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Un pays propre
La scène se passe dans un train, entre Lausanne et Morges, sur la rive nord du lac Léman.
Les responsables du nettoyage passent dans les voitures pour vider les poubelles et ramasser les journaux gratuits (20 minutes, Le Matin bleu) abandonnés sur les sièges ou par terre par leurs lecteurs.
Une dame d'un certain âge s'adresse au jeune garçon qui l'accompagne: "Tu vois, tous ces journaux et ces saletés qui traînent, ça n'existait pas avant... Avant l'arrivée chez nous de tous ces Européens, la Suisse était propre".
La jeune femme assise en face intervient: "Excusez-moi, Madame. Je suis une de ces Européens dont vous parlez et je ne jette rien, ni ne laisse rien traîner. Ce que vous dites me blesse profondément".
"Mais je ne faisais qu'apprendre au petit à faire attention à la propreté".
"...en même temps que vous lui apprenez l'intolérance".
La dame saisit la main du gamin et s'éloigne à l'autre bout du wagon. La Suisse ne se laissera pas salir.








C'est la faute aux journaux gratuits!
... et à cette belle "religion du propre et de l'ordre", que certains chez nous (suivez mon regard) cherchent à nous imposer aussi!
Il faudrait dire à cette dame de réviser son histoire : l' un de mes arrière-grands pères était suisse - Lausanne - et portait un nom de viking (dont une partie de leurs descendants peuplent la Suisse ) : Rais, un nom scandinave.
Mon arrière-grand père était très délicat, bien sûr, mais les vikings n' étaient pas connus pour leurs bonnes manières !
Merci Tony, pour cette savoureuse tranche de vie !
"savoureuse tranche de vie": Pénéloppe votre vision du billet de Tony est, pour le moins, curieuse.
La réaction de cette mémé vis-à-vis de son petit fils n'est rien d'autre que du racisme, du racisme ordinaire, mais du racisme quand même. Le "ce que vous dîtes me blesse profondément" le montre clairement. Nous ne sommes pas ici dans l'édition PPJ, édition à laquelle appartient d'ailleurs Tony, mais qui s'est d'ailleurs bien gardé de ne pas y proposer son billet.
Dialogue symbolique d'un état d'esprit revendiqué par beaucoup de Suisses, hélas. Plusieurs votes récents l'ont confirmé. Ne donnons pas de leçons mais ne nous trompons pas de terrain non plus.
A la place de la jeune femme, je crois que j'aurais adressé à la mémé un: "Madame, quand les cons seront aviateurs, vous serez chef d'escadrille!"
Cher M Philips, Audiard a fait dire à Jean Gabin, s'adressant à l'un de ses complices habituels (dont le nom m'échappe): "Quand on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner". Là, ça volait encore plus haut!
Cher M Philips,
Sourions mais n'est-ce pas moi qui vous disais il y a peu, au détour d'un billet de blog, que je me sentais "blessée" quand vous parliez des Wallons, en généralisant votre expérience d'enfant ?
Ces histoires de racisme, ça risque souvent de tourner à l'histoire de la paille et la poutre, non ? M'est avis que nous sommes chacun dotés d'une certaine dose de connerie à cet égard, après on fait ce qu'on peut avec sa connerie intime.
J'ai apprécié ce billet savoureux de tonymaj, parce que je ne savais pas ce que l'on peut dire des européens en Suisse - d'autant plus savoureux que la Suisse est au centre du continent européen si j'ai bon souvenir. Il en fera une tête le petit gars quand il apprendra ça à l'école...
Merci de vos remarques, Joha. Nous ne sommes pas à l'abri, nous non plus. C'est d'ailleurs ce que je souligne dans ma réponse à Fred Oberson. Je n'oublie pas qu'à plusieurs élections récentes, les scores du FN en Alsace ont allègrement dépassé les 25% ou les 30% par endroits! Il y a même eu un village assez reculé du Bas-Rhin pour voter à 100% pour Le Pen en 2002, parce qu'à 25 ou 30 kilomètres, on dénombrait quelques familles turques. Ces électeurs-là n'ont peut-être toujours pas vu un seul Turc, de toute leur vie. Mais c'est à eux que nous devons Sarkozy...
M. Philips, pardon si j'ai donné l'impression de rire de et épisode : c'est la distance avec laquelle Tony a raconté cette tranche de vie que je trouve savoureuse, bien sûr. On sait que ce genre de lavage de cerveau, si je puis dire, existe depuis l'aube de l'humanité, perdure, partout. J'ai donné "ma" réplique, vous donnez la vôtre, que je trouve très drôle, et que j'aurais été bien incapable de sortir.
On ne changera pas ces suisses-là, que Tony évoque, à moins de leur retirer le nerf de "leur" guerre, ce que je souhaite ardemment : ça pourrait leur rendre un peu d' humilité qui leur fait défaut. L'arrogance de l'argent n'ayant aucune limite.
