'agenda" sont les plus intéressants, mais ils n'abordent qu'une facette de l'influence éventuelle de certains médias dans certaines circonstances

Les controverses entourant la thèse de la "spirale du silence" d'Elisabeth Noelle-Neumann sont passionnantes.

La théorie est très sympa et certainement utile.
.
Cependant, pour la première fois de ma vie, je me suis engagée en politique en 2007 et ai fait campagne SUR LE TERRAIN pendant les législatives de 2007.
.
Dans les bistrots, les marchés, les braderies, les cinémas, les gares, les fêtes sportives. Bref, partout où on pouvait rencontrer beaucoup de monde en un seul lieu.
.
Et j'ai discuté avec les gens, des heures, des jours...
.
Et j'ai eu souvent comme réponse à certaines questions que je posais: "Madame, ON s'informe".
.
Lorsque je grattais un peu et demandais OÙ.
.
La réponse était : "Au JT de TF1"...
.
Je vous laisse conclure...
-
Toute votre théorie est sympa, mais elle oublie de prendre en compte les médias audiovisuels qui n'entraient pas en compte dans les études...
-
Et la majorité des "électeurs" - et non des "citoyens"- on voté pour le président que s'est donné la France.
.
Tout le reste, m'intéresse un peu, mais au vu de la REALITE, je préfère le terrain à la théorie...

Etoile66, comme vous :

"pour la première fois de ma vie, je me suis engagée en politique en 2007 et ai fait campagne" (remplacer juste engagée par engagé) SUR INTERNET par appropriation de la politique proposée par Ségolène Royal et aujourd'hui je continue contre ce que je craind être les véritables intentions de N. Sarkozy.
Grâce à internet des deux personnes que je ne connaissais pratiquement pas, mes recherches et ma sensibilité personnelle m'ont amenée à y voir "l'ange et le démon".
Je voyais Sarkozy tellement faux que j'en avais même cru très naïvement que S. Royal pouvait passer au premier tour ! Je ne regarde plus la télé depuis l' Internet haut débit domestique qui date un peu avant la campagne électorale.
Hors de France et hors influence des médias fallacieux je me rend compte qu'il n'y a de fatalité que celle qu'on accepte de subir. Et tout, comme chaque pierre est nécessaire à la finition de tout bon édifice, j'y apporte celle que je peut soulerver. Pour rappel le discours de Christianne Taubira avec l'histoire du colibri qui aide à éteindre un feux de forêt, si vous connaissez un lien pour la retrouver, merci de le communiquer.

gaebus@hotmail.com

Il y a encore eu pire, il y a eu le vendredi soir avant l'élection elle-même un éditorial écrit par JM Colombani et publié dans Le Monde qui indiquait aux "électeurs" comment voter, il n'y avait pour lui qu'un seul vote démocratique: Soit S. Royal, soit N. Sarkozy.
.
Je vous invite à le relire avec le recul:
http://www.lemonde.fr/politique/article/2007/04/19/imperatif...
.
Cet article est pour moi un déni de démocratie, un formatage des cerveaux dont il existe peu d'exemples en Europe.
.
Il faut savoir qu'aujourd'hui, Monsieur Colombani n'est plus au Monde et qu'il est en "mission" pour N. Sarkozy.
.
Je n'étais ni pour l'un ni pour l'autre et une telle manipulation m'a parue indécente, et elle l'est.
.
Elle l'est tout autant que le "pseudo-sondage" qui a paru le vendredi soir avant l'élection vers 23h, alors que tous les sites et blogs devaient s'arrêter à minuit. Il a été réalisé par CSA - http://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_CSA - qui est détenu à 100% aujourd'hui par Vincent Bolloré, celui qui a prêté le yacht au président français fraîchement élu.
.
Ce "résultat" est resté en ligne tout le week-end de l'élection, aucune suite juridique, juste un "blâme" de l'institution chargée de contrôler les sondages. Vous pouvez tout retrouver sur le net. Voici donc la dépêche de presse en question qui a beaucoup influencé plein de gens parmi ceux que je connaissais, il en reste quelques traces sur le net:
http://www.liberation.fr/actualite/reuters/reuters_france/24...
http://jeanmarcmorandini.tele7.fr/article-4854.html
http://www.capital.fr/Actualite/Default.asp?source=RE&numero..., etc. etc...
.
Il faut regarder les VRAIS chiffres, ceux de l'élection, il y a 8,13% de différence entre les deux candidats mentionnés. http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/result...
.
Jamais une telle marge d'erreur n'a eu lieu dans les "vrais" sondages. Le message était clair: Il faut voter UTILE. C'est ce qu'ont fait des centaines de milliers de gens... Des amis effarés m'ont appelée d'un peu partout pour me dire qu'ils allaient voter "utile" contre leur conviction... pour éviter Le Pen...
.
Voilà l'état de la démocratie française.
.
Il est urgent de légiferer sur les "sondages" qui sont devenus de terribles instruments de propagande surtout auprès de personnes qui ne sont pas vraiment informées.
.

“On peut ne pas croire un petit mensonge, mais si un gros est répété avec suffisamment de vigueur et de régularité, il pourra éventuellement s’enraciner dans les esprits des masses uniformisées” prophétisait Goebbels.
Lu sur http://contrechamp-media.com/category/festival-de-thessaloni...
.
"Les nouveaux problèmes politiques exigent de nouveaux moyens de propagande. Pour cela, la photographie dispose du plus grand pouvoir de persuasion." - John Heartfiel
On peut visionner les photomontages de John Heartfield ici :
http://images.google.com/images?q=John+Heartfield&hl=fr&clie...
http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Heartfield
.
En ce qui concerne les conditions précises en Allemagne au moment de l'installation du national-socialisme, pouvez-vous en dire un peu plus Etoile 66 ? Merci.
.
Ceci dit, n'y a-t-il pas quelque chose qui nous concerne tous dans l'histoire européenne avant même le surgissement du national-socialisme ? Je pense notamment à ce que Serge Bilé raconte dans son livre "Noirs dans les camps nazis" - je le cite : "Le terme" - Konzentrationlager - "est utilisé officiellement pour la première fois dans un télégramme de la chancellerie daté du 14 janvier 1905." Il s'agit d'un camp ouvert en Namibie pour le peuple Herero qui s'était soulevé contre les Allemands.
.
Bon, je livre un peu tout ça en vrac, mais je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire plus long maintenant.

