Pourquoi je me suis engagé dans l'écologie politique
Au moment où nous voyons les effets dévastateurs de notre économie libérale et de la promotion du caprice mondialisé... quand nous apprenons que la faim dans le monde touche maintenant un milliard d'individus... quand beaucoup de Français désespèrent de la politique... l'écologie politique m'apparaît comme une véritable alternative et, pour tout dire, la seule crédible aujourd'hui.
- L'écologie politique est
fondée, à mes yeux, sur deux principes inséparables :
1) la crise écologique impose de tout mettre en œuvre d'urgence pour sauver notre monde et ceux qui l'habitent,
2) cette entreprise ne pourra être menée à bien qu'en activant tous les réseaux possibles de solidarité entre les humains et cela à tous les niveaux, de la dimension d'un immeuble à celle de la planète, en passant par le quartier, la ville, la région, etc.
Ces deux principes sont inséparables et doivent être tenus ensemble. Parce que la seule mise en œuvre du premier peut engager des actions dans lesquelles les humains seront instrumentalisés par des « experts », ou bien la défense de l'environnement prise comme prétexte pour couvrir des stratégies politiciennes, voire habiller des opérations commerciales en manipulant simplement les émotions individuelles et collectives. Et, parce que la seule mise en œuvre du second, sans une réflexion et un travail sur le long terme, peut engager des actions « productivistes » qui mettront en péril l'avenir même de notre monde. L'écologie politique traite donc simultanément l'urgence écologique et l'urgence sociale. Et elle considère que c'est le seul moyen de faire face à l'une et à l'autre.
- En repensant le politique à partir de ces deux principes, l'écologie politique assume l'héritage de toutes celles et de tous ceux qui ont lutté pour l'émancipation des hommes et des femmes, et propose une critique radicale du mode de production actuel.
L'écologie politique assume, en effet, l'héritage républicain de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Elle s'inscrit aussi dans le prolongement du mouvement ouvrier et de l'aspiration à la justice sociale. Elle ressaisit les lignes de force des grandes utopies sociales en les dégageant, tout à la fois, d'un spontanéisme naïf et d'on formalisme fixiste. Elle se nourrit, évidemment, de l'expérience du mouvement coopératif... Mais, en même temps, l'écologie politique remet radicalement en question le modèle productiviste fondé sur la domination de l'homme sur la nature. Elle refuse la maximalisation des rendements, le primat de la consommation, le gaspillage énergétique et l'assujettissement de l'économie aux produits financiers. Elle promeut une conversion économique impliquant le passage à des formes équilibrées de rapport avec la nature, les circuits courts, les échanges équitables, la mutualisation des ressources, l'articulation entre la production et la formation, la promotion de formes nouvelles de « travail » où toutes les initiatives participant au « bien commun » doivent être valorisées.
- En effet, l'écologie politique se donne pour objectif de mettre le « bien commun » au centre de toute réflexion et action politiques.
En cela, l'écologie politique se démarque, d'abord, avec une conception traditionnelle de l'intérêt collectif, souvent limité, malheureusement, à « l'intérêt d'un collectif », d'un groupe donné qui ignore qu'il s'inscrit dans un ensemble plus vaste dont il est solidaire. C'est pourquoi l'écologie politique fait de la solidarité entre les peuples et du rétablissement des équilibres entre les pays du Nord et les pays du Sud des axes consubstantiels de son engagement. Mais, l'écologie politique rompt aussi avec l'idée que le « bien commun » serait défini à l'avance par des dogmes ou détenu par des hommes qui auraient vocation à l'imposer. Elle récuse toute conception théologique de la vérité, qui réduit le débat politique à des conflits de chapelles. Elle refuse de poser une quelconque autre condition à l'engagement dans son mouvement que les deux principes sur lesquels elle est fondée. Et elle appelle ceux et celles qui partagent ces principes à travailler ensemble pour élaborer des scénarios d'avenir et les soumettre à tous les citoyens. Dans ce cadre, elle ne refuse nullement les conflits dès lors qu'ils permettent de pointer les dérives, de circonscrire les espaces d'intervention possibles et de réajuster en permanence les actions. Elle fait le pari que toute tension, toute contradiction peuvent être dépassée par des propositions où chacune et chacun se retrouvent et qui permettent à toutes et tous de « sortir par le haut ».
- Parce qu'elle place « le bien commun » au centre de la réflexion et de l'action politiques, l'écologie politique promeut une approche globale des phénomènes.
