La "directive retour" est une directive de la honte, par Evo Morales

Le président de la République de Bolivie, Evo Morales, irrité par la "directive retour" de l'Union européenne qui durcit les conditions faites aux immigrés illégaux, envisage de bloquer les négociations commerciales entre l'Europe et la Communauté andine, et menace d'imposer des restrictions de visas aux voyageurs européens. Il explique sa position dans cette lettre ouverte qu'il a adressée aux eurodéputés :

 

«Jusqu'à la fin de la Seconde guerre mondiale, l'Europe était un continent d'émigrants. Des dizaines de millions d'Européens partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes et à la persécution des minorités ethniques.

 

Aujourd'hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite "directive retour". Ce texte, validé le 5 juin dernier par les ministres de l'Intérieur des 27 pays de l'Union européenne, doit être approuvé le 18 juin par le Parlement européen. Je percois qu'il durcit de manière drastique les conditions de détention et d'expulsion des migrants sans papiers, quelle qu'ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et le succès de leur intégration.

 

Les Européens sont arrivés dans les pays d'Amérique latine et d'Amérique du Nord, en masse, sans visa ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus, et le demeurent, dans nos pays du continent américain, qui absorbèrent alors la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent en exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les peuples premiers de l'Amérique. Comme par exemple dans le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines qui donnèrent sa masse monétaire au continent européen entre le XVIème et le XIXème siècle. Les personnes, les biens, les droits des migrants européens furent toujours respectés.

 

Aujourd'hui, l'Union européenne est la principale destination des migrants du monde, conséquence de son image positive d'espace de prospérité et de libertés publiques. L'immense majorité des migrants viennent dans l'Union européenne pour contribuer à cette prospérité, non pour en profiter. Ils occupent les emplois de travaux publics, dans la construction, les services aux personnes et dans les hôpitaux, que ne peuvent ou ne veulent occuper les Européens.

 

Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs qui rend possible les généreux systèmes de solidarité sociale et dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l'UE.

 

Pour nous, nos émigrants représentent l'aide au développement que les Européens ne nous donnent pas - vu que peu de pays atteignent réellement l'objectif minimum de 0,7% du PIB d'aide au développement. L'Amérique latine a recu, en 2006, 68 milliards de dollars de transferts financiers de ses émigrés, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays.

 

Au niveau mondial, ces transferts atteignent 300 milliards de dollars, qui dépassent les 104 milliards de dollars octroyés au nom de l'aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, a recu plus de 10% de son PIB en transferts de fond des migrants (1,1 milliards de dollars), soit un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.

 

Il apparaît que les flux de migration sont bénéfiques pour les Européens et, de manière marginale, aussi pour nous du Tiers-Monde, bien que nous perdions des millions de personnes qualifiées en lesquelles, d'une manière ou d'une autre, nos États, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières.

 

Il est regrettable que le projet de "directive retour" complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque État ou groupe d'États puisse définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient déniés à nos compatriotes et à nos frères latinoaméricains.

 

La directive retour prévoit la possibilité d'un enfermement des migrants sans papier jusqu'à 18 mois avant leur expulsion - ou "éloignement" selon le terme de la directive. 18 mois ! Sans procès ni justice ! Tel qu'il est, le projet de directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948. Et en particulier l'article 13 qui énonce : "1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat. 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays."

 

Et, pire que tout, il existe la possibilité d'emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans prendre en compte leur situation familiale ou scolaire, dans ces centres de rétention où nous savons que surviennent des dépressions, des grèves de la faim, des suicides.

 

Comment pouvons-nous accepter sans réagir que soient concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères latinoaméricains sans papier, dont l'immense majorité travaille et s'intègre depuis des années ? De quel côté est aujourd'hui le devoir d'ingérence humanitaire ? Où est la "liberté de circuler", la protection contre les emprisonnements arbitraires ?

 

Parallèlement, l'Union européenne tente de convainre la Communauté Andine des Nations (Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou) de signer un "Accord d'association" qui inclue en son troisième pilier un traité de libre-échange, de même nature et contenu que ceux qu'imposent les États-Unis. Nous subissons une intense pression de la Commission européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publics.

 

De plus, au nom de la "protection juridique", on nous reproche notre processus de nationalisation de l'eau, du gaz et des télécommunications réalisés le Jour des travailleurs. Je demande, dans ce cas : où est la "sécurité juridique" pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui recherchent un horizon meilleur en Europe ? Promouvoir d'un côté la liberté de circulation des marchandises et des flux financiers, alors qu'en face nous voyons des emprisonnements sans jugement pour nos frères qui ont essayé de circuler librement... Cela revient à nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques.

 

Dans ces conditions, si cette "directive retour" devait être approuvée, nous serions dans l'impossibilité éthique d'approfondir les négociations avec l'Union européenne et nous nous réservons le droit d'imposer aux citoyens européens les mêmes obligations de visas qui nous ont été imposées le 1er avril 2007, selon le principe diplomatique de réciprocité. Nous ne l'avions pas exercé jusqu'à maintenant, attendant justement des signaux positifs de l'UE.

 

Le monde, ses continents, ses océans, ses pôles, connaissent d'importantes difficultés : le réchauffement global, la pollution, la disparition lente mais sûre des ressources énergétiques et de la biodiversité alors qu'augmentent la faim et la misère dans tous les pays, fragilisant nos sociétés.

 

Faire des migrants, qu'ils soient sans papier ou non, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n'est en rien une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l'Europe ne sont pas la faute des migrants, sinon le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.

 

Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent et des régions du monde comme le Maghreb et les pays de l'Afrique, je fais appel à la conscience des dirigeants et députés européens, des peuples, citoyens et militants d'Europe, pour que ne soit pas approuvée le texte de la "directive retour".

 

Telle que nous la connaissons aujourd'hui, c'est une directive de la honte. J'appelle aussi l'Union européenne à élaborer, dans les prochains mois, une politique migratoire respectueuse des droits de l'Homme, qui permette le maintien de cette dynamique profitable pour les deux continents, qui répare une fois pour toutes l'énorme dette historique, économique et écologique que les pays d'Europe ont envers une grande partie du Tiers-Monde, et qui ferme définitivement les veines toujours ouvertes de l'Amérique latine. Vous ne pouvez pas faillir aujourd'hui dans vos "politiques d'intégration" comme vous avez échoué avec votre supposée "mission civilisatrice" du temps des colonies.

 

Recevez tous, autorités, eurodéputés, camarades, un fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier notre solidarité envers tous les "clandestins".»

 

Evo Morales Ayma

Président de la République de Bolivie

Bonjour,
très beau texte, mais je ne suis pas sur que les politiques européens connaissent le sens du mot "honte"...

J approuve le President de la Bolivie , Evo Morales.
Ici, en France particulierement, nous ne parlons jamais de ce qui se passe dans les pays d Amerique Latine.
Nos industries vont , comme en Afrique , "piller" les matieres premieres, et ne s occupent pas de ce qui se passe dans ces pays.
Evo Morales a raison, que les habitants ne se laissent pas pille par les autres pays.
Il y a deux semaines ou 3, a ete signe par 12 pays d Amerique Latine, la "convention" de l UNion de l Amerique du SUD , UNASUR. Que ces pays se protegent entre eux et s entendent bien entre eux. Qu ils fassent commerce ensemble, et ne se laissent pas diriger pas les USA qui a deja un pied la-bas avec la Colombie. Ils doivent faire l UNION envers et contre tout.
Evo Morales, un indigene, a deja des difficultes dans son pays. Il y a recemment des violents incidents a Sucre contre des paysans indigenes. Il doit faire face a un racisme puissant.
Moi, je lui apporte mon soutient ainsi qu a cette nouvelle union UNASUR.
L Europe et la France deviennent des pays pourris , ou les gens les plus faibles sont de plus en plus pauvres, les riches de plus en plus riches. Nous vivons avec le desespoir de voir les choses s arranger, bien au contraire.
Eux , les habitants d Amerique du Sud, vivent avec l espoir qu un jour tout ira mieux. C est ce que je leur souhaite.
D accord, c est l accord de la HONTE, je n ai pas vote Sarko, mais je le subis tous les jours. Je suis revoltee, mais comment faire ? Il y a une manifestation Samedi a Paris contre cet accord. Je ne puis y aller question sante.
Pour plus de renseignements sur cette manifestation, voir le blog de Yvan Villa.

Bon, je ne relis pas.

