Les conséquences « comiques » de la suppression du samedi matin

Notre Président a annoncé la suppression des cours du samedi matin et Antoine Prost a dénoncé le Munich pédagogique que constituait ce passage de 26h à 24h de cours. Les deux heures dégagées seront consacrées à un travail des enseignants envers les élèves en difficulté rassemblés en petits groupes. L'idée est bonne mais, au-delà des déclarations, se pose la question de l'application  réelle de ces « nobles » intentions politiques qui tournent à la comédie burlesque. Explications. Attention, il faut s’accrocher.

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« Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais. Mais si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus. » Saint Augustin

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Mercredi 18 juin, les directeurs d'écoles sont réunis pour recevoir les instructions de cadrage en vue de la nouvelle organisation de la semaine scolaire. Afin de percevoir les aspects comiques il faut mettre en regard les textes réglementaires et le discours que l'administration nous tient. Le malaise est prégnant, les réponses sont floues et embarrassées.

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« Le conseil des maîtres propose à l’inspecteur de l’éducation nationale l’ensemble du dispositif d’aide personnalisée au sein de l’école, comprenant le repérage des difficultés des élèves, l’organisation hebdomadaire des aides personnalisées et les modalités d’évaluation de l’effet de ces aides en termes de progrès des élèves.

L’inspecteur de l’éducation nationale arrête ce dispositif pour l’année scolaire. Ce dispositif est ensuite inscrit dans le projet d’école selon les procédures en vigueur. » (je souligne)

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            1) Quand les enfants dorment, ils travaillent mieux en grand groupe

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« Le conseil des maîtres propose », comme quoi, le ministère est soucieux de la liberté pédagogique des enseignants ; or, nous n'avons même pas les moyens de proposer. L'Inspecteur d'Académie (sorte de Préfet de l’Education nationale), nous a fait savoir qu'il était pour la semaine à quatre jours, l'Inspecteur de circonscription ne veut pas que ce temps soit placé après le repas car nous connaissons tous les effets soporifiques de l'après repas. Il ne reste donc que le matin ou le soir à raison de 4 x 30 mn, 2 x 1 h ou 3 x 40 mn par semaine.

Entrons dans le détail, si dans une école aux horaires suivantes, 8h30-12h / 14h-16h30, une équipe enseignante veut placer des heures pour le travail en petits groupes avant 14h (par exemple à 13h30), on lui répond que ce n'est pas possible du fait du rythme de l'enfant ;  mais si l'équipe enseignante, soucieuse de ne pas faire finir trop tard, change les horaires et adopte d'autres horaires pour placer les heures de soutien en petits groupes en fin de journée, 8h30-11h30 / 13h30-16h30, là c'est possible. Que l'on m'explique par quel miracle un petit groupe d'élèves ne peut pas travailler à 13h30 mais qu'une classe entière le peut !

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            2) Quand les enfants travailleront plus que leurs parents

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Donc, nous voilà contraints de rallonger une journée, déjà longue pour les élèves en difficultés. Songez qu'il faille ajouter des heures de garderie le matin, puis le temps de cantine (rarement un moment de détente pour les enfants), les heures de soutien, nous atteignons une journée entre 8 et 10h pour selon les enfants. Mais le gouvernement a imaginé « aider » les enfants des quartiers  « difficiles » en proposant le dispositif l'école après les cours. Ainsi, certains élèves pourront rester à l'école encore plus tard. On se demande, aux vus de ces dispositifs, si, s'appuyant sur des recherches montrant un lien entre le capital culturel de la famille et les résultats des enfants, l'idée du pouvoir en place n'est pas de « retirer » de fait la garde des enfants à certaines familles. La logique est imparable une fois de plus : les causes des difficultés scolaires sont le contexte familial donc supprimons le contexte familial. « Comment oser dire çà ? Vous préférez que les enfants trainent dans la rue ? C'est ce discours de la gauche qui a conduit à abandonner les familles les plus démunies. Que va-t-on me reprocher ? De ne rien faire ? Et bien moi j'agis ! Je donne une chance à ceux que la vie n'a pas épargné. » (j'imite bien Sarkozy, non ?)., On trouvera donc des enfants qui ont des journées de presque 11h. On attend les progrès des élèves concernés qui seront présents près de 44heures par semaine sur leur lieu de travail. Les enfants auront une durée moyenne de travail comparable à celle des cadres supérieurs mais en quatre jours seulement !

