Réponse de Michel Onfray à Elisabeth Roudinesco

Suite à la publication sur Mediapart du texte d'Elisabeth Roudinesco, Pourquoi tant de haine?, consacré à une réfutation du livre de Michel Onfray, Le crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne, Michel Onfray nous a adressé le texte suivant.

 

Roudinesco sur Onfray

Où l'on apprend ce qu'est la position du missionnaire...


Elisabeth Roudinesco a affirmé à un journaliste sidéré qu'elle allait créer une polémique planétaire contre moi, une polémique dont je ne me remettrai jamais! Tudieu! Quelle force de frappe! Quelle puissance pour une si petite dame qui croit pouvoir activer ses réseaux intergalactiques afin de pouvoir continuer à distiller son fiel, enseigner la légende, et puis, bien sûr, empocher les bénéfices de ce petit commerce (très) rentable... Pour ce faire, elle inonde internet d'un «communiqué d'Elisabeth Roudinesco» de dix-huit pages, celui qui fut envoyé à l'Agence France Presse (!), qui est un tissu d'insultes, de mensonges, de contre vérités qui la ridiculisent gravement plus qu'elles ne me nuisent. Elle a intitulé la chose: « Pourquoi tant de haine? (suite)». En effet: Pourquoi tant de haine?


Cette haine, on la cherchera en vain dans mon livre, on pourra également lire les entretiens, visionner les émissions de télévision, écouter mes conversations radiophoniques qui n'ont pas manqué avant même la parution du livre, sinon assister à mes séminaires de l'Université Populaire (où mon amie psychanalyste, Myriam Illouz, enseigne, à ma demande, la psychanalyse -car je crois, pour ma part, aux vertus de la saine confrontation, du dialogue intelligent pour que le public se fasse lui-même une idée juste) : on n'y trouvera aucune haine.


A moins d'estimer que célébrer les vertus de l'histoire contre la dangerosité de la légende ce soit manifester de la haine! Auquel cas, je ne peux rien faire et veux bien être traité de haineux par une femme qui fait de moi à longueur d'ondes, d'entretiens, de papiers, de discours, un nazi, un vichyste, un pétainiste, un compagnon de route des négationnistes, un révisionniste, un antisémite, un défenseur de l'idéologie de l'extrême droite française!


Dans ce «travail» de Madame Roudinesco qui met à jour toute l'épistémologie dont elle est capable, je me contenterai juste d'une remarque pour éviter de reprendre point par point ce chapelet d'insanités. Pas question en effet de répondre de manière circonstanciée et développée à cette phrase tellement ridicule qui prétend qu'avec Le crépuscule d'une idole, j'aurais fait de la psychanalyse  «une science nazie et fasciste» (page 15)!


Pas question non plus de faire autre chose que rire à gorge déployée à la lecture de cette sottise crasse: parlant de Freud je l'aurais tellement admiré que je l'aurais lu dans «mon enfance» (quel talent!) en me masturbant (page 8) (quel autre talent!)...
Pas question de commenter le diagnostic digne d'un élève de terminale (après sa première leçon de psychanalyse dans son cours de philo...)  concernant la «haine» (page 8) que j'aurais pour ma mère, une information prélevée dans La puissance d'exister un livre justement dédié... à ma mère!


Pas question de répondre à l'assertion que j'aurais lu Freud en cinq mois quand, dans la préface, je signale avoir commencé ma lecture en 1973 alors que, sans craindre la contradiction, elle prétend elle-même que son Mentor me servait à me tripoter dans les cabinets dans mon «enfance»...


Pas question de montrer que ce livre, prétendument «dénué de sources et de notes bibliographiques» (page 2) comporte une bibliographie de vingt pages, interligne «un», soit plus de 50.000 signes, et de faire remarquer que les notes ne sont pas en bas de page, mais derrière chaque citation tant il y en a, (quatre ou cinq par pages en moyenne...) , ce que précise la seule note en bas de page de mon livre (page 37)!


Pas question de relever le mépris venu des beaux quartiers parisiens que ses honoraires lui permettent d'habiter contre moi qui suis tout juste un goy terroir «du bocage de Basse-Normandie» (page 7).

Pas question de tourner le couteau dans la plaie en relevant les passages dans lesquels Madame Roudinesco défend les pédophiles et la pédophilie (page 12) et attaque ceux qui l'attaquent -dont moi qui préfère me trouver de ce côté-là de la barrière que du sien, pour ça comme pour le reste....


Pas question de raviver le prurit en commentant cette assertion que j'aurais écrit «la première biographie non autorisée de Freud (en) laissant croire que ne sont aujourd'hui disponibles que celle d'Ernest Jones et de Peter Gay, parues la première entre 1953 et 1957, et la deuxième en 1988» (p.2) alors que je renvoie, pour le travail le plus récent, aux presque mille pages intitulées Si c'était Freud... de Gérard Huber paru en août 2009 -mention donnée dans la bibliographie (p.584). Par ailleurs, je n'ai nulle part dit qu'il s'agissait d'une «biographie non autorisée»!


Pas question de préciser que, concernant la correspondance de Freud avec Max Eitingon (dont Madame Roudinesco écrit: il «ne la cite pas puisqu'il ne connaît pas le détail de cette affaire», page 11) se trouve être précisément à la base des développements des deux chapitres intitulés «Salut respectueux de Freud aux dictateurs» et «Le surhomme freudien et la horde primitive» avec un détail de l'analyse des lettres échangées entre les deux hommes pp.549-550. Le livre que je ne connais donc pas est mentionné dans cette fameuse bibliographie qui n'existe pas non plus page 590! On y lira: «Sur la question politique, sur celle des relations entre psychanalyse et national-socialisme, quelques lettres à Eitingon constituent une mine, Correspondance (1906-1939), traduction d'Olivier Mannoni, Hachette, 2009. Egalement indispensable pour approcher la machinerie de l'institution psychanalytique»).  


Pas question de montrer mes quartiers de noblesse de gauche (la chose est connue publiquement, la dame le signale elle-même dans ce même texte en me présentant, sans craindre le ridicule d'affirmer l'exact contraire de sa thèse, comme «un freudo-marxiste» (page 1) pour réfuter l'assertion selon laquelle je «réhabilite le discours de l'extrême droite française» (idem)!


Madame Roudinesco qui fut longtemps stalinienne au Parti Communiste français a gardé les tics d'une pathologie qu'on ne soigne jamais: elle est toujours bel et bien l'éleveuse des vipères lubriques et des hyènes dactylographes, ces animaux d'un temps qui fut le sien, celui de sa gloire passée, mais c'était un temps où je n'étais pas encore né...

Juste une remarque: le fichier qu'elle diffuse d'une manière hystérique et compulsive sur le net et qui contient cette prose scientifique (dans le sens que Freud donnait à ce mot...)  a pour titre : «Roudinesco sur Onfray»... Si j'étais psychanalyste, ce qu'à Dieu ne plaise, j'y verrai quelque chose comme un acte manqué qui trahit un désir inconscient! Quand je pense qu'on ne peut même pas lui conseiller le divan – puisque c'est déjà fait! Preuve définitive, d'ailleurs, de l'inutilité de ce genre de pratique pour en finir une bonne fois pour toute avec les pathologies mentales, non?

J'ai pas forcément compris, en tant que béotien, le quart du millième de cette bataille très sûrement d'avant garde en ce qui concerne l'approche Freudienne et psychanalytique moderne.

Mais j'en tire déjà deux enseignements fort intéressants :

1 - Le Onfray il est chaud comme les marrons, et il propose déjà des galipettes dans le titre à sa contradictrice, pas bien sûr qu'elle soit d'accord, mais bon, c'est un style comme un autre.

2 -Plus les intervenants sont intelligents, visiblement doués de connaissances et de cultures diverses, et plus ils sont hargneux et vindicatifs dans leurs empoignades, ce qui les fait qqpart étrangement ressembler au gueux de base (cad moi en qqsorte).

Je ne sais pas si cela doit me rassurer, mais bon, comme à l'image de Sartre, je n'ai jamais pu encadrer les psychanalystes, ni même leurs multiples thèses bien foireuses, je penche plutôt pour le camp Onfray dans un premier temps.

Je crois d'ailleurs que c'est le neveu de Freud, Edouard Bernaes, qui a écrit "Propaganda" dans les années 20 aux USA, un livre de manipulation des masses à grande échelle, dont l'affreux Goebbels s'est servi un peu plus tard avec sa maxime devenue légendaire depuis "Plus c'est gros comme mensonge, plus ça passe facilement" (sic)  

Pour la psychanalyse, je pense que l'arnaque doit être du même tonneau en fait. 

@ +NOE- 

C'est beau la philosophie!

Comme à son accoutumé...Onfray nous offre du médiocre et de l'insipide. Il est horripilant...Il me fait penser à Alain Soral.

Le billet de ce Monsieur est abject, il reflète bien son arrogance, l'arrogance d'un boulimique des plateaux télé qui entend bien y rester invité.

Ah  !!! ça y est, je crois que j'ai enfin compris où ce situe le noeud de l'affaire.

Onfray dit que la psychanalyse c'est de l'arnaque, un peu comme Jean-Paul Sartre qu'est mon maître à penser. Et Onfray est du côté du peuple avec ses universités populaires "gratos", donc ça me plaît encore plus.

L'autre elle défend bec et ongle son "big business" telle une hargneuse petite boutiquière de base, alors que son commerce ne semble reposer sur rien, voire même pas grand chose, carrément du vent en clair.

Dans le Far-West ces charlatans là repartaient aussi sec avec du goudrons et des plumes, ça se perd quand même toutes ses bonnes vieilles coutumes de rééquilibrage et de correction dans le bon sens du terme.

J'espère que la SS ne les rembourse pas au moins tous ces truands de psychanalystes, autrement ne cherchez pas, je sais où est passé le trou de la sécu. et comment le combler surtout.

Je reste dans le camp d'Onfray pour le coup.

@ +NEO- 

 

Onfray, rien qu'à cause de ses cours d'université populaire, versus Roudinesco, + 1

 J'attends qu'il nous fasse un cours sur Spinoza aussi bien que celui de Deleuze ...

 

 Onfray à propos de la psychanalyse...mais s'agit-il de psychanalyse ? 

 

 Quand je pense qu'on ne peut même pas lui conseiller le divan... Preuve définitive, d'ailleurs, de l'inutilité de ce genre de pratique
pour en finir une bonne fois pour toute avec les pathologies mentales,
non ?

 Michel Onfray

 

 A ce sujet - "en finir une bonne fois pour toutes avec les pathologies mentales" -, inutile en effet d'attendre de "ce genre de pratique" (le divan) la "solution finale" (en finir une bonne fois pour toutes). 

 La psychanalyse ne se réduit d'ailleurs pas au signifiant "divan", lequel signifiant a plus d'une signification - je laisse ses significations à Onfray qui aura au moins récolté ici un compagnon idéologique transitoire en la personne de Vertubleu... Haine de l'Autre, haine des femmes, etc etc.

 

 

 

Roudinesco vous a bien récolté. Ca fait un partout!

Je "dément" fermement les propos déplacés et mensongers de JoHa portés à mon endroit :

1- Je suis proche de tout autre quel qu'il soit et d'où qu'il vienne, sauf lorsqu'il me dit à priori qu'il est supérieur à moi du fait d'un exclusif privilège de naissance ;

et

2 -J'adore les femmes en général, sauf celles que je n'aime pas, bref je suis qqun de normal quoi, enfin il me semble.

@ +NEO- 

Admettons un instant qu'il y ait sur ce forum d'autres lecteurs que le genre faussement gauche et vraiment beauf de vertubleu et ses allusions irrésistibles à ...Goebbels! Et dans ces conditions, on voit bien l'inégalité de la situation. D'une part un texte de Onfray où il se garde bien de répondre autrement que par ses dénégations au ton machiste ( la petite dame etc.) . Et en face, sur ce forum, sur médiapart, depuis vendredi, rien. Sauf ce poulet mal ficelé visiblement sollicité par la rédaction de médiapart, toujours aussi "professionnelle".

Alors puisque Mediapart se la joue au grand média démocratique, voyons voir si nous pouvons égaliser un peu: et lisez donc Roudinesco: c'est à couper le souffle. Et pas seulement le souffle nous murmure très fort le pauvre Onfray, le satyre du bocage bas à qui vraiment, il faudrait... mais non: laissez-lui son pauvre cas!...

 

Communiqué d'Elisabeth Roudinesco ( version intégrale de l'article paru dans Le Monde des livres:

 

   Pourquoi tant de haine? (suite)

Dans un brûlot truffé d’erreurs et traversé de rumeurs, à paraître le 21 avril chez Grasset sous le titre Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne, Michel Onfray traite les Juifs, inventeurs du monothéisme, de précurseurs du nazisme et Freud d’abuseur sexuel, admirateur du régime hitlérien (par sa théorisation de la pulsion de mort). Il fait de la psychanalyse une science nazie fondée sur l’adéquation du bourreau et de la victime et réhabilite le discours de l’extrême droite française. De telles positions vont bien au-delà d’un simple débat sur Freud et la psychanalyse.

