Nonfiction.fr avalé par la fondation Jean Jaurès
C'est un simple mail, reçu par chacun des lecteurs inscrits au site Web Nonfiction.fr qui annonce le changement. Jusqu'alors «espace pluraliste et moderne qui entend contribuer à un travail de réflexion politique sur une base pragmatique, non-idéologique, ancrée dans le réel — et non pas cantonné dans la fiction politique», le site se fixe désormais la mission de «rendre compte et de diffuser les idées produites par l’ensemble de la galaxie des think tanks et des cercles de réflexion de gauche».
Rien de critiquable dans cette évolution: pour être honnête, ce travail de forum des oppositions est largement assuré dans le Club de Mediapart –et souvent dans le journal. Mais il faut avouer que de tels changements sont rarement signifiés aussi clairement. «Dans un souci de travail collectif, nonfiction.fr s’associe à la Fondation Jean-Jaurès où se trouvent désormais son siège social, ses locaux et ses équipes.» Soit, donc, dans les locaux historiques du Populaire, l'organe officiel de la SFIO après le ralliement de L'Humanité au PCF.
Pas d'exclusive non plus pour la Fondation Jean-Jaurès, puisque Nonfiction «s’associe également à la Fondation Terra Nova [social-démocrate], à Temps Réels (Atelier de technopolitique) [«section Internet du Parti socialiste»], au Laboratoire des idées [du Parti socialiste], à la Coopol [le réseau social du Parti socialiste] et à la Netscouade [nos amis et voisins, agence Internet qui a mis en place aussi bien le site de Nonfiction que celui de Mediapart ou encore la Coopol], afin de créer un réseau d’information des idées produites par les think tanks progressistes et de diffuser leurs contenus».
Le 1er février, le site a «renouvelé son équipe dirigeante» en adjoignant à Frédéric Martel, deux vice-présidents: Gilles Finchelstein (Fondation Jean-Jaurès) et Christian Paul (Laboratoire des idées).
Jusqu'alors, clame le mail, le «quotidien des livres et des idées» était fort de «807 collaborateurs réguliers, ses 83 administrateurs, et ses 55 rédacteurs en chef thématiques regroupés dans 49 pôles».
Lancé fin 2007, «sur le modèle de la New York Review of Books», il devient «web-média qui n’est “ni neutre, ni partisan”, conserve son indépendance, mais se met en ordre de marche derrière la gauche réformiste pour battre Nicolas Sarkozy en 2012».
Financé à l'époque par Grégoire Lassalle (AlloCiné), Jean-Noël Tronc (directeur général d'Orange France et ex-M. Internet de Lionel Jospin), Benoit Genuini (Accenture France), Gilles de Margerie (Crédit Agricole), et une dizaine d'autres, Nonfiction devient une association, explique le courriel circulaire, «afin de prolonger cette expérimentation réussie et lui donner un développement pérenne.»









.... «espace pluraliste et moderne qui entend contribuer à un travail de
réflexion politique sur une base pragmatique, non-idéologique, ancrée
dans le réel — et non pas cantonné dans la fiction politique»
Ils écrivent vraiment comme ça ? Il va peut-être aussi falloir qu'ils changent de manière de communiquer, non ? Tel quel, c'est un peu "tue-l'amour"... Mais bon, faut suivre !
C'est de l'Olivier Ferrand (Terra Nova) dans le texte. Atterrant.
Lire l'article du Monde Diplo sur cette "fondation"...
Velveht, s'il te plait, le lien, pour accéder à cet article du Diplo,c'est possible ?
C'était dans la déclaration d'intention, toujours lisible ici
OK d'ac, c'était un "morceau choisi" ! Ouf....
j'ai reçu le mail, effectivement. On dirait que nonfiction.fr devient un satellite intellectuel du PS, essentiellement. Terra nova faisait déjà du bon boulot, tout comme la Fondation Jean-Jaurès (tiens, La Forge n'y est pas en revanche ). Enfin, je trouve de toute façon que la RILI ou la vie des idées sont de bien meilleure qualité, même si le concept est un peu différent.
Rédacteur à Nonfiction.fr, je suis assez interloqué par ce recadrage politique et pro-PS.
Mais je pense que c'est ce que voulait la majorité des rédacteurs de nonfiction.fr...
Personnellement, je vais donc prendre mes distances avec le site, avec grands regrets.
J'ai aussi reçu le mail, le problème c'est tout de même cette idée sotte et grenue qu'il n'y aurait pas d'idéologie... Je sais qu'il est possible d'obtenir des tomates sans terre, mais des idées sans idéaux au logis, c'est impossible. Cet aveuglement me paraît tout à fait troublant et je suis donc pas tout à fait d'accord avec ce sympathique billet. Ils avancent masqués, puisqu'ils ne savent pas parler franchement de leurs idées de base... J'avais déjà protesté, il y a quelques temps à propos du verbiage de Monsieur Paul. Si la gauche ne sait produire que du bla bla de sous-idéologue masqué on est mal barré...J'aimerais savoir s'ils sont pour le marché? pour le marché dérégulé? pour le marché régulé seulement pour les méchants financiers? Vont-il supprimé la bourse comme c'est préconisé en une du Monde Diplo?
Aurélie Filippeti s'est moqué de Besancenot à propos du bout de tissu qui cache les cheveux d'une candidate du NPA, au nom de Marx. Le Parti Socialiste devrait soit gardé son idéologie socialiste est partir vent debout contre le marché et l'Europe Libéral, soit changé de nom et s'appelé avec un autre terme tout aussi idéologique. Je propose Post scriptum PS: après l'idéologie. Comme cet après l'idéologie est tout aussi utopique que toute idéologie, nous ne sommes pas rendu....
Je m'amuse de voir que le fait d'assumer un parti pris est immédiatement assimilé à un renoncement à son indépendance. Nonfiction.fr a toujours exprimé une identité de gauche et en a toujours été fier. Cela aussi, c'était dans la déclaration d'intention, dès la deuxième phrase. http://www.nonfiction.fr/projet.htm.
Quant au fait de travailler dans les locaux de la Fondation Jean-Jaurès, ou de nouer des partenariats avec différents think-tanks de la gauche socialiste, je ne vois pas en quoi cela remettrait en cause l'indépendance critique de nos rédacteurs...
Pierre Testard (membre de la rédaction de nonfiction.fr)