La question est très complexe et très chargée de tabous en France. En Allemagne, on peut en parler sans problèmes, car l'auto-critique sévère, la plus dure a été celle de la Fraction Armée Rouge, a eu lieu dès la fin des années 60. Cette autocritique s'est poursuivie depuis le début des années 60 jusqu'à ce jour...
.
En France, il est très difficile d'aborder le sujet de la collaboration, par exemple, car la majorité des Français ont "appris" par l'Education nationale ou les films TV multiples sur la période du national-socialisme que les Allemands étaient les "méchants" et les Français les "bons" "résistants".
-
C'est un peu le même "lavage de cerveau" que celui qu'ont subi les Allemands de l'Est, à qui le gouvernement socialiste a fait croire pendant près de 40 ans qu'ils n'avaient rien à voir avec le national-socialisme qui était une idéologie de "droite" alors qu'eux étaient de braves socialistes.
.
Lorsque le mur est tombé on a vu l'ampleur de la manipulation à laquelle était soumise la population.
.
Yves Montand - et tant d'autres - ont longtemps succombé à cette idéologie. L'invasion de la Tchécoslovaquie y a mis un premier bémol...
.
Jusqu'à l'étendue du désastre en 1989, le "socialisme réellement existant" comme il se nommait, n'était qu'une terrible dictature, une terrible manipulation des personnes, où les gens étaient incités à dénoncer leurs amis et les membres de leur famille.
.
Il en était de même en France pendant la période de Vichy que l'Etat français a toujours refusé d'assumer, Mitterrand en premier lieu, cette période où des Français ont dénoncé d'autres Français pour sauver leur peau, etc.
.
Jamais en France on n'a vraiment fait l'autocritique de cette période de notre Histoire, Jacques Chirac a eu le courage de dire que c'était l'Etat français qui avait failli lors de la rafle du Vel d'Hiv`et que ne s'est-il pas pris comme critique. http://fr.wikipedia.org/wiki/Rafle_du_V%C3%A9lodrome_d%27Hiver . C'était le 16 juillet 1995!!!!!
.
N. Sarkozy a flatté l'instintc nationaliste pendant la campagne électorale, d'une façon insupportable pour ceux qui connaissent le contexte. Je vous invite juste à écouter son discours, qui a fait le tour des TV allemandes: http://www.dailymotion.com/video/x1n371_sarkozy-greift-deuts...
.
Il zappe l'Algérie et la torture, les exécutions de Madagascar et d'Indochine, les charniers que l'on a découverts suite aux campagne de Napoléon dans l'Europe du Nord, dans les pays Baltes, etc....
.
Quelle manipulation de l'opinion publique!
.
Elle ressemble beaucoup à celle qui a été en vigueur en Allemagne dans les années 30. Où l'on essayait de redonner l'honneur à un pays défait, qui avait l'impression d'avoir été floué lors du Traité de Versailles. On flattait le nationalisme comme le fait NS dans ce terrible discours qui me tord l'estomac.
.
J'ai discuté des heures avec de vieux Allemands en 1973 à Hambourg, quand je suis arrivée dans ce pays. Pour essayer de comprendre. J'ai d'abord amené tous mes livres d'Histoire du lycée depuis la 6ème à la Terminale et ai acheté les livres d'Histoire des mêmes classes en Allemagne. J'ai comparé et ai été stupéfaite de la manipulation à laquelle sont soumis les peuples, chacun voulant se présenter sous le "meilleur" jour. Et pourtant, les livres d'Histoire allemands étaient beaucoup plus autocritiques et réalistes. Les classes entières de lycéens partaient en voyages de classe dans les camps de concentration et à Verdun pour essayer de COMPRENDRE ce qui s'était passé.
.
En France, les jeunes regardaient les films de guerre à la TV où les Allemands étaient les méchants et les Français tous des résistants. Et leur livres d'Histoire traitaient de De Gaulle et de la Résistance - une infime minorité de la population française - les autres avaient la peur au ventre et ne pensaient qu'à sauver leur peau, comme la majorité des Allemands d'ailleurs. Et RIEN sur l'immense majorité des Français non résistants, RIEN sur les "résistants de la dernière heure", les profiteurs en tout genre qui mettaient leur drapeau dans le sens du vent. RIEN sur la collaboration au niveau de l'ETAT. Ce n'est qu'a procès Papon, vers 1997 (!!!) que la France se vit confrontée pour la première fois à cette partie de son Histoire. Nous étions TOUS des Résistants, du bon côté... Quelle manipulation ! Et quelles polémiques, de droite comme de gauche. Il faut relire tout ce qui s'est écrit à cette époque. Voir: http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Papon
.
En parlant pendant des heures avec ma propriétaire allemande, une femme de 86 ans qui avait été l'épouse du maire de Hambourg, une femme très cultivée, j'ai appris énormément de choses de la vie pratique et de la façon dont les gens voyaient la situation. Dans les années 30, il y avait une terrible crise économique. Des retraités qui avaient économisé toute leur vie pour leur retraite, retirait tout l'argent qu'ils avaient en banque et ne pouvaient que se payer.... un pain!! On transportait l'argent par brouette, tant le Mark avait dévalué.Elle me racontait avoir vu ses voisins chez le boulanger, tenir dans leurs mains toutes leurs économies, ils pleuraient et ne pouvaient plus se payer qu'un seul pain. Le matin, sa fille partait à l'école avec le tram, elle lui donnait l'argent pour le ticket aller-retour. Et souvent, le prix avait augmenté dans la journée, elle ne pouvait plus se payer le ticket pour rentrer et devait rentrer à pied. Elle m'a raconté des exemples terribles, des gens qui n'avaient plus rien, qui se plaçaient dans la rue avec une pancarte autour du cou où on pouvait lire "J'accepte n'importe quel travail"...
.
Je viens de faire un tour sur Wikipedia et suis de nouveau stupéfaite sur la vision française par rapport à celle en vigueur au niveau international.
.
Si vous allez sur la "Grande Dépression" sur la partie française: http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_D%C3%A9pression on vous parle de tout sauf de la cause de la montée du National-socialisme en Allemagne. Par contre, dans les pages en anglais http://en.wikipedia.org/wiki/Great_Depression#Germany et en allemand http://de.wikipedia.org/wiki/Weltwirtschaftskrise , ou même en espagnol : http://es.wikipedia.org/wiki/Gran_Depresi%C3%B3n#Caso_alem.C... on en parle en détail...
.
Peut-être à la lecture de ce simple exemple de traitement "populaire" de l'information, comprendrez-vous dans quel enfermement se trouve la France, au niveau de l'INFORMATION de sa population sur les VRAIS rouages de l'Histoire, ceux qui permettent de comprendre le présent.
.
C'est pourquoi au vu de cette Histoire, il est bien plus facile de comprendre pourquoi l'Allemagne est si opposée à toute remise en cause de la politique de la BCE, à son indépendance. Car c'est pour eux la garantie que cette période inflationniste de leur Histoire ne reviendra plus jamais.
.
Toute tentative des politiques français, de refuser de se remettre en question et d'accuser la BCE ou la politique de celle-ci, est vouée à l'échec. Car celle-ci est marquée à jamais dans la chair de l'Allemagne, elle ne renoncera jamais à permettre à la BCE d'utiliser la "planche à billets" selon le bon vouloir des politiques.
.
Quand je suis arrivée à Hambourg en 1973, le Mark et le Franc étaient à peu près au même niveau. Puis, j'ai vu les gouvernements français dévaluer au fil du temps et le Mark en fin de course valait 3, 35 Francs lors du passage à l'Euro.
.
Toute l'Europe de l'Est avait... le Mark et non le Franc comme monnaie d'échange. Pourquoi ? Non pas parce que l'Europe de l'Est serait le "Hinterland" pour l'Allemagne comme le prétendent bien trop vite les Français, mais tout simplement parce qu'ils savaient que c'était une monnaie fiable qui ne dévaluerait pas - comme le Franc - selon le bon vouloir des politiques qui changeaient au fil du temps...
.
C'est d'ailleurs ce qui explique la fiabilité dont jouissent les produits "made in Germany", la fiabilité sur la durée, la qualité, valeur sûre. Cela vient de la terrible expérience de la crise qui a mené au national-socialisme. Ce que n'a pas vécu la France et qu'elle ne peut comprendre...
.
J'ai eu l'occasion d'étudier les 3 constitutions: Celle de la Vème République, celle de l'Allemagne de l'Est et celle de l'Allemagne actuelle. Sans conteste, celle de l'Allemagne actuelle est la plus équilibrée démocratiquement. Elle a pris en compte toutes les dérives d'une dictature et y a mis un verrou impitoyable. Celle de la France laisse la porte ouverte à un dictateur potentiel, elle est très déséquilibré et peu démocratique.

