Après L'Immigré, LE Jeune de banlieue, LE chomeur, voici "LE-SCHIZOPHRÈNE"

Jeudi 1er Janvier 2009, flash d'information à 13h53 sur F.I.P.

"UN schizophrène réputé dangereux a été reconnu, ivre dans un bar d'Aix en Provence. Il a été interpellé et transféré à l'hôpital Edouard Toulouse de Marseille" !

 Soyez rassurés braves gens, festoyez tranquilles puisque désormais UN schizophrène  a été interpellé et arrêté !
En cette période sombre, il ne fait pas bon être malade, fou.
Ce journaliste ne nous dit en rien s'il s'agit de la personne qui a fugué de l'hôpital quelques jours plus tôt.  Non c'est Un Schizophrène.
Il y a quelque chose d'ahurissant dans ce traitement de l'information, où la nomination d'un diagnostic sert ainsi de nouvelle désignation de l'inquiétant, du dangereux, du violent, de l'Étranger, finalement.
Entendrons-nous un jour sur France Inter : "un hypertendu au volant de sa voiture, en brûlant un
feu rouge dans une banlieue de la région lyonnaise, a renversé un diabétique de 22 ans" ?
Certainement pas, car nous savons bien que ce sont souvent les fous qui sont aux avant-postes de la ségrégation !
Depuis le drame à l'Hôpital Psychiatrique de Pau en décembre 2004, ce fut le Ministre de la Santé, M. Douste-Blazy, qui a lancé à la vindicte populaire, "c'est un schizophrène qui est à l'origine de ce meurtre horrible."Depuis le Président de la République se saisit de chaque opportunité pour parler DU schizophrène de Pau qui doit être jugé, DU schizophrène de Grenoble, par exemple. Et de nombreux médias, de nombreux journalistes, reprendre ainsi cette désignation sans se poser la moindre question.
Le glissement vers l'assimilation schizophrène - délinquant est effectif sans aucun problème : on parle "d'évasion" de l'hôpital psychiatrique. On pourrait tout de même faire observer que l'on "s'évade" de prison. Est évoquée "l'interpellation" du schizophrène ivre, comme on interpelle celui qui a commis un délit ! 
Est-ce que ces journalistes se posent la question de ce que peuvent éprouver, ressentir, penser les centaines de milliers de patients traités pour schizophrénie, psychose, ou autres troubles psychiques, ainsi traités comme des coupables,   des délinquants. Reviendra-t-on à l'époque où les malades étaient traités comme des pestiférés ? Ces personnes sont pourtant particulièrement touchées ou sensibles  aux mots employés, sensibles au sens caché des paroles, parfois interprétant des mots qui ne leur sont nullement adressés, mais qui viennent rencontrer leurs délires, leur perception altérée de leur réalité.
Est-ce que ces mêmes journalistes se posent la question des effets que de telles désignations, de telles stigmatistions sur leur entourage, leur parent, leurs enfants, leurs voisins ?
Le souci éthique de cette profession ne serait-ce pas d'interroger cette démarche des politiques, et notamment du Président de la République, consistant à se jouer ainsi du diagnostic, de faire entrer dans le langage commun, les termes médicaux ... Rappelons-nous les jeux de mots de Jean-Marie Le Pen, à propos des "Sidaïques", ou de l'utilisation du concept de "sain” , de "santé" dans le discours d'exclusion de l'extrême droite

Sommes-nous ainsi rendus à une nouvelle extension du domaine de la haine de l'autre ?

Mais attention, si l'on n'y prend garde : à l'intérieur de chacun, il y a de l'autre, de l'étrange, de l'étranger.

Ne va-t-on pas ainsi tranquillement, insidieusement vers plus de dangerosité, vers plus d'inquiétant, vers plus de mauvaises surprises ?

Paul Machto

Je partage votre inquiétude sur cette désignation, qui est une stigmatisation. Qui semble se répandre dans ce domaine. Est-ce que les journalistes qui étiquettent de la sorte, apprécieraient d'être désignés ainsi : "la myope", "le prostatique", "le dépressif"... ou "le schizophrène" s'il s'agissait de leur enfant ?
Cette nomination par le diagnostic, comme par une caractéristique ethnique ou religieuse, a pour conséquence d'établir l'existence d'un groupe vis à vis duquel on est clairement situé à l'extérieur. C'est le problème. Si cela devient possible, c'est parce que ce groupe a déjà été désigné comme "autre".
C'est ce qui fait qu'un psychothérapeute, une fois les gros traits du fonctionnement psychique de la personne en face de lui éclaircis, met en général rapidement cette question diagnostique de côté pour pouvoir sentir la communauté d'humanité qu'il partage avec son patient.
D'une façon un peu provocante je dirais que désigner, c'est exclure.

Merci d'avoir été attentif à ce flash et de votre billet pertinent.
Il y a aussi le "réputé" dangereux, bonjour les dégâts de la rumeur publique !
S'étonnera-t-on ensuite que les "phobies sociales" augmentent chez les sujets schizophrènes ? D'autant plus que les psys "modernes" délivrent le diagnostic à leurs patients pour "augmenter leur compliance" aux traitements, quel effet cela va-t-il produire chez ces patients ? C'est consternant.

“Reviendra-t-on à l'époque où les malades étaient traités comme des pestiférés?”


Et bien mais, les pestiférés aussi, n'étaient que des malades qui subissaient la "double-peine", non seulement de la maladie qui fait souffrir, qui angoisse et qui tue, mais aussi du rejet des autres, rejet déjà violent et injuste en "temps normal", mais ressenti d'autant plus violent et injuste quand la situation justement ferait s'attendre à une attention, une sollicitude adaptées et accrues.
C'est ce que les malades du Sida ont vécu pendant pas mal d'années, et c'est aussi ce que vécurent les malades de la lèpre, jusqu'à une période contemporaine très récente voire le vivent-ils peut-être encore quelque-part dans le monde?


Perso, je crois bien que j'ai peur de l'humaine bêtise, depuis ma naissance, en tous cas sûrement depuis que j'ai commencé l'Histoire à l'école, avec le sort des lépreux mais aussi des sorcières ou des "questionnés" de l'Inquisition par exemple.