PS : Il m'arrive parfois de regarder sur TV5 le journal Suisse : je suis étonnée du nombre de sujets qui y traitent de la finance locale.
OK à tous! Balle au centre! Je sais que j'ai une tendance un peu moralisatrice, je m'en excuse.
Quand on voyage en Suisse, si on a du fric, tout va bien. Mon père, belge comme je le fus à ma naissance, avait coutume de dire, en parlant des Belges: "Petit pays, petit esprit". C'est, je crois, le défaut des Suisses, trop prisonniers de leurs si belles montagnes: ne pouvant prendre du recul, comme les Belges dans leurs petites frontières, ils ont la vue un peu courte.
C'est l'immense richesse de la France d'être géographiquement au carrefour de tant d'influences différentes: elle a toujours bénéficié de ces influences multiples venues des 4 points cardinaux! Quitte à laisser traîner quelques papiers!
@ M Philips,
Décidément, voilà que vous rempilez dans les généralités abusives, à prendre ce que vous croyez être le point de vue de Sirius pour juger les gens en bloc, saperlipopette.
Et si vous laissiez là cette maxime de votre père ? On peut faire ses choix dans le fatras que nous transmettent nos familles, y compris dans ce que transmettent les pères qui ne sont pas Dieu-le-Père éternel pour toute l'existence quand même, mais des hommes tout simplement. A partir d'un certain âge, on peut s'apercevoir de ça, oui ?
Et en guise d'exemple de "petit esprit belge" - et dans les deux langues : luister naaar mijn vlakke land
http://www.youtube.com/watch?v=ecjicY_tQbE
Tant que vous y êtes, faites donc un tour chez Lionel Degouy, il y une interview superbe de Brel.
Quant à la Suisse, j'y compte un ami très critique sur la politique de son pays et il a le sens de l'humour en prime : une suissesse bornée, ce n'est pas toute la Suisse... même si je suis d'accord que la politique suisse, bof bof. Mais la politique française en ce moment ? Et la politique belge itou...Les nationalismes sont en recrudescence partout, attention de ne pas tomber dans le trou à force de prendre du recul...
@ Joha 1008 J'ai beaucoup d'amis suisses alors merci pour eux!
Cher Joha 1008,
Ne montez pas sur vos grands chevaux, vous dit l'ami du cheval! Vous me faîtes un peu penser à Bonne-voglie ayant aussi tendance à se raidir de cette façon. Avez-vous constaté comme la géographie et le climat influencent le comportement des gens? J'ai découvert dans le Sud des manières de se comporter que je n'avais jamais connu dans le Nord, en 40 ans? Ce n'est pas moi qui l'ai décrété, ce furent des constats, de simples constats, mais des constats quand même. Acceptons l'idée que, au delà de notre "libre-arbitre" ( ce que je crois deviner derrière vos hauts le cœur), nous sommes aussi influencé par les lieux et les univers dans lesquels nous vivons. Pas de totalitarisme, pas de généralités: des faits. Bien à vous et vive l'Europe...avec la Suisse!
Heureusement qu'on vous connaît tous les deux, Joha et Philips, pour votre pondération et votre beau sens de la communauté,
sinon, à vous lire de l'extérieur sur cet échange, ça ressemblerait presque à une algarade?
(ce n'est pas une question car je sais qu'il n'en est rien)
:-)
@ Axel et M Philips,
Vous avez raison, Axel, en ce qui me concerne et je suppose, M Philips, que vous serez d'accord pour que nous disions avec Magritte ceci n'est pas une algarade...
Tiens, je viens d'aller regarder l'origine de ce mot, Axel, ça vient d'algarada en espagnol qui signifie "troupe de cavalier", pas mal ça, je ne connaissais pas.
Ceci dit, en guise de chevaux, je n'ai jamais eu que des deuches jusqu'à ce que mes enfants se plaignent de manière récurrente qu'il y faisait décidément trop froid en hiver... et que mes moyens me permettent d'acheter des occasions un peu plus douillettes en hiver.
Point de vue dictionnaire perso, quand je dis saperlipopette, c'est que le ton reste à l'étonnement et à la plaisanterie m'autorisant une répartie nécessaire que je fais d'autant plus facilement que je suppose que ce ne sera pas mal pris. J'aurais pu dire nom d'un schtroumpf : plus approprié peut-être quand on parle d'un mouchoir de poche en patchwork comme la Belgique ?
Bonjoir mr Philips,
cela s'appelle "le coup pied de l'âne" d'un ami du cheval !
Je me raidis sur ce que je crois important ( ni voyez aucune salacitude ;o)
pas nécessairement les mêmes choses que vous, mais en cherchant un peu on doit bien vous trouver un point sensible?
(vous aussi vous trouvez que les noirs ont le rythme dans la peau, et que les blancs sont travailleurs dans le nord?