Merci de votre réponse à ma question, je l'ai lue d'une traite et d'autant plus que j'apprécie vos prises de positions éclairées et éclairantes - vous avez bien choisi votre poétique pseudo.

Merci :-)
Me revient en mémoire une conversation avec une jeune petite-cousine, fille de mon cousin, qui n'a jamais quitté son Sud-Ouest natal. Elle avait alors 17 ans. C'était il y a environ 5 ans.
.
J'étais alors dans le Sud-Ouest et lors d'un repas de famille, nous parlions de tout et de rien et je demande à Emilie quelles langues elle apprend à l'école. Anglais et espagnol. Je lui parle de l'Allemagne et de l'allemand. La réponse fuse: "Je n'aime pas l'Allemagne." Je lui demande si elle connaît le pays. Sa réponse: "Non, mais je n'aime pas." Je lui demande si elle connaît des Allemands. "Non." Après quelques secondes elle se reprend et me dit: "Si, je connais une Allemande, elle est dans ma classe".
-
Je lui demande "Et comment elle est, elle est sympa?"
.
La réponse m'a sciée:
"Oui, elle est très sympa, mais c'est parce qu'elle vit depuis longtemps en France"!!!!
.
Sans commentaire.
.
Cela rejoint la question de N. Sarkozy à des journalistes:
"Vous iriez passer vos vacances en Allemagne, vous ?"
.
A lire sur Le Point: http://www.lepoint.fr/actualites-politique/sarkozy-ce-qu-il-...
.
Instructif...

ça c'est sûr! cela n'arriverait jamais en Allemagne!
;o)
(vous croyez vraiment ce que vous écrivez? ou c'est pour rire?)

Tiens, voilà longtemps que vous ne me suiviez plus...
.
Vous me rappelez la petite-cousine du Sud-Ouest :-)

pas de ma faute, vous êtes partout à "fusiller" du français ;o)
(même dans votre famille! c'est pas cool)

Je constate juste... et relate... rien d'autre. Du pur travail d'information... Chacun en fait ce qu'il en veut :-)))

Pas d'accord avec le "Du pur travail d'information". Mais totalement d'accord avec "Chacun en fait ce qu'il en veut ". Sans le vouloir, vous venez de poser la différence entre "information", "opinion" et "manipulation".
Merci à vous !

Etoile66,
Je lis vos commentaires régulièrement mais je ne les considère pas comme du "pur" travail d'information pour au moins deux raisons :
* il n'y a pas de "pur" travail d'information qui existe ni de "simples constatations" qui soient possibles sans que la subjectivité y soit engagée - cessons donc de croire à de pareilles balivernes, les infos sans subjectivité, voulez-vous ? - la subjectivité est toujours engagée, y compris dans la soi-disant simple description des "faits"
* vos commentaires sont connotés de partis-pris assez clairs - commentaires "éclairants" ai-je dit ailleurs - et, à ce titre, ils permettent effectivement à tout un chacun de tenter d'en "faire ce qu'il veut" d'autant mieux que d'autres y adjoignent leurs éclairages...

Heureusement que j'ai une opinon :-) et je me permets de l'exprimer en citant des faits, des chiffres, donne des liens.
Chacun en fait ce qu'il souhaite et les réponses sont toujours les bienvenues.
Car sur certains sujets, il existe un profond déficit d'information, par exemple sur l'amiante, le nucléaire, etc... il y a des sujets absolument occultés en France et c'est fort dommage.

Le formatage par la télévision...
Je ne résiste pas à mettre ici ce petit montage video sur lequel je viens de tomber - d'accord, ce n'est pas neuf mais :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/Sarkozy/video/x1...

Merci Joha1008
pour le sourire (un peu jaune quand même) mais aussi pour la teneur même des ces multiples exemples tous plus graves les uns que les autres et sur des critères divers et variés.
Ainsi on va du "foutage de gueule" franc et massif d'un ouvrier qui semblait lui avoir posé une question directe pendant une visite de chantier,
à l'exemple classique de ce que Etoile66 dénonce avec JPYLG, à savoir le maintien des Français dans une ignorance totale, coupés du monde, les perceptions étroitement circoncises au périmètre restreint du territoire national.
Ainsi, l'exemple des soi-disant 14 Ministères de l'Immigration, comme quoi la France serait le seul pays européen à ne pas en avoir.
Tout-à-fait le genre de gros bluff que le télespectateur français gobe sans broncher, jour après jour depuis avant même la Deuxième Guerre Mondiale ou devrais-je dire depuis Clovis,
car renseignement pris,
ce n'est pas "tout le monde sauf nous" qui a un Ministère de l'Immigration, mais seulement 6 pays de l'UE, et un seul (celui de la Grande Bretagne) qui possèderait des attributions comparables.


