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La première bachelière, une nana qui en avait!
La toute première bachelière de France, en 1861, était vraiment une sacrée nana! Portrait en quelques lignes.
Fille du comptable de la Manufacture royale de Bains-les Bains (Vosges), Julie-Victoire Daubié est née en 1824 et sa courte vie (elle meurt en 1874) a été bien et très utilement remplie.
A onze ans déjà, elle se fait remarquer en estimant que le cadeau de Noël offert par le patron, c'est bien, mais qu'un meilleur salaire pour les ouvriers serait plus appréciable encore.
En 1846, à 22 ans, elle réussit le "certificat de capacité", diplôme qui devrait lui ouvrir l'accès à un poste dans l'enseignement. Mais c'est là un domaine exclusivement réservé aux hommes, à cette époque.
Qu'à cela ne tienne! La voilà, à 37 ans, en 1861, qui se présente aux épreuves du baccalauréat, à Lyon. Elle sera la première femme de France à réussir cet examen, et avec la mention "très bien", s'il vous plaît.
Julie-Victoire se lance alors dans une carrière de journaliste et d'écrivain économique. Son ouvrage "La femme pauvre du XIXe siècle" (3 tomes) fait encore référence aujourd'hui. A l'époque, cette audace est pourtant mal récompensée: elle se retrouve interdite de publication et - accrochez-vous - promptement excommuniée par l'Eglise catholique pour avoir prôné l'égalité des hommes et des femmes.
Avant sa mort, Julie-Victoire Daubié créera encore une école de broderie destinée à sortir les femmes des Vosges de leur condition précaire, par la formation et par l'emploi.
Moderne et prophétique, Mlle Daubié. N'écrivait-elle pas: "Il est de fait que l'ordre économique ne serait pas troublé comme il l'est chez nous, si le scandale des fortunes illicites était soumis au contrôle de l'opinion."?
Je viens de vous entendre parler de stock-options et de parachutes dorés?
(Source: un excellent papier de Lucien Naegelen, dans le journal "L'Alsace" du 27 juin 2008, que je ne fais que résumer ici)








De grâce, ne vous faites pas radier de Mediapart car nous n'aurions pas eu le plaisir de découvrir cette femme hors du commun!
Nous sommes toutes des filles et fils de Julie-Victoire Daubié. Merci à elle ! Et à ceux qui nous font, aujourd'hui, la rencontrer...
Ton excellent billet, cher Tony, montre que l'Eglise catholique, première secte en exercice, a toujours été constante dans l'obscurantisme et l'intolérance.
Il ne faudrait pas oublier le rôle d'une autre femme- l'impératrice Eugénie - dans cette affaire de la première femme qui a obtenu le bac. D'abord, Julie-Victoire Daubié était institutrice ( on pouvait parfaitement être dans l'enseignement depuis très longtemps lorsqu'on était une femme! ) lorsqu'elle réclame avec insistance l'autorisation de se présenter au baccalauréat. Le ministre de l'Instruction publique lui refuse l'autorisation. Dès que l'impératrice a connaissance du cas, elle ne se contente pas d'insister personnellement en faveur de sa demande: elle fait saisir le conseil des ministres qui donne l'autorisation. Quelques années plus tard ( bien que fervente catholique ) elle soutiendra ostensiblement le ministre de l'Instruction publique suivant ( Victor Duruy ) qui tente de mettre en place un enseignement secondaire public pour les jeunes filles et qui rencontre l'hostilité de la majeure partie de la hiérarchie catholique. L'histoire réelle est toujours quelque peu complexe...
Merci de ces compléments, M. Lelièvre. Il semblerait bien que les nouveaux propriétaires de la Manufacture royale de Bains-les-Bains, qui font l'effort méritoire de donner à Julie -Victoire Daubié la notoriété qu'elle mérite, aient un peu zappé et l'impératrice et le ministre de l'instruction publique de l'époque... Trop régionalistes, peut-être? Reste que le personnage sort quand même de l'ordinaire.
merci merci de nous faire découvrir cette pionnière..
L'instruction et les filles... une épopée!
Lorsque polytechnique (la vraie, pas Polytechnique féminine) s'ouvrit aux filles, voila-t-y pas que c'est une fille qui en sortit major. Les articles dans la presse de l'époque ont foisonné : il n'y aurait pas eu plus de tapage médiatique si un chimpanzé avait réussi le concours! Comment, les femmes ont aussi un cerveau?
et en1962 (je crois bien) voilà que miss France avait une licence.. de math! Incroyable ..; (elle fut bien sûr invitée au bal de l'X ).