RSA : la naissance d’un régime de précarité assistée

[Serge Paugam est directeur d’études à l’EHESS, l'Ecole des hautes études en sciences sociales, Ndlr]

En 1988, la première mesure sociale du second septennat de François Mitterrand fut le vote de la loi sur le RMI. Vingt plus tard, Nicolas Sarkozy propose l’instauration d’une contribution de 1,1 % sur les revenus de placement et de patrimoine pour financer la mesure phare de la politique sociale du gouvernement : le RSA. Si le RMI avait été salué comme une grande avancée sociale et voté à la quasi-unanimité à l’Assemblée Nationale, le RSA risque d’apparaître nettement moins consensuel. A droite, des voix commencent à s’élever pour protester contre l’instauration de cette nouvelle taxe sociale, à gauche des interrogations subsistent sur le bien fondé d’une mesure dont les effets sur la reprise d’emploi ne sont pas démontrés et qui risque de modifier en profondeur le fonctionnement du marché du travail en institutionnalisant ce que l’on peut déjà appeler le RPA, le « régime de précarité assistée ».

Depuis l’annonce de la généralisation du RSA à partir du 1er juin 2009, le débat se focalise sur son mode de financement. Même si cette mesure ne concerne pas les grandes fortunes protégées par le bouclier fiscal, il faut reconnaître que le financement de l’aide aux pauvres par le capital est une décision courageuse qui va dans le sens de la solidarité. Néanmoins, la signification politique de ce mode de financement ne doit pas faire oublier la signification sociale de la mise en place du RSA. En effet, cette mesure constitue une transformation profonde du droit social français. Il était certes jusqu’ici possible de travailler et d’être aidé par les services sociaux en raison de la faiblesse du salaire obtenu (de plus en plus de travailleurs pauvres étaient recensés parmi les bénéficiaires de l’aide sociale), mais avec le RSA, on entre dans un régime différent : il sera désormais possible de cumuler de façon régulière et indéterminée un revenu d’assistance et un revenu du travail faiblement rémunéré. Entre le salarié et le bénéficiaire de l’aide sociale, il existera un statut social intermédiaire, celui de travailleur précaire assisté. Si l’on peut espérer que, pour certains, ce statut ne sera qu’un pis-aller temporaire avant d’accéder à un emploi stable non assisté, on peut déjà craindre que le RSA participe à un mode généralisé de mise au travail des plus pauvres dans les segments les plus   dégradés du marché de l’emploi. Autrement dit, ce qu’il faut redouter, c’est l’institutionnalisation par les pouvoirs publics d’un sous-salariat déguisé. Après avoir résisté en France à l’instauration d’un « Smic jeune » ou du CPE en soulignant la menace de marginalisation durable d’une  frange des salariés, on risque avec le RSA de réintroduire une formule d’infériorisation volontaire d’une partie de la main d’oeuvre. Cette mesure apparaît plus légitime car elle concerne des pauvres dont on pense qu’ils ont intérêt à se satisfaire de ce nouveau statut, mais n’est-ce pas une façon de les obliger à entrer non pas dans le salariat, mais dans ce que l’on appelle aujourd’hui de plus en plus le « précariat » ? On officialise ainsi l’abandon de la notion de plein emploi, remplacée ainsi de façon manifeste par celle de « pleine activité ». Les pauvres n’auront pas par le RSA un emploi au sens que l’on a donné à cette notion dans les luttes sociales en faveur de la garantie d’une carrière et d’une protection sociale généralisée. Ils ne seront que des « salariés de seconde zone ». N’est-ce pas là un renoncement à la doctrine du solidarisme qui, dès la fin du XIXème, proclamait que la justice sociale ne peut exister entre les hommes que s’ils deviennent des associés solidaires en neutralisant ensemble les risques auxquels ils sont confrontés ? Les salariés seront désormais divisés : à côté des salariés protégés par leur régime de cotisations sociales se trouveront en nombre croissant des salariés assistés par la solidarité nationale. A défaut de maintenir un régime salarial universel, on dualise ainsi le marché de l’emploi. Il est probable par ailleurs que cette dualisation introduise peu à peu une banalisation des emplois dégradants et peu qualifiés, d’autant qu’il apparaîtra moins légitime dans certains secteurs de l’économie de les faire disparaître et pour les allocataires du RSA de les refuser. Enfin, que deviendront tous les pauvres dont on connaît aujourd’hui, en raison d’un cumul de handicaps, les difficultés à s’insérer professionnellement ? Alors qu’ils pouvaient bénéficier dans le cadre du RMI d’un ensemble d’aides d’insertion, dans le domaine de la santé notamment, ne seront-ils pas davantage culpabilisés de ne pas pouvoir répondre aux incitations à la recherche d’un emploi ?  L’insertion dans le cadre du RMI avait l’avantage d’être considérée comme multidimensionnelle, elle risque d’être réduite dans le RSA à la seule dimension professionnelle puisque l’objectif visé est d’inciter les allocataires à la reprise d’un travail. La distinction entre les allocataires du RSA « actifs » et les autres aboutira presque inévitablement à la dichotomie classique entre des méritants et les non méritants, une sorte d’euphémisme de la séparation des bons et des mauvais pauvres dont on pensait pourtant au moment du vote de la loi sur le RMI qu’elle n’était plus acceptable au regard des valeurs républicaines.

