Le jeu de la mort : Christophe Hondelatte a-t-il encore « pété les plombs » ?

 

Une émission douteuse sera diffusée ce soir sur France 2 sur le pouvoir que détient la télévision. L’enjeu, des personnes, dont certains sont apparemment incapables de dire « non », vont en effet obéir, visiblement sans la moindre contrainte, à des ordres pour électrocuter d’autres personnes.

Ecrit et produit par Christophe Nick, le documentariste peut-être le plus naïf de sa génération, à qui l’on doit entre autre Chroniques de la violence ordinaire, Résistance ou encore Mise à mort du travail, ce programme reproduit l’expérience scientifique de Stanley Milgram. Tout se déroule comme dans un véritable jeu télé. Un décor, une animatrice, et des candidats, qui ne sont au courant de rien, et découvrent les règles de ce nouveau programme faussement baptisé La zone Xtrême. Les règles sont simples : envoyer des décharges électriques de plus en plus fortes (jusqu’à la mort) à un autre candidat, comédien celui-ci. Christophe Nick cherche ainsi à vérifier si des anonymes acceptent de se soumettre à des règles inhumaines sous l’influence d’une animatrice et de caméras. Le résultat est sans appel : 80% d’entre eux obéissent. C’est encore plus que les chiffres récoltés par Milgram dans les années 70.

Le but de cette expérience n’est certainement pas d’accabler les participants devenus bourreaux, mais de réfléchir soi disant au pouvoir que détient la télévision. Le jeu de la mort sera suivi à 22h05 d’un débat intitulé Jusqu’où va la télé.

Stanley Milgram était un chercheur en psychologie qui se posait la question du pouvoir d’autorité que pouvait exercer un scientifique sur un individu lambda. Les règles étaient les mêmes que pour Le jeu de la mort, mais dans un autre contexte. Des personnes volontaires étaient recrutées pour participer à une expérience sans en connaître les différents facteurs. On leur faisait croire par un tirage au sort bidonné qu’ils auraient le rôle du questionneur et leur voisin (un complice) celui du candidat. Ce dernier devait alors mémoriser une liste de mots associés. Quand le questionneur demande un mot, le comédien, enfermé dans une cabine, doit lui répondre le mot associé. S’il se trompe (ce qu’il fait, puisque c’est un complice), le questionneur a l’ordre de lui envoyer une décharge électrique. Plus il se trompe, plus les décharges s’intensifient, passant de 15 à 450 volts. Le questionneur sait que les doses puissantes sont mortelles, il entend les suppliques du comédien, mais pourtant, dans 62,5% des cas, il va jusqu’au bout, encouragé par le scientifique. En avait découlé un film, en 1979, avec Yves Montand : I Comme Icare.

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Qui peut croire au sérieux d’une telle émission ? Quel téléspectateur ou participant croit que Christophe Hondelatte, France 2, Philomag et une charmante animatrice réunis sur le plateau d’une chaine publique se soient mis d’accord pour exécuter quelqu’un à travers un jeu, aussi débile soit-il ? L’expérience n’est pas plus convaincante que cette pauvre femme qu'on coupe en deux le samedi soir dans l'émission de Patrick Sébastien.

 

Une chose que démontre cette expérience, c’est que les téléspectateurs croient de moins en moins au sérieux de la télé et des présentateurs. Gagner cent mille euros avec la complicité de France 2 et d’Hondelatte, rien qu’en actionnant un levier, je suis preneur. Car je saurais que c’est faux, que quelqu’un, quelque part, me ment. Et je ne chercherais même pas à savoir qui, ni sur quoi on me ment.

 

Cette émission démontre aussi autre chose, que les téléspectateurs, aujourd’hui, sont beaucoup moins idiots que les présentateurs, si on prend comme exemple Christophe Hondelatte, lequel, comme chacun sait, raffole de près ou de loin à tout ce qui touche au morbide.

 

C'est Milgram et Nick, les véritables pervers, qu'il faut montrer du doigt. Et non les téléspectateurs. 

