Tarnac: lettre ouverte à tous ceux qui soutiennent les mis en examen du 11 novembre

Dans un texte adressé à Mediapart, Benjamin Rosoux, 30 ans, «épicier-terroriste», l’un des neuf de Tarnac, revient sur la prison, le traitement médiatique, judiciaire et policier de l'affaire des sabotages à la SNCF. Et prévient: «Viendra le moment où on devra bien nous rendre des comptes pour le préjudice énorme qu’on nous a fait subir, à nous, à Tarnac, mais aussi pour ce qui n’est qu’une provocation supplémentaire à l’encontre de tout ce qui ne se résigne pas au désastre en cours.»

 

 

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Salut à tous,

 

C’est après trois semaines de décompression et un temps de réflexion, de lecture intensive de tout ce qui s’est dit sur cette affaire pendant que nous étions au trou, que j’entame l’écriture de cette lettre.

Je suis sorti de Fresnes voilà un peu plus de trois semaines maintenant, un peu déboussolé. Je ne m’attendais plus à être libéré aussi vite devant ce qui semblait être un traquenard si bien orchestré. Retrouver l’air du dehors et l’horizon du monde ont bien sûr été un grand soulagement, on s’habitue si vite à voir son existence bornée par des murs et des grilles, qu’il semble que ça fait des siècles quand bien même ça ne fait au fond que 2 ou 3 semaines. Je remercie du fond du cœur tous ceux qui se sont démenés pour nous sortir de là. Je suis sûr que malgré tout l’arbitraire qui entoure les décisions de justice, cette pression nourrie par les comités, les parents, amis et tous ceux qui ont senti à raison que cette affaire les concernait au plus près a eu un effet conséquent. J’aurais aimé pouvoir le faire d’une seule voix avec mes camarades co-mis en examen mais comme vous le savez il nous est interdit de rentrer en contact d’une quelconque manière sous peine notamment de retourner en prison.

 

Mais je suis hanté d’une certitude : cette libération relève d’une « chance » inespérée, chance qui remonte à loin, celle d’une part d’être né blanc, d’avoir eu l’opportunité d’être diplômé, d’avoir des parents et des amis issus de cercles « privilégiés » dont la mobilisation a sans nul doute plus de chance d’être entendue que si j’étais né ailleurs et dans un autre milieu.

Je suis hanté bien sûr par le fait que deux de mes amis et camarades soient toujours incarcérés pour des motifs aussi rocambolesques, mais aussi par la pensée que des centaines d’autres personnes croisées notamment au cours de ma courte détention n’ont jamais eu cette « chance » et pour cause. Les prisons françaises ont englouti au cours des dernières années toute une frange de la jeunesse de ce pays, cette frange jugée inassimilable, sans cesse harcelée, toujours « déjà condamnée » et qui refuse toujours de rentrer dans les rangs étouffoirs de cette société. Un fait saute aux yeux quand on fréquente les cours de prison, une très claire majorité de détenus est composée par des jeunes des quartiers populaires, dont certains ont été abonnés aux séjours en prison. On remarque aussi le nombre effarant de personnes détenues, pour des périodes souvent très longues, sous le régime de la détention provisoire, régime dit « exceptionnel ». 6 mois, 9 mois, 1 an, 2 ans, 3 ans, sans procès et bien souvent sans preuve tangible. C’est qu’il est sans doute plus compliqué d’avoir des ‘témoignages de moralité’, des garanties de représentation recevables quant on vient de Villiers-le-Bel, Aubervilliers ou Bagneux, quand vos parents sont considérés comme étrangers, qu’ils ne maîtrisent pas la langue des magistrats et des media ou quand ils ne justifient pas d’une activité professionnelle stable et surtout reconnue.

 

Pas de misérabilisme toutefois, la solidarité se forge aussi derrière les murs des prisons, la politique pénale de ce gouvernement est en train de fabriquer une bombe à retardement. Plus on bourrera jusqu’à la gueule les geôles de ce pays, plus des destins vont s’y croiser et dresser des ponts entre tous ces milieux si savamment séparés à l’extérieur.

Le rapprochement entre les traitements politiques, policiers et médiatiques (cette triade tend à devenir une expression consacrée, peut être faudrait-il penser à les fusionner officiellement !), de l’affaire de Tarnac et celle de Villiers-Le-Bel l’année dernière est pertinente à plus d’un titre…

Novembre 2005 (Clichy sous Bois), CPE, élection présidentielle, Villiers-le-Bel, LRU, … deux parties de la jeunesse que tout a priori oppose, nourrissent conjointement la paranoïa du pouvoir.

