PS : aux origines de la tragi-comédie
Comment les socialistes en sont-il arrivés là? Comment peuvent-ils en sortir? L'analyse de Rémi Lefebvre, professeur de science politique à l’université de Reims.
L’élection de Martine Aubry dans un mouchoir de poche, si elle est validée par le conseil national de mardi, ne règle rien tant sa légitimité est d’emblée précaire. Elle prend la tête d’un parti balkanisé, dépourvu d’axe majoritaire où de nombreux dirigeants (y compris parmi ceux qui l’ont soutenu) misent sur son échec. Que dire de ce spectacle tragicomique sans ressasser la paresseuse explication psychologisante du choc des « egos » et des ambitions personnelles? Qu’est-ce qui a conduit à cette situation de blocage dont le PS semble incapable de sortir ?
La crise vient de loin
L’impasse actuelle est le produit d’évolutions structurelles multiples dont nous avions proposées une analyse avec Frédéric Sawicki, dans un livre peu lu par les dirigeants socialistes (La Société des socialistes, Editions du Croquant, 2006) : professionnalisation généralisée du parti, décrochage à l’égard de la société française, désidéologisation, présidentialisation, affaiblissement des courants, de la discipline partisane (surtout depuis le référendum sur le traité constitutionnel européen), de l’autorité centrale du parti, rapport toxique aux médias… Si les dérèglements actuels du parti doivent beaucoup à la mécanique du congrès, ils trouvent leurs origines dans les transformations profondes du PS depuis une vingtaine d’années.
De plus en plus replié sur ses jeux et enjeux propres, le PS est devenu un entre soi de professionnels de la politique (la moitié de ses « militants »). Il est d’autant plus dominé par ses luttes de pouvoir qu’il a perdu tout ancrage social et qu’il n’est plus irrigué par la société. En apesanteur sociale, éloigné des « français » que les discours du congrès ont pourtant sans cesse invoqués, comme pour conjurer le sort, le PS compose un univers impitoyable où le cynisme tient lieu de code moral (comme les débauchages par Nicolas Sarkozy de plusieurs dirigeants socialistes l’avaient bien démontré…). A tous les niveaux du parti, la « camaraderie » de façade voile mal les haines inexpiables et les ressentiments accumulés. Les soupçons de fraude électorale, à l’évidence fondés, alimentent depuis des semaines un climat de suspicion qui traduit à lui seul la dégradation du « vivre ensemble » socialiste. On triche au PS parce que l’on sait que les camarades d’en face font de même (et on le sait parce qu’on a pu faire motion commune avec eux dans un passé récent…).
Le parti s’est désidéologisé à force d’instrumentaliser et de surjouer des oppositions souvent artificielles. L’attitude à l’égard de François Bayrou, grand vainqueur du congrès, est proprement suicidaire de ce point de vue. Parvenant difficilement à s’opposer, les socialistes ont construit cette question en enjeu saillant et marqueur distinctif. En l’érigeant en point cardinal de leurs luttes internes, les socialistes ont légitimé le MODEM qui cherche pourtant à les affaiblir.
Le PS n’est plus qu’une addition d’intérêts particuliers. Implantés dans les bastions que lui réserve la logique des élections intermédiaires, les élus qui font et défont les motions ne jouent pas sérieusement un jeu politique national dont ils se désolidarisent. Les élus veulent –ils vraiment le pouvoir ou ne préfèrent-ils pas le confort émollient de leurs fiefs ? Face aux notables, le pouvoir central du parti semble avoir capitulé. Où était le toujours premier secrétaire François Hollande dans la nuit houleuse qui a suivi le deuxième tour du dernier vote militant ? Dans son fief de Corrèze où il a préparé son repli depuis les dernières municipales et cantonales. Ce poids des élus rend improbable une explosion ou une scission du parti (qui pourraient s’apparenter à une solution à la crise actuelle) : trop d’intérêts professionnels sont en jeu. Les élus socialistes sont attachés, à tous les sens du terme, à une machine électorale qui les fait vivre et qui demeure particulièrement performante au niveau local. Combien d’élus, proches pourtant de Jean-Luc Mélenchon l’ont suivi ?
La cacophonie socialiste ne doit pas à la force des courants mais bien à leur faiblesse. Les luttes internes ont toujours été féroces au PS. Mais elles étaient régulées et domestiquées par les courants et « l’esprit de parti » qui commandait de ne pas en faire trop la publicité à l’extérieur du parti. Aujourd’hui, la plupart des dirigeants socialistes les donnent à voir, les exacerbent, les cultivent, pour leur intérêt personnel, sacrifiant à l’exigence de « transparence ». Au congrès de Reims, 900 journalistes étaient présents et attendaient avec gourmandise l’étalage des divisions socialistes. Les coulisses du PS n’ont plus de secret pour les journalistes, largement alimentés par le « off » socialiste. Manuel Valls existe politiquement depuis le dernier échec à l’élection présidentielle en multipliant les « coups » médiatiques et en « tirant » contre son parti.
Les courants ne sont plus que des coalitions fragiles d’intérêts contradictoires et des conglomérats de notables locaux. Aussi se révèlent-ils incapables de structurer durablement des rapports de force et à réguler une concurrence interne devenue débridée. Le caractère composite des groupes réunis par Martine Aubry et Bertrand Delanoë (ce dernier existe-il encore ?) a rendu impossible la constitution d’une véritable majorité. La nouvelle secrétaire du parti devra composer avec ce jeu instable et restaurer un leadership affaibli par la culture de la « synthèse » molle léguée par François Hollande. Mais beaucoup de dirigeants ont intérêt à ne pas voir émerger un leadership fort.
La présidentialisation des règles du jeu interne ne fait qu’amplifier ces phénomènes. Elle accroit les phénomènes de personnalisation, de médiatisation, de dépolitisation. Les socialistes ont mesuré en 2002 et 2007 les effets redoutables de l’inversion du calendrier présidentiel décidée par Lionel Jospin. Aujourd’hui, ils mesurent les conséquences de la désignation directe de leur premier secrétaire par les adhérents, décidée par le même Jospin, qui participent de la même logique présidentialiste. La force de cette règle était tempérée jusque là par le jeu des courants. Elle devient déterminante quand ils s’affaiblissent. Ce fonctionnement démocratique hybride, entre proportionnelle des motions et légitimité directe donnée par les militants, rend aujourd’hui le PS potentiellement ingouvernable.
Et maintenant ?
Ségolène Royal a pleinement intégré ces nouvelles règles. A nouveau, elle a joué l’opinion contre le parti, la base contre ses dirigeants, les français contre les socialistes. Elle transgresse les codes socialistes, accréditant l’opposition entre le « vieux parti » et la rénovation qu’elle appelle de ses vœux. Son assise dans le parti est pourtant largement fondée sur le soutien des fédérations clientélistes du sud (un paradoxe de plus). Plus que ses positions sur le Modem, c’est sa proposition de créer un parti de masses de 500 000 adhérents qui a polarisé les socialistes contre elle. Son objectif était clair : diluer le « vieux parti » dans un parti post-idéologique perméable aux logiques d’opinion. En menaçant de « casser » les règles du jeu, elle a suscité un réflexe identitaire contre elle (les dirigeants gardent en mémoire son « rapt » du parti de 2006). Tony Blair avait procédé de la même manière lorsqu’il avait liquidé le vieux parti travailliste et affaibli le poids des syndicats. Cette ligne n’a été rejetée que de quelques dizaines de voix. Pourtant, Ségolène Royal qui pouvait apparaître fragilisée il y a quelques semaines reste plus que jamais dans le jeu. La phase du congrès a donné crédit à sa posture victimaire. Sa position de quasi-leader, si elle se confirme, est confortable : à la fois au dehors et au-dedans du parti, elle pourra constituer un recours si Martine Aubry échoue.
La tâche de la nouvelle première secrétaire est rude. Identifiée à tort ou à raison au « vieux parti », elle ne peut se dérober à l’exigence de « rénovation » mais ne manquera pas de se heurter à des résistances multiples, aux routines de l’organisation, à la fragilité de ses soutiens. Elle devra desserrer l’étau dans lequel le PS est pris entre Olivier Besancenot et François Bayrou. Elle dispose de peu de temps. L’échéance présidentielle rattrapera bientôt les socialistes.







Excellente analyse qui repose l'esprit des approximations habituelles en la matière, merci !
"professionnalisation généralisée du parti, décrochage à l’égard de la société française, désidéologisation, présidentialisation, affaiblissement des courants, de la discipline partisane (surtout depuis le référendum sur le traité constitutionnel européen), de l’autorité centrale du parti, rapport toxique aux médias…
La moins mauvaise solution, à mon sens, est d'entériner ce non Congrès, et ce non vote de 2ème tour. Que le secrétaire en place le reste, par interim, jusqu'au prochain Congrès, dans 2 ou 3 ans.