Il y a des hauts et des bas dans l'histoire de l'Humanité:
Pour 5% d'humanité de temps en temps, 95% d'inhumanité stupide et obscurantiste,
voilà mon avis
(d'où l'inanité de la question "était-ce vraiment mieux avant", puisque ça fonctionne en longs bas entrecoupés de brefs hauts qui reviennent périodiquement).
Et encore, je tempère mon optimisme relatif, car les 5 petits % de "progrès" auxquels on assiste de temps en temps, sont inégalement répartis donc ne profitent qu'à une infime partie de l'humanité en un temps donné.


L'obscurantisme moyennâgeux n'est pas loin, pas loin du tout, il suffirait de 15 ou 20 ans, sans pessimisme exagéré, mais plutôt de cinq ans à peine si par exemple on n'avait soudain plus d'electricité demain...

Paul,
cette fois on est servi, c'est vrai, et amplement... Ce schizophrène-là tombe à pic ! Ce diagnostic qui se promène partout sur les ondes... Avec l'évidence d'un phénomène aussi naturel que la foudre. On atteint là un sommet.

Vous avez bien souligner ce traitement débile de l'information de France Inter.
Dimanche 28 décembre vers 10h45, j'ai adressé un mail à la rédaction du 7/9 de France inter sur ce sujet... La stéréotypisation, la généralisation (tous les malades ne sont pas dangereux), la violence pour les malades et familles... Pas de réponse. Tous les flashs (au demeurant bien faibles à l'heure d'internet) reprennaient "le schizophrène qui s'est fait la belle"... Tout de même, à 19 heures le soir l'interview d'un médecin a tout de même précisé que tous ces malades ne sont pas dangereux, et que ce traitement renforce une politique sécuritaire. Il n'empêche depuis presque une semaine tous les flashs et les principaux journaux ont repris cette vision ostracisante des malades, et ce n'est pas la première fois, ni d'ailleurs que des médecins reprennent ce type de traitement de l'information. On se rappelle aussi le traitement de France Inter spectaculaire et déformé des gauchistes prêts à tuer...
L'éthique journalistique ne semble pas étouffer la radio nationale... On peut même se demander si ce traitement n'est pas intentionnel?

L'éthique journalistique ne semble pas étouffer la radio nationale... On peut même se demander si ce traitement n'est pas intentionnel?
Tout ce petit monde vit à Paris, en vase clos, cotoie les politiques, les responsables financiers et culturels, ce qui donne une soupe infâme, déversée sur le pays qui doit vivre selon le bon vouloir de la capitale. Et le pouvoir a décidé que diviser pour régner était la plus sûre des méthodes.
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Alors, on applique...
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Voici ce que disait sur France Inter le 23 novembre une personnalité politique répondant à un journaliste qui lui demandait "naïvement":
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Pourquoi les Français ne se révoltent-ils pas?
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Parce qu'ils sont tout seuls.
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Les paysans, on les a ciblés, et personne ne veut les défendre.
Les profs, on les a ciblés et personne ne veut les défendre.
Les professions du droit on les a ciblés, personne ne veut les défendre, les pharmaciens qui va les défendre?
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Autrement dit, le vieux proverbe, diviser pour régner a été mis en pratique avec science et on a ainsi fait exploser la société française.
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C'est pourquoi le premier devoir d'un responsable qui veut proposer un autre choix au pays c'est de montrer à chacun que la solidarité avec le voisin, elle n'est pas inutile, elle est indispensable.

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Et sur l'audiovisuel, Question du journaliste:
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La loi audiovisuelle. Vous avez parlé "d'une régression sans précédent"... Pourquoi combattez-vous cette loi ?
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La démocratie exige la séparation des pouvoirs, la démocratie exige une information libre, la démocratie exige que l'information ne soit pas sous la coupe du pouvoir et on est en train de faire exactement le contraire avec un degré de raffinement qui devrait vous mettre en colère vous-mêmes, parce que vous allez vous aussi être ciblés. Je vous l'annonce à l'avance. Je vais être aussi clair que possible, je vais parler de vous, les journalistes.
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Premièrement, il est inacceptable en 2008 que le président de l'audiovisuel public, l'homme qui va porter la responsabilité de cet immense ensemble puisqu'on veut en faire un seul ensemble, soit directement désigné par le pouvoir et révocable.
...
Que des journalistes comme vous puissent dire que c'était une hypocrisie d'avoir une instance de régulation qui avait la responsabilité de désigner un président au nom de la Nation, pas au nom du pouvoir. Alors pour vous, Nation et pouvoir c'est peut-être la même chose. Pour moi non.
...
Et donc l'exigence que je défends c'est qu'on comprenne que l'audiovisuel, en particulier public ça n'appartient pas au pouvoir, ça n'appartient pas à la majorité, ça n'appartient pas au Président de la République, ça appartient aux Français qui paient la redevance. Et qui, personne ne le note, mais permettez-moi de le dire, paient tellement la redevance que le montant est le même pour les pauvres et pour les riches.
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Ce qui fait que les citoyens français qui prennent la plus lourde charge, c'est ceux qui ont le moins de moyens, ça devrait exiger pour le pouvoir d'avoir une séparation claire et qu'on protège l'audiovisuel public.

