Quelle Europe pour l’université ?

Appel aux candidats, partis politiques, collectifs et citoyens pour que la campagne des élections européennes pose enfin la question de l'enseignement supérieur et de la recherche. Loin des bonnes intentions et lieux communs habituels, dix questions posées aux candidats par Sauvons l'université.

 

Aujourd'hui, nous, universitaires français, excédés par plusieurs mois de manipulations et par le processus de destruction des savoirs et de nos métiers, le mépris souverain de nos gouvernants pour la formation de citoyens éclairés et pensants, nous demandons aux candidats aux élections du Parlement européen du 7 juin de prendre clairement position contre le dévoiement des missions de l'université, dissimulé sous une novlangue managériale incompatible avec un véritable enseignement et une véritable recherche.

 

Dans le processus de Bologne, l'Europe s'est engagée à développer ce qu'elle a appelé «la société de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde», en réalité la seule «économie de la connaissance». Pour cela, l'Europe a choisi d'appliquer les techniques managériales de gestion et d'évaluation aux secteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche, la «méthode ouverte de coordination» (MOC). Cette méthode confère un rôle primordial aux conseils intergouvernementaux, à la Commission européenne dans la définition des orientations et les processus de décision, mais en exclut le Parlement et la Cour de Justice. Est-il acceptable que de telles questions échappent à la représentation populaire européenne ?

 

L'application des techniques managériales à la gestion de toutes les structures d'enseignement et de recherche conduit ainsi à l'instrumentalisation de la notion de «connaissance» dans une perspective purement économiciste. Sous couvert d'harmonisation, elle tend à l'uniformisation des structures universitaires pour les mettre en concurrence, au détriment des formations. Fondée sur le benchmarking (la production infinie d'étalons jamais atteints de compétitivité), la politique mise en oeuvre asservit les gouvernements. Elle conduit à des analyses infondées et promeut des processus d'évaluation insensés.

 

La démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur, l'idée même que nous nous faisons de la recherche sont aujourd'hui en conflit avec la construction d'un «marché européen de la recherche et de l'innovation». Nous ne pouvons laisser à l'idéologie du marché - qui détermine la refonte de l'enseignement supérieur et de la recherche au niveau européen - le soin de définir ce que sont l'accès démocratique au savoir, la transmission des connaissances et la recherche véritable. Nous le pouvons d'autant moins que cette idéologie a déjà montré ses effets destructeurs sur l'organisation, les conditions et la qualité du travail ainsi que la créativité.

 

La principale caractéristique des «réformes» adoptées, en France comme ailleurs, dans le cadre de ce «processus de Bologne» est de se faire sans, voire contre, la communauté universitaire. À cet égard, la situation française est une caricature d'imposition par le haut d'une transformation radicale jamais formulée pour ce qu'elle est, alors même que la méthode de coordination est dite «non contraignante».

 

Depuis le vote de la loi LRU trois mois tout juste après l'élection de Nicolas Sarkozy, l'université et l'enseignement voient grandir une contestation profonde des principes sur lesquels se fondent les «réformes» actuelles. Ces dernières, inaptes à résoudre les difficultés propres du système français, détruisent ses fondements : publique, laïque, démocratique, l'université française s'appuie sur une articulation forte entre enseignement et recherche, elle préserve un accès démocratique à l'enseignement supérieur à côté d'autres structures fortement élitistes. Nous rappelons l'engagement des pays membres à respecter les spécificités nationales dans le cadre du processus de Bologne : dans cette perspective, l'Europe ne doit pas servir à détruire les caractéristiques qui ont fait la force de l'université française.

 

Pour que les universitaires ne se détournent pas de la construction européenne, il faut que la politique européenne en matière d'enseignement et de recherche soit radicalement transformée. Il faut que la question même de l'enseignement supérieur, d'un accès démocratique de tous au savoir, revienne explicitement dans les objectifs politiques européens. En Europe comme en France, il est nécessaire de mettre fin aux manipulations sémantiques et aux faux-semblants. Plusieurs contre-vérités constituent en effet le socle de la politique européenne actuelle en matière d'enseignement supérieur et de recherche.

 

  • 1. La concurrence généralisée, meilleure que l'émulation académique ?

Il n'est pas vrai que la mise en concurrence des individus (étudiants, chercheurs, enseignants, personnels administratifs et techniques) et des établissements (universités, organismes publics de recherche, instituts) favorise l'augmentation des connaissances et crée le cercle vertueux d'un partage enrichissant chacun des partenaires.

 

Nous affirmons que la recherche est une activité collective qui suppose la collégialité et l'émulation, le partage des savoirs et la coopération internationale. L'émulation est un des moteurs de la recherche et de la création : elle permet un véritable travail en équipe et un partage fécond des connaissances. Elle est incompatible avec la concurrence, guerre de tous contre tous et entrave à une vraie circulation des savoirs.

 

  • 2. La précarisation, un mode de gestion efficace de la recherche ?