Merci de nous relayer ce texte très fort. Quel autre média en a parlé? (sur google actualités, je ne vois que "courrier international"). Je ne suis pas sur qu'il fasse la une de TF1, PPDA ou non
Olivier, 38 ans, vivant à Francfort

Ce texte fort d'Evo Morales a aussi été publié dans La Libre Belgique ce 11 mai :
http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/427105/une-dir...

Un texte noble et fort qui montre le caractère pernicieux et violent des idées de la droite européenne.

ce texte est vraiment tres fort. Je ne sais pas pourquoi mais je le trouve différent de ce qu'on a l'habitude de lire. Il m'a remué. Avoir le point de vue d'un citoyen d'un pays dit "du sud" sur ce sujet est vraiment interessant et éclairant! ca donne une autre perspective... Surtout qu'une bonne partie des medias a vite fait de villipender les politiques menées en Bolivie sans même y avoir mis les pieds pour certains, ou interroger les locaux...Comme vous le dites Oliv92, je pense que peu de medias "classiques" en auront parlé...Et l'image incidieusement instillée de Morales en dictateur perdurera dans le grand public...
Merci d'avoir publié ce texte, que je me suis empressé de faire suivre à toute une mailing liste en citant mes sources, bien sur!

Bravo monsieur Morales.

Bravo monsieur Morales.

Quand on pense que cette immigration Européenne en Amérique du sud (et du nord) ces 400 dernières années s'est traduite par des "génocides" d'indigènes, par des destructions et disparitions de cultures et de civilisations, le "clown" Morales devrait avant d'écrire de telles inepties apprendre l'histoire contemporaine.
Je n'entrerai pas dans la polémique "colonialiste" qui lui fait dire implicitement que finalement la colonisation de l'Amérique du sud fut globalement positive !! En absorbant cette immigration "blanche" européenne, l'Amérique du sud a aussi importé par la même occasion la culture, les sciences et techniques développées en Europe pour justement exploiter les richesses du sous-sol américain, techniques dont Morales profite maintenant. Cela il oublie de le dire.
Et enfin l'immigration actuelle que l'Europe subit actuellement n'est plus du tout du type de celle que Morales décrit dans son article. Cette immigration est dans le sens sous-développé vers sur-développé alors que l'immigration qu'a connu l'Amérique du sud ces derniers siècles était nettement plus positive car sur-développé vers sous-développé (au sens occidental du terme);
Bref il faudrait aussi s'interroger sur le pourquoi de la non considération dont souffre Morales en Amérique du sud, ou le plus souvent les mots "clown" ou "pitre" sont utilisés pour le caractériser.

Bonjour cloclo,

Avons nous lu le même texte?! Morales n'ignore certainement pas les génocides dont vous parlez...Faudrait voir à pas le prendre pour un crétin...Mais surtout, dans son papier il ne nie absolument pas ces faits comme vous semblez le dire!
Il parle même des mines de Potosi où l'Europe a puisé des richesses. Petite parenthèse à ce propos : l'expression "c'est pas le Pérou" vient de là : Potosi était à l'époque au Pérou, et c'était alors la plus grande mine d'argent au monde (j'ai un doute). Le fait que cette expression soit passée dans le langage courant en France montre à quel point ce pays était une source de richesses...pour les européens...
Reprocher à morales de "profiter" des richesses du sous sol américain est quand même un comble ! Si vous regardez attentivement l'histoire du continent et de la Bolivie (j'ai eu l'occasion d'y voyager et de discuter avec des boliviens) vous verrez que depuis des siècles, les nombreuses richesses de ce pays sont exploitées par les occidentaux : à l’époque des conquistadors, à l’époque des mines de potosi, et plus récemment au niveau du gaz naturel ou des mines par exemple…Et que par la même, la population locale est maintenue dans la misère…et encore une fois, ce n’est pas pour donner des leçons, mais pour y avoir séjourner, c’est vraiment la misère… Alors reprocher à un bolivien de profiter du sous sol de son pays, c’est vraiment hallucinant…
Pour terminer, avant de traiter Morales de clown et à travers lui un peu ses electeurs, vous etes vous vraiment renseigné sur la vie dans ce pays, les politiques mises en place, etc… Attention à ne pas juger trop vite sur la base de « ce qui se dit »…Je reconnais qu’il n’est pas facile d’avoir des info objectives sur le sujet et qu’on a vite fait d’avoir des infos contradictoires, Morales etant présenté par certains comme un bienfaiteur par d’autres comme un dictateur : mais avant de condamner publiquement, renseignez vous svp !

Mes contacts au Chili (pays que je connais bien), en Argentine, en Colombie me rapportent le peu de considération qu'il y a pour Morales.
C'est sur, ces contacts ne sont que parmi le haut du pavé, donc j'en conviens peu "objectifs" sur un tel "indigène" !:!
Mais quand même ces contacts sont plus mesurés quand à Chavez (Venezuela), et surtout assez élogieux au sujet du Brésil, qui est considéré actuellement comme le "dragon" du sud des Amériques.
Et puis, sans chercher trop ailleurs, en Bolivie même, Morales semble être loin de faire l'unanimité, et une partie importante (minoritaire peut-être) ne le prend pas au sérieux.

joce, ce n'est pas en allant dans un pays que l'on peut se permettre de dire " je le connais bien" , cela dépend des gens que l'on rencontre et des valeurs que l'on défend, a l"évidence nous ne défendons pas les mêmes, c'est une première chose, ensuite qui êtes vous pour traiter un homme d'Etat de clown et de pitre, il a été élu par son peuple, vous qui avez contribué à élire très probablement Sarkozy, contentez vous de juger de sa polique d'immigration que vous approuvez très certainement.

C'est vrai un très beau texte que je soutiens à 100%.

Cependant l'Amérique Latine, que je connais un peu ayant vécu au Chili, reste encore marquée par les dictatures et les politiques libérales des USA et du FMI. Morales passe donc pour un "rouge" ce qui est un crime pour beaucoup. Il fait un peu l'effet de Allende en 1973 à mon sens.

C'est bizarre, parce que "clown" et "pitre", je trouve que ca s'applique aussi assez bien à certains de nos dirigeants de pays Européens que vous qualifiez de « sur-développé » (c’est vrai qu’il n’y a pas de pauvres en Europe, et que nos démocraties fonctionnent de manière exemplaire).
Soit dit en passant, ce type de réponse qui commence par décrédibiliser l’auteur de l’article afin de ne pas avoir à répondre à ses idées est typiquement « Le Péniste » pour ne pas dire fasciste. Sarkozy utilise aussi fréquemment ce genre de rhétorique pour ne pas répondre aux questions : « puisque certaines personnes disent que vous n’êtes pas dignes de considération, aucun de vos arguments ne peut être valable ». Cf la conférence de presse du 1er janvier et sa discussion avec Laurent Joffrin : puisque votre journal est en difficulté, je me permets de me moquer de vous plutôt que de répondre à vos questions…et tout le monde de rigoler du clown Joffrin ou Morales plutôt que de discuter du fond.

Olivier, 38 ans, vivant à Francfort

Evo Morales s inquiete pour les boliviens installes en Espagne.
Ils seraient 350000 dont 285000 sans papiers.
http://www.eldeber.com.bo/vernotaahora.php?id=080612114053
Ce qui est tres honorable de sa part.
Quant a cloclo, ses propos viennent de si bas, que je ne donnerai pas reponse. Si ce n est " QUEL RACISME !"

Le racisme se trouve partout, chez vous surtout "marie93", et en premier lieu dans le billet de Morales. Cherchez bien, il se cache en vous, l'intolérance aussi, comme la bête monstrueuse, mais pour cela il faut savoir faire un minimum d'introspection, difficile n'est ce pas ??

MDR

Ce cloclo n'est pas que raciste. Il réussit à rédiger son texte de telle sorte que l'on puisse penser qu'il défend les peuples d'Amérique Latine contre les monstres du pouvoir comme Morales et Chavez. Méthode habituelle de désinformation des officines de droite (souvent extrême) qui tentent de contrecarrer le pouvoir de plus en plus important des gouvernements "indigènes" par rapport aux gouvernements "vendus" aux USA comme celui de la Colombie. Ce que ne vous dit pas cloclo quand il parle de l'opposition Bolivienne à Morales, c'est qu'elle est constituée et payée par les grands propriétaires maqués avec les USA qui pestent de ne plus pouvoir continuer de détourner à leur profit les richesses du pays. Jusqu'à vouloir déstabiliser l'état Bolivien par la partition du pays et toutes les conséquences catastrophiques que cela entrainerait dans l'équilibre total du sous-continent. Ce sont les pauvres qui, par leur vote, ont mis Morales et Chavez au pouvoir. Ces mêmes présidents ont accepté d'organiser des référendums non prévus dans la constitution pour légitimer leurs mandats. Et ça, les cloclos et leurs employeurs ne le supportent pas, car cela semble bien devoir être la fin, pour de bon, de la colonisation.
C'est bien que ces débats soient grands ouverts. Cela permet d'y observer même l'ignoble.
T'as raison cloclo, c'était vachement mieux avant 1980, avec les juntes militaires et tes copains de "la haute" au pouvoir.