Qu'il s'occupe de réformer le parti, de sorte de déblayer le terrain de ses monceaux d'ordures accumulées, et de proposer aux militants d'autres modes de fonctionnement, et d'autres pratiques, davantage en conformité avec les idéaux du parti socialiste : c'est le moment ou jamais d'actionner la démocratie participative interne, et que de nouveaux adhérents affluent pour un travail collectif digne de ce nom.
Une militante socialiste.
Si je comprend bien, le PS ne représente plus "les Socialistes" avec un grand S, mais plutôt une masse d'apparatchiks avec leurs cours, qui se disent de gauche car ils ne peuvent se dire de droite. Soit. Mais alors, c'est quoi, un Socialiste?
Très bonne analyse. Parti d'élus, certes. Elus ou futurs élus mettant en premier leur avenir personnel : l'égo est présent à tous les étages. Les "purs" militants, ne visant aucune responsabilité politique personnelle mais souhaitant s'inscrire dans une démarche privilégiant la puissance de l'action collective aux dépens de la domination sur l'autre ont du mal à être entendus et à faire leur place.L'évolution des votes depuis celui sur les motions jusqu'au second tour pour désigner le premier secrétaire tend à indiquer que la dynamique militante est du côté de Royal : 29%, 43%, 50%.
J'attendais l'article. merci. 2 questions et 1 remarque:
1°)un parti d'élus infra-nationaux entre autres mais qui ne fait pas remonter les "bonnes pratiques" de leurs mairies, régions, etc.? pourquoi? Parce qu'ils les ont piqué aux Verts (comme à Paris)?
2°) silence radio du PS depuis l'élection de Sarko? la faute à qui?
3°) il ne faut pas faire dans le psychologisant mais Martine ... Martine se présente (pas comme son père...) et s'auto-proclame... un peu de psycho-sociologie de l'engagement ne peut pas faire de mal.
Virginie
Je suis quand même surprise ou alors je n'ai bien lu, mais cet article semble accrédité la thèse selon laquelle Martine Aubry avait été officiellement désignée! Je veux bien qu'elle essaye avec ceux qui la soutiennent de passer en force, comme Razzi Hamadi sans aucune légitimité s'est permis d'annoncer sa victoire envers et contre tout avant même que tous les résultats ne soient parvenus, mais elle n'est pas désignée!!! Il faut bien l'admettre et Ségolène Royal non plus. Il y a trop d'incertitudes, trop d'erreurs et rien d'officiel. Alors il faut revoter , un point c'est tout et cev dans la plus grande transparence comme dans les éléections officielles, municipales et autres. Alors là on pourra désigner officiellement l'une ou l'autre.
Dominique Villiot, cet article me semble poser d'autres questions que celle du nom de la première secrétaire. On n'est pas obligé de redire la même chose dans tous les "fils" ouverts sur Mediapart.
Et oui pour l'instant les instances officielles du parti ont déclaré M Aubry élue samedi. Le dire n'est pas prendre parti.
Pour ceux qui voudraient approfondir la question de "la moralisation des opérations de vote au PS" :
je signale l'intéressant le point de vue de Maurice Ronai http://www.mediapart.fr/club/edition/l-observatoire-du-congr...
(ainsi que son billet précédent).
Excellent diagnostic en effet. Mais il y a un dernier paradoxe : c'est que toutes ces luttes intestines sont sous-tendues par les ambitions présidentielles de l'une (Royal) ou des autres (Fabius, Delanoé, Strauss-Kahn, Aubry...), la tête du parti n'est qu'un leurre, un tremplin. Or aujourd’hui lundi 24 novembre 2008, qui peut encore croire, vu l'état dans lequel tous ces candidats ont "progressivement" ("régressivement" ?) mis leur parti, que l'un d'entre eux puisse être élu à la Présidence de la République en 2012, voire même simplement accéder au second tour ? Ils s’entredéchirent avec une rare violence pour un butin qui leur est désormais devenu inaccessible. Chacun s’est évertué à savonner la planche du tremplin sans se rendre compte qu’elle serait aussi glissante pour lui-même que pour les autres… Pour un parti de professionnels, voilà bien de l’amateurisme !
Non Ségolène, non Laurent, non Bertrand, non Dominique, non Martine, quoique vous fassiez désormais vous ne serez pas Président(e) de la République en 2012 : le temps que vous preniez tous conscience de la vanité de vos luttes, et alors – alors seulement - on pourra envisager la grande lessive, le grand rinçage qui permettra de rendre à nouveau praticable le tremplin vers l’ultime mandat. Mais peut-être alors seront-ce d’autres candidats qui en profiteront ? Hypothèse insupportable, inadmissible, inenvisageable ? A vous de voir…
Il faut donc remettre en route ce parti, qui a pris de mauvaises habitudes . Faire éclater au grand jour les pratiques de fraude généralisée est une démarche d' honnèteté. C' est un premier coup de pied dans la fourmilière. Est-ce que le silence, la langue de bois qui régnaient depuis si longtemps ( "on ne doit pas faire de tord au parti, les citoyens et les militants vont être écoeurés s'ils savent...") ont empêché son enlisement ? Si on ne veut pas que le PS continue d' être inaudible, endormi parce qu'il ne faut pas vexer untel, humilier tel autre, il y a un gros travail de remise à plat à faire; ce vote était l' occasion de commencer .... quand on pense que lors de l' investiture du présidentiable, Hollande a accepté de "gonfler" les résultats de Fabius ...pour lui éviter une trop grande humiliation !
Les médias ...et la droite, pensent qu' il faut "un grand parti d' opposition".... pourquoi , dans la situation actuelle ? il ne prend jamais en compte les positions du PS. formule creuse... Si c' est simplement pour mieux faire valoir la politique de la droite, et non pour défendre les plus démunis et le service public , autant d' abord faire le ménage à l' intérieur pour ensuite pouvoir être plus efficace pour le pays..
S Royal est la première à oser "secouer le cocotier", comme le disait un "sage" socialiste il y a quelques jours à la radio. C' est aujourd'hui que je comprend vraiment ce qu 'il voulait dire ! C 'est l' avis de tempête qui fait plus de bruit que le super président !
à fantie : il est quand même extraordinaire de prétendre que M.A; a été "déclarée élue " : relisez les déclarations du ...secrétaire du Parti F.H. qui a parlé de résultats connus ; il assez drôle de voir cambadélis ajouter que les partisans de S.R. ont "obligé" à compter la Guadeloupe et qu'on a oublié la N.C; ; c'est une résultat baclé et forcé qui n'aurait jamais du être communiqué à la presse ; il fallait avec mesure et dignité ne rien annoncer puisque 'on savait que comme pour une autre élection, la validation commencerait lundi et que toujours comme statutaire, une élection ne peut avoir lieu qu'après validation ; ayez au delà de votre parti pris un peu de recul :
la direction du PS avait en fait Aubry avec 12 voix d'avance ( NC : on ne peut laisser un résultat blanc à 42 voix ! ) et n'aurait jamais du les communiquer d'autant que Vaillant a été ministre de l4intérieur et sait ce qu'est un processus électoral ...
c'est là l'erreur : il ne falait pas annoncer un résultat improbable sauf à donner un avantage factuel mais non légal à une des candidates et prendre le chemin de vérifier dans le calme : cela aurait évité beaucoup de "c..nneries" notamment la scéne d'Aubry à l'assemblée ( pourquoi ? personne n'a remarqué mais il n'y a aucune raison , pourquoi pas à solférino ou à lille ? ) dans le pur style des coup d'état s'autoproclamant en disant
l'IMPORTANT N'EST PAS DE SAVOIR QUI A GAGNE OU PERDU !
allez-vous étendre ce principe à toutes les élections ? ce sera une démocratie sans gagnant ni perdant mais aussi sans légalité formelle donc une course au pouvoir et à l'échalotte
à fantie : il est quand même extraordinaire de prétendre que M.A; a été "déclarée élue " : relisez les déclarations du ...secrétaire du Parti F.H. qui a parlé de résultats connus ; il assez drôle de voir cambadélis ajouter que les partisans de S.R. ont "obligé" à compter la Guadeloupe et qu'on a oublié la N.C; ; c'est une résultat baclé et forcé qui n'aurait jamais du être communiqué à la presse ; il fallait avec mesure et dignité ne rien annoncer puisque 'on savait que comme pour une autre élection, la validation commencerait lundi et que toujours comme statutaire, une élection ne peut avoir lieu qu'après validation ; ayez au delà de votre parti pris un peu de recul :
la direction du PS avait en fait Aubry avec 12 voix d'avance ( NC : on ne peut laisser un résultat blanc à 42 voix ! ) et n'aurait jamais du les communiquer d'autant que Vaillant a été ministre de l4intérieur et sait ce qu'est un processus électoral ...
c'est là l'erreur : il ne falait pas annoncer un résultat improbable sauf à donner un avantage factuel mais non légal à une des candidates et prendre le chemin de vérifier dans le calme : cela aurait évité beaucoup de "c..nneries" notamment la scéne d'Aubry à l'assemblée ( pourquoi ? personne n'a remarqué mais il n'y a aucune raison , pourquoi pas à solférino ou à lille ? ) dans le pur style des coup d'état s'autoproclamant en disant
l'IMPORTANT N'EST PAS DE SAVOIR QUI A GAGNE OU PERDU !
allez-vous étendre ce principe à toutes les élections ? ce sera une démocratie sans gagnant ni perdant mais aussi sans légalité formelle donc une course au pouvoir et à l'échalotte
Ou alors, les deux dames se retirent (définitivement? :) dans la dignité et laissent la place à Benoit Hamon.
