Dans nos mémoires pour toujours

 

Pozoblanco, 26 septembre 1984, au cartel Paquirri, El Yiyo et El Soro. Un cartel de luxe pour une petite arène qui se trouve dans la province de Cordoue. Nous sommes au quatrième toro de l’après-midi. Francisco Rivera ne fera que deux passes de capote avant qu’Avispado ne déboule sur lui pour infliger une cornada d’une violence rare. Cette histoire tous les aficionados la connaissent. Elle est tragique et nous rappelle qu’il y a à peine 25 ans on pouvait mourir dans une arène en raison d'une couverture médicale insuffisante. Ce fut un véritable séisme dans le monde taurin que d’apprendre la mort de ce torero adulé par tout le mundillo.

            Je n’étais pourtant pas encore né, en ce jour dramatique, mais depuis que je suis petit j’entends parler de Paquirri. Avec l’âge la curiosité se développe, l’envie d’en apprendre plus. J’ai vu des photos, des vidéos, lu des bouquins sur ce mythe taurin mais la meilleure façon de se cultiver sur le sujet reste de converser avec ceux qui ont eu la chance de le voir à l’œuvre. Ils vous en parlent tous comme une légende, sa disparition étant vu comme un déchirement total dans le cœur de chacun.

            Il est important de comprendre comment après plus d’un vingtaine d’année son souvenir est toujours présent. Ce patrimoine taurin, legué, est transmis de générationen génération. Plus qu’un torero marquant son temps, c’est un torero d’époque qui traverse les décennies. Si autant de jeunes connaissent Paquirri c’est qu’il a marqué l’histoire de cet art.

Alejandro Rubio : "Le toro c'est la vérité"

 

            Les cours de l’école taurine de Nîmes reprenaient le 14 novembre dernier dans les arènes. A la fin de l’entrainement j’ai rencontré le dernier vainqueur de« graines de toreros ». C’est un jeune homme lucide  qui a la tête sur les épaules avec qui j’ai discuté. On a revisité sa saison, parlé de son avenir. Une discussion intéressante avec des moments de grande humilité. Cet apprenti torero « se cherche » encore, mais on sent que son ambition est de réussir. On le lui souhaite bien évidemment, et à la vue de ce qu’il a laissé dans les arènes tout au long de la temporada on peut penser qu’il a le potentiel pour le faire.

            Inconnu au début de la saison il a connu une ascension fulgurante jusqu’à cette victoire à Saint-Gilles. Cette saison il devra confirmer son rang.

 

Les diamants sont éternels


            L’avenir de la tauromachie barcelonaise est en suspens ! On ne sait toujours pas comment cela va se passer l’année prochaine. Pourtant la cité espagnole possède une afícion de renom. Il faut se remémorer qu’au début des années 1900 la ville possédait pas moins de trois arènes en activité, plus que Madrid ! Petit à petit les choses ont changé puisque la plaza située dans le quartier de la Barceloneta aété fermé en 1923 pour être finalement détruite en 1944. « Las Arenas » a vécu son dernier spectacle le 9 juin 1977, elles sont actuellement en cours de transformation pour faire place à un centre commercial et de loisir. Avec ces fermetures successives c’est la région catalane qui en subi les conséquences. La seule résistance à cette vague  anti-taurine, ignorante, sera la seule arène encore en activité en catalogne : La monumental de Barcelona. Cette partie de l’Espagne est fondamentalement ancrée dans le monde taurin, l’empreinte de cet art est une certitude.

Malheureusementaujourd’hui les choses sont complètement différentes puisqu’il est fortprobable que la corrida disparaisse. Depuis 2004 Barcelone est officiellement déclarée anti-taurine, dans les jours qui viennent le parlement catalan doit se prononcer sur la poursuite de cette activité dans la ville. La revue Aplausos a d’ailleurs publié un article intéressant sur le sujet mettant en avant les réactions des parlementaires, le résultat est peu réjouissant. La dernière féria de la Merced marque soit un tournant, soit une conclusion historique.

Interdire la corrida ne serait il pas égal à interdire toute autre manifestation ? L’interdiction de ce genre de spectacle n’entrainera-t-il pas des dérives ? Pourquoi interdire la corrida alors que personne ne force quiconque à se rendre aux arènes ? Cela ramène finalement à un principe fondamental : la Liberté. Chacun est libre de ses opinions et nul n’a le droit de l’en empêcher. Voici les sujets qui sont en ce moment même débattus au parlement catalan ; il doit rendre sa décision d’ici peu.

¡El cante hondo de Morante!

            Le 21 juin c’est le jour le plus long de l’année, c’est également le jour de la traditionnelle fête de la musique, pour ce faire toutes les villes de France se transforment en d’immenses scènes musicales où les artistes peuvent s’exprimer ; tiens artiste un mot à retenir ! Pour moi pas de musique acoustique mais les toros, direction Barcelona pour ce qui s’annonce être une journée très agréable. Le cartel n’est pas mal il faut dire : Morante, Juli et Manzanares avec des exemplaires de Juan Pedro Domecq ; dans d’autres arènes on aurait affiché le « No hay billetes para hoy » à la taquilla ; c’est un peu ce qui me chagrine,savoir que dans cette superbe plaza, située à deux pas de la Sagrada Familia, les tendidos ne seront remplis qu’aux deux tiers. Pourtant l’aficion barcelonaise et bonne et surtout très juste ; mais tout le monde sait que le seul à remplir ces sièges c’est José Tomas !

 

            Les toros de Juan Pedro Domecq ont joués le jeu, bien présentés et permettant aux toreros de s’exprimer pleinement. Encastés, nobles et braves ils avaient tout ce que l’on peut attendre d’un toro dit bravo. Il est important de le souligner ces temps-ci !