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Les choses sont claires... à suivre avec attention... :
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"la solidarité avec le voisin, elle n'est pas inutile, elle est indispensable."
La France, le pays du "chacun pour soi" en sera-t-elle capable un jour ?
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Je viens de lire sur @si un excellent commentaire du fémur cassé de ce marin du Vendée globe qui a tenu tous les JT pendant plusieurs jours. Voilà aussi un choix journalistiques peu anodin. De la pure pub cachée, celle des sponsors.
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Et le "service public" participe à cette arnaque :
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1509

Vous avez raison. Tout à fait. J'étais choqué sans savoir par quel bout prendre l'affaire. Votre article m'a éclairé.
J'ajoute un petit complément.
Sur le site du Monde, c'est une dépêche de l'agence Reuters qui est accessible, datée de ce jour, 19 heures 34, signée de trois journalistes. Le titre est: "un szchizophrène dangereux arrêté après six jours de cavale"; la dépêche rappelle les positions de Sarkozy. C'est donc une dépêche travaillée, et le terme "schizophrène dangereux" qui est retenu. Ce n'est pas seulement France Info qui est en cause, mais tous les journalistes qui vont recopier cette expression. Laquelle s'impose depuis que le Président a associé dans son discours, en un lieu de soins psychiatriques, schizophrénie et dangérosité. On ne peut reprocher aux journalistes d'employer cette formule sans dire, ainsi que vous le faites,que le principal responsable est Sarkozy. Reprochons à trop de journalistes de surfer sur la vague dominante sans se soucier du poids des mots mais reprochons à Sarkozy d'avoir commis cette rupture-là.
La comparaison que vous faites avec Le Pen et son inventiondu mot sidaïque me parait malheureusement adaptée. C'est un travail sur la langue que font les idéologues qui entourent Sarkozy, dont nous connaissons le nom du principal, Guaino. Pour que l'idéologie sécuritaire pénètre les esprits.
Pascal Boissel

Dangereux (président) schizophrène...

Vous avez raison, pascal b, dans ce storytelling, c'est bien d'un "travail sur la langue" au sens où Klemperer en parle dans LTI, la langue du 3e Reich. Mais sans les journalistes, Sarkozy ne pourrait travailler la langue aussi efficacement.
Concernant Guaino, voici ce que Mona Chollet en dit dans Rêves de droite :
Fondateur du Parlement international des écrivains, Salmon est lui-même l’auteur de plusieurs essais sur ce thème. « Les grands récits qui jalonnent l’histoire humaine, d’Homère à Tolstoï et de Sophocle à Shakespeare, analyse-t-il, racontaient des mythes universels et transmettaient les leçons des générations passées, leçons de sagesse, fruits de l’expérience accumulée. Le storytelling parcourt le chemin en sens inverse : il plaque sur la réalité des récits artificiels, bloque les échanges, sature l’espace symbolique de séries et de stories. Il ne raconte pas l’expérience passée, il trace les conduites, oriente les flux d’émotions, synchronise leur circulation. [Il] met en place des engrenages narratifs, suivant lesquels les individus sont conduits à s’identifier à des modèles et à se conformer à des protocoles. »
Dans les propos tenus au Monde par Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy et auteur de ses discours de campagne, Salmon souligne ces deux phrases : « La politique, c’est écrire une histoire partagée par ceux qui la font et ceux à qui elle est destinée. On ne transforme pas un pays sans être capable d’écrire et de raconter une histoire. »

La question se pose : comment agir contre ce mouvement de modelage de l'opinion ? Les psychiatres ne seraient-ils pas bien placés pour dénoncer cela puisqu'ils vont probablement avoir droit aux feux de la rampe pendant les mois qui viennent ? Occasion à saisir ?

"Ce n'est pas seulement France Info qui est en cause, mais tous les journalistes qui vont recopier cette expression."

Il semble que désormais les journalistes se contentent de recopier des dépêches d'agences et de se garder de contextualiser, faire le moindre travail critique, de quête de la vérité. Surprennant dans une période dans laquelle cette profession se dit fragilisée en terme de débouchés... On pourrait espérer un minimum de qualité de travail.
La psychanalyste Elizabeth Roudinesco a très bien montré dans son dernier ouvrage "La part obscure de nous même", comment justement cette société en crise (post néoconservatrice) recherche de nouvelles figures de "boucs émissaires" le dépressif, le schizophrène, le SDF... il y a toute une liste (cf le chapitre V: la société perverse pp.169-229) ou il s'agit justement dans une période, de crise d'angoisse, de "purifier", détruire le double, comme si justement notre société ne démontrait pas en ce moment (sur les plans économiques, médiatiques, politiques) sa part folle, qu'il faut cacher justement en mettant en scène des clichés, des figures présentées comme monstrueuses...avec justement, ce mot qui inquiète qui traduit chez tout le monde les clivages, les failles, les parties morcelées de soi, que par ailleurs nos communicants exhibent malgré eux...
Que des dits "journalistes" de grands médias soient incapables de faire ce discernement, cette contextualisation dans la manière de présenter l'information me semble vraiment révoltant. Et effectivement en mémoire des travaux de Victor Klemperer, il s'agit de rester vigilant... quoiqu'il soit à craindre qu'il s'agisse là davantage de paresse intellectuelle de quelques scribes se reposant dans leur fromage?

Je ne peux résister à transmettre, ou à rappeler ce qu'un collègue, m'a adressé par mail aujourd'hui :

"En ce début d'année 2009, il n'est peut-être pas inutile de rappeler certains auteurs de sinistre mémoire.
P. B.

«Demeure le problème non résolu du nombre immense d’anormaux et de criminels. Ils sont un énorme fardeau qui pèse sur la part de la population qui n’est pas dégénérée.
Des sommes gigantesques sont maintenant nécessaires pour entretenir les prisons et les asiles psychiatriques et pour protéger le public des gangsters et des fous. Pourquoi devrait-on protéger ces existences inutiles et dangereuses ?
On devrait se débarrasser de ceux qui ont tué, volé, armés d’un pistolet automatique, enlevé des enfants, dépouillé les pauvres de leurs économies, trompé le public sur des sujets importants, en les mettant humainement et économiquement au rebut dans de petites institutions d’euthanasie approvisionnées avec les gaz nécessaires.
Un traitement similaire pourrait avantageusement être appliqué aux aliénés coupables d’actes criminels. Les systèmes philosophiques et les préjugés sentimentaux doivent s’incliner devant une telle nécessité. Le développement de la personnalité humaine est le but ultime de la civilisation. »
– Dr. Alexis Carrel
Prix Nobel franco-américain, a fait partie de l’équipe de l’Institut Rockefeller à ses débuts, auteur de L’Homme, cet inconnu, 1935"

Sans commentaire. Et dire qu'il existe peut être encore en France des rues Alexis Carrel....
Cette prose nauséabonde va peut être trouver matière à idée à certains conseillers politiques comme Henri Guaino, inspirateur du "beau discours" de Dakar.
Bien sûr, on pourra utilement "oublier les références aux gaz ....

