L'échec de «l'identité nationale» ?

Le 1er février 2010, le ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire a annoncé l'annulation du colloque de clôture du « grand débat sur l'identité nationale » lancé en grandes pompes il y a trois mois par Eric Besson. Le 2 novembre 2009, nous avions reçu en effet l'injonction, de la part d'un ministre de la République, de venir débattre dans les préfectures et les sous-préfectures, des « valeurs de l'identité nationale », avec deux questions à la clef : « Qu'est-ce qu'être français ? Quel est l'apport de l'immigration à l'identité nationale ? ».

Aujourd'hui, le constat est fait par les organisateurs de l'impossibilité de la synthèse. C'était attendu, tant il est difficile de trouver des « valeurs » à « l'identité nationale ». Le ministère d'Eric Besson a fait savoir que « l'ampleur » [sic] prise par ce « grand débat » obligeait à l'abandon du colloque [prévu initialement le 4 février] qui sera remplacé par un séminaire gouvernemental tenu à une date non précisée (AFP).

C'est donc l'enterrement d'un programme idéologique de substitution d'un nationalisme débridé aux valeurs républicaines sous prétexte que ces dernières rencontrent actuellement certaines difficultés. C'est aussi le constat d'échec d'un plan de mobilisation des représentants de l'Etat et des services publics qui avaient sommés d'organiser ce « grand débat » sur un thème ne relevant pas de l'intérêt général et de la communauté nationale mais seulement de la volonté de pouvoir d'un parti et d'un président. Le fait que Nicolas Sarkozy soit élu au suffrage universel direct ne lui donne pas en effet le droit d'imposer aux Français et à leurs institutions une idéologie contraire à leur histoire, à leurs libertés et valeurs fondamentales, à leur culture politique, autant de données qui fondent aussi la démocratie et qui instituent précisément des garde-fous aux aventures de l'exécutif. La convergence de l'hostilité et du rejet de « l'identité nationale » chez les intellectuels, les artistes et un nombre important de leaders politiques à gauche mais aussi à droite montrait clairement qu'une telle idéologie s'opposait à la définition de la France comme identité politique d'une République tendant vers la démocratie. Même si la réalité française est loin d'équivaloir à la pleine démocratie, la nécessité s'impose justement de relancer la démocratisation plutôt que de la menacer. L'idéologie de « l'identité nationale » constituait l'une de ces menaces. Mais il en demeure d'autres, plus réelles, quotidiennes, comme celle que nous soulignions il y a deux jours ici même, en abordant la question des gardes à vue et en s'interrogeant sur l'état de la France. Vit-elle toujours en démocratie, compte tenu de cette réduction permanente des garanties élémentaires des citoyens et des personnes ?  (http://www.mediapart.fr/club/blog/vincent-duclert/300110/gardes-vue-la-france-vit-elle-toujours-en-democratie)

L'erreur aujourd'hui serait donc de se contenter du retour à la raison et au bon sens que constitue l'échec de fait du « grand débat sur l'identité nationale ». Il convient au contraire de travailler toujours plus à cette démocratisation de la France, de son Etat, de sa société, de ses symboles, de son image.

Vincent Duclert

   

La question de la démocratisation est en effet primordiale. La crispation actuelle sur la notion de République transformée en une sorte d'icone  réifiée n'est qu'un avatar supplémentaire d'un phénémène historique déjà rencontré : lorsque les inégalités (de toutes sortes)  progressent le fétichisme républicain croît parallèlement. Une bonne façon de se voiler la face et d'occulter la question de la démocratisation.

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Les bonnes nouvelles recommencent enfin à poindre leur nez ! Récurons nos poubelles, car il va falloir bientôt les tenir prêtes pour renvoyer dans les tréfonds de l'histoire toute cette clique de parvenus et d'apprentis dévoyeurs du bien public et des services publics (... ou du moins ce qu'il en reste) ! Coup d'envoi des festivités : le grand chelem des prochaines régionales !

A bon entendeur !

Je sens déjà poindre avec enthousiasme les cinq ans de gouvernement du PS, la poursuite de la casse sociale, la rigueur, la repentance, le recul face aux communautarismes...

50 000 à 80 000 mariages forcés annuels en France qui ne dérangent absolument pas les socialistes, ces grands défenseurs de la démocratie.