 

Quant à ceux qui, hélas, ont cru à une telle mise en scène, souhaitons-leur que le message ne se limitera pas à l’impact de la télévision, mais ira plus loin, pour leur expliquer que des brimades, des génocides, des holocaustes sont commis parce que ni les victimes ni les bourreaux n’osent se rebeller contre les ordres.

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Mais une rébellion s’est produite durant l’enregistrement de l’émission. Je vous livre le témoignage brut d’Alexandre Lacroix, romancier et rédacteur en chef de Philosophie Magazine :

« Le débat de la mort » :

Lors de l’enregistrement de ce débat faisant suite à l’admirable documentaire de Christophe Nick, s’est produit un incident violent, démontrant combien il est difficile de critiquer la télé à la télé. Précisons qu’il aura fallu à la chaîne une rare audace pour programmer ce documentaire, qui fait honneur au service public. Animé par Christophe Hondelatte, le débat débute par l’interview d’un «candidat obéissant», étant allé jusqu’à 460 volts.

«Que pouvez-vous nous dire sur vous ?»
Et le candidat de répondre qu’il travaille dans le social. Ouf, nous voilà soulagés : ce n’est donc pas un méchant dans la vraie vie.
Hondelatte: « Il faut quand même dire une chose importante, vous concernant.
– En fait, là, je ne préférerais pas en parler. Il s’agit de ma vie privée.
– Mais si, allez : dites-le nous !
– J’aimerais mieux pas.
– C’est important : vous êtes homosexuel !»

Malaise. Quel est le but de la manœuvre ? Suggérer que l’homosexualité prédispose à électrocuter son prochain? Atmosphère de chasse aux sorcières. Puis arrive mon tour.

«Cette soirée est précieuse, dis-je. Nous avons l’occasion de nous interroger sur le pouvoir de la télévision. Mais la façon dont la discussion s’est engagée me rend pessimiste. Les mécanismes de soumission et de domination que révèle le Jeu de la mort peuvent s’instaurer même dans un débat d’idées. Pas besoin de décharges électriques. Nous venons d’assister à un interrogatoire. On demande à un participant “obéissant” de nous prouver qu’il n’est pas un sale type – alors que 80% des gens ont fait comme lui. Et puis on étale sa vie privée. Cela démontre que le plateau de télévision est un dispositif coercitif où le présentateur a le pouvoir.»

A la fin de ma tirade, Christophe Hondelatte, contracté, tend le bras :

«Bon, ben c’est très simple. Tu vois la porte, là ? Tu dégages ! Pas de ça dans mon émission.
– Quoi ? Je ne vous permets pas de me parler sur ce ton.
– C’est moi qui commande ici. Je suis le capitaine. Compris ? Alors, tu te lèves, là, et on va s’expliquer dehors. Juste toi et moi, dans ma loge. Face à face !»
Debout devant moi, il hurle et gesticule. Je suis estomaqué.

Effet de miroir: après le Jeu de la mort, voilà le «débat de la mort». Le présentateur me donne un ordre tyrannique et j’ai deux solutions. Obtempérer, mais ma présence sera sucrée au montage. Ou désobéir, résister.

«Ecoutez, lui dis-je, le but de cette émission est de montrer que le présentateur a trop de pouvoir sur le plateau. Et vous croyez que je vais vous obéir ? Vous rêvez!»
- Même si le débat est annulé, je m’en fous, reprend Hondelatte. Tu m’as traité de terroriste.
– Je n’ai jamais employé ce mot. Je ne vous ai pas injurié, n’ai diffamé personne et j’ai usé de ma liberté d’expression. En démocratie, vous ne pouvez pas me virer pour délit d’opinion.»

Après 20 minutes de ce bras de fer, quand il a été clair que je ne décanillerais pas, Hondelatte a fait signe de relancer le tournage. Les échanges ont été confus, chaotiques et le débat saboté.