Il n'est pas vrai que les contrats précaires, opposés au statut stable de fonctionnaire, soient un levier d'amélioration de la recherche et de l'enseignement ; il n'est pas vrai que la précarité développe la «compétitivité» des individus dans le champ scientifique. Elle dévalue la diversité des compétences essentielles à la recherche dans tous ses aspects et à tous ses niveaux. Elle engendre soumission et conformisme scientifiques. Efficace? Elle a pour effet d'atomiser le monde de l'enseignement et de la recherche, de le rendre dépendant du bailleur de fonds, du donneur d'ordre et/ou de la tutelle bureaucratique.

 

Nous affirmons que la recherche libre nécessite un emploi stable, seul garant de l'autonomie scientifique vis-à-vis de toutes les tutelles, qu'elles soient académiques, politiques, économiques ou bureaucratiques. Nous affirmons que l'Europe doit encourager les États à favoriser la recherche et l'enseignement supérieur par des plans nationaux pluriannuels de postes statutaires. 

 

  • 3. Évaluer pour sanctionner ?

Il n'est pas vrai que l'évaluation soit une opération mathématique relevant de l'objectivité scientifique et de la neutralité technique. Les critères qu'elle utilise ne sont jamais universels. En une vingtaine d'années, elle a cessé d'être conçue comme nécessairement collégiale, prospective, comparative pour devenir un outil de gestion budgétaire ainsi qu'un instrument anonyme de sanction financière et morale des individus et des structures.

 

Nous affirmons que l'évaluation peut être le moyen de construire sa place dans le champ scientifique, à condition que cette évaluation soit plurielle, contradictoire et qualitative. Elle n'a de sens que si elle permet de soutenir les efforts de recherche et d'enseignement, ainsi que l'émulation, non d'instaurer et de faire fonctionner la concurrence en encourageant notamment une vaine course à la publication.

 

 

  • 4. Employabilité ou formation ?

Il n'est pas vrai que la professionnalisation des études soit l'instrument d'une insertion professionnelle durable et de qualité, pas plus que l'allongement des études n'est automatiquement synonyme d'amélioration de la formation. Une professionnalisation étroite risque au contraire de limiter les possibilités d'adaptation de chacun aux transformations futures.

 

Nous affirmons que la question de la professionnalisation est posée aux universités par l'existence d'un chômage structurel et la massification des étudiants depuis quarante ans. Nous affirmons qu'elle n'est actuellement pensée qu'en termes d'employabilité à court terme au détriment d'une réflexion sur ce qu'est une formation véritable.

 

 

  • 5. Le Classement de Shanghai, veau d'or de l'Europe de la connaissance?

Il n'est pas vrai que le classement de Shanghai soit un indice exact de la valeur des enseignements et de la recherche proposés dans les universités. Le regroupement et l'augmentation de la taille de certaines universités françaises les feront mécaniquement remonter dans ce classement, mais ils ne signifieront pas pour autant amélioration de la formation et de la recherche dans ces établissements.

 

Nous rappelons en revanche que si les communicants voulaient utiliser honnêtement ce classement pour évaluer la «performance» des universités et de la recherche françaises, ils devraient rappeler que la France se place au 6e rang mondial, alors que la part du PIB consacrée à l'enseignement supérieur et à la recherche la classe 18e des pays de l'OCDE.

 

Nous affirmons que seuls les ignorants croient encore à la pertinence du classement de Shanghai, inapte à rendre compte de la manière dont l'université accomplit ses missions.

 

 

  • 6. L'autonomie, nouveau paradis académique ?

Il n'est pas vrai que l'«autonomie» des universités octroyée par la loi LRU leur donne une indépendance scientifique, pédagogique et financière. Elle ne leur attribue qu'une responsabilité de gestion, sous contrôle renforcé de leur ministère de tutelle. Elle leur confère la tâche de gérer l'ensemble du budget de l'université. Elle fait de la masse salariale la principale variable d'ajustement de cette gestion: c'est donc sur le potentiel humain que se feront nécessairement les économies budgétaires des universités passées aux «compétences élargies».

 

Nous affirmons que  la seule autonomie digne de ce nom est l'autonomie scientifique. Celle-ci repose pour les enseignants-chercheurs et les chercheurs sur la stabilité d'un statut national, pour les établissements sur le renforcement des compétences des organes universitaires scientifiques, et leur capacité à orienter les choix de l'université. Rappelons qu'à l'inverse, la loi LRU prive les conseils scientifiques de toute véritable capacité d'intervention dans la politique de l'université.

 

 

  • 7. La «gouvernance» et le «pilotage», nouveaux arts de gouverner ?

 

Il n'est pas vrai que le «pilotage» nouveau de la recherche et de l'enseignement supérieur favorise la rationalisation, l'efficacité et la transparence des directions que la notion de gouvernance prétend promouvoir au niveau national et au niveau européen. Au contraire, il promeut un modèle autoritaire de la direction des structures de recherche et des universités. La notion de «gouvernance» procède d'un discours managérial de la direction qui n'a rien à voir avec l'art de gouverner.