Jardidi,

Supposons que la lutte contre les mariages forcés devienne la grande cause des socialistes.

Pouvez-vous me dire comment on les repère, qui porte plainte et comment on procède juridiquement et contre qui ? Je suis impatient d'avoir votre réponse.

A Jardidi

Cet article n'est pas de la propagande pour le PS. Vous noterez du reste que ce blog est assez critique pour les socialistes et leur occultation du passé. Néanmoins le PS peut changer, et la fonction critique que nous assumons peut aider à ce changement.

Oui, d'ailleurs il change.

Après le "tournant Delors" (hausse vertigineuse des inégalités), les stock options et la vague de privatisations Jospin, nous avons le FMI et l'OMC dirigés par des "socialistes".

Même Guy Mollet n'aurait pu en rêver !

2 février 2010

BESSON remplit les CRA et active la machine à démembrer les familles.

Désavoué publiquement par les juges pour avoir arbitrairement privé de leurs droits 124 demandeurs d’asile, Eric Besson se venge sur les jeunes et les familles. Qu’importent les études en cours, les liens familiaux, la vie reconstruite. Qu’importent les droits.

Ci-dessous quatre affaires, quatre vrais drames qui menacent la vie d’enfants ou de tout jeunes gens. Sans parler des autres, pareillement traqués et arrêtés, mais qui ont devant eux quelques jours ou semaines d’espoir. Le racolage de voix en saccageant des vies, ça suffit ! Le ministre de la chasse à l’enfant est responsable, son président encore plus, mais il faut aussi que les hauts fonctionnaires et les moins hauts qu’on implique dans ces affaires honteuses prennent leurs responsabilités. Et qu’on les mette face  à elles. Poliment, sans diffamation, mais fermement. Mails, fax, téléphone, tout est bon pour faire savoir ce qui se passe vraiment.  

Ministre de l’immigration

Fax ministère : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00  Standard 01 77 72 61 00

Secrétaire général secretariat.general@iminidco.gouv.fr

Secrétaire général : stephane.fratacci@iminidco.gouv.fr

fax :  01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00 

Ministre eric.besson@iminidco.gouv.fr

Matignon :

http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/premier_ministre/ecrire

Et là où se prennent les décisions  

Elysée fax : 01 47 42 24 65

http://www.elysee.fr/ecrire/index.html

Maxime Tandonnet (conseiller immigration) maxime.tandonnet@elysee.fr

Les coordonnées des préfectures concernées se trouvent après chaque situation décrite.

1/ Expulsion programmée pour jeudi de Salima Boulazhar, 18 ans, sa sœur jumelle Salma, forcée de se cacher

Salma et Salima, deux sœurs jumelles marocaines de 18 ans, venues en France à 13 ans, confiées par kafala (acte de prise en charge) à leur tante résidente en France quand leur grand-mère qui les élevait décède. Or la France ne reconnaît pas la kafala et comme l’adoption est impossible en droit marocain, les démarches de régularisation sont rendues difficiles. Elles font toute leur scolarité à Clermont-Ferrand : Collège La Charme, Collège Gérard Philippe, Lycée Camille Claudel, Lycée Marie Laurencin. Salima - cette année- est en apprentissage à l'Institut des métiers de Clermont-Ferrand. 

Une demande de titre déposée avant leur majorité a été refusée par courrier du 27 Juillet. Après 7 mois de silence de la préfecture, le 19 janvier, les policiers sont venus chez leur tante, ont emmené Salima et l’ont conduite au centre de rétention de Lyon. 

Salma a échappé à l’arrestation. Elle était alors hospitalisée, angoissée et dépressive depuis l’annonce du refus de séjour. Depuis elle se cache. Le juge des libertés a décidé de prolonger de 15 jours la détention de Salima. Nous savons que cela accorde 15 jours aux autorités pour obtenir « l’accord de réadmission » de Salima de la part des autorités marocaines. Tous ces établissements y compris se mobilisent pour elles, vendredi plus de 150 personnes se mobilisaient avec des élus devant la préfecture de Clermont Ferrand.

Malgré ce soutien, le préfet de région  (qui n’est autre que l’ancien secrétaire général d’Hortefeux quand il était ministre de la rafle et du drapeau !) n’en démord pas : pas d’adoption, pas de papier. L’expulsion de Salima est programmée pour le 4/02/2010 à  9h.