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            3) Quand les principes quantiques ne s'appliquent pas à l'échelle scolaire ou quand un élève n'arrive toujours pas à être au même moment dans le bus et dans la classe !

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Reprenons, nos histoires d'horaires. Imaginez que vous êtes dans un milieu rural ou rurbain. Admettons, que les élèves en difficultés seront accueillis 3 fois 40 min après la classe de 16h30 à 17h10. Il faut régler le problème des élèves qui prennent un transport scolaire pour aller chez eux. Doit-il passer après 16h30 ou après 17h10 ? Les municipalités, non consultées par le Ministre, comme il se doit, ont le choix entre :

*organiser une garderie, et donc payer du personnel, pour garder les enfants jusqu'au passage du bus après 17h10, en attendant, on ne sait où, les copains qui travaillent dans les classes. « On ne sait où » car, si les classes sont occupées, dans quels locaux seront accueillis les élèves de la garderie ? Dehors ?

*autre solution, le bus peut passer deux fois, il faudra donc payer deux fois plus cher le transporteur, ce qui est un bon calcul en ces temps d'augmentation du prix de l'essence.

*Dernière solution, ne faire passer qu'un seul bus après 16h30 et laisser les élèves en difficultés se débrouiller.

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Vous pensez bien que c'est la dernière solution qui nous a été proposé par l'Education nationale : ce temps de soutien serait du temps péri-scolaire. C'est donc aux parents à faire en sorte de se débrouiller pour que leur enfant soit aidé. Peu importe s'il s'agit d'une famille monoparentale et que la mère (c'est souvent une mère) est sans voiture (en zone rurbaine et rurale, cela compte) ; si elle veut montrer qu'elle veut vraiment aider son enfant, elle doit faire l'effort sans quoi : « vous comprenez Madame, on vous a proposé des heures de soutien mais vous avez refusé, vous voyez vous avez signé ici  Mais, je n'avais pas de voiture et avec mon contrat de 18h dans l'agence de service à la personne, je ne peux pas gérer mes horaires Quand on veut, on peut, Madame ».

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            Appendice à la partie sur le temps qui ne concerne pas des histoires de temps

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Il y a des conséquences à cette réponse en termes d'assurance. Si l'école est obligatoire que l'élève soit assuré ou non, il en va autrement pour les activités périscolaires.

« Le chef d'établissement peut exiger une attestation d'assurance et refuser la participation de votre enfant à défaut d'assurance (une note de service n° 85-229 du 21/06/1985 et la circulaire du 29/08/1988 du Ministère de l'Education nationale préconisent en effet de subordonner la participation des élèves à la souscription d'une assurance). »  (site MAIF).

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            4 ) Quand le temps devient de la durée

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Vous allez maintenant observer plusieurs anomalies dans la durée du temps au sein de l'Education nationale.

24h = 22h.

60h = 50 h ou 48h ou 40 h ou 60h (mais il y a encore d'autres solutions.)

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« 24h = 22h. » comme Claude Lelièvre et moi-même l'avons déjà écrit sur ce site, les récréations ne sont jamais comptées donc, 24h de classe égale à 22h de cours. Les 8 x 15 minutes de récré sont « réparties équitablement entre toutes les disciplines ». Je n'ai jamais rencontré un enseignant qui ait réussit une répartition équitable. Au moment où j'écris, je n'ai pas encore fait mon emploi du temps mais je sais pourquoi...

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60 heures est le nombre d'heures à l'année que les enseignants doivent consacrer aux élèves en difficulté soit presque 2 heures par semaine (les fameuses deux heures en moins). Oui, « presque », entrons dans le détail...Donc ces 60h devant les élèves se décomposent en 10h de préparation pour l'enseignant en vue de la prise en charge du petit groupe d'élèves et 50 h de présence devant les élèves. Mais selon les circonscriptions cela peut être 12h / 48 h ou 20 h / 40 h. Adaptation selon les difficultés du terrain ? (Et d'ailleurs si les élèves sont plus en difficulté, faut-il plus préparer ou  être présent plus longtemps ?) Non, rien avoir avec le terrain mais tout dépend des choix de l'administration.