Ayant fait deux voyages en Bolivie (plus d'un an au total) et un master d'histoire sur l'identité nationale bolivienne vue depuis la fête (Fête et archéologie de l'imaginaire en Bolivie), je vous invite à retrouver mes articles sur la question:
http://www.mediapart.fr/club/blog/gwenael-glatre/280508/boli...
http://www.mediapart.fr/club/blog/gwenael-glatre/280508/raci...

Merci Gwenael pour vos liens, les textes sont en francais et donc comprehensibles par tout le monde, ce que JE RECOMMANDE A TOUS;
Merci

Merci pour vos articles, Gwénaël, je les recommande aussi +++ à la lecture.

Merci bien...

Cloclo n'est pas plus raciste que la majorité des Français, ça s'appelle le sarkozysme... Ou en Amérique latine, ça s'appelle "fachista". Nous ne devons pas avoir les mêmes amis chiliens, mon cher Cloclo, les miens se sont battus contre la dictature pinochettiste, les vôtres en ont profité. C'est tout simplement la pensée bête, réactionnaire, "occidentale" qui circule dans les médias de masse en Amérique latine, on retrouve le même discours dans tous les pays. Pour être allé en Bolivie et avoir croisé Morales, je peux juste vous dire que le clown est celui qui voit le ridicule en l'autre, mais le ridicule ne tue pas, c'est bien connu. Au niveau pensée politique, donnez moi le nom d'un chef d'Etat qui saurait écrire un tel texte historique, presque gaullien je dirais. Nous en sommes avec Sarko et ses discours de Dakar ou Riyad, donc une chose dont je sois sûr, le progrès n'est pas de notre côté. Enfin, le premier ministre de Morales, Alvaro Garcia linera, est un sociologue de renom, une pensée très complexe et éclairée sur notre temps. Il a entre autres introduit Bourdieu en Amérique latine avec un ouvrage "Bourdieu leido desde el Sur", un chef-d'oeuvre sociologique pour penser les phénomènes de domination symbolique dans un champ social dominé par des haines ethniques. Quelque chose que je dis souvent quand je suis en Bolivie, c'est qu'ils sont en avance sur nous dans la pensée politique. Ils ont écrit une constitution qui ouvre des pistes fabuleuses et dépasse pour moi tout ce qui a été écrit dans le droit international. Ils arrivent à une complexité géniale entre apport occidental et intégration de modes de fonctionnement politiques indigènes, pré-colombiens. Je vous invite à retrouver mon texte sur cette Nouvelle Bolivie... Mon propos est agressif, effectivement, mais ce n'est que trop mérité à mon goût quand on parle de morts derrière les mots en Bolivie. Bien à vous, Cloclown!

J'applaudis des deux mains à ce texte du président bolivien Evo Morales. A mon avis, il est largement temps que les occidentaux apprennent que lorsqu'il n'y a bénéfice que pour une seule des deux parties, cela ne s'appelle pas un "échange".
Quant aux propos de Cloclo, je dirais simplement que je ne connais qu'une seule personne en Bolivie et pour lui, Morales est loin d'un être un clown. Concernant le Vénézuela en revanche, j'y ai passé un mois juste avant la première élection de Chavez (en fait je suis partie le jour de l'élection). De toutes les personnes avec qui j'ai eu l'occasion de discuter, bien peu ne le soutenaient pas. Son élection n'a donc pas été une surprise. Ce qui l'a été en revanche, c'est la façon dont les medias français si bien pensant en parlaient comme d'un dictateur.
Ni l'un ni l'autre ne sont des présidents parfaits, et il sera toujours possible de trouver des personnes qui n'approuvent pas leur politique. Mais c'est le cas de tous les pays. Et sans trop m'avancer je pense, pour faire une comparaison facile, que le pourcentage de français qui n'approuvent pas Sarkozy est bien plus grand que celui de boliviens qui n'approuvent pas Morales ou de vénézueliens qui n'approuvent pas Chavez.
Isabelle Mirouze

Merci d'avoir publié ce texte

Merci d'avoir publié ce texte

Cloclo, encore une fois, peut exprimer ce qu'il pense sans se faire insulter. Il suffit de rectifier ce qu'on estime devoir rectifier.
J'aime bien ce texte de Moralès.

Je suis désolé, René Lorient, mais on ne peut pas me demander d'être stoïque quand j'entends ici les mêmes insanités que celles qui circulent dans les banlieues riches de La Paz, Cochabamba ou Santa Cruz. Ce n'est pas "lui" qui pense ce qu'il dit, il ressasse le discours commun des couches moyennes supérieures de droite qui ont crié à l'indien quand Morales est arrivé. Dois-je rappeler qu'avant Morales et cette récupération par les couches populaires de l'espace démocratique, deux "guerres", de l'eau et du gaz avaient fait plusieurs bains de sang dans les rues boliviennes. Et je réinvite encore une fois à voir l'article que je diffuse sur mon blog "Racisme et violation des droits de l'homme en Bolivie". "Fachista", si vous voyez là une insulte, j'assume, j'essayais de définir à quel espace politique renvoient les propos de Cloclo et vu que je suis spécialisé sur la Bolivie, je dois bien répondre; je projette, pour préciser, de réaliser une thèse à l'EHESS sur ce pays. Il faut bien voir que ce n'est pas rare de voir encore des croix gammées en Bolivie, de nombreux ex-nazis sont venus s'y réfugier et à Santa Cruz, une culture néo-nazie s"affiche assez publiquement sans problème. Pour info encore une fois, à Santa Cruz dans les années 70, on voyait des manifestations qui envahissaient le centre-ville avec le bras levé, comme salut nazi et Klaus Barbie vivait à Cochabamba (où je résidais l'année dernière) avant d'être extradé par la France. Donc non! Qu'on ne me demande pas de respecter "ce qu'il pense", parce que la pensée est un art plus noble que de simples "opinions" viles et infâmantes.

Je ne vous visais pas particulièrement, Gwenaël, puisque je faisais allusion à l'ensemble de la discussion. Votre article m'a semblé fort intéressant puisque je l'ai recommandé.
Mais justement, si vous vous prévalez de votre qualité de futur thésard, vous vous devez de renoncer aux épithètes ad hominem et aux insultes politiques. Ni les unes ni les autres n'ont jamais fait avancer les questions ni convaincu ceux qu'il s'agit sinon de convaincre, du moins de mettre face à des opnions cohérentes et argumentées.
Il ne s'agit pas d'être stoïque (encore que ce soit pour moi une qualité en certaines occasions) mais de garder son sang froid.
Nihil mirari, nihil indignari...(Spinoza)