La réponse ne se fait pas attendre et prend les même traits. D’un côté « lutte contre le règne des bandes » pour justifier la répression dans les quartiers après les émeutes, de l’autre, fabrication de toutes pièces d’une « mouvance anarcho-autonome », de « groupuscules d’ultra-gauche », comme repoussoirs à la révolte diffuse qui essaime au fil des mouvements de la jeunesse étudiante ou « précaire ». Dans les deux cas, une politique de communication de longue haleine pour dessiner les contours de « l’ennemi intérieur », qui débouche bruyamment sur des opérations coup de poing sur-médiatisées. Démonstrations de force démesurées, curées médiatiques, embastillements purs et simples. Faut-il le rappeler, outre les mis en examen et incarcérés multiples de novembre 2005, cinq personnes sont toujours incarcérées après le coup de filet de Villiers-le-Bel et attendent un procès qui ne vient pas, faute de preuves. Aujourd’hui c’est notre tour, mais la chasse aux dits « anarcho-autonomes » est ouverte depuis plus d’un an, six personnes au moins ont déjà été interpellées et entendues devant les juridictions anti-terroristes depuis décembre 2007 pour des faits ou des suspicions qui n’avaient jamais relevé d’un tel régime juridique jusque là. L’étau se resserre et tous les coups semblent désormais permis.

Il a déjà été développé largement dans les communiqués des comités de soutien à quel point le recours aux outils de l’anti-terrorisme représente un glissement significatif des procédés de gouvernement et de la « gestion » de la contestation. Des scénarii déjà vus dans plusieurs pays au cours des dernières années (USA, Royaume-Uni, Allemagne, Italie…) débarquent avec fracas en France et signent l’entrée dans un régime où l’exception devient la règle. Ces procédures n’ont la plupart du temps rien à voir avec le « terrorisme » et ce quelle que soit la définition qu’on en donne, elle répondent à la logique millénaire de « en réprimer un pour en apeurer cent ». En d’autres temps on en aurait pendu « quelques-uns » à l’entrée de la ville, pour l’exemple.

 

Dans notre cas, il est très vite apparu que « l’affaire des sabotages de la SNCF » n’était qu’un prétexte opportun pour déployer au grand jour une opération de communication et de « neutralisation préventive » prévue de longue date (depuis l’arrivée de MAM au ministère de l’intérieur). La rapidité de la mise en branle de « l’opération Taïga » et l’absence quasi totale d’éléments matériels au dossier, même après les perquisitions et les interrogatoires croisés, dévoile très vite à qui n’est pas occupé à hurler avec les loups, la grossièreté du montage policier. Il aura pourtant été fait de sévères efforts d’assaisonnement de cette histoire un peu fadasse, un « groupuscule en rupture de ban et s’adonnant à la clandestinité », un « chef incontesté », son « bras droit », ses « lieutenants », des « relations amicales » ménagées dans le village par « pure stratégie ». Mais rien n’y fait les gens croient définitivement et heureusement plus « à ce qu’ils vivent qu’à ce qu’ils voient à la télé ».

Une fois répondu pour chacun à la question de sa participation ou non aux « actes de dégradation » sur les caténaires de la SNCF, reste cet immense gloubi-boulga qu’est l’accusation de « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ». C’est d’ailleurs le seul chef d’accusation qui pèse sur la plupart des mis en examen dont moi-même.

Ce chef d’inculpation repose sur un faisceau d’informations et d’hypothèses disparates, réunies par les services de renseignement, mais que seule une prose policière pour le moins imaginative permet d’articuler entre elles d’une manière aussi unilatérale. Les liens d’amitié, politiques chacun à leur manière, deviennent sans l’ombre d’un doute des affiliations organisationnelles voire hiérarchiques. On fait d’une série de rencontres, de la participation de quelques uns à des manifestations, de la présence de certains autres relevée au cours des mouvements sociaux qui ont émaillé les dernières années, les présages de la raison d’être strictement ‘politique’ (au sens le plus classique et plat du terme) d’un « groupe » identifiable et isolable comme « cellule » (cancéreuse ?). Cela est une contre vérité absolue et détermine un certain nombre de contre-sens vis à vis de ce dont nous avons été diversement porteurs au fil des années.