Mais, attention si 60 h = 48 h de présence devant les élèves, 48 h égale aussi 38 h ou 28 h ou 18 h  pour le directeur selon le nombre de classes. Les directeurs (groupe clef dans le déclenchement d'un mouvement de masse au sein de l'éducation car il concentre l'information sur l'école) ont eu droit à une décharge de temps pour compenser leur charge de travail.

Tout cela est bien me direz-vous. De quoi se plaint-il ? Disons qu'une réforme qui se veut rendre l'école plus lisible aux parents et uniforme sur tout le territoire (suppression du samedi matin et fin des samedis vacqués) et qui multiplie les possibilités selon les lieux et les personnes manque cruellement son but.

D'où le vrai problème que se pose l'administration. Le vrai problème n'est pas la réussite des élèves mais il s'agit de savoir si chaque enseignant fera bien toutes ses 108 heures ainsi éparpillées. J'ai dit 108 h ? Ah, oui ! En fait nous avons 48 h pour tout un tas de réunion (ce temps ne les couvre pas toutes) et de formation. Donc 60h « avec » les élèves et 48h « avec » les adultes. 24h de réunions avec les collègues, les professionnels ou les parents ; 18 h pour la formation (en fait 12h car l’Inspection n’a pas les moyens de mettre en place 18h de formation, donc 12h et 6h de « formation personnelle », par exemple, pour lire un livre…, 6h de lecture dans l’année pour un enseignant…); enfin, 6 h pour les trois conseils d'écoles avec la Mairie et les parents.

Donc, il faut vérifier ce que chaque enseignant fait dans son école. Il y a donc des papiers à remplir, à renvoyer, à re-remplir...Dans l'Hérault, il y a plus de 600 écoles pour 19 Inspecteurs soit environ 1 Inspecteur pour 253 enseignants. La tâche ne va pas être facile. Peut-on compter sur les directeurs d'école pour contrôler les enseignants, n'est-ce pas leur rôle ? Non, un directeur n'est pas un supérieur hiérarchique (ça coûterait trop cher, un chef par école), il ne fait que passer l'info aux collègues. Donc tout enseignant devra se déplacer dans son école ou celle du voisin avec ses papiers. Enseignants ! Documenti comme le dirait Léo Ferré.

« Ou celle d'à côté » ? et comme l'administration a peur que des enseignants se tournent les pouces, on propose à ceux qui n'auraient aucun élève en difficulté d'aller en voir de près, ailleurs. Notamment les enseignants de maternelle (chez les 3 et 4ans) qui ne sont jamais en difficulté. Des retards de langage et de vocabulaire ? Connaît pas. Construction du concept de quantité et de nombre ? Connaît pas.

Enseignants ! Documenti

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            5 ) Quand les enseignants ont du temps pour travailler en groupe et rencontrer les parents mais sans plage horaire pour disposer de ce temps.

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Tiens, je reviens à cela avant de bientôt conclure. Nous avons donc du temps pour rencontrer les parents. Mais voyez la situation suivante. Une école n'a pas pu faire autrement que de mettre les deux heures de soutien après la classe à 16h30.

Tous ces moments où l'on échangeait avec les parents au portail, les « ça s'est bien passait aujourd'hui ! » qui rassurent ! Les « aujourd'hui, ça a été dur ! » qui appellent un mauvais regard du parent en signe de réprobation ! Les « ça y est, il a décollé ! » qui se fêtent et enfin les « on peut se voir tout de suite ? » de l'enseignant ou du parent. Fini ! Place aux « excusez-moi, j'ai un groupe à prendre tout de suite, prenons rendez-vous ? Oui, quand ?  » Quand ? C'est bien la question. Car s'il y a des heures de rencontres avec les parents prévues dans les 24h e réunions, quand en disposer ? Après le soutien, bien sûr, soit environ 1 heure plus tard ! Nous allons faire revenir les parents pour une discussion de 5 minutes ? Mais l'on nous demandera si c'est grave ? Mais, il y a des choses qui ne sont pas grave et dont il faut tout de même parler. Ou alors, nous ne devons parler qu'avec les parents des élèves en difficulté. Peut-être est-ce ça « l'esprit » de la réforme.

