L'éthique des affaires (1)

 

L’éthique a un sens
que les affaires ne peuvent corrompre

 

 

      Peu à peu, la conscience humaine a élaboré une pensée, touchant aux manières de vivre et d’agir dans le monde, comme un fruit de l’évolution. Un ordre s’est établi dans la vie individuelle et sociale. Il pose les règles qui mesurent les actes de chacun et objectivent les jugements de valeur. Les deux termes « éthique » et « morale » existent dans toutes les langues philosophiques. Ils viennent du grec « ethos » et du latin « mores » qui signifient tous deux « mœurs ».

 

      Dans la langue française, « éthique » et « morale » sont des substantifs synonymes. Cependant, l’on peut attribuer une nuance philosophique au premier et religieuse au second. En ce sens, la morale constitue un ensemble de jugements d’existence, relatifs à un code social particulier. Elle concerne l’individu au regard d’une société morale donnée. Plongeant ses racines dans l’affectivité, elle est d’ordre psychique. Par différence, l’on peut dire que l’éthique est une règle de vie raisonnable, en quête de l’absolu. Elle implique une conscience universelle qui procède de la connaissance, par opposition à la révélation. Elle touche à l’ordre spirituel de la sagesse.

 

      Associée au « moralisme », « la morale » est une expression marquée par le discrédit. Elle apparaît comme une maladie de l’âme, inoculée par des idéologies religieuses, mourantes ou encore bien vivantes. C’est probablement la raison pour laquelle le terme « éthique » a la préférence pour signifier, aujourd’hui, une nouvelle quête de sens. Le moralisme reste attaché à un chapelet d’interdits liberticides qui contredit l’éthique, en lui ôtant ce fondement qu’est la liberté de conscience. Il vise à confondre l’homme, coupable d’une infraction à la norme, avec la faute commise. Or, l’éthique ne peut porter de jugements de valeur que sur des actes objectivement blâmables, non sur des personnes subjectivement excusables.

 

      Un penchant machiavélique veut considérer « l’éthique des affaires » comme un sous-ensemble de la gestion des entreprises. Le concept d’éthique est alors corrompu en une sorte de « produit éthique » qui cherche à répondre à une attente du marché, dans le but d’optimiser les profits. Il s’agit là d’une terrible perversion du sens qui donne à voir l’abîme en lequel les valeurs peuvent être précipitées. Mieux vaudrait parler alors de « l’hypocrisie des affaires », dans le sens grec du terme hypocrisis qui signifie « le jeu de l’acteur », et utiliser l’expression « l’éthique des hommes d’affaires » pour parler véritablement de valeurs.

 

      La philosophie stoïcienne enseigne que la nature, prise dans sa globalité physique, biologique et humaine, parle un langage. Ce langage est appelé « raison ». La sagesse consiste à reconnaître et à parler ce langage en chacun des actes de vie. C’est ainsi qu’à l’image de l’ordre cosmique, la société des hommes devrait se déployer dans l’harmonie.

 

      Bien plus encore que l’individu, l’entreprise peut concourir à l’ordre ou au désordre planétaire. En ce sens, elle peut être raisonnable ou déraisonnable. C’est là qu’intervient le concept d’« éthique des affaires ». Il s’agit d’un questionnement moral sur les conséquences des actes de gestion, d’un point de vue qui englobe l’homme, la société et la nature. L’éthique constitue le point de rencontre du philosophe et du dirigeant, au moment où l’entreprise est interpellée sur ses responsabilités morales, dans les domaines de l’environnement social et naturel.

 

      Non seulement l’éthique n’est pas contradictoire avec l’efficacité et le bonheur, mais, à bien penser, elle en constitue la condition vraie. Ne confondons pas éthique et moralisme. Loin de se borner à un code d’obligations et d’interdits, l’éthique est l’expression de la liberté de l’homme en quête de bonheur et d’harmonie. Elle se caractérise comme un état d’esprit qui vise à situer l’homme dans un équilibre parfait. Elle concourt à la réalisation de l’humain dans ses trois composantes, corps, âme et esprit.