Patrick STEFANINI     Préfet de la région AUVERGNE

patrick.stefanini@puy-de-dome.pref.gouv.fr
Directeur du cabinet :
fabien.masson@puy-de-dome.pref.gouv.fr

Chef des services administratifs du cabinet : david.besson@puy-de-dome.pref.gouv.fr

Préfecture du Puy de Dôme   18, Bd Desaix  - 63033 CLERMONT-FERRAND CEDEX 01   

 Tél. : 04 73 98 63 63  Télécopie : 04 73 98 61 00

www.auvergne.pref.gouv.fr
public@puy-de-dome.pref.gouv.fr

Et aujourd'hui Youssouf un lycéen de 21 ans du LP Camille Claudel à Clermont-Ferrand a été arrêté près de chez lui en rentrant du lycée. Il doit être conduit au CRA de Lyon.

3/ Expulsion imminente pour Harrag Belhadj, 23 ans, détenu au Centre de rétention du Canet  à Marseille, père d’une enfant française 

Il est papa de la petite Lola, née en 2005, de nationalité française.  Il vit avec la maman et le premier enfant de celle-ci. Il contribue aux besoins et aux soins des deux enfants.

Harrag est arrivé en 2005 de manière régulière pour rejoindre son père séjournant en France depuis 2001 et détenteur d’une carte de séjour de 10 ans. C’est en novembre dernier que la préfecture a refusé de prolonger son séjour. Il a un jeune frère de 14 ans scolarisé dans un collège de Marseille.

Durant son séjour, il a mis tout en oeuvre pour construire sa vie professionnelle. Il a obtenu deux CAP, l’un d’Informatique à l’EMO à St Joseph et l’autre en Électricité bâtiment et industrielle à Angoulême. Il est également certifié d’une formation en tant qu’agent de sécurité et  a travaillé 6 mois dans ce secteur. L’expulsion est imminente (peut-être aujourd'hui mardi )

Préfet  Michel SAPPIN michel.sappin@bouches-du-rhone.pref.gouv.fr

Cabinet du Préfet cabinet@bouches-du-rhone.pref.gouv.fr 

Secrétariat Général : Tel 04 91 15 64 90 / Fax : 04 91 15 62 10

Standard préfecture : Tel 04 91 15 60 00 - Fax 04 91 15 60 70

3/ Lahouari CHALI, père de famille algérien, en rétention au CRA de Palaiseau (91)

Arrêté à Gennevilliers le 26 janvier 2010, lors d'un contrôle d'identité, Lahouari CHALI a été placé dans la prison administrative pour étrangers  de Palaiseau

Lahouari CHALI est entré en France le 5 mai 2004 en compagnie de sa femme et de leur fils aîné. Yacine, 6 ans,  né en Algérie, est scolarisé en CP, à Paris 18ème. Sa sœur Rachida Farah, 5 ans, est née à Paris, elle est en en moyenne section à l'école maternelle André Del Sarte dans le 18e.

Le père de M. Chali vit en France ainsi que la mère, les deux demi-frères et la demi-soeur de sa femme, tous en situation régulière. Le 1er février, rejet du recours au Tribunal administratif. La machine à expulser est en marche.

Récemment deux retenus du CRA de Palaiseau ont tenté de mettre fin à leurs jours pour échapper à l’expulsion : tentative de pendaison, grève de la faim, vis avalées. Pas même une nuit entre l’hôpital à l’aéroport, et à l’arrivée à Tunis, la prison pour ce père de famille.

Patrick Strzoda - Préfet des Hauts-de-Seine (92) :

patrick.strzoda@hauts-de-seine.pref.gouv.fr

Secrétaire Général :

didier.montchamp@hauts-de-seine.pref.gouv.fr

Directrice de cabinet :

josiane.chevalier@hauts-de-seine.pref.gouv.fr

N° Fax du Préfet : 01 47 25 21 21 - 01 40 97 27 92

4/ 12 ans d’errance ça n’est pas assez ! Nouvelle menace d’expulsion pour un père rom d’Evreux

 Mehmet OMEROVIC  a été arrêté à Evreux le 29 janvier 2010, mis en garde à vue au motif d'un retard dans les formalités de mise à jour de son permis de conduire, et placé le 30 janvier en rétention au Centre de Rétention Administrative (CRA) de Oissel.