Le délit « d’association » permet d’englober d’un seul coup l’entièreté de l’existence des personnes visées et tout peut y devenir un élément à charge : lectures, langues parlées, savoir-faire, relations à l’étranger, mobilité, absence de téléphone portable, rupture avec son ‘plan de carrière’ où avec son extraction sociale, vie amoureuse et j’en passe.

L’utilisation de ces outils « antiterroristes » n’est finalement rien d’autre que l’indice de l’agressivité propre à tout pouvoir qui se sait de toutes parts menacé. Il ne s’agit pas tant de s’en indigner. Il s’agit en tout cas de ne pas, ou plus, être dupe de cette opération de police politique. Elle n’est que la tentative, des tenants du pouvoir, de communiquer au « corps social » leur propre paranoïa, qui, elle, n’est peut être pas totalement sans fondement.

 

On parle beaucoup autour de cette affaire de l’essai intitulé « L’insurrection qui vient » et tout le monde y va de son hypothèse pour dire QUI est derrière cette signature qu’est le « comité invisible ». Cette question n’est intéressante que d’un point de vue strictement policier. Le choix éditorial d’anonymat qui a été fait doit être entendu, à mon avis, non comme une particulière paranoïa des auteurs (même si elle se trouverait aujourd’hui cent fois justifiée) mais par l’attachement à une parole essentiellement collective. Non pas la parole d’un collectif d’auteurs qu’on pourrait dénombrer, mais une parole qui s’est forgée dans les aléas d’un mouvement où la pensée ne saurait plus être attribuée à tel ou tel en tant qu’auteur.

Ce livre suscite beaucoup de désaccords, voire de réprobation y compris parmi nous qui avons pourtant fait l’effort de le lire et le comprendre. Il me semble que c’est l’objet même de l’écriture politique : mettre ce qui demande a être débattu sans délai au centre, le rendre incontournable, quitte à être cru et sans nuance.

Tous ceux qui, par ailleurs, prétendent savoir QUI est l’auteur de ce livre mentent purement et simplement ou prennent leur hypothèse pour la réalité.

 

Les « lectures » récentes de ce livre, notamment celle de la police et de quelques criminologues de salon posent à beaucoup la question de la « radicalité ». Cette « radicalité » nous est renvoyée à nous comme trait d’identité, voir comme chef d’inculpation qui ne dit pas son nom. Je ne me sens pas particulièrement radical, au sens d’être prêt à accorder les constats, les pensées et les actes (ce que plus personne ne fait malheureusement et depuis longtemps). Par contre la situation est radicale et l’est de plus en plus. Elle détermine des mouvements de radicalisation diffus, qui ne doivent rien à quelque groupuscule que ce soit. Chaque jour dans mon activité d’épicier notamment ou quand je sers au bistrot, ou bien encore quand j’étais en prison, je discute, j’écoute ce qui se dit, se pense, se ressent, et je me sens parfois bien modéré face à la colère qui monte un peu partout. Ce gouvernement a sans doute raison d’avoir peur que la situation sociale lui échappe, mais nous ne servirons pas sa campagne de terreur préventive, car le vent tourne déjà. Il vient de Méditerranée.

 

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire, de doutes à lever, de manipulations à déjouer, mais tout ça ne fait que commencer. Ainsi ma position est en phase avec celle des comités de soutien qui fleurissent un peu partout : abandon des charges de « entreprise terroriste » et « d’association de malfaiteurs », libération immédiate de Julien et Yldune et de tous ceux et celles qui sont incarcérés à ce titre, pour commencer…

 

Viendra le moment où on devra bien nous rendre des comptes pour le préjudice énorme qu’on nous a fait subir, à nous, à Tarnac, mais aussi pour ce qui n’est qu’une provocation supplémentaire à l’encontre de tout ce qui ne se résigne pas au désastre en cours.

 

Benjamin, épicier-terroriste.


Site: http://www.soutien11novembre.org/

 

A lire, également Mediapart publie la tribune de l'un des mis en examen de Tarnac

Benjamin,
Soixantenaire en révolte permanente, je partage tes épices.
Chapeau.
Salut aux huit autres avec mention spéciale pour les deux qui continuent de croupir en prison.

Nous sommes tous des épiciers-terroristes, et même tapis dans l'ombre nous hurlons pour que Julien et Yldune soit LIBERES sans délai!!!
Ne les oublions pas!!
signé: un artiste-terroriste amateur d'épices...