On peut s’interroger aussi, de façon plus globale, sur le statut des allocataires du RSA. Le terme « Rmiste » pour qualifier les allocataires du RMI, qui est aujourd’hui utilisé de façon très courante, aussi bien dans les médias que dans le monde des professionnels du social, est révélateur du rapport que la société française entretient avec ses pauvres. Il définit en réalité un statut social en le renvoyant indirectement à l’idée d’une stagnation quasi-volontaire dans une situation de dépendance sociale. Il entérine l’idée que l’on peut être « Rmiste » comme on peut être ouvrier d’usine ou employé de l’administration. Ce statut est défini négativement par rapport à la population qui exerce une activité professionnelle régulière, il ne peut donc que marquer du discrédit ceux et celles qui en héritent. Le statut des allocataires du RSA sera-t-il fondamentalement différent ? Ceux qui travaillent seront sans doute valorisés par rapport à ceux qui ne travaillent pas, mais ne doit-on pas considérer que le statut des premiers sera lui aussi à terme dévalorisant ? Etre maintenu dans le secteur des « bad jobs » avec la récompense d’être assisté ne peut qu’instaurer le sentiment d’une infériorité reconnue et stigmatisante. Le RSA parachève en réalité le processus d’institutionnalisation de la précarité et participe de la recomposition des statuts sociaux disqualifiés au bas de la hiérarchie sociale. C’est le sens social d’une mesure qui est présenté comme une avancée de la solidarité, mais dont la logique nous fait sortir encore plus de ce qu’à pu être dans notre pays le solidarisme.


Serge PAUGAM

 

(Directeur d’études à l’EHESS)

A dirigé l’ouvrage Repenser la solidarité. L’apport des sciences sociales, PUF, « Le lien social », 2007. Va publier prochainement en collaboration avec Nicolas Duvoux, La régulation des pauvres, PUF « Quadrige ».

Bien d'accord avec vous, Serge. Mais le ver n'était-il pas déjà dans le fruit au moment de la mise en place du RMI? Car il y avait bien "insertion" dans RMI. Bref, générosité, encouragement au départ et "assistanat" à l'arrivée. Et, cependant, tout le monde reconnait au RMI sa valeur sociale.
Ne doit-on pas, pour analyser ce qui risque de se passer avec le RSA, considérer l'évolution même de la notion de travail depuis l'avènement de l'ère industrielle?
L'idée forte du RMI, comme celle du RSA, se défendent: aider à retrouver la dignité par l'insertion dans la société du travail. Les Allemands ont, semblent-il, fait un autre choix: instituer la marginalisation. Peut-on, pour cette raison, la taxer d'atteinte à la dignité? Où est la solution...si tant est qu'elle existe!

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Bienvenue à Serge Paugam !
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jpylg

Alors j'ignore le contenu exact de cette mouture et encore plus celui qu'il en restera après passage à l'assemblée mais ce que j'ai déjà noté, c'est que pour une fois c'est quelqu'un qui connait vraiment le terrain en pratique (Martin Hirsch) qui en a défini les grandes lignes.


Parce que on part d'où en fait?
On part d'un système qui génère du sous-travail: peu payé, sans durée décente, sans perspectives, sans formation intéressante derrière.
Parmi les multiples raisons de ceci, en tant qu'usagère régulière de petits boulots, je vois plusieurs pistes dont la plus choquante à mon sens et la nullité absolue des moyens de recrutement. Mais il y en a plein d'autres et ce n'est pas vraiment le sujet.
Et pour occuper ces sous-postes, sous payés, quand on est par exemple au RMI ou à l'ASS ce qui m'est arrivé (le montant de l'allocation est à peu près le même ± 420€) il faut téléphoner, se déplacer, aller à des entretiens à ses frais et vu que les annonces sont sybillines, les prérequis obscurs et les critères de recrutement aléatoires, si en plus le fait d'obtenir le droit de faire un essai se solde par une baisse des "revenus" et une montée en flèche des dépenses, pour rester motivé il faut être solide comme un maître zen optimiste comme un bouffeur d'extasy, et naïf comme l'enfant qui vient de naître.
Alors, on joue la comédie à la Mairie ou la préfecture (pour les RMIstes), et on bosse au black, voilà l'histoire en vrai.


Alors vouloir rationaliser un système qui s'est ancré dans l'absurde depuis bien longtemps, c'est un pas à marquer.
Maintenant, il faut aussi et surtout rationaliser le recrutement pour éviter d'en faire une perte d'énergies (humaines et pétrolières) et rendre moins agressif le milieu du travail, c'est faire un peu baisser les chiffres de la précarité et celui des dépenses de santé mécaniquement.
Combien de millions sont dépensés pour "supporter" le monde de l'entreprise tel qu'on le pratique ici?
Quel manque à gagner pour les mêmes entreprises qui se tirent des balles dans le pied à aussi mal exploiter (au sens noble du terme) les forces des citoyens?

