Contre la concentration des médias et pour un nouveau modèle économique
Le grand nombre de titres de presse écrite, de chaînes de télévision, d’éditeurs de livres masque l’ampleur de la concentration dans les médias. Les médias sont en majorité intégrés à des groupes industriels (Lagardère, Bouygues, Dassault, ...) qui dépendent économiquement par leurs marchés de l’Etat, donc du pouvoir politique.

Ces groupes sont eux-mêmes liés entre eux : certains administrateurs du groupe Lagardère sont administrateurs du groupe Bouygues. Arnaud Lagardère lui-même est administrateur de LVMH qui appartient au groupe Arnault, lequel est actionnaire de Bouygues ! Lagardère détient une participation de 10 % dans la société européenne EADS dont il a été un des co-fondateurs. EADS dépend de commandes de l’Etat liées à l’armement et à l’aéronautique.
Le pouvoir politique dépend du pouvoir télévisuel en même temps que les groupes contrôlant les médias télévisuels peuvent utiliser le pouvoir conféré par la télévision au bénéfice de leurs autres activités (défense, bâtiment, téléphone...).
Il est intéressant aussi de constater, en examinant les résultats 2007 et 2008 des groupes Lagardère, Bolloré, Bouygues et Le Figaro, que le secteur Media Presse de ces groupe est soit déficitaire, soit le moins rentable comparé aux autres métiers du groupe. A l’évidence, le retour sur investissement dans ces activités de communication est obtenu ailleurs, dans d’autres branches d’activités qui elles, sont rentables …
Comme l’attestent un article de Guillaume Delacroix publié dans Les Echos, datant de juin 2007[1] mais encore d’actualité, ainsi que d’autres références[2], depuis quelques années le phénomène de concentration est en marche dans les médias. La législation anti-trust et anti-concentration est manifestement insuffisante pour entraver cette concentration et les liaisons dangereuses entre les activités industrielles et le contrôle de la télévision.
De plus, l’audiovisuel public est sous l’emprise directe du gouvernement depuis la réforme imposant la nomination de son président par le gouvernement ainsi que la suppression de publicité impliquant un financement asservi au budget de l’Etat France Télévision réalise 40% de l’audience française télévisuelle et Radio France 22% de part d’audience sur les chaînes de radio en France.
Ces deux facteurs, concentration et dépendance du pouvoir politique, représentent une réelle menace pour notre démocratie.
2- RAPPEL DES LOIS ANTI-CONCENTRATION
a) En France
La loi française interdit à un groupe de dépasser un seuil de 30% de la diffusion totale de la presse quotidienne d'information politique et générale.
La règle dite des "deux sur trois" interdit à un même groupe de posséder à la fois une télévision de diffusion nationale, une radio de diffusion nationale et un quotidien de diffusion nationale, et ne lui autorise le contrôle au maximum que de deux de ces trois médias.
Références disponibles en fin d’article[3].
b) En Europe
Le Parlement Européen avait fait une proposition de résolution pour préserver le pluralisme et l'indépendance des médias en 2002[4]
Suivie en 2004 de recommandations :[5]
Résolution que le Parlement européen a adoptée lors de sa séance du 22 avril 2004. Par cette résolution le Parlement demande à la commission de présenter une proposition de directive relative à la sauvegarde du pluralisme des médias en Europe.
Le texte de la résolution énonce, par ailleurs, que « les gouvernements nationaux, régionaux ou locaux ne devraient pas abuser de leur position en influençant les médias. Il spécifie aussi qu’il est nécessaire de veiller « à ce que, dans tous les Etats membres, le radiodiffuseur et la télévision publics soient pleinement indépendants et ne subissent aucune ingérence, afin que les fonds publics ne servent pas à maintenir au pouvoir le gouvernement en place ou à restreindre les critiques à l’encontre de celui-ci ».