Mais là aussi, il y a une remise en cause des élèves suivis en « équipes éducatives » (grande difficulté scolaire) et par les Maisons Départementales du Handicap. Le soutien nous prive de plages horaires pour faire ces rencontres qui parfois réclament la présence de 8 à 10 personnes selon les enfants (Parents, enseignant référent, psychologue scolaire maître E, maître G, orthophoniste, pédo-psychiatre, éducateur, responsable d’établissement spécialisé...). Au passage, je rappelle qu'il faut aussi préparer sa classe...

Mais il y a le mercredi. Sauf que nous avons des formations (très bien pas de problème). Mais faire « revenir » les collègues à l'école le mercredi matin alors que les journées avec les gamins sont longues. Alors, souvent, le mercredi devient un break salutaire, pour les enfants et pour les enseignants.

            Une conséquence insoupçonnée du ce nouveau dispositif pourrait être une « baisse du rendement de l'école» conséquence d'une « décroissance de la productivité enseignante ». A réglementer chaque acte d'enseignement, à « cadrer » les moyens à mettre en œuvre pour soutenir les élèves, à contrôler jusqu'aux lectures de formation personnelle (vous vous souvenez des 6h consacrés à la « formation personnelle »!), les enseignants vont se limiter à ce qui est demandé (4 heures de rencontres avec les parents dans l'année, là encore je rigole).

Ce phénomène a déjà été observé dans les hôpitaux de Grande-Bretagne. Souhaitant augmenter l'efficacité du geste infirmier, les directions des hôpitaux ont construit un référenciel d'actes et un protocole très stricts. Conséquence, une baisse de la qualité de soin. Tous les petits soins, les petits mots dit aux patients, tout ce qui est du rapport humain et qui n'est pas quantifiable a été perdu. L'école est construite autour de relations humaines qui ne sont pas quantifiables et qui demande du temps. Donner un horaire pour tel ou tel acte, limite nécessairement les rapports humains au sein de la communauté éducative ou encore créera de la frustration chez les enseignants (« nous n'avons pas assez de temps pour... »).

L'attitude de considérer les enseignants comme des cadres (ce qu'ils sont) ayant une mission à accomplir (même si la RGPP est passée par là) aurait été préférable. Les enseignants n'ont pas besoin de temps « cadré » mais de temps exploitable. De 18h à 20h, ce n'est pas du temps exploitable. Les enseignants ne doivent pas prendre du temps pour remplir des papiers mais pour préparer leur classe et le travail pour les élèves en difficulté.

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            6 ) Il est temps de conclure

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Le diable se cache dans les détails et dans cette réforme tout particulièrement. Si de disposer de deux heures avec un petit groupe d'élèves en difficultés est une bonne chose pour les élèves et une reconnaissance implicite par un gouvernement de droite qu'on ne peut faire face à la grande difficulté scolaire qu'en réduisant la taille du groupe d'élèves pour 1 enseignant (entre 2 et 5 élèves pour un groupe), on peut malheureusement « regretter » la manière dont la réforme a été conduite et les choix qui ont été faits.

Une des premières choses à faire aurait été de lisser ces 24 heures sur 5 jours afin de réduire la journée des élèves et rendre les enseignants disponibles pour le travail en équipe ou en concertation avec les parents et les professionnels de l'enfance. Un lissage des 26 h sur 5 jours et sur les vacances  n'aurait pas été aussi une mauvaise chose pour tout le monde. Les heures supp. auraient pu servir à créer une « armée » pour le soutien scolaire ? Où trouver l'argent ? En supprimant les réductions d'impôts pour les familles qui ont les moyens de payer les cours privés et qui permettent le développement d'entreprises privées subventionnées indirectement par l’Etat. Nombreuses sont les mairies qui n'ont encore rien mis en place (garderie, transport...) pour aider les parents dans ces changements que craint le très à droite Président des maires de France qui demande le report d'un an de la mesure. Le coût de cette mesure pour les petites communes est énorme

Un espoir ? Que le dispositif tombe de lui même par la pagaille qu'il générera.

Une crainte ? Que le « corps social » soit si mou qu'il soit capable de tout adsorber pour minimiser l’impact pour les enfants.

