Quelques informations sur le concours de recrutement des enseignants, par Sauvons l'Université!
Le calendrier choisi par le ministère pour les concours de l'année 2011 est emblématique de l'ensemble de la réforme de la formation des enseignants. S'y lisent le mépris pour l'idée même de formation et l'absence totale de prise en compte de l'intérêt des étudiants.
Demander que les concours soient maintenus au printemps, c'est, de notre part,
tenter d'agir sur l'aspect le plus ubuesque de cette réforme tout entière
néfaste pour la formation des enseignants et pour l'avenir des élèves et des
étudiants ; c'est rappeler qu'il faut du temps pour former au métier
d'enseignant ; c'est redire encore une fois que c'est aux universités
d'organiser la formation des enseignants, non aux rectorats, aux instituts
catholiques et aux officines privées.
Au fur et
à mesure de l'annonce des dates des prochains concours de recrutement des
enseignants, on réalise en effet ce qu'elles signifient, et l'incrédulité
grandit :
- Il s'agirait de préparer les concours de professeurs des
écoles comme ceux des professeurs des lycées et collèges en un mois (écrits des
concours du CRPE, dont la nature des épreuve est modifiée, en septembre ;
exemple d'un CAPES, celui d'histoire et géographie : écrits le 3 novembre) :
comment mieux dire que les savoirs n'ont aucun sens, puisque les programme ne
seront connus que tardivement ?
- Les épreuves de l'automne 2010 seraient
de fait réservées aux collés de la session du printemps 2010, ce qui
constituerait une entorse à l'égalité entre les candidats. Le concours 2011
serait-il conçu comme le rattrapage du concours 2010 ? Les candidats se
présentant pour la première fois auront-ils l'occasion de préparer en temps réel
les épreuves lors de « concours blancs » ?
- Les inscriptions aux
concours sont annoncées à une date où nombre de candidats engagés dans la
fameuse « année transitoire » ne sauront pas s'ils ont le master nécessaire à
leur inscription : cherche-t-on à limiter les candidatures à quelques centaines
de personnes ?
- En outre, certains IUFM ont déjà annoncé la reprise des
cours en août :
au-delà de la dégradation inacceptable des conditions de travail que cela
représente pour les enseignants, plusieurs questions doivent être posées :
•
Auront-ils des étudiants devant eux ? Ceux-ci peuvent-ils enchaîner deux
sessions de concours à quelques semaines d'intervalle ? Combien peuvent se
permettre de ne pas travailler de manière rémunérée l'été ? Imagine-t-on qu'ils
n'aient pas déjà organisé leur activité estivale ?
• Qu'en est-il des coûts
induits par l'ouverture ds bâtiments (alors que certaines universités cherchent
déjà à augmenter les plages de fermeture durant l'année afin de réduire leurs
dépenses) ? Imagine-t-on, pour résoudre ce problème, de nous proposer de mettre
des cours en ligne en libre service, alors que la préparation des concours est
le lieu de développement d'une relation scientifique et méthodologique entre
enseignants et candidats ?
• Quelles seraient les répercussions de ce
calendrier sur les services de l'ensemble des personnels universitaires ? Il
affecterait gravement à la fois le maintien des postes dans les IUFM et celui
des traitements dans les UFR.
Vue l'improvisation ministérielle, qui
révèle un mépris profond de la situation des étudiants et de la conscience
professionnelle des enseignants, il importe :
- de faire connaître partout
les effets de cette mesure sur les services (en interne dans les UFR et les
IUFM) ;
- de dénoncer l'inégalité entre les candidats et d'en avertir les
étudiants ;
- de faire voter partout des motions demandant le maintien des
écrits de concours au printemps 2011 (avec formation alternée des
fonctionnaires-stagiaires sur décharge horaire, l'année suivant leur
recrutement), à envoyer aux présidents des jurys de concours et aux deux
ministères concernés ;
- de faire relayer par les instances centrales des
universités que nous avons élues le refus de ce calendrier absurde
- d'alerter les responsables
politiques des effets délétères d'une telle
disposition.
Pas plus qu'une
masterisation « rien en un », ce calendrier inapplicable ne doit pas s'appliquer
!







Je suis entièrement d'accord avec vous, chère Nicole Orthous, et j'espère que noue serons nombreux à nous rassembler sur des bases claires pour lutter contre cette dégradation sans précédent ( voire cette absurdité ) dans la formation des enseignants, et élaborer une alternative positive. Bon courage!
c'est toujours le même principe de fragilisation des gens pour une plus grande emprise sur eux. c'est une mise en place d'une socièté totalitaire ou l'individu devra obéir, se taire, et bosser.