1- Description de l’ouvrage

        Le 21 avril 2010 sort en librairie, sous la plume de Michel Onfray, un nouveau brûlot contre Freud : Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne. Publié chez Grasset et composé de cinq parties, l’ouvrage est dénué de sources et de notes bibliographiques. Il est truffé d’erreurs et traversé de rumeurs. L’auteur projette sur l’objet haï ses propres obsessions  - les Juifs, le sexe pervers, les complots - au point de faire de Freud un double inverti de lui-même, et de la psychanalyse l’expression d’une autobiographie de son fondateur transformé en criminel affabulateur. Face à cet alter-ego, rejeté en enfer, l’auteur se veut un libérateur venant sauver le peuple français de sa croyance en une idole dont il annonce le crépuscule.
        Négligeant les ouvrages consacrés à Freud depuis quarante ans, Onfray se présente comme un historien sérieux, écrivant la première biographie non autorisée de Freud et convaincu que ne sont aujourd’hui disponibles que celles d’Ernest Jones et de Peter Gay, parues, la première entre 1953 et 1957, et la deuxième en 1988. Il ne cite ni les travaux des historiens de Vienne (Schorske, Johnston, Le Rider, etc...), ni ceux consacrés à la question de la judéité de Freud (Yerushalmi, Yovel, Derrida, Gay, etc...), ni aucun des essais (des dizaines dans le monde, dont beaucoup sont traduits en français) concernant les différents aspects de la vie de Freud : on connaît aujourd’hui au jour le jour chaque événement de la vie de celui-ci et de celles de ses compagnons, disciples et dissidents. Onfray ne connaît rien à la vie de Breuer, Fliess, Ferenczi, Rank, Jones, Adler, Jung, Melanie Klein, Marie Bonaparte, Lou Andreas-Salomé, Anna Freud (à propos de laquelle il cite une biographie erronée que plus personne ne lit). Pas un mot sur la question discutée de la sexualité féminine (de Helen Deutsch à Karen Horney en passant par Simone de Beauvoir, Juliet Mitchell Judith Butler), ni sur l’histoire de la fondation de l’International Psychoanalytical Association (IPA), ni sur la révision des grands cas (à propos desquels il commet de lourdes bévues).
        Quant à l’oeuvre de Freud, traduite en 60 langues, Onfray dit en avoir pris connaissance pendant cinq mois (entre juin et décembre 2009) dans la traduction des PUF, celle qui est aujourd’hui la plus critiquée par l’ensemble des spécialistes. Il ne fait aucune référence au grand débat sur les traductions et n’a consulté aucune archive : ni à la Library of Congress de Washington, ni au Freud Museum de Londres.  Il ignore le monde anglophone, germanophone et latino-américain et ne connaît guère l’histoire de la psychanalyse en France.
        Onfray cite l’ouvrage de Henri Ellenberger, Histoire de la découverte de l’inconscient paru en 1970 (en anglais) et traduit pour la première fois en français en 1974 et réédité en 1994. Il souligne qu’il s’agit là de la première grande révision de l’histoire officielle de Freud, ce qui est inexact puisqu’il oublie l’oeuvre d’Ola Andersson (Freud avant Freud. La préhistoire de la psychanalyse (1962), Les empêcheurs de penser en rond, 1997), antérieure à celle d’Ellenberger. En outre, comme il date la parution du livre d’Ellenberger de 1991, il fait donc débuter l’historiographie savante avec vingt ans de retard, tout en soulignant qu’elle est encore occultée aujourd’hui, alors même qu’elle est en pleine expansion et que les archives de la LOc, après les grandes batailles des années 1990, sont en train d’être déclassifiées selon les règles en vigueur. Onfray se trompe également sur la date de parution du livre de Frank Sulloway, Freud biologiste de l’esprit, publié en anglais en 1978 et deux fois édité en français ( 1981 et 1998, Fayard, préface de Michel Plon). Il croit donc qu’aucun travail non hagiographique n’existe à ce jour sur Freud, ce qui lui permet de se présenter comme le premier auteur à redresser des légendes dorées, déjà invalidées depuis trente ans. Il ne fait d’ailleurs aucune différence entre histoire pieuse, histoire officielle, pensée irrationnelle, historiographie fondée sur des légendes noires et des rumeurs (courant dit «révisionniste» ou, en anglais, «destructeur de Freud») et histoire savante. D’où un manichéisme absolu : d’un côté les «bons» anti-freudiens, de l’autre, les «mauvais» adeptes d’une affabulation.
        Ignorant les travaux américains et ne connaissant Freud que par ce qu’il en a lu en français, Onfray se trompe également sur la date de parution de la correspondance non expurgée de Freud avec Wilhelm Fliess, essentielle pour décrypter les modalités de de l’invention de la psychanalyse et les hésitations et errances du premier Freud. Celle-ci est pourtant disponible en anglais, allemand,  portugais, espagnol depuis 1986. Elle a été traduite pour la première fois en français en 2006, soit vingt ans plus tard, ce qui fait croire à Onfray qu’elle a été occultée jusqu’à nos jours.          
        N’étant formé à aucune tradition universitaire, n’ayant aucune idée de ce qu’est l’internationalisation de la recherche en histoire, Onfray néglige la réalité du travail historiographique qui se fait dans ce domaine depuis des décennies, mais il s’appuie sur ce qu’il considère comme le nec plus ultra de la recherche historique  :  Le lIvre noir de la psychanalyse (Les Arènes, 2005), qui réunit une quarantaine de contributions. Si Freud y est traité d’escroc et de menteur, avide d’argent et incestueux par le courant historiographique révisionniste américain, les psychanalystes - français notamment - y sont accusés de complots et de contaminations diverses, les uns parce qu’ils auraient été défavorables à la vente de seringues pour les malades du sida - rumeur inventée de toutes pièces - et les autres parce que, adeptes de Françoise Dolto, morte en 1988, ils auraient favorisé après 2000 l’abaissement de l’autorité à l’école en idéalisant l’ «enfant roi». Quant à Jacques Lacan, il est comparé à un gourou de secte, tandis que l’ensemble des associations psychanalytiques sont brocardées pour avoir été à l’origine d’un véritable goulag freudien : au moins dix mille morts en France. Aucune source ne vient étayer cette affirmation insensée.
            Contrairement à ses nouveaux amis qui ont réussi, comme il le raconte lui-même (Crépuscule, p. 585), à le convertir à la vraie vérité - celle de la conspiration des freudiens contre la société occidentale -, Onfray ne s’attaque qu’à Freud, laissant entendre que plus tard, dans un autre volume, il s’occupera de ses héritiers.

2- Portrait de l’auteur en dieu solaire, hédoniste et masturbateur
        
        Avant d’analyser le contenu du brûlot, il faut donner quelques indications permettant de comprendre comment Onfray en est arrivé à se «convertir» à l’anti-freudisme le plus radical.
        Fondateur d’une Université populaire à Caen, il est connu pour avoir rassemblé autour de lui un vaste public qui suit son enseignement en croyant avoir affaire à une entreprise moderne de rénovation du discours philosophique. Convaincu que l’Université française et l’Ecole républicaine sont des lieux de perdition dans lesquels des professeurs assènent à des enfants des vérités officielles dictées par un Etat totalitaire, Onfray a entrepris une révision de l’histoire des savoirs dits «officiels». Il se veut libertaire, d’extrême gauche, adepte de Proudhon contre Marx et se proclame le défenseur du peuple exploité par le capitalisme. Aussi a-t-il été pendant un temps proche du Nouveau parti anticapitaliste avant d’appeler à voter pour le Front gauche aux dernières élections régionales.
         Depuis plusieurs années, il diffuse largement une «contre-histoire de la philosophie», qui prétend lever des refoulements sur des savoirs qui auraient été censurés par les professeurs, par le pape, par les prêtres. Aussi a-t-il mis au point une méthodologie qui s’appuie sur le principe de la préfiguration : tout est déjà dans tout avant même la survenue d’un événement.
         Grâce à cette méthodologie, qui rencontre un vrai succès populaire auprès d’un public fasciné par ce qu’il croit être une insurrection des consciences, Onfray a pu affirmer qu’Immanuel Kant, philosophe allemand des Lumières, n’était qu’un précurseur d’Adolf Eichmann - l’organisateur de la «Solution finale» qui se voulait kantien (Le songe d’Eichmann, Galilée, 2008) -, que les trois monothéismes (judaïsme, christianisme, islam) sont en eux-mêmes des entreprises génocidaires, que l’évangéliste Jean est l’ancêtre d’Hitler, que Jésus préfigure Hiroshima, et qu’enfin tous les musulmans de la planète sont des fascistes guidés par d’infâmes ayatollahs (Traité d’athéologie, Grasset, 2005)
         A l’origine de cette sombre affaire, les Juifs, fondateurs du premier monothéisme - c’est-à-dire d’une religion sanguinaire, axée sur la pulsion de mort - seraient donc, selon Onfray, les responsables de tous les malheurs de l’Occident, les véritables «inventeurs de la guerre sainte» : «Car le monothéisme tient pour la pulsion de mort, il chérit la mort, il jouit de la mort, il est fasciné par la mort, il est fasciné par elle (...) De l’épée sanguinaire des Juifs exterminant les Cananéens à l’usage d’avion de ligne comme de bombes volantes à New York, en passant par le largage de charges atomiques à Hiroshima et Nagasaki, tout se fait au nom de Dieu, béni par lui mais surtout béni par ceux qui s’en réclament.» (Traité d’athéologie, p. 201, 212, 228, etc...)
        A cette humanité monothéiste (juive, chrétienne, musulmane) exclusivement vouée à la haine et à la destruction, Onfray oppose une humanité athéologique, soucieuse de l’avénement d’un monde hygiéniste, paradisiaque, hédoniste : celle orchestrée par un dieu solaire et païen, entièrement habité par la pulsion de vie et dont lui, Onfray, serait le représentant sur terre avec pour mission d’inculquer à ses disciples la meilleure manière de jouir sexuellement de leur corps et du corps de leurs voisins : par la masturbation. Bien qu’il ne sache pas de quoi il parle et qu’il ne cite pas le livre de Thomas Laqueur (Le sexe solitaire. Contribution à une histoire de la sexualité, Gallimard, 2004), Onfray se montre bien décidé à faire de son pénis l’objet d’un culte phallique et volcanique hérité des anciens dieux de la Grèce, lesquels, en tant que présocratiques, seraient les précurseurs de Nietzsche. Que Nietzsche ait effectué un grand retour aux présocratiques ne fait pourtant pas de ceux-ci un précurseur de celui-là.
        Au fil d’un enseignement fortement médiatisé, Onfray a réussi à convaincre un large public que les représentants de ce dieu païen, célébrant les vertus de la foudre, des comètes et des orages, n’ont jamais fait la guerre à quiconque et sont des pacifistes admirables. Dans cette Grèce vertueuse du bocage de basse Normandie, inventée par Onfray, Homère n’existe pas, ni la guerre de Troie, ni Ulysse, ni Achille, ni Zeus, ni Ouranos, ni les titans, ni la tragédie....        
        Onfray raconte qu’il a été, dans son enfance, la victime de méchants prêtres «salésiens», dont certains étaient pédophiles (Le crépuscule, p. 15) et qui ont fait de lui ce qu’il est devenu. Rebelle en émoi, hanté par le complot oedipien qui se serait abattu sur lui, il affirme que son père, malheureux employé de laiterie, aurait été la victime passive de sa mère tout au long d’un drame ayant pour toile de fond le «marché de la sous-préfecture d’Argentan» (p.15). Cette mère haïe avait été elle-même abandonnée dans un cageot à sa naissance et elle en avait conçu une détestation de son propre fils, au point de le frapper et de lui prédire qu’il finirait sa vie sous l’échafaud : «Sans jamais avoir tué père (et surtout) mère, ni visé une carrière de bandit de grand chemin, encore moins envisagé l’art de l’égorgeur, je me voyais mal sous le couteau de la veuve. Ma mère si!» (La puissance d’exister, Grasset,  2006, présentation par l’auteur)
         Pour se venger de la haine que lui a inspiré sa mère, il a décidé d’attaquer celui qu’il considère comme le responsable de tous les complots contre le père : Sigmund Freud, dont on sait qu’il fut adoré par sa mère. Onfray l’avait admiré pourtant au point de le lire dès son enfance en se masturbant (Philosophie Magazine, 36, février 2010, p. 10) puis d’inclure sa glorieuse histoire dans celle de l’athéologie (Traité, p. 265). Mais voilà que, depuis sa conversion, Onfray dénonce le complotisme freudien qui consiste, selon lui, à promouvoir la haine des pères et l’adoration des mères pour mieux les séduire sexuellement : telle est à ses yeux l’essence de la psychanalyse, pur et simple récit autobiographique de ce fondateur dépravé dont il «n’avait pas prémédité l’assassinat» (Livres-hebdo, p. 16.)
        Et du coup, il tente, contre Freud et contre le judéo-christianisme, de réhabiliter la figure maltraitée du père. Mais il n’aime les pères qu’à condition qu’ils ne soient jamais pères. Fervent adepte du célibat, Onfray ne cesse d’affirmer son refus de la paternité : «Les stériles volontaires aiment autant les enfants, voire plus, que les reproducteurs prolifiques (...) Qui trouve le réel assez désirable pour initier son fils ou sa fille à l’inéluctabilité de la mort, à la fausseté des relations entre les hommes, à l’intérêt qui mène le monde, à l’obligation du travail salarié? (...) Il faudrait appeler amour cet art de transmettre pareilles vilenies à la chair de sa chair?» (Théorie du corps amoureux (2000), LGF, 2007, p. 218-220)