Paul MAchto

Oh oui, allez y les psy, les Paul Machto, Alain Gillis, Lilane Bourdin, Joha 1008, Pascal Boissel,Art Monika...Décryptez, démystifiez, décodez, expliquez. Pour armer nos esprits contre cette vague noirâtre qui vient. Nous somme sans doute nombreux à vouloir résister et, sans doute, à être capables de ne pas nous laisser raconter trop de "stories" mais je vois bien, à vous lire et à lire parfois certains commentaires atterrants, combien votre lecture éclairée peut être éclairante et nécessaire. Et merci d'être là, avec chacun sa voix, son style, parfois ses emportements, mais tellement d'intelligence et de, oui c'est important, non ce n'est pas boy-scout gnangnan, et de, donc, bonne foi. Qui s'entend en arrière-plan de vos interventions...

"dépouillé les pauvres de leurs économies, trompé le public sur des sujets importants"... et bien, voilà quelques individus proches de notre président qui eussent connus un bien triste sort si le programme du Dr. Carrel avait été appliqué depuis quelques semaines pour les premiers et depuis toujours pour les seconds...

Si nous pouvions chacun autour de nous détourner ceux qui s'aveuglent à prendre pour vérité ce qui n'est que scénario, si nous pouvions promouvoir une autre posture que celle qui nous est imposée au nom d'une certaine idée de la raison.
Il en va chaque jour de notre intérêt que de nous soumettre à une certaine discipline de l'a pensée, de nous amputer de cette part irréductible de nous même revendiquant le droit de réfuter un pouvoir qui se contente pour l'instant de corrompre l'intelligence.
Pour dire les choses autrement, j'ai comme l'impression que nous sommes mal barrés... et que nous risquons de nous laisser emporter dans une mer très agitée... à moins que nous récusions une autorité dont les excès témoignent de l'incapacité à garantir la cohésion d'une communauté que la perversité de ses élites menace d'un éclatement qui n'est pas sans évoquer la folie.

@joha1008
Je pense effectivement que la trop grande discrétion des professionnels au fait de ces méthodes laisse souvent le citoyen dans l'ignorance. La fabrique du consentement n'en est que plus aisée. Il se trouve que tout à l'heure j'ai entendu une partie d'une émission de Daniel Mermet, rediffusion d'une émission de 2007, concernant un atelier de relooking imposé à des chômeurs par l'ANPE. C'était intéressant, et j'en parle ici, parce qu'on entendait bien comment l'intervenante répétait des formules apprises (c'est du moins ma forte impression) pour amener les chômeurs concernés à adhérer à son projet. Leur répétant qu'ils étaient libres, mais leur démontrant qu'ils ne pouvaient faire autrement que s'adapter ( reprenant par là les formulations paradoxales décrites depuis longtemps par l'école de Palo-Alto : "je souhaite que tu fasses cela, mais tu fais ce que tu veux". ). Sa "story", c'était sa propre histoire, qu'elle présente comme preuve que quand on veut retrouver du travail on peut le faire. La culpabilisation et l'infériorisation sont masquées, la menace sous-jacente aussi : "s'ils ne "s'adaptent pas" ils vont rester transparents, et quand on n'est pas vu, on n'existe pas", c'est à peu prés le message.
Je ne veux pas critiquer ici l'animatrice de l'atelier qui fait ici bien son travail. Mais je trouve que l'on entend mieux ces techniques de persuasion quand on n'est pas concerné directement.
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/labassijysuis/index.... A partir de 8minutes 15.
Et merci à Virgil Brill pour ses encouragements !

Pour mémoire, un article de Patrick Tort dans le Monde Diplo
L’AFFAIRE CARREL Sur la question de l’eugénisme

http://www.monde-diplomatique.fr/1998/06/TORT/10609.html

Il y a aussi le livre co/écrit avec Lucien Bonnafé L’Homme, cet inconnu ? Alexis Carrel, Jean-Marie Le Pen et les chambres à gaz, Paris, Syllepse, 1992.

Puis ce petit livre, à mettre entre toutes les mains, de Franck Pavloff, Matin Brun - Cheyne (2000)

Bravo, et merci à Paul, qui au quotidien nous aide à résister, donc à comprendre.

un jeune homme suivi pour une schizophrénie a assassiné un étudiant
le président de la république assure la famille du jeune étudiant de toute sa compassion et s'associe à leur deuil.
il assure également que le jeune malade sera pris en charge par le milieu médical avec toute la célérité possible et s'associe à à nous tous pour exprimer sa compassion envers sa famille.

j'ai l'impression que ce type de dépêche n'est pas dans l'air du temps et pourtant combien de fois notre président nous a rappelé son admiration de la religion catholique tant compassionelle.

Cher jfcoffin, nous ne devons qualifier personne, fût-il haïssable, de schizophrène pour le critiquer. Car alors on fait de la discrimination en utilisant l'opposition fou/raisonnable et en stigmatisant le fou. Nous devons être très attentifs à ne pas reproduire ce contre quoi nous combattons.
Est-ce que Sarkozy ne fait pas que caresser dans le sens du poil tous les archaïsmes de la pensée qui se parent des grandes plumes de la "Différence" ?
La peur du fou est l'un des archaïsmes les plus radicaux.
Car qu'y-t-il de pire objectivation, à part la mise à mort, que de traiter quelqu'un de fou ? On lui ôte l'essence même de la liberté, d'esprit et de corps.
Voici ce que je crains le plus avec Sarkozy: comme Le Pen, il fait appel aux pires obscurités des humains. Au lieu d'en appeler à ce qui est élevé dans l'humain, il ne cesse de stigmatiser des comportements et de parler d'interdire. Il est le strict opposé du siècle des Lumières, il incarne nos Ténèbres.
C'est pourquoi nous devons redoubler de vigilance en nous-mêmes et entre nous-mêmes. Car nous risquons à tout moment d'être englués à notre tour.
Bien cordialement à tous.