Je plaisante mais l'analyse brillante de M. Lefèvre omet, à mon humble avis, une donnée importante. La dérive centriste (ou sociale démocrate...) non pas des dirigeants mais des militants...
Je ne me reconnais pas dans les nouveaux militants du PS qui ont pour unique soucis la rénovation et qui soutiennent une personne avant de soutenir des idées. Pour éviter toute attaque, j'ai 27 ans. Ce n'est donc pas mon âge avancé qui excuserait un éventuel décalage avec la société qui nous entoure. Quoique, y'a des jeunes cons avec des mentalités de vieux ;)
Je suis désolé de prendre à partie un intervenant du forum mais Peneloppe illustre parfaitement le propos. Je ne dis pas qu'elle a tort ou raison mais je constate qu'elle soutient Mme Royal pour sa personne et non pas pour le projet de société qu'elle incarne (rénover le P.S n'est pas un projet de société...) Du moins je ne l'ai jamais entendu user d'arguments centrés sur la politique de Mme Royal (qui au demeurant, gère super bien sa région... notamment avec une obligation d'embauche pour les entreprises du privé bénéficiant d'aides de la région... à méditer)
Il me semble que l'on doit militer pour des idées, une orientation politique, un programme... Si l'on est en désaccord avec l'orientation politique du parti, on le quitte. Mélenchon a eu le courage de le faire. Mme Royal serait avisé d'en faire de même puisqu'il s'agit bien de remettre en question l'identité du PS qui, en 1997, gouvernait avec les verts et les communistes. Elle souhaite pour demain un rapprochement avec le centre. Je ne fais que constater.
On peut dès lors se demander si Mme Royal ne s'est pas trompé de parti. Elle n'aime pas le PS et le PS le lui rend bien.
On ne peut remettre en question sa faculté à rassembler les troupes. On peut s'interroger sur l'endroit où elle devrait les rassembler... il faut s'adresser à la bonne tribune.
Si Mme Royal fonde son parti, nul doute que beaucoup la suivront. Cela aura pour mérite de clarifier la situation. Et je suis prêt à parier qu'elle ferait un plus gros score que le PS... malheureusement.
Aujourd'hui, nous sommes coincés entre une candidate très ancrée à gauche (Aubry) mais avec un entourage de personnes qui ont eu le temps de faire leurs preuves et ne les ont pas faites et une candidate sociale-démocrate (j'oserais "pas socialiste") entourée de nouvelles figures mais dont l'orientation politique est en totale contradiction avec le socialisme. Ou le modernisme pour le modernisme, avec peu de fond...
Mme Aubry aura t-elle le courage de virer tous les caciques qui comptent sur elle pour rester dans les instances de direction?
Mme Royal proposera t-elle une ligne politique de gauche avec exclusion d'un accord avec le Modem?
Quelle place pour Hamon qui a su s'entourer de gens compétents pour proposer des nouvelles idées (cf Larrouturou, Filoche...)?
Bizarrement, ce dernier regroupait tous les avantages de ses concurrents sans leurs défauts: bien à gauche, nouveau, pas (encore) étouffé par son propre égo, simple, pas énarque, député européen ayant voté "non" donc en accord avec les militants sur cette question...
Je me demande si les gens ont bien lu toutes les notions. Parfois il faut savoir prendre des risques. Et le risque dans cette histoire, ce n'était sûrement pas de voter Royal ou Aubry...
On a les dirigeants que l'on mérite et la médiocrité en haut de l'échelle ne fait que refléter la médiocrité à la base.
@ Guitard :
Le PS a des instances, M. Aubry a été déclarée élue samedi matin très tôt par D Vaillant (je crois), puis il y a eu l'annonce que c'est la commision de je ne sais quoi qui proclamera le résultat définitif.
Pour ma part, sur ce sujet, point à la ligne jusqu'à ce résultat, demain.
C'est mardi qu'on saura qui a gagné ou perdu.
Et de plus, le sujet du billet de R. Lefevre n'est pas celui que vous développez. Donc j'estime tous les arguments chiffrés sont à développer ailleurs. Sinon Mediapart devient un grand bouillon où l'on rebrasse partout les mêmes choses.
Et pourquoi vous ne saississez pas l'occasion de l'analyse approfondie de Rémi Lefèvre pour marquer vos proximités, différences, pour apporter des illustrations ou la contradiction sur tel point, voilà ce qui me pose question.
Je ne suis que de très loin ce qui se passe au PS (pluriel ou singulier, PS?) mais je trouve votre analyse très pertinente et pleine de bon sens.
"une candidate très ancrée à gauche (Aubry)": ça c'est de l'intoxication, de la propagande, qui fait les choux gras du Tss....
Pour le reste, j' ai bien apprécié votre commentaire.
Et si vraiment les militants du PS se posaient la question sur le désastre de la politique de JOSPIN et des vieux ringards ( qui venant du trotskisme, a infiltré le PS, pour mieux le démolir pierre par pierre,celui qui durant sa vie politique a démissionné plusieurs fois,avec son ego démesuré, la première lorsqu'il perd une législative, la deuxième, lorsqu'il permet a LE PEN d'être au deuxième tour de l'élection présidentielle,ce n'est pas SEGOLENE ROYAL qui l'aurait permis, car elle a eu plus de conviction pour convaincre les français, lors de la dernière campagne présidentielle, et pourtant elle a supportée toutes les flèches des jospinistes et autres consorts- Tel HOLLANDE et DELANOE qui se contredisent-HOLLANDE qui devait soutenir la motion arrivée en tête et DELANOE qui ne devait donner aucune instruction de vote comme il l'avait dit la veille,comment croire ces hommes maintenant) ; Pendant les cinq années passées a gouverner la FRANCE en tant que premier ministre; l'homme des 35 heures avec ses amies Martine AUBRY et Nicole NOTAT , ont fait une loi ,tellement mal conçue ,qu'elle a été détricotée par la droite actuelle avec une facilité déconcertante-Cette loi qui installait les 35 heures pour ceux,qui bien établis dans les grandes entreprises ou dans la fonction publique pouvaient en profiter,mais qui imposait aux autres la flexibilité,je veux dire une loi malsaine,mal faite et inégale,que les petits ouvriers ,salariés des petites entreprises ne pouvaient pas profiter, cette loi qui a amplifié la régression des salaires et même stopper net toute augmentation des salaires en FRANCE.Une loi au service du grand patronat qui ne veut plus en changer d'ailleurs, même s'il la critique.Les jospinistes ont réussi le casse du siècle, casser ce vieux parti socialiste et ils pensent encore que cela va permettre a la fille de DELORS de s'assoir un jour dans le fauteuil présidentiel, raison pour laquelle d'ailleurs DELORS n'avait jamais voulu cette place qu'il offrait en" bon père" a sa fille tellement caractérielle pour ceux qui la connaissent et qui ont travaillé avec elle lorsqu'elle était ministre du travail, qu'ils ne rigolaient vraiment pas tous les jours,croyez moi.
Il faudra ,un jour que tout cela sorte,pour dire toute la vérité aux militants et aux français et que les journalistes disent vraiment tout ce qu'ils savent et ce sans parti pris.Pas comme certains actuellement qui ont pris faits et causes pour AUBRY, tout en sachant que le parti vit ses dernières heures dans ses structures actuelles.
L'opposition frontale actuelle au sein du PS n'a pas de réel fondement doctrinal. Dire par exemple que Royal n'est pas socialiste relève de la polémique.
L'opposition a certes une composante personnelle : il est de notoriété publique que les deux protagonistes ne s'apprécient guère (c'est le moins que l'on puisse dire) et depuis très longtemps.
L'opposition részide essentiellement dans des conceptions divergentes de l'organisation, de l'achitecture du parti :
- d'un côté un parti que d'aucuns qualifient de "parti de militants", alors que c'est avant tout un parti d'élus, confortablement installés dans leurs fauteuils provinciaux, départementaux, municipaux, sur lesquels l'idée de l'accession du parti aux responsabilités suprêmes n'exerce en fait que peu d'attraits (on est si bien dans l'opposition…)
- - de l'autre, un parti de masse, comprenant un très grand nombre d'adhérents, souvent consultés. Les adversaires de cette conception parlent de "parti de supporters" et de "démocratie d'opinion".