Un plan d'action ? Côté enseignants : Rien ne bougera sans que les enseignants aillant vers les parents et leurs expliquent ce qui se passe. Côté politique : soit disant les mairies sont à gauche maintenant. C'est le moment de le montrer. Côté syndicats : les prochaines grèves risquent d'être un fiasco (tous les enseignants que je connais m'ont dit qu'ils en avaient marre des 4 jours de grèves par an. Certains se demandent si c'est pour combattre les réformes ou pour entretenir le statut des syndicats ?) D'autres formes d'actions existent mais rien ne sera possible si les syndicats n'incluent pas les non-syndiqués dans leurs prises de décisions.

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Enfin pour recentrer sur l'essentiel; le principal problème de cette réforme est le rythme de l'enfant. Notre combat, et les textes officiels le permettent (cf page 3 du document « décret sur la suppression du samedi matin » en fichier joint « aménagement »), c'est de mieux répartir les heures de classe sur les 5 jours et/ou sur les vacances.

 

A bientôt

 

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PS : Dans les grandes villes comme Montpellier, le pourvoir politique s’est entendu avec l’Inspection pour que toutes les écoles aient les mêmes horaires. Le conseil des maîtres n’a donc rien proposé. Les moyens financiers de la mairie permettent de rendre invisible pour les parents

la mesure.

 

 

 

 

Décret sur la suppression du samedi matin

Bonjour,
En principe, l'accord sur la distribution des 108 heures prévoir que le conseil des maîtres soit souverain quand à la mise en place de ce dispositif. Aussi, dans de nombreux départements, les Inspecteurs d'Académie se croient déliés de l'obligation d'appliquer un texte de loi et, souhaitant l'uniformité pour des raisons de commodité ou d'autoritarisme, font des entorses à cette règle.
Pour les contrer, il existe des syndicats d'enseignants. Ainsi, si tous les syndicats étaient conscients des lacunes terribles des réformes Darcos, il fallait absolument amender le projet initial d'aide personnalisée. Seuls le Sgen et le SE-Unsa se sont engagés pour signer l'accord sur la ventilation des 108 heures ( 60h d'aide incluant le temps de préparation au lieu de 72h sans préparation, + de formation, etc). Le Snuipp, syndicat majoritaire s'y était opposé (pléonasme) ; autrement dit : "je n'ai pas les moyens de m'opposer à vous donc je vous laisse entièrement faire, monsieur le ministre"
Ainsi, dans les départements où le Snuipp est majoritaire, comme l'Hérault, ce syndicat ne s'est pas empressé de dénoncer des entorses à la loi, n'ayant pas voulu améliorer la situation des enseignants et des élèves quand c'était nécessaire. C'est con mais c'est comme ça. "Ça passe où ça casse" n'est vraiment pas le syndicalisme qu'on mérite.
Pour ce que ça intéresse, il y a des élections professionnelles en décembre...

Justement à propos du rythme de l'enfant. On entend des indications plus contradictoires les unes que les autres. Tel chronobiologiste vous explique que les enfants travaillent mieux après 17 heures, (ça, je l'ai lu dans la Voix du Nord la semaine dernière, mais je ne me souviens plus quel patricien le disait), tel autre qu'une journée de 10 heures est trop longue, tel autre...alors qui a bon ? Et d'abord, y a-t-il une règle générale vu les différences entre les enfants?

C'est sans doute long à lire; et il faut du temps pour le faire, mais cela vaut le détour ( car, comme le dit Sébastien Rome ''le diable se cache dans les détails" ).

Heureusement, quoiqu'il arrive, la nature fait bien les choses et, en moyenne, un enfant n'est vraiment attentif et "disponible"que durant environ 10% du temps passé en classe! Dur, dur...pour "tous" les autres: profs, parents, inspecteurs, ministres!

On pourrait évoquer la situation des remplaçants (dits ZIL) qui sont dans l'obligation d'assurer, dans chaque école où ils effectuent un remplacement, ces 2 h de soutien hebdomadaires ... Une grande souplesse et adaptation seront nécessaires quand on connaît la diversité des organisations de chaque école au point de vue des horaires et du choix du créneau des 2 heures de soutien.