Le Parlement européen produit, en définitive, une série de recommandations, au rang desquelles :
- la demande aux Etats membres et à la Commission d’agir de façon à « sauvegarder le pluralisme dans les médias et à veiller, en vertu des compétences qui leur sont dévolues, à ce que les médias soient libres, indépendants et pluralistes dans tous les Etats membres »,
- la demande à la Commission « de présenter une proposition de directive relative à la sauvegarde du pluralisme des médias en Europe, de manière à compléter le cadre réglementaire », comme il l’a demandé dans sa résolution du 20 novembre 2002,
- la demande à la Commission de considérer les dispositions juridiques établies par l’Union dans ce domaine comme « autant d’éléments fondamentaux de la politique communautaire destinés à préserver le pluralisme des médias [devant] donc être appliqués, interprétés et ultérieurement développés par la Commission en vue de renforcer ces mesures pour combattre la concentration horizontale et verticale des médias sur le marché des médias traditionnels ainsi que sur celui des nouveaux médias »,
- le souhait que « la sauvegarde de la diversité des médias devienne la priorité de la législation de l’Union en matière de concurrence »,
- le souhait que la Commission établisse un examen approfondi des dispositions législatives nationales et des possibilités d’action et émette une « communication sur l’état du pluralisme des médias dans
- le souhait que la Commission veille à organiser la production de plusieurs catégories d’instruments d’étude dont un rapport annuel sur le pluralisme ainsi que la communication à un organisme spécialisé des données relatives à l’actionnariat des médias
- l’invitation des Etats membres à « insérer dans leurs constitutions nationales le principe d’une responsabilité active en ce qui concerne la promotion du respect de la liberté et du pluralisme dans les médias ».
- En fin d’articles sont disponibles :
- l’état des lieux que dressait en 2005 le député socialiste Henri Weber[6]
- le document de travail des services de la commission européenne sur le Pluralisme des Médias (en français)[7]
- Et autres informations en anglais[8]
L’approche présentée le 16 janvier 2007 à la Commission prévoit une mise en œuvre en trois étapes par une task-force dédiée :
- Un document de travail de la Commission sur le pluralisme des médias, comprenant les résultats d’une enquête chez les Etats membres, sur les marchés audiovisuels et de la presse écrite, ainsi qu’un état des lieux de la réglementation locale,
- Une étude indépendante sur le pluralisme des médias au sein des Etats membres afin de définir et de tester des indicateurs objectifs d’évaluation du pluralisme des médias dans chaque pays (lancée en janvier 2008),
- Une communication de la Commission aux Etats membres de ces indicateurs sur lesquels une large consultation publique devra se tenir.
Le processus est donc assez lent. Une directive européenne devrait voir le jour, mais quand ? D’ores et déjà, on peut être certain que la France ne respecte pas les critères exigés par le Parlement dans sa résolution de 2004. Il peut être important de le faire valoir, notamment dans la campagne électorale pour les élections européennes de 2009.
3- FACE A CE CONSTAT, QU'ONT DIT LES ETATS GENERAUX DE LA PRESSE ?
Les Etats généraux[9] n'ont pas suivi Nicolas Sarkozy dans sa volonté de faire sauter les verrous de concentration pour constituer des grands groupes multimédias.
Ils n'ont pas pu éluder le problème de concentration et font même le constat du problème de dépendance de la presse et des médias à l’égard de puissances financières dépendant de commandes de l’Etat, sans pour autant faire de proposition pour empêcher cet état de fait.
Notons dans un paragraphe de la synthèse, qui ne donne lieu à aucune recommandation :"La détention de quotidiens par des groupes extérieurs aux médias, dont certains dépendent de la commande publique et peuvent donc apparaître comme plus sensibles aux pressions, pose la question de l’indépendance des rédactions et de la confiance que le public place dans la presse dans son ensemble."
Sont visés les groupes Dassault (Le Figaro), Bolloré (Direct Matin et Direct Soir), ou encore Lagardère (pas de quotidien, mais les journaux cités plus haut).
4- POSITION ET DECISION DE NICOLAS SARKOZY
Lors de l’annonce, puis du lancement de ces Etats généraux de la presse, Nicolas Sarkozy avait déjà annoncé sa position favorable à une plus grande concentration et l’orientation qu’il souhaitait donner aux conclusions, ciblant essentiellement le problème économique de rentabilité insuffisante de la presse en France, le problème « capitalistique », le coût d’impression et de distribution supérieur à celui des entreprises de presse étrangères, et la concurrence déloyale par la gratuité des informations sur support Internet.