 

Nous affirmons que la collégialité est un des instruments essentiels de l'organisation et de la politique des universités ; elle devrait l'être pour les organismes. Nous affirmons que seule la représentation, fondée sur le vote, garantit la légitimité des personnels de direction, à quelque niveau que ce soit. La nomination ne garantit que l'autoritarisme de ceux qui sont en position décisionnaire, elle biaise et fragilise leurs choix administratifs et scientifiques, elle entretient le clientélisme et favorise le conformisme de la recherche et des carrières.

 

 

  • 8. Le financement sur projet, pierre philosophale de la recherche moderne ?

Il n'est pas vrai que le financement sur projet et par objectif garantisse la qualité de la science. Le financement sur projet accentue la mainmise du pouvoir économique et politique sur la recherche ; il favorise les grosses équipes, le gonflement artificiel des budgets et le développement technologique, sans permettre pour autant la critique des connaissances scientifiques.

 

Nous affirmons que toute recherche de qualité nécessite des structures stables, dotées de fonds pérennes et suffisants. Seule la stabilité permet de «faire de la recherche», impliquant prise de risque, adaptabilité aux résultats, persévérance, bifurcations et découvertes véritablement innovantes, non inscrites dans les projets préalables.

 

  • 9. Simplification ou multiplication des structures bureaucratiques ?

Il n'est pas vrai que nous allions vers une simplification des modes du fonctionnement de la recherche, créant des économies au niveau national comme au niveau européen. La multiplicité croissante des structures de financement actuel de la recherche, notamment au travers d'innombrables agences, produit opacité, stérilité et bureaucratie. Elle implique une dépense de temps, d'énergie et de moyens considérable: un véritable gaspillage scientifique, humain et financier.

 

Nous affirmons que la pluralité des structures de recherche et d'enseignement constitue une garantie de leur indépendance politique et de leur qualité. Cette pluralité doit être protégée par les Etats et encouragée par l'Europe. Nous affirmons qu'elle est la véritable justification, le véritable intérêt de la circulation des étudiants, des enseignants et des chercheurs entre les pays de l'Union.

 

  • 10. L'endettement à vie, un avenir radieux pour les étudiants ?

 

Il n'est pas vrai que le recours massif au prêt étudiant permette d'augmenter les dotations des universités, ni qu'il soit socialement équitable. Les exemples anglo-saxons montrent qu'il accroît la sélection sociale et n'est qu'une façon pour l'Etat de faire payer aux étudiants et à leurs familles son propre désengagement.

 

Nous affirmons que l'université est un service public et qu'à ce titre, l'Etat doit en garantir le financement et l'accès pour le plus grand nombre.

 

 

«Il n'y a pas d'alternative», vraiment ?

 

Ces questions sont fondamentales. Nous sommes face à un choix de société. Il n'est pas vrai que la politique européenne de recherche et d'enseignement soit un processus irréversible, ni que la destruction des services publics de l'enseignement supérieur et de la recherche soient obligatoires et inéluctables.   

 

L'université et la recherche deviendront-elles les instruments normalisés, atomisés, précarisés, garrottés de l'économie globale ? La volonté politique existe-t-elle de confirmer l'université et la recherche dans leur fonction de formation des hommes et des savoirs, dans leur mission de transmission et de création ?

 

Les représentants élus des pays de l'Union ont une responsabilité devant l'histoire de ce continent. Nous refusons que Bologne, nom d'une des plus anciennes et prestigieuses universités d'Europe, soit à l'avenir associé à une entreprise de destruction de la connaissance. La stratégie de Lisbonne doit être renégociée en 2010 : l'occasion à ne pas manquer d'en modifier radicalement les orientations.

 

 

Sauvons l'Université !


 

 

 

voilà ce qui en est quand la France s'est doté d'un intello, pointure talonette!

Sarko et Le crash des «Rougon-Macquart»
une chose que l’équipe du fouquet’s ne peut lui apporter : la culture !!!!!

pour info ... Le crash des «Rougon-Macquart»
Le point G de Sarkozy Par Fabrice Pliskin , Obs

Dans l’avion qui l’emporte vers les Emirats Arabes Unis, le président de la République s’essaie à son nouveau rôle de composition : défenseur des arts et des lettres. Il parle littérature. Il dit sa passion pour les «Rougon-Macquart» de Zola ; un sublime effort de communication. Hélas, c’est le crash, la débâcle, l’assommoir : car le chef de l’Etat prononce «Roujon-Macquart».

