Happy birthday, Mister Delanoë?

Il y a un an, Bertrand Delanoë entamait un second mandat à la tête de la mairie de Paris. A cette occasion, six élus UMPPA (Union pour une majorité de progrès à Paris et apparentés) –emmenés par David Alphand–, nous ont adressé une tribune dans laquelle ils dénoncent la politique d'«effets d'annonce» d'un homme qui «s'est rêvé, un temps» aux plus hautes fonctions du parti socialiste.

 

 

 

Cruelle est la vie politique, tant sa roue tourne vite. Telle doit être aujourd'hui la méditation de Bertrand Delanoë. En mars 2008, le maire sortant de Paris se voyait triomphalement reconduit dans ses fonctions par le Conseil de Paris. C'était il y a un an, c'était il y a un siècle. Les dates anniversaires se prêtent bien aux bilans. Alors, une année pour quoi faire?

Qu'il est loin le temps d'un maire en apparence innovant, porteur d'espoir et fédérateur d'énergies, à l'aube de son premier mandat. Désormais, Delanoë ne séduit plus. Pire, sa politique a pris un méchant coup de vieux. Ainsi de ses compte rendus de mandat délocalisés, nouveauté démocratique en 2002 devenus en 2009 un exercice sans saveur, aussi ennuyeux pour les Parisiens que pour l'équipe municipale elle-même, assignée à résidence dans chaque arrondissement l'espace d'un triste et éphémère moment.

Une vitrine en berne donc, mais finalement très représentative d'une arrière-boutique encombrée de désillusions. Les effets d'annonce n'auront pourtant pas manqué ces derniers mois. Mais derrière, on cherche en vain les moyens et les résultats obtenus, comme dans le cas du prétendu milliard d'euros consacré à la politique de recherche et d'innovation à Paris. Un milliard curieusement aux abonnés absents du budget de la ville pour 2009. Sans parler du revers juridique infligé par les tribunaux sur le service minimum d'accueil dans les écoles parisiennes...

A l'image des tours rabotées et malthusiennes proposées par l'exécutif parisien, la vision du maire pour la capitale s'est étiolée au fil des mois. Quel contraste avec le Président de la République qui lui, dans le même temps, donnait carte blanche aux urbanistes et architectes pour imaginer le futur du Grand Paris! Ce Grand Paris, précisément, dont le maire ne semble pas vouloir. Comment, autrement, comprendre la coquille vide du «Paris Métropole» qu'il suggère, reconnaissant lui-même récemment qu'il conviendrait de l'enrichir ?

Quelques tentatives de coup d'éclat avortées auront eu bien du mal à ravaler la façade. En matière de relations internationales notamment, avec par exemple une course folle aux attributions du titre de citoyen d'honneur de la ville de Paris. Car entre temps, Bertrand Delanoë s'est rêvé, un été et un automne durant, appelé aux plus hautes fonctions de l'Etat et, accessoirement, du parti socialiste. En 1981, François Mitterrand voulait changer la vie. En 2008, Bertrand Delanoë voulût, plus prosaïquement, changer de vie...

Si encore la politique Delanoë à Paris n'était qu'usée! Mais elle souffre plus dramatiquement d'obsolescence avancée. Car le maire applique son programme, tout son programme, rien que son programme. Et là réside bien le paradoxe, ainsi que l'impardonnable erreur. En effet, depuis son élection, une crise économique et financière sans égale a fait irruption dans nos vies. Sourd aux cris d'alarme lancés par des chefs d'entreprise voyant leurs carnets de commande se contracter dangereusement, aveugle aux difficultés croissantes des Parisiens menacés par le fléau du chômage, Bertrand Delanoë s'obstine pourtant, et joue à contretemps.

Celui qui, au printemps dernier, revendiquait un libéralisme aux contours douteux et incertains, aura rapidement oublié sa conversion soudaine. Hausse historique des impôts dans la capitale (+ 9 %), création d'une nouvelle taxe foncière départementale faisant grimper de près de 50% l'imposition foncière dans la capitale: chassez le naturel, il revient au galop... Peu importe si on lamine ainsi le pouvoir d'achat des Parisiens en général, et des classes moyennes en particulier.

Devant ces errances, la droite parisienne a, elle, engagé sa mue. En investissant le champ des idées, en passant immédiatement à l'action sur le terrain de la vie quotidienne, avec notamment la création d'une mission d'évaluation sur la garde des enfants de moins de 3 ans, et en portant même le fer sur les questions de société.

Aussi, face à une droite parisienne ambitieuse, décomplexée et en voie de renouvellement, le maire de Paris, confronté à une crise dont il n'a pas su prendre la mesure, souffle à grand peine la première bougie de son second mandat. Et son slogan de campagne d'il y a un an, «Un temps d'avance», n'a jamais paru autant anachronique.

David ALPHAND
Lynda ASMANI
Pierre-Yves BOURNAZEL
Thierry COUDERT
Roxane DECORTE
Géraldine POIRAULT-GAUVIN

Conseillers de Paris


Heureusement que votre article est court : j'y cherchais désespérément quelque chose d'intéressant et/ou de concret à me mettre sous la dent. Au moment où j'allais déclarer forfait, je suis arrivé à la fin. J'ajoute que je ne vis pas à Paris et que je ne suis pas spécialement "delanoïste".

Si vous continuez sur cette voie, vous pourrez muer encore quelques dizaines d'années : vous n'aurez pas avancé d'un iota.

Mon commentaire est autant dépourvu de contenu que votre article, mais il a un avantage considérable : je me sens beaucoup mieux maintenant que je l'ai rédigé ;-).