En effet, le « bien commun » ne peut être approché sans mettre en relation tous les domaines, envisager toutes les dimensions des problèmes et chercher en quoi chaque élément occupe dans l'écosystème une place qui lui permet d'intervenir sur tous les autres. Contre les approches bureaucratiques segmentées, l'écologie politique engage des approches résolument pluridisciplinaires et ouvertes. Elle n'isole pas des segments du réel pour agir séparément sur chacun d'entre eux, au mépris des effets que cela pourrait produire sur l'ensemble. Elle récuse l'opposition factice entre « l'environnement » et « le centre », « le contenant » et « le contenu », les méthodes et les objectifs, etc. Parce que tout interagit sur tout, elle se donne les moyens de penser chaque élément en relation avec l'ensemble.
- Ainsi conçue, l'écologie politique apparaît comme une manière de rebattre complètement les cartes du jeu politique traditionnel et de renverser la crise que nous traversons en une chance pour le monde, pour les hommes et pour la démocratie.
Car il s'agit bien de prendre le contre-pied de tout ce qui compromet le « monde commun », sans lequel aucun « bien commun » n'est possible. Il s'agit aussi de lutter contre toutes les formes d'individualisme qui séparent les êtres humains, exaspèrent les intérêts particuliers, nous enferment dans le court terme. Il s'agit de permettre à tous les hommes et à toutes les femmes d'avoir prise ensemble et solidairement sur leur destin. Ainsi, en privilégiant, dans chaque territoire, la mutualisation, les circuits courts, les démarches coopératives et l'économie sociale, l'écologie politique peut créer les conditions d'un développement harmonieux. En intégrant, à chaque niveau de décision, les conséquences à distance et à long terme de toutes nos décisions, l'écologie politique peut permettre qu'aucun développement ne se fasse au détriment de quiconque. En plaçant les femmes et les hommes en position d'acteurs de leur vie commune, elle crée les conditions d'un sursaut démocratique plus que jamais nécessaire.
Philippe Meirieu







Pas de chance pour l'écologie...
Au contraire, Alcyme. Décidément, nous ne serons jamais d'accord
Philippe Meirieu, je suis heureux que vous vous portiez candidat dans cette région et j'espère que le réseau EE et les Verts vous choisiront pour porter les couleurs de l'écologie politique.
Bien à vous.
Bonjour,
J'ai beaucoup aimé vos billets, notamment "Pourquoi il fallait faire La journée de la jupe", sur votre blog.
Là, je vous cite : "quand beaucoup
de Français désespèrent de la politique... l'écologie politique
m'apparaît comme une véritable alternative et, pour tout dire, la
seule crédible aujourd'hui."
Cela me pose question. Dans quel sens entendez vous le mot "crédible" : Qui puisse être crue ? Faut-il croire en la politique pour en faire ?
Cordialement,
Voilà bien quarante ans que j'entends et que je lis la presse écologiste, mais je reste toujours un peu sur ma faim, puisque qu'on veut agir sur tous les fronts sociaux et naturels, s'affilier les revendications sociales et celles des naturalistes de terrain, les revendications actuelles et celles des générations futures… voir encore aujourd'hui Le Monde Diplomatique, qui reste sur la même ligne. Je soupçonne que la pensée écologique nécessite une dénonciation franche de la société actuelle; elle ne peut pas souhaiter l'accession du monde entier aux supermarchés, à la pub., à l'automobile, au nucléaire et à la télé.… Donc cette dénonciation de "la Société du Spectacle"(G.DEBORD), pas seulement comme objectif inaccessible, mais comme condamné à terme car il faudra bien en sortir de gré ou, à terme, de force : Les prolétaires ne feront de l'écologie en 4x4, dans la nature ou sur les parkings des supermarchés vendants des produits bio.…dont les organisateurs pourraient être la grande économie internationale.
Je trouve que ça manque cette dénonciation.
Bonjour,
On peut être en accord avec les écrits des Verts
(composante majeure d'Europe Ecologie). Il me semble même qu'ils
sont dans ce qu'il faudrait arriver à faire.
Malheureusement, beaucoup de Verts semblent oublier ou méconnaître
leurs propres textes fondamentaux.
Une fois au pouvoir, ils n'ont pas montré véritablement, pour la
plupart (il y a des exceptions comme le sénateur Jacques Muller ou
Gilles Lemaire – qui l'a payé cher-), une autre manière de faire
la politique.