Au-delà de Hondelatte, cet épisode confirme les thèses de Pierre Bourdieu dans Sur la télévision, pamphlet qui me paraissait jusqu’alors contestable. Primo, Bourdieu conseille de n’accepter que les débats en direct ou, sinon, d’exiger un regard sur le montage. Secundo, Bourdieu dénonce l’arbitrage biaisé du présentateur. Tertio, on croit assister à un vrai débat, tandis qu’en réalité «le dispositif (est) préalablement monté, par des conversations téléphoniques préparatoires avec les participants (…) il n’y a pas de place pour l’improvisation, pour la parole libre, débridée, trop risquée, voire dangereuse pour le présentateur.» Ainsi, le candidat obéissant avait été sondé et avait raconté avoir courageusement assumé son homosexualité, être donc capable de résistance. Une fois confronté au ton inquisitorial de Hondelatte, il a eu envie de se rétracter, de ne pas aborder le sujet. Trop tard.

Quelle leçon ! Oui, la télévision est capable de se remettre en cause. Mais c’est pour aussitôt redevenir elle-même: un outil de domination symbolique. On ne peut pas davantage croire en son autocritique qu’on ne peut se fier à l’alcoolique jurant: «Demain, j’arrête de boire!»

Alexandre Lacroix

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(Les films complets) 
Enfin pris ? (Pierre Carles)
Sur la télévision (P. Bourdieu)
 
 

Un petit coup d'oeil sur l'envers du décor n'a jamais fait de mal. Merci.

 

Je vous renvoie à ceci, publié lors de l'affaire Fofana. Cela concernait les "circonstances atténuantes" invoquées pour les comparses.

 

http://www.mediapart.fr/club/blog/dianne/130709/l-experience...

Bourdieu, plus que jamais d'actualité, sur tous les fronts.

ô que oui !

Bonjour Anne G.-C., Velveth,

Ne sachant comment mettre des vidéos avec les billets, je me suis contenté d'insérer les liens des docs de Carles & Bourdieu.

Le film de Carles, je l'avais envoyé à Alexandre Lacroix dès sa sortie. Peut-être que cela l'a bcp marqué.

On colle à Alexandre Lacroix l'étiquette de qqu'un qui déteste la télé, un anti télé (par essence); c'est faux. 

Je sais qu'Hondelatte comme d'autres (Morandini) ont menti à son sujet. 

 

L'expérience de Milgram est plus ancienne, elle a eu lieu au tout début des années 60. Elle a été reproduite de manière scientifique à nombreuses reprises, notamment en Allemagne et en Espagne, qui ont donné des pourcentages d'obéissance voisins de 80, donc analogues au documentaire de Christophe Nick.

L'anecdote édifiante que vous rapportez, en donne une illustration qui ne devait pas être prévue dans le scénario !

 

 Ils ont pompé le principe (scénariser l'expérience de Milgram) dans le film "I comme Icare"

 

http://www.dailymotion.com/video/x58czd_soumission-a-l-autor...

Effectivement.

Rien de nouveau sous le soleil.

Christophe Nick fait, une nouvelle fois, preuve d'un opportunisme malsain.

C 'est un "jeu" bidon ! Tout le monde sait que les fameuses décharges électriques supposées étre hyper douloureuses  ne sont pas données . Tout est bidonné de A à Z,  du méme tonneau que Koh -Lantha ou ce genre d ' aneries .

Euh... c'est quoi, cette attaque ad hominem absolument gratuite et bien entendu non documentée ? Vous aviez vu le film, le 17 mars à 14 h 55 ? Vous aviez lu le livre relatant l'expérience ? Si des gens comme Christophe Nick ne mettaient pas deux ans de leur vie à mettre en place une expérimentation aussi complexe pour essayer de démontrer le pouvoir grandissant de la télévision sur les consciences, on n'aurait qu'à se laisser doucement grignoter le cerveau en sirotant la télé sans distinction. Et pourquoi dites vous "une nouvelle fois" ? Que lui vaut votre courroux, à c'te pauv' homme ?

Je crois que ce témoignage est la vraie "révélation" de cette émission : l'égo surdimensionné des "personnages publics".