Il est vrai que la colère gronde et que ceux que l'on accuse de "radicalité" en sont d'abord les victimes.
Comme il est étrange d'ailleurs de lire et d'entendre dans les rues, sur les lieux de travail, dans les troquets, partout où la vie bat, les commentaires lucides de ces citoyens dont le pouvoir cherche à laver le cerveau.
La propagande médiatique n'atteint pas tout le monde loin s'en faut, elle fabrique même la contestation devant l'évidence du mensonge et de la calomnie.

Continuons, dans la ligne de cet article à démonter ce processus liberticide dont les jeunes de Tarnac ont été victimes; d'autres aussi en sont victimes chaque jour. En solidarité avec les comités de soutien. Amitiés.

C'est bien ce qui se passe, tout vire dans ce pays au contrôle paranoïaque de..." absolument tout". Désir de main mise sur tous les "empêcheurs de tourner en rond" avec une sorte d'ignorance de fond de ces régnants sur les raisons du malaise social qu'ils continuent de nourrir sans aucun désir d'apaisement car ils n'envisagent jamais que leur parades puissent échouer.... Le mécanisme du bouc émissaire malheureusement fonctionne très bien, "et assure que n'importe quel être « différent » dans son apparence peut être désigné à la vindicte publique" ( Daniel Sibony); il reste lié à des ressorts psychiques archaïques de projection de ses difficultés sur un autre, désigné collectivement. Vous savez comme moi combien les humains ne s'en sont jamais privés et c'est un peu ça le souci quand même! Les pouvoirs désignent une tentation bien commode et les peuples apeurés y souscrivent presqu'avec joie.
Ainsi vous avez eu pour vous de n'être qu'instrumentalisés et de n'avoir "rien à vous reprocher". Votre chance dans l'épreuve est bien là car, malgré les soutiens de tous ceux qui repèrent les dérives actuelles, le peuple Français d'aujourd'hui -dans tous ses états- vous aurait certainement laissé tomber sans la moindre interrogation, comme il ne s'interroge que peu sur ce que vous avez décrit de cette jeunesse-cassée qui gonfle les prisons.
J'ai apprécié votre capacité à ressentir ce que cette jeunesse là pouvait vivre, vous leur avez donné du sens.
Mais trêve de pessimisme, il y aussi tous ceux qui doucement se réveillent et votre texte résonnera dans les têtes.

Je me demandais comment vous soutenir, et Mediapart me donne le moyen de vous adresser toute ma sympathie et mon soutien. Pour le reste, j'ai compris qu'il y a des comités de soutien dans plusieurs villes de France...
Je ne sais pas si les lettres arrivent à la Santé et à Fleury quand on n'a pas les numéros de cellule. Je pense souvent à Julien et Yldune...
Je reprends avec les quelques autres d'ici, "Nous sommes tous des épiciers de Tarnac !". Puisse la France renouer avec l'une de ses traditions, celle bâtie autour de la solidarité, de l'entraide et de la résistance. Cette tradition là, nous savons que vous en êtes héritiers. Et de ces vieilles idées, supposées archaïques et ringardes, naissent les réfractaires aux totalitarismes en tout genre.
Mon plus grand respect à ceux qui, comme vous, n'ont pas attendu le grand soir pour changer la vie, pour changer de vie. Et merci à Mediapart pour ce texte, merci à Mediapart d'exister.

Bon, j'ai quand même du mal à accrocher à la prose de ce Benjamin Rosoux, prose ultra connue et rabâchée depuis des décennies par des générations successives de "révolutionnaire" , et robotisée par des lectures mal digérées.
Quand j'avais 20 ans, je lisais déjà la même chose.
Ceci étant dit, en toute justice, j'espère pour ces "accusés" que ce n'est pas un remake d'Outreau même en moins grave !! Ils ne le méritent pas ...

Merci à Benjamin pour cette lettre, lumineuse et remarquable d'intelligence .

Cela m'étonnerait fort que le monsieur qui a posté le commentaire au dessus du mien ait lu quelque chose de semblable dans sa jeunesse ou alors il n'y a vraiment rien compris . En parlant de lectures mal digérées ... monsieur "cloclo" vous devriez sérieusement vous mettre à un vieux remède de ma jeunesse, la boldoflorine !

Comme Violette et les autres je suis en colère et résolument du côté de cette jeunesse que le pouvoir politique actuel stigmatise et érige en ennemi.