Entre parenthèses, je ne discute même pas ici le bien fondé d'un tel ministère, mais la méthode pour faire passer l'idée, qui est de mentir en s'appuyant sur l'ignorance des Français et sur leur total désintérêt pour ce qui se passe hors de leur petit monde clos.

Axel, tu as entièrement raison et c'est pour moi un soulagement de voir que d'autres qui vivent la même chose, ressentent pareil. Je me suis toujours demandé combien de temps les Français allaient supporter cet enfermement.
.
Mais le problème, c'est qu'ils ne s'en aperçoivent même pas. Cette vidéo en dit long... aussi sur le "travail" des journalistes dont la principale activité et de "broder" autour des dépêches de l'AFP qui obtient son financement de l'Etat...
.
On ne les a jamais formés comme CITOYENS. On en a fait des "savants", des "travailleurs" ou des "consommateurs", des "téléspectateurs", des "usagers", des "électeurs", ah pardon, j'allais oublier les "contribuables"...mais pas des CITOYENS, co-responsables de leur pays. Surtout pas. Il faut laisser cela aux "élus"...
.
Et on peut leur raconter n'importe quoi - aucun désir d'avoir de VRAIES informations, de fouiller, d'aller voir les responsables et de demander des comptes, aucune réaction de protestation efficace...
.
Les 2 ans que j'ai passés en Ile-de-France de 2000 à 2002 m'ont estomaquée devant tant de passivité !

coucou Etoile666
quelques un(e)s ont du respirer après votre départ!
autant d'arrogance, c'est limite un don!

@ Etoile 66

Comment progresser, ensemble, dans l'analyse, aussi bien historique qu'actuelle de tous les formatages et conditionnement ?

"J'ai comparé et ai été stupéfaite de la manipulation à laquelle sont soumis les peuples, chacun voulant se présenter sous le "meilleur" jour."

Je ne dirai pas les peuples, je dirai les foules. Tout le peuple n'y est pas.
Vos idées et exemples m'intéressent beaucoup. Cependant parfois, à mon avis, vous généralisez un peu :
"on peut leur raconter n'importe quoi"
"aucun désir d'avoir des vraies informations"

Déjà, si nous pouvions être assez à l'aise pour reconnaître la subjectivité des informations ce serait un grand progrès à mon avis...

Je suis d'accord, plusieurs discours récents valent la peine d'être réécoutés, et même certains sans le son, pour être encore plus attentifs aux mimiques. Comme à vous, ils me "tordent les tripes" et je ressens un peu de nausée parfois...

Bonjour à tous,

Je me régale en vous lisant. C'est un sujet inépuisable.

M'est soudainement venu à l'esprit que 'l'opinion publique' est une notion aussi insaisissable que celle de la 'communauté internationale' dont on nous gave ces dernières années pour justifier son action politique ou exprimer son désaccord.

S'agit-il de surenchère verbale ?

Bien amicalement,

Bonjour Candide4

Je partage la "surenchère verbale" comme vous dites.
parfois je voudrais faire la liste des mots "creux", usés, répétés à l'envie : communauté internationale en fait partie je le crois, tout comme "nos valeurs" "idéal olympique" "au milieu de nulle part" "plus jamais ça""

Quelles définitions ? Quel sens ?

Merci Jana,

D'où l'importance, avant d'engager une discussion, de nous entendre sur une définition du terme. Mais est-ce utile ? Ou sommes-nous tout simplement enfermés dans le format de la question telle que posée ?

Tentative de définition :

L'opinion publique, c'est la perception que ce font les médias de ce que pense la majorité des gens après sondage d'un échantillon représentatif.

Assez bien décrit :-)

Les anglophones utilisent "main stream"... comme le courant qui emporte ... pour résister ou même nager contre, c'est très très difficile et demande beaucoup de lucidité et de recherche de l'information. Celle qui nous est livrée est justement ce "courant" qui emporte la pensée.

C'est bien dire que l'opinion publique ne peux pas être formatée: parce que l'opinion publique n'existe pas. C'est une fabrication des médias et des instituts de sondage. Les échantillons ne représentent qu'eux même. Si la mesure de l'opinion était fiable, le résultat des élections serait connu à l'avance. L'opinion publique, comme le public sont des notions utilisées par les médias ou les hommes politiques pour imposer des points de vue minoritaire (au sens démocratique du terme - si on faisait une votation comme en Suisse, ces points de vue de "puissants" ne passeraient pas) . La manipulation des informations, le storytelling, etc... existent évidemment, comme le point de vue des vainqueurs s'impose sur ma manière de raconter l'histoire. Il n'y a que des "vérités" travaillées, imposées. Un fait scientifique avérée n'est valable que pour le moment où il est énoncé, jusqu'à ce que quelqu'un vienne démontrer le contraire... Si la vérité scientifique est toute relative, c'est dire que l'information, l'éducation, etc... proviennent toujours des conditions de leur productions... Il me semble que se battre pour la liberté de la presse, et son indépendance vis à vis du pouvoir et des pouvoirs financiers est une nécessité, mais ce n'est pas suffisant. Pol

Quelques questions en l'air... parce que peut-être qu'il n'y a que les questions qui peuvent prétendre répondre...
*
Et si l'opinion publique n'existait pas ? Si ce n'était qu'un concept ? Si le mot même, (comme "communauté", "diaspora", "population locale", etc.) n'était qu'une formule réductrice pour rassembler des tas d'avis et de sensibilités disparates ? Si l'"opinion publique" n'était qu'une invention pour faire marcher les instituts de sondage ? Ou pire encore un outil pour manipuler LES opinionS ?
*
Mais aussi, envie de dire à certains (dont à Etoile66 avec son histoire d'amiante et à Serge Brière et quelques autres avec leur immédiate mise en cause des JOURNALISTES), qu'il ne faut pas confondre INFORMATION et OPINION. Les journalistes informent (en tout cas ils sont là pour ça) et quant à nous, nous nous FORGEONS une opinion...
Quant à l'amiante, ce ne sont pas les journalistes qui ont fait de la désinformation, ce sont les lobbies pro-amiante. Idem Tchernobyl: c'était les politiques qui à la base ont fait de la rétention d'information....
*
Quant à la "passivité rencontrée en Ile-de-France", j'en reste coite ! Les Allemands (contre lesquels je n'ai absolument rien aujourd'hui, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit) n'ont-ils pas été passifs dans les années 30 en laissant monter le nazisme ? Et la Commune de Paris n'était-elle qu'un éclatement de passivité ?
De telles affirmations, et prononcées de façon si péremptoire, madame Etoile, me laissent proprement scotchée au plafond. Les Parisiens sont passifs, les Anglais snobs, les Noirs ont le rythme dans la peau, les Corses sont fainéants, les Ecossais radins, les Suisses lents, les Allemands disciplinés, les Italiens voleurs, etc ? C'est bien ça ?

