A contre courant (#28)
Emmanuel Maurel, secrétaire national du Parti socialiste chargé des universités d'été, est vice-président de la région Ile-de-France.
L'analyse des élections européennes, vite faite bien faite, a conclu au seul affaissement des socialistes au profit des Verts et à la très bonne tenue du parti présidentiel. Peu de choses sur le niveau dramatique de l'abstention, qui en dit long sur la défiance des peuples envers l'Union Européenne. Rien, ou si peu, sur les raisons de la défaite cinglante des partis sociaux démocrates et de centre gauche quasiment partout en Europe. Quant à Bayrou, jadis centre de toutes les attentions, il est enterré aussi vite qu'il fut porté aux nues, remplacé par un Cohn-Bendit terriblement moderne et séduisant.
Pour le reste, et depuis deux mois, l'argumentaire (qui fait l'impasse sur les étonnants succès socialistes lors des cantonales partielles) est débité avec constance. Le PS, cadenassé par une clique aussi sectaire qu'inefficace, se meurt. Et chacun apporte sa petite contribution à la démonstration.
L' « hebdo des socialistes » est rebaptisé la « Pravda » par un patron de presse jadis étiqueté « à gauche » (commentaire qui ferait hurler de rire n'importe quel lecteur occasionnel de cette feuille inoffensive). Les quotidiens font pleurer dans les chaumières avec les mésaventures des héroïques francs tireurs de la « maison morte » : censuré, le vaillant Arnaud Montebourg, à qui l'on interdit de parler des primaires ! Bâillonné, le courageux Manuel Valls, qui a tant d'idées à revendre! Cette farce (car c'en est une, pour qui connaît, même superficiellement, le PS ; où à peu près n'importe qui peut dire à peu près n'importe quoi sans craindre grand chose) nous est resservie à intervalles réguliers, accréditant la thèse de la « brejnevisation » du parti d'Epinay. C'est ainsi que les provocations du tonitruant député de Saône et Loire, comparant son propre parti à « l'ex-RDA », sont repris avec complaisance. Ce n'est pas parce que « tout ce qui est excessif est insignifiant » qu'il faut laisser prospérer ces formules indignes sans broncher.
Les penseurs s'engouffrent eux aussi dans la brèche. Un philosophe en vue (depuis si longtemps) prophétise (et souhaite) la fin du « vieux parti » et tout le monde s'esbaudit devant les très sérieuses analyses du grand homme, représentant étincelant de cette gauche « Carla Bruni » dont il est désormais si chic de se revendiquer. La presse raffole des confidences des « déçus du PS », devenus plus sexys que des vulgaires kouchnerisés, passés dans l'autre camp avec armes (peu) et bagages (encore moins).
« Pour vaincre
la droite, il faut d'abord briser la gauche », déclare fièrement
BHL, citant Maurice Clavel. On peut se laisser séduire par cette dialectique
qui veut que pour renaître, la gauche fasse, vraiment, l'épreuve
du négatif. La dislocation avant la reconstruction, n'est ce pas
là la leçon de la fin des années 60 ? Le problème, c'est que les
théoriciens du big bang rêvent d'une nouvelle gauche enfin
réconciliée...avec le centre ! Dans le genre archaïque, typique de
la SFIO croupissante des années 60, on ne fait pas mieux. Le deuxième
hic, c'est que « nos amis qui nous veulent du bien » ne peuvent s'empêcher,
en passant, de glisser les quelques mots aimables à l'intention du
grand patron grâce à qui la « modernité » et le « mouvement » sont
désormais l'apanage de la droite.
Ainsi, la critique du PS est surtout l'occasion, pour nombre de faiseurs d'opinion « progressistes », d'encenser Sarkozy dont « il faut bien reconnaître » les innombrables qualités, l'art du contrepied, le génie de l'ouverture, l'hyperactivité, etc. C'est dit comme à regret, mais c'est dit. Que voulez vous ? Lui agit, lui pense... alors que le PS « n'a pas la queue d'une idée ».