Il est bien évident que la présidentialisation de la vie politique française, fortement accentuée par l'inversion du calendrier, impose - que cela plaise ou non - une présidentialisation des partis politiques, du moins de ceux qui ont l'ambition d'accéder un jour au pouvoir. Cela suppose qu'un candidat soit choisi assez tôt, qu'il soit nommé à un poste important, et de préférence à la tête du parti, qu'il se prépare très activement, et qu'il ait derrière lui un parti de masse solidaire. Apparemment, seules deux personnalités politiques ont parfaitement intégré ces conditions : Sarkozy et Royal. A la dernière élection présidentielle, Sarkozy remplissait parfaitement les conditions. Royal nettement moins : préparation trop courte, parti peu solidaire (c'est un euphémisme).
Royal a fait depuis lors des progrès considérables, et, si elle reste détestée par beaucoup de notables du parti, tenants de la première conception évoquée plus haut, et contrairement aux attentes de beaucoup, sa popularité auprès des militants reste importante. La progression récente des votes en sa faveur (29 %, 43 %, 50 %) est symptomatique à cet égard.
La tragi-comédie à laquelle on assiste actuellement au PS est un spectacle d'une grande tristesse. A un moment où en France la nécessité d'un opposition forte, cohérente, crédible se fait sentir chaque jour davantage, à un moment où le PS avait à sa disposition une présidentiable enfin bien préparée, ce parti semble prêt à retourner 40 ans en arrière. Le PS se prive ainsi, et probablement pour longtemps, de l'espoir de diriger le pays.
Martine Aubry possède d'éminentes qualités. En particulier, c'est une remarquable maire de Lille. Mais en toute honnêteté, personne ne l'imagine candidate à la magistrature suprême.
Tout ce qui est dit dans cet article est parfaitement juste. J e me demande parfois pourquoi j'y reste. Je dois faire partie de ces militants sans ambition qui défendent une cause juste mais j'en connais beaucoup d'autres. Juste une question: comment se ferait la politique sans parti? Exercice d'imagination.
Perceval, quand vous affirmez que S Royal n' a jamais présenté de mesures politique ou économique c' est une totale méconnaissance. Moi qui ai fait l' effort d' écouter certaines des nombreuses interventions qu 'elle a faites, parfois le matin vers 7 heures, aux actualités, ou le soir, sur la plupart des radios et chaînes télé, depuis 1 ans, je considère que vous faites partie des citoyens qui, écoutant quelques médias, dirigés par les amis de Mr Sarkozy, donnent des infos incomplètes, menées par des journalistes hostiles à Royal (leur ton a changé la semaine dernière ), et que vous rapportez sans vérifications ce qu'ils vous ont servi. Cela porte un nom, c' est le "lavage de cerveau", et vous êtes une victime.
Les propositions sur les finances (par exemple), que Sarkozy reprend imparfaitement, et que Mr Hamon nous présente depuis que la crise est avérée, elle les a faites dés l' année dernière bien avant tout le monde, et n' a cessé de les répéter. Je soupçonne que vous avez peut-être évité de l' écouter!
Quant à sa motion E (et non notion), elle était la plus complète, et pas moins à gauche que les autres, sauf qu 'elle n' a pas eu la langue de bois pour l' alliance avec le MoDem (que les autres ferons s'ils sont présidentiables, le moment venu) , et pour la remise en question du libre échange européen, sujet démagogique puisque la France seule ne pourra pas l' imposer aux 27 pays de l' Europe avant des lustres ! (proposition chère à B Hamon)
Mr Hamon a commencé tôt sa carrière politique, comme conseiller de L Jospin, puis de M Aubry, quand ils étaient au gouvernement. Il s' est opportunément servi de la crise pour apparaître comme l' aile gauche ; il a ensuite servi les voix qui se sont portées sur lui sur M Aubry ... comme prévu depuis longue date.
Cela s' appelle le "tout sauf Ségolène".
Ils lui en veulent parce qu 'elle veut donner la parole aux militants, et qu 'elle souhaite le non cumul des mandats : ils craignent pour leurs pouvoirs et leur carrière.
Premier coup de balai: elle dévoile devant tous les français le habitudes de fraudes éléctorales du PS.
Et bien moi , j' approuve. Elle aime le PS et veut lui redonner des valeurs morales et de la crédibilité.
On peut douter de mon objectivité, comme de celle des "supporters" de M Aubry qui ont hué S Royal au congrès. Mais vous pouvez constater que je ne suis pas dans l' ignorance, et que je ne choisis pas une personne, mais des idées.
Je ne vais pas renoncer à la valeur de ces idées sous prétexte que Mme Royal est très belle.
Où ai-je dit que Ségolène Royal n'avait jamais présenté de mesures politiques? Je parlais des arguments avancés par Peneloppe (qui par ailleurs, n'a pas réagit aussi de manière aussi virulente que vous) pour défendre Ségolène Royal. Elle défendait la personne de Ségolène Royal et non sa politique. Où l'art de lire ce que l'on veut lire et entendre ce que l'on veut entendre pour construire son argumentation. Vous agissez comme Sarkozy : il crée un argument grotesque que personne n'a utilisé, le réfute et introduit son raisonnement qui détruit l'argument qu'il a construit de toute pièce et que personne n'a évoqué, qui n'existait pas. En philosophie, cela s'appelle un sophisme. C'est fort en apparence mais c'est vide de sens.
Renseignez vous sur Benoit Hamon et le think tank Laforge qui ne date pas d'hier. Lisez Larrouturou, filoche... Je n'ai jamais entendu cela dans la bouche de Mme Royal que j'écoute avec attention bien souvent et dont j'ai lu la motion avec autant d'attention au moins. Prenez le texte et citez le pour me convaincre.
Elle souhaite le non cumul des mandats? Elle devra laisser la présidence du conseil général du Poitou Charente. J'attends de voir. Valls: député, maire d'evry...
Elle devra commencer par faire le ménage chez elle...
Aurait-elle dévoilé les fraudes si le vote avait été en sa faveur? De la crédibilité après une défaite en 2007?
Dans votre poste, j'ai lu des attaques, des lieux communs, des grands principes généraux... pas d'idées.
Quelles sont les mesures sur la finance (et non les finances..) auxquelles vous faites référence? Sa motion était la plus complète, explicitez, argumentez. Le dire n'a pas force d'argument.
La politique économique de Ségolène Royal était plus audacieuse et construite en 2007. Les échos et la tribune avait même reconnu la solidité de ses propositions.
Enfin, concernant ma connaissance se bornant aux infos des grands médias, sur quel site sommes nous? il me semble que même les non militants pouvaient consulter les motions en ligne sur mediapart. Et il y a d'autres site très intéressants qui ne tronquent pas l'information... Bakchich, rue 89, puis des bouquins aussi... les caisses noires du patronat de G. Filoche, les contributions et motions que j'ai pris le temps de lire une par une (y compris celles du pôle écologique et d'Utopia, de Marie noëlle Lieneman etc...)
C'est pas possible de dire autant de conneries avec un tel aplomb. Mettez vous dans la tête que je ne suis pas un anti-Royal primaire. Je lui reconnais d'indéniables qualités, notamment dans la gestion de sa région. Je suis objectif. Aubry est plus à gauche que Royal. C'est un fait, non un désir. Que vous vous en accommodiez importe peu.
En matière économique, relisez la contribution de Larrouturou, soutient de Benoit Hamon. 8 pages d'économie pure. Là, on peut parler de propositions concrètes :
une durée de détention minimale des actions de 5 ans qui empêcherait la spéculation à court terme, l'interdiction de siéger au conseil d'administration d'une entreprise si l'on est est pas directement concerné par les résultats de l'entreprise et qu'on ne participe pas à la vie, à l'activité de l'entreprise (investissement)...
Bref, je m'égare mais vous avez raison sur une chose: Elle est belle.
Vous affirmez, comme 'un fait', que M. Aubry est plus à gauche que S.Royal : en quoi?
Dans les faits, et non dans le discours (par exemple celui du Congrès) ?
Je précise que je me méfie beaucoup des discours qui se veulent de gauche : on sait ce que ça vaut, à l'épreuve des faits.
La crise économique mondiale se confirme. Le PS a d'autres préoccupations.
Le PS est décrit, par Rémi Lefebvre, comme un parti d'élus et de girondins se satisfaisant de régner sur son fief , et les soutiens Ps abonnés de Mediapart ne se sentent que peu atteints par cette analyse impitoyable de leur parti naufragé. Relisez, amis de la dame blanche, et aussi amis de la fille de Mr Delord.
Personne ne semble imaginer que Royal et Aubry puissent agir de concert. Ce qui, dans un parti politique digne de ce nom serait la sortie de crise évidente.
