Presse: les sociétés de journalistes contre les états généraux

Mediapart reproduit ci-dessous un communiqué daté du 16 octobre du Forum des sociétés de journalistes.

 

Ce Forum représente les rédactions de l'AFP, L'Alsace, Courrier Cadres, Les Echos, Elle, L'Equipe, L'Etudiant, L'Express, Le Figaro, l'Humanité, I-Télé, Le Journal du Dimanche, Libération, Livres Hebdo, Marianne, Midi libre, Le Monde, Le Monde interactif, Le Nouvel Observateur, Paris Match, Le Point, Radio France, Radio France internationale, Sciences et Avenir, Télérama, La Tribune, La Vie:

 

«Le Forum des Sociétés de journalistes (FSDJ) a décidé de ne pas participer aux états généraux de la presse. N'obtenir que péniblement de siéger dans deux des quatre groupes de travail constitués et, surtout, être écarté, sans motif crédible, de la réflexion commune par le président de la commission chargée de se pencher sur l'évolution des métiers du journalisme, est inacceptable.

 

C'est mépriser l'ensemble des journalistes et des rédactions que le Forum représente, c'est mépriser les lecteurs, eux-mêmes oubliés de ces états généraux, en évitant d'aborder les débats qui taraudent le secteur : en premier lieu desquels la qualité de l'information, nécessairement liée à l'indépendance des rédactions, raison d'être du Forum depuis sa création en 2003.

 

Autre raison majeure de sa non participation, le Forum des SDJ déplore l'opacité qui entoure la préparation de ces soi-disant « états généraux ». Le choix, la constitution et la légitimité des groupes de travail posent question. Les tables rondes qui se tiennent au ministère de la culture, supervisés par l'Elysée, s'engagent curieusement ce jeudi 16 octobre sous le sceau du secret. La presse d'information générale mérite mieux que cela.

 

Le Forum des SDJ continuera d'accompagner tous ceux qui - public, éditeurs, journalistes, associations -, depuis des mois ou des années, réfléchissent aux moyens d'améliorer la qualité de l'information, bien public protégé par la Constitution, alors que la presse subit des mutations économiques et technologiques sans précédent.»

Bravo!
Faut maintenant:
1.Faire publier ce texte en encadré à la une des journaux,
2.Faire des propositions écrites du traitement de la crise de la presse par cette FSDJ
3.Créer un site de soutien des lecteurs pour une pétition allant dans le sens du soutien au texte de la FSDJ.

Eh ben on est bien!!!
La façon dont le pouvoir s'empare des médias pour
les "sortir de la crise" est une preuve supplémentaire de la nécessité
d'avoir de vrais journalistes...
C'est finalement rafraîchissant.
Si certains doutaient encore de la vraie nature des "Etats généraux",
j'espère que ce communiqué leur ouvre les yeux.

Enfin un traquenard tendu par Sarko qui fait long feu. Ce n'a pas été le cas, par exemple, de la suppression de la pub dans le service public la la télé. En tout cas, pas encore.

Comme M Philips, j' espère que les journaux qui se révoltent vont bien éclairer leus lecteurs.
Médiapart peut-il nous expliquer les conséquences du boycott de ces états généraux par certains journaux?
Est-ce que leur "travail" pourra s' effectuer et donner lieu à des décisions malgré les absents?
Dans ce cas, que peuvent faire les citoyens, qui je le suppose, sont en majorité contre?
Est-ce qu' avec les nouvelles dispositions constitutionnelles, ils pourraient provoquer un référendum?

Attention, Josie et M. Philips, il ne 'agit pas de "certains journaux" mais de "la rédaction de certains journaux" (donc les journalistes). Les patrons de presse, eux , ne boycottent pas du tout, bien au contraire ! Voir:
http://www.mediapart.fr/node/25401

Je ne sais pas si le boycott est la bonne solution.
Par contre je suis sûr qu'il faudrait pouvoir exiger que ces points de vue exprimés par et sur Médiapart.fr par vous tous, nous tous, puissent être exposés aussi aux auditeurs des EGP. Coûte que coûte.
Pour avoir participé activement durant les années 90 à plusieurs combats "syndicaux" pour le statut fiscal des journalistes - ou pour de meilleurs salaires, au choix - ou pour la reconnaissance du droit d'auteur, du droit à la formation, je crois qu'avec davantage de cohésion nous pouvons regagner du terrain. La vraie question est : que reste-t-il comme moyens aux français pour s'acheter une info de qualité, indépendante de la publicité si possible, et qui corresponde à leurs légitimes attentes citoyennes!