3- Freud pervers sexuel, la psychanalyse science nazie
       
             Pour mieux faire de son brûlot la suite logique de sa contre histoire des savoirs officiels, Onfray présente Freud comme un monstre pervers, maltraitant son père jugé pédophile, ayant abusé psychiquement de ses trois filles (Mathilde, Sophie et Anna), et commis l’adultère avec sa belle-sœur pendant quarante ans, de 1898 à sa mort. L’appartement de Vienne était, selon lui, un lupanar et Freud un abominable Œdipe : il ne pensait qu’à coucher «réellement» avec sa mère (même à un âge avancé) puis à occire «vraiment» son père,(même après la mort de celui-ci, survenue en 1896), et enfin a fabriquer des enfants incestueux pour mieux les violenter.
        C’est ainsi que pendant dix ans, Freud aurait «torturé» sa fille Anna tout au long d’une analyse en forme de procès inquisitorial qui aurait duré onze ans (entre 1918 et 1929) et au cours de laquelle, chaque jour, dans le secret de son cabinet, il l’aurait incité à devenir homosexuelle (Le crépuscule, p. 243-245). S’il est exact que Freud a bien analysé sa fille, la cure a duré quatre ans et non pas onze. Et quand Anna a commencé à se rendre compte de son attirance pour les femmes, Freud l’a plutôt incitée à s’orienter vers le travail intellectuel.  Par la suite, quand elle a vécu avec Dorothy Burlingham et qu’elle a «adopté» les enfants de celle-ci, il a fait preuve de tolérance. Freud n’était ni homophobe ni misogyne, même si sa conception de la sexualité féminine est discutable et a été discutée de nombreuses fois.  
        Peu importe les discussions des féministes et autres chercheurs : Onfray affirme que le grand abuseur viennois n’était autre qu’un escroc «ontologiquement homophobe» (Le crépuscule, p. 513-513). L’homophobie ontologique selon Onfray serait très différente de l’homophobie politique. La première consisterait à faire de l’homosexualité une perversion et la deuxième viserait à «criminaliser» l’homosexualité. Cette distinction est d’autant plus ridicule qu’elle vise à faire entrer Freud dans la catégorie des pervers. Or, la vérité sur cette affaire est toute différente. Freud, au contraire de bon nombre de ses disciples, ne considérait pas l’homosexualité comme une perversion et il était favorable, politiquement, à une émancipation des homosexuels.
        Une fois de plus, la thèse d’Onfray n’a aucun fondement, sinon d’exprimer la détestation qu’il voue lui-même à l’homosexualité masculine et féminine. En faisant de Freud un dictateur phallocrate possesseur de toutes les femmes - sa mère, ses soeurs, sa belle soeur, ses filles, son épouse -, il parle encore de lui-même. N’a-t-il pas, à de nombreuses reprises, énoncé, en plus de son choix du célibat et de la non paternité, son goût philosophique pour la polygamie solaire, érotique, hédoniste, volcanique, païenne et anti-judéochrétienne ? Rien à redire à cela sinon que, s’agissant de Freud, il se transforme en inquisiteur de ce dont, par ailleurs, il prétend être l’adepte.
        Cédant à une ancienne rumeur inventée par Carl Gustav Jung (et réactualisée par les révisionnistes et les puritains) selon laquelle, Freud aurait eu, en 1898, une liaison avec Minna Bernays, la soeur de sa femme Martha, lors d’un voyage en Engadine (cf. Sigmund Freud, Notre coeur tend vers le sud. Correspondance de voyage 1895-1923, Fayard, 2005 et Le nouvel observateur, 1er février 2007), Onfray en vient à imaginer que celui-ci aurait eu des relations sexuelles perverses avec elle tout au long de sa vie, dans la chambre contiguë à la sienne et sous le regard complice de sa femme Martha qui aurait souvent assisté aux ébats des deux amants. Pire encore, Freud aurait engrossée Minna pour l’obliger ensuite à se faire avorter. A l’évidence, Onfray, aussi peu soucieux des lois de la chronologie que de celles de la procréation, situe cet événement en 1923. Or, à cette date, Minna est âgée de 58 ans et Freud de 67.  
        Et Onfray d’ajouter que Freud aurait cédé à la tentation de subir une opération des canaux spermatiques destinée à augmenter sa puissance sexuelle afin de mieux jouir du corps de MInna : «Cette année-là, écrit-il, Freud le scientifique se fait ligaturer les canaux spermatiques sous prétexte que ce genre d’intervention rajeunit le sujet et ravive les puissances sexuelles défaillantes - les tenants de la version hagiographique du héros renonçant à la sexualité pour sublimer sa libido dans la production d’une oeuvre universelle, la psychanalyse, devront revoir leur copie... En revanche, pour les tenants d’une vie sexuelle active avec tante Minna, et l’hypothèse d’un voyage effectué en Italie pour cause d’avortement, les choses paraissent cohérentes... Les hagiographes l’affirment benoîtement : cette ligature prévenait la récidive de cancer.» (Crépuscule, p. 247). Et dans un entretien donné à  Livres-hebdo (9 avril 2010, p. 16), il ajoute que Freud aurait aussi entretenu des «relations symboliquement incestueuses avec la fille de sa maîtresse. Avec Freud, le bordel n’est jamais très loin du monastère». Mais qui est donc cette fille? Minna n’a jamais eu d’enfant. On se demande comment le journaliste qui s’entretient avec Onfray peut avaler de telles sottises.  A l’émission de Franz-Olivier Giesbert (France 2, 9 avril), il a même dit devant la mine réjouie de son interlocuteur - fier de recueillir des «révélations» de première main - que Freud avait «travaillé à l’Institut-Göring de Berlin entre 1935 et 1938». Or il n’a pas bougé de Vienne à cette époque. Quant à la collaboration des freudiens et de Jones à la politique d’«aryanisation» de la psychothérapie allemande orchestrée par Matthias Göring, elle est parfaitement connue des historiens : Freud a laissé faire - et c’est une faute politique grave - à la suite d’une long conflit dont on trouve la trace dans sa correspondance avec Max Eitingon (Hachette-Littératures, 2009) que Onfray ne cite pas puisqu’il ne connaît pas le détail de cette affaire.
        Convaincu que Minna pouvait être enceinte à l’âge de 58 ans, et ignorant l’histoire de la médecine, Onfray attribue aux hagiographes d’avoir occulté la vérité concernant la sexualité de Freud. La réalité est toute différente : en 1923, Freud a en effet subi une opération de ligature dite «opération de Steinbach». Cet endocrinologue était l’un des premiers à avoir découvert la fonction des cellules interstitielles qui sécrètent les hormones mâles. En ligaturant les canaux, il pensait obtenir une relative hypertrophie des cellules et par conséquent un «rajeunissement» du sujet. Comme on pensait à l’époque que la formation du cancer était partiellement due au processus de vieillissement, l’opération de «rajeunissement de Steinbach» était considérée comme un moyen de prévenir le retour du cancer (cf. Max Schur, La mort dans la vie de Freud, Gallimard, 1972, p. 434).
         Défenseur du plaisir solitaire et «solaire», Onfray accuse Freud, non seulement d’avoir engrossé sa belle soeur et d’avoir couché avec la fille que celle-ci n’a jamais eu, mais d’avoir favorisé une immense répression de la masturbation (Le crépuscule, p. 497-504). L’attaque est d’autant plus comique que Freud a été voué aux gémonies par de nombreux sexologues puritains du début du XXème siècle pour avoir condamné toutes les tortures que l’on infligeait aux enfants pour réprimer la masturbation (mains attachées dans le lit, appareils effrayants, excision des filles, menaces diverses, coups,  etc...).
         Obsédé par la pédophilie, Onfray ne cesse de faire des déclarations dans la presse pour dénoncer tous ceux qu’il soupçonne d’être les complices de ce crime. Reprenant à son compte des accusations grotesques contre Daniel Cohn-Bendit, et citant une fameuse pétition de 1977 signée par de nombreux intellectuels français favorables, à l’époque, à une révision de la loi sur la sexualité des adolescents (Sirinelli, Intellectuels et passions françaises, Fayard, 1990, p. 269-270), il n’a pas hésité, dans son blog de novembre 2009, à fustiger l’ensemble de l’intelligentsia française : des suppôts de la pédophilie, dit-il («Pédophilie mon amour»). Et de même, il a pourfendu Roman Polanski et Frédéric Mitterrand : «La pédophilie a bonne presse, écrit-il. Quand Bayrou rappelle à juste titre que Cohn-Bendit caressait le sexe des enfants et se laissait caresser par eux, c’est Bayrou l’infâme! (...) Quand la pétition  contre la majorité sexuelle rassemble en 1977 la fine fleur des intellectuels d’alors (Derrida, Deleuze, Guattari, Althusser, Sartre, Beauvoir, Sollers, etc.....) mais aussi les désormais sarkozystes Kouchner, Bruckner, Glucksmann (...) personne ne trouve à redire, pas même Dolto, signataire elle aussi».
        Si Freud est un pervers sexuel, cela signifie pour Onfray que sa doctrine n’est que le prolongement d’une perversion plus grave encore en ce qu’elle a trait à des origines honteuses : elle serait, selon Onfray, le produit de quelque chose d’étranger au corps normal et sain de l’homme, un hétérogène lié à des stigmates précis. Elle serait donc l’inverse de la doctrine professée par ce dieu solaire et volcanique, source de vie et antithèse absolue du judéo-christianisme créateur de guerre, de  destruction et de pulsion de mort. Aussi bien Onfray fait-il alors de la psychanalyse le «produit d’une culture décadente fin de siècle qui a proliféré comme une plante vénéneuse» (Le crépuscule, p. 566-567). Il reprend ainsi à son compte la grande thématique de l’extrême droite française qui, depuis Léon Daudet, a toujours comparé la psychanalyse à une une science étrangère («boche» ou «juive»), mortifère, conçue par un cerveau dégénéré et née dans une ville dépravée (Vienne) au coeur d’un Empire en pleine déliquescence.
        On ne s’étonnera donc pas de voir surgir sous sa plume, non pas une critique de la psychanalyse à la manière de Theodor Adorno, d’Herbert Marcuse, des féministes ou des culturalistes américains, ou encore de Gilles Deleuze ou de Michel Foucault, mais une accusation semblable à celle des adeptes du néo-paganisme anti-judéochrétien. Car c’est bien dans cette veine que se situe l’auteur du Crépuscule d’une idole quand, retournant l’accusation de «science juive» prononcée par les nazis contre la psychanalyse, il fait de celle-ci une «science nazie» (Crépuscule, p. 566 et sq.) et de son fondateur un hitlérien par anticipation.
        Le raisonnement est simple : accusant Freud d’avoir théorisé la notion de pulsion de mort et de l’avoir inscrite au coeur de l’histoire humaine, Onfray en vient à affirmer que puisque les nazis ont mené à son terme le plus barbare l’accomplissement de cette pulsion, cela signifie bien que Freud serait le précurseur du nazisme et donc un représentant des anti-Lumières, animé par la «haine de soi juive» (Crépuscule, p. 228 et 476). Mais il aurait fait pire encore : en publiant, en 1939, L’homme Moïse et la religion monothéiste, c’est-à-dire en faisant de Moïse un Egyptien et du meurtre du père l’un des principes de l’avènement des sociétés humaines, il aurait assassiné le père fondateur du judaïsme, favorisant ainsi l’extermination par les nazis de son propre peuple (Crépuscule, p. 226-227). Il serait donc, de nouveau par anticipation, un génocidaire. Et Onfray prétend en apporter la  preuve  en utilisant une anecdote connue de tous les historiens..
        En 1933, Edoardo Weiss, disciple italien de Freud, présente à celui-ci, à Vienne, une patiente qu’il a en traitement. Le père de celle-ci, Gioacchino Forzano, auteur de comédies et ami de Mussolini, accompagne sa fille. Au terme de la consultation, il demande à Freud de dédicacer un de ses livres pour le Duce. Par égard pour Weiss, qui sera contraint ensuite à l’émigration, Freud y consent et choisit Pourquoi la guerre? écrit en collaboration avec Einstein (1932-33) : «A Benito Mussolini, avec le salut respectueux d’un vieil homme qui reconnaît en la personne du dirigeant un héros de la culture.» Par la suite, Weiss demandera à Jones de passer sous silence cet événement, mais celui-ci s’y refusera, allant même jusqu’à accuser Weiss de complicité avec Mussolini.
           Sans connaître les détails de cette affaire, à propos de laquelle il se trompe lourdement,  Onfray en conclut que Freud est un fasciste (Crépuscule, p. 524-532) et que Pourquoi la guerre?, écrit en collaboration avec Einstein, est une apologie du crime.  
        Quand on sait que Freud fut un penseur des Lumières sombres et jamais l’adepte des anti-Lumières, qu’il souligna que le meurtre du père était l’acte fondateur des sociétés humaines à condition toutefois que le meurtre fût sanctionné par la Loi (modèle des tragédies grecques) et qu’il était l’admirateur autant de Cromwell (le régicide) que de la monarchie constitutionnelle anglaise (capable de sanctionner le régicide), on se demande comment Onfray peut soutenir de telles extravagances.
        Si la psychanalyse est, comme il l’affirme, une science nazie et fasciste, cela signifie qu’elle est incompatible avec la démocratie . Mais pourquoi alors ne s’est-elle développée que dans les pays où s’était instauré un Etat de droit? Pourquoi a-t-elle toujours été bannie, en tant que telle, par les régimes totalitaires ou théocratiques, même quand ses praticiens collaboraient avec de tels régimes? Onfray ne  se pose pas la question et se contente d’affirmer que si elle a eu du succès, c’est parce que Freud a organisé des «milices» pour la défendre, la transformant ainsi en une religion fanatique favorisant la guerre et les boucheries de guerres, préfigurant Auschwitz, Hiroshima et les guerres coloniales. En conséquence, elle ne doit sa survie qu’au fait qu’elle pose une adéquation entre bourreau et victime.                          
        Refusant le principe même de l’histoire des sciences selon lequel aucune norme ne doit être essentialisée par rapport à une pathologie - puisque les phénomènes pathologiques sont toujours des variations quantitatives des phénomènes normaux -, Onfray reconduit une vision manichéiste de la relation entre le normal et le pathologique. Il la pense selon l’axe du bien et du mal : d’un côté le paradis de la norme (les adeptes du dieu solaire, pacifistes et hédonistes), de l’autre, l’enfer de la pathologie (les fous, les salauds, les pervers, les monstres, les chrétiens, les Juifs, les nazis, les musulmans). Tant et si bien qu’il en vient à affirmer que la psychanalyse, en tant que science nazie, n’est pas capable - pas plus que Freud lui-même - de distinguer le bourreau de la victime, puisque, pour elle, «tout se vaut» : le malade et l’homme normal, le fou et le psychiatre, le pédophile et le bon père, etc... Et, à propos de l’extermination des quatre soeurs de Freud par les nazis, il en conclut «qu’on ne peut pas comprendre le problème de la Solution finale qui saisit la famille Freud. De quelle manière saisir intellectuellement, dit-il, ce qui psychiquement distingue Adolfine, morte de faim à Theresienstadt, et ses trois autres sœurs disparues dans les fours crématoires en 1942 à Auschwitz et Rudolf Höss, puisque rien ne les distingue psychiquement sinon quelques degrés à peine visibles et comptant pour si peu que Freud n’a jamais théorisé cet écart minime, pourtant tellement majeur?” (Crépuscule, p. 566).
        Notons au passage qu‘Onfray se trompe de camp : Rosa fut exterminée à Treblinka et Mitzi et Paula à Maly Trostinec. Si la «Solution finale» a bien saisi la famille Freud, ce n’est certainement pas dans ce face à face sans «distinction psychique» imaginé par Onfray entre le Commandant du camp d’Auschwitz (Höss) et les quatre soeurs du fondateur de la psychanalyse, accusé d’avoir éliminé, par anticipation, toute différence entre l’exterminateur et ces victimes.
        «Que la haine soit l’autre visage de l’amour, écrit Onfray parlant de Freud, qu’on me permette de douter, d’abord parce qu’il n’y a pas chez moi de haine de la psychanalyse (...)» Et il ajoute : «Toute haine d’une victime juive pour son bourreau nazi me semble loin de signifier chez elle un autre nom de l’amour! Il faut en finir avec ce genre de pseudo-argument freudien que le rien est l’une des modalités du tout, que le blanc est l’une des modalités du noir, que la critique (ouverte) de Freud est l’une des modalités (inconsciente) de l’amour de Freud.» (Lire, mars 2010, p.35)
        Emporté par le déni de sa haine, Onfray ne cesse d’attribuer au fondateur de la psychanalyse ses propres obsessions. C’est bien Onfray et non pas Freud qui se permet d’affirmer que la haine d’une victime juive pour son bourreau nazi est l’autre nom de l’amour. Et c’est de son imagination qu’est sorti le scénario macabre de ce face à face entre Rudolf Höss et les quatre soeurs de Freud.  
         Puisque la psychanalyse n’est que l’autre nom d’une science nazie inventée par un Juif haineux et pervers, on comprend qu’Onfray se livre, à la fin de son ouvrage, à une réhabilitation systématique des thèses paganistes de l’extrême droite française avec lesquelles il entretient une forte relation de connivence.
        Ainsi fait-il l’éloge de La scolastique freudienne (Fayard, 1972), ouvrage de Pierre Debray-Ritzen, pédiatre et fondateur de la Nouvelle droite, qui n’a pas hésité, il y a quarante ans, à fustiger autant le divorce et l’avortement que la religion judéo-chrétienne, hostile selon lui, à l’éclosion d’une vraie science matérialiste. D’où sa revendication d’un athéisme forcené fondé sur le culte du paganisme : «Sur la fin de sa vie, écrit Onfray, cet oncle de Régis Debray qui n’en peut mais (sic) animait une émission sur Radio Courtoisie, un média clairement à la droite de la droite (...) Comment entendre la justesse de bons arguments critiques dans un monde où l’essentiel de la classe intellectuelle communie moins dans la gauche que dans son catéchisme?»
        Non content de s’en prendre à la gauche française, dont il prétend faire partie, Onfray vante les mérites d’un autre ouvrage, issue de la même tradition, Mensonges freudiens. Histoire d’une désinformation séculaire, publié en Belgique par Jacques Bénesteau (Mardaga, 2002), préfacé par un proche du Front national, soutenu par le Club de l’Horloge et dans lequel on peut lire (p.190-191) qu’il n’existait pas d’antisémitisme à Vienne durant l’entre-deux-guerres puisqu’à cette époque de nombreux Juifs occupaient des postes importants dans toute les sphères de la société civile : «Dans son ouvrage, écrit Onfray, Bénesteau critique l’usage que Freud fait de l’antisémitisme pour expliquer sa mise à l’écart par ses pairs, son absence de reconnaissance par l’université, la lenteur de son succès. En fait de démonstration, il explique qu’à Vienne à cette époque nombre de Juifs occupent des postes importants dans la justice la politique, l’édition, ce qui lui vaudra d’être rangé dans le camp de «l’antisémitisme masqué» par Elisabeth Roudinesco («Le club de l’horloge et la psychanalyse : chronique d’un antisémitisme masqué», Les temps modernes, 627, avril-mai-juin 2004) - masqué, autrement dit invisible bien que présent et réel (...) Or, la lecture de ce gros livre ne contient aucune remarque antisémite (sic), on n’y trouve aucune position qui dirait la préférence politique de son auteur.» (Crépuscule, p. 596).
         Au terme de son furieux réquisitoire, Michel Onfray  souscrit donc à la thèse selon laquelle Freud - homophobe, misogyne, précurseur du nazisme, défenseur du fascisme, responsable de l’extermination de ses soeurs, adepte d’une sexualité perverse, et d’une conception pervertie des relations entre la norme et la pathologie - aurait inventé des persécutions antisémites qui n’existaient nullement à Vienne, manière de voir partout et en toutes circonstances - dans la plus pure tradition de l’idéologie complotiste française (d’Augustin Barruel à Edouard Drumont) - la main, l’oeil et le nez de Freud.
        A la lecture d’un tel ouvrage, dont l’enjeu dépasse largement le débat  classique entre adeptes et opposants à la psychanalyse, on se demande comment un éditeur, qui jouit d’une excellente renommée, a pu laisser paraître ce monument d’inepties. Les motivations mercantiles sont-elles désormais d’un tel poids qu’elles seraient susceptibles d’abolir tout jugement critique?