De tous les poncifs, c'est vraisemblablement le plus éculé, en même temps que le plus contestable. Au risque de décevoir, le PS ne manque ni d'idées ni de propositions. Elles sont parfois mauvaises, elles sont peut-être faibles, mais elles existent. Seule une très grande paresse intellectuelle (ou une très grande mauvaise foi, ou les deux) permet d'affirmer que la gauche socialiste a cessé de réfléchir et de proposer : Il suffit de lire n'importe quel texte de convention, n'importe quelle résolution, pour s'en convaincre. Rassurons ainsi ceux qui doutent de la capacité du PS à apporter des « solutions » aux problèmes : il compte suffisamment, dans ses rangs, d'anciens ministres, de « grands élus » inventifs et de technocrates imaginatifs pour susciter l'émergence d'une batterie de mesures techniques qui ne manqueront pas de nourrir, en son temps, un programme de gouvernement.
Le problème est ailleurs. Ce qui manque, c'est la mise en cohérence de ces « mesures », c'est la vision du monde qui les inspire. Or, profondément impactés par la montée en puissance du capitalisme financier transnational à la fin des années 80, confrontés à des mutations qu'ils n'avaient pas anticipées, les socialistes se sont laissés gagner par le doute relativement à leur mission historique (la redistribution des richesses et l'approfondissement de la démocratie dans tous les domaines de la vie sociale), quand ils n'ont pas purement et simplement théorisé le renoncement.
Toute la social-démocratie européenne a été, à des degrés divers, victime de cette « tentation de l'aggiornamento » qui a le plus souvent consisté à jeter le bébé avec l'eau du bain. Les expériences du New Labour anglais ou du Nouveau Centre allemand ont illustré de façon éclatante cette dérive d'une gauche qui a progressivement intériorisé que son rôle se limitait à l'adaptation douce au néo-libéralisme. Un peu moins libéral que la droite, un peu plus social : l'alternance, dans les « démocraties apaisées », constituerait avant tout en un rétrécissement de l'horizon des possibles.
La singularité du Parti socialiste français est précisément d'avoir, au moins dans les discours, refusé cette conversion présentée comme inéluctable. Sommé à intervalles réguliers de faire son « Bad Godesberg », le PS, notamment sous l'impulsion de Lionel Jospin, a cherché à théoriser une voie médiane, à la fois en terme de lecture de la réalité sociale (« la nouvelle alliance » des exclus, des classes populaires et des classes moyennes) et en terme d'objectifs politiques (« oui à l'économie de marché, non à la société de marché »). La pratique gouvernementale elle-même, inspirée par un indéniable « volontarisme de gauche », a été ponctuée par des mesures aussi emblématiques que justes (les 35 heures, les emplois jeunes, la CMU) et soutenue par une majorité de large rassemblement de la gauche. Bien sûr, le volontarisme ne dépassait pas les frontières hexagonales : c'est sous un gouvernement de gauche qu'ont été négociés les traités d'Amsterdam et de Nice. Bien sûr, la fin du quinquennat a été marquée par des erreurs d'analyse, voire d'incroyables bévues, à commencer par le couplage quinquennat/ inversion du calendrier électoral qui ont précipité notre pays dans l'hyperprésidentialisme. Mais il faut reconnaître le « moment jospinien » a constitué une phase originale du socialisme français dans son effort de concilier une certaine idée de la gauche et la prise en compte de l'émergence d'un monde nouveau.
C'est pourtant cette expérience là qui a été défaite le soir du 21 avril. Mais plutôt que de faire un inventaire rationnel de la période 1995-2002, plutôt que procéder à une salutaire remise en question, prélude à une nécessaire reconstruction, le PS, comme paralysé, s'est contenté de laisser passer l'orage. Le « ni-nisme » hollandais a succédé à la synthèse jospinienne. La décennie qui a suivi, traversée par de brillantes victoires (2004) et de sérieuses défaites (2007), est marquée par une triple crise :crise de leadership (paradoxal pour un parti dont le premier secrétaire est adoubé par plus de 90% des militants), crise idéologique, crise stratégique.