ça se discute, je crois quant à moi qu'il y a devoir de révolte certaines fois, je respecte votre jugement et j'aimerais pouvoir y consentir mais il me reste cette fougue de la jeunesse qui doit crier; ne peut-il pas y avoir une vertu de l'insulte, une nécessité de fabriquer des camps pour faire apparaître les choix en présence, un devoir de dire non comme l'Irlande aujourd'hui, de faire un bras d'honneur dans les banlieues, c'est toute la question de la violence dans la pensée révolutionnaire. je suis un non-violent, je vous rassure, mais peut-on seulement imaginer un monde sans violence? La violence peut parfois être salutaire, ou le désastre, le cataclysme, la "shoah"selon l'étymologie même (on me jugera cynique), ne peuvent-ils pas déboucher sur du positif? Oui, c'est cynique, mais je me dis qu'il a fallu la seconde guerre mondiale a l'Europe pour se défaire de ses fascismes et peut-être aujourd'hui l'Irak pour faire apparaitre la domination réelle et in fine, rencontrer l'autre. Il y a comme cette obligation chez l'homme de devoir passer par la violence pour se rencontrer. Les unions se font dans la haine ou la souffrance. Je m'emporte, je ne sais plus trop ce que je développe et où ce déroulement peut mener. Je me posais simplement des questions, mais désolé sur ce coup, je dois montrer que son propos n'est pas neutre, au cloclo, que derrière ses mots, ses ignorances, ses évidences, se cache de la violence et en Bolivie, on connaît la violence, physiquement. La chose qu'on apprend en Amérique latine, c'est à avoir peur, se sentir fragile, impuissant bien souvent, seul, de par la couleur de sa peau, structurellement. J'ai eu un flingue sur la gueule au Brésil, embarqué dans des favelas desquelles j'aurais bien pu ne pas revenir, la peur de ma vie, des coups en Bolivie, de faux flics qui me mettent dans un faux taxi dans les quartiers hauts de la paz, des agressions, des insultes, on apprend à se faire appeler gringo bien souvent en Bolivie. Après, on ignore et on répond, j'interdis aujourd'hui à un sud-américain de m'appeler gringo, parce que ce n'est pas vrai! Je réponds que le "gringo" est ce personnage du XIXè-XXè venu des Etats-Unis pour imposer la liberté du commerce aux Mexicains: gringo, parce que "green go" dit aux américains qui portaient face aux armées mexicaines un uniforme vert. Voilà, bonne méditation et encore une fois, je voulais souligner que je vous apprécie beaucoup et lis toujours avec intérêt vos écrits. Mais pour finir, que cloclo me réponde et m'explique que mon insulte était mal fondée, que c'est une offense que je lui fais et que j'ai tord, je saurais m'excuser. Bien à vous, Gwénael

Cher Gwenael,
La revolte n est pas seulement une fougue de la jeunesse .
Plus je vieillis et plus je me sens l ame revolutionnaiire. La revolte grande en moi comme jamais elle a grondee. J ai une relle envie de me revolter contre tout ce qui se passe, specialement depuis que sarko est au pouvoir.

"Je me dis qu'il a fallu la seconde guerre mondiale à l'Europe pour se défaire de ses fascismes."
Est-ce le cas ?
Staline, Franco, Salazar ont continué bien au-delà...
.
Prudence dans le maniement de la Shoah, svp Gwenaëel : "Trop de Shoah tue la Shoah", cf. article de Tony Judt, paru dans le Monde diplo de ce mois de juin. Je le cite :
"Loin de réfléchir au problème du mal, la plupart des Européens en détournèrent résolument leur pensée dans les années qui suivirent la fin de la seconde guerre mondiale. Cela nous paraît difficile à comprendre aujourd'hui, mais le fait est que, pendant de nombreuses années, la Shoah n'a en aucune façon été une question fondamentale dans la vie intellectuelle de l'après-guerre, pas plus en Europe qu'aux Etats-Unis. La majorité des gens, penseurs et autres, firent en effet de leur mieux pour l'ignorer." Pourquoi ? analyse Tony Judt.
.
Ceci dit, je lis vos contributions assidûment, j'y apprends beaucoup et notamment de cet art difficile - le débat... oui, proche du combat parfois, voire des arts martiaux...

"La sociologie est un sport de combat", disait Bourdieu. Sur la shoah, j'ai lu attentivement l'article de Judt dans le diplo, lecture qui m'est indispensable tous les mois depuis de nombreuses années. Je vous suis, pardon si je suis allé vite dans ma lecture de l'histoire sur ce coup, c'était dans l'inspiration d'une soirée arrosée, donc vous me pardonnerez si je n'ai pas été très précis, d'accord en tout cas depuis longtemps avec ce "trop de shoah tue la shoah". En ce qui concerne ma polémique menée "de front" avec les deux acolytes que je n'ai pas besoin de nommer, je viens de lire attentivement le commentaire de cloclo qui réapparait après un temps d'absence. Je pense qu'on va pouvoir parler et je vois qu'il est prêt à la communication, même si j'ai droit aux qualificatifs de puéril, de dialecticien primaire, etc... Pour te préciser mon cher cloclo, j'ai fait un travail de recherche en bolivie sur une fête populaire qui est aujourd'hui la troisième du pays avec un demi-million de pèlerins, officiellement catholique, reconnue par l'Eglise comme l'apparition dans la vallée cochabambina de la vierge de Nazareth et instaurée par l'armée au début des années 80 comme "fête d'intégration nationale". Tous les ans depuis cette date, tous les présidents de la république ont eu le devoir d'y assister pour célébrer l'unité de la nation bolivienne, républicains, libéraux, sociaux, démocrates, anciens de la dictature et le dernier en date, Evo Morales. Mon travail a consisté à remonter par un travail "d'archéologie de l'imaginaire", comme je l'ai nommé, au XIXè quand cette fête appartenait à un petit bourg de 5000 habitants. A l'origine cette fête est indigène et je pense que nous pouvons remonter aux incas, donc au XVè siècle, mais je n'ai pas les preuves "historiques", en celà je parle de préhistoire de la fête, vu que les populations précolombiennes ne maniaient pas d'alphabet. Donc je travail sur la synthèse entre apports indigènes et coloniaux, échanges, contradictions, reconstructions, fusions, etc... Vous voyez donc que je ne me résume pas à un marxisme primaire orthodoxe, je travaille sur le concept anglo-saxon de culture populaire mais ce terme ne me convient pas, je pense aux cultures collectives qui fonctionnent de manière horizontale et non verticale comme les cultures instituées, transmises, reproduites par des cadres étatiques, globalement. En ce qui concerne la "dette" qu'aurait l'occident et le "devoir de repentance" qu'aurait l'occident, soyez serein, je ne vous accuse pas de crime contre l'humanité. Je suis historien et je peux vous prouver en effet, à la suite d'Immanuel Wallerstein et Etienne Balibar, post-marxistes et parmi les plus grands philosophes au monde, que le capitalisme européen est originaire de Potosi en Bolivie, c'est-à-dire que la première accumulation de capitale s'est faite depuis ces mines qui ont, selon le langage commun en Bolivie, permis d'amasser assez d'argent à l'Espagne pour établir un pont en or entre les deux rives de l'Atlantique. Image proverbiale. je parle donc de responsabilité collective et de structures présentes léguées par le temps long de l'Histoire et expliquez moi en quoi l'Occident, le Nord ou le Premier Monde comme on dit depuis l'Amérique latine ne s'appuie pas sur sa domination historique quand elle vient imposer dans les années 80 des "plans d'ajustement structurel" qui privatisent toutes les industries stratégiques au service de firmes transnationales, évidemment du nord, quand en Argentine en 2002, les banques ferment les guichets aux particuliers pour rembourser en priorité les créanciers du nord qui se sont servis allègrement durant toutes les années 90. Pour l'anecdote, une bouteille de Whisky coutait plus cher à Palermo, Buenos Aires, qu'à New York avec cette folie de dire un peso = un dollar. Pour info aussi, des économistes argentins ont calculé que vu que le gouvernement Menem a bradé, entre autre, la téléphonie mobile, ça a couté trois fois plus cher à l'Etat argentin qui a du racheter le secteur après la crise, en payant la différence après capitalisation et la remise en service de lignes défectueuses. Je ne parle pas de "repentances" comme Sarko ou Pascal Bruckner, je ne demande pas de messe, je montre juste que le PIB des pays de l'OCDE se fait depuis des années, malgré la décolonisation et les indépendances, sur le dos des pays du sud. Tiers-mondisme si vous voulez, ce sont avant tout les lois du capitalisme, je ne vous apprendrai rien sur ce point... Pour les insultes, vous m'excuserez si vous voulez bien reconnaître votre facilité à en utiliser de votre côté et le camp politique auquel vous appartenez. Parce que malheureusement existent des camps, des rapports de force et des inégalités qui imposent domination et "dialectiquement", des résistances... Bien à vous!

Ce texte est pour moi une découverte: j'admire sa clarté, sa force, et je me réjouis d'autant plus d'avoir pétitionné contre la directive de la honte. Voici la mondialisation comme je l'aime: repérer où sont les alliés et ceux qui disent l'espoir, à un moment où on veut transformer l'Europe en une forteresse assiégée. Merci à Evo Morales et à Mediapart.

Que d'honneurs fait à un troll (Cloclo) !