Faire recompter des poignées de bulletins par des personnes qui se sont, à juste titre, entr'accusés d'être des tricheurs, des magouilleurs, des crapules, des médiocres, des hypocrites, voila qui est autrement plus exaltant qu'une discussion sur le meilleur moyen de mobiliser face à ce gouvernement détestable.
La politique se meurt, très officiellement, au PS. Le cadavre continuera pourtant à se décomposer sous nos yeux; c'est ainsi.
Avez-vous vu cette vidéo où un soutien de Royal, dans leur folle nuit des plus stupides, devant le siège du PS, trouve insupportable que des militants du PS chantent l'Internationale? Je ne commenterai pas.
Excellente analyse des dysfonctionnements du PS, dans une perspective historique, ce qui permet de prendre du recul. Et de montrer que ce n'est assurément pas une seule personne qui a généré les problèmes d'aujourd'hui. Le Royal Bashing a fait long feu, et ceux qui continuent à l'alimenter finiront par s'y brûler.
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Pour les caractérisations des positionnements politiques des uns et des autres, c'est évidemment plus subjectif. Car quand on a lu les motions de près, on est frappé par leur ressemblance plutôt que par leurs différences.
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Enfin je trouve inutile - et les politologues devraient l'abandonner une bonne fois pour toutes - la notion tarte à la crème de victimaire dont je me méfie d'autant plus qu'elle a toujours servi à masquer toutes les oppressions. Un petit effort pour éviter ces notions valises, chers politologues! Laissez ces grosses psychologisations de bazar aux journaux bas de gamme, qui en font leurs choux gras...
Alors que madame Royal parle de donnant-donnant en terme d'emploi (ce qui revient plus ou moins, je pense mais je me trompe peut-être, au travailler plus pour gagner plus (sous-entendu, si vous donnez plus de vous, de votre temps, on vous donnera plus en terme de rémunération), Mme Aubry demeure la femme des 35h. Si la deuxième loi, bien moins audacieuse que la 1ere qui imposait aux patrons d'embaucher (10% de création d'emploi - lire le livre de Sophie Dufau : nos chères 35 heures) en contrepartie des 35h, et si leur application unilatérale fut une erreur (notamment pour les PME), il n'en demeure pas moins que cela allait dans le sens d'une réduction du temps de travail sans perte de salaire. C'est ce que j'appelle être de gauche. Il paraît aussi, mais là je n'ai aucune preuve ou exemple, que sa politique en tant que maire de Lille était très à gauche...
Voilà Peneloppe.
Bien le bonsoir :)
C'est quand même un peu court...
Alors inversons les rôles prouvez moi que Mme Royal est au moins autant à gauche que Mme Aubry...
Non, car moi, mon cher, je ne joue pas au petit jeu du ' celle-ci, celui-ci, est plus à gauche'.
Excellente analyse de Rémi Lefebvre à laquelle je souscris sans réserve,… si ce n’est que je ne suis pas encore totalement convaincu par la noirceur définitive de sa conclusion.
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Quoi qu’en disent ici même les plus fervents partisans de Ségolène Royal, un écart de quelques dizaines ou quelques centaines de voix ne permet tout simplement pas de construire la légitimité incontestable qui serait pourtant nécessaire pour remettre le PS en ordre de bataille (la vraie bataille étant clairement celle de l’opposition frontale au gouvernement Sarkozy, 2012 n’étant par contre clairement pas l’actualité immédiate).
Et quel qu’ait été mon propre positionnement avant le vote, je considère évidemment que le problème se pose exactement de la même façon pour Martine Aubry.
J’ai déjà eu l’occasion de dire ici ou là tout le mal que je pensais de la présidentialisation forcenée importée au sein du parti après celui que son ancrage dans nos institutions a fait à notre démocratie. L’épisode que nous vivons actuellement en est à mes yeux une preuve supplémentaire (s’il en fallait encore…).
Je continuerai donc à m’opposer à ce système, mais dès lors que ces règles sont celles qui ont été acceptées collectivement, pas d’autre issue pour l’heure que de continuer à s’y plier…
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Et dans ce cadre là, quel scénario pourrait-il nous rester pour essayer de sortir par le haut de ce désastre ?
Voter à nouveau immédiatement dans les mêmes conditions me semble impossible. Les nerfs sont trop à vif pour quelques temps encore. Et il y a peu de doute que les mêmes causes (fraudes avérées et soupçons généralisés qui s’appuient sur celles-ci) entraineraient les mêmes effets.
Donner un peu de temps au temps m’apparait donc à la fois incontournable en même temps que nécessaire pour mettre en place des mesures assez simples qui éviteraient une nouvelle fois la mise en question du fait démocratique à l’intérieur du parti.
Vu la situation, il me semble ainsi que la seule véritable issue serait pour le CN de désigner un 1er secrétaire intérimaire en conditionnant cette désignation par le respect de 2 mandats exclusifs:
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1er mandat : celui d’organiser à nouveau une consultation des militants dans les meilleurs délais (avec limitation à une durée maximum de l’ordre de 6 mois), sous réserve:
- de faire d’abord examiner tous les recours qui portent sur les listes électorales par une commission la plus indépendante possible.
- de limiter le futur corps électoral à celui qui vient de s’exprimer, uniquement corrigé des résultats des recours indiqués précédemment
- d’imposer des procédures de contrôle contraignantes pendant le vote à toutes les sections qui ont été mises en cause cette fois-ci
- d’imposer la transmission directe des résultats de chaque section au national sans passer par la case fédération
- avec la menace d’exclusion immédiate du parti de tout secrétaire de section qui aura été reconnu coupable (après enquête) de transmission de résultats non conformes au PV signé par les scrutateurs.
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2nd mandat : celui de constituer immédiatement un « shadow cabinet » en charge de la riposte politique permanente aux actions gouvernementales, « shadow cabinet » dont la composition reflèterait celle de l’actuel CN, issu du vote proportionnel sur les motions.
Compte tenu de la tâche à plein temps que cela représenterait, inutile de dire que devraient être exclus de cette composition les actuels détenteurs de tous mandats exécutifs (maires, présidents de conseils généraux et régionaux, ... et 1er secrétaires fédéraux -non cumul oblige…).
Inutile de dire aussi qu’il y a pour ce faire des tas de talents disponibles au PS, et ce dans toutes les motions...
merci aussi pour cette analyse
Il y a tout de même un point qui m'echappe : la desideologisation.
Faut-il l'entendre comme un non positionnement voulu des dirigeants
ou un vrai problème idéologique et source de clivage ? A l'heure ou
l'alternative au capitalisme n'existe pas (ou est très peu crédible), ou
les mots "lutte des classes", "valeur travail" sont absents du vocabulaire
socialiste, l'évolution d'une partie des socialistes tend vers une sociale
démocratie lorsque l'autre tente de tirer le parti vers sa gauche.
Je tiens d'ailleurs a faire remarquer a perceval (je le remercie aussi pour
son analyse) que si le clivage est consomme entre les dirigeants, le
fait de quitter le parti et donc de se priver des soutiens locaux et
regionnaux est un suicide politique (y compris pour la très populaire
Royal). La guerre pitoyable entre chefs en est une preuve flagrante.
(désole pour les accents : iPhone)
Le fait de chanter l'Internationale (pourquoi en cet instant, au moment d'une attente de résultat d'un vote interne?) avait pour but de provoquer le camp Royal. A mettre dans le même panier que les huées sur les phrases de Jaurès prononcées par S. Royal : à côté de la plaque.
CFO, pour une fois je suis d'accord avec vous sur le fait de ne pas re-voter à chaud.
Vous marquez un point mais je persiste dans mon petit jeu.
Chère peneloppe,
Entre nous, il est malheureusement extrêmement improbable qu'on nous demande notre avis, mais je prends votre accord sur ce point de procédure comme une très bonne nouvelle, vu qu'il y a un certain temps que ça ne nous était pas arrivé...
Vous vous trompez. Le petit monsieur qui s'indignait que l'on puisse chanter l'Internationale s'étranglait, "chanter l'Internationale, c'est Staline...en 2008, incroyable" (vérifiez si vous voulez, je transcris de mémoire) . Il hait le chant de lutte l'Internationale et adore Mme Royal, quoi d'étonnant? Et il est soit inculte, soit blairiste, mais peu importe.
Sinon, vous avez relu ce que dit Rémi Lefebvre?, vous approuvez, et vous continuer à applaudir les homélies de Royal ? Il y a une contradiction, permettez moi de vous le dire.
Sinon, bien sûr, les socialistes ignorent Jaurés comme le passé de la Première Internationale. Ils peuvent siffler l'un ou l'autre, puis les deux et manger avec Kouchner et Strauss Kahn dès demain.
"L'alternative au capitalisme n'existe pas ou est très peu crédible". Peut-être mais convenez que celles et ceux qui dirigent ou font mine de diriger ou imitent la posture de qui qui envisagerait de diriger le PS sont incapables de nous dire en quoi le capitalisme est réformable, en quoi ils sont plus à l'écoute des revendications populaitres que le FMI de Strauss Kahn, l'OMC de Lamy; les adeptes de la participatude de Royal ou de la prévision de Besson et Attali?