 

En revanche, je ne crois pas que les "candidats" vont aussi loin parce que c'est la télévision mais plutôt par un phénomène de cohérence : ils ont pris plusieurs décisions non engageantes (quelques volts, par jeux) et le cerveau humain cherche a maintenir une cohérence dans le comportement (les réactions) par rapport aux actes précédents de même nature.

 

Ce phénomène nous arrive à chacun d'entre nous, tous les jours. Ce qui différencie la situation des "candidats" dans le "jeux" par rapport à la vie quotidienne c'est qu'ils doivent prendre plusieurs décisions très engageantes, très rapidement, sans aucun soutient et aucun autre conseil que celui de l'annimatrice. Les "candidats" n'ont donc pas le moyen d'arbitrer, de peser le pour et le contre et donc, faute de ce moyen, ils ne peuvent que continuer dans la même voie : continue à prendre la même décision que celles dééjà prises.

 

Le vrai coupable n'est donc pas la télévision mais la solitude, l'isolation. Ce serait d'ailleurs intéressant de faire la même expérience avec une équipe plutôt qu'un seul candidat.

 

Donc plutôt que de dire que la télévision peut influencer, il faudrait plutôt dire qu'elle isole les individus et que, ce faisant, elle leur enlève un moyen d'ouvrir leur esprit, de changer de cap, de réflechir... car réflechir c'est communiquer or vraisemblablement la télévision n'est pas un outil de communication au profit des individus mais au profit d'une masse.

N'oublions jamais la devise de TF1 (mais qui pourrait être celle du "service public):

La mission de la télévision est de produire chez les individus du temps de cerveau disponible pour la publicité.

tout à fait! l'isolement est la pierre de voûte de la prise de pouvoir sur les individus et de ceci on en a  fait une loi utilisée par les entreprises. Conférer les suicides à F.télécom, ce management dont on nous rabat les oreilles oublie de nous signaler ce fait : on isole les sujets ce qui les rend affreusement vulnérables.  Toutes les attaques faites contre les alliances syndicales dans les entreprises sont là pour  ( sous prétexte d'individualisation positive) saccager toutes nos solidarités actives au profit du formatage rendu possible de l'individu dans le silence de sa solitude.

Nous devons rechercher aussi à cet endroit la résultante de la passivité des citoyens dans l'attaque répété des acquis du conseil National de la résistance. Le problème c'est que quand les liens sont attaqués il est très difficile de les restaurer. Allons-nous vers des peuples d'esclaves modernes?

"En revanche, je ne crois pas que les "candidats" vont aussi loin parce
que c'est la télévision mais plutôt par un phénomène de cohérence :"

Comme les fors'delordre qui balancent du taser en veux tu en voilà... Pour ce qui concerne l'isolement en tant que facteur d'acceptation, le phénomène de bande le contredit absolument. Par exemle, les séïdes dociles de Fofana étaient plusieurs. 

Dianne,

 

Le phénomène de bandes s'inscrit plutôt dans un système d'association : la motivation des membres de la bande convergent, quand bien même une hiérarchie permet une répartition inégalitaire des profits (quels qu'ils soient). Ce ne sont donc pas des actes "gratuits".

 

Dans l'expérience deMilgram comme dans cette expérience "télévisuelle" les "candidats"sont totalement bénévoles, ils n'ont rien à gagner. Puisqu'ils savent que l'émission à laquelle ils participent n'est qu'une "émission test" qui n'a pas vocation à être diffusée et que le lot (1M€) n'est prévu que pour la vraie émission. Les candidats n'ont strictement rien à gagner.Les détails (Lot de 1M€, ...) ne servent qu'à crédibiliser le principe de l'émission.

 

En revanche un point mérite d'être soulevé. Dans l'expérience de Milgram, à un moment, un autre scientifique intervenait pour faire arrêter l'expérience : "cela devient trop dangereux, etc...". A ce moment un nombre important de candidats arrêtait (le conflit permettait aux candidats de reprendre leurs esprits). Pour l'expérience télévisuelle ils ont tenté la même chose en faisant intervenir un "membre de la production" et là : aucun changement chez les candidats...