Il n’a jamais caché de surcroît sa grande méfiance vis-à-vis du support Internet.
Le 2 octobre, en lançant cette consultation, le Président expliquait: "Il n'y a [...] pas de fatalité à la faiblesse de la présence française parmi les groupes multimédias mondiaux, pour peu de permettre d’abord à des groupes français de se constituer en France."
Finalement, lors de son discours tenu pour la clôture des Etats généraux de la presse, Nicolas Sarkozy n’est pas passé outre la position des Etats généraux de ne pas faire sauter les verrous anti-concentration. Mais il a annoncé qu'il allait lever, via des "conventions bilatérales", le seuil maximal de 20% de capital pour un investisseur non-communautaire dans une entreprise de presse française, afin de remédier au problème de "sous-capitalisation". "Personne ne peut se résigner au manque criant d'investissements au sein de la presse, du fait de la sous-capitalisation des entreprises et de l'absence de grands groupes. Ce manque d'investissements est une des causes majeures de la crise de la presse", a estimé M. Sarkozy qui souhaite "améliorer la rentabilité" du secteur.[10]
5- QUELLE ALTERNATIVE ? QUEL MODELE ECONOMIQUE POUR LA PRESSE ?
Nicolas Sarkozy use d’un syllogisme :
- La presse n’est plus rentable, n’arrive plus à amortir ses coûts face à des recettes en baisse,
- La seule façon de la rendre indépendante de subsides de l’Etat, c’est de la rendre rentable,
- pour être rentables et avoir des prix de vente au détail plus bas, les entreprises de presse et de medias doivent atteindre une taille critique pour amortir les importants coûts fixes d’édition et de distribution et pour faire face aux géants qui dominent le marché à l’étranger comme Bertelsmann et Murdoch. La levée des verrous anti-concentration permettrait donc de constituer de grands groupes multi medias allant dans ce sens.
Or cette concentration accrue nuit justement au pluralisme ! Il y a par ailleurs un problème de l’offre, ne répondant plus aux attentes de la population, et aussi un problème d’inadéquation du support papier, très coûteux en édition et distribution, en même temps qu’une concurrence déloyale du gratuit en support papier et Internet, basé sur un modèle financé par la publicité, elle-même asservie aux annonceurs.
La presse est prise dans un piège diabolique. Et l’on peut se demander si ce problème de rentabilité, justifiant économiquement la concentration et empêchant de nouveaux entrants indépendants d’y trouver un intérêt, n’est pas finalement volontaire de la part des puissances financières qui tiennent le 4ème pouvoir. Comme nous l’avons vu, la branche Médias-Presse des grands groupes industriels qui détiennent la grande majorité de la presse et des médias en France n’est pas ou très peu rentable mais leur permet de faire fructifier des marchés valorisés dans d'autres branches où justement les liens avec l'Etat interviennent. Ce problème de rentabilité empêche de surcroît l’entrée de concurrents potentiels indépendants qui eux ne peuvent pas "se refaire" ailleurs.
Ce qui fait que en imposant des verrous juridiques supplémentaires sur les parts de marché et l'emprise capitalistique des groupes liés aux marchés de l'Etat, comme le souhaite le Parlement européen, on risque de se heurter à un mur (absence d'investisseurs alternatifs) si ces activités ne sont pas rentables.
Il s'agit donc bien d'aller vers un nouveau modèle à la fois économique et démocratique de la presse en France, garantissant une indépendance des puissances financières liées au pouvoir :
- Moins de frais liés à l'édition papier et la distribution, grâce à une meilleure utilisation d’Internet et d’un modèle payant, de facturation à l’article mais très peu coûteuse, moins asservi à la publicité et au joug des annonceurs,
- Abonnements payant sur Internet, mais moins coûteux qu'un abonnement papier (c'est justement le modèle Mediapart)
- Les "gratuits" devraient juste lister des événements et faire référence à des articles de journaux payants, incitant à les acheter
- Le recours à la publicité, sans être interdit, devrait être encadré et doit inciter à la méfiance, les annonceurs ayant un rôle de censure de certains articles (cela me paraît notamment grave pour la presse financière, Les Echos et La Tribune, sous l'emprise de LVMH, qui peuvent orienter l'information financière sur les sociétés du groupe ...