Alors certes, l'alternative au capitalisme n'est pas très crédible; mais le soutien critique aux capitalistes est certainement mortifèr
La « désidéologisation » ne me semble à moi qu’apparente. Je suis en effet toujours agréablement surpris de la capacité qu’a le PS (jusqu’à aujourd’hui, à tout le moins…) d’attirer autour de lui des « pointures » intellectuelles qui font depuis de longues années un vrai travail d’analyse et de conceptualisation.
Mais cette apparence de « désidéologisation » est par contre le résultat direct du système féodal que constitue l’organisation locale du parti.
Qu’on l’admette ou non, la règle pour gravir les échelons au sein du parti est avant tout celle de la cooptation, avec toutes les implications en termes d’intérêts croisés et de renvois d’ascenseurs que cette règle implique par sa nature même.
Cette mécanique me semble avoir été en son temps assez bien mise en évidence par Montebourg dans son bouquin « La machine à trahir ». Malheureusement l’intéressé n’a pas su résister lui-même à la pression imposée par ladite machine… C’est dire la puissance du système (ou la pusillanimité de l’intéressé... Je n’ai personnellement jamais pu décider d’entre ces 2 hypothèses).
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L’échelon local se révélant donc incapable de générer le corpus idéologique sur lequel le PS aurait vocation à s’appuyer dans son combat politique au plan national, il faut donc bâtir à ce dernier niveau un système qui soit directement représentatif de la diversité des militants, c'est-à-dire un système de type « parlementaire », et non pas « présidentialiste » comme l’a imposé Lionel Jospin, et dont on voit aujourd’hui les ravages…
Pas très compliqué, si on le voulait bien. Il suffirait en effet de supprimer le droit élus intermédiaires (et notamment des 1er secrétaires fédéraux) à siéger au CN pour que celui-ci représente alors le corps électoral réel qui s’exprime sur les motions d’avant congrès (ce qui ne ferait d’ailleurs que respecter en interne le principe du non cumul des mandats)
Et ce « parlement » là pourrait alors avoir enfin pour vocation de choisir et de contrôler les membres d’une direction collégiale dont le 1er boulot serait de porter une vraie opposition permanente en s’appuyant sur les analyses et concepts évoqués plus haut (le « shadow cabinet » que j’appelle de mes vœux).
Ah, bon, quelle importance... Des militants surchauffés, pas de quoi en faire un plat. A propos, vous avez écouté la parodie de discours d'investiture samedi, d' Aubry, exaltée, haletante, devant l'assemblée, "Notre parti ! etc...", toute de gris vêtue, comme au temps des soviets. Depuis, envolée ! Disparue ! Elle est terrée dans sa mairie, tandis que Royal s'est déjà attaquée à la transformation du parti : des pratiques de votes irréprochables, pour commencer. Magistral !
Et vous faites la fine bouche ? J'ai pas relu monsieur Lebfévre, c'est très intéressant; mais rien ne vaut son observation personnelle, et chaque détail compte : ouvrez les yeux, et les oreilles ! Sans jugement pré-établi. C'est bien plus passionnant. Essayez, vous verrez !
Aubry portait une robe grise! Vous êtes sûre? Cela change tout, en effet. Quelle horreur! Cette fois-ci j'ouvre les yeux. Aubry, c'est la Corée du Nord en pire, mais bien sûr. Merci.
Sinon, je n'aime pas les clampins qui méprisent ceux qui chantent l'Internationale; que cela ne soit pas une question politique pour vous, d'accord... Et je vous précise: Royal ou Aubry, peu m'importe.
Mais une robe grise, alors là non!
J'ouvre les yeux et les oreilles grâce à vos conseils.
Et vous, relisez donc ce texte de Rémy Lefebvre; il mérite mieux qu'une lecture distraite.
Menucci et Frêche soutiennent Royal. Des gens au-dessus de tout soupçon et bien habillés? c'est se moquer.
je ne voulais plus répondre sur Médiapart , mais l'intervention de Perceval suite à l'analyse de Monsieur Lefevre m'interesse.
Je suis beaucoup plus âgé que vous( ceci moi aussi afin d' éviter toute attaque ).Nous sommes effectivement au coeur du problème :il y a au parti une part de sclérose dont nous sommes tous responsable, manque d'analyse , manque de formation....un parti pas toujours en prise avec les évolutions de la société......tout cela peut exister......mais la volonté de vouloir faire du passé table rase n'est pas la solution......sauf pour tous ceux qui effectivement souhaite instaurer un centre gauche et peut-ètre mème un centre droit
Les deux courants qui s'affrontent aujourd'hui pourront -ils cohabiter dans un avenir proche, qui peut le dire aujourd'hui, j'admire tous ceux qui savent ....j'ai voté Hamon car c'est effectivement la seule voie possible de renouvèlement du parti - et non pas de rupture-je ne regrette pas face à la crise actuelle et aux conséquences sur tous ceux qui triment pour essayer de survivre.....Les combats seront rudes ....je ne crois pas au grand soir....mais si d'entrée de jeu nous disons le socialisme cela ne veut plus rien dire......alors là basta !
L'extrème gauche ne peut et ne veut pas prendre le pouvoir (cela fait 40 ans que cela dure) le PC est aussi à bout de souffle(je ne souhaite pas sa disparition), si nous n'arrivons pas au PS à travailler ensemble pour offrir une alternative à la droite revancharde qui est au pouvoir,je crains des affrontements plus graves dans la société française....
Je souhaite que ceux qui ont soutenu la motion Hamon continue à réfléchir et à agir pour convaincre encore plus d'adhérents et de militants que la société actuelle peut ètre changée : droit des travailleurs, respect des minorités...droit du travail liberté personnelle et collective....etc
REFONDER UNE LIGNE POLITIQUE DE GAUCHE ....agir avec ceux qui luttent. Si ne croyons plus à cela , alors laissons la droite moraliser le capitalisme et nous travaillerons le dimanche et les jours férié.....jusqu'à 85 ans
C'est tout un imaginaire : l'internationale bravache chanté à la face d' un autre courant, le choix du gris pour sa tenue vestimentaire, pour un discours devant l'assemblée nationale, choix du décor, exalté à la gloire du parti 'ancré à gauche', martelé, le côté putsch de la chose, le côté exagérément solennel voulu pour l'évènement; c'est tout cet ensemble qui s'adresse à une sensibilité qui n'est pas la mienne, et que j'ai ressenti non comme un effroi glacé, ni de manière ironique, mais avec la même gêne que certains peuvent ressentir face à un zénith par exemple, qui ne heurte pas ma sensibilité. C'est très subjectif. Là où je suis plus inquiète, c'est que l'on s'en tienne sans approfondir davantage à ces réactivités appartenant au domaine du sensible, au détriment de ce qu'il y a vraiment derrière, en tant que vision d'avenir pour notre pays, dans ce qu'il y a de plus concret.
M.R.73100
Non nous ne pouvons parler de dynamique militante, parce que cette progression résulte de deux phénomènes: Les partisans de SR se sont lancés dans les derniers jours précédent le scrutin à une mobilisation téléphonique intense d' anciens adhérents 2006 qui n'avaient jamais mis les pieds dans une section ( dans la mienne 7 sur près de 50 ont répondu à l'appel = mesure du désamour vis à vis de l'ancienne candidate mais on ne peut parler à leur égard de force militante. Seul le poids électoral de ces "militants tiroir-caisse" au 2 eme tour a été déterminant pour la progression de Ségolène Royal. Quand les reverrons-nous pour participer au travail militant même pour Ségolène ? sans doute jamais...et la vie du Parti va se poursuivre.
D'autre part l'examen du report de voix, section par section, montre que les partisans de Mélenchon se sont reportés massivement sur SR par jeu tactique: Il fallait confirmer la parole de JL Mélenchon:= le PS se ségolénise, En activant cette ségolénisation du PS, Mélenchon, fidèle à son passé trotskiste (ce n'est pas une injure pour moi), espère en outre atteindre deux objectifs:
-se créer un espace politique pour son "Parti de Gauche" à la gauche du PS
- récupérer les militants qui quitteraient le PS du fait de l'ascension de Ségolène Royal pour constituer l'ossature de son nouveau Parti. Ceux-là sans être très nombreux sont parmi les plus militants; Ils ne seront donc, ni pour le PS, hélas, encore moins pour SR la force militante dynamique que vous évoquez.
Je trouve pour ma part, l'analyse excellente. Il ne me reste plus qu'à trouver leur bouquin.
Avant de quitter le site, une bonjour à Frantie B qui a l'art de dire tout haut ce que je pense tout bas
Moi aussi, comme Vincent et d'autres, cet article m'a bien intéressée.
