C'est devenu un grand classique du débat politique français : périodiquement, et notamment à l'approche du 15 juin, qui est la date limite de son paiement, l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), déchaîne les passions, avec d'un côté certains courants de la droite et des milieux d'affaires qui revendiquent sa suppression pure et simple, et de l'autre certains courants de gauche qui réclament son durcissement. Mais, ensuite, de manière tout aussi rituelle, les passions retombent. Car il existe, en vérité, un non-dit dans ce débat fiscal : malgré les apparences, le statu quo fait les affaires de beaucoup.