Les temps sont graves, d'écrasement d'un peuple avec la complicité des Occidentaux là bas et d'autoritarisme qui ne se cache plus ici.
La disparition annoncée du juge d'instruction, la nomination des pdg de france télévision par l'Elysée, autant de voyants qui s'ajoutent à ceux qui clignotentt au rouge depuis dix huit mois sur le tableau de la vigilance démocratique.
Côté social, avec le démantèlement des services publics et le harcèlement des chômeurs, la crise que l'on va faire payer aux plus pauvres, les signaux sont de la même couleur

Alors oui nous serions bien inspirés de prendre une bonne bouffée de révolte aux épices.

Une lettre ouverte qui pourrait se passer de commentaires puisque tout y est finement et complètement analysé. Je rajoute tout de même mon grain de sel.
Je pense depuis le début que cette affaire de Tarnac est exemplaire du glissement de nos sociétés dites "démocratiques" vers la mise en place d'une forme inédite de gouvernement : il est impossible de qualifier cette forme de dictature, et pourtant c'en est déjà une par bien des aspects. Le jeu convergent de textes sécuritaires, de nouvelles institutions policières et para-policières, d'asservissement des medias développe une situation inquiétante en France, où plus aucune forme même légale de contre-pouvoir ne peut se sentir à l'abri de tentatives d'intimidation, de communication manipulée, voire de coups franchement bas ; une situation inquiétante où des cibles opportunes font l'objet de "frappes chirurgicales" : de jeunes banlieusards, des libertaires aujourd'hui ; d'autres demain au gré des besoins du pouvoir.
Nous ne sommes qu'au début du processus, c'est-à-dire dans le moment où il est encore temps de réagir ; dans ce moment fatidique où de nombreuses consciences perçoivent encore l'anormalité de la situation. Plus tard, bien plus tard, il sera trop tard. Tout sera irrémédiablement ficelé et les esprits trouveront normal ce qui parait relever encore aujourd'hui de l'inacceptable : le mensonge d'Etat érigé en habitude, l'injustice de classe, le démantèlement de la protestation différente et de l'expression libre.
Il faut soutenir fortement les inculpés du 11 novembre !

Du fin fond du Maroc ou je me suis exilé volontairement et d'où j'observe, contrit, ce qui se passe en France, je vous envoie mes amitiés. Je partage votre révolte et vos peurs.
Je rentrerai en France pour voter, c'est promis !

Du fin fond du Maroc ou je me suis exilé volontairement et d'où j'observe, contrit, ce qui se passe en France, je vous envoie mes amitiés. Je partage votre révolte et vos peurs.
Je rentrerai en France pour voter, c'est promis !

53% d'électrices et électeurs, avec une participation de 85% ont, démocratiquement, donné le pouvoir à un imposteur en 2007. En 1933, les allemands ont, démocratiquement, donné le pouvoir à Hitler. Ce ne sont pas les banqueroutiers de la Finance que l'on met en prison, bien au contraire, 40 milliards d'euros ont été mis à leur disposition, en urgence, pour recapitaliser leurs fonds propres + une garantie de 320 milliards d'euros pour garantir leur fin de mois. Merci à Médiapart de donner la parole aux victimes de l'arbitraire du despote et de sa clique au pouvoir.

Bonjour laurent Desvignes

J'ai souvent commis la même ereur et transmis souvent le même message consistant à dire qu'Hitler avait été élu démocratiquement par le peuple Allemand.
C'est tout simplement faux .

Les allemands n'ont pas donné la majorité absolue à Hitler en 33, ils ont fortement voté pour lui (aux alentours de 40% je crois) mais il a perdu les élections contre son adversaire Hindenburg. C'est bien la coalition de droite , ensuite , qui lui déroule le tapis rouge pour lui permettre d'accéder à la place de chancelier.
mais malgré toute la misère qui sévissait en Allemagne à cette époque là, il restait encore assez de ressources à ce Peuple pour refuser dans sa majorité l'idée qu'Hitler accède au pouvoir. Pendant ce temps là, en France, la bourgeoisie disait "plutôt Hitler que le Front Populaire" et quelques annnées plus tard, elle ouvrait toutes grandes les portes de Vichy aux thèses nauséabondes du petit moustachu.

Preuve s'il en faut que rien n'est joué d'avance, ni dans un sens, ni dans l'autre.

important de rappeler cela car ça nous évite d'entrer dans le cycle infernal de la fatalité.