@SylvN : des frais de déplacements/hébergement quand on gagne quelques 450 euros mensuels, oui, vous faites bien de le souligner ! Et combien d'arbres abattus en plus à cause de ce RSA (une épreuve de forçats, sauf quelques cas isolés, là où les employeurs y verront un intérêt supplémentaire) ! Mais les entreprises ont-elles vraiment BESOIN de ces sous-salariés ?... Tant de papier à produire en attendant, des envois pas toujours possibles par e-mail, lettres et cv, des copies à garder bien précieusement pour soi, temps passé pour les secrétariats à répondre, casse-tête pour les agents ANPE, embarras du privé qui, même grassement rémunéré, n'inventera pas les postes ! Ces nouveaux obligés de rechercher un job alourdissent la situation déjà critique ! La solution serait de créer de VRAIS EMPLOIS payés au SMIC, sans doute en quantité moindre à afficher au plan national, mais au moins dignes de ce nom, et de longue durée si ce n'est pérennes. Là au contraire, il s'agira de petits bouts d'emploi (quelques heures, quelques jours, élasticité géographique obligatoire, iront-ils en stop travailler ?...) occasionnant des frais considérables, rage, fatigue, suicides ?... En tous cas, des radiations. Des dépressions (voilà qui rappelle le documentaire "Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés", il sera dupliqué des milliers de fois, les laboratoires pharmaceutiques peuvent jubiler à l'avance)... Distorsion, face à cette belle idée du RSA, présentée comme une fleur alors qu'elle est un cache-misère : les employeurs peuvent virer de plus en plus facilement (prime de licenciement individuel ou pour licenciement économique deviennent identiques)... C'est ce double discours qui plombe d'avance le RSA dans sa pratique au fil des ans.

Excellent article!

Votre très interessant article pointe tous les travers de ces dispositifs en en démontrant les risques et les enjeux. Surtout quand vous dites "Autrement dit, ce qu’il faut redouter, c’est l’institutionnalisation par les pouvoirs publics d’un sous-salariat déguisé. "

Nous passons à autre chose, un autre statut etrange mais qui n'a rien de forcément réjouissant pour ceux qui l'obtiendront. Je pense, comme vous, et au vu de personnes dans cette situation que sans accompagnement, personne ou très peu de gens sortiront de ce dispositif. C'etait pourtant le but affiché par celui ci. Permettre à des personnes de revenir à l'emploi "en douceur" sans à coups de suspension d'allocations dramatiques pour l'équilibre familial. Mais, ce que je vois est différent. Qui redonnera et refera confiance à ces personnes qui sont cantonnées dans des temps partiels abracadabrants, de petits jobs divers qui n'aide pas à se redonner une cohérence professionnelle? Vous développez la théorie, moi j'ai l'impression d'en voir au quotidien l'illustration pratique. Et cela est loin de me satisfaire. Il faudrait penser l'accompagnement, la formation adaptée (et la France a pris la aussi un retard car nous ne sommes guere capable aujourd'hui de repondre aux besoins en formation de ces personnes. Pas d'enveloppe, pas de structuration souple et flexible adaptée...

"La distinction entre les allocataires du RSA « actifs » et les autres aboutira presque inévitablement à la dichotomie classique entre des méritants et les non méritants, une sorte d’euphémisme de la séparation des bons et des mauvais pauvres dont on pensait pourtant au moment du vote de la loi sur le RMI qu’elle n’était plus acceptable au regard des valeurs républicaines."

Et oui, nous y courront tout droit. Je partage aussi cet avis. C'est déjà un peu le cas dans les départements ou c'est testé. En tout cas, dans les commissions d'attribution. untel oui parce qu'il le mérite et en fera quelque chose, untel non parce que vraiment lui, il n'en fera rien, ça ne sert à rien". Je déteste ça, mais je l'ai entendu. Les bons, les mauvais pauvres, comme les bons et les mauvais immigrés, comme les bons et les mauvais... politiques?

Merci à Serge Paugam de dire calmement combien cette mesure largement saluée ("Une réforme juste" dit l'édito du Monde de ce jour, voir aussi "Couinements" celui de L. Joffrin dans Libé) sera profondément nocive sur le fond et dans la durée.

kairos

Taxe sur le capital... c'est la dénomination officielle. Sans doute parce que, de prime abord, on pense aux riches, à ceux d'en haut, les détenteurs d'actions ou stock options, ou encore aux entreprises, par définition"capitalistes"... Mais, il s'agit tout autant d'un prélèvement sur l'épargne, ce qui déjà est moins glorieux... Et même le contraire de ce que la formule laisse entnedre, puisque le bouclier fiscal annulera le choc pour certains, les plus fortunés justement... Quant au RSA, sans doute n'y a-t-il pas de formule magique pour éradiquer la pauvreté et a-t-il le mérite de faire bouger les lignes, comme on dit, en incitant mieux à l'insertion par le travail... Existe-il d'ailleurs un contre-projet? Et pour la notion d'emploi, il n'y a pas que les attributaires du RSA qui sont concernés par son "involution"; c'est tout le marché du travail, et ce dans la plupart des pays occidentaux, qui depuis une décennie multiplie, sous le joli nom de flexibilité, les temps partiels et autres postes intérimaires, créant une salariat de castes... En l'occurrence, le RSA constitue une sorte de bulle de solidarité social-démocrate, au milieu de l'océan libéral, lequel, pour résoudre le problème de la pauvreté, se fie au ressac de la régulation par l'offre et la demande, toujours plus efficace que les mesures étatiques, comme chacun sait. Ne faut-il pas la préserver de la grande marée?