De l'utilisation du concept et du terme "troll" par certains:
Certaines personnes dénoncent les abus d’utilisation du terme « troll » qui pourrait parfois servir à couper court à toute discussion et débat. Ainsi, un intervenant à un débat pourrait utiliser ce terme afin de discréditer les personnes qui remettent en cause ses thèses, en les accusant de vouloir polémiquer. Le troll se détachant d’une simple opposition d’idées par l’aspect volontaire de la polémique, il est parfois extrêmement difficile à détecter. Ainsi, parfois, ce peut être l’accusateur qui est en fait un troll.
@+

Cher Cloclo,

Félicitations pour votre courage. Vous avez raison dans votre analyse des différences entre les différents types d'immigration et leurs apports respectifs. Cela vous attire des commentaires désobligeants de ceux qui refusent de regarder les réalités lorsqu'elles dérangent leurs certitudes idéologiques et se montrent alors particulièrement sectaires.
Quant au président Moralès, son amour de la démocratie s'évanouit lorsque les provinces votent massivement pour l'autonomie afin de se protéger contre les gaspillages d'une politique populiste.
Avec ma sympathie

Je m'autorise la nonchalance de ne pas répondre. Vous devenez caricaturalement droitiste mon cher Aborigène, ça en devient risible...

Pour calmer le feu, mon cher Aborigène, je vous invite à retrouver mon article "Bolivie. Après la révolution, on fait quoi?" Des choses vous choqueront assurément, mais si vous voulez bien vous attarder et suivre le fil de ma pensée, je pense que vous pouvez apprendre certaines choses sur la Bolivie. Et vous me direz à quelle "idéologie" j'obéis, je ne le sais pas moi-même. Une seule chose que je sache, c'est que je hais la falsification historique et les violences réelles qui se cachent derrière des mots anodins. Une pensée n'est pas égale à une autre, une pensée est un construit, elle a des origines, un héritage, des directions, une position sociale... Une pensée est critiquable par définition et ne peut pas être réduite à une "opinion", mot vide de sens. Je prends donc au sérieux votre pensée et ne m'en veuillez pas si je la juge malsaine voire dangereuse. J'essaierai à l'avenir de ne pas vous répondre, sauf si vous débordez; mais entre la Turquie et la Bolivie, vous ressassez tous les clichés racistes et supérieurs d'un Occident qui est descendu bien bas...

Bonjour Aborigène,
vous écrivez : "Cela vous attire des commentaires désobligeants de ceux qui refusent de regarder les réalités lorsqu'elles dérangent leurs certitudes idéologiques et se montrent alors particulièrement sectaires.". Il faut effectivement faire attention à ne pas être aveuglé par ses certitudes. C'est pourquoi je me permets de vous conseiller d'y veiller. En effet n'est ce pas vos certitudes qui vous conduisent à déformer (involontairement?) les faits? En effet ce ne sont pas "des provinces qui votent massivement pour l'autonomie"...On parle de la province de santa cruz, voila tout...Et au delà de ca il faut aussi veiller à se renseigner sur le contexte de ces votes et ne pas analyser trop vite : si l'on prend un exemple qui sur le fond n'a rien à voir, traitez vous M. Zapatero de dictateur parce que le pays basque n'est pas independant? Bref, je ne veux pas par là rentrer dans ce sujet, mais c'est simplement pour illustrer qu'une bonne partie de la presse occidentale a vite fait de manipuler l'information et faire passer Morales pour un dictateur, sans fouiller en détail l'information. Tout ce qui est dit dans la presse n'est pas forcement "la réalité". Sinon pourquoi créer mediapart?
Conclusion, orienté par la lecture d'une certaine presse (assez majoritaire), refuseriez vous de "regarder certaines réalités qui dérangent vos certitudes idéologiques"?
Peut etre n'est ce pas volontaire, et vous etes comme tout le monde, comme moi, influencé par la présentation du sujet par la presse "majoritaire". Simplement, ce sujet est un bon exemple, mais c'est vrai pour tous, je vous invite à vous poser systématiquement la question, lorsque vous lisez la presse, de savoir si le sujet a été fouillé en détail. En effet, lorsque parfois la presse aborde un sujet que l'on connait très bien, on s'apercoit que des raccourcis enormes sont faits : c'est vrai a priori sur tous les sujets. ceux ci sont rarement fouillés je trouve. D'où mon interet pour mediapart! où je trouve par exemple des exposés détaillés comme celui de G. Glatre!
bonne journée à tous (j'espère avoir été à peu près clair dans mon propos, j'ai digréssé...)

Certains ont du mal à distinguer un fait d'une opinion. Je me borne à rappeler des faits.

Dites-moi les faits. Que les immigrations successives apportent des apports complexes, positifs et contradictoires, très bien. Dites la même chose à nos gouvernements européens, je ne sais pas s'ils comprendront eux-aussi ces faits. Quant aux régions qui s'autonomisent en Bolivie, je me permets de vous expliquer un peu, parce que je connais (moi) ces régions. La nouvelle droite appelée aujourd'hui "Podemos", "Nous pouvons", a été créée après les massacres de "Octubre negro" de 2003 quand le président Gonzalo Sanchez de Lozada envoya les troupes contre des manifestants qui en avaient marre de l'exploitation généralisée: des tireurs d'élite sur les toits, des hélicoptères de guerre et 80 morts au final. En février de cette même année déjà, "Goni" de son surnom, après avoir tout privatisé (dans son intérêt, il avait des parts dans les entreprises privatisées et est multi-millionnaire), imposait un nouvel impôt pour les catégories inférieures de la police: s'en suivit une mutinerie entre les petits flics et l'armée. Finalement en octobre, son gouvernement et son parti le lâcha, il fut héliporté depuis la Présidence et emporté en Floride, sa terre d'origine, il parle avec un accent gringo trop ridicule ayant vécu presque toute sa vie aux Etats-Unis. Il est accusé depuis de crime contre l'humanité en Bolivie mais protégé par l'ambassade américaine.
Depuis les années 80 et selon les injonctions du FMI, l'Etat bolivien avait privatisé toutes les industries productives de la nation, le pétrole, la téléphonie, les mines... L'aristocratie créole tenta d'étouffer la révolte populaire et indigène en la personne de Carlos Mesa Gisbert, vice-président de Goni en 2003, un homme médiatique et historien très connu (bien que piètre intellectuel). Mais il fut aussi destitué et de nouvelles élections amenaient au pouvoir Evo Morales, ancien chef des syndicats de cocaleros du Tropique de Cochabamba, avec autour de 55% des voix. Une des premières réformes fut d'augmenter la cotisation sur les hydrocarbures sans nationalisations. Les entreprises internationales obtempérèrent et une grande manne financière commença à rentrer dans les caisses de l'Etat bolivien. Pour information, en 2004 quand j'y étais, un litre de pétrole bolivien coûtait 8 fois plus cher pour les Boliviens que pour les Brésiliens, parce que les infra-structures étaient tournées vers l'exportation: l'Argentine et le Brésil dominant à leur profit la gestion des flux.
Je ne vois donc pas où est le gaspillage avec Morales, plus d'argent rentre dans les caisses, on assainie les caisses de l'Etat et fait respecter les ponctions fiscales qui avant s'évaporaient dans la nature.
Donc pour revenir à la droite, elle se renomme "podemos", mais ce sont toujours les mêmes depuis 30 ans, les têtes n'ont pas changé. Reyes Villa, préfet de Cochabamba était colonel de l'armée en 80 et faisait partie du clan au pouvoir, la dictature jusque 82. A Santa Cruz, ceux qui parlent aujourd'hui font partie des grands propriétaires terriens qui ont lancé les coups d'Etat militaires des années 70. Et la menace a pesé longtemps à l'arrivée de Morales, plusieurs menaces émanaient de l'armée et beaucoup s'attendaient à un scénario comparable à celui de 2002 au Venezuela, géré par Washington: je précise ici qu'une base militaire pouvant accueillir des B52 a été installée par la CIA dans le Chaco paraguayen, aux abords de la frontière bolivienne, là où il n'y a rien. Au cas où!
Les régions de l'est vivent alors l'arrivée de Morales comme un traumatisme. Les catholiques le traitent de "antecristo" et une bonne partie de la bourgeoisie blanche ou métissée l'appelle "el mono", le singe. C'est un indien dans leur tête, donc un être inférieur. Santa Cruz s'est alors inventé sa propre "race", ils sont des "cambas" et non des "collas" comme la partie altiplanique. Mais ce n'est pas de la déconnade, ils se pensent réellement distincts, produit de migrations européennes durant le XXè et de la Bolivie créole du XIXè. Ils ont alors essayé de déplacer la capitale exécutive vers Sucre, capitale historique, pour sortir le pouvoir de La Paz, la ville rouge. Mais ça n'a pas marché, alors ils passent à la vitesse supérieure et s'autonomisent pour garder leurs intérêts. La nouvelle constitution de Morales prévoyait effectivement une réforme agraire pour des milliers d'hectares non cultivés à l'est. Des personnes avec qui je vivais en Amazonie m'ont dit: on ne laissera jamais des "collas" venir ici prendre nos terres, on ne veut pas les voir, même si la terre n'est pas utilisée, on ne veut pas voir ces indios chez nous.
Concernant l'apport des immigrations successives, les peuples indigènes ont plutôt connu la souffrance jusqu'à aujourd'hui. On dit souvent en Bolivie que l'Espagne a envoyé ses hommes les plus vils et les plus cupides, je vous rappellerai que ce sont 500 ans de domination vécue comme telle et réelle. Ce n'est qu'en 52 que les indigènes ont eu le droit de vote, sinon ils étaient toujours des hommes inférieurs, des mineurs dans leur propre pays. La hiérarchie sociale se base toujours sur une hiérarchie ethnique prépondérante. Donc "immigration positive", oui, ça dépend comment et selon qui. Beaucoup de nazis sont venus s'y réfugier et en 2004 par exemple, un scandale a éclaté quand le sélectionneur d'une équipe de foot (je ne sais plus laquelle) a dit qu'on aurait besoin d'un nouveau Hitler pour régénérer un peu le peuple bolivien: ce sont des discours qui circulent facilement. Et des quartiers fermés interdits aux indigènes fleurissent çà et là, à La Paz, Cocha, Santa Cruz... Des ghettos pour riches avec des visages plus blancs que le mien.
Je m'arrête là, vous vouliez des faits, je vous en donne, c'est mon métier... Mais je ne peux vous laisser dire des choses idiotes et infondées, ou sinon sur les pires préjugés, ceux qui ont mené des étudiants à Sucre il y a deux semaines (voir mon article sur le sujet, écrit par des anthropologues de renom) qui ont humilié en place publique des indigènes et organisé un vrai "pogrom" dans les rues de la "Ville blanche", pour moi la plus belle ville d'Amérique latine: une pure utopie construite par et pour l'aristocratie espagnole au début du XVIè siècle selon le modèle andalou (donc arabe) quand les populations précolombiennes étaient réduites en esclavage dans les mines du Potosi à quelques centaines de kilomètres de là. Les aléas de l'Histoire, brassage des cultures dans la violence et le reniement. Lisez Eduardo Galeano, philosophe et poète uruguayen: "Les veines ouvertes de l'Amérique latine", écrit en 70 et quelque, un chef d'oeuvre qui nous fait revisiter 500 ans d'histoire. Bien à vous, mon cher Aborigène! Vous me faites écrire au final...