                

Oui, pourquoi tant de haine ? Car il n'y en avait pas dans le texte d'Elisabeth Roudinesco.

Un peu d'attention sur ce qu'il se passe sur Médiapart ne serait peut-être pas inutile, Solzasco?

Tiens, c'est du Wiki  :

 "Edward Louis Bernays, né à Vienne en Autriche le 22 novembre 1891 et mort à Cambridge (Massachusetts) le 9 mars 1995, est considéré comme le père de la propagande politique institutionnelle et de l'industrie des relations publiques, dont il met au point les méthodes pour des firmes comme Lucky Strike. Son œuvre aborde des thèmes communs à celle de Walter Lippmann, notamment celui de la manipulation de l'opinion publique. Il fit à ce titre partie du Committee on Public Information créé par Woodrow Wilson pour gagner l'opinion publique américaine à l'entrée en guerre des États-Unis en 1917.

Il est le neveu de Sigmund Freud.

 

 Théories [modifier]

En combinant les idées de Gustave Le Bon et Wilfred Trotter sur la psychologie des foules avec les idées sur la psychanalyse de son oncle maternel, Sigmund Freud, Eddy Bernays a été un des premiers à vendre des méthodes pour utiliser la psychologie du subconscient dans le but de manipuler l'opinion publique.

Pour lui, une foule ne peut pas être considérée comme pensante, seul le ça s'y exprime, les pulsions inconscientes. Il s'y adresse pour vendre de l'image dans des publicités, pour le tabac par exemple, où il utilise le symbole phallique. À la demande de l'industrie cigarettière, qui cherchait à faire tomber le tabou de la consommation du tabac par les femmes, il a notamment organisé des défilés très médiatisés de « fumeuses » jeunes et jolies qui affirmaient leur indépendance et leur modernité par l'acte de fumer en public ("Les torches de la liberté"...).

En politique, il « vend » l'image des personnalités publiques, en créant par exemple le petit-déjeuner du président, où celui-ci rencontre des personnalités du show-biz. Il considère qu'une minorité intelligente doit avoir le pouvoir « démocratique » et que la masse populaire doit être modelée pour l'accepter.

Il est l'une des sources des méthodes ultérieures de propagande. Joseph Goebbels s'est fortement inspiré de ses travaux.

Il a été identifié comme l'un des personnages les plus influents du xxe siècle par le magazine Life." (sic)

Tu vois bien que je dis pas de bêtise. 

@ +NEO-  

Bon je récapitule rapidement, vous en avez un qui utilise la psychanalyse pour vendre des cigarettes en masse, l'autre qui ouvre une clinique pour traiter des addictions dues à la cigarette, et le troisième qui analyse la maman et le papa du drogué au tabac pour savoir où se situe la faille de leur éducation qui a mené à cette tragédie, et le tour est joué, ni vu, ni connu je t'embrouille la sécu et tout le monde avec.

Ils sont fortiches ces Pieds Nickelés quand même.

Allez, donnez moi le goudron et les plumes SVP.

mmddrr de mmddrr !!!

C'est Onfray qu'a raison sur ce coup là et Jean-Paul Sartre aussi avant lui sur cette question de truanderie organisée avec "la domination et la manipulation" (voir le Hors-Série du magazine Lire de ce mois consacré à Sartre).

@ +NEO- 

Nous nageons en plein délire avec la reprise périodique des mêmes accusations et déformations. Par exemple, Freud n'a jamais cautionné et s'est même opposé à l'utilisation et la déformation de la psychanalyse faite par son neveu américain. Quant au texte de Onfray il confirme les doutes que j'avais par rapport au sérieux de ses travaux. Les grands hommes comme Marx et Freud, qui ont commis de grandes erreurs mais apporté beaucoup, sont régulièrement attaqués par des hommes de médiocre talent.

Onfray est ici aussi médiocre que dans sa rubrique prétentieuse de Siné hebdo.

Certain vont le comparer à Sartre qui s'essaya à une critique de la psychanalyse;  ils auront tort, le nouvel ennemi de  Freud dit beaucoup de mal de Sartre aussi: pas "solaire" comme Camus l'était.

Onfray libertaire? Une analyse de l'Organisation communiste libertaire est sur le site de groupe pour détomper qui peut l'être.

Onfray ne hait personne? Il insulte la psychanalyse et les psychanalystes, sans y voir de mal. Là encore surtout par bêtise érudite.

Les commentaires du texte de Roudinesco, paru ce jour sur Mediapart, apportent un éclairage autre.

Après Freud, Onfray se lache sur Roudinesco.

Alors que son livre n'est même pas encore publié, il a par avance dans Le Monde de ce jour disqualifié l'ensemble des commentaires ecrits sur internet à propos de "livres à succès"  de "littérature de vespasiennes".

Livre à succès contre littérature de vespasiennes, voilà donc posé par Onfray lui même les termes du "débat". Ce "débat" a toutes les chances de se finir par un procès.

Onfray nous assure que son idée de l"université" de Caen lui est venue pour "sauver la gauche de 2002". C'est très mal parti avec Onfray et je suis ravi de ne pas avoir voter "Front de Gauche".

Soyons assuré qu'avec la promotion du Point et de Libération, le livre d'Onfray soit un "succès de librairie".

Pour ce qui concerne l'émancipation humaine, et l'éducation "populaire", Onfray rejoint le PCF.

.