Quelle différence faites-vous entre capital et épargne ? L'argent des autres est toujours sale...

kairos

L'argent des autres est surtout tentant, si je comprends le sens des diverses taxations... Quant à la différence, je l'évoque du point de vue de la perception des mots: l'épargne connote la fourmi et le capital le loup prédateur... En parlant de taxe sur le capital, on donne à bon compte l'impression de s'attaquer aux "gros" et aux puissants, alors que ça retombe sur la tête des classes dites moyennes, c'est-à-dire à peu près tout un chacun... Mais comme un plan-épargne constitue un capital...

Article très lucide qui a en plus le mérite d'aller plus loin que celui de Denis Clerc (
http://www.alternatives-economiques.fr/le-rsa---une-reforme-...).
Il ne faudrait pas aussi oublier que ce nouveau type de "statut" crée un ferment supplémentaire d'atomisation et de division chez les salariés, ainsi qu'un nouveau motif de rancoeur -facilement exploitable- chez les travailleurs pauvres juste au-dessus du seuil qui leur permettrait d'être concernés par le RSA.

Bravo...
Est-ce qu'on ne va pas progressivement vers un "revenu universelle" dans son acceptation néolibérale?
Une acceptation où l'on donne un minimum aux "pauvres" pour qu'ils restent en vie et à côté de ça on laisse "jouer le marché" en supprimant notamment le salaire minimum...

@ Ouzbek : je pense qu'on va vers le revenu universel minimum, une mini alloc pour ne pas crever de faim (il faut bien des électeurs, même fictifs), assortie d'une obligation d'inventer l'emploi à défaut de le trouver, sinon radiation. Prochaine étape, obliger les retraités, ces gros fainéants qui coûtent à la collectivité par leur inertie, leur sens critique, leur pessimisme, à une obligation de recherche d'emploi, sinon retraite minorée ou supprimée (ouaffe !...).

Je suis pleinement d'accord sur l'excellent article de Serge Paugam.
Et je ne peux que conforter les termes de la contribution de SylvN. Et les conclusions pessimistes de Jacques Rigaudiat.
Le RSA va enfermé dans une catégorie sociale les pauvres qui seront piégés et marqués. On ne parlera plus des RMistes mais des RSAisés!
Derrière cette mesure, il y a une hypothèse implicite de progressivité de l'accès au travail. De l'inactivité, une personne pourrait progressivement, heure de travail après heure de travail, obtenir le plein emploi. La réalité est tout autre, car les heures payées pour des jobs peu qualifiés ne génèrent ensuite que d'autres heures peu qualifiées et terriblement précaires, avec des successions de charrettes et creux.
Le secteur du Service à la Personne illustre cette situation.
La politique sociale s'enfonce dans l'assistance, des effets pervers vont surgir.
Les axes qu'il faudrait privilégier sont la qualification des personnes exclues du travail et l'investissement indispensable à la création d'activité.
De toute manière, comme Mohammad Yunus l'a perfidement écrit, "si les politiques publiques étaient efficaces pour réduire la pauvreté, çà se saurait."
La réponse pour Yunus est de libérer l'énergie des pauvres...Une utopie certes, mais sans utopie le monde dérive.
http://www.mediapart.fr/club/blog/daniel-carre/280808/annonc...

Bon article de fond, éclairant. Merci à son auteur.
Une question me turlupine cependant : la solidarité ne se mesure-t-elle que par des espèces sonnantes ? Ne risque-t-on pas, à l'usure, de "trébucher" sur l'absence de volontariat social, sur l'impuissance d'une Nation exhangue à protéger tous ses citoyens ?
Le RSA, une mesure économique avant tout, qui masque d'autres travers de notre modèle social qui s'essouffle et s'asphyxie sous les nombreuses taxes et impositions. Aggravation d'une précarité financière qui guette une frange de plus en plus large de Français sur lesquels pèse le plus gros de la dette. Et à qui on demande toujours plus d'efforts et surtout de subir et de la fermer !
Le constat de tous les dispositifs complexes (trop complexes) mis en place pour maintenir la tête hors de l'eau certains citoyens laissés pour compte n'est guère encourageant.
Alors, fuite en avant dans l'espoir d'une auto-régulation du corps social ou fatale attente d'évènements majeurs qui remettront à plat un système solidaire dans l'impasse ?
L'impuissance des décideurs, pourtant habiles à inventer des concepts et des formules miracle, laisse sceptique pour la suite.

Que je vous rejoins dans votre remarque ci dessus : "Une question me turlupine cependant : la solidarité ne se mesure-t-elle que par des espèces sonnantes ? Ne risque-t-on pas, à l'usure, de "trébucher" sur l'absence de volontariat social, sur l'impuissance d'une Nation exhangue à protéger tous ses citoyens ?". Mais le volontariat social doit être un peu organisé. Dans des associations qui permettent des échanges autres que monétaires par exemple. Dans des lieux de vie sociale, de rencontre et de parole, de partage et d'encouragement. Je ne suis pas sure qu'un pauvre aie pour se sortir de la pauvreté aujourd'hui uniquement besoin d'euros. C'est necessaire oui, mais un travail et une vie sociale, c'est mieux. Je le remarque tous les jours. La pauvreté elle n'est pas toujours financière, même si c'est evidemment celle qu'il faut traiter. A défaut de ne plus être une société juste, si tant est que l'on croit encore à un modèle social de ce type.