 

Cette tarde sera inoubliable pour tous les aficionados et surtout pour les morantistes. Je ne m’en suis jamais caché et aujourd’hui je le clame haut et fort :« ¡Yo soy Morantista ! » ou devrais-je dire après cette corrida : « ¡Yo soy MoraRtista ! ». Je vous dois quelques explications. José Antonio Morante Camacho est Sévillan, là-bas le Flamenco est la musique reine, là-bas les gitans chantent le Flamenco Hondo dans le quartier de Triana sur les bords du Guadalquivir, là-bas l’inspiration guide les artistes. Pour les non hispanisants je me dois de vous dire que  « le flamenco hondo » c’est le chant pur, le seul, l’unique et le vrai.

Nous sommes tous Adrían !

            Nous sommes le 1er Mars 2009, il est presque 11h30, la foule s’agglutine à l’entrée du Palacio de Vistalegre à Madrid. Il n’y a jamais eu autant de monde autour de ces arènes pour un début de saison, le noy hay billete est annoncé depuis la veille par la taquilla. Il faut dire que l’évènement proposé est vraiment spécial. La mobilisation est forte et mérite d’être soulignée. Qui osera dire après ce jour historique que le monde des toros est ingrat, cruel et que celui qui va aux arènes est un assassin ? Personne, quel pied de nez aux antis ! Les toreros, ganaderos, empresarios, politiques, journalistes, aficionados ont tous répondu présents pour rendre hommage à cet homme ; la planète toro est définitivement une grande famille. Ce sont toutes les valeurs que prône la tauromachie qui en sortent vainqueurs aujourd’hui.

            Remettons les choses dans son contexte pour ceux qui n’ont pas compris de quoi je parle. Il y a de ça moins d’un an, le peon du Fundi, Adrían Gomez, se fait prendre par un novillo à Torrejon de Ardóz. Il était en effet dans la cuadrilla d’un apprenti qui aspire à devenir maestro. Par générosité il lui fait part de son expérience et accepte de toréer à ses côtés. Malheureusement après une paire de banderilles Adrían se fait attraper par ce bicho. Le diagnostic qui tombera dans la soirée est tragique. Tout le mundillo est sous le choc en apprenant la nouvelle, l’homme meurtri risque d’être tétraplégique ; après l’opération le verdict tombe : sa vie sera définitivement différente, tout réapprendre, les toros en tant qu’acteur sont du passé. A partir de cet instant c’est toute la planète toro qui est avec lui.

Emotion : maître mot d'une saison très riche

Tout au long de la temporada on aura pu voir beaucoup de choses, autant dans le fantastique que dans le médiocre. Que se soit en Espagne ou en France chaque aficionado a rencontré,tout au long de la saison, son lot de surprise et de déception ; telle est la dure loi de notre passion. La confirmation de talents, l’avènement d’un torero et la frustration, notamment dans le comportement des toros. Le bilan reste toutefois plus que positif, j’entends déjà les réboussiers et les blasés de la tauromachie dire que je suis optimiste, que la tauromachie est au plus bas et que les toros ne sont plus ce qu’ils étaient. Et moi de leur répondre que c’est ce que l’on entend depuis plus de vingt ans, la tauromachie ne s’est jamais aussi bien portée qu’aujourd’hui; tant mieux, profitons en !!!

            Notre passion est riche, nous apporte des valeurs, nous apprend tous les jours sur nous-mêmes,en quelque sorte elle est présente dans notre vie quotidienne ; quoi qu’on puisse en penser, je suis convaincu que les toros sont là même si on ne s’en rend pas compte. Ce que l’on ressent est tellement fort qu’on ne peut l’ignorer.

            Les milliers de kilomètres parcourus en sont le témoignage. On aura tout vu durant ces neufs mois et la trêve hivernale s’annonce aussi longue que chaque année. C’est pour ça qu’il est important de se plonger dans ses souvenirs et de repenser à tout ce que l’on a pu voir de façon à ce que la nostalgie soit moins difficile à supporter.

            Repensons donc à tout ça, replongeons dans cette atmosphère si mystérieuse que nous chérissons tant. On pourra retenir beaucoup de choses mais cinq en particulier m’ont énormément marquées cette saison. C’est je pense ce qui résume cette temporada où le maître mot aura été : Emotion.

L'aficion jeune se réunit à Madrid

 

 

Le Foro de la Juventud Taurina remettait ses premiers prix depuis sa création. Cette association taurine a vu le jour le 27 avril 2008 par la volonté d’un groupe de jeunes complètements fous de toros.  C’est donc presque un an après que les membres ont décidés d’organiser une conférence afin de récompenser les meilleurs acteurs de la temporada passée.

            LeForo c’est quoi? L’objectif premier de cette organisation est de promouvoir la fiesta brava et transmettre le virus des toros à la jeunesse. Totalement composée de jeunes aficionados avec notamment une antenne française que nous connaissons bien : le club taurin « Los Chicuelitos de Nîmes » qui a le même objectif. Son moyen de communication, mis à part les fiestas camperas, les visites de ganaderias et conférences, est la toile web. En effet, toutes les informations que propagent le Foro se fait par internet sur le site suivant : http://juventudtaurina.blogspot.com et sur facebook dans un groupe intitulé Foro de la Juventud Taurina. L’adhésion à cette association est totalement gratuite et n’ai soumis qu’à l’acceptation de ses membres. Elle est totalement financée par la communauté de Madrid qui soutient activement cette initiative judicieuse et primordiale pour l’avenir de la fiesta a los toros. C’est pour cela qu’en ce jour du 2 mars 2009 la concejala del distrito de Arganzuela était présente pour se voir remettre un prix remerciant le soutient de la communidad.