L'expérience de Milgram mettait en évidence la soumission totale au principe d'autorité pourvu qu'il soit incarné par des symboles rassurants, en l'occurrence, les "blouses blanches". Que l'individu soit isolé ou non (il l'était dans l'expérience) ne change rien : des groupes se soumettent pourvu que la référence soit suffisamment reconnue comme "indiscutable". On en a eu récemment l'illustration en grandeur réelle en voyant ces foules se ruer dans des gymnases pour recevoir des doses de produits inutiles. En l'occurrence, le collectif a potentialisé le réflexe de soumission.

Ce fil n'est peut-être pas le lieu où évoquer les ravages du fractionnement des prérogatives autoritaires dans un collectif fanatisé et/ou criminel. Cela aboutit à un sentiment de déresponsabilisation qui finit par donner...des convois plombés. 

 

Un petit opuscule très utile (publié en 82)

Que Sais-Je ? n° 793  : l'Autorité, par Maurice Marsal.

 

Je relaie volontiers ce commentaire de Joël Martin

N'ayant pas la télé, je n'étais pas au courant...

Plus sérieusement, cette "expérience" où les braves gens (qui selon Brassens n'aiment pas qu'on suive une autre route qu'eux) infligent sans sourciller ce qu'ils croient être une torture mortelle à l'un de leur semblables, en obéissant perinde ac cadaver, comme on dit chez les jésuites, à une autorité, qu'elle soit scientifique, médiatique ou politique, me fait irrésistiblement penser à La mort est mon métier de Robert Merle.

Tant pis pour les ceusses qui m'accuseront d'avoir franchi le point de Goldwin. C'est moins douloureux que 460 volts. 

Très intéressante contribution. Un débat qui n'est pas en direct ne devra pas pouvoir être appelé débat mais documentaire ou docu-débat (il y a bien des docu-fictions).

 

J'aurai aimé partager cet article fort intéressant avec un certain nombre de lecteurs potentiels... mais le nombre d'espaces manquants et de fautes d'orthographe qui le truffent m'en empêchent (pour le moment ?).

Dommage.

Relecture, relecture...

Vous sacrifiez la forme au fond ?

Là je suppose que vous voulez plutôt dire "sacrifier le fond à la forme".

J'ai fait l'effort (parce que dans ces conditions il s'agit bien d'un effort) de lire l'article dans son entier, donc je ne sacrifie pas le fond. Il a, pour moi, primé sur la forme.

Mais amener de nouveaux lecteurs possibles vers Mediapart  pour qu'ils s'en fassent l'idée d'un site où les auteurs ne se relisent pas (ce qui est une base du métier tout de même) et publient des textes truffés de fautes, ce qui enleve, qu'on le veuille ou non, qu'on le regrete ou non, une bonne part de crédibilité au fond justement, me semble peu utile, voire contreproductif.

Je viens de lire sur 20minute.fr un article sur le même sujet, sans fautes. Si "20 minutes" se met à être de meilleure qualité que Mediapart, où va-t-on ? :)

Philippe Leroyer bonsoir,

D'abord, et c'est la moindre des choses, mille pardons pour les fautes. 
J'ai reçu un papier d'un copain qui m'a demandé de le publier sur mon blog, ce que j'ai aussitôt fait.

Mais je ne cherche pas à fuir mes responsabilités et je compte d'ailleurs tout vous dire : vous avez raison, je fais beaucoup de fautes. C'est mon symptôme. Croyez-moi, parfois ça m'apporte plus que ça me nuit. Mais passons. Je vais vous avouer quelque chose : c'est ma compagne qui me corrige mes textes, même les papiers administratifs, même quand j'écris à la mairie (11ème.) Et ce n'est pas tout, mon éditrice, qui pourtant est une femme vraiment bien gentille, m'engueule comme un moins que rien à chaque fois que je lui remets un manuscrit. Des textes que je garde portant des années. Heureusement qu'ils ont de bons correcteurs chez Gallimard. Mon tout dernier correcteur, il corrige encore Gide et Sartre. Le croirez-vous ? On corrige encore Sartre, sans lequel je n'aurais jamais écrit.