Le jour où Berluskosy présentait son plan de financement du RSA, se rassemblaient à Laval (à 3 km de la salle où il vendait son discours) quelques centaines de personnes qui protestaient à la fois contre la politique sociale et contre la "politique d'immigration" du gouvernement. La famille Kocamer, d'origine kurde, parfaitement intégrée à Laval, venait d'être expulsée vers la Turquie par les sbires d'Ortefeux. Et l'éditorialiste du Figaro suggère dès lors qu'on supprime l'aide médicale aux étrangers pour financer le RSA, ce qui aurait le mérite de montrer la cohérence de cette politique. On attend avec impatience le retour des chambres à gaz pour toutes les populations fragiles. Manquera plus qu'un socialiste pour ouvrir le robinet…

Le jour où Berluskosy présentait son plan de financement du RSA, se rassemblaient à Laval (à 3 km de la salle où il vendait son discours) quelques centaines de personnes qui protestaient à la fois contre la politique sociale et contre la "politique d'immigration" du gouvernement. La famille Kocamer, d'origine kurde, parfaitement intégrée à Laval, venait d'être expulsée vers la Turquie par les sbires d'Ortefeux. Et l'éditorialiste du Figaro suggère dès lors qu'on supprime l'aide médicale aux étrangers pour financer le RSA, ce qui aurait le mérite de montrer la cohérence de cette politique. On attend avec impatience le retour des chambres à gaz pour toutes les populations fragiles. Manquera plus qu'un socialiste pour ouvrir le robinet…

Le jour où Berluskosy présentait son plan de financement du RSA, se rassemblaient à Laval (à 3 km de la salle où il vendait son discours) quelques centaines de personnes qui protestaient à la fois contre la politique sociale et contre la "politique d'immigration" du gouvernement. La famille Kocamer, d'origine kurde, parfaitement intégrée à Laval, venait d'être expulsée vers la Turquie par les sbires d'Ortefeux. Et l'éditorialiste du Figaro suggère dès lors qu'on supprime l'aide médicale aux étrangers pour financer le RSA, ce qui aurait le mérite de montrer la cohérence de cette politique. On attend avec impatience le retour des chambres à gaz pour toutes les populations fragiles. Manquera plus qu'un socialiste pour ouvrir le robinet…

Le précariat existe, tout à fait d'accord pour admettre avec Serge Paugam que le RSA l'institutionnalise. On pourrait d'ailleurs au passage inclure dans la critique la prime pour l'emploi votée par la gauche qui n'est jamais que la compensation par la collectivité de revenus du travail insuffisants pour vivre. Reste que les problèmes auxquels visent à répondre le RSA existent aussi bel et bien. Donc si ce dispositif est lourd d'effets pervers, question à Serge Paugam : que faudrait-il faire d'autre ?

L'article de Serge Paugam m'a, en liaison avec les commentaires
de M Philips et de Kairos, suggéré les remarques suivantes :

L'objectif du RSA et les résultats possibles ou probables (bons et pervers)
de la précarité assisitée institutionnalisée

Oui, il faut aider les plus défavorisés, mais la méthode est-elle la bonne ?

En Allemagne, un dispositif allant dans le même sens que le RSA proposé, le "salaire mixte"
("Kombilohn") a fait que de nombreux employeurs paient jusqu'à 2,50 euros de l'heure
(souvent autour de 5 euros), dans les nombreuses branches dans lesquelles il n'y a pas de salaire minimum, un "complément de salaire" étant payé par l'Etat/les contribuables (ceux qui n'ont ni bouclier fiscal ni compte au Lichtenstein…).

J'ai vu récemment à la télévision allemande, sur les chaînes publiques, comment de plus en plus d'employeurs indélicats justifient le maigre salaire proposé en signalant lors de l'entretien d'embauche que les candidats à l'emploi peuvent demander ce complément de salaire au service social compétent (en leur donnant les coordonnées du service d'aide sociale).

On parlait en Allemagne de "2e marché de l'emploi" ("zweiter Arbeitsmarkt"). J'ai constaté que l'on y parle maintenant de "3e marché de l'emploi"… A quand le 4e et le 5e…
et autant de doux euphémismes pour masquer la dure réalité ("les segments les plus dégradés du marché de l'emploi", "un sous-salariat déguisé institutionnalisé", pour reprendre les termes de Serge Pauman).

Sans oublier les "RMIstes" allemands que l'on fait travailler pour 1 euro de l'heure (quelle que soit leur qualification professionnelle), en sus de leur "RMI" (Hartz IV) et de leur prime d'aide au logement - un dispositif qui a incité des employeurs (même publics) à ne plus chercher de personnel sur le marché de l'emploi "normal"… puisqu'il est si facile d'en avoir qui ne coûte qu'un euro de l'heure.

Les modèles allemands n'ont pas empêché qu'il y ait dans ce pays autant de pauvres qu'en France… et de plus en plus de travailleurs pauvres - ce qui faisait l'objet de nombreux débats télévisés en Allemagne avant les vacances. Bien sûr on peut être très pauvre et avoir sa dignité… et être très riche et ne pas en avoir.

Donc dans de tels dispositifs, le salaire assisté génère de l'assistanat aux entreprises et une spirale descendante – qui nous menace même si l'on a en France un salaire minimum.

