Un sondage très politique sur lefigaro.fr

Le Figaro fait l'objet de mon courroux du samedi. J'ai découvert sur lefigaro.fr cet article : "Pour 56% des Français, Sarkozy a joué un rôle important dans la libération d'Ingrid Bétancourt" (voir doc joint où j'ai repris l'article in extenso).

 Et alors? Si Nicolas Sarkozy a pu jouer un rôle (ce qui reste à démontrer vraiment ; à nous journalistes de faire ce boulot !), où est la valeur ajoutée de faire réaliser un sondage avec une question pareille : "Pour chacun des acteurs suivants, diriez-vous qu'il a joué un rôle important ou pas important dans la libération d'Ingrid Bétancourt ?" Intégralité de l'enquête.

En l'état actuel des infos que tous les médias délivrent, -infos encore partielles car toutes les enquêtes ne sont pas closes sur les conditions de cette libération-, comment les 1012 personnes interrogées ont pu répondre à cete question ? A moins d'être omniscient (ou être le président colombien ou dans les services secrets colombiens) personne ne peut répondre à cette question précisément. Certains ont donc estimé n'avoir pas la réponse puisqu'ils se sont rangés dans la catégorie NSP (=ne se prononce pas). N'est-ce pas inutile de poser une question pareille? On mesure une opinion alors qu'on sollicite une réponse à une question portant sur les arcanes très discrètes de la diplomatie. On est à mon sens à côté de la plaque.

 

Le Figaro, mais il n'est pas le seul malheureusement, continue de commander des sondages qui n'ont pas grand intérêt, hormis celui de remettre Nicolas Sarkozy au centre de la libération d'Ingrid Bétancourt. C'est de la politique, pas du journalisme... M. Dassault, propriétaire du journal, serait-il au service du président?

 

Enfin, ce ne sont pas 56% des Français qui pensent que le président a un rôle, mais 56% des personnes interrogées -combien de temps encore faudra-t-il le répéter ?

kairos

56%... ce n'est pas énorme pour ce que j'imaginais une évidence et une opinion quasi unanime... D'où viennent les doutes et réserves? Le sondage les interroge-t-il, car n'est-ce pas là le véritable intérêt de l'enquête: en quoi, magré une communication à feux roulants, 44% des personnes questionnées ne perçoivent pas encore le rôle important (et pas primordial?) de Nicolas Sarkozy?

J'ai lu l'intégralité du sondage. D'autres sujets y sont abordés.
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Il y a une question, page 22, concernant la popularité de personnalités de gauche :
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71 % des sympathisants de droite trouvent que DSK ferait un bon 1er secrétaire du PS contre 45 % de l'avis des sympathisants de gauche !
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Je trouve déjà amusant de demander à des gens de sensibilité politique de droite de s'exprimer sur un sujet qui, somme toute ne les "regarde" pas forcément, ce n'est pas eux qui vont choisir le 1er secrétaire du PS, mais découvrir que c'est DSK qu'ils préfèrent confirme l'opinion que j'ai de lui depuis qu'il sévit au FMI (sans compter la présence d'Anne Sinclair au fameux diner d'Alain Minc...)!(sans vouloir être mauvaise langue...)
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Effectivement, pour une évidence, 56% c'est bien peu!

C'est encore une preuve, et celle-ci est particulièrement éclatante par son timing, que les instituts de sondage ne sont pas indépendants ni fiables puisqu'ils sont des instruments aux mains du pouvoir.
Durant la campagne présidentielle de 2007, ils ont aussi été abondamment utilisés pour par exemple réduire Bayrou afin de garder le bon vieux et sempiternel clivage gauche-droite, celui qui, vu l'état du PS, assurait si sûrement la victoire de Sarkozy.

Mettre les points sur les "i" des sondages et des "informations" me paraît une des tâches les plus importantes du journalisme libre puisque la matière fournie par ces sondages sert ensuite à fonder les analyses. Que les "i" soient français ou grecs.
Serge Koulberg

Bravo ! Ne pas négliger ça !
Betancourt et Sarko, et si oui, lequel ?
D'autant plus que, tandis que DSK est aimé par la droite, Alain Minc et Sinclair dînent ensembles !.. Et avec tout ça, mine de rien.... Bayrou, lui, se trouve réduit !

Bizarre non ! Pendant qu'on détourne l'attention du public avec des histoires de banquises fondantes, de manque d'eau douce et de montée des océans... il se passe des trucs !!!!!!
Ne nous laissons pas promener ! La vérité sur Alain Minc ! Et vite !

Fascinée, vraiment fascinée par l'art de notre dirigeant (et ses maîtres d'œuvre, s'aidant de nombreux "godillots") de détourner l'attention des Français des questions d'actualité façonnant notre société de demain, par ses amours, ses joggings, ses vacances, ses soutiens à Ingrid ... bref: tous les évènements qu'il promeut pour en être la vedette papillonnante, ou - c'est nouveau - le témoin dont la discrétion surprend le monde entier (libération d'Ingrid B)... Il est vrai que Ségolène Royal a ,d'emblée, démystifié les hypothèses d'influence de Mr Sarkozy sur les circonstances concrètes de cette libération...