Belle pirouette de M Onfray! Quand à ses tentatives de redresser des assertions «fausses» telle que sa lecture de Freud depuis 1973, il se prend les pieds dans le tapis: en effet c'est lui qui a déclaré sur France 2 qui l'avait lu..... pendant ses vacances. Un commentaire  piqué je ne sais plus où et qui me plaît assez:

"je vais vous dire ce qu'EST la philosophie, l'Idée de la philosophie, l'En-soi de la philosophie, la Substance de la philosophie, à partir de ma lecture de cet idiot de Saint Thomas d'Aquin". 

Je me  demande si son amie qui enseigne la psychanlyse est toujours son amie.

Mais que t'est-il arrivé Michel? 

Bizarre, bizarre.

Est-ce bien Onfray qui a rédigé ce communiqué?

Par exemple:

"Quand je pense qu'on ne peut même pas lui conseiller le divan – puisque
c'est déjà fait! Preuve définitive, d'ailleurs, de l'inutilité de ce
genre de pratique pour en finir une bonne fois pour toute avec les
pathologies mentales, non?"

 Réduire au cas d'une personne, la preuve de l'inanité d'une pratique, est-ce bien raisonnable?

Dans l'hypothèse où effectivement il est prouvé que l'analyse freudienne est pour le moins peu efficace, puisque le résultat est sinon improbable, dans la plupart des cas, et dans trop de cas il ne règle pas le problème, à la base, qui amène à consulter, déplaçant semble-t-il les sujets de la difficulté, est-ce quand même une raison suffisante pour rejeter, en bloc, tout de l'analyse freudienne, et surtout ses concepts qui sont, pour le moins ceux là, révolutionnaires, et marquent une avancée certaine dans de nombreux espaces qui concernent la psyché humaine?

Enfin, le style, agressif, et polémique et très peu relevé, c'est le moins, correspond-t-il bien à ce qu'on peut attendre de quelqu'un qui se sent assez qualifié pour démonter le monument freudien, et se présente comme philosophe? 

Tout cela est...Bizarre.

Attention là, je déclare que Marx est un super bonhomme tant dans ses analyses scientifiques du capitalisme que dans l'organisation socialiste.

Mais Freud est un truand, c'est désormais prouvé par A plus B.

De plus, quelle est votre source historique, dûment datée, de la relégation de son neveu Bernaes par Freud ??

Je suis comme Madame Annie Lacroix-Riz moi, je veux bien tout ce que vous voudrez, mais seulement si vous apportez des sources historiques bien sûr.

@ +NEO- 

Pourquoi les journaux, et Mediapart aussi, relaient la prose de ce fat et grossier personnage d'Onfray, que Lacan - s'il vivait toujours  - aurait traité de "freluquet" comme il l'avait fait de son vivant à propos de bêtises dites par Derrida ? Si Monsieur Onfray et son Université populaire se gaussent de Freud, ses enseignements n'iront certainement pas enrichir les consciences, "populaires" ou non. 

Dommage, il fut un temps où j'aimais bien Michel Onfray...

La réponse d'Elizabeth Roudinesco est argumentée, celle de Michel Onfray (enfin, plutôt sa "non-réponse" : "pas question de...") est juste ironique, agressive, blessante. Oui, pouquoi tant de haine... contre la psychanalyse ? 

Une chose m'a toujours frappée chez M.Onfray, c'est que tout en se disant hédoniste, il a un air perpétuellement triste. Comme s'il se forçait à être (se dire ?) heureux.

Droit de
réponse à M. Onfray et au « Livre noir de la psychanalyse »,
pour un enjeu de civilisation.

Les œuvres
de Freud et de Lacan ne sont pas à lire, car elles exigent d'être
travaillées.

La
psychanalyse s'intéresse avant tout aux problèmes de traductions.
Celles de la division intrinsèque à toute langue, entre la langue
parlée et la langue écrite.

Les langues
sont comme la libido, deux en une, libido d'objet, libido
narcissique, soulevant l'intolérable aux sociétés paranoïaques
comme la nôtre, qui ne supportent pas que tout ne soit pas écrit.

Si l'immigré
sans papier peut se chasser au faciès, amenant la persécution
jusque dans les rangs de ceux qui se sont intégrés, il n'en va pas
de même des juifs, des homosexuels ou encore des gauchistes,
puisque, ça n'est pas écrit sur leurs figures. Les nazis
résolvaient le problème en les obligeant à porter sur leurs vestes
le sigle de leurs marques. Étoiles jaunes, étoiles roses, étoiles
rouges, étoiles noires.

Les
populations doivent-elle être tatouées au fer rouge ?

L'enjeu est
politique, civilisationnel.

En ces temps
ou la démagogie acoquinée à la technocratie, fait le lit des
totalitarismes, la psychanalyse, loin de l'ontologie réactionnaire,
s'intéresse à la parole et aux effets des discours. Car quand les
parents se déchirent en vociférant et que les sociétés humaines
hurlent aux loups et à la mort, le traumatisme pour l'enfant est
qu'il ne sait précisément plus ce que parler peut bien vouloir
dire.

C'est
qu'avant même d'être né, l'humain est plongé dans une structure
de langage, où déjà on cause de lui et où ces dires le causent.

La
psychanalyse est la seule discipline qui invite à lire, ce qui de
n'être écrit mais parlé, s'est lu à l'insu et qui de cette
ignorance s'écrit symptomatiquement avec le corps, afin que l'ayant
enfin lu correctement, cela puisse s'écrire autrement.

Cette
lecture est au fondement de l'œuvre de Freud, qui voyait dans les
rêves et les lapsus, échappant à la censure de la conscience, les
textes propices à lire les enjeux des désirs inconscients. Et si
ces théorisations s'appuyaient sur la science de son temps, il n'en
sut pas moins produire une révolution copernicienne dans les modes
de pensée. Le génie de Freud est son esprit scientifique, tel que
le défini Bachelard, un esprit qui se trompe, mais se veut toujours
capable de se mettre en question et de corriger ses erreurs, assurant
ainsi pas à pas ses avancées. Il abandonna très vite l'usage de la
cocaïne pour résoudre la dépendance aux morphiniques, tout comme
l'hypnose de ses débuts pour approcher les contenus inconscients et
finit par délaisser séduction et suggestion, au profit de la seule
règle de ses cures de paroles, la libre association et s'il joue du
transfert, c'est pour mieux le défaire.

 

Lacan, son
meilleur lecteur, en trouvant appui des avancées de la logique
mathématique, de l'algèbre de Boole et de la théorie des
ensembles, pour mieux les subvertir, put dés lors fonder la
psychanalyse en une topologie du sujet.

Mais bien
sûr, là dessus, vous préférez faire l'impasse. Un jour, peut-être
!

Si des
effets d'église, voire de religiosité s'en suivirent pour l'un
comme pour l'autre, il ne faut voir là, que la facilité au
psittacisme des suiveurs.

 

Votre
discours, plein de diatribes à l'encontre de la psychanalyse, vous
fait suppôt du cognitivisme neuro-scientifique, qui voudrait tant
pouvoir réduire les hommes à l'état de machine, pour les livrer
clefs en main aux laboratoires pharmaceutiques.

Renoncez
donc à faire de votre servitude une volonté et ne soyez pas inquiet
d'aller vous allonger sur un divan, car vous pourriez enfin y lire
l'importance de la sexualité aux aléas de l'âme humaine, comme y
trouver orientation dans les méandres de la sexuation. Mais pour
cela encore faut-il se vouloir analysant, prêt à enseigner à un
autre dont on se sert comme d'un ouvre boite, ce qui cause nos
souffrances et nos symptômes, car ça n'est pas l'œdipe qui est
universel, c'est l'universel qui est œdipien.

Soit vous
êtes conscient de ce que vous dites et écrivez, auquel cas vous
n'êtes qu'une canaille démagogue, puisque vous faites le lit de
cette idéologie inhumaine qu'est le néolibéralisme tout en vous
revendiquant de gauche, voire même d'extrême gauche. Soit vous
n'êtes pas conscient de ce que vous dites et écrivez, auquel cas
vous n'êtes qu'une belle âme, qui ne se nourrit que de
méconnaissance et joue les esprits forts en dégoisant à tort et à
travers, avec le ton du magister, sur les sujets qu'elle prétend
savoir, sans se donner la peine de les avoir compris. Je vous laisse
le choix.

Paris
le 26/02/10

Frédéric
NATHAN-MURAT Médecin Psychiatre, Psychanalyste pour ceux qui
le disent tel.

> - Vous vous faites analyser ? - Oh, depuis quinze ans seulement. Encore un an, et après j'essaie Lourdes[Woody Allen] [+]
 

en tout les cas, il est certain que des les premiers envoie, le point godwin est deja atteint. Madame roudinesco allant dès les premiers traits à ce point de rethorique, dont les maitres nous apprennent dès la première années à nous mefier.
.
jugement synthetique bavassant. beaucoup de verve et de parole seront deversées, d'un coté comme de l'autre, et il seras sans doute bien difficile de faire le tri entre le premier, qui n'a pas l'habitude d'oublier sa bibliographie, et une seconde qui se doit de défendre ce qui depuis longtemps a été largement dépassé. Freud est un ancètre, un Moïse de la psychée, aujourd'hui l'on attend beaucoup d'un IRM et d'autres moyen plus "sérieux" pour atteindre le fond du problème.
.
quand aux pathologie elle-même, l'homme nait nu et ait jeté dans le monde. ce qu'il est ce que sa psychée est, est le mirroir de son expérience du monde. avec ce que cela comporte de misère et d'ignorance crasse. rien que le cas le de l'évolution de la pensée autours de l'homosexualité comme cas social de maladie nous apprend reellment que la maladie psychique se tient bien plus dans la culture et la société qu'elle n'est dans la psychée elle-même. dans le jeu de puissane entre le moi et et le sur-moi, le "je" tente de ne pas tomber, ni d'être esclave.
.
qu'est-ce que la psychanalise peut-elle guérir, là ou il n'y a rien à soigner, puisque la personne n'est pas malade, mais doit comprendre sa société pour pouvoir l'intégrer, expliciter les interdits les plus funestes afin de vivre-avec et se faire de bonne raison.
.
la psychanalyse souffrira toujours de la subjectivité du psychanaliste, car l'on ne peu neutraliser la psychée humaine, et si d'autant plus que celle-ci est doté d'un si puissant subconscient. la psychanalyse fonctionne comme un système interprétatif, et l'on sais e que la psychiatrie pense des interprétation ne reposant pas sur grand chose. mais là est comme de tout, pour freud et pour le reste il faut sans doute un début. mais reste, que les querelles de chapelle, ne dise qu'une chose, l'on est pas dans le fait scientifique, mais bien dans l'idéologie. ces querelles de chapelle etant la gloire des philosophe et de leur suiveurs, ou nulle certitude ne peu vraiment apparaitre, du fait tout le fait ne repose que sur des paroles, et non sur de tengible et scientifique preuve.
.
Freud est un père (celui de la psychalyse), l'on sent bien chez Onfray son petit coté nitzchéen en goguette allant pourfendre papa (antéchrist), et chez madame roudinesco, cette petite fille amoureuse de son très chère papa, qui ne saurait supporter que l'on égratigne cette figure autant sublime que superbe. (et pas besoin d'être un freud pour avancer cela)
.
allez balle au centre...

tient pendant que j'y suis, M.Onfray, si vous passez par là, a la question que vous posiez dans votre traité d'athéologie, a propos même du terme d'athéisme, et cette façon négative de "nommer" ceux qui ne croient en en rien. le terme "d'incrédule" ne serait-il pas plus pertinant et joyeux.
.
un traité d'incrédulité, ou au bon usage des crédules, n'aurait-il pas cette vertue positive que le terme athée n'a effectivement pas...

En lisant le texte d'Onfray, j'en suis arrivée à me demander de quoi la prétérition pouvait être le symptôme…

L'attaque de Mme Roudinesco contre M. Onfray iconoclaste semble, dans son développement, se résumer ainsi :

Si Onfray attaque Freud, c'est qu'il est ANTISEMITE !

Au crime absolu doit répondre l'opprobre absolue. Y a t-il un quelconque rapport avec l'affaire Siné - Val ou encore Kouchner - Péan dans la forme comme dans le fond ?

je vois là sutout une querelle d'intellos (personnes qui ont tout mon respect par ailleurs) je n'ai pas la culture ni l'intelligence suffisante pour entrer dans leur débat, je me demande simplement quel est l'enjeu de tout cela. Cela me rend triste aussi de voir que tant de savoir et de compétence intellectuelle se trouve gâché dans une querelle de cour d'école. Querelle qui passe au dessus de la tête de tellement d'individus qui ne liront jamais ni ces livres, ni ces articles. des individus bêtement humains (ni sous-hommes ni sur-hommes) qui essayent d'avancer en se demandant ce qu'ils cherchent et ce qu'ils veulent dans cette vie parfois si difficile. 

Madame Roudinesco, Monsieur Onfray, je respecte l'importance de votre différend mais n'est il pas possible d'en faire quelque chose qui nous rende meilleur ? 

L'essentiel c'est le débat de fond.

Tout ce qui ressemble à une "analyse extérieure" de Michel Onfray et de ses suposées intentions en écrivant ce livre va pour moi, à l'encontre d'une conception de l'analyse où c'est l'analysant qui fait le chemin (voir discussion sur l'autre fil).