Quant à 2007, alors là.......que dire sinon que le tapis rouge fut déroulé par les médias,soutenues par les ténors du PS, soutenues par le fait que lorsque la gauche fait de la com° au lieu de faire de la politique, elle se prend des boites..Ségo ne fait pas de politique, elle fait de la com°.

bien solidairement à tous

Au Maroc !!! ? C'est bien là-bas ?

Au moins on dit officiellement que c'est une monarchie.

Le qualificatif "terroriste" devrait être interdit; il a beaucoup trop servi. Les militants anti-nazi y avaient déjà droit de la part de l'occupant ,bien sûr, mais aussi de la part des adeptes de Pétain. Certes l'esprit de Vichy a un regain certain dans ce triste règne Sarkozyste. Raison de plus pour redoubler de vigilance.

Devant tous ces commentaires de soutien, je me dis que je dois mal lire, mais il me semble que nulle part notre épicier ne dit qu'il n'est pas responsable des sabotages sur les lignes TGV?? Ai-je mal lu?
Pour moi, il demande à ce que ces actes ne soit pas qualifiés de "terrorisme", mais il ne dit pas qu'il n'y a pas participé. Le fait qu'il ne nie pas, veut il dire :
* que c'est tellement stupide qu'il n'a pas besoin de nier?
* ou qu'il avoue ?
Ce commentaire est à prendre au premier degrés. Honnètement je ne sais pas. Merci d'avance
Olivier

bravo !

j2p

@ Oliv92
Franchement, s'il n'avait un solide alibi en béton, aurait-il été remis en liberté ?

Le 29 janvier, dans 3 semaines, il va falloir que les terroristes-épiciers ferment le rideau sur leur train-train habituel, pour aller s'échauffer dans la rue.

Alors, dans ce cas, pourquoi ne demande-t-il pas le "non lieu"? Il est toujours mis en examen.
Olivier

Et Sarko, il fait pas de la com? Sa politique c'est que de la com.

La colère monte... Monte.
Evitons la haine.
Pas facile

Merci pour cet article, nous espérons que les actions en cours vont permettre la libération des 2 détenus.
En suite viendra le temps du procès, si il y a lieu, qui devra également être extrêmement attentivement suivi, d'autant plus qu'il y aura peut être alors possibilité de faire appel à la toute possibilité d'un justiciable d'invoquer l'inconstitutionnalité d'une loi (ici Perben) au cours du procès? Nouveau moyen de tester cette fiction de "l'indépendance" des hautes juridictions françaises.
Quoi qu'il en soit , cette affaire risque bien de se retourner contre le pouvoir en place , son premier échec et la première victoire pour nous tous est la publicité faites à vos idées et au soutient fédérateur qui se met en place.

Bien à vous
A bientôt

"il est interdit d'interdire"

@ Olivier : il explique que le seul chef d'inculpation retneu contre lui et les autres, c'est l'accusation de "association de malfaiteurs à but terroriste".
Et aussi comment l'instruction essaie de fabriquer cette accusation d'association : à base de présence à des manifs, de liens d'amitié avec tel ou tel.
On sent bien que ça pourrait tomber dessus à pas de monde, cette accusation, là, et combien il serait difficile de s'en défendre.

JF Savoye_ Et aussi commencer timidement l'année par l'UNITE syndicale réalisée par la manifestation du 29 janvier 2009!
Ceci dit, je ne me fais pas trop d'illusions sur ce que "les" syndicats peuvent déclencher comme bataille rangée dans ce pays, tellement ils sont devenus ternes et assujettis, eux aussi, au dictat des pouvoirs en place -même s'ils réfutent cet état de faits-. Leur rôle, dévoyé depuis longtemps, de meneur de la contestation sociale s'est beaucoup affadi dans des chant de sirènes inaudibles qui n'effraient plus ni les gouvernants ni les chefs d'entreprises. Ils ont, dans leur majorité, évolué depuis longtemps du côté de la canalisation des forces de rébellion dans le pays et pris le terme édulcoré de réformiste à la "nordique": le rêve de Ségolène!
Leurs hiérarchies un peu trop envahissantes se sont installées sur le chemin du clivage de la société en deux : les bien lotis et les autres. Que de tractations élégantes et finalement si peu de résultat pour les travailleurs, pour les citoyens, pour la majorité! Quand on négocie trop le compromis obtenu frise la compromission. De plus, les structures ont été désertées par les travailleurs et ça c'est quand même dommage. Peut-être est-ce le moment de les réinvestir sur un mode moins corporatiste et plus "de masse" disait-on? c'est un peu moche! je préfère: en vue de l'intérêt général.
Tout continue d'aller de plus en plus mal par la volonté d'une politique de droite dure que "des citoyens âgés" ont continué de laisser s'installer et depuis... à l'horizon : aucune vraie riposte des gens baignés dans l'effroi de perdre leur travail, leurs économies, leurs capacités de vivre, de survivre!..... Pourtant le syndicat est un excellent outil qu'il nous faudrait songer à sortir de ses dérives; nous devrions l'habiter plus, renouer avec une certaine idée du collectif.. Comme c'est étrange! Hier à Marseille et ses environs on ne vous a parlé que des dégâts que la neige a occasionnés mais on ne vous a pas dit à quel point nous avons été heureux de nous croiser dans les rues et de nous reparler, une chaleur sociale est réapparue dans le calme que la neige nous a imposé; c'est ce que nous avons le désir de retrouver je crois: du lien social, des solidarités humaines. On étouffe de nouveau sous ce poids de l'utilitaire, de la logique comptable, de l'abus des possédants. Le syndicat sera ce que nous en ferons! Les inventivités sont invitées à se déployer dans l'affreux pays qu'ils nous ont fait! Soyons nombreux ce jeudi 29 janvier 2009 à dire que nous résistons à l'air vicié de ce temps d'attaque des libertés, de la vie et modèles solidaires.