Nous en sommes toujours là aujourd'hui. Si la gauche est plébiscitée au niveau local, elle est régulièrement battue lors des scrutins nationaux. Il ya évidemment des explications « internes » à cette désaffection de l'électorat, qui se lasse de la « guerre des chefs » dont raffolent les medias1.
Mais au-delà de ce problème de fonctionnement, ce qui affaiblit les socialistes aujourd'hui, c'est bien leur apparente incapacité à « donner du sens ». Tétanisés à l'idée d'être marqués au fer rouge de l' « idéologisme », ils se réfugient trop souvent, au prétexte d'embrasser la « complexité » du monde, dans une pensée molle qui se contente d'égrener des « valeurs » qui ne sont intéressantes que dans la mesure où elles débouchent sur des objectifs de transformation sociale.
Or chacun perçoit
l'urgence de cette transformation. C'est d'ailleurs là l'un
des paradoxes les plus frappants de la période que nous traversons
douloureusement aujourd'hui. Alors que l'ampleur et la gravité
de la crise économique valide le bien fondé des analyses de gauche
sur la nature du capitalisme financier et sur les régulations fortes
qu'il faut lui imposer, la gauche, depuis trop longtemps vouée à
de timides dénonciations, est aux abonnés absents.
C'est bien pourtant aujourd'hui qu'il faut porter l'exigence, d'un monde nouveau, où les règles du commerce international, du fonctionnement du système financier, de la répartition des richesses seraient radicalement remises en cause. C'est bien aujourd'hui qu'il faut plaider pour l'émergence d'une société nouvelle où seraient sinon entièrement, du moins partiellement abolies les frontières invisibles (de fortune, d'éducation, de coutumes, de classe sociale) et visibles (les murs érigés entre nations riches et nations pauvres, les barrières entre ghettos de riches et quartiers pauvres) qui continuent de séparer les êtres humains entre eux.
Il ne suffit pas de constater partout l'irrépressible « aspiration égalitaire », il faut proposer de donner à celle-ci une réponse politique. L'éducation pour tous, la protection des travailleurs, la baisse du temps de travail, le droit à la santé, la gestion publique des services essentiels ( les transports, l'énergie, l'eau), le contrôle par les travailleurs eux-mêmes ou par la puissance publique de certains grands moyens de production et d'échange : plus que d'un « retour aux fondamentaux », c'est bien d'un projet socialiste pour demain qu'il s'agit.
En cette période de morosité et d'incertitudes, il peut paraître curieux de croire aux capacités de sursaut de la gauche en général, et du parti socialiste en particulier. C'est ce qui s'appelle penser à contre courant. On prend le risque.
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[1] Les observateurs superficiels pointent du doigt les « querelles intestines » symbolisées, à l’occasion de chaque congrès, par le nombre important de « motions d’orientation ». C’est oublier un peu vite que la gauche a dans ses gênes (depuis 1905, puis après 1920 à la SFIO) le goût de la discussion qui explique notamment le recours à la proportionnelle pour départager les textes concurrents. Le pluralisme est au centre de l'identité du parti socialiste Les périodes où le débat semblait tari et où les statuts limitaient l’expression de la diversité politique, comme dans les années 1960, sont aussi celles des scissions, du déclin militant et électoral. Au contraire, les discussions parfois vives des années 1970 n'ont jamais gêné, bien au contraire, ni le militantisme de terrain, ni les rapports avec le reste de la gauche, ni la progression électorale du Parti.
En réalité, ce qui a progressivement contribué à pourrir le débat au PS, c’est bien l’obsession présidentielle et l’acceptation progressive des institutions de la Vème République. Le recours au « suffrage universel » des militants pour désigner le premier secrétaire a été jadis encensé. Or cette réforme a instillé durablement le poison de la personnalisation (et son corollaire, la dépolitisation) dans une organisation qui était parvenue jusqu’alors à en contenir tant bien que mal les effets néfastes.