Je voulais vous lire mais je vois que vous n'avez encore rien écrit. Lâchez-vous.

Merci de m'avoir lu et pardon pour les fautes. 

à propos...

J'ai apprécié votre billet qui aide à mettre en
perspective l'utilisation de la télé ... comme outil
d'abrutissement ou de"torture".

Je pense que le petit écran peut contribuer à des
prises de conscience, à une éducation par l'image mais on sait que
les expériences type « arrêt sur image » finissent par
être marginalisées et « interdites » de public.

Je n'aurai pas la possibilité de regarder cette
émission. Cependant ce  thème me fait penser, sur un autre registre au livre
d'Amélie Nothomb « Acide sulfurique »
(publié en 2005, aujourd'hui en livre de poche).

Il s'agit d'un jeu de
télé-réalité. Des personnes choisies au « hasard »
sont déportées dans un camp de concentration. Leur « vie »
est retransmise en direct et les téléspectateurs votent pour
désigner celles et ceux qui seront exécutés. La première phrase
du livre me paraît poser le débat « Vint le moment où la
souffrance des autres ne leur suffit plus; il leur faut le
spectacle ».

.

La mise en page ne m'appartient pas!

Et si "l'incident Hondelatte" était lui-même scénarisé, mis en scène, joué ?

Vertige.... Pour faire du buzz autour de l'annonce et faire le plein ce soir ? Dans ce cas nous sommes tous à ranger dans la case "blaireaux"...Clin d'oeil

 

Bonsoir à vous,

Pierre CARLES et BOURDIEU, quelles belles références !

Bravo et merci.

JD

Pour les équipes US et France

gueulante fr 

 

  Lorsqu'elle est soumise à l'autoritarisme démoniaque et débile d'un mauvais animateur, "la télévision" dénature tout projet.  Donc, elle n'est pas toujours "la" fautive, mais ceux qui la desservent, et nous plongent dans l'isolement passif et hébété !
Pas toujours,  heureusement !
- et bien sur que A. Lacroix a réagit comme il le fallait. Loupée ou abîmée, qu'au moins l'émission ne soit pas détournée.

J'aimerais comprendre comment cette 'étude' sur la détresse de la docilité et la manipulation autoritaire de la télévision, a pu arriver chez Chr. Hondelatte ?

Je regrette aussi le titre.  Racoleur, non ?  Peu adapté en tous les cas pour moi.

j'attends le film et le débat.

Je me suis toujours demandé ce que je serais devenu si à 15 ans j'avais fait partie des jeunesses hitlériennes...

Je peux répondre...

J'aurais sans doute, à 80%, fait comme tous les autres jeunes, j'aurais sans doute fait la guerre, j'aurais peut être exterminé dans des camps de la mort, je serais peut être ensuite rentré dans les ordres et j'aurais peut être même fini Pape.

Commentaire limite et gratuit.

Pour les motivés d'entre vous, je me souviens avoir vu un film assez proche dans le concept d'obéissance jusqu'à l'insoutenable : "Das experiment", en allemand pour la VO. Monsieur Toutlemonde participe à la reconstitution d'un univers carcéral pour les besoins d'une équipe scientifique qui filmera et décortiquera les rapports humains. Evidemment, ça finit mal pour les besoins d'un gros ressort scénaristique. Mais il est foutrement bien fait en ce qui concerne la longue glissade des "agneau-bourreaux".

On peut penser aussi à cet autre film allemand récent : La vague (un professeur fait la démonstration de la pression d'un groupe au sein de sa classe et qui conduit les élèves à adopter des postures fascisantes ...).

L'expérience de Milgram a démontré la soumission à l'autorité (pour expliquer l'engagement collectif dans le nazisme et la Shoah). La Boétie parlait déjà de servitude volontaire. La télé est un opium du peuple. La sociologie offre de nombruses études montrant comment l'opinion se fait manipuler en jouant sur les instincts primitifs  (ex. : le bling bling, phénomène de mode, mouvement d'opinion, ...). Je partage l'appréciation de Bruno Messennier a/s du commentaire de Colza.

je reviens sur mes appréhensions  (influencées par le psychodrame
détestable de la veille) pour cette émission grave, traitée avec un soin
scrupuleux.