Raymondb
Violette M_C,
Oui, les syndicats connus, respectables, officiels, sont bien mous. Il existe pourtant la CNT. Et comme l'article que nous commentons ici est écrit par un présumé anarcho-quelque chose, ça tombe bien, la CNT est un syndicat anarchiste .... tout sauf mou.

oui, bien sûr, sarko au niveau politique c'est du vent......

De toute évidence MAM en a fait une affaire personnelle même si l'affaire arrange bien le gouvernement. Il est intéressant de voir comment le pouvoir en place, policier et judiciaire, s'acharne sur ces citoyens car qu'on le veuille ou non (qu'ils le veuillent ou non) ce sont des citoyens. Il est évident qu'on ne leur pardonne pas de cracher dans la soupe alors qu'ils font partie du club. Comment accepter ce raté du système? Bonne famille, belles études, bon cerveau, des sous et ils critiquent: c'est intolérable, c'est un danger, il y a un bug dans le logiciel! c'est des gauchistes: au secours mai 68 revient!!
Cette affaire fait peur car elle prouve que le pouvoir politique a peur et disproportionne complètement sa réponse par rapport à une menace. Toutes proportions gardées cela ne vous rappelle rien du coté de la méditérannée? C'est vrai que MAM n'aurait pas été prise de court devant des gaziers excités, elle a l'habitude des basques elle, et elle les a matés dans son pays.
Pour se consoler, les jeunes de Tarnac doivent bien comprendre qu'ils se sont fait un gros tas d'amis qui n'est pas pret de dégonfler. Bonne année a eux

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J'adresse mon soutien total et inconditionnel à ces jeunes gens (quand bien même seraient-ils coupables de vandalisme, ce que je ne crois pas une seule seconde au demeurant). Il y a là une question de principe fondamentale : non à la justice d'exception, non à l'état policier ! C'est un précédent insupportable, inadmissible et, de ce point de vue, le mal est fait : on a mis dans la tête d'un certain nombre de citoyens - combien, impossible de le dire - que la contestation du système qui régit l'ordre du monde porte nécessairement les germes de la violence, du "sabotage", du "terrorisme", de l'aventurisme groupusculaire... C'était le but recherché dans cette pantalonnade, et sans nul doute a-t-il été en partie atteint : j'ai beaucoup de respect pour le travail de Médiapart, mais il est clair que la diffusion de ce journal ne fait pas le poids face aux clowneries des 20h de TF1 et de France 2 au moment de l'arrestation. Il n'y a pas lieu d'attendre benoitement la libération de ceux qui sont encore en prison. Il faut l'exiger, exiger du pouvoir qu'il respecte la démocratie et l'état de droit. Je me réjouis de l'initiative de Médiapart et de ses confrères, mais je trouve la mèche un peu courte... La blablatterie dans un théâtre, ça ne m'emballe pas, sauf s'il s'agit clairement de prendre une initiative politique : un appel à manifester pour la sauvegarde de la République et de la démocratie...