12 années d’errance, de souffrances et d’humiliations pour cette famille de cinq enfants ! Originaires de Bosnie, les Omérovic ont vécu, depuis 1992, tous les drames du conflit entre Serbes et Bosniaques. Accablés par les persécutions de tous ordres, parce qu’ils sont aussi roms et musulmans, privés du droit de travailler, de se loger, de se soigner, d’éduquer leurs enfants, ils ont fui leur pays une première fois pour demander l’asile en Allemagne en 1997.  Déboutés, de leur demande, ils retournent en Bosnie, mais subissent à nouveau persécutions et privations de droits élémentaires. Ils tentent alors leur chance en France en 2005,  où leur demande d’asile échoue également. Renvoyés de force en Bosnie, ils retrouvent la même situation et survivent grâce à des moyens de fortune. Nouvelle errance vers  la France où ils sont arrivés en janvier 2009. Ils déposent une demande de titre de séjour auprès de la Préfecture d’Evreux, s’appuyant sur les dispositions légales en vigueur relatives à la préservation de la vie privée et familiale. Leur demande est rejetée en septembre 2009,  rejet assorti d’une Obligation de Quitter le Territoire (OQTF). Un recours a été déposé par leur avocat auprès du Tribunal Administratif, et leur audience doit avoir lieu dès ce mois de février. 

Soutenue depuis plus d’un an par divers intervenants sociaux et associations impliqués dans le soutien aux migrants en situation de détresse, la famille Omérovic pouvait encore, jusqu’à l’arrestation,  espérer que l’Etat français prendrait en considération sa situation exceptionnelle et lui fournirait enfin la possibilité de se reconstruire. Ce père est aujourd’hui en très grand danger d’expulsion et la famille martyrisée une nouvelle fois.

Préfète de l’Eure : Fabienne BUCCIO : fabienne.buccio@eure.pref.gouv.fr

Préfecture : Bd.  G. Chauvin 27022 EVREUX CEDEX  Tél. : 02 32 78 27 27
 Télécopie : 02 32 38 24 15  www.eure.pref.gouv.fr 

L'actuelle politique d'expulsion des sans-papiers est, avec la politique de garde à vue, le symptôme de l'effondrement des garanties et libertés fondamentales de chacun. Elle nous concerne tous.

Cette fois ci, nous sommes d'accord.

Que dit le PS, néanmoins, sur les "sans-papiers" ???

relire les déclarations d'Aubry !

c'est clair!

Elle était aux 6H de RESF au 104, fin décembre

Ce que j'ai entendu de Martine Aubry (le cas par cas "généreux" comme sous Chevènement) ne correspond pas du tout aux revendications de RESF dont je suis militant.

message RESF!

ARRET des FAX et MAILS pour M. CHALI : LIBERE !
 
M. CHALI, retenu au CRA de Palaiseau (91)vient d'être libéré , pour raisons familiales et pour bonne conduite . Il a 5 jours pour se mettre en règle ....
 
Continuons de nous mobiliser pour Salima, jeune majeure de 18 ans retenue à Lyon , Harrag Belhadj retenu au Canet et Mehmet OMEROVIC, père de 5 enfats retenu à Oissel 

message RESF ... Urgent et important!!!!! aidez-les!

Marie 75,tu as raison:les effets d'annonce ,on connait ,pendant ce temps là la machine bien huilée continue à expulser et d'ailleurs on peut remplacer Besson,ça ne changera pas grand chose au quotidien des "indésirables" de la république!

 

 

lire : pas de papier si madame esst voilée ,   depeche reuters

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE6110HK20100202

La nouvelle est bonne, mais elle sera cachée par les médias. A quand la fin du "moment sarko".

La vigilance a payé. Jusqu'à quand ?

OK pour dénoncer, envoyer des fax et des mails, mais quoiqu'on fasse, il y aura tjs 29 000 expulsions/an.

Alors bien sûr il faut le faire, mais il faut faire plus encore. L'appel pour la suppression du ministère de l'identité nationale et de l'immigration est très fédérateur : il permet de rassembler tous ceux qui en ont assez de cette politique du bouc émissaire qui harcèle les étrangers et tous ceux qui sont ramenés à des origines supposées étrangères. 

Que partout se créent des collectifs pour la suppression de ce minimachinchose, que "la sidération se répande et que les foules se lèvent" ! Il y a urgence !