Parti socialiste: minuit moins le quart

«Le discours du rassemblement vient trop tard» après la défaite du PS aux européennes, estime Thierry Mandon, maire socialiste de Ris-Orangis, président délégué du Conseil général de l'Essonne. Il juge que son parti n'est plus gouverné que par la peur de tout perdre et qu'il est urgent de convoquer un nouveau congrès fondateur et d'organiser des primaires ouvertes à gauche.

 

 

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Le résultat désastreux de ce dimanche est la triste, quoique prévisible, confirmation de l'inéluctable disparition du Parti Socialiste tel qu'il est et fonctionne. Si aucun changement de grande ampleur n'est engagé, on peut d'ores et déjà, malheureusement, en prédire la prochaine étape : les prochaines élections régionales avec des listes impossibles à faire, une concurrence frontale avec les Verts qui refuseront dans de nombreux endroits la reconduction de nos sortants, un bilan fiscal à assumer qui sera, avec les transports en commun, le principal angle d'attaque de la droite, bref, tous les ingrédients d'un nouveau fiasco.

 

Répéter «unité, travail et idées» peut suffire à conserver «l'ordre» interne du parti au prix de quelques aménagements, mais cela ne fera en rien disparaître les causes profondes de l'étiolement : leadership issu des années Mitterrand épuisé, paresse idéologique qui fait tenir un discours daté sur de très nombreux sujets, modes d'intervention et formulations archaïques, organisation de parti qui emprunte plus aux structures d'extrême gauche qu'aux mouvements d'idées modernes (militantisme fermé, rites incompréhensibles, primat des enjeux internes sur le débat avec la société).

 

La conscience de cette fin tragique est plus grande que l'on ne pense au sein du Parti socialiste. Sans même parler des propos publics de nombreux dirigeants, les signes avant coureur de la décrédibilisation de la structure du parti sont apparus dès le congrès de Reims. Derrière la façade d'un combat pour la prise de contrôle de l'appareil central, ce qui s'est joué c'est l'émancipation de quelques 3 à 4 grandes fédérations qui, entre elles, ont décidé de faire roi, reine en l'occurrence, qui perturberait le moins leur ordre mortifère. C'est le retour de la SFIO: un discours national gauchi, des pratiques locales à géométrie variable. Les victimes ? Des quadras divisés, spécialistes en diagnostic mais impuissants à l'action. Eux croient sincèrement à la nécessité de refonder un véritable parti mais surjouent entre eux des rivalités de Ligue 2.

 

C'est pourquoi le couplet du rassemblement vient trop tard. Désormais, il faut ouvrir en grand les fenêtres. D'abord, discuter avec les Verts et tous ceux qui le souhaiteront des modalités d'organisation d'une primaire ouverte et populaire pour désigner le candidat à la présidentielle qui peut avoir une chance de l'emporter. Dans le même temps, avec les mêmes partenaires, organiser des assises programmatiques qui serviront de base aux programmes présidentiels et législatifs. Enfin, programmer la date du congrès fondateur du nouveau Parti socialiste. Car chacun sait qu'un cadre idéologique redéfini, un bouleversement des règles internes, un fonctionnement modernisé et ouvert sont les conditions de notre résurrection. Mais la peur commande : Peur du neuf, peur de Nicolas Sarkozy, peur de nous même, depuis hier peur des Verts. La seule peur que nous nions c'est la peur de tout perdre. Il est pourtant minuit moins le quart. Il faut agir en grand maintenant.

M. Mandon, on vous dit proche d'Arnaud Montebourg, l'êtes-vous encore depuis que vous soutenez Ségolène Royal ?

Un autre congrès est en principe programmé en 2011, à quelques mois des présidentielles, votre ton défaitiste laisse supposer qu'il ne sera pas organisé ou que vous ne prévoyez, s'il l'est, aucun changement de direction. Vous ai-je mal compris ?

Si je vous ai bien compris, comment pourriez-vous dans ces condtions espérer que le PS change ses institutions et sa nature ?

M. Mandon, vous savez très bien que seul un putsch éliminera ce qui ronge le PS. Le putsch que voulait organiser Royal en 2007, nous ne voulions pas le cautionner parce que nous pensions que Hollande trouverait la dignité de s'effacer en convoquant un congrès fin 2007, le sens des responsabilités le lui commandait, il a failli à son devoir.

Si nous avons laissé Aubry se saisir du PS, c'est que nous pensions que Royal n'était pas la solution. Je pense qu'elle fait partie du problème du PS. Nous pensions, et le pensons toujours, que la solution vient des quadras, dont vous faites partie. Or, force est de constater que vous refusez d'avancer même si on vous tape dessus. Vous préférez vous paralyser en vous neutralisant les uns les autres, certains par ambition illégitime car les compétences il faut bien le dire ne sont pas équitablement réparties par la nature.

Soit vous vous organisez et vous consolidez vos troupes pour partir à l'abordage de ce vieux rafiot en perdition, soit vous vous attelez à la construction d'un navire beaucoup plus à même de traverser le siècle.

En fait, vous savez tout ça. Mais vous ne voulez pas bouger. Votre seule préoccupation, à vous les quadras, c'est de cacher votre couardise derrière de longs pamphlets. D'un côté vos ambitions, et de l'autre la peur de ne pas être à la hauteur. Vous avez tous pris goût au confort infantilisant de la maison-mère.

Tant pis. Votre état d'esprit montre qu'il n'y aura pas de sursaut pour les régionales et qu'il faudra, probablement, vous sanctionner encore. C'est pitié, mais on vous a protégé sans doute trop longtemps. Il est sans doute temps de retirer les roues de secours arrières du petit vélo que vous vous obstinez à enfourcher alors que vous avez passé l'âge.

kairos

Ce serait donc, pour le PS, le dernier quart d'heure de Rabelais?

Millefeuille, vous êtes donc de ceux qui ont été complices de la stratégie de FHollande, qui le 17 juin 2007 (réunion du BN) , disait en aparté qu'il fallait retarder le congrès pour "laisser fondre le tas de neige" sur lequel était assise Ségolène Royal? Et ceci alors qu'une foule de militants réclamaient un congrès anticipé pour avoir un leader démocratiquement élu? Alors qu'il suffisait l'application par le BN de l'article 6.11 des statuts du PS?
Vous êtes donc responsable de cette longue stase et du pourrissement actuel?
Merci... merci... Et vous vous permettez encore de donner des leçons?
La solution , millefeuille, ce n'est pas vous qui la détenez: vous démontrez magnifiquement ici que quelques personnes seulement, élite ou grands penseurs autoproclamés SAVENT ce qui convient au brave petit peuple, c'est du moins ce qu'ils prétendent... Les faits ont montré l'absurdité de cette thèse... Et ils semble que ce ne soit pas fini! Alors nous pourrons bientôt dire du pS "requiescat in pace"... Grâce à vous et vos semblables...
merci encore, pour le socialisme et les socialistes.!

Vous me prêtez des intentions dont vous rougiriez si vous me connaissiez ne serait-ce que superficiellement.
J'ai mis un vote pour Royal un vote pour Aubry, mes parents m'ont mal éduquée, ils m'ont appris à ne jamais donner plus à l'un que l'autre sous peine de faire de la discrimination.
Ne vous chauffez pas comme ça la pulpe, vous allez exploser et pour le coup fondre comme neige vous-même.

vos arguments sont imparables...