Je n'expliquerai pas tous les "détails" de la mise en place pour les ZIL (zone d'intervention limitée) et brigades (c'est la même chose que ZIL mais sur une zone plus large) mais sachez qu'ils doivent faire chacune des prises en charge en soutien dans les où ils font un remplacement. Donc, si dans la semaine, ils font quatre écoles différentes et que la première fait 30 min. la seconde 1h, la troisième30min et la dernière 40 min (=2h40) Cela fait plus que deux heures ! Ils doivent faire toutes ces heures mais décompter au fur et à mesure leur "crédit" temps 48h. Il y aura donc bien un moment dans l'année où ils ne pourront plus participer à notre grand bazard !

Je comprends mieux pourquoi vous aviez besoin de vous concentrer pour écrire ce billet(cf:commentaire sur "le test").
La semaine des enfants ressemble au parcours du combattant. C'est rude et irrespectueux pour leur rythme personnel.
POURQUOI UN ELEVE EST-IL EN ECHEC SCOLAIRE? Il est urgent de chercher les vraies raisons qui sont pour la majorité des cas , extérieures à l'école . En faisant cela, il apparaitra que ces deux heures de soutien sont un emplâtre sur une jambe de bois.
Qui plus est, désorganiser les structures , stresser les intervenants, charger les parents, parasiter les échanges spontanés complètement nécessaires avec les familles, créent une ambiance très défavorable à l'équilibre de l'école donc des élèves.
L'ECOLE APPARTIENT AUX ELEVES, QUI ONT BESOIN DE PAIX ET DE SECURITE POUR S'EPANOUIR.

Vous avez tout mon soutien, Orchischris et Sébastien.

Et le mien, recommandé..

Voici les nouvelles de la journée :

.a) le matin deux heures de réunion de tous les directeurs de la circonscription (une soixantaine) : des rappels de l'inspection et encore des annonces comiques (je les évoquerai plus tard, j'ai de bonnes blagues sur les remplaçants et les temps partiels...)
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b) 14h à15h réunion avec la maternelle pour choisir les horaires (ce n'était que la quatrième ou la cinquième) après une égalité en nombre de voix, une longue discussion a permis de choisir une solution par désistement pour ne pas faire durer les discussions...(solution : soutien 3 fois 40 minutes à partir de 16h30)
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c) réunion de RRS (réseau de réussite scolaire, nouveau nom des ZEP devenues depuis longtemps des REP...) avec le principal de collège, l'inspecteur et les directeurs d'école. Nous abordons divers sujet et en cinq minutes nous apprenons que les solutions que les écoles ont trouvé sont balayées d'une main parce qu'il faut mettre en place "l'école après les cours" (heures supp payées). En fait, rien dans le décret ne permettait de rejeter les organisations des écoles. L'Inspecteur justifia ce rejet sur une lecture partielle du décret (ce sont ces mots) et sa conviction personnelle. Etant donné que c'est lui qui valide les projets, à vous de juger de la liberté de choix proclamée. Réunion ce mercredi pour éventuellement changer les horaires.
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d) Demain la rentrée. Demain soir, je tiens une réunion d'information publique sur le sujet. J'informerai les parents que je ne garanti pas les horaires de l'école et qu'aucune solution n'existe encore pour faire garantir la garde de leur enfant en dehors des heures de classe. Je crois que le Medef va devoir demander à toutes les entreprises de "libérer" leurs employés, le temps que l'Edcuation nationale se décide...
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e) Je vous tiendrai régulièrement informé, toute l'année, sous ce billet (ou par un autre billet si la situation "chavire" à force de donner le mal de mer...)
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f) Depuis une semaine que je prépare cette rentrée, je n'ai pas encore pu m'occuper de la préparation de ma classe (j'enseigne 3 jours et je suis seulement directeur le quatrième). Mais, ouf, mes collègues directrices m'ont dit la même chose.
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A très bientôt

Bonsoir,

juste un petit mot pour dire que dans la loi, rien n'oblige les enseignants d'une école à faire l'aide personnalisée au même moment. Aussi, comme on peut penser que sur les petites classes, peu d'enfants soient éligibles dans ce dispositif, le temps d'aide directe non employé peut être consacré à de la formation (bon à savoir).
Concernant les parents, ils doivent comprendre que des programmes privilégiant les entraînements mécanistes (pas toujours inutiles d'ailleurs...) au détriment de situations de recherche (au risque de ne pas toujours trouver, voilà une différence entre instruire et éduquer), correspond à déchirer leur assurance retraite. En effet, ne vivons nous pas dans un pays qui tire d'immenses ressources de l'innovation et de la recherche ?