 

Pourquoi pas de vraie discussions au sujet des différentes voies pour se "débattre" individuelement avec la vie ?

Voie des  philosophies pratiques, voie des  psychanalyses, voies des religions.

Place ou absence du maître.

Etc.

 

 A titre de curiosite certes dans le cadre d'une publicite d'un ouvrage mais interessant ..je trouve et le debat va faire rage dans le lanterneau "philosophique"..pendant un moment !.....

 

http://philosophies.tv/spip.php?article221

J'apporte au débat un petit passage trouvé dans le texte d'E. Roudinesco et qui m'a bien interpellée (moi qui avait apprécié les premières années des conférences de M.Onfray sur France Culture) :

E Roudinesco écrit : "
Ainsi fait-il l'éloge de La scolastique freudienne (Fayard,1972), ouvrage de Pierre Debray-Ritzen, pédiatre et fondateur de la Nouvelle droite, qui n'a jamais cessé de fustiger autant le divorce et l'avortement que
la religion judéo-chrétienne, hostile selon lui, à l'éclosion d'une vraie science matérialiste. D'où sa revendication d'un athéisme forcené fondé sur le
culte du paganisme
:

Puis elle cite M. Onfray  : «Sur la fin de sa vie, écrit Onfray, cet oncle de
Régis Debray qui n'en peut mais (sic) animait une émission sur Radio Courtoisie, un média clairement à la droite de la droite (...) Comment entendre la justesse de bons arguments critiques dans un monde où l'essentiel de la classe
intellectuelle communie moins dans la gauche que dans son catéchisme?»
"

Debray-Ritzen !! J'ai lu en détail (critique) un de ses bouquins  autrefois, plus réactionnaire et élitiste, on ne fait pas ! Le grand défenseur du QI et des inégalités de "constitution" entre les humains...

 

Je crois que par ce biais je commence à mieux comprendre les thèses "solaires" de M. Onfray qu'évoque aussi E. Roudinesco **

 

Le vrai débat qui se réouvre aujourd'hui, au-delà de cette polémique ci,  ne serait-il pas celui-là ?

Entre ceux qui croient à des figures tranchées, univoques,  incarnant soit  le "tout bien" , soit le "tout mal" - on ne pourrait passer de l'une à l'autre que par conversion brutale.

 

**E. Roudinesco écrit sur ce point :

"Onfray reconduit une vision manichéiste de la relation entre le normal et le pathologique. Il la pense selon l’axe du bien et du mal : d’un côté le paradis de la norme (les adeptes du dieu solaire, pacifistes et hédonistes), de l’autre, l’enfer de la pathologie (les fous, les salauds, les pervers, les monstres, les chrétiens, les Juifs, les nazis,
les musulmans).
"

Il est certain que M. Onfray ne semble pas apprécier les fous, en témoigne sa dernière ligne !

Au contraire de son jugement tranché sur l'état mental d'E. Roudinesco, je suis en d'accord avec tous ceux qui estiment que la contribution de celle-ci (que je viens de relire attentivement suite aux critiques), est remarquablement argumentée :

un travail d'historienne qui connaît son sujet et n'en esquive pas les points obscurs, ce que c'est que d'assumer aussi la face sombre de nos histoires...

Avez-vous lu la totalité du texte de Roudinesco ?

Marqué par un stallinisme certain - dont elle emploie le vocabulaire à plusieurs reprises - ce texte est d'une fatuité d'où pointent dédain et mépris.

A côté, le texte de Michel Onfray apparaît mesuré.

Sans me prononcer sur le fond, il n'y a pas photo !

Jean-Paul Sartre a démontré dans "Les Temps Modernes n° 274" d'avril 1969, avec un "Inflitré" au magnétophone en cours d'analyse, qu'il s'agissait d'une arnaque totale ce système de psychanalyse, un véritable jeu macabre et de massacre de domination du Maître à l'Esclave asservi.

"L'homme doit s'arracher à l'inertie des déterminismes"(sic) Sartre.

Par l'exercice malsain de la psychanalyse Freudienne, on replonge l'homme dans le déterminisme, et on l'y enferme, sous la coupe du Maître analyste. 

Sartre fait remarquer non sans humour que le fameux "Trou de balle" du soi-disant grand Freud n'est rien d'autre que le mythe de la grotte dans la philosophie grecque revu et corrigé à des fins autres que celles de la guérison du souffrant (et là c'est grave quand même).

Derrida a également fortement critiqué cette pseudo discipline.

Et Onfray s'y met aujourd'hui avec moult érudites précisions, et la mise à l'index d'une dizaine de personnes qui y gagne un fric fou au détriment des patients et de la sécurité sociale française, dont les moyens ne sont pas illimités comme chacun sait ici.

Alors, ma question est très simple, pourquoi une enquête n'est-elle pas encore ouverte sur cette base très sérieuse cernée par 3 grands philosophes pour confirmer ou infirmer leurs assertions.

@ +NEO- 

 @ Velveth : je l'ai relu en détail, concernant les arguments de fond - historiques en particulier.

Mais je suis d'accord sur le ton. Roudinesco, comem beaucoup de psychanalystes théoriciens, emploie, fait entendre,  un ton qui me déplait.

MaisOnfray tout autant. Il a peut-être un plus grand talent de polémiste, mais la polémique, c'est de l'écume.

 

Pour le match :

-question ton : zéro partout.

-pour la rigueur de recherche et de l'argumentaire :  Roudinesco ne joue aps dans le même registre. Elle fait partie d'uen communauté de chercheurs (historiens), M. Onfray ne s'autorise que de lui-même !

 @ Vertubleu : grand débat, je suis d'accord :

Sommes nous entièrement déterminés, entièrement libres, ou partiellement libres et partiellement déterminés ?

Et, du point de vue de notre égo-centrisme, laquelle de ces 3 thèses avons-nous  intérêt à croire, 

N'oublions pas "d'inviter"  Bourdieu à cette discussion !

Quelle violence Monsieur Onfray! Votre livre sur Freud vous a démasqué...Votre position n'a rien de celle qu'on attendrait d'un philosophe. 

Que n'a-t-il, Sartre (était-ce avant ou après son épopée sur le tonneau à la porte de l'usine de Billancourt ?), démontré ce qu'il en était du rapport maître/esclaves dans les groupes maoïstes qu'il fréquentait, en "infiltrant" son micro des "Temps modernes" ? A l'époque Lacan faisait face, à Vincennes, et dévoilait la farce du gauchisme...

Mais voilà, lever un coin du voile sur la haine, et donc sur l'amour, c'est ce qui empêche les petits trafics de prospérer, et ôte bien des raisons fleurissantes et "faurisonnes" de vivre de la mort...

 

Je ne suis pas du tout d'accord avec Roudinesco lorsqu'elle accuse Onfray d'être antisémite. Mais prenons les choses dans l'ordre: Onfray "démontre" dans son "travail"que Freud était antisémite. Voir les bonnes feuilles publiées par le Point de cette semaine.

Les arguments d'Onfray contre l'oeuvre de Freud sont inconsistants, anciens, déjà récusés. Roudinesco rappelle cela.  Avec son ton habituel lorsqu'elle polémique, que je trouve fort déplaisant.

Onfray développe une philosophie comme vision du monde devant s'articuler à une façon de vivre philosophique. Lui, il parle de Nietzsche  relu par lui, se veut libertaire à sa façon, veut avoir une vie en cohérence avec sa vision du monde, considère que là est la place de la philosophie.

Il trouve la psychanalyse sur son chemin. Il croit pouvoir la récuser. La biographie de Freud lui permet de montrer l'écart entre les écrits de Freud et sa vie; il en arrive à reprendre toutes les attaques visant à présenter Freud comme un manipulateur sans vergogne. Tout le texte de Freud est ramené à cela. Les tâtonnements de Freud, les évolutions de sa pensée, les phases successives de son élaboration, puis les travaux sur Freud, les différentes lectures, contradictoires, de Freud, l'essor des mouvements psychanalytiques en période de recherche d'émancipation, tout cela est balayé par le polémiste "solaire".

Et voila Onfray admirant le travail de Debray-Ritzen, ancien et en cohérence totale avec l'engagement d'alors du professeur dans la Nouvelle droite aux côtés d'intellectuels ravivant les sources intellectuelles du nazisme. En toute connaissance de cause.

La philosophie d'Onfray est devenue un "prêt à penser" dont il est le maitre, maitre s'affirmant libertaire, mais maitre tout de même.

La psychanalyse n'est pas une philosophie, elle n'est pas un discours du maitre qu'il conviendrait d'approcher, elle n'est pas un idéal de vie personnelle, ni de vie en société. Elle propose une façon de cheminer vers une manière de vivre avec ses symptômes, lorsqu'on les trouve invivables, ne promettant même pas une "guérison".

On peut décréter qu'elle est "inefficace", par démonstration tautologique, comme s'y essaie Onfray. Ce qui est nier les témoignages argumenté de milliers d'analysants et ex analysants. C'est se trouver alors au côté des scientistes propagateurs des Thérapies cognitivo comportementales qui nous proposent une conception neurologique simplifiée de l'être humain, TCC qui sont des outils aux mains des DRH dans certaines entreprises à leur grande fierté. Onfray rejoint le "livre noir de la psychanalyse" animés par ces gens-là. Si Onfray est un anticonformiste, sur ce coup-là, il se retrouve dans la tradition des anticonformistes de droite qui furent toujours favorables à plus de répression. C'est son choix.

Où l'on vérifie encore qu'un texte est fait par 2 personnes : celle qui l'écrit et celle qui le lit. Et, à propos, il faudra trouver un équivalent à «stalinisme» qui ne parle plus à la génération post-communisme.

Onfray, Roudinesco...

Sans connaître vraiment la "chose" psychanalyse: apparemment, elle ne guérit pas de la haine de l'autre... qui est la manifestation de la haine de soi, n'est-ce pas? (Que de haine dans ces échanges verbaux entre eux deux, et ce n'est sûrement que le début.)

Et pour répondre à un commentateur plus haut, je ne vois pas le rapport entre le Front de Gauche et M. Onfray -même s'il a voté F de G-. Quelle salade! 

 

Contrairement au Petrus dont il avait tiré si élégante, douce et sage leçon, Michel Onfray, qui en d'autres temps faisait l'éloge de la gentillesse, n'est pas un grand cru débonnaire. Il vieillit mal. Du temps qui passe, il ne semble garder que le pire."Le traité d'athéologie" était déjà navrant ; le billet en forme de non-réponse à Elisabeth Roudinesco est consternant de petitesse hargneuse et renfrognée, de bassesse machiste et de grossiéreté intellectuelle. Quant à ce qui se voudrait une saillie finale (si je puis dire) convoquant la psychanalyse, la psychanalyste et tous analysants et analysés, forcément "malades mentaux" sur le divan de la solution finale, elle est assurément d'une délicatesse et d'un goût exquis. A quoi mène décidément l'impuissance. 

Du débat et du livre à venir, rien à dire, pour l'instant sinon ceci : si l'intérêt à interroger la figure tutélaire de Freud et à développer un regard critique voire même iconoclaste sur sa pensée, sa pratique et tout ce qu'elles ont engendré dans la deuxième moitié du XXème siècle doivent se résumer à s'interroger sur les petites cupidités freudiennes et le fait qu'il ait engrossé sa belle-soeur et l'ait forcé à avorter à 58 ans, je pense que je vais m'abstenir de cette lecture.  Le ton et le niveau même de la polémique qui l'annonce ne donnent pas envie. Le petit père Freud cuisiné à la sauce anti-philosophie solaire des ragots-potins me semble une cuisine peu  goûteuse.

Michel Onfray  proposait à ses débuts une figure solaire hédoniste sympathique, usant très heureusement de métaphores intelligentes, allant d'une allure légère et affûtée,  à saut et à gambade, comme Montaigne dont il se réclamait. Il avait trouvé son format dans le journal hédoniste, fait de petites billets, dont certains sont des petits joyaux effectivement solaires, pétillants de libido sciendi. Mais il n'est pas donné à tout le monde de faire une oeuvre. Freud en a fait une, elle vaut ce qu'elle vaut, mais ç'en est une. Onfray continue de se prendre les pieds dans la mise en scène médiatique de ses élucubrations sur  la pulsion de mort, qui n'en feront jamais une. 

Bref comme dirait le bon Jacques, Michel Onfray mieux de l'oublier. 

Bien cordialement.

 

Pour mettre tout le monde d'accord... il faut lire ce cher Sigmind Freud sur l'édition  "La Bibliothèque numérique" sur Mediapart :

Sigmund
Freud,

Introduction à la psychanalise, tome I

 TOME II

http://fr.calameo.com/read/00012051181b80b45ffeb

 

 

Bref, deux "intellos", j'ai rien compris à leurs textes assez touffus et pompeux dans la sémantique, mais c'est le sujet qui veut cela, sinon ce n'est pas sérieux ..

Bref deux intellos qui se battent  comme des chifonniers.

Vous avez du le lire bien rapidement !

Ce texte est d'un mépris et d'une arrogance (de classe) rares.

Non, c'est vrai. Traiter un mec de nazi, c'est pas de la haine. De l'objectivité peut être?

A Veveth,

Je viens de relire le texte de Roudinesco et celui d'Onfray.