Elle ouvre la réflexion nécessaire du discernement quant à la soumission et à  la qualité de l'autorité en question.

 

 Vaste question en regard du nombre infini de secteurs humains concernés  avec leurs conséquences !

                 Attention à  la détresse de la docilité !  télévisiuelle sans doute, mais absolument  TOUTES !

Rien qu'en voyant la présentation qui en avait été faite depuis quelques jours je savais à quoi m'en tenir et que je ne regarderais pas ce "documentaire" ni le débat qui plus est dirigé par Hondelatte, orgueilleux et imbu de sa personne, qui en fait a dû parfaitement se sentir bien dans son rôle.

Quelqu'un pourrait il demander par exemple à Madame Simone Weil ce qu'elle en pense ?

Toutes les personnes qui ont imaginées, crées, organisées, animées et participés à ce "jeu" ne sont que des personnages méprisants et méprisables et ce n'est qu'une partie des qualificatifs que l'on peut leur attribuer.

 

Je rajouterais que ceux qui ont autorisé cette émission sont à mettre dans le même sac.

 

Bonsoir,

Je connais une animatrice fonctionnant parfaitement bien dans un exercice télévisuel de niveau a priori des plus "basiques" (comme la météo quotidienne) et qui s'est malheureusement prêtée à l'ignominie télé qui nous a été offerte mercredi soir ; j'ai aussi connu un animateur du débat qui a suivi cette horreur racoleuse  sur des terrains journalistiques qui nécessitaient de réelles qualités éthiques (comme le Cambodge de 91 sortant douloureusement de la guerre civile)... et qui a été parfaitement égal à lui-même : étroniquement facho et intrusif, car uniquement centré sur sa "petite" personne !

Du coup, sentant venir le coup, j'ai éteint ma télé et bien m'en a pris !

BIEN à VOUS 

Hubert MERCIER

Je comprends mal la colère de certains commentaires. Je regarde peu la TV mais j'ai regardé cette émission.

J'ai des critiques à faire (sur son montage, sa bande son, le fait que le débat fut différé ...) mais je ne l'ai pas trouvée totalement nulle ni vraiment racolleuse : au premier abord, oui, elle le paraissait mais sur l'ensemble, elle a tout de même posé des questions et avancé une amorce de critique.

N'oublions pas que cette émission arrive dans une TV très médiocre (mais ceci c'est mon point de vue, et sans doute pas celui des millions de gens qui regardent, d'où la vertu d'une amorce de critique ...)

 

Si quelqu'un  veut bien m'éclairer ....

La volonté de ridiculiser ou diaboliser une émission comme celle d'hier soir ne me semble pas étonnante : ce genre d'information sur la façon dont on influence autrui, que ce soit par la télévision ou autrement, et les ressorts de la soumission ne sont qu'exceptionnellement traités médiatiquement. Le temps de cerveau disponible a besoin, pour être utilisé par l'annonceur, que le possesseur du-dit cerveau se sente libre. Comprendre que nous sommes tous, potentiellement, des moutons sans le savoir, est l'instrument indispensable de notre liberté. Une emprise connue par celui qui la subit est en voie de déclin.

L'énergie avec laquelle les intervenants qui étaient contre l'émission, hier, avançaient une défense de la télé (alors que le documentaire ne traite, selon moi, qu'accessoirement de la télévision et de son rôle de référence, mais démontre plutôt les mécanismes de la soumission à l'autorité) est assez parlante à cet égard.

Merci Liliane ! Je suis heureux de voir que nous avons compris la même chose sur le fond, la forme et le but poursuivi par l'équipe de C. Nick.

Ce Nick est un "mec bien" qui ne fait pas les choses à moitié. Après avoir consacré 2 ans à monter son projet (film compris) voilà qu'il donne un entretien d'une heure aux internautes de télérama ! Et c'est très éclairant. Qu'on se le dise...

