Le libéralisme économique, la justice sociale et... la double main d'Henry !
Je me souviens avoir lu les résultats d'une enquête sociologique comparant les valeurs des étudiants en économie à celle d'un échantillon représentatif de la population. Deux traits saillants nous étaient exposés par le journaliste : d'une part, les étudiants en économie sont, au sens économique, plus libéraux que le reste de la population, ils croient plus aux vertus du marché, à l'effort et au mérite; d'autre part, ces étudiants s'avèrent plus honnêtes que l'ensemble de la population.
L'émoi suscité par la « double main » d'Henry, qui permet à l'équipe de France de se propulser pour le phase finale de la coupe du monde de football à de quoi surprendre : certains commentateurs semblent au bord de l'évanouissement : « nous avons gagné sans gloire », Henry aurait dû lui-même signaler à l'arbitre son infraction au règlement !, voilà un bien mauvais exemple pour notre jeunesse... C'est tout juste si nous ne devrions pas nous flageller pour cette qualification usurpée.
Sur Médiapart, un certain nombre d'abonnés rappelle que tout cela est bien excessif, que la France a, ces temps-ci, beaucoup d'autres raisons d'avoir honte, et que finalement, il ne s'agit que d'un sport. Ils ont bien sûr raison, mais il n'en reste pas moins que l'émoi est là et bien là, et qu'il faut tenter de l'expliquer.
Je crois que pour le comprendre, il faut tenir compte de la place du sport en tant qu' idéologie. Le sport (spectacle), c'est une compétition, où les règles sont les mêmes pour tous, qui visent à hiérarchiser ses participants, après des affrontements dont un ou plusieurs arbitres garantissent la loyauté. De tout cela sort un vainqueur dont on retiendra le nom et qui emportera la mise. En ce sens, le sport est une espèce de modèle de notre méritocratie républicaine et une forme idéale de la justice sociale. Le sport, c'est l'égalité des chances incarnée!
Cette idéologie de l'égalité des chances sature bien sûr le discours de la droite, mais il est aussi présent dans celui de la gauche : les bourdieusiens ne cessent de vitupérer (avec raison) notre système éducatif parce que contrairement aux principes proclamés, l'égalité des chances n'y est pas réalisée. Ils souhaitent donc, par des réformes, rendre l'école plus conforme à ses principes, afin que, comme sur un terrain de sport, les chances soient effectivement égales. Pour la droite comme pour la gauche, la justice sociale idéale trouve une incarnation dans la compétition sportive.
L'intéressant comme souvent, se loge dans ce qui n'est pas questionné : winner takes all ! Et malheur au vaincu ! Tout au plus jette-t-on un coup d'oeil sur ses larmes avant de recentrer notre attention sur le vainqueur qui n'hésite pas à cracher son bonheur et sa joie à la face de son ancien adversaire. Cette scène, vue des milliers de fois, ne suscite jamais l'indignation : il y a quelque chose de beau et de tragique dans la souffrance d'un perdant qui « a tout donné », et une irrésistible jouissance à s'identifier au vainqueur.
Le vainqueur a droit à tout les honneurs et à toutes les gratifications, et le vaincu sombre assez rapidement dans l'oubli. Mais attention, le vainqueur se doit de l'avoir emporté « à la loyale », faute de quoi sa victoire est comme honteuse. Thierry Henry, c'est un peu Jean Sarkozy à l'EPAD : il a triché, ça ne compte pas, c'est pas du jeu, c'est une honte...
Au fond, ce que révèle peut-être l'émoi suscité par cette main, c'est notre intériorisation des valeurs du libéralisme économique : l'effort, le mérite, le respect des règles et winner takes all ! Nous sommes tous devenus des étudiants en économie (Mon Dieu!) et finalement, les inégalités nous semblent légitimes dès lors que les règles ont été respectées. Décidément, nous n'en avons pas fini avec le libéralisme...







Bien vu !
Les hommes égaux, cela n'existe pas.
Pourriez-vous préciser votre pensée ?
Je parlais de façon générale : aucun homme ne pouvant être comparé à un autre, l'égalité n'existe pas dans ce domaine de l'humain. Mais cela n'avait rien à voir avec votre billet, et veuillez donc m'excuser.