 

      Chaque homme naît avec les qualités particulières qui édifient sa personnalité. Il ne s’agit pas pour lui de se ranger sans concession sous quelque autorité morale que ce soit, mais de savoir à quel bonheur ses qualités le destinent. Son but est de réaliser au mieux sa nature humaine, d’ouvrir les voies qui le conduisent à lui-même, d’avoir la volonté de refuser la médiocrité et de concourir pour la perfection. Fruit de la personnalité, l’éthique devient une œuvre originale. L’ouvrage de chaque jour en constitue peu à peu la forme, l’éclat et la beauté.

 

      L’éthique est une forme qui donne vie à l’esprit, une référence constante à la fraternité humaine. Seul l’amour conduit au comportement idéal, l’amour absolu qui sourd de soi-même et s’étend à l’ensemble du vivant. Ces mots du philosophe ont-ils une puissance qui les rendrait inaudibles au dirigeant d’entreprise ? Deux hommes se parlent. Et l’intérêt de la problématique réside dans le mouvement dialectique entre le discours de sagesse et celui de l’action.

 

 

 

Développements suivants :

      La problématique de la mondialisation

      La quête de sens pour l’aventure humaine

      La gouvernance et les parties prenantes

      Le management éthique redécouvre l’homme comme la véritable valeur

      L’éthique est un questionnement permanent de la conscience

 

 

      Yves Maris

      www.chemins-cathares.eu

 

 

Oh tempora, oh mores.
Bravo pour votre excellente leçon de morale classique à laquelle j’adhère depuis l’âge de raison.
Malheureusement, vous vous adressez à quelques rares de nos concitoyens qui peuvent encore avoir accès à ce niveau de nuance.
Ne serait ce du point de vue du vocabulaire comme dirait FINKELKRAUT …
En effet, depuis le triomphe du libéralisme philosophique, nous en sommes tous à la pensée unique et au slogan.
Frappe … chirurgicale, Axe …du mal, Travailler plus …, main invisible … responsable mais ….
Libéralisme, individualisme, relativisme, sentimentalisme, on a comprimé la pensée au niveau du seul slogan.
Comme l’a si bien chanté SOUCHON, on nous Paul Loup Sulitzer, on nous Claudia Schiffer … Foule sentimentale …
Voir également feue l’émission c’est mon choix où plus tu es atypique, à contre sens du sens commun, plus on te montre et plus tu es beau. C’est mon choix … tout un slogan en soi …
A dénier la vérité, à relativiser et à considérer que toutes les idées se valent, on finit dans la pensée unique, c’est comme dans le libéralisme économique où à laisser la compétition se faire sans règles, l’on finit avec l’entreprise unique et le chaos.
C’est la même contradiction sur les deux versants du libéralisme : économique et philosophique.
Ma vérité, sa vérité, ma sincérité, sa sincérité, tout est relatif et individuel … Et le Chaos dans les esprits.
Cela sert bien les gentils organisateurs qui eux savent bien où nous conduire avec fermeté et constance.
Alors, l’éthique c’est vrai est une notion plus élastique, plus souple, plus relative, plus individuelle.
Chacun la sienne : mon éthique, son éthique et pour les plus forts monétique.
Au point de compression de la pensée où nous sommes, je ne vois pas bien comment nous pourrions revenir aux sommets de la pensée classique pour tous. Les destructions sont immenses et je le crains, désormais irréversibles.
D’autant que les libéraux de gauche depuis 40 ans ont bien servi la cause.
Le libéralisme a aussi ses idiots utiles.
Puisse votre texte percoler dans les esprits au delà du lectorat de Médiapart.
Amitiés classiques.