Grain de sel, vous écrivez :
.
"Les Parisiens sont passifs, les Anglais snobs, les Noirs ont le rythme dans la peau, les Corses sont fainéants, les Ecossais radins, les Suisses lents, les Allemands disciplinés, les Italiens voleurs, etc ? C'est bien ça ?"
.
Tout cela c'est l'expression de l'opinion publique (on dit parfois le bon sens populaire). Où cette opinion existe et elle vous met mal à l'aise dans la position que vous nous décrivez au plafond, ou bien cette opinion est fausse et alors vous ête le seul à avoir raison, ou du moins le deuxième.
.
Vous avez mis votre grain de sel et moi j'ai juste voulu jouer au vilain petit canard.

Bonsoir Gaebus. Ce ne sont pas des opinions ni publiques ni rien, ce sont juste des clichés !!!! Et le grand danger, c'est justement de nous faire croire que c'est "l'opinion publique" qui pense cela.
Vous savez, cet après-midi j'étais à la plage (oui, je sais, c'est la saison) et je regardais le sable. Et pensant à ce débat, initié par notre (cher) jpylg (dont le seul défaut est d'avoir trop de consonnes dans son pseudo), je me suis demandé: et finalement, est-ce que le sable existe ? Ou ne sont-ce (!!! phonétiquement, ça me choque aussi, je vous rassure) que des multitudes de grains que l'on appelle "sable" parce que cela nous arrange bien ?

Bonsoir Gaebus. Ce ne sont pas des opinions ni publiques ni rien, ce sont juste des clichés !!!! Et le grand danger, c'est justement de nous faire croire que c'est "l'opinion publique" qui pense cela. Et le "bon sens populaire" n'a rien à voir avec ça. d'ailleurs, vous le connaissez, vous, le bon sens populaire ? Il est vraiemnt si raciste que ça ?
Vous savez, cet après-midi j'étais à la plage (oui, je sais, c'est la saison) et je regardais le sable. Et pensant à ce débat, initié par notre (cher) jpylg (dont le seul défaut est d'avoir trop de consonnes dans son pseudo), je me suis demandé: et finalement, est-ce que le sable existe ? Ou ne sont-ce (!!! phonétiquement, ça me choque aussi, je vous rassure) que des multitudes de grains que l'on appelle "sable" parce que cela nous arrange bien ?

Moi je n'en démord pas, je crois qu'il y a plus de bons sens et de réalisme dans l'opinion publique que dans tous les "canards" que l'on voudrait nous faire lire impérativement pour mieux comprendre notre propre vie.
A vous lire j'ai l'impression que vous confondez clichés et bon sens populaire. Certes il est des clichés, mais lorsque c'est clichés sont repris par le plus grand nombre alors ils deviennent des faits acceptés par ceux qui s'estime être comme la plupart des gens. Lorsque on veut faire partie d'une exception, alors on parle de cliché et on n'accepte pas que cela puisse faire partie de l'opinion publique.
.
Je ne comprend pas votre dernière phrase, mais je sais qu'une plage est faite de sable et qu'elle est le résultat d'un nombre fini de grains de sable. Tous les grains de sable peuvent être identique, contrairement aux individus qui depuis la nuit des temps sont différents et uniques, mais obligés de vivre en communauté ils expriment alors des points de convergence et c'est ce que je réaffirme en disant qu'il y a un bon sens populaire.

Ce dont vous faite une caricature pour les besoins de votre cause, sont pour moi des réputations et avis issus
de caractéristiques plus souvent avérées que la moyenne générale et donc exprimées de fait par l'opinion publique.

Cher Gabeus vous vous trompez! Tous les grains de sable sont différents. Il y en a même qui font chanter les dunes mais seulement dans certaines conditions.
Pol

Je vous rassure, Gaebus, je n'ai en la matière aucune cause à défendre. Et je ne voulais d'aucune façon caricaturer quoique ce soit. Le sable, c'était juste une pensée qui m'est venue comme ça en flemmassant sur la plage: comment de multiples choses peuvent parvenir à faire un tout. Rien de plus. Et vous voyez, tout en faisant vous et moi partie de l'"opinion publique" si elle existe, nous pouvons parfaitement être d'un avis différent. Et pour autant, continuer à nous respecter mutuellement ... Ce sont juste des réflexions que nous échangeons. Rien de plus ! Cordialement @ vous...

D'ailleurs, ce que je voulais exprimer, c'était simplement en réaction à Etoile66 qui disait que "en Ile-de-france, on était passif". Et je posais la comparaison avec tous ces a-priori (souvent aux relents racistes indéniables) cités plus haut. Et finalement, à vous relire, je n'en reviens pas que vous trouviez que cela émane du "bon sens populaire"... et repose donc sur une part de vérité !
Donc à vos yeux, Etoile a raison et en Ile-de-France, on est bien des vrais boeufs, c'est ça ? Comme vous pensez que les Corses ont une tendance à avoir un poil dans la main et les Italiens à chaparder ?
Vous n'allez pas me faire croire que vous êtes un si vilain petit canard que ça !
Signé une Parisienne pas passive, blanche mais qui a le rythme dans la peau, très flemmarde mais pas corse...et un peu indignée par ce genre de clichés...

