Murdoch donne des leçons (et Danièle Giazzi des boutons)

Du WSJ au Monde en passant par le NYT, allais-je écrire avant hier, je trouve les pages d’accueil et l’environnement des principaux sites de news adossés à de grandes marques de quotidiens (ces exemples ne sont pas exhaustifs, loin s’en faut) très peu imaginatifs, rarement innovants, tous trop similaires et encore empêtrés dans l’idée que “le site doit ressembler au journal”. Récemment le Figaro a opté pour l’option inverse (je journal se rapproche maintenant de l’esthétique du site, police comprise). Je pense que les deux sont des erreurs. Un site web est un environnement (un médium) bien spécifique. Le quotidien papier en est un autre.

 

Nos sites web sont de plus en plus similaires. Vous ne me croyez pas ? On se normalise

 

Mais passons les atermoiements paranoïaques. Bien des exemples pourraient aussi démontrer le contraire.

 

 

Ce papier que je n’avais pas publié, 48h plus tard, a une raison d’être. C’est le “grand méchant loup” qui nous donne (une fois de plus) une leçon : Murdoch et ses sbires ont transformé le site du WSJ en réseau social hyper qualifié. Donc hyper rentable. Lire cet article d’un blog du Figaro ou cet article paru hier dans le même journal, par exemple (note > comme quoi le modèle payant a sans doute de l’avenir).

 

Oui, un site d’information doit être (et sera notamment) un réseau social. C’est évident. Et cela tend à être de plus en plus le cas (quel site ne propose pas sa page perso et des groupes d’intérêt ? J’en vois encore pas mal ;-) ). Comme ce sera aussi un site agrégateur/carrefour (du link journalism).

 

Il y a 6 mois je me demandais à ce propos si les Ning allaient remplacer les blogs. Erreure. Ce sont les réseaux sociaux propriétaires des sites d’actualité des grandes marques de média (ou l’inverse) qui les intègrent et en intégrerons davantage. En les valorisant. Il fallait bien que tous ces flux génèrent de la richesse un jour. Vous ne pensiez quand même pas que cela allait être pour vous ?

 

 

Pendant que quelques uns se tripotent les neurones à savoir si la concentration dans les médias est un danger pour le pluralisme, d’autres certifient le contraire : “Il faut libéraliser le secteur”, comprenez, favoriser les concentrations (oui, je sais la logique sémantique n’est pas évidente, c’est le propre du néolibaralisme). “Aujourd’hui à l’heure d’Internet et du numérique, le pluralisme serait garanti par l’abondance des sources d’information” nous assure la rapporteuse de la commission mandatée par notre ovniprésident (voir le rapport ici en pdf).

Après la riposte graduée, voici la concentration graduée. Amis, réjouissons-nous de la plus grande puissance de feu sur nos “temps de cerveaux disponibles” demain d’un Bouygues, d’un Boloré ou d’un Lagardère.

 

A force de se ressembler les sources d’info n’auront donc plus qu’à se “rapprocher” voir à opter pour un diffuseur commum.

 

Le pluralisme, c’est toi, c’est moi, mais ça ne sera pas eux.

 

Une idée pour la commission (qui prépare les États généraux de la presse, l’examen de la loi audiovisuelle et celui de la loi antipiratage des œuvres culturelles - rien que ça) > réfléchir à un véritable service public de l’Internet, endémique et multimédia. Ma marote :-)

Le New York Times a lui aussi opté pour cette articulation producteur de contenu/réseau social avec Times People
http://timespeople.nytimes.com/home
Il existe même une extension pour FFox. Incontestablement, cette idée de lecture collective permet de développer les possibilités du "commentariat" (blogs, etc.) sur le Web. Mais il manque encore la possibilité d'annoter un contenu pour les seuls membres de son réseau social (les commentaires ou les réactions instantannées sont visibles par tous ce qui limite leur utilisation: on ne parle pas de la même chose en public et en privé).

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A propos du rapport qui donne des boutons, quelques éruptions sur la toile à prévoir:

"Nourrie par 80 auditions (dont seulement 3 acteurs 100 % Internet : Google,Rue89 et Mediapart), Danielle Giazzi réalise un premier constat frappant : la presse sur Internet fait perdre ses lettres de noblesse à la profession. Selon elle, la presse Internet (qu'il s'agisse de journaux uniquement Web ou de versions numériques de journaux papiers) "fragilise la qualité de l'information" et contribue à un "affaiblissement du débat démocratique". Aussi prône-t-elle une série de mesures pour aider les médias traditionnels à se faire plus facilement une place sur Internet. "

Sur le Journal du Net: http://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/actualite/la-pr...

Narvic (cf http://novovision.fr/ ) fait en ce moment une revue du web particulièrement dense à ce propos (rapport Giazzi) que je ne peux que vous recommander.

Ce rapport augure mal des rdv à venir...