On devrait faire une édition!!! )
Vous voyez, vous êtes mon viagra intellectuel ;o)
Ça me rappelle qqch, Bonne-Voglie. Il me semble que c'est à propos de qqln qui parlait de la passivité des Français et notamment des Parisiens, c'est bien ça ? Je m'étais pris une bonne volée à dénoncer ce genre de clichés.... Mais où c'était, dans les commentaires suivant quel billet, je ne m'en souviens pas ! Si vous vous en souvenez, ce serait peut-être bon de coller le lien: Suisses-Parisiens même combat !
Ah, GdS, tu as frappé à la bonne porte DU spécialiste, champion toutes catégories, de la Généralisation et de son éradication de la surface de la Terre...
Bon,
moi aussi je me souviens de ce malentendu, et de la surprise que tu m'avais fait à prendre la mouche en tant que Parisienne sur ce fil, alors que la personne en question n'avait rien de spécial ni pour ni contre Paris, simplement que c'est le hasard de son affectation qui l'avait installée à Paris, que si elle avait habité Lyon, et bien c'est une GdS lyonnaise qui l'aurait "mal pris personnellement".
C'est pourquoi je clamerai sans hésitation et sans faiblir:
Suisses, Parisiens ET Lyonnais, même combat!
:-)
C'est juste que je ne sais pas comment on nomme les habitants d'Ile-de-France alors pour faire simple, j'ai dit Parisiens. Sinon, ce n'est pas en tant que Parisienne que j'ai pris la mouche, comme tu dis (tu verrais ma gueule: je fais un peu patchwork d'origines diverses et variées)...c'est parce que ce genre de poncifs et de clichés réducteurs me sortent par les yeux !
Alors Suisses, Ecossais, Italiens, Maliens, Lyonnais, Berlinois, Parisiens, Danois, Chinois, Portugais, etc...... même combat !
Ce serait pas Franciliens ? J'dis ça, j'dis rien, hein...
Merci Jéré ! C'était tout simple, finalement !
Ça y est, j'ai retrouvé. C'était sur le blog de notre ami jpylg (http://www.mediapart.fr/club/blog/jeanpaulyveslegoff/030808/...). Et c'était pas du tout la même personne, mais gaebus, etoile66, bonne-voglie et moi etc. qui nous étions livrés à, disons, une sorte d'"escarmouche" autour de ce que je considère ne pouvoir être (au mieux) que des poncifs ou des clichés qui ne reposent sur AUCUNE réalité !
@ M. Philips
Compte tenu de la "grandeur" de la France par rapport à la "petitesse" de la Suisse, il y a moins de "crétins des alpes" chez nous!
Et les "petits suisses" n'apprécient pas de se faire bouffer par les "fromages qui puent"!
Dis Tony, c'est quoi comme journal, Le Matin Bleu ?
La formule gratuite du quotidien "Le Matin de Lausanne". La jeune femme du billet n'aime ni le payant, ni le gratuit, ça lui évite d'avoir à les jeter ou de les ramener à la maison, quand elle vient.
C'est un joli nom pour un gratuit, non ?
Joli nom qui cache un grand vide, derrière les mêmes photos d'agence que "20 minutes", dit-elle.
A propos des "petits pays, petits esprits", vu avec des yeux de chauffeur routier au long cours, à première vue c'est vrai car les panneaux, au contraire de ceux des grands pays, indiquent toujours de très courtes distances et des patelins inconnus qui n'apportent aucun renseignement utile à l'échelle du voyage,
mais, mais,
on allume la radio de bord et là, le "petit" pays soudain se transforme en belle ouverture sur le monde, polyglotte, internationale, multiculturelle, et ouverte sur tout ce qu'il y a de plus chaud, ceci en provenance de plusieurs pays voisins différents!
Et comme on arrivait justement d'un "grand pays" où les longues distances sont la norme et où on vogue comme au milieu de l'océan immuable et uniforme, quel plaisir et quel soulagement de sortir enfin d'une monoculture où tous ne parlent que d'une voix et d'une seule malheureuse langue, où tous aussi refusent ou ignorent le reste, autosuffisants comme ils sont territorialement: l'esprit pour le coup beaucoup, mais alors beaucoup plus petit que celui des Suisses, Belges, Slovènes, Lituaniens etc qui eux, au moins, ont des voisins, et même beaucoup de voisins..:-)
Oui, cher Axel: "Ce qui est petit est joli"!
Et dans la série "les-commentaires-vraiment-cons "comme GdS n'a jamais peur d'en faire:
Savez-vous comment on fabrique les petits Suisses ? Non ? Et bien, comme les petits Français !
Et comment sais-tu cela?
Tu en a fait, toi, des petits Suisses?
J'en ai mangé beaucoup !
Autant que de petits Français?
Non, j'ai jamais mangé de petits Français. Tu vas me faire passer pour une ogresse ! mais quand j'étais petite, on me disait qu'il fallait finir mes petits Suisses pour devenir grande et belle ! Et vous savez quoi ? Ça a super marché !
Il n'y a que la soupe au tapioca que j'ai laissée. Ça vraiment, je ne pouvais pas !
On se livre... on saura bientôt tout de vous! C'est pour quand les mensurations et la photo?