Remedia2010 a reconstitué la scène… :-)

En l’absence d’image d’origine (caméras coupées…) c’est une manière de « rendre compte » subjectivement.

http://www.youtube.com/watch?v=WO8KMSc5hp4

Bonjour à tous,

l'expérience de Milgram à eu une
soixantaine de variantes, l'émission en a (je crois) utilisé deux ou trois. Les
candidats ont été démarchés par téléphone. Le panel de départ représentait
18000 personnes, seul 20% ont donné suite au premier contact téléphonique.
Cette donnée est à prendre en compte je pense, 20% de 18000 personnes
peuvent-ils être représentatif de la population française. Possible avec 3600
personnes, encore faudrait-il nous montrer l'analyse de ce point. Ensuite je me
méfie toujours quand un média s'occupe lui-même de son analyse. Les medias en
générale ne supportent que cette option depuis quelques années. Quand la TV s'inquiète
de son pouvoir on crie au génie, quand c'est vous ou moi, on se mange un retour
du style : vous êtes libre d'allumer la TV... 
la place du journaliste dans la société est une question encore riche de
discutions il me semble... la place de l'animateur moins (surtout quand il se
cache derrière une carte professionnelle de journaliste).

Lors de l'émission, de nombreux
candidats, parait-il, n'ont continué que sous la pression du public, point qui
fausse le débat nombriliste de la TV, ça fait pas mal de temps que l'on
soupçonne l'influence de la foule, des stades...   sur n'importe quel humain.

L'expérience de Milgram à 50 ans,
l'étonnement de cette dernière expérience me rappel l'étonnement de beaucoup un
certain soir d'avril (un 21 je crois).

Cette soirée reste un prime time, le
caractère scientifique est un peu juste, en tout cas son rendu.

Pour ma part j'irai même plus loin,
je pense que dés que France 2 à été mis sur ce projet, les cartes ont été
biaisées, les scientifiques et le réalisateur roulés dans la farine.

Cette émission est le meilleur moyen
de nous distraire de la réalité. En se focalisant dessus, on oublie déjà que
l'on était presque prêt par exemple à s'injecter un vaccin car parait-il une
grippe très très méchante se promenait. Orson Wells doit bien se marrer, je
serais curieux de l'émission qu'il nous pondrait aujourd'hui.

Au fait y paraîtrai que Monaco possède
des armes de destructions massives, si si aux pieds du musée
océanographique....

à  LilianeB  et  Jean Louis B

Les volontés de ridiculiser ou diaboliser l'émission de mercredi dernier m'ont affolée et m'inquiètent.

Il est si rare que nous ayons des émissions "originales" au vrai sens du terme et qui donnent à chercher un peu, à réfléchir.   Ces téléspectateurs désespérants  confirment qu'ils ressemblent à des moutons incapables de se confronter à un menu inhabituel - quoique présenté comme tel.  C'était le 'jeu'  télé,  qui ne jouait pas -   Oui,  et ça a donné : le surpris qui subit, (selon ses habitudes télévisuelles) un peu comme le soumis qui pourrait s'adapter ?? 

Les deux  sont privés de compétence ou de goût pour le discernement, et la reflexion aussi indispensables que l'air ou l'eau - retour à la case départ ! c'était là le jeu nécessaire de Ch. Nick

  Je répette tout le bien que j'ai éprouvé de cette émission,   (pas aimé le titre par contre, trop violent et racoleur, était-ce utile...)   d'où émanait un travail consciencieux, intéressant et abouti.     N'en déplaise à certains(e)  téléspectateurs érudits pourtant et concernés par la télé et compétants et estimés qui ont choisi de vilipender l'émission tout en précisant qu'il ne l'avaient pas vue.  honte là.

 - ça prêtait à controverse, naturellement  et ça c'est  intéressant. Mais alors il fallait regarder  ..............

 

 


 

Rose Duncan
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C'est ahurissant! Merci de nous avoir dévoilé ce moment cru de la perversion du fait télévisuel.