Dans le cycle scolaire français, on apprend au cours élémentaire que devant les voyelles a, o et u, la consonne g doit être suivie de la voyelle e pour être prononcée [G], car autrement elle se prononce [g]. Je parle sous le contrôle du ministre Darcos. Prenons un exemple limpide pour un homme épris de sécurité : on dit «fourgon» et non «fourjon». On dit encore : «La cote de popularité du président fait un plongeon dans les sondages», et non un «plongon». Tous les bons esprits républicains en conviendront : ces fondamentaux devraient être maîtrisés après deux ans de magistrature suprême.

Le président est fâché avec le son [g]. Les intellectuels dégénérés qui s’acharnent sur lui diront-ils que c’est parce que cette consonne sonne comme le mot «gueux» - qu’il faudrait prononcer «JE», si l’on suit sa méthode audacieusement réformiste? Une nouvelle prononciation qui sent son autocrate. Et on ne sache pas qu’il faille l’attribuer à quelque idiotisme de Neuilly-sur-Seine, où les gens, comme partout, disent Victor Hugo et non «Victor Hujo», que diable.

Et voilà : on publie la liste de ses lectures sur Facebook, on joue le paranjon, pardon, le parangon du bel esprit, et on écorche le nom de la famille la plus populaire de l’histoire de la littérature française. Une famille de grévistes, il est vrai, en butte à Napoléon-le-Petit et au culte de l’argent. A quelques semaines du Bac de français, l’effet est non seulement déplorable mais dangereux sur les jeunes âmes. On commence par commettre ce genre de petite incivilité, et, bête humaine, on finit par siffler «La Marseillaise» et organiser une tournante avec Mme de Lafayette.

malheureusement je ne suis pas sûr que le gouvernement soit en mesure de comprendre des textes argumentés , habitué qu'il est aux tableaux excel à 2 colonnes : dépenses, recettes !

Si sarkozy ne sait pas prononcer ce nom, c'est qu'il ne connaît pas le livre tout simplement, tout comme aucun livre de la littérature française. Il est inculte, il a juste voulu faire du zèle et il s'est planté. Pauvre ignorant, il n'avait pas besoin de ça pour montrer son inculture. Il ne connaît que le Fouquet's et les pipoles genre Mireille Mathieu et BiGard: son horizon est bien limité et c'est not'président: une parenthèse dans notre Histoire mais bon, ça commence à être long.

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Adresse à la CPU. Autonomie des universités ou gestion napoléonienne des universités ? -

site sorbonne en lutte

Rubrique : La lettre des 6 présidents d'Université à Sarkozy
Après le recours systématique ces dernières semaines à une utilisation exorbitante des recteurs en les transformant en des préfets en mission pour encadrer brutalement les formes de validation du second semestre, voilà donc qu’une nouvelle fois, le gouvernement nous offre une superbe illustration de sa conception napoléonienne de « l’autonomie » des universités et des universitaires. Xavier Darcos et Valérie Pécresse choisissent ainsi de passer en force sur un dossier majeur du conflit en cours : la question de la formation et du recrutement des enseignants.

Au mois de décembre dernier, le président de la république avait déclaré – dit-on – qu’il était nécessaire de pratiquer la concertation à une condition : ne tenir aucun compte des avis des personnes qui se prêtaient à ce jeu-là. Ce qui vient de se passer ces derniers jours dépasse à cet égard l’imagination la plus débridée. Les ministres concernés avaient annoncé, non sans quelque contradiction d’ailleurs, qu’étaient mis en place d’un côté une série de « groupes de travail » avec les syndicats mais aussi, de l’autre côté, une commission co-présidée par un président d’université et un recteur (commission comprenant par ailleurs une autre présidente d’université chargée spécifiquement de ce dossier au sein de la CPU). Bien sûr, le calendrier imposé était une nouvelle fois à la hauteur de la précipitation et de l’agitation qui règnent dans notre pays depuis deux ans, puisque tous les travaux devaient être conclus d’ici au 15 juillet, mais enfin cela ressemblait encore à un ersatz de négociation pour quiconque voulait bien y croire.

Las, depuis quelques jours les choses sont claires y compris pour celles et ceux qui prêtaient encore quelque crédit à la volonté d’écoute du gouvernement. Alors que la commission programmée n’a pas encore été mise en place, sont rendus publics, soumis aux comités techniques paritaires consultatifs et annoncés pour passage au Conseil d’Etat, les textes des projets de décrets mettant en place l’année transitoire et faisant passer en force la logique de la « mastérisation » ministérielle de la formation et des concours d’enseignants dont on avait annoncé que sa mise en place était reculée d’un an pour permettre de consulter sérieusement (enfin !) celles et ceux qui devraient la mettre en œuvre.

L’autonomie de gestion sous surveillance rectorale montre ainsi son vrai visage. Personne ne saurait désormais l’oublier. L’honneur de la CPU serait d’en tirer toutes les conséquences et de retirer ses deux représentants d’une commission dont l’inutilité est désormais patente.

Université d'Auvergne, les coulisses d'une fac modèle" (Bakchich info 25/05/09)
Points de vue et débats
Information publiée le lundi 25 mai 2009 par Fabula

"Université d'Auvergne, les coulisses d'une fac modèle", par Lucie Delaporte.