Il me semble que ce dont nous "souffrons", pas seulement au PS, mais partout, c'est une sorte de "dépolitisation" de la société, le PS n'y échappant pas. Ce n'est pas avec de "l'opinion" qu'on fait de la politique.
J'ai suivi hier je crois ("du grain à moudre", France culture 18h30) une émission à la radio entre divers membres de partis socialistes européens : c'était frappant de mesurer combien il leur était difficile d'avancer des "thèses" politiques. Beaucoup de propos étaient comme "informes", noyés dans une sorte de volonté de nuance (ce qui n'est pas mauvais en soi, bien sûr) qui donnait l'impression d'une recherche un peu stérile, d'un manque de "vision", bref, d'un manque d'analyse politique (par ex : rien sur les grands enjeux internationaux, mais une sorte de pensée bricolée sur les sujets économiques). Et le plus fort c'était le travailliste anglais qui ressortait l'épouvantail de la dictature du prolétariat, disant que les partisans d'une forte intervention de l'état pouvait aller s'installer en Corée du nord. Bref, vous voyez le niveau argumentaire. L'espagnol n'avait rien à dire. En 45 mn il n'y a pas eu une seule réflexion sur l'accroissement des inégalités, l'écart de + en + violent entre les revenus, non. On sort de là, la tête vide, bruissante de mots, les idées en compote.
Ben oui, comme dit Fantie, l'intéressant à partir de cet article c'est de voir les pistes, proximités et différences politiques à l'oeuvre, et aussi d'apporter son caillou à l'analyse de la déconfiture (de rose).
kairos
Les origines, c'est un bon sujet, mais les conséquences? Le PS, toutes les motions confondues, n'oublie-t-il pas que les électeurs peuvent très bien se passer de lui et que ce n'est pas réciproque?
Daryn
 
...les socialistes ont légitimé le MODEM qui cherche pourtant à les affaiblir
 
Non. Le MoDem cherche à exister avec son propre projet. Que son développement se fasse aux dépends d'une partie du PS et d'une partie de l'UMP est inévitable mais ne relève pas d'une intention première d'affaiblir qui que ce soit.
 
A l'inverse, Nicolas Sarkozy a déclaré à plusieurs reprises vouloir rayer François Bayrou et ses amis du paysage politique, et s'y est employé activement. Il y a une différence.
On a écouté la même, Marielle.
Moi je suis retourné devant mon écran voir les dernières nouvelles de Mediapart, et l'émission n'a vite été qu'un bruit de fond.
J'ai quand même sursauté en entendant "dictature du prolétariat" ! Pour rvite retomber dans mes "distractions" médiapartiennes.
Mais c'est là tout le problème de ces partis socialistes, sociaux démocrates. Ils ne partent pas de la réalité de la situation, d'une analyse de celle-ci.
Ces analyses, de gauche (pour l'angle de vue) quoique scientifiques, sont pourtant argement disponibles. Les experts regardant les inégalités, leur accroissement structurel, leurs effets, ne manquent pas en sciences sociales et humaines. Mais ils disent eux-mêmes être ignorés de ces partis.
Qui semblent préférer, je le dis sans polémique mais comme un fait, les experts en communication.
Si la gauche ne met pas en premier la question des inégalités structurelles qu'est-elle ?
Si elle ne se donne pas comme tache prioritaire d'analyser comment les inégalités sont structurés aujourd'hui, où est sa pensée ?
Quelle est donc la tâche prioritaire que ces grands partis de gauche se donnent ?
édité pour ajout J'ai bien apprécié le point de vue de Bernard Testard, plus haut :
"Nous sommes effectivement au coeur du problème :il y a au parti une part de sclérose dont nous sommes tous responsable, manque d'analyse , manque de formation....un parti pas toujours en prise avec les évolutions de la société......tout cela peut exister......mais la volonté de vouloir faire du passé table rase n'est pas la solution....."
D'accord avec Bernard Testard, la table rase n'est pas la solution, surtout si c'est pour renforcer la recherche de "coller à l'opinion".
La réflexion se conquiert contre l'opinion, et ça, c'est valable pour chacun d'entre nous. Penser contre les idées "ambiantes" qui nous font prendre les inégalités de revenus comme naturelles. Ce serait naturel que les plus bas salaires ne permettent pas de se loger, nourrir, soigner décemment, pour ne prendre que les premières sécurités basiques de l'humain (et de l'animal) ?
Ras le bol de voir ces partis (quand ils le font) se préoccuper surtout de réparation, d'allocations et d'assistances.
Si, dans le PS qui sortira de la crise, les adhérents pouvaient pousser un peu plus, là où ils sont, à aller vers vers l'analyse des inégalités... Quitte à oublier un peu leurs amitiés et fidélités de courants ou de personnes.
Bonne chance à eux.
L'article de Rémi Lefebvre n'est peut-être pas surtout intéressant par ce qu'il dit du PS, un cadavre politique sur lequel il avance un diagnostic plus complexe que le ressassement médiatique de "la paresseuse explication psychologisante du choc des « egos » et des ambitions personnelles". Mais, en creux, à travers les ravages de la professionnalisation politique, il interroge la possibilité d'une "politique autrement" passant notamment par la forme du parti moderne (on pourrait dire des choses partiellement analogues sur les Verts français). C'est notamment la question que pose plus haut Nadja. A partir de l'exemple négatif du PS, il nous confronte à un défi : peut-on envisager un parti de transformation sociale qui ne soit pas peu à peu paralysé par les effets de la professionnalisation et de l'institutionnalisation? Son article apparaît pessimiste (et il y a de quoi à l'observation du spectacle public que donne le PS depuis quelques jours), mais le livre écrit avec Frédéric Sawicki, "La société des socialistes - Le PS aujourd'hui" (éditions du Croquant, 2006), laissait une porte entrouverte : le congrès d'Epinay de 1971 avait rendu possible une rénovation militante du PS, s'émancipant partiellement des réseaux clientélaires locaux. Il y aurait donc des rebonds possibles dans l'histoire, qui ne seraient pas que la reproduction mécanique des tendances dominantes, même si celles-ci pèsent (de manière variable en fonction des conjonctures). Ces rebonds n'ont rien de "magique", mais se nourrissent d'autres processus sociaux, alimentant des contre-tendances. Mais cela ne veut pas dire que ces rebonds surgissent toujours des lieux où ils ont déjà surgi et où on les attend le plus...
Cette question de la possible utilité transformatrice d'un parti est celle aussi que pose le processus en cours du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste). Le paradoxe d'un "parti libertaire" est-il envisageable? La distance libertaire à l'égard de l'institution gouvernementale, affichée par Olivier Besancenot et associée à une pragmatique des luttes sociales, s'inscrit dans cette tension. Elle apparaît partielle et provisoire, mais, bien que moquée par beaucoup de gens "sérieux" comme "gauchiste" et "purement protestataire", elle travaille dans cette tension, sans certitude, pragmatiquement.
On a alors besoin que, selon les catégories de Gramsci, "l'optimisme de la volonté" des militants fasse son miel du "pessimisme de l'intelligence" des chercheurs comme Rémi Lefebvre.
Philippe Corcuff, membre de la famille socialiste entre 1976 et 1992, membre des Verts entre 1994 et 1997, aujourd'hui militant de la LCR et du NPA, par ailleurs enseignant-chercheur de science politique
PERCEVAL
J 'ai compris: pour certains, "être plus à gauche", par exemple, c' est prôner le raccourcissement du temps de travail (ou 2 ou 3 autres"mesures phares). Mais alors, il faut le faire correctement . Demandez aux TPME et aux employés des hôpitaux ce qu 'ils pensent des 35 H. C' est cette mauvaise application du concept, imposé de façon extrêmement autoritaire par M Aubry, qui en a fait l' épouventail économique préféré de Sarkozy pendant sa campagne. Et là, j' ai attendu longtemps que M Aubry défendre son "bébé" aux côtés de "sa" candidate.
Petits rappels, du Figaro Magazine du 28 avril .
M Aubry, en 1994, devant une Assemblée de chefs d' entreprises, déclarait:"les 35 heures payées 39, c' est une supercherie";
Mitterand avait promis le passage aux 35 h en 1981; en 1982, , elle était proche collaboratrice du Ministre du travail, Jean Auroux, et l' avait convaincu d' ajourner le passage progressif à la semaine de 35 H ( revendication de la CFDT)....inspirées de Larrouturou .
En 1991, M Aubry devenue Ministre du Travail, fut conviée à expliquer sa politique devant 5000 militants de la CFDT ... Ses propos ne recueillant qu 'une médiocre approbation, elle lança:
"J' ai bien compris qu' ici, pour se faire applaudir, il faut parler de la réduction du temps de travail!".
...Elle a mis en place les 35 h à la demande de L Jospin.