Bien à vous,
@ Youri Z
Votre billet est une copie et une redite de nombreux articles sur le Sport et le Capitalisme...sur le Sport et l'Etat etc...
Il est enfantin dans son hémiplégie et oublie que la" tricherie " est consubstantielle au Marxisme donc aux partis qui s'en réclame comme le NPA par exemple .
Vous avez oublié ,la "planification marxiste du dopage " dans les pays de l'Est ,RDA,URSS,ROUMANIE etc.... La tricherie y était un système.
Merci alcyme pour votre contribution constructive. Si vous pouviez m'indiquer plus précisément où j'ai copié ce billet, cela m'arrangerait.
Son caractère enfantin vient sans doute de ce que je suis encore un enfant : j'ai 12 ans et je suis en cinquième... et je n'ai donc pas ma carte au NPA.
Plus sérieusement, je crois que vous n'avez pas compris mon billet. Vous pouvez toujours essayer de le relire mais, je ne sais pas pourquoi, je doute de votre volonté de le comprendre. (Quant à votre capacité, elle ne fait aucun doute à mes yeux).
Après "intellectuel", puis "enfantin", j'ai hâte de lire vos prochaines amabilités à mon endroit.
Bien à vous,
Ps : comment pouvez-vous parler d'hémiplégie quand j'écris que l'idéologie du mérite est partagée par la gauche et par la droite ? Je pourrais en conclure que c'est vous qui avez un regard hémiplégique, ou que vous êtes borgne... mais je pense que ce serait insulter les personnes qui souffrent de ces handicaps. Je pense simplement que votre lecture manque d'un minimum de bienveillance et semble quelque peu partiale.
Ce que je ne peux pas accepter c'est la tricherie et l'injustice qui va avec pour celui qui la subit. Je la condamne dans le libéralisme économique et je ne vois pas pourquoi, parce qu'elle existe là, je devrais l'accepter dans le sport.
Bien à vous.
Bonsoir,
Le libéralisme économique, dans sa forme idéale, condamne aussi la tricherie : l'abus de position dominante, les subventions aux exportations, le protectionnisme... En revanche, il tolère très bien les inégalités qui résultent d'une compétition loyale : c'est pourquoi il ne s'attaque qu'aux abus de position dominante et pas aux positions dominantes.
En ce qui concerne les particuliers, il prône la responsabilité individuelle, l'effort et le mérite. Les inégalités qui en résultent sont légitimes et sont même réputées propices à une saine émulation... et tant pis pour les perdants qui ne disputeront pas la phase finale...
Il conçoit donc la vie comme une compétition sportive et ne s'inquiète pas trop pour les vaincus. L'égalité des chances est procédurale et formelle puisque en général, il me semble que les pays les plus riches emportent plus de médailles que les plus pauvres. C'est pareil dans la vie.
Bien à vous également.
Je ne suis pas en désaccord avec ce que vous dites concernant le libéralisme économique et philosophique. Je le déplore, tout comme vous je suppose.
Et pour toutes ces "bonnes raisons", il nous faudrait accepter la tricherie dans le sport ? Et où encore ?
Oui, vous avez raison : vous n'en avez pas fini avec lui !
Bien à vous.
J'ai l'impression que je ne parviens pas à me faire comprendre : à trop se focaliser sur le respect des règles du jeu, on en oublie les enjeux. Ceux du football me semblent disproportionnés, de même que les inégalités économiques qui résultent de la compétition scolaire.
Or, en se scandalisant de la tricherie d'Henry, on se scandalise de la violation des règles du jeu et l'on oublie, par exemple, les 800 000€ de Doménech. Les sommes que s'arrogent les footballeurs me paraissent bien plus scandaleuses que cette double main. Il est d'ailleurs plausible de considérer que si les enjeux n'étaient pas aussi importants, Henry n'aurait pas fait de main (si elle est volontaire) ou l'aurait signalée.
D'un point de vue économique, c'est le principe Winner takes all qui justifie aujourd' hui les rémunérations astronomiques des décideurs...
Bien à vous.
Cher Youri Z,
Je peux vous assurer que même sur les terrrains amateur, même dans un match de rue entre gamins, on fait des mains volontairement pour essayer de gagner.