J'arrive un peu tard pour mettre mon grain de sel... Je n'avais pas vu votre paragraphe sur l'inexistence de l'opinion publique, je suis d'accord avec vous donc...
Par contre, je ne crois pas du tout à une "information" objective, de plus je ne la souhaite pas. Je suis donc en désaccord avec vous. Edwy Plenel donne son opinion à chaque "papier" et il étaye son raisonnement en indiquant des sources, des faits, des textes. Chaque journaliste devrait avoir cette façon de travailler. Avant être un journaliste d'opinion, n'était pas une insulte... Aujourd'hui le débat est si pauvre... que le journalisme se résume à être "neutre". Je me souviens d'un "sujet" à TF1 (avant le 11 septembre 2001) qui racontait pour l'anniversaire du coup d'état au Chili une "histoire" où toutes positions se valaient et que la journaliste renvoyaient dos à dos Unité populaire et Junte militaire... Une espèce d'objectivité qui est simplement une falsification de l'histoire... un peu comme L'émission sur Marie-Antoinette sur France 2 l'autre soir n'était rien d'autre qu'un programme anti-républicaint.
Enfin je suis d'accord avec vous, il faudrait cesser d'avoir une discussion digne du "café du commerce" sur l'arrivée du Nazisme au pouvoir en Allemagne. C'est petit bout par petit bout que les libertés ont été arrachés et en lisant Victor Klemperer ont s'en rencontre assez bien. Sans vouloir faire de fausses corrélations la "novlangue" libérale d'aujourd'hui n'est pas mal du tout, et les libertés fondent aujourd'hui aussi comme les glaciers sont détruit par le dérèglement climatique.

l'émission sur Marie Antointte, jamais vu ça à la télé française : un massacre à la tronçonneuse avec force plans coupés, fondus au noir en 5/7 immondes, mouvements de caméras hystériques, incroyable, scandaleux. J'étais sciée, c'est le cas de le dire.

Excusez-moi, POL, je n'avais pas vu votre message. Vous avez peut-être raison, je reste peut-être un peu idéaliste et candide sur ce qui concerne l'objectivité journalistique ou ce qu'elle devrait être. Mais je pense que c'est important qu'elle soit le but recherché et libre après aux lecteurs de se forger LEUR opinion. En ce qui concerne l'exemple d'Edwy Plenel, vous prenez à mon avis un contre-exemple, car ce dont vous parlez (les papiers où il donne SON opinion) ne sont pas des articles à proprement parler d'information mais des ANALYSES, des COMMENTAIRES ou des PARTIS-PRIS. Des sources, des faits, des textes, des références, des mises en perspective, oui, cela permet d'élargir l'angle et de compléter l'information, mais donner son opinion, c'est dans un autre type d'exercice journalistique: l'éditorial, le commentaire, ou, comme vous le dites, le journalisme d'opinion. Mais à mes yeux, c'est AUTRE CHOSE...
Enfin, c'est mon opinion !
Cordialement
GdS

Bonjour grain de sel, Étoile66 et à tous.

L'opinion publique, me semble-t-il, est aussi un cerveau malléable dont la pensée est conditionnée par l'information qui lui est livrée sans discernement.

En démocratie, comment peut-on garantir la qualité de l'information ? Une partie de la réponse se trouve dans le droit d'accès à l'information. La France et le Canada, comme une quarantaine d'autres pays, se sont donné une loi d'accès à l'information en vertu de laquelle tout citoyen a le droit d'obtenir des réponses exactes aux questions qu'il pose à son gouvernement. (Freedom of Information Act dans les pays anglo-saxons)

Il reste que personne ne peut tout savoir ni tout vérifier, d'où l'utilité démocratique des groupes d'intérêt dont l'action sur tous les terrains permet au cerveau malléable d'y voir un peu plus clair en exerçant son esprit critique.

'' Bien au-delà des seules stratégies d'influence sur lesquelles on tend à les replier, ils sont devenus socialement structurants; leurs oppositions tendent à prendre le pas sur celles, classiques, entre employeurs et syndicats, et ils s'imposent de plus en plus comme producteurs de normes. L'analyse de leur fonctionnement est de ce fait devenue une clé majeure de compréhension, c'est du moins l'hypothèse des auteurs, du rôle de l'État et des conditions de l'exercice du pouvoir aujourd'hui.'' [ Les groupes d'intérêt - action collective et stratégies de représentation, Emiliano Grossman, Sabine Saurugger, 13 avril 2006]

.
Une intéressante interview au sujet d'Edward Bernays, neveu de sigmund Freud et précurseur de "The manufacturin consent,la fabrication du consentement, traduit également en Français "La fabrique de l'opinion publique" (C'est aussi le titre d'un livre de Noam Chomsky)
.
http://www.vigile.net/Edward-Bernays-neveu-de-Freud-et
.
:o)

Merci dacor, excellent !

Eh oui, les livres de psychanalyse appartenant au domaine public, tout le monde peut tenter de se servir de ce qui y est écrit !
.
Il y eut aussi Ernst Dichter - quel nom ! - un viennois qui élabora une théorie de la publicité qu’il a appelé "Strategy of desire", "une manipulation de ce qu’il avait attrapé de la psychanalyse" disait J.-A. Miller en 2007 : "On arrive à vous faire acheter, dit J.-A. Miller, ce dont vous n’avez pas besoin."
.
En 2007, à lire la presse, je n’avais pas découvert Ernst Dichter mais Edward Bernays, le neveu de Freud, qui « signa un volume mince et incisif qu’un regard trop pressé qualifierait de cynique » - critique parue dans Le Monde des Livres du 26 octobre 2007.
Trop pressée, je le fus un instant, le temps de comprendre, à la lecture attentive, que "Propaganda", le livre de Bernays publié en 1928, - qui inventa les termes de « gouvernement invisible » et de « relations publiques » - est effectivement un document politique incontournable ainsi que le nomme Normand Baillargeon (1) qui a préfacé (2) la réédition de Propaganda aux Editions Zones (3).
N’hésitant jamais à se recommander de Freud dont il avait acquis un moment la confiance, Bernays pesa d’un certain poids dans la politique et la culture américaine qui avaient rencontré sa faveur. Freud mit cependant un terme à sa confiance d’un sec « je n’aime pas l’Amérique ». Quant à Bernays, presque centenaire, il exprima ses regrets : il avait espéré établir un code moral des public relation, lequel code ne vit jamais le jour. Le drame de Bernays est, qu'à ma connaissance, les nazis se sont servis de son livre pour leur propagande !
.
(1) Auteur canadien du « Petit cours d’autodéfense intellectuelle » qui a préfacé la réédition du livre de Bernays aux Editions Zones.
(2) http://www.editions-zones.fr/spip.php?article32&var_recherch...
(3) On peut lire "Propaganda" en ligne ici : http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_ar...
ou le commander en librairie si l'on veut soutenir les excellents éditions Zones qui ont aussi édité Mona Chollet.