Sans rancune,
Michaël Goldberg

En tout cas la droite parisienne conserve le sens de l'humour ! Le ridicule du texte doit etre du second degré des plus subtils :-) .

Est-il indispensable que Médiapart accueille des tribunes de l'UMP. Surtout pour y tenir un discours aussi pitoyablement creux. N'ont-ils pas suffisamment de place ailleurs pour chanter les louanges du Serenissime à talonnettes ou pour tailler des croupieres à des executifs locaux qui pour être loin de la perfection en font néanmoins beaucoup plus que leurs prédécesseurs.

Le ridicule ne tue pas effectivement, moi aussi j'ai cherché les propositions, les interventions, les voeux, les délibérations, les débats, les réunions, les solutions...mais rien, un peu de tchach, un peu de com.
Faut travailler, mais c'est plus compliqué!
Vous devriez plutôt souhaiter un bon anniversaire à vos amis de l'Ump...qui vous ont fait élire sur leurs listes et qui auraient bien besoin d'idées et de propositions.

C'est vrai qu'il est creux ce texte. Il y a bien des critiques à faire mais là ça me paraît très léger. Ce doit être un groupe de jeunes élus qui s'essaient à la critique politique.
Très bien, mais la rédaction d'une "Tribune" reste un exercice assez difficile.
Encore un effort et vous arriverez à rédiger quelque chose d'intéressant....!

Voici un article d'opposition à une mairie qui ressemble à plein d'autres articles du même style.

Dans de petites communes, on ne fait pas référence au Grand frère qui fait beaucoup mieux avec son Grand je ne sais plus quoi. C'est vrai qu'il ne peut pas être partout où l'opposition et apparentés a besoin de son appui !

Allez bon anniversaire, mes chers apparentés !

Pensez vous vraiment qu'il soit opportun, dans vos colonnes, d'accueillir la com de quelques opposants à la gestion municipale de Delanoë ?
La presse aux ordres ne vous semble-t-elle pas suffire pour véhiculer leurs salades sordides ?
Pardonnez-moi, mais là, franchement, je ne reconnais pas MEDIAPART.
Et je précise que je n'ai rien d'un inconditionnel du maire de Paris !

Ils sont décomplexés. Exactement comme quand ils organisaient la fraude électorale à grande échelle, avec détournement de logements sociaux et autres fantaisies du même tonneau. Tibery en prend plein la gueule au tribunal, à juste titre, mais n'oublions pas qu'il paye pour toute la bande de "décomplexés" qui, avec lui, ont mis Paris en coupe réglée pendant vingt ans. Ils le disent, d'ailleurs : " ...depuis son élection, une crise économique et financière sans égale a fait irruption dans nos vies". Ben oui, ils n'arrivent pas à se consoler de ne plus pouvoir taper dans le tiroir caisse comme ils le faisaient "sans complexe" avant le changement de majorité à Paris. Quand on est les héritiers d'une équipe de fraudeurs et de voleurs, je trouve que ne pas s'en vanter et avoir, au contraire, quelques complexes ne serait pas du plus mauvais goût. Remarquez, au moins, on est certains qu'ils sont UMP. Ils appliquent à la lettre le premier commandement : Pas un mot, pas une page, pas un discours sans un coup de lèche au chef. C'est à se demander, vu le vide sidéral de cette émouvante et pathétique collaboration, si ça ne sert pas qu'à ça.

Je lis avec intérêt les commentaires suscités par la tribune que je signe, avec d'autres Conseillers de Paris.

On n'y échappe malheureusement pas à certains réflexes quasi pavloviens à l'égard de l'UMP et de ses élus. Ni à quelques attaques qui font douter de l'amour pour la liberté d'expression, le débat d'idées et, au fond, la démocratie, de la part de ceux qui s'en rendent les auteurs. Une fois dépassées ces considérations franchement regrettables, je remarque toutefois que, sur le fond, l'analyse menée dans cette tribune n'est nullement remise en cause. Est-ce d'ailleurs si surprenant ? Même à gauche Bertrand Delanöe déçoit...

Quant à ceux qui s'interrogent sur la "valeur ajoutée" de la nouvelle droite parisienne qui émerge, je me permets de proposer un florilége d'actions et de propositions concrétes formulées depuis maintenant un an :

- étude sur le péage urbain dans l'agglomération parisienne (24 septembre 2008) : http://davidalphand.typepad.fr/davidalphand/conseil_de_paris...
perspective d'ailleurs étrangement rejetée par la majorité PS / Verts à Paris !

- création de résidences intergénérationnelles à Paris : http://davidalphand.typepad.fr/davidalphand/conseil_de_paris...
initiative adoptée à l'unanimité du Conseil de Paris !

- ouverture du débat sur les immeubles de grande hauteur à Paris : Tribune dans Le Monde (2 juillet 2008)
http://davidalphand.typepad.fr/davidalphand/paris/page/2/

- votes en faveur de la célébration des Pacs en mairie et du vote des étrangers aux élections municipales sous réserve de réciprocité et de présence régulière sur le territoire

Parce que vous appelez ça une "analyse"? Arrêtez de vous faire plaisir avec des déductions qui feraient marrer un enfant de 6 ans. Si on ne remet pas en cause votre "poulet", c'est qu'il est vide. Mais c'est vrai, j'oubliais. Tous ceux qui ne sont pas prêts à mourir pour le chef sont de pauvres débiles antidémocratiques mus par le seul réflexe Pavlovien. En parlant de Pavlov, c'est plutôt vous qui paraissez vouloir aller à la gamelle...

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