- Pourquoi ne pas imaginer des kiosques de nouvelle génération en gare, supermarchés, lieux publics ...) avec articles modèles en présentoir et borne d'impression payante du magazine ou de l'article choisi par le client ?
- Enfin, un soutien capitalistique des journaux par les lecteurs réguliers de ces derniers, qui souhaitent les soutenir dans ce modèle indépendant et plus s’impliquer dans des éditions participatives, rappelant les formes mutualistes et coopératives, pourrait aussi contribuer à une démocratisation de l’information et à une responsabilisation des citoyens-lecteurs.
Il n'y a eu aucune suggestion de la sorte lors des Etats généraux de la presse !!!
[9] voir le livre vert des Etats généraux de la presse (EGP), remis par Bernard Spitz le jeudi 8 janvier à la Ministre de la Culture, Christine Albanel : http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/conferen/albanel/livrevert1.pdf







Wahou.... Marie-Anne ! Un excellent papier.
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Je prendrai le temps de tout lire à tête reposée, mais tout d'abord félicitations pour le travail.
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J'y ajouterais juste la pratique des médias en Allemagne qui offrent beaucoup plus de titres indépendants qu'en France avec une variété d'opinions et d'articles d'investigations. Ils ne dépendent PAS de groupes industriels clients de l'Etat, ce sont des groupes de presse dont c'est l'unique métier. J'en avais donné un bref aperçu dans les commentaires suite à cet article.
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Ce que je trouve important, c'est la place des journalistes dans la société qui sont considérés comme un contre-pouvoir. Les journalistes ont une position très claire dans la société, qui leur est garantie par la constitution, ils sont, comme les prêtres, dispensés de répondre dans un procès, la justice ne peut leur demander leurs sources. Voir l'article de wikipedia en allemand qui est très bien documenté. J'en traduis une partie:
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L'implication active des journalistes dans la politique gouvernementale - contrairement à d'autres pays - a été soigneusement évitée depuis la fondation de la République fédérale, car on avait trop bien en mémoire le danger d'une instrumentalisation de la presse comme organe de propagande sous le IIIème Reich. Depuis sa fondation, l'Allemagne est le seul pays dont l'organisation suprême des journalistes, la Bundespressekonferenz (Conférence de presse fédérale), invite le porte-parole du gouvernement pour une conférence de presse. Un "embedded journalism" comme aux USA pendant la guerre d'Irak, serait impensable en Allemagne.
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Voici ce qu'est la Bundespressekonferenz:
L'institution a été fondée en automne 1949 tout d'abord comme société de droit civil. Depuis le 19 mais 1953, c'est une association déclarée dont le but est d'organiser des conférences de presse et de donner à ses membres, les "possibilités d'une information détaillée de l'opinion publique" selon ses statuts. Elle se finance par les cotisations de ses membres. La Conférence de presse nationale avait 900 membres en 2007.
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Contrairement à la pratique de nombreux pays, les "maîtres de maison" lors de conférences de presse sont les journalistes eux-mêmes et pas le gouvernement, les ministres, les partis, les associations, les églises ou les politiques. C'est ainsi que les journalistes arrivent toujours à poser leurs questions, eux qui sont connus pour leurs questions critiques, tandis que dans d'autres pays ces journalistes n'ont pas la possibilité de poser toutes leurs questions dans les conférences de presse. C'est pourquoi certains invités renoncent à se présenter à la conférence de presse nationale. Le chancelier vient en règle générale une fois par an, et organise sa propre conférence de presse à la chancellerie. Joschka Fischer, l'ancien ministre des affaires étrangères, était connu pour éviter la Bundespressekonferenz.