L'opinion à laquelle personne d'entre nous n'échappe à toujours été formaté ne serait que par le contexte dans lequel l'information est transmise. C'est humain, on réagit toujours à ce qui nous touche. Nous sommes toujours en quete d'une vérité absolue alors qu'il n'existe que des vérités relatives.
.
Pour autant, j'ai encore le souvenir de l'époque ou il y avait un "ministre de l'information", ou la télé devait être la "voix de la france" et ou l'opposition n'avait pas droit de cité. Cette époque est fort heureusement révolue sous cette manière là même si le controle de groupes de presse par des empires industriels liés au pouvoir font augurer d'un retour larvé à cette période.
.
Malgré tout, nous sommes passés directement et sans préalable à la surinformation. La ou un journaliste digne de ce nom recoupait trois fois ses sources avant de publier, le règne du "tout image" et de l'info en robinet continu conjugué avec la course à l'échalote qui fait que chaque média veut avoir la primeur de l'info conduit désormais à ce qu'il n'y ait plus le recul nécessaire à l'analyse.
.
Nous sommes passés d'un formatage ou l'on ne donnait à voir que ce que l'on voulait, à un autre formatage ou nous sommes noyés sans discernement sous des flots d'information à tel point que si l'on sait minute par minute ce qui se passe en Georgie, nous serions incapable de savoir ce qui se passe à proximité de chez nous.
.
Sur le point de vue de l'information nous y avons gagné c'est certain. Maintenant pour échapper autant que faire se peu à un formatage des idées, c'est à nous, citoyens, de nous prendre en charge, de recouper nos sources d'informations, de multiplier les analyses, et nous forger notre opinion.
.
Il est dommage qu'il n'y ait pas dans les programmes scolaires une éducation à l'information

L'école et la télé
Quand ma fille était en âge d'école primaire, elle a eu droit à des séances d'apprentissages media. Il y avait 3 sessions classées par âges - les 5-7, les 8-9 et les 10-12 ans.
En compagnie de professionnels de l'audio-visuel, les enfants faisaient de petits montages où eux-mêmes introduisaient du faux - le groupe des 5-7 avaient ainsi filmé de jeunes enfants donnant un concert de jazz "pour du faux". Montages de dessins animés, etc, ces stages leur ont permis de comprendre que derrière les images, il y avait des humains qui composaient ces images.
Inutile de vous dire que ce type de programme n'était pas organisé par le ministère et que ce fut l'initiative conjointe des parents et des enseignants d'une école communale dite de pédagogie active.
Ainsi, cher Serval, quand il est dommage que les programmes ne prévoient pas certaines choses, retrousser ses manches n'est parfois pas inutile... non ?

http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2004-01...
.
Michel Collon :
"L’information n’est pas un cadeau mais un combat".

"L’information n’est pas un cadeau mais un combat".
Là, voyez-vous, nous sommes totalement sur la même ligne :-)))

.
Je n'ai pas l'intention de laisser tomber ce fil. Beaucoup de choses intéressantes y ont été dites après mon décrochage estival, sur lesquelles j'ai l'intention de revenir.
.
Par conséquent, dès que le nombre des commentaires aura dépassé une centaine, ce qui rend le fil difficilement manipulable, j'en créerai un nouveau, avec le même titre.
.
Dans les choses intéressantes, je voudrais revenir, entre autres, sur une question de grain de sel : l'opinion publique existe-t-elle? Grain de sel posait cette question le 11 août... Le fil avait été ouvert le 3 août, il comptait déjà plusieurs dizaines de commentaires. Serait-ce que ces commentaires portaient sur quelque chose n'existant pas ? ou bien que nous commentions une chose dont nous ne savons pas exactement ce qu'elle est ? Je tenterai plus tard une définition.
.
L'adresse du site animé par Michel Collon que nous a signalé Joha1008 me semble aussi de la plus grande importance: d'ailleurs, je donne ci-dessous quelques extraits de la prose que j'y ai trouvée. Le problème est excellement présenté. Je ne ferai qu'une seule critique: c'est que l'auteur, Michel Collon, semble se focaliser sur l'information fausse qui nous est servie à propos des guerres et comme il rend responsables, en dernière analyse, les marchands d'armes, on a l'impression que l'explication consiste à dire que la fausse information n'a qu'un seul but: faire vendre des armes.
.
C'est certainement vrai, mais ce n'est pas le mot de la fin. Je pense, pour ma part, que la fausse information est omniprésente dans les affaires les plus ordinaires, dans la vie quotidienne, et tout spécialement dans l'information politique. Elle n'a pas pour premier but, à mon avis, de faire vendre, pas plus des armes que des produits de lessive, ou des vacances, ou des appartements, ou des voitures.
.
La fausse information n'a pas pour but de pousser à la guerre. J'ai grand peur que la fausse information soit nécessaire pour que nous puissions vivre ensemble. C'est la vraie information qui nous pousse à la guerre entre nous. Je pense que la vérité est déstructurante. C'est grâce au mensonge que, les uns et les autres, nous nous supportons.
.
C'est peut-être un peu complexe ? J'y reviendrai.
.
A très, très bientôt.
.
jean-paul yves le goff
http://www.lelivrelibre.net

Extrait des réflexions de Michel Collon, auteur de différents ouvrages que l'on peut trouver sur son site :
.
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2004-01...
.
Le droit à l’information : un combat
Michel Collon
 Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer
 
Que vaut notre information ? Sommes-nous manipulés, à chaque grand conflit, par une propagande de guerre ? Comment repérer ces médiamensonges ? Qui censure et en fonction de quels intérêts ou de quels préjugés ? Qui est au pouvoir dans les médias ? La vérité peut-elle sortir de la bouche des médias ? Avons-nous, en tant que « citoyens », notre mot à dire sur l’info ?
 