Magnifique démonstration
" Alors que l'ampleur et la gravité
de la crise économique valide le bien fondé des analyses de gauche
sur la nature du capitalisme financier et sur les régulations fortes
qu'il faut lui imposer, la gauche, depuis trop longtemps vouée à
de timides dénonciations, est aux abonnés absents. "
La gauche a des cerveaux brillants, tout le coeur nécessaire, la droite n'a jamais été une telle caricature d'elle-même, avec les résultats en rapport, et on tourne en rond.
Pourquoi?
C'est peut-être d'abord un problème de valeurs. On a intégré celles de l'american way of life.
On a fini par préfèrer les chaises en formica, et le poulet aux hormones, plutôt que la beauté de la montagne.
Celle-ci n'a pas changé, si ceux là sont devenus voiture de l'année, vacances au ski, et téléviseurs LCD...
Et pour grimper, en portant les plus faibles, il faut des jambes.
Elles se sont vidées de force à rester comme des glands devant les gesticulations des pantins de la finance, à l'image de Sarko, à attendre qu'il redistribue quelques miettes de l'emprunt d'Etat, celui qui va engraisser un peu plus les milliardaires..
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Très bel exemple du blabla à éradiquer sans la moindre précaution.
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Suffisamment entendu !
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jpylg
Pas compris ce qu'il dit le camarade Maurel. En tant que Vice Président de la Région IDF...tu n'as rien à dire? alors c'est grave.
"c'est la vision du monde qui les inspire"... Oui. Si les socialistes veulent se réinscrire dans un mouvement de progrés humain, c'est à dire de l'émancipation, de la "désaliénation" (autrement dit : la libération) il faut qu'ils retrouvent et réaffirment un sens spirituel (ce n'est pas un gros mot) de l'humanité. Ce qui les bloque, à mon sens, comme ce qui a bloqué le Parti Communiste, c'est le matérialisme, qui les renvoie au côté de leur "adversaire" américano-libéral (actuellement, en France, non pas un "Sarkozy" fantasmé, mais l'Ump.)
Il faut aller jusqu'au bout du matérialisme comme philosophie basée sur les connaissances scientifiques. On y trouve un sens de la communauté humaine et biologique (unité avec les animaux et les plantes, et la planéte terre).
C'est ce que réussissent à faire les religions -comme sectes- qui sont, à mon sens, de vrais dangers pour la "gauche" en déshérence .
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" Ce qui les bloque, à mon sens, comme ce qui a bloqué le Parti Communiste, c'est le matérialisme, ... etc "
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Ce qui les bloque, à mon avis, c'est la double pensée. (Je reçois le livre de Jean-Claude Michéa, comme une véritable révélation (tardive, peut-être).
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La contribution de ce vice-président francilien est une très belle illustration du problème, mais à peu près toutes les autres qui ont précédé sont du même tonneau : dogmatisme, grands principes et blabla.
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La réalité, leur réalité, c'est-à-dire la réalité de tous ces politiciens professionnels, est ailleurs, et ils ne la disent pas.
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jpylg
Bonjour Emmanuel
Très bel article, mais combien des 58 millions de Français vont te lire ? et qu'est-ce que tu proposes aux millions de chômeurs, au personnes qui ont 600 euros de retraites, sur les délocalisations, sur les décentralisations, sur les économies parralèles, mafieuses, ETC...lorsque dans les sections on s'occupe surtout de ce qui est le mieux a proposer aux électeurs locaux en vue des prochaines élections en mettant toujours leur Pontif en avant.
Tant que la droite et la gauche enfin touts ceux qu'ils veulent se faire élire pour s'assurer un emploi, et tant qu'à faire pas n'importe lequel; en changeant nôtre système fiscal et de redistribution des richesses qui sont dans le goufre !!