Il y a beaucoup de choses mêlées. La paresse intellectuelle j'y crois beaucoup. Elle ne tombe quand même pas du ciel cette paresse... "pas de prise de tête", "faut se lâcher", "y'a pas de souci"... Sur ce terreau - là il est sûr que les clichés, les représentations "faciles à comprendre" n'ont aucun mal à prendre racine.
Alors, après, comment expliquer que ça n'existe pas un "Schizo dangereux". Ou bien qu'un "Schizo dangereux" n'est pas plus dangereux qu'un "Mec dangereux". Allez donc faire entendre à un journaliste que ce serait plus fortiche de dire ça que de multiplier la photo du Schizo, en première page, oreilles décollées, sourcils épais, regard noir... Il m'est arrivé, à plusieurs reprises, d'être contacté par des journalistes pour "un reportage sur l'autisme". Après avoir bien expliqué que "l'Autiste dans sa Forteresse", ça n'existait pas plus que le "Schizophrène dangereux", je me suis entendu dire que mes vues étaient vraiment intéressantes, mais qu'on ferait l'émission avec un psy correspondant à ce que le public attendait... Une grande part du problème est dans cet harmonie réglée, qui s'y entend pour simplifier et "faire comprendre" la réalité complexe en la pliant aux contours d'histoires simples. A la portée d'un public toujours supposé débile léger. Et inoffensif, contrairement aux Schizos...
Ainsi augmente le monde virtuel. Et comment imaginer que dans cette virtualité galopante, Sarkozy se dresse, pour faire valoir un réalisme équitable et fraternel... Non, il fait comme tout le monde qui l'a élu : pas de prise de tête ! On va à Disney !
Les intellectuels doivent pouvoir re-parler de la réalité, qui est une chose bien trop sérieuse pour la laisser aux "réalistes". Mais pour ça, il faudrait encore que les journalistes le veuillent aussi.

Et ben dit donc ca en fait du monde, "dépouillé les pauvres de leurs économies, trompé le public sur des sujets importants"!! Il était actionnaire d'un producteur de gaz, ce Dr Carrel?

Le livre de Mona Chollet Rêves de droite - Défaire l'imaginaire sarkozyste peut être consulté gratuitement en ligne ici - un petit opuscule écrit avec humour, ce qui ne gâche rien :
http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_ar...

Quand Pearl S. Buck écrivait que le degré de civilisation d'une société se mesure à la façon dont elle traite ceux qui sont sans défense, elle faisait référence aux personnes âgées. Winston Churchill y a ajouté les prisonniers. Il me semble qu'on peut l'entendre au sens large, "schizophrènes" compris. A l'heure où fous, enfants, prisonniers, malades et vieux sont pris pour cible, "notre" civilisation me semble en piteux état.

La liste n'est pas close, tout le monde semble avoir oublié les non-conformistes accusés d'ultra-gauche, surveillés et contrôlés par des centaines et des centaines de policiers, puis arrêtés, sans aucune preuve et maintenus en prison, pour délit d'opinions non conformes !
C'est pas mal non plus ?
La raison fondamentale est que nous sommes gouvernés par des flics; on les a élus parce qu'ils avaient affolé le pseudo petit bourgeois prostré derrière son écran géant…
Voilà, il va falloir assumer, ça ne va retomber que sur le nez des marginaux, des contestataires… Va falloir que ça retombe aussi sur le nez des imbéciles, des cardiaques, des intellectuels, des automobilistes… Alors bonne année à tous !

Ah ben moi j'en étais resté à Jacques Brel: "C'est à la minceur des épluchures que l'on voit la grandeur des Nations". Dans "Au suivant". Sûrement mon côté nationaliste.

Et les complotistes, cher Phylloscopus, les complotistes! Il paraît qu'il y en a par ici. Mais j'y crois pas. Par contre, saviez-vous que selon des documents secrets découverts sous le pot de chambre de Reagan on pense que....

Cet "humour" est insupportable, ignoble.

Art Monika... c'est une facilité... il n'est pas question de réduire ce personnage à une identité pathologique. Il se situe plutôt du côté d'un narcissisme débridé dont nous savons qu'il peut conduire à l'élimination de ce (ux) qui trouble son reflet. Le narcissisme (peut) rend (re) fou, il tend à brouiller la conscience et les actes qui en procèdent.
Pour ce qui nous concerne, nos paroles sont sans importance et sans portée. Nous ne détenons aucun pouvoir. Nous disposons de la liberté d'écrire sans censure et cela ne change rien à la réalité.

Pour travailler régulièrement avec des personnes vulnérables, dont certaines souffrent de schizophrénie, au-delà de l'indécente stigmatisation que l'on nous propose ( les habituels raccourcis de ces journalistes (?) me laissent toujours stupéfait par l'ignorance des sujets traités),
je m'interroge beaucoup plus prosaîquemeent sur la prise en charge au quotidien des patients par l'institution psychiatrique française qui me paraît, pour la pratiquer souvent, en total déshérence, sans projet cohérent, sans capacité à travailler avec l'extérieur, soumise aux diktats de quelques médecins chef-de-service aussi abscons que lâches ( pas tous : je vous rassure..) quand il s'agit de proposer un projet de vie ancré dans la réalité de la vie qui existe hors les frontières de la ville-hôpital ;
la tâche est lourde et elle concerne l'entier corps social.
Je ne parlerai pas des 2 personnes décédées cette dernière année, victimes de passages à l'acte de malades locaux connus et reconnus dangereux, dans cette charmante ville du sud-finistère où j'ai le bonheur d'habiter. En effet ces évènements aussi funestes soient-ils, n'ont pas suscité un tel pataquès dans la presse locale, plus soucieuse de ne pas trop ébruiter pour ne pas susciter l'inutile peur, qui comme on le sait n'exclue pas le danger.