Pourtant, certains médias feront remarquer qu’ils ont mis en place des «médiateurs» chargés de répondre aux inquiétudes des citoyens sur la fiabilité de l’info. Seul problème: ces médiateurs sont désignés, et donc payés, par ces mêmes médias qu’ils sont censés contrôler. Comme si le contrôle anti-doping était effectué par les sportifs eux-mêmes.
(...)
En réalité, Schneidermann - tout comme les pseudo-médiateurs ou certains pseudo «observatoires» des médias - remplit une fonction bien précise: servir de coupe – feu. On brûle un peu d’herbe pour empêcher un plus grand incendie. On critique les médias sur des points secondaires pour empêcher que le système médiatique lui-même soit contesté.
        En effet, ce que le peuple ne peut entendre, c’est la question décisive sur les médias : «au service de qui?». Le paysage médiatique est de plus en plus dominé, voire monopolisé, par quelques grands empires de presse aux mains de quelques milliardaires qui informent évidemment selon leurs intérêts : (...). La plupart des journaux français sont aux mains des deux principaux fournisseurs de l’armée française : Dassault et Lagardère. Le second contrôlant aussi la majorité des éditeurs et mêmes des manuels scolaires!
        Et quand l’audiovisuel n’est pas privatisé, il est privatisé quand même via la domination des budgets publicitaires, c’est-à-dire des multinationales. Ou via les pressions de responsables politiques qui dépendent eux-mêmes de mille manières des mêmes multinationales. Ajoutez le phénomène de l’idéologie dominante qui amène les journalistes à reproduire, consciemment ou non, les «valeurs» de la société. C’est-à-dire celles des forces économiques dominantes. Quelle information indépendante ce système pourrait-il nous apporter ?
(...)
L’impossible vérité : une question de système

L’explication de tant de médiamensonges, et surtout de leurs répétitions en dépit des avertissements, l’explication n’est pas : «Tous les journalistes sont pourris». Beaucoup souffrent de cette (auto-) censure et vous le diront. «Off» bien sûr.
        L’explication est : «Ce ne sont pas les journalistes qui dirigent l’info, mais les intérêts dominants». Le système médiatique dans lequel nous vivons est le système de l’impossible vérité. La désinformation n’est pas un accident, mais fondamentale : comment pourrait-on dire aux spectateurs qu’on fait la guerre contre eux ?
(...)
Dans cette bataille - car l’information n’est pas un cadeau mais un combat - dans cette bataille, il nous semble nécessaire de développer d’urgence l’analyse critique de la propagande de guerre et des intérêts cachés. En premier lieu dans les écoles. L’éducation aux médias devrait faire partie des cours de base. Mais pas sous forme de complaisante autopublicité des quotidiens dans les écoles. Sous une forme réellement contradictoire et analytique.
        Il ne suffit pas de dire, après les médiamensonges de chaque conflit : «Plus jamais ça!». Il faut chercher sans cesse à comprendre les véritables enjeux économiques et stratégiques de chaque guerre. Démasquer les acteurs qui tirent les fils en coulisses. Nous organiser collectivement au plus vite. Et diffuser le plus largement possible les résultats des test-médias à élaborer ensemble.
        Le droit à l’information se conquiert.

.
Plus tôt dans la matinée, j'ai mis un commentaire sur le fil de Vincent Truffy intitulé "Vincent Peillon / Philippe Reynaud: faut-il brûler François Furet? (Nouvel Observateur)"
.
Je n'ai pas encore lu le livre, mais deux interviews de l'auteur. Je crois que la critique que j'aurais tendance à formuler, c'est que Vincent Peillon se garde bien d'expliquer le rôle essentiel de l'histoire dans le formatage de l'opinion.
.
Pour cause.
.
jpylg

En ce qui concerne le formatage de "l'opinion", un débat assez poignant - sur la fin - a eu lieu entre Daniel Schneidermann (Arrêt sur images) et Laurent Mauduit (mediapart) auquel ont participé avec leurs tripes Patrick Roger du Monde et Corinne Lepage en tant que juriste.
Le voici:
http://www.mediapart.fr/club/blog/laurent-mauduit/090908/deb...

.
Merci de me signaler ce lien.
.
J'ai écouté la fin, mais je n'ai pas été spécialement emballé. Je préfère vos billets.
.
jpylg

Passionnant cette histoire de STORYTELLING ! Merci à jpylg qui m'a permis de découvrir ce livre, quelque chose qui n'est pas nouveau mais qui nous entraîne facilement sur ce chemin du formatage et de la manipulation! A lire par tous ceux qui veulent garder de la distance, ne pas se laisser embarquer!
Nous sommes sans doute toujours "quelque part" des enfants, aimons les histoires!
Quelle efficacité dans son usage par Obama avec cette histoire de cette centenaire faisant la queue durant des heures pour voter: storytelling!
Et le fameux Sam le plombier: storytelling, toujours!
J'encourage Nicolas à aller plus loin, il peut faire mieux en ce domaine!
Et je ne doute pas que Ségolène va aussi, très bientôt, nous raconter "des histoires" comme nous adorons tous en entendre! Tu as raison, jpylg, nous sommes mûrs pour y succomber!
Attention la démocratie, danger!

Sans parler du gouvernement qui fait gober à tous les journalistes que la France ne serait pas en récession et aurait réalisé 0,1 % de croissance... Cette info est passée en boucle toute la journée...
 
Quand on sait comment les "politiques" manipulent les statistiques pour leur faire dire ce qu'ils souhaitent...
 
Et personne ne proteste.
 
C'est comme avec Tchernobyl, la France est toujours une exception. Il n'y a que les naïfs de Français pour le croire.

Sarkozy a construit un mur autour de nos frontières pour arrêter les fuites récessives.

.
Sans formatage, l'opinion ne se reconnaîtrait pas. Elle ferait une crise existentielle; elle ne saurait pas ce qu'elle est. L'opinion ne serait plus qu' angoisse, c'est-à-dire, peur non identifiée. L'opinion veut qu'on la rassure. L'opinion veut être formatée.
.
jpylg
.
Pour la forme, oserais-je signaler que, quand un fil dépasse la centaine de commentaires, je le trouve difficilement manipulable; raison pour laquelle j'ai ouvert un autre fil qui a le même titre suivi du chiffre (2); d'ailleurs, il compte déjà 82 messages, c'est-à-dire que je passerai sans doute à (3), car les commentaires tels que ceux de Fantie B, Etoile66 et M Philips pour aujourd'hui, me sont très précieux , m'ouvrent d'autres perspectives pour tout dire et je ferai peut-être un jour une synthèse. Merci à tous.

J'ai l'impression de comprendre petit à petit (par accoutumance) ce que vosu voulez dire par formatage, et qui chez moi porte un autre nom (que je ne retrouve pas..) . Alors, d'accord pour une synthèse.
Je n'avais d'ailleurs pas bien vu si j'étais sur le (2) ou le (1), mais je suivrai sur le (3)...

.
Vous êtes toujours la bienvenue où vous allez.
.
Cela dit, l'autre nom m'intéresse beaucoup. (A priori, les mots auxquels on pense tout de suite sont "normalisation". (ou standardisation, ou conditionnement, etc). J'ai justement choisi "formatage" parce que ça choque.
.
jpylg