Et n'oublions pas, comme l'a déjà fait remarquer M Philips, que le RMI était déjà un "revenu d'insertion". Mais pour insérer, il faut une économie qui tourne, de l'innovation, des entreprises qui font de la recherche et… une DEMANDE SOLVABLE.

Le financement du RSA : avec bouclier parafiscal pour les petits épargnants ?

Ce que l'on est en train d'appeler une "taxe sociale", une "taxation du capital", n'est pas social pour tout le monde, comme l'a déjà bien fait remarquer Kairos.
Si l'on instaure parallèlement un "bouclier social" pour protéger les petits épargnants et petits retraités de ce nouveau prélèvement parafiscal, OK. Si c'est pour prendre à ceux qui ont 3 sous pour en donner à ceux qui n'en ont que deux, ce n'est pas mon idée de la redistribution. Je suis partisan de la Taxe Tobin, de l'assujettissement des stocks options à la CSG, mais pas de taper sur l'épicier du coin, le travailleur indépendant dont la retraite, sans un petit "capital" constitué sous forme d'assurance vie, est ou serait très insuffisante pour vivre.
J'ai cru comprendre que les placements à court terme, les plus spéculatifs et les plus générateurs d'instabilité économique, seront exonérés du prélèvement de 1,1%. Mais peut-être un lecteur bien informé pourra-t-il me rassurer.

Pour toucher une retraite supplémentaire sous forme de rente d'environ 1.650 euros/an, soit 137,50 euros/mois – UN CAPITAL !!! (chiffres 2003 de mon assureur vie qui me tombent sous la main), puisqu'on nous martèle depuis des années qu'il faut faire de la prévoyance car le système par répartition ne suffira plus – ce dont on se rend compte aisément, avec en plus un ajustement annuel inférieur à 1% pour faire face à une inflation galopante -, il fallait avoir constitué en 2003 un CAPITAL !!! de 30 000 euros.

Déshabiller Paul pour habiller Jacques, c'est pour moi du social en trompe-l'œil.
Un prélèvement sur les stocks options, ça oui, ce serait une décision courageuse.
J'ai entendu ce matin sur France Inter quelqu'un taper sur les épargnants qui ont un "capital" de 20 000 euros en essayant de les faire passer pour les nantis qu'il serait juste de mettre à contribution. A ce train-là, Il faudra bientôt un nouveau "RSA" (retraite socialement assistée) ou "RPA" (retraite précaire assistée).

Je crois qu'il faudrait faire un grand nettoyage terminologique pour qu'on arrête de parler de "capital" pour désigner les économies des petits épargnants (sous forme de placements qui rapportent tout juste le taux d'inflation au maximum), d'"emploi" pour désigner des situations de travail qui ne permettent plus de gagner sa vie, d'"entreprises" qui sont, au sens de l'INSEE, pour moitié d'entre elles des travailleurs indépendants, de plus en plus nombreux, employant 0 salarié et aux revenus souvent très modestes…, en les mettant dans le même sac que les multinationales, les banques, les hedge funds…

L'Angleterre, qui a un SMIC, mis en place par T Blair, dont le montant est voisin du français, ne compte qu'environ 3% de travailleurs payés au SMIC (tous les autres gagnant plus) alors que la France en compte environ 15 %. Cherchez l'erreur.

Gerardo

Entièrement d’accord, bien sûr, avec l’analyse pertinente de S. PAUGAM. Nous assistons plus d’une dizaine d’années déjà, via l’obligation de «flexibilité», de «mobilité», du développement exponentiel de toutes les formes d’emplois précaires* et sous payés, non seulement au grignotage de la protection sociale mais aussi à la banalisation de l’injustice sociale en France.
Il est grand temps de nous poser la question suivante : doit-on forcer les pauvres à travailler… pour un plat de lentilles ?
Pour ma part, je réponds avec force : non ! Et à toutes celles et ceux qui ont une forte inclinaison à toujours soupçonner les pauvres de vitre aux crochets des riches, je propose d’appliquer simplement les préconisations de Patrick VIVERET dans son dernier livre «Pourquoi çà ne va pas plus mal», auxquelles j’adhère totalement : «Et l’on peut légitimement se poser une question simple : plutôt que de faire ce que disent nos austères donneurs de leçons – à savoir essentiellement travailler plus avec des protections moindres -, ne serait-il pas plus sensé de faire ce qu’ils font ? Car enfin tous ces professeurs de rigueur jouissent eux-mêmes d’une qualité de vie exceptionnelle – profession ou activité intéressante, durée de travail suffisamment réduite pour leur permettre de voyager, de réfléchir, d’écrire et de communiquer dans les médias, haut niveau de revenus et de protection sociale…. Au lieu de les obliger à s’appliquer leurs préconisations, ce qui serait douloureux pour eux et régressif pour tous, il est donc préférable de démocratiser leurs privilèges (p.204)»
* concernant le développement fulgurant des emplois précaires, je me permettrais de citer l’étude de M. Jacques RIGAUDIAT, dont j’ai pu constater avec plaisir qu’il fait partie des adhérents de Mediapart. Cette étude, parue dans la revue Droit social en mars 2005, portait en effet à notre connaissance des chiffres alarmistes car, ainsi que le souligne J. RIGAUDIAT, depuis de longues années le paysage français ne se décompose plus en deux blocs, celui des salariés et celui du chômage, le 1re bloc ayant explosé sous l’effet de la flexibilité et de la précarité. Et l’auteur de cette étude de citer les chiffres suivants = de 1983 à 2003 :
- le nombre de salariés en intérim es passé de 113 000 à 361 000 (+316%)
- celui des salariés en CDD de 263 000 à 1 624 000 ( =517%)
- celui des emplois aidés de 375 000 à 503 000 (+34%)
- et celui des salariés en sous-emploi (temps partiel, etc) de 148 000 à 1 186 000 (+ 701ù)
Dans le même temps, le nombre d’emplois statutaires (CDI ou emplois publics) ne passait que de 16 804 000 à 18 847 00 (+12%)
Voilà, cela se passe de commentaires mais nous fait comprendre que nous sommes tous concernés.