Prenez une feuille blanche, ecrivez où il faudrait aboutir tel-qu'un moyen pour que les 58 millions de Français dès l'âge de 16 ans jusqu'à la fin de sa vie soient assurés d'avoir un revenu de base garanti aujourd'hui 2000 euros net/mens. Ce projet de réforme que j'ai chiffré ne pourra se faire que par une poignée de personnes qui sera mis en place par la rue. jeanclaudejoury@orange.fr
Monsieur Maurel
j'appartiens à ceux que vous vilipendez pour appuyer après beaucoup, mais avant BHL, sur la chanterelle et dénoncer violemment les manques du PS. Mais soyez sur que je ne demande qu'à être rassuré. Vous voulez nous faire crorie que le PS est en ordre de marche, qu'il a ses penseurs, ses propositions, ses analyses qu'il est présent dans la remise en cause des valeurs mortifères qui ont dominé le monde et nos têtes dans les vingt dernières années, et que les quelques échos qui nous parviennent ne sont que de l'écume, que les Valls, Montebourg, et autres guignols ne sont que des perturbations périphériques qui n'ont rien a voir avec l essentiel c 'est à dire justement ces propositions analyses valeurs que vous nous affirmez être présents, solidement arrimés et prêts à se faire voir.Je voudrais tant vous croire.Que la Pravda revienne puisque bien sur elle n'est pas là et qu'il n'y a pas plus de Pravda au PS, de censure, de volonté de mettre tout le monde en rang, qu'il n'y a d 'idées.C'est vrai, je vous le concède, que le discours socialiste sur la taxe carbonne, son inefficacité écologique son iniquité sociale, et l'importance qu'il y a à en venir a la taxe ecologique et la TVA sur le carbone généré, bref ce discours a été fort bien argumenté, joliment relayé, et a donné lieu a des manifs amples et bien organisés.. à La Rochelle, sur la Cote etc...C'est vrai je vous le concède le discours socialiste sur la redistribution , les impôts, - car c est un hold up fiscal que cette taxe vous en êtes bien d accord -a constitué une source de reflexions pour le plus grand nombre et une chance pour le pays son économie, ses entreprises, et les travailleurs. C'est vrai, je vous le concède, que le discours socialiste sur la montée du chomage, sur les banques sur la necessité d'une banque d'état ou du renforcvement du controle d'etat sur les banques afin qu'elles en finissent non de surpayer les traders mais de consacrer l'essentiel de leur activité au marché, bref toutes ces prises de position, ont été bien venues fortes, charpentées, portées par le flux unanime des maires conseillers présidents députés PS, nombreux, majoritaires en France, qui tous ensemble sur ces thèmes forts sont montés au créneau.C'est vrai c est vrai..je suis rassuré puisque vous dîtes que je dois l'être.
C'est quand même tannant de lire un tel billet et de réaliser que certains cadres du PS en sont encore là.Vous n'avez rien compris, vous n'avez pas pris la mesure des pbs alors qu'ils ont tous été pointés du doigt par les nombreux adhérents, sur tous les blogs,etc....Effectivement, vous êtes à contre-courant de la réalité et vous allez devoir souquer ferme car vous serez seul dans le navire....ce que je ne souhaite pas.
Oui il y a des manques dans votre déclaration M. Maurel!!!
En particulier tout ce qui concerne le long terme de notre planète, de notre monde!!! Que proposez vous pour assurer l'avenir de notre système économico-financier alors que l'alimentaire mondial pourrait devenit le 1° problème, que les matères premières s'épuiseront, que le pétrole manquera, et que les hommes seront tentés d'utiliser les bombes atomiques pour régler leur incapacité à vivre ensemble dans des conditions équitables pour tous!!! C'est du long terme que l'énarchie du PS oublie !!! JC
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Le gars Maurel en prend pour son grade !
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Oh ! les oui-ouistes ! Qu'est-ce qui vous prend ?
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Est-ce qu'il va falloir que je prenne sa défense ?
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jpylg
"La singularité
du Parti socialiste français est précisément d'avoir, au moins
dans les discours, refusé cette conversion présentée comme inéluctable."