alors la, Bravo pour ce resume de l histoire de la Bolivie.

Enfin une nouvelle qui n'en est pas une. Cloclo et aborigène réunis dans la défense des dictatures latino-américaines qui permettaient aux USA de se goinfrer sur le dos des peuples.

Cher Jacques T,
Je faisais remarquer que Moralès n'est pas un défenseur acharné de la démocratie quand elle ne va pas dans sons sens. Il me semble que plusieurs provinces se sont massivement prononcées pour une autonomie accrue et qu'il ignore superbement cette manifestation du suffrage populaire.
Quid de la récent modification de la constitution qui exigeait une majorité qualifiée. Encore une fois un fait n'est pas une opinion.
Avec ma sympathie

Cher Gwenael Glatre,
Merci de cette présentation intéressante quoiqu'un peu idéologiquement biaisée. Elle n'explique cependant pas les dérapages de Moralès refusant de prendre en compte les votes massifs de quatre provinces et modifiant arbitrairement la constitution. Un peu de patience , vous verrez, il va glisser vers la dictature; lui et Chavez me font tellement penser à Mussolini.
Avec ma sympathie

Re bonjour aborigène,
juste une remarque : vous ne nous avez pas dit ce que vous pensiez du texte me semble t il.
allez, une deuxieme : ca ne me derange pas que vous exprimiez le fait que chavez et morales vous fasse penser à mussolini, c'est votre droit de le penser. Je n'aborderai pas le fond de cette comparaison , au passage étayée par aucun argument (je ne suis comme vous vous en doutez pas du tout d'accord avec vous), mais reconnaissez qu'en affirmant cela, vous etes au moins aussi virulent que les personnes que vous villipendez dans vos precedents messages...non?
bonne journée

Cher Johnburrow,
Je réponds à votre première question, ce n'est pas une mais quatre provinces sur neuf qui ont voté pour une autonomie accrue; les cinq autres ne se sont pas prononcées. La comparaison avec le pays basque n'est pas pertinente car d'une part , il existe un terrorisme basque ce qui n'est pas le cas des opposants à Moralès et d'autre part, le pays basque a déjà un statut de très large autonomie...
Quant au texte, je partage l'avis de Cloclo sur les différences entre émigrations ; européenne vers l'amérique latine et actuelle vers l'europe et je considère que Moralès serait plus crédible s'il était un vrai démocrate. En dehors des quatre provinces, il y a la réforme de la constitution accomplie selon des procédés en contradiction avec les textes.
Mussolini a commencé en étant socialiste et je ne fais pas de différence entre les populistes de gauche et leurs copains de droite; ils glissent tous dans la même direction.
Avec ma sympathie.

Bonjour aborigène, cher vieil adversaire,

J'essaye d'appliquer votre raisonnement. Que dire d'un président qui fait fi de la volonté du peuple, exprimée librement à l'occasion d'un référendum, et fait adopter la même chose par un parlement de godillots à sa botte...Si je vous ai bien lu, "Bling bling" est sur la mauvaise pente ?
Concernant Cloclo, bien sur que ses propos, aussi discutables soient ils, doivent pouvoir être exprimés librement.

Cher Jacques T,
Vous avez raison et en plus , il nous supprime le référendum sur la Turquie. Pour une fois que j'allais voter non des deux mains!
Avec ma sympathie

Cher Jacques T,
Vous avez raison et il nous refait le coup avec la suppression du référendum sur la Turquie. Pour une fois, j'aurais voté non des deux mains!
Avec ma sympathie

Bonjour,
J'admire le teste du Président Bolivien, je n'aime pas ce que dit Cloclo mais je suis content qu'il ait pu le dire sans se retrouver en prison. La pensée unique aurait été de ne pas le trouver... même s'il nous déplait.

Cher Aborigène,
je ne vois pas bien comment un Etat quelconque pourrait accepter des déclarations de guerre, si vous saviez le contexte en Bolivie, vous verriez la complexité et la violence des affrontements. A Santa Cruz et à Sucre, des milices de jeunes font la loi, appuyés par les élites locales, ces derniers jours Morales n'a pas pu être reçu à Santa Cruz, ces mêmes milices l'en ont en effet empêché. A Sucre, ces milices, j'emploie le mot avec précision, sont motivées par le recteur de l'Université San Javier, où j'ai failli m'inscrire et ai plusieurs amis. C'est la plus vieille université du cône sud (la première est au Mexique, plus au nord) et le racisme est un peu la loi des lieux. On aime bien les ancêtres, les Incas et Tiwanako, les grands Empires qui font rêver les touristes, mais les indigènes restent de simples paysans avec des gênes inférieurs. Les gouverneurs de ces régions appellent à la sédition et n'ont jamais reconnu le vote démocratique de 2005 en faveur de Morales, menaces de coups d'Etat et maintenant organisations fascisantes à leur service. Ces référendums ne sont en rien des processus d'autonomisation dans le cadre d'un Etat de droit mais de réelles séditions en dehors de ce même Etat de droit commun. Comment un Etat quel qu'il soit pourrait reconnaitre cela? Imaginez-vous en France Sarkozy accepter du jour au lendemain la sédition de la Corse ou l'Espagne, du Pays Basque. Surtout que dans ce cas, il n'est pas question d'une seule autonomie régionale, c'est avant tout un conflit de "classe" et racial. A votre goût d'approuver qu'une bourgeoisie agraire et raciste puisse se distinguer de ses compatriotes mais à des chercheurs comme moi de révéler la violence en jeu dans ces rapports de force. A Santa Cruz, les gens ne comprennent pas qu'un français comme moi aille voir ces "indios" de l'Altiplano, qui sont laids et bêtes, c'est bien connu. Mais quand vous me parlez de "démocratie", laissez-moi rire, l'esprit n'est pas vraiment à l'égalité "en droit et en dignité" dans les mentalités crucenas: l'industrie agro-alimentaire et pétrolifère mène la ville et le complexe militaro-industriel forme les cadres techniques, rien de très "liberté d'expression", vous n'imaginez comme c'est une zone de non-droit, la cocaïne y coule à flots, des petits avions décollent tous les jours d'Amazonie, un collègue chercheur qui travaille sur les réseaux de la cocaïne dans les années 80 me racontait qu'il y avait une ligne hebdomadaire Santa-Cruz-Miami, aller-cocaïne, retour-whisky et quincaillerie occidentale. Vous êtes très loin du monde avec vos clichés figaroïques ou les-échoïques. Quant à Mussolini, s'il vous plaît! Arrêtez d'être ridicule, je vous dirais que je pense que la Bolivie est le pays le plus démocratique au monde, parce que l'Etat reste une belle chimère, inexistant. Quand je suis parti en septembre de l'année dernière, il y avait de mouvements sociaux tous les jours et je vous révélerai une statistique: sur les premiers six mois de 2007, il y a eu plus de mouvements sociaux "de droite" que de gauche, je pense que c'est allé en s'accroissant depuis mon départ. Connaissez vous un pays où la droite va plus dans la rue que la gauche? Tout est plastique, tout est faisable et le fonctionnement du MAS au pouvoir est très "démocratique" en tant qu'ils respectent les rapports de force en jeu et ne peuvent pas faire grand chose. Ils ne peuvent plus faire respecter la Loi, comme on le pense depuis Montesquieu, ou avoir le "monopole de la violence" selon Weber; les aristocraties locales l'en interdisent et ils n'envoient pas les forces de l'ordre pour faire respecter les décisions gouvernementales. Pour info aussi, à Cocha, ma ville chérie, le préfet est de la vieille droite réactionnaire et quand Morales arrive à l'aéroport, il doit se "démerder" avec ses propres moyens, la ville refuse de l'accueillir, même pas un taxi... C'est comme ça, mais si c'est juste pour me provoquer avec du "Mussolini", celui-ci est de droite, donc de chez vous, Morales est du Peuple, donc de gauche, donc de chez moi... Gardez vos chiens! Merci...