Cordialement,

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Et l’auteur de cette étude de citer les chiffres suivants = de 1983 à 2003 :
- le nombre de salariés en intérim es passé de 113 000 à 361 000 (+316%)
- celui des salariés en CDD de 263 000 à 1 624 000 ( =517%)
- celui des emplois aidés de 375 000 à 503 000 (+34%)
- et celui des salariés en sous-emploi (temps partiel, etc) de 148 000 à 1 186 000 (+ 701ù)
Dans le même temps, le nombre d’emplois statutaires (CDI ou emplois publics) ne passait que de 16 804 000 à 18 847 00 (+12%)
Voilà, cela se passe de commentaires mais nous fait comprendre que nous sommes tous concernés.
christiane Garnier
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Ces quelques chiffres, que j'ignorais mais que je ne suis pas prêt d'oublier et que je vais soigneusement archivés en disent beaucoup plus en disent beaucoup, beaucoup plus que tout l'article de Serge Paugam et que tous les commentaires qui ont suivi.
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Ils se passent, nous dit Christiane Garnier, de commentaires.
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Ce n'est pas tout-à-fait mon avis : un commentaire s'impose, c'est que cette période, pour les 3/4 est celle du règne de François Mitterrand, celui qui entre 1958 et 1981, n'avait cessé d'aspirer au pouvoir soi-disant pour faire une société plus juste.
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C'est en raison de l'amnésie générale dont bénéficie le prince de l'ambiguité que je me méfie comme de la peste de la génération de ses héritiers. (Qui veulent aussi créer une société plus juste, mais s'empressent de dissimuler ces fameux chiffres).
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jean-paul yves le goff
http://www.lelivrelibre.net

@GARNIER Christiane

Les chiffres que vous indiquez sont très ntéressants en ce qu'ils donnent une mesure quantifiée et parlante de l'évolution que nous vivons, la mondialisation et la financiarisation de l'économie - et ses conséquences -, nous et d'autres pays (qui n'ont jamais été gouvernés par Mitterrand!).

Résidant en Allemagne depuis 40 ans, j'ai vu, depuis le milieu des années 80, depuis le gouvernement Kohl -avec un coup d'accélérateur à partir de 1990 -, la situation sociale s'y dégrader comme en France.
En 1990, l'Allemagne, ou plus exactement ses "élites" politico-économiques ont rompu avec le modèle du "consensus social" pour prendre le train du "consensus de Washington" et abandonner ainsi le modèle dit "rhénan", auquel adhéraient jusque-là aussi bien la gauche que la droite, les salariés comme les employeurs de ce pays, et qui avait apporté une prospérité assez bien répartie à ce pays. A cette époque, il y avait 400 000 chômeurs dans le pays... et pas de petits boulots mal payés, de mendiants... comme maintenant (merci les "réformes"!).

Je regarde aussi la télé italienne et j'y vois et j'y entends que l'évolution y est aussi la même, le discours de son "medef" n'y est pas différend de celui du nôtre et de son homologue allemand.

En ne faisant qu'une analyse nationale et politicienne de ces chiffres, on risque de passer à côté des vrais déterminants de cette mutation structurelle, et donc des éventuelles solutions.

Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faille rien faire en France.
Mais les élites françaises sauront-elles se remettre en question ? Pourquoi, par exemple, dans un contexte économique mondial, qui, par définition, est le même pour tout le monde, les exportations industrielles allemandes battent-elles d'année en année des records - et remplissent les caisses de l'Etat allemand et créent des emplois bien rémunérés (ceux.là!) - alors que le déficit de la balance commerciale française s'accroît au fil des années ? Pourquoi l'Allemagne détenait-elle en 2006 plus de 16 000 brevets (un peu plus de 6 000 pour la France (au niveau de la Suisse et de la Hollande, pays beaucoup moins peuplés - chiffres lus dans "Le Monde"). Pourquoi l'Ecole Polytechnique de Zurich a-t-elle formé 27 prix Nobel de sciences et son homologue française très peu (je cite de mémoire Albert Jacquard).