Pas étonnant qu' elle ne les ait pas défendues en 2007: le bébé n' était pas désiré. Ensuite reprocher à S Royal de ne pas les avoir défendues, c' est plutôt facile. Celle-ci s' est contentée de dire que les résultats étaient positifs dans certains cas, négatifs dans d'autres, et qu 'il fallait pour ces derniers consulter les partenaires sociaux , ce qui me parait plutôt pragmatique.
Les recours purs aux livres de quelques spécialistes, alors qu'ils y a presque autant de théories que d' économistes, valent-ils toujours mieux qu 'un ensemble de mesures éprouvées sur le terrain, ou issues de la réflexion commune de centaines de personnes, simples citoyens, économistes experts, politiques ?
Pour ce qui est du gagnan t-gagnant, attention aux imterprétations détournées; par exemple, elle l' a dit de ses propositions du pacte présidentielle, présentes dans sa motion (que B Hamon a reprises récemment en partie) quand elle dit que les entreprises qui seront novatrices, réinvestiront leurs bénéfice dans la recherche ou la création d' emploi, seraient avantagées pour les subventions, alors que celles qui délocaliseront devront les rembourser ( décourager les délocalisations).
Mme Royal a écrit un livre avec Touraine, et un grand économiste qui a eu récemment un prix Nobel (et dont j'ai oublié le nom) avait approuvé le discours sur les finances qu 'elle a fait en Grêce, et qui a fait grande impression au- delà de la France... mais les journalistes français ont oublié de relayer !
Alors si vous avez du temps pour coller des étiquettes "moins à gauche" c' est votre droit; ce que je trouve intéressant, ce sont les mesures REALISABLES , (et pas des discours démagogiques ) qui assurent une meilleure répartition des richesses, préservent les services publics ...
C' est ce qui tend vers une société de socidarité, grâce à un esprit fraternel.
Je ne m' émeut pas pour les noms d' oiseaux, mais pour ce qui est de la virulence, vous me surpassez !
Je relaie les questions de Nadja et Philippe Corcuff :
comment se ferait la politique sans parti? (Nadja)
peut-on envisager un parti de transformation sociale qui ne soit pas peu à peu paralysé par les effets de la professionnalisation et de l'institutionnalisation? (Philippe Corcuff )
Comme dit Nadja, faisons travailler notre imagination.
Et j'ajouterai : et si nous nous exercions à faire vivre des espaces de discussions (comme ici sur Mediapart) et de prise de décision (ailleurs, dans le monde réel), sans laisser les fermetures de l'institutionnalisation s'opérer ?
Nadja, la politique sans partis ? Ben oui, d'une certaine façon ça existe, ou disons en plus des partis, dans les mouvements sociaux qui peuvent avoir cette force de donner forme à la politique, de l'amener là où elle ne l'avait pas prévu (en écho à ce que dit Ph. Corcuff); c'est peut être ça le plus intéressant dans ce qui peut se passer.
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Un parti en tant qu'institution ne peut pas échapper à la paralysie comme tous les groupes constitués (les places à défendre, la hiérarchie et ses effets, les enjeux divers qui en découlent...) et c'est la société qui a les moyens de faire pression, de mettre du désordre dans ce qui se fige, mais encore faut-il que cette société trouve le désir, la force de se manifester. Aujourd'hui il semble qu'on soit dans une phase paradoxale : fort mécontentement et fort abattement, résultat insidieux du fatalisme instillé partout (ex : fatalisme du modèle économique actuel).
Si ce fatalisme est ébranlé, s'il ne bouche plus la pensée (et donc l'imagination), beaucoup de choses peuvent advenir. Evidemment, là on peut me taxer de rêveuse (ce que les gens d'Utopia doivent entendre), d'incompétente (je le suis pas mal), ...
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mais on ne m'enlèvera pas de l'idée que c'est le mélange de la CONSCIENCE (= par ex. je prends conscience que les écarts faramineux de salaire, c'est une duperie ; je prends conscience que regroupé avec d'autres, je suis une force ...) et du DESIR revigoré (désir de vie, curiosité, sens de la prise de risque intellectuel et pratique ...) qui crée du changement possible.
J'aime beaucoup la phrase de Gramsci que je me plais à me répéter car c'est bien là que les choses résident : une "volonté" peut aider à débloquer la pensée.
Marielle Billy
Quand on ne peut reprocher à quelqu'un son action, on lui reproche sa manière d'avoir agît... Il y a aura toujours des mécontents.
Et c'est vrai que le Figaro comme source, c'est tellement fiable. Surtout un article concernant la dame des 35h. L'ennemie publique de la droite et du MEDEF...
Encore une fois, j'ai relu mon post, je n'ai pas reproché à Mme Royal de ne pas avoir défendu les 35h. Relisez. J'ai aussi mentionné que l'application unilatérale fut une erreur.
J'ai usé le même exemple que vous pour louer l'action locale de Ségolène Royal dans sa région.
Enfin, quels noms d'oiseaux? Ma seule erreur fut d'employer le terme "conneries", je m'en excuse. Pour le reste, c'est tout à fait correct. Pour la virulence, j'apprécie peu qu'on me taxe d'esprit conditionné, d'ignorant (je ne me souviens plus des termes exacts mais en gros je fais partie de la masse manipulée, incapable de penser par moi-même et dont la seule source d'info reste les grands médias partisans)... alors qu'on ne sait rien de moi. Je vous ai juste répondu avec des arguments pragmatiques puisque vous aimez cela.
Contentez vous des faits quand vous me répondez. N'inventez pas, restez objective.
Je reconnais les erreurs de Mme Aubry et plus généralement du gouvernement Jospin. Je ne leur pardonnerai jamais les privatisations. Mais je persiste à penser que Mme Aubry sera plus à même de préserver l'identité socialiste du parti que Mme Royal, qui cherche à le diluer dans un grand parti militant à l'instar de Blair quand il créa le New Labour. Ce qui lui servit de postulat pour redéfinir l'idéologie du parti et en faire un parti centriste.
L'article de Rémy Lefevre, au demeurant très instructif, se termine par une mise en garde contre le temps. Martine Aubry (et le PS) ont peu de temps, l'échéance présidentielle est proche. N'étant pas membre du PS, cette perspective n'a qu'une importance relative pour moi. Il est d'autres échéances dont nous ne connaissons pas les dates avec précision mais qui risquent fort d'être plus proches que 2012. Les dégâts considérables que la crise commence à causer chez les salariés, et qui vont s'amplifier, risquent fort de provoquer des réactions extrêment violentes si aucune organisation politique n'est capable ;
1 - de proposer des explications plausibles, autrement qu'en terme d'inéluctabilité de processus liés à l'inévitable mondialisation. J'ai lu quelque part, et ce ne devait pas être à droite, que la perte des emplois industriels devait être considérée comme un fait acquis.
2 - de réhabiliter l'idéologie, comme un enemble d'idées constituées en système finalisé, et dont la finalité est la prééminence du travail sur la finance.
3 - d'entamer une démarche de réapprentissage de l'espoir dans une population en situation de "résignation acquise", acquise de "vive la crise" en traitement social du chômage et en délocalisations inévitables.
4 - de proposer des solutions crédibles, sans populisme- il y aura des efforts à faire, des modes de vie à changer.
5 - d'étendre les débats sur ces questions au niveau européen. À cette échelle, des mesures protectionnistes sont envisageables, et les populations salariées de quasiment tous les pays européens ressentent les mêmes effets du libre-échange. Elles sont donc susceptibles de les demander aussi.
J'oublie évidemment d'autres principes sur lesquels devraient s'appuyer des organisations politiques de gauche pour être un recours avant l'explosion. Un parti qui n'est plus préoccupé que de sa propre conservation peut-il avoir ces préoccupations ?
À Pénélope, une militante socialiste, mais surtout une groupie de Ségolène Royal, une activiste de Désir d'Avenir, qui suit au doigt et à l'oeil les revirement tactiques de Ségolène. hier le cirque, aujourd'hui pour vous Martine Aubry, ne serait que la Première Secrétaire INTÉRIMAIRE de Ségolène Royal, mais vous rêvez...
Votre charmant commentaire intervient un peu tard : de l'eau a coulé sous les ponts depuis.
Martine Aubry a été désignée, dans la confusion, nous sommes dans un cas, pas banal, de 50/50.
On est passé à une autre phase
Vous pouvez le dire, je suis une groupie, mais aussi une militante, une mère de famille, etc... J'ai de multiples fonctions.
Je suis riche de ce que je suis, et j'en suis fière.
Encore un article qui certainement fera plaisir à toute la droite en général et aux socialos qu'on a réussi à convaincre que leur parti, était un parti de loosers éternels. C'est servir la soupe à Sarkozy en faisant croire à tous que le principal (pour le moment) parti d'opposition en France est toujours en guerre interne quelqu'en soit la raison. Dommage qu'il n'y ait pas assez de courageux journalistes pour nous faire une enquête interne dans l'ump pour nous sortir un papier sur les divisions internes.