C'est ce qu'indique la loi mais pas son application sur le terrain (et les interprétations des Inspecteurs d'académie et des Inspecteurs de circonscription)... d'où d'immenses différences entre les écoles de territoires différents (acceptation du mercredi comme solution, imposition du samedi matin pour le travail des enseignants, pas entre midi et deux pour le soutien...)

Une loi étant supérieure à une circulaire d'IA ou d'IEN, il suffit de s'appuyer sur les délégués élus du personnel pour faire appliquer les textes réglementaires. Depuis février des dizaines d'IEN ont dû revoir leur copie sur injonction du ministère, lui même interpellé par des syndicats. En pratique, des enseignants n'osent pas aller contre leurs inspecteurs de peur de le froisser et de ne pas obtenir le demi point supplémentaire à la prochaine inspection.

oui, tout est rapport de force, mais cela s'organise...c'est bien là le problème . Enfin, cela ne se fait pas par circulaire mais au cours de réunions avec des injonctions qui changent au cours de la même journée, selon les situations...

Pas un mot dans la circulaire de rentrée sur les RASED! Pas de réponses aux nombreuses demandes de rendez-vous au ministère faites par les organisations syndicales et les associations professionnelles.
Les RASED sont je le précise les aides apportées par des maitres spécialisés aux élèves en difficulté; leur fonctionnement et leur efficacité sont certainement améliorables mais c'est quand même un dispositif existant qui prend en charge les élèves sur le temps scolaire sans alourdir leur journèe. Je crais fort qu'une fois le dispositf de soutien _les deux heures_ intégré et fonctionant plus ou moins bien_ mais là comme l'a bien dit Sébastien Rome c'est la faute aux parents, ou aux maîtres le deuxième acte est la suppression des aides spécialisées E et G. Et voila comment récupérer des postes tout en faisant croire qu'on s'occupe des élèves en difficulté...

Il n'y aura pas de suppression simple des postes des RASED (Réseau d'aide des élèves en difficulté) mais une lente disparition. Comment l'administration s'y prend elle ? En diminuant un maximum la formation de nouveaux maîtres spécialisés. A t-elle un argument pour justifier cette baisse de l'offre de formation ? oui, il y a de nombreux enseignants qui ont la formation mais qui ne demandent pas les postes spécialisés. Pourquoi ne sont-ils pas à leur "place" ? Tout simplement parce que ce sont des enseignants qui du fait de leur spécialisation sont contraints de se déplacer d'école en école et de village en village. Aucun frais de déplacements n'est pris en charge. La maigre indemnité donnée est souvent inférieure au coût des déplacements. Ainsi, les postes non pourvus par des enseignants spécialisés sont transformés en poste devant les classes ou en poste de remplaçant. Le dispositif actuel permettra certainement de fournir d'autres arguments justifiant ces transformations...

Le but, non avoué car politiquement inavouable, n'est-il pas tout bêtement de créer les conditions d'une suppression indirecte et rapide des petites écoles rurales à une ou deux classes en imposant des règles du jeu que, seuls ceux qui jouent dans la cour des grands, pourront, financièrement, suivre ?

J'oubliais de préciser que la fermeture des écoles rurales permettraient une réduction des postes d'enseignants du premier degré ( des classes à niveau unique de 30 élèves à la place de classes à 2 ou 3 niveaux de 20 élèves).

Sebastien , vous lire est un régal, vos billets sont une synthèse claire et juste de ce que je vois tous les jours....je m'empresse de diffuser votre billet au sein de mon équipe!

merci, merci ! :-)))))

Détaillé et instructif... La déshumanisation fait son chemin... Il ne faudra pas être fragile dans la société que nous construit le pdt...

Qu'il est loin le temps où les enfants juifs des pays de l'Est arrivant en France trouvaient systématiquement un instituteur prédisposé à s'occuper d'eux. Badinter fut l'un d'eux et le soir rentrant à la maison vers 20 heures, après avoir mangé son hareng et ses pommes de terre, il enseignait à sa grand-mère ce qu'il avait appris à l'école durant la journée....