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Trois fois par semaine (lundi, mercredi, vendredi) une conférence de presse gouvernementale a lieu. Les porte-paroles des ministres et du gouvernement sont invités. Après une courte intervention, ils répondent de manière spontanée aux questions des journalistes. Les invités de cette conférence de presse ont la possibilité de demander le traitement confidentiel de certaines déclarations et le codex de la presse contient l'obligation bénévole des journalistes de respecter cette confidentialité. Mais en pratique, les invités n'utilisent pratiquement pas cette possibilité et donnent toute liberté d'utilisation de leurs déclarations.
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Le fonds social de la Bundespressekonferenz
Ce fonds est une institution indépendante d'entraide des membres de la Bundespressekonferenz. C'est une association à but non lucratif dont le siège est à Berlin. Les membres de cette association sont membres de la Bundespressekonferenz.
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Le fonds social a pour but d'aider les journalistes en difficultés ou leur famille suite au décès de l'un d'eux par des versements réguliers ou uniques. Les moyens du fonds social proviennent surtout du rendement de la tombola du bal de la presse annuel à Berlin. De plus, l'association obtient des fonds de manière irrégulière par des sponsors. Les bénéficiaires de ces prestations sont en particulier d'anciens membres de la Bundespressekonferenz.
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J'ai aussi donné quelques informations sur ce fil
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Voici quelques infos d'autres sites sur les médias et sur le nombre de quotidiens (350 en Allemagne contre 80 en France) et la place de la presse dans la vie quotidienne. Un extrait:
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Le paysage de la presse allemande se caractérise par une grande diversité de titres et d’opinion. On compte 336 journaux régionaux à côté des 11 titres nationaux. Les journaux plus sérieux concurrencent les journaux à scandales. L’Allemagne est le septième pays européen pour la densité des journaux (nombre de titres pour 1000 habitants). Il existe des journaux locaux dans la plupart des villes qui donnent des nouvelles d’une petite zone géographique, des journaux régionaux qui ont plus large zone de diffusion et ce qu’on appelle des journaux suprarégionaux que l’on trouve partout en Allemagne. Ce sont les quotidiens locaux et régionaux qui sont le plus lus. Cette diversité est due à la tradition fédérale allemande. On distingue également les journaux distribués dans la rue de ceux qui sont distribués par portage chaque jour directement chez l’abonné, méthode très répandue en Allemagne.
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Notre journal nous est apporté tous les matins entre 5h30 et 6h, il est coincé dans notre porte et nous pouvons le lire au petit-déjeuner. Dans toutes les villes et villages, il en est de même à travers tout le pays. Je reviendrai sur la diversité des médias, leur organisation - notamment l'audiovisuel - et leur financement...
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Je vous cite les principaux journaux ou hebdomadaires, ils sont plus fouillés que Le Point, l'Express, Le Monde, Le Figaro ou autres:
http://www.zeit.de/index
http://www.faz.net/s/homepage.html
http://www.sueddeutsche.de/
http://www.focus.de/
http://www.spiegel.de/
http://www.fr-online.de/
http://www.welt.de/
http://www.taz.de/
http://www.handelsblatt.com/
http://www.wiwo.de/
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Les quotidiens locaux et, les hebdomadaires
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Il en est de même des émissions et discussions politiques et économiques à la TV. Elles n'existent plus en France, alors qu'elles sont régulières, plusieurs fois par semaine, en Allemagne et sont très appréciées, souvent menées par des journalistes (femmes) de qualité qui posent des questions pertinentes sans langue de bois.
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Sur la 1ère chaîne publique:
Anne Will
Bericht aus Berlin
Kontraste
Weltspiegel
Politmagazin - report München
Report Mainz
Presseclub
Monitor - Magazine politique assez "hard"
Panorama (un peu comme Envoyé Spécial)
Fakt
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Voilà pour la première chaîne publique...
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Sur la 2ème chaîne publique ZDF:
WISO, magazine économique
Berlin direkt
Frontal21
Maybritt Illner
Auslandsjournal (journal de l'étranger)
Politbarometer (tous les 15 jours):
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Ces émissions sont en général très regardées et très populaires.
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Voilà pour les 2 chaînes publiques, il en va de même sur les chaînes privées, il y a une chaîne uniquement d'information - n-tv - un peu comme CNN...
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Vous avez un petit tour d'horizon... A vous de juger... En regardant au-delà de nos frontières, nous pourrons sûrement trouver des éléments intéressants pour le débat. La situation des médias en France est assez particulière par sa concentration et son financement.