Bonjour Gwénaël,

Un grand merci global pour toutes vos contributions sur ce sujet.

Cordialement,

Merci cher Jacques T., je n'écris pas dans le vide alors, vous me rassurez. Merci à vous!

En lisant attentivement tout ce qui précède, une chose sure est que Mr Glâtre est un des plus fins connaisseurs que je connaisse, sinon de l'Amérique du Sud, mais du moins de la Bolivie , et que sur ce point le billet de Morales tombe à point pour lui et pour les causes "tiers-mondistes" qu'il défend avec cœur, brio et surtout une partialité nécessaire à son engagement fougueux.
Je ne dirai rien de certains autres blogueurs qui dégainent très vite le fameux qualificatif -injure "raciste" qui, étant tellement galvaudé et utilisé à toutes les sauces, s'appliquerait aussi à Levi Strauss au vue de certains de ses écrits d'ethnologue-anthropologue. Avec ces procès d’intention, Morales est violemment raciste dans ses propos, sans parler de Chavez (voir par exemple son attitude ridicule et clownesque à l’ONU qui faisait honte à tous les pays d’Amèrique du Sud, et rigoler tous les autres à travers le Net.)
Pour en revenir à Mr Glâtre, comme certains lui ont reproché, celui-ci ne devrait pas écrire des phrases excessives de par les qualificatifs utilisés à l'encontre de certains blogueurs (Aborigene, moi et d’autres ..) pourtant polis et mesurés.
C'est comme si je l'accusais, au vue de ses écris, de "gauchisme ringard, dépassé", d'avoir une vision manichéenne et binaire (les bons "sauvages indiens rousseauistes" d'un coté et les mauvais sales-réacs-bourgeois-blancs-occidentaux-capitalistes (pléonasmes et redondances, je le sais, j’en suis!!) de l'autre) de la réalité complexe des "pays du sud", une pensée "simpliste pavlovienne aigrie par la vieille sauce rance du Marxisme", et même montrer un racisme "anti occidental-blanc" implicite. Je n’insiste pas dans d’autres qualificatifs péjoratifs que je pourrai encore utiliser à son encontre si j'adoptais le même état d'esprit.
Ce coté un peu puéril et primaire dans la dialectique de Mr Glâtre tranche avec ses connaissances purement factuelles impressionnantes de certains pays d'Amèrique du Sud. C'est dommage car la forme gâche beaucoup le fond.
Pour en revenir au fond, et là je prend un peu de hauteur, ce qui m'a frappé aussi dans le billet de Morales, et dans d'autres discours comme ceux du « clown » (Je dis bien clown et j’assume) Chavez c’est cet espèce de complexe de l’indigène vis-à-vis du blanc-caucasien, complexe non encore surmonté que l’on retrouve dans tous les discours actuels aux States et en Europe dans la bouche des anciens colonisés, afro-américains, noirs de France, arabes, qui demandent la repentance, mot à la mode, à l’Occident, et les dédommagements naturels et automatiques qui devraient accompagner ce grand Pardon.
Et donc, pour terminer vite fait, je fais partie de ce type d’occidentaux, n’ayant pas honte de se faire appeler affectueusement « gringo » par son ancienne petite copine indienne chilienne, mais fatigué que l’on essaye depuis des années de me culpabiliser et de me rendre responsable de toutes les misères du Sud, du fait que les sous-développements reste sous-développés, que je continue à exploiter les sous-sols, surface sans rien devoir. Et bien non, je ne dois rien !! (Traduisez bien sur : l’Occident ne doit rien !!)

Cher Cloclo,
je préfère arrêter là la polémique, je réponds assez longuement dans la page précédente à ce dernier commentaire, je ne suis pas là pour vous cracher au visage comme je sais qu'il en est de même pour vous. Je vous respecte même si nous avons pu rentrer en conflit et développer des positions pour le peu divergentes, vos caricatures à mon adresse ne me choquent pas, c'est de bonne guerre, comme dirait l'autre. Qu'on me résume à être un gauchiste invétéré ne m'effondrera pas, pas de problème parce qu'il y a une certaine dose de vérité. Juste une chose, concernant le racisme "anti-blanc" ou "anti-indien", je vous dirai juste que par expérience, et en Bolivie la chose est assez frappante, ce sont les métisses qui sont souvent les plus virulents et crient "sangre de indio". Le complexe ethnique est dans tous les sens, parce qu'il fonde justement pour une bonne part l'histoire de ces sociétés. Et je pourrais difficilement être de ces "anti-blancs, capitalistes, occidentaux", à moins de vouloir me tirer une balle dans le pied... Donc bon, restons-en là et pour info, pour tous ceux qui ont participé à ce débat, je lance une édition dont j'attends la validation par l'équipe de Mediapart et que je fournirai quand j'aurai plus de temps devant moi, titrée: "Pérégrinations depuis les Nouveaux Mondes". Je ne serai pas dans cette "dialectique primaire", je vous rassure et espérerai que vous ne serez pas dans cette posture de "gringo" condescendant. Nous pourrons peut-être nous enrichir mutuellement, qui sait? Vive Morales en tout cas! (parce qu'il peut mourir d'un instant à l'autre et ce n'est pas ici une blague, veuillez bien me croire...), donc criez avec moi: "VIVE MORALES!!!". ahahah...
Bien à vous, Gwénael

Il me semble que c'est cette semaine que va être proposée au vote cette loi de la honte, une des toutes premières de la nouvelle organisation européenne, à 27, espérons qu'elle ne sera pas votée ! .
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La semaine dernière, c'était sur la semaine de travail à 65 heures....
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A suivre...

Merci d'avoir publier ce beau texte du président MORALES ; pour celui qui l'a traité de clown , je suppose qu'il ne voit pas certains chefs d'état de la riche Europe avec les mêmes yeux que le commun des mortels
Il y a de vrais clowns à la tête de certains états européens ! il est inutile de les citer d'ailleurs .

Jogua

A malin malin et demi ! Sans être blanc-bleu lui-même dans son propre pays, on ne peut qu'approuver la décision d'Evo Morales et espérer, pour faire bonne mesure, que d'autres pays colonisés par la vieille Europe le rejoignent dans sa prise de position. En attendant, cette énergie à bouter l'étranger hors du sol d'accueil va être l'occasion de bien des malheurs encore sur le terrain, tous ces gens déracinés brutalement pour être baladés ça et là... Et tout ça a pour origine le caprice de dirigeants qu'on croirait encore en cour de récréation !