Par ailleurs, les footballeurs ne s'arrogent ces sommes. On le leur offre. Le football génère des sommes astronomiques. Pour une fois, dans le sport professionnel, et contrairement aux autres activités économiques, ce sont les principaux artisans de l'activité en question qui touchent les principaux revenus des richesses générées, au lieu des actionnaires dans les autres activités.
Une autre façon de voir les choses...
Cher Père Vert Pépère,
D'où vient l'argent du football ? Majoritairement de la publicité (sponsors) ou des droits télé payés grâce à la pub. Qu'est-ce que la pub ? C'est la communication d'entreprises qui souhaitent vendre des produits fabriqués par des gens qui travaillent. Donc, un peu comme pour les services publics, ces activités sont payées par la création de richesse d'autres personnes. Souvent beaucoup moins bien payées. C'est, à mon sens, un problème.
@ pépère
Finalement les Traders salariés et les PDG des entreprises du CAC 40,avec les stocks options ,ils s'approprient l'argent des actionnaires....comme vous le dite pour les footballeurs .
Vus êtes un crypto Sarkoziste
@Youri Z.
ce billet me semble très stimulant pour réfléchir de façon critique sur les valeurs et la dynamique de la société; j'espère pouvoir y revenir de façon plus aprofondie
Bonjour Youri,
D'accord avec vous. (15h28)
Mais admettez que l'on peut tout relativiser y compris les 800.000 euros de Domenech.
Mais se scandaliser de la tricherie d'un joueur de foot ou d'un sportif (n' en accablons pas un en particulier qui en plus a trouvé qu'il serait plus équitable de rejouer le match) ce n'est pas, en ce qui me concerne, oublier les enjeux financiers et vous avez raison de les souligner mais c'est aussi penser que ce joueur ou ce sportif peut être un modèle pour des millions de jeunes qui bien souvent ne percoivent pas ces enjeux financiers de leur sport quand il est exercé par des professionnels.
Que voient-ils ces jeunes, enjeux financiers mis à part ? On peut tricher, c'est à dire ne pas respecter les règles communes et ne pas être sanctionné. Je ne suis pas certain que le message que l'on vient de leur envoyer soit le bon. On passe de "que le meilleur gagne" à " que le plus démerdard gagne". Bien à vous.
Merci Youri pour ce billet. Je partage.
@ tous (je reposte un commentaire que j'ai posté ailleurs et qui me semble approprié ici)
Voulez-vous, tous et chacun, faire le compte des erreurs d'arbitrage et des fautes de joueurs grâce auxquelles l'équipe de football de l'Eire et l'équipe de football de la France sont arrivées à se rencontrer deux fois ces dix derniers jours ? Combien de pénalties indus ? Combien de fauchages par derrière dans la surface dite de répération sans coup de sifflet ?
Combien de carton jaune alors que le carton rouge était nécessaire et
inversement...
Est-ce seulement parce que ce match-ci semble donner un résultat qui tombe comme un couperet qu'il déclenche tant de réactions indignées ?
C'est le football tout entier qu'il faut interdire si l'on ne veut pas voir de fautes et d'erreurs... Le problème se situe seulement à l'articulation qui unit le sport et la politique : l'identification de masse de gens à l'équipe de football, en un mot l'Identité Nationale.
L'idée d'appartenance à une nation est une idée nauséabonde qui a conduit aux plus grandes tragédies du XXème siècle. La compétition sportive telle
que récupérée par le politique participe toujours de cet état des choses.
Vous vous offusquez d'une main ? D'autre s'offusque d'un hymne national sifflé... Supprimez le football ! Ne rêvez pas d'hommes vertueux idéaux. On rejoint là les problèmes insolubles des tricheurs par dopage. De quelle blancheur immaculée voulez-vous revêtir les athlètes, et pour leur faire endosser quels combats, quelles représentations du monde ?
L'autre soir 22 hommes tapaient dans un ballon. Ne faites pas dire à ce spectacle (par ailleurs mauvais) autre chose que ce qu'il est. A moins que vous soyez d'accord avec ces pratiques du moyen-âge : les confrontations de champions représentant le Pouvoir dans des tournois digne de ceux des gladiateurs...