Bakchich info 25/05/09

http://www.bakchich.info/Universite-d-Auvergne-les,07790.html

Gestion hasardeuse, partenariats suspects en Europe de l'Est, la fac d'Auvergne présentée par Pécresse comme un modèle a quelques cadavres dans ses placards.

Elève modèle, la fac d'Auvergne collectionne les bons points. Première à passer sous le régime de l'autonomie, première à créer sa fondation pour lever les fonds d'entreprises privées, elle est aussi en pointe sur le développement à l'international.

Quand la Sorbonne ressort les barricades contre la loi Pécresse, le président de Clermont1, Philippe Dulbecco, se répand à longueur d'interviews sur les bienfaits de la LRU : « Projet consensuel que la grande majorité des acteurs de l'enseignement supérieur appellent de leurs voeux depuis de nombreuses années » prophétisait-il hâtivement en début d'année dans les colonnes du Monde. Enfin, preuve que cette fac a décidément tout bon, le président a été promu au rang de chevalier de l'ordre national du mérite par son grand copain auvergnat, Brice Hortefeux, alors ministre de l'Immigration.
Une fac modèle…de dysfonctionnements
Reste qu'un certain nombre d'éléments dont Bakchich a pu prendre connaissance écornent un peu l'image du « modèle » érigé par le ministère. Publié à l'été 2008, mais étrangement boudé par la presse locale un rapport de la chambre régionale des comptes (téléchargeable à la fin de l'article) contient pourtant quelques perles sur la gestion pour le moins hasardeuse de la fac auvergnate. « la chambre a constaté l'existence symbolique de budgets de gestion », note d'emblée le rapport avant de pointer une série de « dysfonctionnements » propres à sérieusement ternir l'image de la fac.

On y apprend ainsi que certains profs ou administratifs, et certains seulement, touchent des salaires plus que confortables comparés à la rigueur salariale en vigueur à l'université grâce à un système opaque d'heures complémentaires. Ainsi, relève le rapport, le directeur de l'IUP déclare chaque année quelques 300 heures sup' soit l'équivalent de deux postes et demi d'enseignants et ce, alors qu'il collectionne déjà les fonctions administratives . « Un tel cumul d'activités ne manque de susciter des interrogations sur les conditions dans lesquelles une seule personne peut, réellement et effectivement, assumer une charge de travail aussi importante ». La chambre s'étonne d'autant plus qu'« En tant que directeur de l'IUP il est le seul à attester du service fait ». Voilà qui simplifie les choses.

Alors que la loi n'en autorisait que trois, le président de l'université s'est - folie des grandeurs ? - entouré de pas moins de douze vice-présidents, un titre assorti, à défaut d'une mission claire, d'une prime annuelle de 6100 euros. Plutôt rare dans la fonction publique. Contacté par Bakchich, le président de l'université a jugé ces sujets « complexes et inutilement polémiques ».

Liasses de billets
Sauf que le plus savoureux n'est pas là et a, en grande partie échappé à la chambre régionale des comptes. La présidente, Françoise Leprêtre, reconnaissait d'ailleurs « n'avoir pas enquêté dans cette direction ». A l'instar de plusieurs autres facs moyennes, l'université d'Auvergne pour pallier l'effondrement de ses effectifs a multiplié depuis quelques années les partenariats avec des facs à l'international. (Lire notre enquête sur le trafic de faux diplômes) Résultat : 3000 étudiants sur les 15000 que compte la fac sont étrangers. L'université d'Auvergne s'est fait une spécialité des diplômes délocalisés en Europe de l'Est où elle a ouvert des antennes en Roumanie, Biélorussie et Ukraine. Selon plusieurs témoignages, les conditions dans lesquelles les diplômes sont délivrés dans ces antennes sont pour le moins troublantes. Un enseignant raconte avoir vu des étudiants roumains venir s'inscrire avec des liasses de billets. Pour le président de la fac, aucun problème :il s'agit là « simplement d'un problème de non-convertibilité de la monnaie ».

Quelle que soit la monnaie utilisée, un certain nombre d'enseignants soupçonnent qu'une grande partie des sommes apportées par ces étudiants échappent totalement à la comptabilité de la fac.« Il existe tout un système d'associations sur place pour recueillir de l'argent », explique un prof d'économie. Là encore le président de l'université qui a pris ses fonctions en 2007 assure avoir commencé à faire un peu de ménage. Reste que le responsable de ces programmes délocalisés, pas vraiment en disgrâce, s'est récemment fait offrir un magnifique 4X4 en guise de véhicule de fonction par l'université. Dommage que le Bling-Bling soit - un peu - passé de mode en Sarkozie, on aurait pu croire à un nouvel excès de zèle de cette fac décidément modèle.

Télécharger le rapport de la chambre régionale des comptes.

bijard, bijard, je trouve cela bijard...