C'est bien le problème, les discours parisiens finis, toute la pratique des élus PS s'inscrit dans un néo-libéralisme bon teint.
Les grandes indignations sont réservées à l'Assemblée Nationale pour le cirque médiatique, mais localement, l'alliance avec l'UMP est totale, explicitement ou non.
Bonjour M. Maurel,
Vous avez raison sur une chose : il faudrait amener le PS à ne pas se sentir obligé de faire son aggiornamento idéologique. Il faudrait même avoir le courage de redurcir, tout simplement : il y a de nouveaux des classes dont les écarts de mode de vie s'accroissent, le bien public et les services publics sont peu à peu détruits, nous ne survivrons probablement pas sans nationaliser les ressources naturelles et sans soumettre la production de richesses, notamment financières, à un nouveau contrôle.
Il faudrait en parler devant un potage tomate. Ou simplement en venant s'inspirer de nouvelles idées auprès du comité de savoir public :
http://www.mediapart.fr/club/edition/le-comite-de-savoir-public
ET QUE PROPOSEZ VOUS POUR EN FINIR AVEC AVEC L'ULTRA-LIBÉRALISME DE SARKOZY-BUSH-TACHER-REAGAN?...
Cher Emmanuel Maurel,
Je reste surpris des attaques que vous subissez.
Quand j'entends le secrétaire national des universités d'été dire:
"Il ne suffit
pas de constater partout l'irrépressible « aspiration égalitaire »,
il faut proposer de donner à celle-ci une réponse politique. L'éducation
pour tous, la protection des travailleurs, la baisse du temps de travail,
le droit à la santé, la gestion publique des services essentiels (
les transports, l'énergie, l'eau), le contrôle par les travailleurs
eux-mêmes ou par la puissance publique de certains grands moyens de
production et d'échange : plus que d'un « retour aux fondamentaux »,
c'est bien d'un projet socialiste pour demain qu'il s'agit."
Je suis d'abord rassuré, il reste des socialistes aux plus hauts niveaux, mais aussi, j'imagine que les sujets que vous évoquez ne peuvent pas être escamotés vu vos responsabilités.
Donc, courage, à vous et aux vôtres, pour aller vers ce que vous dites si bien, avec d'autres, ce qui nous ferme le bec, mais pas les yeux ni les oreiles, et si nous retrouvons un peu d'espoir, nos attentes sont bien toujours là.
"Il faut qu'ils retrouvent et réaffirment un sens spirituel (ce n'est pas un gros mot) de l'humanité." D'accord avec cette phrase mais je ne trouve pas du tout que l'article aille dans ce sens ! D'accord sur l'analyse qu'on partage peu ou prou, mais les propositions me semblent pu a la hauteur de l'enjeu. C 'est d'un debat de fond sur quelle socete francaise on veut qu'il faudrait lancer : ou plutot sur des valeurs comme la solidarite vraie, le lien social etc... et cesser de penser que l'economie va nous sauver, il suffit de lire deux ou trois analyses de Paul Jorion pour comprendre que ce n'est pas le cas, que les riches seront toujorus plus riches et les pauvres toujours un peu plus pauvres ! Ce qui risque de sauver une societe un peu perdue par les bouleversements en cours, c'est un vrai projet de slidarite nationale qui permette d'aller de l'avant et non pas de regarder derriere en se lamentant de ce que l'on a fait ou pas fait.
Ce qui manque, (...),
c'est la vision du monde qui les inspire. Or, profondément impactés
par la montée en puissance du capitalisme financier transnational à
la fin des années 80, confrontés à des mutations qu'ils n'avaient
pas anticipées, les socialistes se sont laissés gagner par le doute
relativement à leur mission historique (la redistribution des richesses
et l'approfondissement de la démocratie dans tous les domaines de
la vie sociale), quand ils n'ont pas purement et simplement théorisé
le renoncement.