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En tout cas, bravo pour cet excellent travail ! A suivre...
Pierre Godé , bras droit juridique de Bernard Arnault, a été nommé à l'Autorité de la Concurrence.
Bonsoir,
Je suis tout à fait d'accord avec vous pour défendre le pluralisme de la presse . Il faut chercheur de nouvelles formes d'édition/de distribution de l' information, .
Mais alors pourquoi jugez - vous que les gratuits sont une concurrence déloyale au reste de la presse ?
Istallés en France, ils paient une rédaction, impriment leurs journaux, le distribuent ; ils répondent à une attente des lecteurs (temps moyen de lecture d'un gratuit = 24 minutes d'après une étude de ...20 minutes), et sont déjà rentables pour certains d'entre eux.
Bien a vous
Xavier
Sacré boulot Marie-Anne (et Etoile66) !
Vous remarquez qu'"Il n'y a eu aucune suggestion de la sorte lors des Etats généraux de la presse !!!" => cela ne m'étonne guère d'une commission politique mandatée par le gouvernement, qui s'assure que le 4ème pouvoir n'en soit jamais un, son unique rôle devant être de soutenir les politiques et industriels. Et je suis assez pessimiste sur l'évolution de la situation, car au-delà des manoeuvres aussi grossières qu'efficaces de ces groupes pour conserver un contrôle médiatique presque total, j'observe surtout que le citoyen lambda s'en fout, ou pire s'y complait volontairement dans une sorte de patriotisme glauque corrélant puissance de la nation avec le nécessaire asservissement des médias. En tout cas vos réflexions macro-médiatiques complètent parfaitement les analyses souvent excellentes micro-médiatiques d'Acrimed (http://www.acrimed.org/)...
Parce que rien n'est gratuit et qu'ils sont comme tous supports dépendant du bon vouloir de leurs annonceurs. Peu sont rentables en réalité et assurent leur rentabilité par d'autres sources. Qu'ils ont le plus souvent des équipes réduites, pas d'enquêtes de terrain, la plupart des articles sont la reprise des agences de presse; de nombreux articles ne sont pas signés (qui écrit ?) etc... Je vous recommande l'excellent livre de Yannick Estienne "Le journalisme après internet" paru chez l'Harmattan qui en dit plus que moi. On retrouve sur le net les mêmes groupes puissants que dans la presse écrite : Lagardère etc... Qui a sorti sur le net des enquêtes type Caisses d'Epargne, affaire Pérol, Arbitrage Tapie etc....
C'est la raison pour laquelle l'Association des Lecteurs de Médiapart soutient le modèle économique de Médiapart qui ne doit rien aux annonceurs mais a fait le choix de l'indépendance en ne s'appuyant que sur ses lecteurs.
Nous avons pris conscience que le gratuit ou plutôt le faux gratuit finit par se retourner contre le citoyen.
Votre question sur les "gratuits" me scie !
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Pour les avoir lus, je sais qu'ils ne contiennent AUCUN travail journalistique, aucune investigation, c'est du pur recopiage de dépêches de presse, souvent agrémentées à la sauce "people". Un lavage de cerveau constant de la population que les lit croyant "s'informer". Si vous regardez à qui ils appartiennent, vous comprendrez...
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C'est un leurre et une manipulation pour formater la "pensée unique" franco-française, bien comme il faut pour que le pouvoir en place et ceux qui le soutiennent, en grande partie des industriels qui vivent de l'Etat, puissent rester longtemps sans être trop inquiétés.
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Ce n'est pas de la presse, c'est de la politique déguisée et du fric facile sur le dos d'une population docile, qui les prends benoîtement tous les matins dans les transports en commun. J'y ai lu une fois à Paris que grâce à Rachida Dati et N. Sarkozy la délinquance avait baissé dans le 93. Je viens de lire tout autre chose dans la presse internationale.
Je signale un article concernant le modèle de presse "Presse en ligne, vers le retour du payant" :
http://www.slate.fr/story/payant-ou-gratuit
J'avais écrit: "Je reviendrai sur la diversité des médias, leur organisation - notamment l'audiovisuel - et leur financement...." Je rajoute donc des informations sur la composition de l'audiovisuel et de ceux qui le dirigent.