Ne moralisez pas le sport nationalisé : supprimez-le.
Dominique Wittorski,
Si le nationalisme est le problème (et je serais assez d'accord avec vous là-dessus), ce sont les nations qu'il faut supprimer et non le sport que le nationalisme éclabousse.
Juste.
bonjour,
bien que les comportements qu'ils soient économiques ou sportifs se ressemblent.
Les représentants des états dans les sélections nationales sont plus ou moins motivés pour "mouiller leus maillots" qu'ils appartiennent à des pays riches ou moins riches, je suis certains que les moins riches se dépensent et se bagarrent davantage que les représentants des pays riches qui par centaines de milliers d'euros excercent un tel pouvoir de l'argent dans le sport....
Ce fut le cas pour le résultat du match retour contre l'irlande : on peut se demander s'il ne s'agissait dans cette confrontation que la France sorte gagnante : l'entraineur percevant plus de 800000 Enros et chacun des joueurs combien ? c'est immoral : les sportifs de haut niveau sont des exemples pour notre jeunesse et retiendront la victoire et non la main d'HENRY.
Le football n'a plus de règle dans ces conditions, pour avoir un peu joué au football dans ma jeunesse, je n'ai jamais connu les tirages de maillots, je n'ai jamais vu un joueur ceinturer son adversaire et le jeter par terre en le poussant brutalement : seule était admis le coup d'épaule . Lors d'un tacle, il est habituel de laisser trainer son pied (et même le relever pour déséquilibrer son adversaire) etc.....etc..... Toutes ces attitudes ne sont pas sifflées ? Que peut on penser de l'attitude des arbitres, du règlement etc...etc....
Concernant le match de jeudi contre l'irlande, HENRY a admis (plus tard) d'avoir fait une main. Il est coupable de ne pas l'avoir dénoncée immédiatement.
Constatant le déchainement du staff irlandais, des joueurs, des spectateurs....l'ARBITRE devait réunir, ses adjoints, les capitaines des 2 équipes et les joueurs concernés (le gardien d'irlande et GALLAS)
HENRY, aussi capitaine de l'équipe aurait à ce moment là dénoncer sa faute.
Pour conclure, je lui trouve une circonstance atténuante tellement tout est permis aujourd'hui dans le football.
La grande responsabilité revenant à l'arbitre, j'attends de voir la suite des évènements et des décisions de la FIFA.
Toujours est il qu'au vu des 2 matches, la sélection devait se faire au tirage aux buts mais,
Des situations similaires se reproduiront tant que le règlement ne sera pas plus respectés et les sanctions appliquées
Peut être suis je reveur ????
Un étudiant en économie est-il déjà dans la vie réelle ??
Est-il dans la compétition réelle ??
Est-il dans l'instinct de survie réel, qui transcende tout, y compris de trop nombreuses règles de vie en collectivité ??
Un étudiant en économie d'une manière générale, c'est pas plutôt qqu'un d'encore terriblement choyé par papa maman ??
@ +E-ON
Qu'est ce que la vie fausse?
Qu'est ce que la compétition fausse?
Qu'est-ce que l'instinct de survie faux?
Une seule réponse : qu'est-ce qu'un étudiant au juste ??
Et son impact réel dans les règles sociétales préétablies ??
Néant, rien de plus que le Néant.
@ +E-ON
Ah non, désolé Cher Père Vert, le seul étudiant au monde qui ait été véritablement confronté aux vraix règles du libéralisme économique poussé à ses paroxysmes de la performance et de la compétition (encore plus loin que le seul domaine sportif d'ailleurs), y compris au sein de sa propre cellule familiale à des niveaux encore méconnus jusque là est l'étudiant Japonais des années 80/90.
Le Diplôme ou La MORT !!!
@ +E-ON
Il me semble qu'une des pistes intéressantes à partir du billet de Youri Z est celle-ci.