J'adore ce texte ! Incontestable il n'appelle aucun commentaire. Espérons seulement qu’il fera comme une électrolyse vous savez quand vous mettez votre main dans un bac à eau et que l’on envoie de l’électricité. Ca pique !!!!!!!!!!!!! Si vous avez du mal a visualiser mâchés donc un morceau de papier aluminium. Même petit cela devrait vous éclairer immédiatement.
Quand a Aborigène et a cloclo si il fallait encore une preuve là nous somme servis.
Non seulement ils sont mandatés par les néocons libéraux les plus rétrogrades, mais en plus il font partis de cette frange de raciste suffisamment malin pour s’abriter derrière des réalités tronqués par ceux qui les envoient. Ils sont retords les bougres, malins et intelligents. Ce qui fait d’eux des ânes méchants et cyniques, mais intelligents. Et c’est ça qui les rends dangereux : Les cons ça osent tout et c’est même a ça qu’on les reconnaît.
C’est pas une polémique, je suis factuel a l’instar de nos deux oiseaux qui revendiquent ce privilège. Je dis ce que je pense, car j’ai lu leurs commentaires a ces deux là, ils en arrivent même a vouloir nous convaincre que marie 93 est raciste oui pourquoi pas ! sauf que les restrictions sont dans leurs écrits pas dans ceux de marie93.
Et je n’oubli pas que même si avec ce texte Evo Morales a raison, il lui arrive parfois d’être sur les bordures comme le clament haut et fort nos deux argousins d’opérette. Mais eux en tirent une loi générale même sur ce texte. Ce qui fait d’eux des gens de mauvaise foi. Avoir raison pour des fait différents, les empêches inexorablement d’approuver les action positive de Morales. L’idéologie est une plaie moderne venue de la nuit des temps, toutes les traditions ne sont pas bonnes. Une plaie de plus ou de moins vous me direz, c’est pas très grave !!

?????

Quoique opposé à mes thèses, Gwénaël Glâtre fut dans ses réponses plus poli, mesuré et intelligent et même instructif que ce que vous exprimez dans votre réponse dénuée de tout intérêt, l'utilisation du terme "con" aidant.

Ce texte me touche et les paroles de Mr Morales ne me semble pas donneur de leçon, mais porte un regard juste sur la colonisation et les pratiques intéressés des voyageurs imigrès vers l'Amérique du Sud. Les richesses issues de la production, les pierres précieuses, les objets d'art, avant les épices, les tissages, puis les sous sol riches en matériaux : tout a été organiser pour extraire, enlever et pour tirer des profits outre atlantique.Aujourd'hui, il me semble que cette analyse soit juste un miroir : est-ci insupportable d'admettre que c'est notre histoire. NOn Mr Morales n'est pas un saint, mais il pense que : "l'hôpital se fout de la charité !" A quoi sert la citè de l'imigation , le devoir de mémoire, si l'amnésie et l'Alzeihmer nous guettent. De qui se moque t-on pour donner des leçons de morale aux imigrès qui font vivre une grande part de nos entreprises. La grêve des sans papiers aurait, ou pourrait encore paralyser le pays, la construction, la restauration, les chantiers, le ménage partout c'est cette manne financière qui permet encore des gains aux entreprises du CAC 40. Nous le savons c'est une main d'oeuvre obligée qui demande à être régularisée. Aucune ANPE ne parviendra à obliger qui que ce soit à se soumettre à l'esclavage initié par l'Européen, qui est quotidien autour de nous. Parlons de la Bolivie , pour oublier la maltraitance dont sont victimes les personnes qui sont en France, et que de bons chefs d'entreprise qui payent l'ISF, exploitent dans leur restaurant, PME, entreprises privées, particuliers pour le ménage ou le jardin et qui n'ouvrent pas au ticket Emploi-services !!

Qui peut s'élever pour faire cesser la valse de loyers payés en dessous de table pour des immeubles parisiens juteux, où s'entassent les familles menacées dans des logements insalubres. Et qu'on ne me disent pas que les personnes étrangères sont sales, cela me fait bondir moi, qui dans une profession médicale, n'est jamais connu la crasse que chez le Français moyen, de souche.
Mettre un frein légitime à des décisions politiques qui ont su se faire valoir d'une tendance Le peniste, traumatisés par un printemps où nous devions mettre dans l'Urne un bulletin de droite. Les penseurs pensant à la stratégie de conquête ont harangué les électeurs d'extrême droite, du bord droite et tous ceux qui se permettent de dire, qu'ils appartiennent à une nation, la France, ils veulent la nationalité, et l'identité. Oui, ils ont gagné le ministère de la Honte. Tout les jours dans ce pays dit des droits de l'homme on fustige la différence, la couleur, la taille, le poids, l'accent.
Seul sur son île, le pauvre erre, ne se plaint plus de personne, il meurt tranquille.
Les politiques sont en route mais les LOLF, RGPP, autres réformes qui visent à favoriser les transactions européennes de services, ne peuvent plus développer des politiques de territoire. Nos enfants aiment l'auberge espagnole, ils traversent le monde pour leurs études, pour apprendre les langues. Sans un mot de savoir, ils apprennent la langue de l'Autre, la langue de la différence, ils se comprennent s'aiment, et font des familles. Monsieur Sarko, l'expatrié devrait bien cesser d'allumer "l'heurte-feu" de tout bois ! OUI, Monsieur Morales, ces messieurs sont en retard , ( en retard, en retard , j'ai rendez vous quelque part ! le lapin de la belle petite Alice ) ils courent, courrez mais ...ils n'ont pas vu que le monde a changé, qu'internet va leur couper les ailes, que ce texte circulera et que ni les manipulations politiciennes, ni les intérêts personnels de quelques politiciens verbeux soutenus par le Medef, ne pourront empêché , ce qui est en marche. ON SE REVEILLE, et on RESISTE, au gavage médiatique, à la publicité mensongère, à l'information tronquée, à la médiatisation grotesque. Vive médiapart !

Si il vous reste cinq minutes , petite analyse de comportement, post -latino !!
Dommage, que le travailleur moyen, votant pour garder sa petite place, de français moyen privilégié, devra encore se coltiner de belles galères, quatre ans au moins, bien plus si affinités. Celui qui dans la presse people nourrit ses rêves de grandeur, se gave de télévision aux programmes organisés pour les bénéfices des grandes entreprises. Le CONsommateur moyen, gavé aux bons produits spécial téléréalité, qui ne sait plus faire la différence entre ce qui est bon ou mauvais, qui est engraissé par la PUB, puis culpabilisé par la pub, puis médiqué par les laloratoires pharmaceutiques, enfin pris en charge par les comportementalistes redresseurs de tord pour qu'il cesse cette addiction qu'on lui a si habillement fourguée !!!
Si la dépression le guette, maltraité au travail, et coupé de tout lien social devant sa télé ou son ordinateur (souvent en panne , oh rage ...) les cliniques privées pourront l'accueillir, les centres de sport le coacher, mais surtout , il serait ridicule qu'il pense au suicide. Qu'il joue plutôt au Loto et aux machines à sous pour le grand bonheur de tous, et surtout de monsieur PART- TOUCHELEGROSLOT ;
Même si LE FRANCAIS s'est fait une identité, il n'est PAS RACISTE (mais quand même.. préférant les blancs, et de sa région de surcroît, l'accent est pas bien vu, du CHTI, comme de Marseille, de l'Alsace , comme du Pays de Caux !)
Pourtant à TOUS: restrictions, se serrer la ceinture, chômage technique, privé de vacances et licenciement pour faire fructifier les investisseurs donneurs de leçons, qui roulent en 4x4, qui polluent et parlent de développement durable, qui mangent gras, et fument des "Cubains" roulés à la main, à des prix inaccessibles, payent l'ISF, se shootent à la cocaïne Chilienne ou Bolivienne (sont pas difficile dans la jet set !) qui font du sport car leur travail ne les fatigue pas, et qui de toute façon iront maintenant exploiter en Chine ou en Inde, ce que l'Amérique Latine ne leur donne plus !!

Merveilleux texte qui devrait être utilisé par de nombreux professeurs ( collèges ,lycées ,facs ).
Gwénael ,tu es une fabuleuse découverte pour moi ,GRANDE CLASSE .Je vais faire un max de photocopies et en donner autour de moi (à ceux succeptibles d'aller au-delà de 10 lignes) .MERCI à MEDIAPART d'avoir publié cette lettre .Vous devenez vraiment d'utilité publique .E VIVA MORALES !!!!!!