Tout-à-fait d'accord avec ce texte.
Pour reprendre un des points soulevés, par forcément le plus essentiel, je signale que la Commission européenne, qui a souvent d'excellentes initiatives mais est encore plus souvent contrecarrée par le Conseil, avait envisagé de créer un classement européen des universités sur d'autres critères que ceux de Shanghai. Cette initiative intéressante devait faire l'objet d'un appel d'offre. Qu'en est-il aujourd'hui ? Mystère et boule de gomme.
http://www.fabula.org/actualites/article26951.php

Masterisation : lettre des 4 ENSpar Sorbonnard, le 28 Mai 2009 à 14:07
Rubrique : La lettre des 6 présidents d'Université à Sarkozy
Voici (en pdf ) la lettre de protestation envoyée par les 4 directeurs des Ecoles Normales Supérieures à Xavier Darcos, à propos des projets de décrets concernant la formation et le recrutement des enseignants.

à lire sir le site sorbonne en lutte

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Au bout du mouvement des facs, le cadavre du savoir? - Marianne2par Sorbonnard, le 28 Mai 2009 à 14:03
Rubrique : Presse
En phase d'épuisement, le conflit qui opposait depuis trois mois les universitaires au duo Sarkozy-Pécresse s'avère un puissant révélateur des errements médiatiques et politiques qui travaillent la société française, et de l'épuisement de la société de la connaissance, transformée en machine à produire des résultats.
La désastreuse victoire que le duo Sarkozy-Pécresse est en passe de remporter dans le conflit qui l’oppose depuis plus de trois mois aux universitaires et aux étudiants ne laisse pas d’étonner. Comme le jusqu’au-boutisme désespéré, le nihilisme « suicidaire », dont le Figaro crédite le dernier carré des Astérix de la culture. Cette victoire mérite que l’on s’interroge sur les conditions de sa possibilité.
Car en réalité, au-delà de l’affrontement politique, ce conflit gravissime à plus d’un titre et son issue prévisible apparaissent comme de précieux indicateurs des changements qui travaillent la société française, des indices de la mutation civilisationnelle en cours dans les pays développés. Comme l’a été d’ailleurs l’accession au pouvoir de Sarkozy lui-même. Sans ces changements, ils n’eussent pas été possibles.

UN SILENCE ASSOURDISSANT
De ce travail souterrain, ce sismographe rudimentaire que constitue le monde des médias (presse écrite et audiovisuelle), n’a rien perçu ni rien enregistré. A de très rares et timides exceptions près, un silence assourdissant a enveloppé un mouvement d’une ampleur et d’une durée exceptionnelles. Silence cependant rompu régulièrement par la reprise servile des communiqués ministériels et ponctuellement par la dénonciation éventée du rôle de l’extrême gauche dans la radicalisation du conflit.
Les « raisons » invoquées de ce silence ? La méconnaissance par les médias, censés s’informer pour informer, du monde universitaire et de ses valeurs, de la complexité de la réforme, la lutte pour le pouvoir symbolique entre deux institutions concurrentes mais également déclinantes. Et, réalité ou (et) fantasme, l’auto-censure envisagée comme une conséquence de la complicité politique entre les médias et le pouvoir.
Tout cela a joué, sans aucun doute, mais on ne prendra guère de risques à supposer que les médias ont à leur habitude avancé au feeling. Guidés par une intuition : le pressentiment que l’essentiel se joue désormais ailleurs. Le vieux monde qui n’en finit pas de mourir agace dans son agonie même, mais il serait inélégant d’objecter aux cris du moribond ou de hâter sa fin en l’étouffant sous les oreillers.
Pour le dire vite, domine au fond la conviction que tout le monde s’en fout. Pour la presse, un chien vivant, fût-il écrasé, vaudra toujours mieux qu’un lion mort. Même si le prochain cadavre, comme il est plus que probable, devait s’avérer être celui de la presse elle-même tant elle met de zèle imbécile à se suicider N’était sa fonction démocratique, on savourerait presque l’application obtuse avec laquelle la presse écrite toujours inspirée, s’efforce de scier la branche sur laquelle elle est assise : naguère elle brocardait ces Cassandre qui alertaient sur le recul de la lecture. Aujourd’hui, elle constate effarée qu’on ne lit plus, ou si peu, les journaux et que l’information elle-même, quel que soit son support, « intéresse » de moins en moins. Amis journalistes, encore un effort ! Le pire est à venir.

La suite ici: http://www.marianne2.fr/Au-bout-du-mouvement-des-facs,-le-ca...

3 commentaires
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Le regard de Stéphane Hirschi, professeur à l'université de Valenciennes - Voix du Nordpar Sorbonnard, le 28 Mai 2009 à 12:19
Rubrique : La lettre des 6 présidents d'Université à Sarkozy
Sos Molière!