Sauf erreur de ma part le groupe Coupat, avant son interpellation, n'a jamais exprimé publiquement sa solidarité envers les jeunes qui ont été arrêtés et incarcérés l'année dernière (certains sont encore en détention) sur le fondement des lois anti-terroristes pour des faits tels que le transport de fumigenes à des manifs contre des centres de rétention.
Certes ce n'était pas des enfants de bourgeois, et la presse n'en a quasiment pas parlé (un peu "Libération" de mémoire).

Egoïsme petit-bourgeoise, arrogance, ou volonté de continuer ses petites affaires dans une clandestinité toute relative ?

Il n'y a pas de groupe Coupat, comme groupe constitué avec une expression politique. C'est dit dans l'article. Pourquoi exiger d'eux plus que ce que peu d'entre nous font? Il s'agit de critiquer une action arbitraire de l'Etat, ou pas. Pas plus ici. C'est déjà beaucoup.

A qui voudrait en savoir plus et participer de quelque manière à ce qui, espérons le, se poursuivra au-delà du simple cas d'école de "l'affaire de Tarnac", visitez régulièrement la nouvelle version du portail des comités de soutien aux inculpés du 11 novembre. Il est désormais quotidiennement mis à jour par les comités eux mêmes, on peut déjà y trouver le détail des premiers évènements de soutien prévus tout au long du mois de janvier et particulièrement du 15 au 25 janvier, pour une "semaine d'agitation contre les lois anti-terroristes". Une manifestation nationale de "soutien aux inculpés de l'anti-terrorisme" aura lieu à Paris, Metro St Michel, le 31 Janvier à 15h.

c'est ici:
https://www.soutien11novembre.org
Merci à tous et à bientôt.

Clarté, lucidité. Bravo et merci.
Avec amitié et solidarité.

Il me semble que le terme de police politique est en soi un pléonasme (actuellement du moins ?!) ; en tout cas il s'agit là du bras armé de la "bien-pensance", de la "normalité" qu'on cherche actuellement à imposer à tous, ce qui n'est certes pas nouveau, mais n'a peut-être jamais été aussi visible avec l'utilisation simultanée de tous les outils permettant le matraquage sous toutes ses formes : idéologique, philosophique, psychologique, sociologique, pédagogique et plus si affinités ; sans oublier bien sûr, et c'est malheureusement essentiel, le "somatique" (si je puis me permettre ce néologisme) , : le bon vieux coup de matraque sur la gueule (ou ailleurs), la rétention, les différents modes de racket intellectuels, etc.
Car il me semble que précisément nos dominants, et j'entends par là les plus riches/influents, les "spécialistes" de la communication, se sont appropriés les outils de la sociologie mais plus largement tout ce qui touche aux sciences humaines et de l'éducation, en utilisant, dévoyant, dépossédant, redéfinissant à leur compte, à seuls fins manipulatrices, puisque bien sûr le peuple n'y entend rien, tous ces termes ces métiers et leurs outils, tout ce que l'on va maintenant mieux expliquer à nos enfants à l'école [sic].
D'où les relents de populisme et la répétition encore et encore (en quelque sorte tous ces métiers, toutes ces compétences devenant des néologismes) les mêmes credo, une forme de méthode Coué (psychologue et pharmacien découvreur de l'effet Placebo !).
Il n'y a même plus besoin de postulats, on passe directement à la démonstration …
Mais je m'égare sûrement ?!
Je m'arrête là – ou plutôt je [me] pose une question : avons nous naturellement en nous cette tendance à "collaborer" ??? j'ai peur, j'avoue oui j'avoue ! le délit d'opinion va-t-il s'ancrer plus profondément encore ?!

Ton message est d'une grande intelligence (ma définition : notre capacité à nous rendre intelligible à l'autre), et j'y apprécie, entre-autres, ta réserve (obligée) ; j'y vois aussi le résultat d'échanges entre personnes qui souhaitent simplement donner (se donner) d'autres angles de vision, de solidarité, de conscience (à prendre ou à laisser) et plus, bien plus!

Courage ami et amis, vous n'êtes pas seuls loin de là ; la difficulté (le courage ?) maintenant est de nous sortir de nos propres réseaux afin de porter la prise de conscience, même au cœur de ces dominants (idée à développer), suivis de leur cortèges courtisans, comprenant hélas trop de journalistes ! qui au final ne semblent principalement intéressés qu'au profit, à l'ambition et à leur propre personne …
Sortons-nous de cette rhétorique "normalisante" qui a fait les beaux jours des Lepen & co ?!?!



Fraternellement

DanN