Pour travailler régulièrement avec des personnes vulnérables, dont certaines souffrent de schizophrénie, au-delà de l'indécente stigmatisation que l'on nous propose ( les habituels raccourcis de ces journalistes (?) me laissent toujours stupéfait par l'ignorance des sujets traités),
je m'interroge beaucoup plus prosaîquemeent sur la prise en charge au quotidien des patients par l'institution psychiatrique française qui me paraît, pour la pratiquer souvent, en total déshérence, sans projet cohérent, sans capacité à travailler avec l'extérieur, soumise aux diktats de quelques médecins chef-de-service aussi abscons que lâches ( pas tous : je vous rassure..) quand il s'agit de proposer un projet de vie ancré dans la réalité de la vie qui existe hors les frontières de la ville-hôpital ;
la tâche est lourde et elle concerne l'entier corps social.
Je ne parlerai pas des 2 personnes décédées cette dernière année, victimes de passages à l'acte de malades locaux connus et reconnus dangereux, dans cette charmante ville du sud-finistère où j'ai le bonheur d'habiter. En effet ces évènements aussi funestes soient-ils, n'ont pas suscité un tel pataquès dans la presse locale, plus soucieuse de ne pas trop ébruiter pour ne pas susciter l'inutile peur, qui comme on le sait n'exclue pas le danger.

@ jfcoffin,
Précisément, c'est ce genre de "facilité" qui fait l'objet, à juste titre, de ce billet. Si nous nous mettons à utiliser le même vocabulaire...
Alors, comme le préconise Art Monika, balayons aussi devant notre porte. Car, d'accord avec elle, je pense, au contraire de vous, que nos paroles ont de l'importance et de la portée et que nous en sommes responsables puisque nous représentons précisément en notre métier, nous les psys - en tout cas les psychanalystes -, les pouvoirs de la parole en ce qu'elle peut changer la réalité de ceux que nous recevons : aussi bien dans le sens de soutenir la parole et les silences de nos patients dans leur effort de désaliénation de certaines paroles reçues sous le poids desquelles ils sont restés en souffrance, que d'être responsables de celles que nous prononçons ou ne prononçons pas dans l'accompagnement que nous proposons à nos patients. Un exercice pas toujours facile bien sûr et qui peut en laisser plus d'un insatisfait, y compris parfois nous-mêmes, un exercice qui ne va pas sans une ascèse consistant à remettre encore et encore l'ouvrage sur le métier car parler et écrire ne sont pas exercices si simples.

Bonsoir,
Je vais paraître idiote, mais ça ne fais rien, je me lance :
Est-ce que quelqu'un peut me donner, une définition "soft" de la schizophrénie ?
Je n'arrive pas à mettre un sens sur ce terme. Est-ce grave, docteur ? ;)))
Marie Paule.

Bonsoir marie93,
Je ne sais pas ce que vous appelez une définition 'soft'. La shizophrénie, c'est une chose, les schizophrènes, autre chose : ils ne le sont pas tous de la même façon.


Antonin Artaud écrivait :
Qui suis-je?
D'où je viens?
Je suis Antonin Artaud
et que je le dise
comme je sais le dire
immédiatement
vous verrez mon corps actuel
voler en éclats
et se ramasser
sous dix mille aspects
notoires
un corps neuf
où vous ne pourrez
plus jamais
m'oublier.

http://www.antoninartaud.org/


Et ici, vous pouvez visionner un très beau film de Germaine Dulac, auquel Artaud a participé :
http://www.ubu.com/film/dulac_coquille.html

Merci Joha de vos liens,
J'ai visionné le film, et la première chose que j'ai remarquée, c' est une personne complètement brisée, en de nombreux morceaux qu'on ne peut hélas, assembler.
J ai noté le passage d'une chose à l'autre sans aucun lien apparent.
Peut être des délires, des choses et faits non rationnels. Des envies très fortes de tout détruire.
Je vais re-visionner ce film, plus tard et d autres faits m apparaîtront surement.
J espere que je suis sur la bonne explication
Merci et bonne année à tous,
Marie Paule

On peut répondre comme vous le faites, Joha, en renvoyant à l'expérience même d'un certain schizophrène. Mais comme vous dites: ils ne le sont pas tous de la même façon. Il suffit d'avancer une définition pour provoquer le surgissement d'une autre, et ainsi de suite. Mais je trouve bien d’essayer quand même, de répondre.
Allons-y !

La schizophrénie pourrait se dire comme la grande difficulté, pour un sujet, de jouer le jeu de l'identité. C'est à dire être "soi", capable d'accueillir les évènements, les modifications de l'entourage, en s’y accordant, en se modifiant, sans perdre pour autant le contact avec son mode d’être originaire et original. C’est cette performance -la maîtrise d'une inauthenticité acceptée - que nous accomplissons sans cesse pour ne pas devenir schizophrène.
Echouer à ce jeu là condamne l’être à une lutte pour exister « quand même ». Toutefois, la conscience de l’inauthenticité de l’être, est alors vécue par le sujet schizophrène de manière lucide et dramatique. Cette situation critique n'a pas d'autre issue (pour échapper à la défaite de son être) que l’adoption rigide de postures ou de personnalités d’emprunt, qui ne sont pas immédiatement compréhensibles par un sujet normal, ou « normopathe ».
..
Bien sûr on peut élaborer autrement, avec les concepts analytiques…

Les réponses de Joha et Alain sont sensibles. Mais si la schizophrénie, la psychose sont des concepts opératoires dans la pratique psychiatrique et la pratique psychanalytique, cette dernière enseigne que tout diagnostic n'est qu'un passage dans le travail du psychanalyste. Puis peu importe ce "diagnostic", c'est la singularité de chaque sujet, chaque manière d'être-au monde qui importe.
Alors, en ce sens, la formule de Liliane, plus haut, "désigner, c'est exclure"peut devenir juste. Si une personne se définit comme schizophrène dans ses relations sociales, il importe de savoir ce que cette personne-là, à ce moment-là de sa vie, veut signifier aux autres.
Mais ce terme est un terme issu d'une tradition clinique médicale qui utilisé à tout-va deviendrait uniquement normatif. Pour bien des personnes qui vivent dans un monde délirant, il leur semble préférable de ne pas en parler, hors situation thérapeutique; dans ce cas fréquent, ce sont d'autres mots qui viendront définir cette personne dans son milieu social.

Artaud, immense écrivain -avant tout -, a justement "assemblé les morceaux" de ses expériences, et cette expérience il la -pense- et il la raconte - avec génie- dans son texte intitulé :
"La conférence du vieux colombier- Artaud-Momo, tête à tête ".
.
Vancouver

Merci Vancouver, Je vais profiter pour lire et "essayer" de comprendre.