Nous sommes gouvernés à court terme. Au lieu du long terme, on ne soigne que les symptômes : comme des Diafoirus acharnés à des saignées, nos politiques ne traitent que nos souffrances matérielles individualistes. Quand va-t-on s'atteler à définir une vision collective partagée, qui dessine un sens et un horizon pour nos trente prochaines années ? Alors seulement, viendrait le temps des potions.

Au lieu de suivre une boussole, les Précieux (amateurs d'objets de prix) qui nous gouvernent, ballottés au seul rythme des Impromptus de l'information, ne proposent que des réactions. Souvent en coups de bâton. Bienvenue chez Scapin! On cajole les uns ?

Mais les autres à la niche, femmes ou sociétés savantes, mandarins ou enseignants, tous ces récents cocus magnifiques.

Ainsi, l'université. On stigmatise les problèmes que posent bloqueurs ou tenue d'examens. Mais c'est oublier un peu vite que la valeur des examens à venir dépend surtout de ce qu'on pourra encore enseigner. Or, c'est le contrat de confiance entre la société et ses universitaires qui est mis en cause. Si les enseignants-chercheurs de tous bords politiques sont, sous diverses formes, restés mobilisés si longtemps, c'est qu'à leurs yeux se jouent des valeurs dépassant notre présent immédiat : la production scientifique et les capacités critiques de la France dans les décennies à venir. Comme pour les hôpitaux, les règles de gouvernance managériales, pertinentes dans les domaines de la production, ne le sont plus à l'université : temps et implication personnelle ne s'y évaluent pas qu'en quantificateurs chiffrés !

La culture, ça prend du temps. On sème, et tout ne pousse pas toujours. Il y a du gel, de la grêle, des sols difficiles, des sécheresses. L'accord est unanime sur le développement durable pour nos terres. Mais attention à ne pas répandre d'OGM dans les universités. Couper du maïs transgénique, bloquer des cours, on peut discuter des méthodes. Mais les enjeux se mesurent en temps longs : défendre un savoir critique, partagé et non vendu, au lieu des cassettes préenregistrées de nos fâcheux avares. Mettre en commun plutôt que communiquer : un gaspillage ?

Les Don Juan du pouvoir flattent nos faiblesses. La France n'est pas un malade imaginaire, mais souffre de Tartuffes, de Bourgeois qui se croient gentilshommes, et des Fourberies de qui vous voulez.

Au lieu d'ordre moral, je rêve d'un moraliste, misanthrope exigeant, dénonçant le culte de l'instantané : un contemporain de cette Princesse de Clèves devenue symbole de la résistance humaniste, une langue bien pendue qu'on écoute encore dans le monde entier. Au secours, Molière !

Source: http://www.lavoixdunord.fr/actualite/Dossiers/De-Vous-a-Nous...

Appel européen

Chers amis et camarades des universités d’Europe,

Depuis plus de trois mois l’Université française est en lutte.

Pendant plus de mille heures, des milliers de personnes ont tourné place de l'Hôtel de Ville, jadis place de grève, à Paris, pour manifester obstinément leur refus des décrets que veut imposer le gouvernement français aux universités et à la recherche, et plus généralement la loi LRU (Loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités) née du processus de Bologne qui, prenant prétexte de l’harmonisation européenne, vise à faire du savoir une marchandise.

Pour inscrire notre obstination au cœur des élections européennes, du 2 au 6 juin, nous tournerons jour et nuit pendant 100 heures Place du Panthéon à Paris et vous invitons à nous y rejoindre pour manifester la véritable harmonisation de l’Europe de la connaissance et de la culture que nous souhaitons. Nous vous accueillerons plus particulièrement le vendredi 5 juin pour en débattre ; prévenez-nous de votre venue : rondeinfinie@gmail.com

Site : http://rondeinfinie.canalblog.com/

Ce texte est essentiel. De Bologne à la stratégie de Lisbonne, toutes les formations politiques ayant gouverné (RPR-UMP, UDF - MODEM, PS - PC - Verts) ont une responsabilité dans cette situation.
Oui, "Ces questions sont fondamentales. Nous sommes face à un choix de société. Il n'est pas vrai que la politique européenne de recherche et d'enseignement soit un processus irréversible, ni que la destruction des services publics de l'enseignement supérieur et de la recherche soient obligatoires et inéluctables."
Le 7 juin, pour une Europe qui réponde à ces nécessités, votons fort et ne mettons pas le bulletin de vote de ceux qui ont participé à ce massacre.

Soutien total aux universités qui se battent avec les écoles primaires, les collèges et les lycées contre ce recul gravissime de civilisation.
Même si on n'y croit guère, le 7 juin, votons pour le progrès, votons contre les casses sociales et culturelles, votons pour la vraie Gauche...