En 1999, Dominique Voynet écrivait(1): "Depuis
1997 [...] les Verts ont l'occasion - et l'obligation! - de démontrer
qu'ils ne sont pas seulement des empêcheurs de "gérer en rond"
ou un sympathique la boratoire d'idées, mais bien une force
politique apte à participer à la mise en oeuvre des politiques
publiques pour transformer la société, et même, à terme, conduire
à cette transformation."
Force est de constater que les Verts ont échoué, et qu'ils
ont au contraire montré qu'ils étaient bien une "force
politique" comme les autres, apte une fois en situation de gérer
les dossiers, à avaler des couleuvres, et oublier leurs idées
généreuses.
Aussi, si je peux me retrouver dans certains écrits des Verts,
comme vous les résumez très bien Monsieur Meirieu, je ne peux faire
confiance à leurs pratiques. D'autant plus qu'ils seront liés au
Parti Socialiste, dont les pratiques et même les écrits sont en
contradiction avec ce que prônent les Verts.
Je me retrouve plus dans ce qu'essaient de faire les Alternatifs(2)
ou la Fédération(3). Mais il est vrai qu'on ne peut savoir
ce qu'ils feront, une fois "au pouvoir", étant donné que
ce n'est encore jamais arrivé. J'ai toutefois plus envie de
m'engager avec eux qu'avec les Verts d'aujourd'hui...
Notes:
1:Dans "le nouveau Livre des Verts" éditions
du Félin, mai 1999, page 11.
2: Les Alternatifs
3: La Fédération
pour une Alternative Sociale et Écologique
Il n'y a plus qu a expliquer a nos concitoyens que leur empreinte ecologique est telle que, meme pour un "modeste" menage ouvrier, c'est encore non seulement non soutenable mais en plus tellement plus que ce dont peut rever le menage de base du Laos ou du Tchad.
Ca ne va pas etre facile !
Des mots, des mots. Sur le passé, le bilan de D.Voynet, en particulier concernant la fameuse marée noire, est plus que pitoyable. Pour le présent, soutenir la taxe carbone de Sarkozy (qui fait payer les travailleurs et exonère les patrons pollueurs) est-ce là l'inscription d l'écologie "dans le prolongement du mouvement ouvrier et de l'aspiration à la justice sociale"? Soutenir la promotion de ces nouvelles ampoules "écologiques et économiques" qui émettent des UV, contiennent du mercure, un condensateur non recyclable et coûtent cinq fois plus cher que les précédentes, est-ce là "refuser l'assujettissement de l'économie aux produits financiers"? Voter la destruction d'une forêt pour créer un Center Parks, comme le font les Verts sur la commune de Roybon (Isère), est-ce là "promouvoir les formes nouvelles de travail où les initiatives participant au bien commun doivent être valorisées"? En réalité, il s'agit d'un discours opportuniste utilisant parfois le langage du mouvement ouvrier pour le duper, car l'essentiel est dans l'un des principes de "solidarité entre les humains, d'un immeuble à la planète,en passant par le quartier, la ville, la région". C'est à dire solidarité avec Bouygues, Bolloré et autres patrons pollueurs qui font des profits collossaux en surfant sur ce langage pseudo-écologiste.
relarif attrape-nigauds, même si l'écologie peut et devrait faire sens aujourd'hui face aux différents désordres dus à l'industrie notamment, le projet ou ambition écologiste ne dépasse rarement les élections et s'accomode assez souvent de pas mal de compromis avec ce que cette " politique " ne tente de dénoncer ou de combattre.
Merci, Monsieur MEIRIEU
vaste programme ...
Le programme est au-dessus de tout soupçon, mais comme le disent d'autres commentaires la pratique politique des Verts parle malheureusement pour eux. L'exemple de Mme Voynet, figure phare capable et coupable de tous les renoncements pour un poste de sénateur octroyé par le parti socialiste, est concluant. Et puis, M. Meirieu, pourquoi voter pour vous, convaincu si tardif et de fraîche date, autre exemple de notable venant ramasser un siège tout chaud pendant que les sans-grade continuent à faire quotidiennement le travail de fond, merci pour eux. Le choix des têtes de liste d'Europe Ecologie relève de la politique-spectacle, cela n'augure rien de bon pour la suite.
l'écologie est sans doute une belle idée, voire un idéal tout à fait respectable ...
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dès lors qu'il sagit de l'écologie pour laquelle des personnes comme pinault, besson, hulot, arthus-bertrand etc ... on le voit contribuent à mettre en place la machine idéologique, c'en est fini de l'intégrité de cet engagement ...