Le "mépris de classe"? la référence au bas-bocage normand, certes.

Mais sinon c'est une historienne de la psychanalyse qui défend la méthode historiographique, son historiographie de Freud, face au livre d'Onfray qui va sur les mêmes territoires. Il est difficile d'en parler plus avant la sortie du livre d'Onfray.

Elle a une façon de polémiquer qui ne ne me convient pas.

Je reprends cependnt ici quelques arguments de cette historienne.

Onfray affimerait faussement que Freud a travaillé à l'Institut Göring de Berlin de 1935 à1938.

Elle souligne qu'Onfray a une conception manichéiste de la relation entre le normal et le pathologique, ce qui se vérifie à la lecture des bonnes feuilles de son livre dans Le Point de cette semaine.

Dans sa réponse, Onfray dit que Roudinesco défend "la pédophilie et les pédophiles". Ce qui n'est pas témoigner d'un esprit de classe, mais, ici, d'une mentalité de flic.

Onfray fait référence poitivement au brûlot anti-freudien de Debray Ritzen en 1972. Debray Ritzen un des intellectuels de la Nouvelle droite d'Alain de Benoist; son livre participa à l'offensive idéologique de ces intellectuels d'extrême-droite. Un pédiatre qui voulait classer les enfants en fonction  leur QI puisqu'il décrétait la part de l'inné très supérieur à celle des acquis. La psychanalyse était donc un ennemi pour lui.

Ce sont quelques faits importants. Qui ne situent plus Onfray dans le camp de l'émancipation, selon moi.

Quant à la psychanalyse critiqué par Onfray, son postulat de départ (c'est une philosophie et une façon d'être au monde), il est faux.

Le texte de Jacques Alain Miller, bref, dans Le Point et les deux autres textes de psychanalystes, parus dans Le Point me paraissent plus percutants que ce texte de Roudinesco.

Cet échange Roudinesco/Onfray n'est pas de haute volée.

Qu'Onfray prenne la posture d'un être persécuté par la vilaine (et vieille, glisse-t-il délicatement) stalinienne, est rusé mais sans rapport avec cet échange. Lui-même désigne Roudinesco comme favorable aux pédophiles, ce qui est insultant.

Pas de haine chez Madame Roudinesco ?

Eh ben, qu'est-ce qu'il vous faut, chère Mithra !

Il suffit de relire son texte copié-collé dans le précédent commentaire.

Haine aussi, d'ailleurs, chez Onfray.

Ces deux ennemis irréductibles veulent visiblement se détruire.

La haine semble réciproque et inexpiable.

Je suis toujours effaré par le manichéïsme des zélotes d'un des deux camps qui ne voit de haine que dans l'autre.

Ces querelles de chapelles sont aussi éruptives que dérisoires.

Les quelques arguments de ces deux belligérants irréconciliables sont, en effet, enfouis sous une telle couche de lave des insultes et anathèmes réciproques que le non-zélote de l'un ou l'autre camp n'a aucun moyen de se faire une opinion sur ce qui est la question centrale : la psychanalyse sert-elle à quelque chose ?

Je parle d'un point de vue médical, pas financier car sur ce deuxième point, la réponse est claire. 

 

 

D'accord avec Joèl Martin.

Avez-vous remarqué que les insultes sont réciproques et identiques: facho, intéressé (l'interêt pour l'argent est une accusation récurrente sur ses pages, comme un absolu de l'immoralité. L'argent c'est vraiment caca. Vouloir en gagner avec son travail, beurk). Cette forme de critique apparentée à la diabolisation n'a rien de rationnel.

Que le polémiste Michel Onfray s'y livre, on pouvait s'y attendre. On attend une autre tenue de la part d'une responsable internationale de la psychanalyse.

Oui et oui.

A moins qu'au lieu de s'attaquer aux mégalos célèbres, il ne s'attaque à un ouvrage sur la mégalomanie où la sienne serait traitée en premier lieu.

Bernard Colin, Elizabeh Roudinesco est surtout une historienne de la psychanalyse.

Rapporter l'agument du parisianisme, forcément intolérant et méprisant, face à la province pleine de vertus, c'est non seulement manichéen et stupide mais dangereux. La pauvreté des arguments d'Onfray n'a d'égal que son incompétence en la matière. Onfray apprend à ses dépens que la calomnie est toujours sanctionnée. C'est la fable de la grenouille qui se voulait plus grosse que le boeuf.

Onfray reprend ici, dans son livre de 600 pages, et développe une à une presque toutes les thèses de Jean-Paul Sartre sur la psychanalyse.

Jean-Paul Sartre vivait-il en Province cher Didier Chauvin ??

@ +NEO- 

Pauvreté et indigence des arguments d'Onfray pris à son propre piège mégalomaniaque. Relancer l'opposition stérile entre le parisianisme forcément méprisant et la province toute vertueuse est la marque de sa vacuité. Onfray est en train d'apprendre qu'on ne calomnie pas sans impunité. C'est la fable de la grenouille qui se voulait plus grosse que le boeuf.

Jean-paul Sartre n'a jamais nié la dualité de la personne : loin de désigner l'inconscient comme tel il préferait utiliser l'expression de "mauvaise foi" pour le nommer. Où mettre dans ce cas la culpabilité, la toute-puissance, la soumission, etc...? Il est sain de débattre, toujours, mais une attaque en règle comme celle d'Onfray me donne à penser qu'on est en régression.

Je m'étais essayé à la lecture de Onfray lors de son traité d'athéologie et j'ai lu la réplique de Beaumier, comme Elisabeth Roudinesco tente de le faire à propos de Freud.

Onfray tente de tourner en ridicule Elisabeth Roudinesco en précisant qu'il cite les livres. Certes, mais il le fait de manière tellement caricaturale, en en extrayant que des passages tronqués, d'une telle façon à douter de sa bonne foi et de sa rigueur de philosophe.

Je ne me risquerai donc pas à perdre mon temps une fois de plus à ce même exercice. Je me trompe peut-être, mais je n'aime pas cette pensée au rabais et la méthode Onfray qui fabrique plus les préjugés qu'elle ne contribue à les dissiper, ce qui devrait être l'ambition d'un bon philosophe.

Comme Solzasco, je m'étonne de la dérive de Grasset qui permet de s'interroger sur son comité de lecture (en existe-t-il un ?)  et le respect de cette maison d'édition pour ses lecteurs. Comment s'étonner ensuite que les Français n'achètent plus de livres et que la culture française n'ait plus aucune influence, au point que le Time ait publié un article sur la mort de la culture française. Un BHL paraphrasant Botul ne peut que confirmer le constat du Time.

Etes-vous toujours en "analyse" au sein de la "Secte des Psychanalystes" cher Chauvin Didier ??

Vous ne semblez visiblement pas comprendre et surtout bien saisir ce que j'ai précédemment énoncé.

Nous avons réussi à interdire la "Scientologie" en France.

Il faut s'occuper de la "Psychanalyse" désormais, et voir combien cette Secte coûte au juste à la collectivité, pour le plus grand profit de seulement un dizaine de personnes, ainsi que l'indique très clairement Onfray chez Giesbert.

@ +NEO- 

@ Pascalb

Merci de l'info, j'en suis un lecteur coutumier.

Vous avez bien fait, cependant, de le rappeler.

Le "surtout" est-il destiné à éliminer ou à souligner d'autres aspects, de ses responsabilités ?

Les deux billets m'ont paru également ennuyeux et je suis d'autant plus à l'aise pour le dire que j'ai souvent apprécié et Michel Onfray et Elizabeh Roudinesco. Quelques commentaires tentent heureusement de s'interroger  sur le fond du débat une fois repoussé l'écume. Pour ma part, je ne sais rien de plus après avoir lu ces billets.

c'est aussi exactement mon point de vue

Une somme de vulgarité et de misogynie dans le texte de Michel Onfray.

Où est la philosophie dans cette réponse, qui est la sagesse
par excellence ?

Quel manque d'élégance, même à l'égard d'une femme qui vous porte la contradiction.

Je ne suis ni un spécialiste de Freud, encore moins de Roudinesco. J'avais cependant une certaine sympathie pour Michel ONFRAY, dont j'appréciais la démarche et les analyses. Mais voilà qu'à vouloir trop en faire, il finit par lasser et produire l'effet de repoussoir de celui qui a des idées sur tout et qui finalement a du mal à accepeter la critique ou la controverse. Quelle violence dans ses propos! D'où vient le malaise que je ressens? Peut être à trop le voir ou l'entendre. Pas une émission de télévision, pas une chronique , sans l'avis de Michel ONFRAY. Finalement, c'est un peu comme Sarkozy, à force d'investir les médias, on finit par ne plus écouter ce qu'il dit ou ce qu'il écrit.Dommage!  Une cure d'abstinence médiatique lui serait peut être salutaire et lui permettrait de retrouver un crédir qu'il est entrain de perdre.

.

Non, Vertubleu, il se pourrait que vous n'ayez
pas tout compris....

J'aurais volontiers laissé un commentaire plus construit, aussi
argumenté que possible - quoique difficile, comme exercice, à partir
d'un texte qui renvoie en permanence à la lecture du livre faute
d'arguments et ressemble donc à un simple exercice de promo - mais voilà
qu'entre temps je tombe sur l'une des multiples interventions d'Onfray
omniprésent, dans le Monde, à propos des commentaires sur internet: "
Aujourd'hui, cette fonction a quitté les toilettes publiques, désormais
entretenues comme un bloc opératoire, pour rejoindre des lieux guère
plus recommandables : les commentaires postés au pied des articles sur
les sites Internet. C'est en effet là qu'on trouve l'équivalent des
littératures de vespasiennes d'hier..."

Je résume: le lâcher sous pseudo. Généralité, jugement hâtif, lieu
commun, tout en un, ça vous enlève l'envie... Et que fait Onfray  ici,
en ces lieux terriblement commentés ?

Pourtant, je me demande encore quelle lecture a pu faire Onfray,
depuis 1973, de Freud pour oser écrire qu'il ne saurait en vouloir à sa
maman sous prétexte qu'il lui a dédicacé un livre. Rigolo.

Mais Vertubleu, non les psychanalystes sont rarement pris en charge
par la Sécu, et seulement s'ils sont psychiatres de formation. Ou
médecins.Pas la majorité.

La psychanalyse peut être interrogée, dans sa pratique, sous bien des
aspects, et notamment sur son aspect désormais normatif, béquille
d'adaptation ( cf Roustang sur ce point notamment). Mais big buziness,
boutiquière, ah Vertubleu, vespasienne, attention....

"

18/04/2010 14:39Par

dominique
conil

Lorsque Michel Onfray s'attaque à Freud ou à Kant il est normal de voir tous le culs-bénis rappliquer dare-dare  pour l'hallali. Roudinesco et Roger Paul Droit même combat. Pour ma part, Onfray est un de ces penseurs qui éclaire un peu les ténèbres  qui couvrent notre Occident moribond. On aurait tort de s'en priver.

bien que normal ( hetero ?, pas fou ? ) comme il dit, je n'oserai plus cette naïveté ajourd'hui, de me croire normal que ce soit sexuellement ou psychologiquement ! 

Onfray m'est apparu comme un pur manipulateur avec son Traité d'athéologie vraiment ridicule et fat  ;  je n'ai donc aucune envie d'entrer dans son jeu en le lisant. Les écoles de psychanalyse sont des églises (ou des sectes selon le point de vue qu'on préfèrera) avec leurs secréts et leurs coulisses; Il y a quelques jours dans unémission TV plutôt ridicule et horripilante où un journaliste lui servait la soupe comme c'est devenu une habitude, Onfray m'a semblé purement pérorer et pas argumenter. Le fond du ptroblème est impossible à aborder dans ces affrontements  biaisés.

J'en resterai à une analyse déjà ancienne de Robert Castel : le Psychanalysme. Point final !

André Rousseau,

Robert Castel n'en est pas resté à son livre des années 70, "le psychanalysme"; il n' a jamais considéré qu'il avait eu le dernier mot. Il est beaucoup plus intelligent et subtil que vous ne le croyez.

Merci de toutes ces précisions chère Dominique Conil, et il est vrai que je me suis un peu emporté dans ce dossier Onfray, me faisant comme vous le dîtes très justement parfois frôler, voire même très directement verser en vespasienne, ce qui est effectivement assez indigne, je le reconnais.

Cela étant, la qualité de la charge qui a été portée à Onfray, avant même que son livre ne soit sorti en librairie, ressemble à s'y méprendre à celle que je me coltine depuis près d'un an sur ce média, à savoir "Antisémite à toutes les sauces" et sous toutes les déclinaisons possibles et inimaginables, ce qui commence également à vraiment user plus qu'un peu dans beaucoup de débats publics en ce moment, ainsi que dans les commentaires suivant les articles sur internet.

En clair ça gonfle.

Je vais relire tout ça calmement, y compris bien sûr le bouquin d'Onfray dès que je le recevrai, à l'aune de vos remarques.

@ +NEO- 

Baruch, s'il-vous-plaît, expliquez-nous. Comment voulez-vous que Michel Onfray puisse faire cours sur votre oeuvre, quand il ne sait même pas lire correctement les Définitions des Affections?