Je vous relis bien, et finalement, il me semble que vous êtes un peu vous même entre pensée libérale et pensé classique.
Je ne partage pas votre classification de départ morale / éthique, les deux substantifs ne sont pas parfaitement synonymes.
Par contre, votre relation du dévoiement qui en a été fait me paraît parfaitement juste, ainsi que la suite.
La morale est en effet collective à une société, issue au fil du temps d'une longue série de cas de figures, et d'une grande diversité de cas. C'est un valeur '' conservatrice '' classique; en effet religieuse à certaines époques ; pas par nature, mais par circonstance historiques. Surtout pas d'anachronisme, à ces époques, il n'y avait pas beaucoup de pensée en dehors des religions.
Conservatrice parce que précisément, elle ne peut évoluer qu'au rythme de la longue série d'aléas qui l'a forgée. Elle est de nature permanente.
L'ethique en revanche est précisément l'étude de la morale. En ce sens, elle est plus relative, plus soumise à l'appréciation instentannée; bref plus perméable au relativisme.
Avec l'effondrement de la pensée classique, l'éthique a pris la primauté sur la morale parceque précisément c'est une discipline relative et plus perméable au libéralisme.
Sur ce point, nombre de penseurs de gauche ont bien été des idiôts utiles du libéralisme.
J'aime la morale, j'aime l'ethique classique, je lutte contre l'éthique libérale qui conduit au slogan et au chaos.
Comme en économie.
Finalement, sur ce point, je serais assez conservateur et, plus généralement radicalement antilibéral : philosophique, économique et social. Pour moi, le libéralisme n'est pas divisible, c'est un système contre nature et donc, nécessairement totalitaire pour pouvoir triompher.
Mais qui peut encore comprendre ce qu'anti libéral veut dire ? les Marxistes et les croyants, bref ...
Putain, le monde est compliqué ...
Amitiés éthiques et morales.

je vous relis encore pour ajouter ceci :
L'éthique libérale du moment (qui n'est que l'étude de la morale), valeur relative et actuellement assujétie au libéralisme, placée par lui devant la morale n'est d'aucune utilité en affaires; du moins dans le sens du bien.
C'est strictement l'inverse, elle crée toutes les élasticités que cherchent nos adversaires.
A l'inverse, la morale valeur permanente de fond qui vient d'une longue série d'expériences et d'aléas est imperméble au relativisme, à l'individualisme, au sentimentalisme au libéralisme.
C'est sur la morale collective et sociale qu'il nous faut compter, par sur l'éthique actuellement dévoyée dans l'individualisme.
L'ennemi, c'est l'individualisme qui autorise l'opposition des catégories sociales entre elles, crée les divisions, atomise la pensée et détruit les solidarité naturelles de la société.
Penser seul, c'est finir sous la loi du totalitarisme libéral.
De grace, pensons antilibéral, globalement et ensemble.
Stop les considérations individuelles.
Amitiés radicalement antilibérales.

Je vous remercie, cher ami, de votre large contribution a un débat que nous ne pouvons qu'effleurer et dont vous montrez qu'il vous tient à coeur. Pour moi, la clé est dans la non-violence que l'on n'a jamais fini de décliner dans les détails de la vie et de la pensée. L'entreprise moderne est un compromis auquel je ne saurais plu participer.

Après relecture de votre billet, vous semblez concevoir l'ordre / la raison. La raison comme concept seul, peut elle tout expliquer? D'où le deuxième concept raison et sagesse. La nature est elle sage? L'ordre que vous définissez, comme harmonique, tend-il vers l'immuable? Quelques réflexions pour éclairer mon iconoclastie.

Il ne me semble pas que la raison soit explicative, elle est plutôt de l'ordre du questionnement sans fin. Nous n'avons pas d'explication du monde. La nature est fondamentalement violente et ma raison d'être consiste précisément à dépasser ma nature humaine-animale. Il s'agit d'une prise de conscience qui inverse les valeurs du monde (intégrées dans la morale) qui ne font jamais référence qu'à la nature.