Croire détenir les solutions pour le bien commun de tous ...
Vieille histoire !
Au niveau des contraintes à imposer aux populations pour la réalisation d'un programme écologique les mouvements écologistes sont silencieux .
La loi ? Les taxes ? Les quotas ? Les amendes ? La prison ?
La présentation est toujours : angoisse et idéalisme .
Je reste très sceptique et plutôt contre .
@ Mr lelièvre
Je trouve que la profession de foi de M Meirieu a un coté discours comice agricole de la 3eme République un tantinet scolaire et sans idée.
a) Je cède à l'amicale pression de mes amis et point à l'ambition personnelle...etc
b) L'urgence politique et l 'urgence sociale justifient mon engagement en politique
c) L'écologie seule est une alternative crédible au capitalo libéralisme.
Les militants écologistes apprécieront ce parachutage médiatique digne du Sarkozysme le plus jacobin à sa juste valeur dont le seul but est de prendre les dernières voix enseignantes du PS .Ce dernier serait bien inspiré d'en tirer les conséquences nécessaires ...et de cesser de soutenir le corporatisme enseignant .
Le recours ,une nouvelle fois par les écologistes ,à des" people ", comme Eva joly aux européennes ,et maintenant Meirieu aux régionales démontre l'estime en laquelle Mme Duflot tient les militants Rhonalpins.
Je suis d'accord avec Alcyme. Dommage pour les Verts...
Au niveau des contraintes à imposer aux populations pour la
réalisation d'un programme écologique les mouvements écologistes sont
silencieux .
La loi ? Les taxes ? Les quotas ? Les amendes ? La prison ?
C'est effectivement ce qui arrivera si on ne construit pas ensemble un avenir écologiquement viable: une dictature écologique qui se satisfera très bien des contraintes capitalistes. Les "inclus" seront simplement encore moins nombreux qu'aujourd'hui.
Les écologistes politiques (Verts, Alternatifs, AlterEkolo,...) ont l'avantage de proposer tout de même des solutions qui respectent les libertés... Mais effectivement, un jour, il sera trop tard.
On ne pourra pas dire qu'on n'était pas prévenus.
Sarkozy et ses sbires sont tout à fait capables d'imposer l'écologie. Qui ressemblera effectivement à ce que redoute Henri Roger.
Tout à fait d'accord avec Alcyme. Dommage pour les verts !
Prendre des peoples pour ratisser large, c'est une technique éculée dans laquelle les écolos ne pouvaient pas sombrer du moins je le pensais ! Mais, la surprise est toujours au coin de chez soi.
MINABLE
Gaby et Dany ont integre la societe du spectacle , ils ne font pas des listes mais des castings,pour des gens qui donnent des lecons a tout le monde c est pathetique. Petit rappel , les elections regionales sont un scrutin local ,investir des candidats coupes du terrain est une grande idiotie.mais avec les deux malfaisants qui sont a la manoeuvre rien ne me surprend.
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du Philippe Meirieu dans le texte... C'est tellement lissé que c'en est impersonnel. A moins d'y voir une forme de novlangue ? Ou alors une réécriture de "caritas in veritate", la dernière production de Ratzinger alias Benêt 16.
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pour le fond, une sacrée tambouille, qui semble plutôt indigeste, tout du moins aux prolos.
il ne faut pas manquer d'air pour associer la théologie du "bien commun" (tout en niant habilement la référence !) -- qui interdit la lutte des classes-- et la tradition du mouvement ouvrier.
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beau début de carrière en politique à vrai dire !
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enfin, comme l'ont pensé au moins 2 "chefs de l'Etat" : la terre, elle, ne ment pas.
Ah enfin un prolo qui parle... Vous êtes un prolo certainement pour parler comme cela?
Je ne comprends pas très bien. Europe Ecologie, c'est bien des Verts ni-gauche, ni-droite, encore moins sociaux, et beaucoup plus libéraux, non ? Alors que signifient ces envolées sociales du nouveau converti ? Comment peut-on prétendre aller vers la justice sociale avec un mouvement dirigé par ceux-là mêmes qui ont voté, et défendu avec une grande énergie le traité de Lisbonne ? Petit rappel : traité de Lisbonne = moins de services publics, plus de concurence "libre et non faussée", plus de dumping fiscal, plus de dumping social ...
Un peu de sérieux !