Je profite de ma réponse à Vancouver, pour vous raconter ce qui m est arrivé, il y a environ 18ans, alors que j arrivais de la province.
J ai rencontre une jeune femme et nous avons fait connaissance. Elle m' a dit qu'elle ne travaillait pas, parce qu'elle était schizophrène. Je l'ai regardée éberluée, car j avais devant moi un mystère : cette personne me paraissait normale, nous avions en commun la passion des animaux entre autres, je n avais rien remarqué, sinon qu'elle était parfois "dans la lune" "perdue dans ses idées", mais rien de plus.
J'ai été invitée à un goûter de l'UNAFAM et là, j'ai rencontre d 'autres personnes qui elles aussi étaient "malades"
Plus tard, je suis sortie avec eux boire un pot. Et je n'ai rien remarqué de dangereux. Ils avaient presque tous fait de très hautes études : doctorat, IEP, maitrise ... Quelques mois plus tard, je suis allée en voir un à la clinique et je n ai pas compris pourquoi il était là. Bien sur, je n'ai pas posé de questions.
Je les ai trouvés un peu dans la lune, à suivre leurs idées, mais rien qui puisse faire penser qu'ils étaient malades . ce sont eux-mêmes qui me l'ont dit.
C est le pourquoi de ma question. Qu'aurais-je du remarquer de plus ?
Merci à tous pour votre aide et vos réponses qui m'apportent une aide précieuse.
Marie Paule.

Chers jccoffin et Joha1008,
Effectivement, il nous faut éviter les effets sémantiques, stylistiques ou rhétoriques qui utilisent les armes de la discrimination, comme le fait de façon évidente Sarkozy.
Notre force réside dans cette rigueur sans concessions avec nous-mêmes.
C'est pourquoi j'ai cassé les pieds d'Edwy Plenel quand il a utilisé le terme d'hémiplégie pour désigner un aveuglement politique.
On ne peut critiquer des processus politiques en utilisant des notions venues de la clinique, qui s'appliquent à des sujets en situation de souffrance et de handicap !.
A mes yeux, c'est une "facilité" inacceptable au plan sémantique et éthique sur Mediapart.
Bien cordialement ... avec le balai devant toutes nos portes ;o)

Votre commentaire est très appréciable, mais pas commode d'y répondre. Celà dit, vous ne demandez pas formellement qu'on y réponde. Toutefois, si ce que vous dîtes des médecins chefs abscons est formellement exact, on devrait en déduire que leur crédibilité est faible, et leur capacité à exiger des changements, à peine moins faible. Pas drôle ça !

oui à Etoile 66 "les Français sont seuls" Pourtant quelque soit notre profession, nous nous retrouvons tous au final avec non seulement des problèmes de pouvoir d'achat, de logement,
de chômage,..... mais aussi avec un mépris comme jamais un autre gouvernement, de droite ou de gauche nous avait attribué et qu'il va falloir réagir trés vite TOUS ENSEMBLE contre ce sarkozysme qui est entrain de nous anesthésier, à commencer par les journalistes. Bien sur des personnes malades ça existent, mais attention de ne pas coller des "étiquettes médicales" , avant de savoir, et même de connaître l'exactitude des qualificatifs employés. De quelles étiquettes pourrions définir notre président, nos banquiers et tous ceux qui ont participé en toute connaissance de cause à la crise
financière qui va être lourde de conséquences et dont aucun économiste n'en connaît la durée.
Si les journalistes étaient plus à l'écoute dans les rues de ce qu'il se dit et "de ce qu'il ne se dit pas entre
les lignes" oui je pense qu'il y a du souci à se faire pour l'année 2009. Pour travailler dans un commerce
où d'habitude les clients ne font que trés exceptionnellement état de leurs inquiétudes sur des décisions gouvernementales, concernant l'avenir pour l'année 2009 et plus, je suis tous les jours interpellée au moins une fois sur la situation politique de notre pays, mais aussi sur le plan mondial,
et parlent de plus en plus de leurs en fants ou petits enfants.
Je ne sais comment tout cela finira, mais je pense que les journalistes vont avoir un travail d'information
extrêmement honnête, à nous dire les vérités et donc faire preuve de courage face à un sarkozy qui
peut les casser à tout moment, car l'orage gronde en sourdine mais il gronde. Les Français vont-ils
accepter jusqu'en 2012 d'être aussi peu respectés, d'être traités avec autant de mépris et d'arogance , à
cette autorité qui veut nous empêcher de penser, réfléchir, à anéantir notre intelligence
Que vont nous offrir les programmes de télévision jusqu'en 2012 pour nous faire oublier quelques
heures par jour "l'Etat sarkozyste"?

Dans mon commentaire à Vancouver, je racontais ce qui m’était arrivé , il y a de nombreuses années et que je n’avais pas remarqué , que les personnes avec qui , je conversais, visitais les musées, faisaient des ballades, … étaient malades gravement.
C’est donc une maladie qui peut passer inaperçue pour une personne non initiée. A part leur regard dans le vide.
Ils étaient 5 , dont trois avaient fait de très hautes études.
Je me souviens que je suis allée à Senlis avec l’un d’entre eux, et nous avons visité la ville. Il était intarissable sur cette ville, ses monuments, son histoire… ; il m’a raconté tellement de choses que je n’ai rien retenu pour ainsi dire.
Il me semble que le fait d’être tombé malade après ses études, le cas devrait être moins grave que s’il avait été jeune ?
Je me souviens aussi, que lors d’une promenade, il nous a demandé de le laisser seul, « qu’il avait des choses à réfléchir » sans dire lesquelles. Le reste de l’après-midi, nous l’avons passé entre nous. Il nous a raccompagnés jusqu’à une station de métro, sans dire un mot, nous respections son silence . C’était lui qui conduisait. Quelques jours plus tard, la crise était passée.
J’imagine assez mal ces personnes dangereuses pour les autres, pour elles même peut-être.
Et là, j’en reviens aux mesures sécuritaires de Sarkosy, ce serait une véritable catastrophe. Ils étaient libres, il y en avait même un qui faisait des recherches d’emploi .
Toutes les personnes dont je parle, ont des relations très proches avec leur mère. Mais quand la famille ne sera plus là, que vont-elles devenir ? Dans les hospices de vieillards avec la camisole de force ? Comme j’en ai déjà vu il y a une quarantaine d’années ?
C’est une fin impensable.
Merci à tous pour vos précédentes réponses.et pour celles à venir,
Marie Paule.