Gerardo

Que de commentaires intéressants, je suis ravi et comblé! Vive Médiapart! Merci Messieurs!
Derrière me vient une idée: l'Histoire n'est-elle pas en train de nous donner un exemple de "perversion sociale"? Après avoir essayé de donner du travail aux hommes dans la dignité par le biais de la révolution industrielle, ne sommes-nous pas en train de vivre un nouveau chapitre (ou retourner à un ancien), à savoir "comment gagner de l'argent en en faisant le moins possible, c'est à dire en utilisant les autres comme des sortes d'esclaves modernes"?
Partout nous voyons des gens gagner des sommes énormes simplement en pianotant sur leur ordinateur (mondialisation de la Bourse) ou simplement parce qu'ils rapportent beaucoup (icônes sportives et de la TV,...). Pourquoi n'essayerions nous pas de faire de même dans nos entreprises (CDD, interim, emplois aidés, temps-partiel,...) tout en ayant l'air de respecter les Droits de l'Homme? Bref retour à la bonne vieille exploitation de l'homme par l'homme, le servage?

retour à la bonne vieille exploitation de l'homme par l'homme, le servage? M Philips
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Tout est là.
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C'est cela que le discours des politiciens, politologues, sociologues et médiocrates de tous poils, diaffoirantistes émérites, cherche à cacher.
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Le jour où le "peuple" s'en apercevrait, il faudrait qu'ils changent de métier, c'est-à-dire qu'eux-mêmes travaillent.
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jpylg

Je me permets humblement de faire remarquer à JPY Le Goff que c'est précisément parce que les sociologues travaillent qu'il est possible d'avoir accès à un minimum de données permettant, le cas échéant, de contester tel ou tel propos politique, ainsi que de mettre en lumière les multiples formes de précarité et de misère sociale contemporaines. Que quelques "moutons noirs" avides de plateaux télés se glissent parfois dans le troupeau (d'ailleurs très indocile) des chercheurs en sciences sociales ne veut pas dire que ces derniers soient tous soit des fainéants, soit les intellectuels organiques du "grand mensonge" des puissants. Si c'était le cas, il n'y aurait d'ailleurs, en bonne logique, qu'à soutenir sans états d'âme les efforts anti-CNRS du gouvernement actuel.

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Romain,
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C'est vous qui avez raison et votre humilité vous honore. Sachez toutefois que j'ai des amis à l'EHESS, à l'EPHE et au CNRS.
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Ce que je fais, dans ces propos à l'emporte-pièce, c'est de la caricature. Pourquoi la voyez-vous et l'admettez-vous quand il s'agit de dessin et que vous y êtes allergique quand il s'agit de prose ?
Cela étant, l'art de la caricature n'a de valeur que si le caricaturiste montre des défauts réels. C'est ce que, à tort ou à raison, je crois faire.
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Cela étant encore, je suis convaincu de l'utilité de ma démarche. Je suis convaincu que nous sommes dans une culture du faux, au sens nietzschéen : tout est faux dans les théories admises par tous.
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Voila.
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à +
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jpylg

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J'ai le remords, Romain, de vous avoir répondu trop vite. Vous avez réagi à quelques lignes qui étaient une réponse aux mots de M. Philips "Perversion sociale".
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Je crois qu'on ne comprend pas la société sans le concept de "perversion" (qui est, tout simplement, la perversion humaine). Je fais aux sociologues le reproche de n'en jamais parler ou de n'en parler qu'en termes édulcorés et universitairement corrects.
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J'ai cru découvrir, sur le tard, que le politiquement correct s'appuie sur l'historiquement correct, le sociologiquement correct, et l'universitairement correct.
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Je le dis tout aussi bien à mes amis sociologues et universitaires. Le problème des "moutons noirs" cherchant à promouvoir leurs navets n'est pas du tout mon souci.
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jpylg

Nous pourrions aussi changer d'appréciation sur le concept d'assistance en considérant que tous les habitants de ce pays sont les propriétaires et les héritiers de la République. La République a investit depuis des lustres et des lustres et dépense chaque année des milliards. Tous les gens en retirent-ils un bénéfice équivalent ? Rien n'est moins sûr. À considérer les grandes masses des dépenses, il apparaît vite que les moins fortunés ne tirent pas bénéfice autant que les classes moyennes supérieures des gros investissements publics : investissement pour l'éducation, investissement d'infrastructures, dépenses de soutien aux activités en pensant notamment à l'agriculture, etc.
Pourquoi ne pas considérer l'assistance sociale comme un dû, la part donnée à ses enfants par la République. Ça n'est d'ailleurs pas une nouveauté : les allocation familiales en sont une composante. Elles ne sont pas vraiment contestées, sans doute parce qu'elles sont versées sans conditions de ressources.
MER

Diviser, toujours diviser mais en haut on multiplie... La question de l'introduction de ce prélévement dans le bouclier fiscale n'a toujours pas été définie ???

Bjr,

Très bon article, bravo !

Si, vous avez le temps, venez lire notre petite note envers le RSA et le RMI. Une vidéo faite par un certain patrickdu49 a attiré notre attention.

Le motif, étant de comparer le revenu global du RMI par rapport à celui du RSA ! Ben, pas moyen de faire une véritable comparaison tellment c'est la jungle dans les aides, incroyable !

La note est visible depuis gueulante.fr. Vos compétences en ce domaine nous seraient précieuses pour avancer envers le projet de comparaisons des deux systèmes...

Bien à vous

JD
l'Equipe
gueulante.fr

A lire en complément dans Mediapart, l'article http://www.mediapart.fr/journal/france/111008/martin-hirsch-...
En particulier ce qu'a ajouté Michèle Iltis dans les commentaires de l'article :
Ce sont des extraits du débat M. Hirsch/A. Montebourg, avec les arguments du second et les faibles défenses du premier.