Et sinon:

Sans entrer davantage dans le détail du débat et de la réponse de Michel Onfray, peoplesophe autoproclamé, populiste indigent, il suffit d'y noter qu'il ne nous épargnera même pas une touche de misogynie envers Madame Roudinesco, "petite dame". Et lui, alors, mais alors, "tout petit rien", ici.

Petite bonne femme qui essaie de se nourrir __ autant que faire se peut dans l'espace et le temps que sa condition de mortelle lui assigne__ de ce que l'esprit humain a pu, et peut encore produire, depuis qu'il maîtrise le langage et l'écriture, je reste confondue devant ce déversoir de haines, d'aveuglement, de travestissement de la pensée et de la destinée de ceux que l'on classe parmi les chercheurs de vérités, toutes disciplines confondues.

Méprisant l'humaine condition de ceux-ci, leur prêtant les pires turpitudes, c'est à qui cherchera, sous prétexte d'abattre des idoles, à éclairer le monde, nous inondant à côté d'un savoir intellectuel d'universitaire, d'affirmations sentencieuses, truffées de subjectivité, d'idéologies douteuses, en conséquence, de mensonges caractérisés.

C'est le prix à payer au droit d'expression que je défends sans réserve.

Monsieur Onfray, je ne doute pas un instant de vos bonnes intentions lorsque vous créez votre université populaire, j'ai aimé certains de vos écrits, d'autres ne m'ont paru refléter que vos hantises et vos frustrations, peut-être aussi de vos souffrances.

Nul étonnement d'apprendre que la boue dans laquelle vous traînez le fondateur de la psychanalyse soit des plus nauséabondes et meurtrières.

Je n'ai pas de sympathie particulière pour Madame Roudinesco, qui s'est permise lors de l'émission 2000 ans d'histoire sur France Inter d'affirmer, péremptoire, sans contradicteur possible, que Carl Gustave Jung était sympathisant nazi, protestant pur et dur et antisémite, atteinte scandaleuse à la vérité. Ici et maintenant, sa réaction virulente était prévisible....et certainement nécessaire.

Mais patience, nous aurons droit dans l'avenir à un second crépuscule, à l'affabulation jungienne, n'en doutons pas.

Toutes ces diatribes fort venimeuses ne rendent pas service à l'évolution de l'esprit humain. Ceux qui ont le loisir, la chance et les moyens de parcourir toutes les oeuvres qui seraient nécessaires en l'occurrence pour se faire une idée PERSONNELLE  sur la question risquent d'être malheureusement fort peu nombreux. Beaucoup par contre avaleront (avec gourmandise ?)  ce brouet à prétention pamphlétaire. Ca fait vendre et ça rapporte. Ne nous reste-t-il plus que de croire ? "Un peu de foi éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène" a dit un jour Francis Bacon.

Ainsi, comme d'autres, deux intellectuels de renom concourent, dans une inflation du moi sans limites, à l'entreprise d'acculturation et de nihilisme qui caractérise notre époque.

 Prenons le temps de méditer cette phrase de Rabelais :

"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme"

    je vais m'alonger un moment !

 

Un petite précision.

Les séances de psychanalyse ne sont pas prises en charge par la Sécurité Sociale.

 Pourquoi la fin de l'article de Roudinesco a été modifié, Solzasco?

L'argent c'est vraiment caca. Vouloir en gagner avec son travail,
beurk). Cette forme de critique apparentée à la diabolisation n'a rien
de rationnel.

Que le polémiste Michel Onfray s'y livre, on pouvait s'y attendre. On
attend une autre tenue de la part d'une responsable internationale de
la psychanalyse.

(Bernard Colin)

 

Il me semble que le reproche (fondé ou pas ?) n'est pas de gagner de l'argent avec son travail, mais avec une arnaque. Vous ne convaincrez personne en déformant malhonnêtement les propos d'une des parties.

Exact Camille Payet, seul l'enrichissement sans cause est interdit par la Loi.

Et lorsque ladite "cause" engage de surcroît la santé de très nombreux patients elle devrait être à mon sens, non seulement d'autant plus contrôlée, mais également ouverte à toute critique et examens multiples au regard, tant des progrès enregistrés en sciences médicales, que des résultats effectivement obtenus en terme de nombre de guérisons par ses soins.

Que les tenants de ladite "cause" soient aussi "arc-boutés" et haineux de prime abord, me semble pour le moins contreproductif à la qualité de leur démarche ainsi qu'à l'atteinte de leur objectif, qui ne devrait selon moi que consister à opposer des éléments contradictoirement inattaquables, car l'on parle bien ici de science et pas d'autre chose.

Or, est science avérée, tout ce qui ne se questionne plus, jusqu'au saut qualitatif suivant et ainsi de suite.

J'attends donc, pour le débat du 22 avril prochain chez FOG des statistiques solides de la part des tenants de la psychanalyse qui seront opposés à Onfray dans ce nouveau débat.

@ +OEN- 

 

 

Une suggestion : et si on lisait le livre d'Onfray avant de commenter ce débat...

je me demande vraiment à quoi servent ces forums sinon faire plaisir aux invectiveurs...qui peut être pour certain n'auront lu ni Onfray ni Roudinesco... et puis surtout je me demande pourquoi Médiapart ouvre sa tribune à ce genre de querelles totalement stériles au regard du fond des échanges..... j'attends mieux que cela de ce journal que je continue (encore) d'apprécier...à bon entendeur.....et puis de toutes façons je suis inconditionnel ONFRAY..basta..

et là je vais boire un whisky tiens...

(suite au dernier commentaire de Pascal b. à prpos de Robert Castel) :

Et d'ailleurs le "psychanalysme" a réllement existé (et n'est pas mort) en particulier dans le travail social.

Pour ces idéologues, tout  était "expliqué" par des concepts psychanalytiques, alors mêmes que les situations n'étaient pas des situations d'analyse. Résultats : beaucoup de stigmatisation de familles, dont certaines cumulaient par ailleurs les difficultés. ça leur en faisait une de plus !

 

Mais la psychanalyse, ce n'est pas le psychanalisme, et heureusement.

Toute théorie peut être transformée en idéologie et discours de maîtrise du savoir, tout dépend des intentions de celui qui le veut ainsi. Analyser "l'autre", quel plaisir basique, dans les échanges sociaux...

 

Mais un travail psychanalytique personnel, c'est... un vrai travail, celui se coltiner avec son inconscient très très résistant !

Ma réponse à un post de la page 2 ayant atterri ici, je l'ai effacée.

Bravo la technique !

Petite réponse à Nicole Gulleux  (17 h 23 - 18 /04)

"Un petite précision.

Les séances de psychanalyse ne sont pas prises en charge par la
Sécurité Sociale
."

 

*Elles sont remboursées, si le psychanalyste est par ailleurs psychiatre et ne pratique pas le dépassement d'honoraires.

** Il existe des séances gratuites pour les étudiants (BAPU) ou les familles (CMP), avec certains  psychanalystes qui par ailleurs exercent en libéral.

 

Certains psychanalystes font le choix, partiel ou non,du social, c'est peut-être minoritaire mais ça existe !

 

Abjecte, la réponse de M. Onfray, abjecte ou indigne. Sans plus de commentaire

Oh, un point de détail dans le texte de Michel Onfray, qui accuse Elisabeth Roudinesco de se ranger au côté des pédophiles. L'ensemble de son livre relève t-il du même sérieux ? Du même désir de racoler au plus bas ?

Car Elisabeth Roudinesco, qui ne manque pas de courage en la matière, vu l'ambiance générale autour du "pervers", interroge le statut de celui-ci, historiquement et analytiquement.

Un très court extrait d'entretien, pour situer:

"Notre époque, qui croit de moins en moins à l’émancipation par
l’exercice de la liberté humaine, et pas davantage au fait que chacun
d’entre nous recèle sa part obscure, feint de croire que la science nous
permettra bientôt d’en finir avec la perversion. Mais qui ne voit qu’en
prétendant l’éradiquer, nous prenons le risque de détruire l’idée d’une
possible distinction entre le bien et le mal, qui est au fondement
même de la civilisation ?"

Si c'est cela, se ranger au côté du pédophile, je me range aussi...

 

Ca buzz sec sur médiapart, les cerveaux reptiliens sont en effervescence. C'est peut être le plus grand mérite de Freud d'avoir su taquiner avec une efficacité certaine le dinosaure qui est en nous, ça fonctionne toujours très bien. Les enfants qui connaissent mieux ces questions que nous adorent les dinosaures moi aussi, la querelle dépasse mes espoirs.

.Effectivement ça buzze Indécis et un post écrit en réponse à un autre se retrouve placé un peu au bon vouloir de la machine ...

 

 ...je viens de découvrir la polémique,
en commençant par le texte de Roudinesco, puis la réponse d'Onfray, puis
la re-réponse de Roudinesco et celle de l'historien dont le nom
m'échappe et qui remet (judicieusement ) en mémoire l'hallucinante
plaidoire d'Onfray pour réhabiliter Charlotte Corday ...j'avoue qu'en
lisant la réponse d'Onfray, je ne savais plus trop quoi penser ( sauf
que c'est franchement misogyne ) et patratas (pour lui ) son mot de la
fin : " Quand je pense qu'on ne peut même pas lui conseiller le divan –
puisque
c'est déjà fait! Preuve définitive, d'ailleurs, de l'inutilité de ce
genre de pratique pour en finir une bonne fois pour toute avec les
pathologies mentales, non?". Il signe sa médiocrité et son énorme
suffisance. Impardonnable et rédhibitoire.

ps : petit test très instructif : je viens de taper le nom d'Onfray dans google images, le moins qu'on puisse dire, c'est que ça génère quelques pages ! ...

J'avais écrit que Michel Onfray traîtait tou-te-s ses contradicteur/trice-s de pédophiles et de stalinien-ne-s. Il nous en offre un nouvel exemple: Roudinesco (qui a milité un temps au PCF) ne peut être qu'une méchante "stalinienne" puisqu'elle insulte le gentil Michel Onfray. Polémique de cours de récré. Il me fait penser à ce gamin qui balançait des bûches sur ses petits copains du centre aéré et qui venait ensuite pleurer auprès des animateurs parce qu'il se faisait traîter de méchant.

Au passage, il nous apprend que le texte de Roudinesco "défend les pédophiles et la pédophilie". Franchement je ne vois pas où. Simplement, Onfray se présente comme l'ennemi n°1 des pédophiles. Par conséquent, pour lui tous ceux/celles qui le regardent comme un prêcheur en eaux troubles et qui s'interrogent sur son zèle purificateur halluciné agissent forcemment par complaisance envers les pédocriminel-le-s. "Tout ceux/celles qui ne sont pas avec moi sont contre-moi, Tous ceux/celles qui sont contre moi sont avec les pédophiles".

Onfray accuse Roudinesco de le traîter de "freudo-marxiste", pourtant c'est comme ça qu'il se présentait à l'Huma en 2002, au moment de la fondation de son Université Populaire (chacun peut vérifier: les archives du journal sont en ligne). En ce temps là, Onfray ne traîtait pas encore tou-te-s les communistes de "stalinien-ne-s".Onfray est de mauvaise foi:Roudinesco n'y est pour rien s'il change de haine comme de chemise.

Roudinesco a relevé dans le textes d'Onfray des complaisances pour l'extrême droite (et tout particulièrement pour la "nouvelle-droite" d'Alain De Benoist qui affirme elle aussi sa filliation nietzschéenne et néo-païenne). Onfray se défend d'une étrange façon. Il écrit, dans une singulière antiphrase: "pas question de relever le mépris venu des beaux quartiers parisiens que ses honoraires lui permettent d'habiter contre moi qui suis juste un goy terroir "du bocage de basse-normandie"". Je m'interroge toujours sur le sens de ce "goy terroir". Un goy c'est un non-Juif. Où Roudinesco a t'elle attaqué Onfray comme non-juif? où l'a t'elle critiqué du haut de sa propre (supposée) judéïté? Qu'est-ce que c'est que cette phrase dégueulasse où Onfray accuse Roudinesco de le mépriser parce qu'il n'est pas juif? Et que viennent foutre les honoraires de Roudinesco dans cette affaire? Onfray accuse Roudinesco de l'attaquer pour "continuer a empocher les bénéfices de ce petit-commerce (très) rentable". Onfray n'est bien sûr pas antisémite, sans quoi il aurait écrit "bedide commerze" pour être sûr de se faire comprendre (cf Nadine Fresco, fabrication d'un antisémite). On ne lui fera pas dire ce qu'il n'a pas dit, il se cachera une fois de plus derrière son "amie" Myriam Illouz. Les bonnes âmes le défendront en criant à la chasse aux sorcières et aux politiquement correct.Alain Soral nous a fait le coup de l'homme de gauche diffamé pendant dix ans , jusqu'à être pris la main dans le sac dans la culotte de peau de Le Pen.

 repris depuis ashrafamine http://bibliobs.nouvelobs.com/20100416/18956/roudinesco-deboulonne-onfray 

A part les attaques personnelles où s'exprime la haine de Roudinesco, Michel Onfray nous explique qu'il n'expliquera rien sur son affabulation des affabulations de Freud et ne s'abaissera pas à le faire.

Les lecteurs sont donc avertis.