Il va de soi qu'il est légitime de combattre pour réduire l'inégalité des chances, faire que dans la compétition sociale les enfants d'ouvriers soient moins désavantagés par rapport aux héritiers, les femmes par rapport aux hommes, les blacks ou les beurs par rapport aux Brice blancs et roses, etc. Mais si on se focalise exclusivement sur le respect de l'égalité des chances ("des règles de la compétition juste"), on risque de perdre de vue la question de la légitimité de l'inégalité (de revenu, de considération, de pouvoir...) au terme de la compétition, autrement dit des formes et des degrés d'inégalité acceptables entre vainqueurs et vaincus. On risque aussi de ne pas voir que le fait d'occuper les positions inférieures de la société est (toutes choses identiques par ailleurs) plus douloureux à vivre dans une société où chacun a apparemment les mêmes chances de réussite que dans une société où les enfants héritent de la classe de leurs parents. Dans le premier cas les "inférieurs" peuvent être jugés personnellement responsables de leur infériorité, être "coupables" d'être pauvres ou subalternes, en éprouver de la honte puisqu'ils n'ont apparemment pas su saisir leur chance. Il est donc à mon avis particulièrement important dans ce cas que cette violence soit compensée, notamment par une réduction des inégalités entre rangs supérieurs et rangs inférieurs, riches et auvres, vainqueurs et vaincus de la compétition sociale. En somme ilfaut poser solidairement les questions des inégalités en amont et en aval de la compétition.
Ce que vous dites me rappelle un livre que j'ai lu récemment
Le sport barbare
Sinon on peut aussi remarquer que la répartition de l'argent dans le foot est très inégalitaire, une poignée se gave de pognon, à un bout un eto'o qui gagne 190 000 euros/semaine à l'autre un joueur de Concarneau qui joue pour 80 euros/par match. Le pire c'est que le joueur de Concarneau ne remettra jamais en question la répartition inégalitaire, il a complètement intégré le système ultra-libéral
Par contre dire que s'il n'y avait pas d'argent à la clé, il y aurait moins de triche, c'est oublier tous les amateurs qui se dopent juste pour gagner une course départementale
@ humaro,
Je suis d'accord avec votre commentaire. Il y a beaucoup de travail idéologique à faire en amont pour que les professeurs acceptent une remise en cause de notre système scolaire particulièrement élitiste. Beaudelot et Establet le démontre (l'élitisme) dans leur dernier ouvrage. "L'excellence pour tous", est un beau slogan syndical, mais c'est aussi un oxymore.
Vous avez raison d'évoquer l'intériorisation de leur domination par les vaincus du système : ils se sentent souvent responsables de leur échec. Mais j'ai le sentiment qu'à l'autre pôle de la hiérarchie, les vainqueurs se sentent de la même manière entièrement responsables de leurs succès. Tous n'appréhendent leur position sociale que sous le prisme du mérite, mérite qui serait objectivé par les trajectoires scolaires. Les vainqueurs le manifestent par l' exil fiscal et la contestation de l'impôt.
C'est peut-être cette catégorie du mérite, qui a son utilité sociale, qu'il faudrait questionner pour en désamorcer les effets.
@ Le cabilat,
Ce que vous dites sur la distribution des rémunérations dans le football me semble véridique : je crois que c'est toujours sur le principe de winner takes all que cela fonctionne. Des écarts de performance à peine perceptibles se traduisent par des gouffres salariaux. Selon certains économistes, c'est ce mécanisme qui explique les rémunérations des PDG.
Concernant votre conclusion, je suis plutôt d'accord avec vous en fait (j'ai écrit une bêtise). Cependant, pour ce qui est du cyclisme amateur, j'ai entendu à la radio le témoignage d'un jeune cycliste amateur qui expliquait que si l'on souhaitait passer pro, il était difficile de refuser de se doper puisque les coureurs sont fournis par des dirigeants d'équipes pros susceptibles de les recruter... C'est donc moins la course départementale qu'ils visent que le rêve d'un passage en pro. Mais ce n'était qu'un témoignage.
En lien avec les questions ouvertes par ce billet et ce fil. Cela vaut vraiment la peine de lire dans la rubrique Débats du Monde d'hier (Mardi 1/12/09) un remarquable billet de Fançois Dubet sur "Les pièges de l'égalité des chances" et notamment sur les relations entre égalité des chances d'accès aux meilleures positions sociales et degré d'inégalité entre les positions supérieures et inférieures.