Dommage que personne n'ait saisi l'occasion de dire qu'avec ce témoignage, tous les schizophrènes ne sont pas dangereux, lorsqu'ils sont bien suivis médicalement.
Je crois que c'était un bon exemple ?
Marie Paule.

Mais oui, vous l'avez dit marie93, votre exemple était pertinent : 'tous les schizophrènes ne sont pas dangereux'.
Je dirais même plus : les schizophrènes ne sont pas plus dangereux que les autres êtres humains, et même moins car ils peinent à faire 'foule' derrière un leader comme certains peuples l'ont fait en certaines périodes.
Vous dites 's'ils sont bien suivis médicalement'. Là, je serais plus nuancée car les psychiatres ne sont pas tous d'accord sur le 'bien suivi'.
Plutôt que de 'bien suivi', je préfère interroger la place qu'une société accorde à la folie qui gîte en son sein, soit au sein de chacun sous la forme des pulsions - quel destin pour les pulsions qui nous agitent intimement, comment humaniser ces pulsions autrement que par la mort en direct ? Comment notre société accueille-t-elle les 'bizarres' et ceux qui défaillent par moments après avoir souvent longuement lutté pour ne pas tomber ?
Car il n'y a pas que les schizophrènes, il y aussi les paranoïaques, les mélancoliques, les maniaques, les pervers, etc etc etc - et j'insiste, il y aussi les 'normaux' et les enfers quotidiens que ceux-ci infligent parfois aux autres et à eux-mêmes au nom du Souverain Bien.
Reste donc que nous manquons de places pour accueillir dignement et accompagner, sans attentes exagérées à leur égard, ceux qui ont parfois rompu les amarres avec le 'sens'... et qui continuent cependant à chercher à construire, voire à reconstruire, un sens à leur vie, après en avoir parfois - pas plus que d'autres - transgressé les lois fondamentales.

Merci Joha pour votre réponse. Je veux simplement rajouter que je ne suis pas du metier et que je connais que bien peu la psychiatrie, si ce n'est cette expérience que j'ai eu et qui m'a appris que même s'il y avait des choses incompréhensible parfois pour moi, je n'en ai ressenti aucune peur et surtout pas celles que Sarko veut nous amener à croire. D'ailleurs, je les ai toujours considérées comme des personnes comme les autres et non comme des "malades". Merci.
Marie Paule.

Oui, Pascal B., une telle phrase est inadmissible.

Vous dites que vous les avez toujours considérés comme des personnes et non comme des malades. Mais vous savez, Marie, les malades SONT des personnes comme les autres... On ne peut pas faire des catégories dans ce genre-là.
Cordialement.
AG

Merci Alain Gillis de me reprendre. Je suis parfois maladroite dans ce que j'écris.
Marie Paule.

Il y a effectivement un problème concernant l'usage des diagnostics.
Faire un diagnostic de psychose ou de névrose, par exemple, est utile à notre pratique de psys car nous n'intervenons pas de la même façon auprès des consultant(e)s. Mais on oublie souvent de dire qu'il y a aussi un autre usage du 'diagnostic', c'est ce que j'appelle 'diagnostic de vie' : par exemple, quelle est la question que le consultant rencontre à ce moment-là de sa vie ? comment répond-il à cette question ? comment ses questions et ses réponses évoluent-elles ? à quelle place le consultant m'invite-t-il ? comment vais-je y répondre ? En ce sens-là, le diagnostic est un exercice auquel le consultant participe.
'Diagnostic', ce mot vient du grec - dia /gnosis - et concerne l'exercice du discernement. Pour quel usage ? Si c'est pour établir des classes, mettre des étiquettes, je n'appelle pas cela diagnostic mais classification, étiquetage. Ces classifications relèvent davantage de l'épidémiologie et de l'administration des populations que de mon travail quotidien.
A noter toutefois qu'à notre époque, certains consultants se saisissent parfois des termes de classifications pour s'en faire une identité : cela soutient parfois paradoxalement leur insertion sociale, ils font alors partie de groupes de 'malades de...' et organisent leur existence ainsi - il y a les a les 'alcooliques anonymes' par exemple, les 'hyperkinétiques', les 'autistes', les 'familles de...', etc etc. On peut critiquer si l'on veut mais c'est un fait que cela existe et nous pose des problèmes particuliers. Il y a donc une interaction des individus avec les classifications - à ce sujet, on peut lire Ian Hacking, professeur au Collège de France et particulièrement son cours Façonner les gens
http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/historique/ia...

Tout le monde avait bien compris que c'est ce que vous vouliez dire
(même si AG n'a pas tout-à-fait tort de faire l'effort de précision).


Rien à voir avec ça, mais ça me rappelle une scène charmante, vécue, avec un petit de trois ans, qui à une nouvelle amie de son grand frère, une Noire, affirmait en toute innocence que "non, tu n'es pas noire" pendant que nous évoquions le sujet des discriminations dont les Noirs se sentent parfois victimes.
Bien entendu, ce qu'il voulait dire était "non, tu n'est pas Différente".


Chère Marie-Paule,
en espérant vous avoir rendu vos Trois ans, ne serait-ce qu'une seconde, c'est en tous cas ce que je vous souhaite, comme je le souhaiterais à moi-même?

Merci Axel :)
Marie Paule.

Oui,je comprends bien Joha, J'ai fait l'erreur de mettre une étiquette qui avait été donnée à mes amis de cette lointaine époque.
Je comprends que je n'aurais pas du. Mais c'est par ses erreurs que l'on apprend.
Comme je n'ai pas de connaissances spéciales pour en discuter, je vais donc les appeler tout simplement Mes Amis.Merci de m'avoir fait comprendre tout çà.
Marie Paule.