<b>pour Olmiccia : A propos de roybon </b>
quand vous déclarez "Voter la destruction d'une forêt pour créer un Center Parks, comme le font les Verts sur la commune de Roybon (Isère)"
a quoi faites vous allusion ?
je lis sur le site des verts de l'isere (http://www.lesverts38.org/spip.php?article1809):
" ce type de tourisme ne semble pas très
approprié à quelques semaines de Copenhague et des enjeux vitaux de la
planète ... et ce même s’il crée des emplois. Il y a d’autres modes de
développement possible.
En conclusion nous dénonçons cette aide
financière importante de la collectivité publique pour un groupe côté
en bourse et pour des personnes plutôt aisées qui seront déjà
défiscalisées quand elles achèteront les cottages. De la même manière
que nous avons souvent ici débattu des aides économiques aux grosses
entreprises de l’Isère, nous refusons cette soumission des
collectivités à cette logique de mise en concurrence des territoires."
c'est curieux, cette poussée de bouton de "la gauche de la gauche" a propos de l'engagement de Philippe Mérieux...
mais c'est aussi assez symptomatique d'un discours assez figé, comme bloqué par sa "victoire" au referendum sur la constitution..
le temps s'est arrêté. Tout ralliement ne peut être que reniement,trahison et subterfuge.
longtemps l'ecologie a inspiré la sympathie. elle inspire aujourd'hui l'espoir. Pourquoi pas l'engagement ?
Je ne comprends pas très bien. Europe Ecologie, c'est bien des Verts
ni-gauche, ni-droite, encore moins sociaux, et beaucoup plus libéraux,
non ?
Euh, ben en fait pas du tout. Où avez vous été pêché cela?
Greenbox a tout compris, nous sommes en présence de sectaires incorrigibles (que personnellement j'ai quitté depuis longtemps, en 1979 en raison de ce sectarisme imbécile) qui me rappellent les débats des mouvemenst socialistes avant que Jaurès ne réussisse à fédérer les énergies et à faire émerger une unité des socialistes de l'époque qui permis un essor du mouvement socialiste bien au-delà des chapelles de l'époque (comme l'a retracé un excellent téléfilm avec Philippe Torreton). L'écologie politique est aujourd'hui en mesure de dépasser ses querelles de chappelles et bien entendu cela donne des boutons à tous les sectaires de l'écologie, mais également les sectaires de l'extrème gauche. L'enjeu est évidemment d'avoir un mouvement qui fasse au moins jeu égal avec la vielle sociale démocratie, à bout de souffle idéologiquement, nationalement mais aussi internationalement (voir par exemple le naufrage complet du parti travailliste israélien, la situation en Italie, etc).
Et qui puisse peser réellement sur les arbitrages politiques à venir. Une gauche plurielle avec un partenaire de poids qui pourra imposer de vrais arbitrages en matière écologique, mais aussi sociale (par exemple, je rappelle que EE a inscrit le principe du RMA (Revenu Maximum Autorisé) dans son programme de campagne et que les socialistes commenecent à s'y rallier.
Voir ce qu'en dit Jean Gadrey (aincien communiste, pas sectaire) sur son blog tenu à Alternatives économiques), ici :
http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2009/10/01/l...
A bon entendeur, salut.
Et bien venu à Philippe Mérieux, Laurence Vichsnievsky, Stéphane Gatignon, Robert Lion, etc.
Philippe Delvalée
Cher Philippe Meirieu,
A vous lire, on rencontre un manifeste sympathique d'engagement pour l'écologie politique que vous définissez comme La Cause.
Et oui, objectivement, du point de vue de l'humanité habituellement entendue, il ne peut y en avoir d'autre.
Face au bien commun, que vous vous engagez à défendre, que pourrait-on opposer si ce n'est l'intérêt particulier?
Et celui-là, s'il est moteur d'initiative, porte aussi la dérive par excellence vers le malheur le plus commun.
Mais voilà qui demande des précisions sur lesquelles votre manifeste passe très vite. C'est qu'il s'agit de tout le corps de l'engagement que vous vous apprêtez à vivre, et qui vous les fera exposer.
On suppose, à vous découvrir, je ne vous connaissais pas, qu'il se pourrait bien que ce soit brillament.
Pourtant d'une approche aussi globale, comment ne pas immédiatement buter sur le lisse de la proposition?