Je craque, la LRU a fait de mes supérieurs (des élus ?), des marchands de tapis. Ils cherchent la liquidité sur le dos des EC. Voici un exemple. Un professeur d'université part à la retraitre, il est remplacé par un MC, car ainsi l'université ou l'IUT touche du minitère la différence (et c'est une belle somme entre un prof en fin de carrière et un jeune MC). Super ! Autre cas, un MC qui n'en peut plus des voyages province/Paris (c'est moi), trouve pour un enseignement équivalent à 192h (son nombre d'heures d'enseignement) à proximité de chez lui. Il peut ainsi enfin travailler plus sa recherche. Avant la LRU, cela ne gênait personne. Avec la LRU, l'établissement d'origine demande la masse salariale (son salaire moins les charges patronales) à l'établissement d'accueil. Pourtant la personne qui le remplace est une vacataire (paiement en heures de vacation). Il serait donc normal que l'argent donné corresponde à ces heures de vacations. D'autant plus que l'université a déjà par avance cette somme salariale dans son coffre (LRU). Pourquoi elle la réclame à l'établissement d'accueil ? D'après elle, elle a un manque à gagner car elle donne un salaire plus important à une personne qui n'enseigne pas chez elle ; elle estime qu'elle paie pour l'autre établissement et donc elle demande ce dit salaire... Génial ! Ce chercheur va devoir reprendre la galère des voyages et plus car bien sûr s'il craque c'est qu'il y a plus... On lui a même proposé de se mettre en arrêt longue maladie (cela doit être aussi financièrement intéressant pour son université d'attache?) Pourtant il va bien lorsqu'il travaille dans des conditions correctes. Alors, je craque... Et je ne vais pas être seule à craquer.
Pourquoi nos collègues deviennent des "charognards" lorsqu'ils sont élus à des postes de gestion ? L'incompétence, la bêtise, la méchanceté... Quelque soit les réformes (bonnes ou mauvaises) je me demande vraiment si un universitaire est fait pour gérer des universités. Ne faudrait il pas un réel professionnel, encadré par un directoire d'universitaire élu, un truc dans le genre? En attendant, je me sens broyé dans cette machine qui fait tout pour nous empêcher de travailler (collègues élus compris).

Je craque, la LRU a fait de mes supérieurs (des élus ?), des marchands de tapis. Ils cherchent la liquidité sur le dos des EC. Voici un exemple. Un professeur d'université part à la retraitre, il est remplacé par un MC, car ainsi l'université ou l'IUT touche du minitère la différence (et c'est une belle somme entre un prof en fin de carrière et un jeune MC). Super ! Autre cas, un MC qui n'en peut plus des voyages province/Paris (c'est moi), trouve pour un enseignement équivalent à 192h (son nombre d'heures d'enseignement) à proximité de chez lui. Il peut ainsi enfin travailler plus sa recherche. Avant la LRU, cela ne gênait personne. Avec la LRU, l'établissement d'origine demande la masse salariale (son salaire moins les charges patronales) à l'établissement d'accueil. Pourtant la personne qui le remplace est une vacataire (paiement en heures de vacation). Il serait donc normal que l'argent donné corresponde à ces heures de vacations. D'autant plus que l'université a déjà par avance cette somme salariale dans son coffre (LRU). Pourquoi elle la réclame à l'établissement d'accueil ? D'après elle, elle a un manque à gagner car elle donne un salaire plus important à une personne qui n'enseigne pas chez elle ; elle estime qu'elle paie pour l'autre établissement et donc elle demande ce dit salaire... Génial ! Ce chercheur va devoir reprendre la galère des voyages et plus car bien sûr s'il craque c'est qu'il y a plus... On lui a même proposé de se mettre en arrêt longue maladie (cela doit être aussi financièrement intéressant pour son université d'attache?) Pourtant il va bien lorsqu'il travaille dans des conditions correctes. Alors, je craque... Et je ne vais pas être seule à craquer.
Pourquoi nos collègues deviennent des "charognards" lorsqu'ils sont élus à des postes de gestion ? L'incompétence, la bêtise, la méchanceté... Quelque soit les réformes (bonnes ou mauvaises) je me demande vraiment si un universitaire est fait pour gérer des universités. Ne faudrait il pas un réel professionnel, encadré par un directoire d'universitaire élu, un truc dans le genre? En attendant, je me sens broyé dans cette machine qui fait tout pour nous empêcher de travailler (collègues élus compris).

Peut-on attirer l'attention des auteurs de ce manifeste et des lecteurs qui les approuvent sur le fait que les idées et critiques ici développées rejoignent celles de JM Gogue, auteur d'un livre intitulé "La libre concurrence en procès"(L'Harmattan) et d'un texte disponible gratuitement sur Internet, "La culture du résultat". Ces textes suivent une ligne de pensée inspirée par la doctrine du management de WE Deming, qui en traite spécialement dans "Hors de la crise"(Economica, 1988). Ces vues, diamétralement opposées à "la pensée unique", càd à l'idéologie néo-libérale, peuvent alimenter aujourd'hui la réflexion et l'action dans la période où nous sommes entrées en réalité depuis plus longtemps qu'il n'y parait...