Après avoir lu les élucubrations confuses de "arquius", auxquelles il est pratiquement impossible de répondre, je reviens à votre exposé que j'ai lu avec intérêt. Cependant quelques points m'ont fait sursauter :
Un penchant machiavélique veut considérer « l’éthique des affaires » comme un sous-ensemble de la gestion des entreprises. Le concept d’éthique est alors corrompu en une sorte de « produit éthique » qui cherche à répondre à une attente du marché, dans le but d’optimiser les profits.
Etrange perception de l'entreprise et de l'éthique des affaires, en plein dans la pensée unique franco-française. Vous semblez ne jamais avoir mis le pied dans une entreprise et en avoir un a priori : éthique des affaires = optimisation des profits !
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Il se trouve que dans l'Ecole de commerce que je co-dirigeais, nous avions des cours "d'éthique des affaires" où nous enseignions à nos étudiants que les magouilles en affaires revenaient toujours sur ceux qui les pratiquent comme un boomerang - tôt ou tard. Ceux qui faisaient des affaires dans le respect de l'humain, de la vérité, étaient plus gagnants que les tenants du mensonge. Où voyez-vous dans cette argumentation l'optimisation du profit comme moteur ? Cela se passait à Hambourg, en Allemagne où le mot "éthique" veut dire quelque chose, où cette matière est enseignée dès l'école primaire. On y apprend à vivre en société en traitant les autres comme on voudrait soi-même être traité.
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Kant a beaucoup marqué la société «Agis selon la maxime qui peut en même temps se transformer en loi universelle». Chaque petit enfant apprend très tôt à se poser la question "Si je fais ça, si tout le monde faisait pareil, comment serait le monde ?" Voilà l'éthique naturelle, qui est en chaque être humain, indépendamment de toute religion. Une société ainsi éduquée depuis la maternelle respecte l'autre. Pendant les 27 ans passés à Hambourg, je n'ai vécu qu'une seule grève, de la Poste. Tout simplement, parce que les membres d'une société se respectent et négocient par la discussion et non par l'affrontement.
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Votre vision est conflictuelle. Vous voyez dans l'entreprise quelque chose de négatif par principe, alors que toute la société ne peut vivre que si d'autres prennent ces responsabilité de créer des emplois et des biens que d'autres consomment.
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Mieux vaudrait parler alors de « l’hypocrisie des affaires », dans le sens grec du terme hypocrisis qui signifie « le jeu de l’acteur »
Pourquoi voyez-vous le mot "affaires" comme quelque chose de négatif ? Quand vous achetez votre pain le matin, il y a bien quelqu'un qui l'a fait et vendu, ce sont des "affaires". Tout ce qui se vend et s'achète fait partie des "affaires" et vous en vivez vous-même.
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Bien plus encore que l’individu, l’entreprise peut concourir à l’ordre ou au désordre planétaire.
Une entreprise, n'est-ce pas un groupe d'individu qui travaillent ensemble ? Pourquoi la dissocier de l'individu dans ses "actes" ?
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Non seulement l’éthique n’est pas contradictoire avec l’efficacité et le bonheur, mais, à bien penser, elle en constitue la condition vraie. Elle concourt à la réalisation de l’humain dans ses trois composantes, corps, âme et esprit.
Ou là, là... Les trois composantes de l'être humain. Où avez-vous vu l'âme et l'esprit ? Votre vision du monde et de l'homme me fait penser à celui des gens qui ont mis Galilée en prison. Si vous sortiez du monde occidental, vous verriez que ces "trois" composantes ne font pas consensus. Elles sont judéo-chrétiennes.
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Ah, chère étoile66,
La réciproque est parfaitement vraie, je ne sais pas quoi vous répondre.
Nous voilà dos à dos, moi qui élucubre confusément et vous dans ce que j'appelle la pensée unique et le slogan. Ainsi, votre dernier mot ''judéo-chrétienne'' est à lui seul un prototype de slogan.
Je me suis bien relu à mon tour, j'accepterais éventuellement le terme foisonnant, mais je me trouve d'une cohérence imparable sur le fond du sujet qui est le distinguo entre morale et éthique et la valeur relative de l'une et de l'autre dans la lutte contre le libéralisme à la fois politique et économique.
Question de culture sans doute entre vous et moi.
Pourtant, j'ai moi même suivi une formation en école de commerce de haut niveau en France, je suis expert comptable et j'ai fait une assez belle carrière dans les affaires. Normalement donc, nous devrions être à parité.
Simplement, je me souviens que quand je lisais les livres américains de management et/ou d'audit dans les années 70, on y préconnisait par exemple de ruiner son concurrent par entrisme en lui envoyant des équipes de cadres à sa solde pour lui foutre ses affaires en l'air.
Ainsi, quand je vois que le morceau Allemand de l'Airbus ne s'emboite pas avec le morceau Français, moi je pense que le concurrent amèricain a fait le nécessaire. Vieux réflexe d'auditeur à la vista un peu flicarde sans doute.
Alors éthique dans les affaires ...., je les ai assez pratiquées pour vous dire radicalement : non celà n'existe pas dans le gros business.
La dernière affaire que j'ai faite, c'est avec la SNPE qui nous a vendu un terrain truffé d'explosifs pour y réaliser des villas en procédure de ZAC. Le tout dans le cadre d'une procédure très stricte de banalisation de cet ancien site industriel sous contrôle de la DRIRE, des services de l'Etat et du Prefet.
Alors l'éthique ... morale dans le libéralisme, je vous dit non.
Du moins, pour ce que j'ai vu, Italie, France, Angleterre, Belgique et pour ce que j'entends des Etats Unis et de la Chine et de ses produits laitiers.
L'Allemagne est peut être une exception, qui sait ? Mais on entend quand même d'ici des informations sur vos propres dirigents économiques qui me font penser que la rigueur Allemande a finalement elle aussi dévoyée par l'ultra libéralisme.
Suis je conpréhensible cette fois ?