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Ceux qui parlent allemand en trouveront la description détaillée sur wikipedia, les infos sont complètes et exactes. Je remarque que sur ce sujet - l'audiovisuel public - il y a des informations dans de nombreuses langues mais rien en français.
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Pour la ARD - 1ère chaîne publique - elle est composée de plusieurs chaînes sous le "chapeau" de la ARD, qui ont leurs propres programmes, sur tout le pays, l'information est multiple et respecte les particularités, cultures et même langues régionales par la diffusion quelques émissions dans ces langues:
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Pour le ZDF - 2ème chaîne publique - voici la composition de son Conseil de Direction.
On y voit la présence
- d'un représentant par Région - Land -
- de 3 représentants de l'Etat,
- d'un représentant de chaque syndicat,
- de tous les partis politiques représentés aux parlements régionaux ou nationaux,
- des religions,
- des fonctionnaires,
- des associations,
- des chambres de commerce,
- de l'agriculture,
- de l'artisanat,
- des éditeurs de presse,
- de l'association des journalistes,
- des représentants syndicaux des journalistes,
- des associations caritatives,
- des associations des Maires,
- des parlements régionaux,
- du Comité olympique allemand,
- de l'Union Européenne,
- de l'association pour la protection de la nature,
- de l'association des réfugiés,
- de l'association des victimes du stalinisme,
- des représentants des domaines de l'Education, de la science, de l'art, de la culture, de la cinématographie,
- des professions libérales,
- des associations familiales,
- de la protection de l'enfance,
- des représentants de la jeunesse,
- de la protection des consommateurs,
- de la protection des animaux.
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Tous ces groupes socio-professionnels à travers toute la société ont des représentants désignés dont on peut trouver les noms et la présentation cliquable, avec son rôle au sein du Conseil de la chaîne, celui-ci fait partie de la Direction des programmes, pour la partie culturelle et scientifique.
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Jamais un journaliste ne pourrait se permettre de faire ce que l'on voit si souvent en France, privilégier un parti plutôt qu'un autre.
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La TV doit informer les citoyens dans le respect de la Démocratie, c'est-à-dire le respect de toutes les catégories socio-professionnelles du pays. Le Conseil de direction de chaque chaîne est ainsi constitué. L'audiovisuel est pris très au sérieux dans l'équilibre de la Démocratie. C'est un pouvoir très fort qu'il faut manier avec le plus de précautions possible. Le pays ayant vécu une dictature y est particulièrement sensible et vigilant.
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Quant au financement, il est défini dans le "Contrat d'Etat de l'Audiovisuel" qui lui reconnaît un financement "dual", la redevance et les recettes publicitaires et qui fixe le périmètre :
* système "dual" (coexistence d'un audiovisuel de droit public et de droit privé)
* la durée et la forme de la publicité audiovisuelle
* le droit au reportage court et gratuit (voir explication ci-dessous)
* la surveillance de la concentration médiatique
* le lancement et l'utilisation de procédés de retransmission (comme par ex. DAB, DVB-T etc...)
* la fixation de règles pour les télémédias
* la répartition des chaînes dans l'ensemble des programmes et des programmes régionaux.
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Reportage court (traduction):
Le droit au reportage court accorde aux chaînes de TV le droit de publier gratuitement les "évènements et manifestations qui sont d'accès public et intéressantes pour l'information de tous". (§5 du contrat d'Etat).
Le but de ce droit au reportage court est d'éviter la formation de monopoles de l'information par quelques chaînes, comme par exemple par la vente de droits exclusifs de retransmission de concerts ou de manifestations sportives.
L'objectif est donc d'éviter que par manque d'images télévisées sur un évènement, certaines chaînes ne puissent diffuser d'informations ou que l'information soit faite uniquement par une chaîne et qu'elle soit donc partiale.
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Le droit au reportage court permet une information large et complète de la population et est donc l'expression de la liberté d'émettre et de recevoir l'information en conformité avec l'article 5 de la Constitution.