Tout à fait d'accord. Mais quelle doit être, aujourd'hui, cette vision du monde esquissée, certes de manière brouillonne mais imaginative, durant les 30 glorieuses, par la gauche et l'extrème-gauche, la lutte anticoloniale, le combat contre les impérialismes nord-américain et soviétique, la remise en question de la société de consommation, les mouvements hippy, auto-gestionnaire, communautaire, les solidarités tiers-mondistes, les combats sociaux et mouvements culturels, dans une Europe de l'ouest et une Amérique du nord alors opulentes, pouvant s'offrir le luxe de saper leurs fondements idéologiques, de faire exploser leurs carcans religieux, familiaux, sexuels, et partager leurs savoirs et valeurs humanistes ?
C'est là où les mouvements écologistes ont su reprendre le flambeau de la pertinence idéologique en comprenant les nouveaux enjeux planétaires, en intégrant la nécessité des nouvelles solidarités et urgences écologiques mondiales. En cessant de caresser les classes moyennes occidentales, électrices des social-démocraties, dans le sens du toujours-plus-de-camelotes-dans-mon-caddy. En saisissant que la rente de situation liée à quatre siècles de colonialisme, de mise en coupe réglée des richesses de la planète, de surpuissance militaire assurant la captation des revenus du travail des indigènes, de boulimie consommatrice étourdissante, arrivait à son terme historique, idéologique et écologiquement supportable.
L'industrie manufacturière et agricole, les capitaux, les savoirs scientifiques et culturels se délocalisent vers d'autres horizons, mettant à mal la séculaire "suprématie de l'homme blanc", sous l'impulsion d'une financiarisation de l'économie occidentale ayant fait le pari du cosmopolitisme, et des nouveaux capitalismes japonais, chinois, brésilien, indien, ..., émergents.
Qu'imagine alors, dans ce contexte, le PS pour son électorat populaire et salarié ? Quelle redistribution de richesses matérielles en baisse mis à part allocations et emplois aidés permettant de faire quelques pleins dans les hypermarchés de périphérie pour les plus démunis, de crispations corporatistes pour classes moyennes ramollies par écrans plats interposés, d'une gestion un peu plus sociale de la suprématie occidentale ? Quel approfondissement de la démocratie dans tous les domaines de
la vie sociale quand les notables du parti, infiltrés dans l'appareil politico-administratif et les collectivités territoriales, n'ont plus pour horizon qu'une réélection, une alternance automatisée ou des corporatismes et nationalismes égoïstes ?
Une nécessité impérieuse : la défense et la promotion par capillarité de la chose publique mondiale, une frugalité individuelle dans un accroissement et un partage éthique de biens publics (éducation, santé, urbanisme, gestion intelligente des ressources, des paysages urbains et ruraux, alimentation biologique, égalité des chances, mieux vivre vieux, solidarités locale et internationale, amélioration mondiale de l'indice de développement humain, démocratie participative, administration fine et multilatérale de la planète, accélération d'un désarmement négocié et généralisé, ...).
Bref, du vivre ensemble sur Terre qui ne se réduit pas à un montant sur une fiche de paye ou de prestation sociale, un développement de l'être et non de l'avoir, au-delà des crispations ethniques et nationalistes.
La construction d'une UE républicaine, sociale et écologique dans un cadre onusien réformé peut être un des chantiers décennaux, générationnels et socialistes possibles pour un PS débarrassé de ses prétentions politiciennes anachroniques.
Oui jpylg, Michéa c'est du tout bon !
Que l'analyse portée par Djamo est loin loin des préoccupations de Monsieur Maurel et en général de tous les caciques grands et petits connus et inconnus du PS!Quant on en appelle à une Weltanshung nouvelle, une vision du monde qui s'incarnerait, se réifierait dans les decrets et les lois, les pratiques, la con sommation et la démocratie..on vous répond primaire et désir de chef rebaptisé leader. On vous répond communication quand on demande des analyses, stratégies quand on a besoin de foi, tactique quand il s 'agit de solidarité et de dévouement.