Intéressante discussion sur le thème de l'éthique en affaires! Je me sens coincé entre arquius et Etoile66: j'ai fréquenté une grande école de commerce et j'ai une certaine idée de ce qu'est réellement le big business (la je penche du côté de arquius), mais je suis un petit commerçant avec des liens sociaux avec des patrons de TPE/PME au sein desquelles existe majoritairement une notion d'éthique professionnelle (ce qui me fait pencher du côté d'Etoile).
Ma réponse à ce dilemme: ne pas mélanger les torchons et les serviettes, sortir des gros slogans faciles (genre ultra libéralisme, chiffon rouge de premier choix).


Contrairement à l'auteur, et suite à une autre discussion sur ce site, je fais une distinction claire entre éthique et morale: la première est la mise en adéquation des ses propres actions avec le but que l'on s'est donné, la seconde la mise en adéquation de ses propres actions avec le bien commun. Je préfère évacuer d'office l'aspect religieux, entendant le terme "morale" plus comme la "morale naturelle" anarchiste que la morale moraliste de contrôle social.
Autrement dit, un patron dont le but affiché est de faire bondir le prix de l'action de sa boîte et qui met en œuvre des moyens socialement répréhensibles pour ce faire est-il en même temps parfaitement éthique et parfaitement immoral.
Il me semble que ces notions n'ont rien à voir, ou plutôt existent pareillement, quel que soit le système politico-économique: le communisme n'est ni plus ni moins éthique ou moral que le libéralisme.

@Vincent Verschoore,
Oui, j'aurais dû le préciser, mon commentaire radical s'adresse aux grosses affaires; pas aux petites ou moyenne.
Pareillement, il concerne les dirigents et pas les cadres intermédiares.
Mais c'est bien au niveau supérieur que se situent le réel problème de morale qui nous ruinent. Pas chez les petits.
Dans ma propre carrière, j'ai bien pu mesurer à maintes reprises que si vous n'aviez pas un tempérament moralement transgressif, vous pouviez au mieux faire un n°2, jamais un n° 1.
Ces tests là vous sont proposés au décours de votre carrière au fur et à mesure de l'éclosion de votre talent.
Etoile 66 a dû prodiguer un enseignement pour cadres moyens, dans les étages inférieurs, le système a en effet besoin d'éxécutants vertueux et surtout pas de libéros.
A l'étage au dessus en revanche, les règles changent, on change de physique, on passe de l'état liquide à l'état gazeux.
Moi, par morale traditionnelle et non par éthique, j'ai choisi de refuser certains appats et je suis resté juste en dessous de la barre des initiés. Mais pour les avoir bien cotoyés, je les connais très bien. Par éthique en revanche, je me serais trouvé une casuistique qui m'interdise d'être à ce point ennemi de mes intérêts.
C'est là que j'établis le distinguo classique entre morale et éthique.
Enfin, il est clair que les tenants de l'ultra libéralisme ont besoin de division entre les classes sociales.
De mon côté, je prèche strictement l'union contre les organisteurs du système.
Finies les oppositions jeunes / retraités, petits patrons / employés, chômeurs / actifs, privé / fonction publique... Le combat n'est pas là.
L'ultra libéralisme est à l'oeuvre, il triomphe et ce n'est malheureusment pas qu'un chiffon rouge facile.
Voir les développements actuels. Le combat, cest nous tous contre eux, pas nous contre nous.