Il faut être totalement immergé dans le sentiment naïf de l'innocence, et de la bonne foi pour ne pas se sentir avoir à expliquer ce qu'est le bien commun, ou bien alors, c'est qu'on serait encore représentatif, de ces escrocs de la politique qui n'en connaissent que la partie qui les concerne.
Il suffira d'être attentif à la correspondance entre ce que vous êtes, ce que vous dites et ce que vous faites.
Les gens de bien ne demandent rien d'autre
Vous n'êtes ni condamné à la réussite, ni responsable à l'avance des échecs qui ne manqueront pas.
Mais sur le fond, merci, Monsieur Meirieu, de dire ces choses, si simples, de laisser entrevoir le pourquoi de votre engagement, et de rappeler que des hommes et des femmes comme vous, sans tambour ni trompettes, assis sur une conviction qui n'a plus à se démontrer, ont décidé de s'occuper de moi, des miens, comme de tous les autres.
Je ferais de mon côté tout ce qui sera possible pour vous y aider.
Vous avez posé ici votre engagement, je l'entends.
Nous sommes du même bord, dans la tempête, c'est l'évidence.
Peu importe qui vous entoure, et les fluctuations des convictions ou le degré de l'engagement.
Le bien commun, c'est l'affaire de tous, et c'est assez pour un programme.
Bien à vous.
Enfin… Pour une fois un projet politique global, avec des objectifs clairs et les énoncés des principes à appliquer pour réaliser ces objectifs… Ceci nous change un peu des ratiocinages habituels, qu’ils soient de droite ou de gauche. Peut-être parce que Philippe Meirieu n’est pas — du moins pas encore — un professionnel de la politique… Il suffit d’écouter les extraits de l’exposé que nous propose ci-dessus Ivan Villa pour être convaincu que Meirieu ne parle pas dans l’abstrait ; ce qu’il nous propose est le fruit d’une longue expérience de terrain à partir de laquelle il esquisse un modèle théorique possible d’évolution sociale et culturelle… À partir d’un exemple simple — celui de la suppression du travail à l’école le samedi matin — nous comprenons que le référendum et autres « votations » ne peuvent être les garants d’un fonctionnement démocratique… ils peuvent même servir de « couverture » à un autocratisme masqué et de fait très difficile à combattre… Il suffit d'observer l'actuel gouvernement de la France… et d'autres aussi d'ailleurs!
De mon côté, serais donc très heureux que l’expérience sociale et la finesse d’analyse de Philippe Mérieu soient mises au service du politique. Ce que je comprends mal, en revanche, ce sont ces avalanches de réticences, de critiques souvent incompréhensibles et à mon sens injustifiables, vis-à-vis de l’adoption du terme « écologie » associé à politique et de l'adhésion d'un éducateur de renom à un mouvement d'écologie politique.
Sans doute y a-t-il une évidente parenté entre les mouvements écologiques actuels et leurs représentants d’une part et les implications de Meirieu de l’autre. Il me semble cependant que celui-ci se situe à un niveau beaucoup plus général qui englobe, dans un ensemble, les niveaux ou secteurs de préoccupations des militants dit écologistes. Ceux-ci se veulent «opérationnels» par rapport à des dysfonctionnements dans la réalité, alors que Meirieu — dans son article — partant de cette réalité, tente de comprendre un agencement de systèmes en interaction…
Je suis donc allé à la recherche du sens du terme écologie et voici ce que j’ai trouvé :
« Le mot écologie a été utilisé pour la première fois en 1866 par le biologiste Ernst Haeckel. Ernst Haeckel définit l’écologie comme «la science des relations des organismes avec le monde environnant ». L’écologie au sens large est donc la science qui étudie les conditions d’existence.
Depuis, la définition de l’écologie a été précisée par le scientifique Dajos en 1983. La définition généralement admise est que l’écologie est la science qui étudie :
* Les conditions d’existence des êtres vivants
* Les interactions et relations existant entre les êtres vivants
* Les interactions entre les êtres vivants et leur milieu = les écosytèmes »
L'écologie est donc la science qui étudie les relations des êtres vivants dans leur environnement. Il n’y a donc aucun contre sens à parler d’écologie politique, d’écologie militante, etc.… avec pour point de mire les objectifs que Meirieu précise en fin d’exposé :
« Il s'agit de permettre à tous les hommes et à toutes les femmes d'avoir prise ensemble et solidairement sur leur destin. En plaçant les femmes et les hommes en position d'acteurs de leur vie commune, elle crée les conditions d'un sursaut démocratique plus que jamais nécessaire, »