Fascinée de voir tant de médias consacrés aux évènements qu'il amène en appât pour détourner l'attention de ce qui se joue réellement ces jours là, et il devient évident que sa stratégie, depuis longtemps, consiste à provoquer des réactions, qui vont focaliser l'attention, et la détourner de sujets cruciaux et la donner en pâture aux médias (qui ont le droit de vivre, aussi... mais auxquels ont souhaiterait autant de professionnalisme que MEDIAPART ;-)

A propos de problèmes cruciaux, l'un de ceux qui "sont passés à la trappe" ces deux derniers jours:
Un extrait d'un article du MONDE, ce jour:
(...) Bien que la commission Copé, regroupant, à parité, professionnels et parlementaires, ait été installée par le chef de l'Etat, ses conclusions, remises le 25 juin, n'ont pas pesé lourd face à la volonté présidentielle. Le jour même, M. Sarkozy, qui n'hésite pas à donner directement son avis sur les émissions qu'il aimerait voir à la télévision, fixait lui-même le calendrier de la réforme, le plan de financement, très aléatoire, du service public et annonçait son intention de nommer lui-même le président de France Télévisions.
"M. Sarkozy confond télévision publique avec télévision d'Etat. Il sera peut-être, demain, rédacteur en chef", commente Arnaud Hamelin, producteur, président du Syndicat des agences de presse télévisées (Satev). Cette volonté d'interférer dans les nominations dépasse le cadre des chaînes du service public. Son influence a été citée dans les récents changements qui ont eu lieu dans les télévisions, les radios ou les journaux détenus par les "amis" du président, que sont Martin Bouygues, Arnaud Lagardère, Bernard Arnault, ou Vincent Bolloré.
"Il y a une régression démocratique", juge François Malye, secrétaire général du Forum des sociétés de journalistes (FSDJ). "On assiste à une reprise en main par des grands acteurs qui veulent mettre de l'ordre dans les médias", ajoute-t-il. Celle-ci concerne aussi la presse, alors que se profilent, à l'automne, les états généraux, annoncés le 27 mai par M. Sarkozy, et que de nombreux groupes de presse sont confrontés à des difficultés économiques.

Attention! Dans le nom de notre actuel Pdt de la République il est possible d'entendre à la fois "sarcose" comme dans "narcose" et "cosy" comme l'adjectif anglais qui signifie "douillet, confortable, intime" :
Narcotique, sarcotique, anarcho-cosy, comme le chante la première dame de France dans son dernier CD, qui compare de façon générale les vertus de l'amour à l'effet des stupéfiants, autres substances critico-psychotropes!
Sarko serait donc à "Narko" ce dérivé sardonique d'un usage psychotrope de la geste politique qui pour ne pas être trop sarcastique nous invite à être plus caustique que "cosy", gentil...

"M. Dassault, propriétaire du journal, serait-il au service du président?"
Je me demande si ce n'est pas M. Sarkozy qui est au service de M. Dassault et consort. Ces messieurs voudraient un poulain le plus populaire possible pour toujours mieux les servir...

Atarois:
Je me demande si ce n'est pas M. Sarkozy qui est au service de M. Dassault et consorts.
C'est évident.
C'est si vrai, qu'ils ne sont que leurs valets soumis, que quand ils terminent leur "service" à la fin de leurs mandats, ils sont grassement remerciés et embauchés à des postes honorifiques très bien rémunérés, invités sans cesse à des conférences, colloques etc, où ils ramassent encore au passage, afin de continuer à propager la bonne parole.
Deux exemples faciles à cerner, récents: Tony Blair et Gerhard Schröder.
Un bel exemple aussi, George Bush père, mais c'est moins vrai pour lui car on peut lui admettre qu'il faisait déjà partie de ce monde financier, et qu'il n'a fait qu'y revenir dès la fin de sa carrière politique.


Pour les attaquer (c'est malheureusement notre seul moyen de défense), si je puis me permettre un conseil,
il faut éviter "l'approche Besancenot" qui n'a pour effet
(recherché? je serais mauvaise langue...)
que de conforter tout le grand jeu dans lequel le petit facteur se trouve confortablement installé.
Il faut au contraire minimiser le côté soi-disant machiavélique et superintelligent des $arko et consorts, et insister sur leur soumission à l'argent et aux grands patrons-voleurs qui les manipulent comme des pantins. Il faut mettre le doigt sur leur manque de vision et d'imagination politiques, bref, leur incompétence qui fait d'eux la proie des lobbies.


Vous avez noté quels termes je choisis pour ces gars "de droite" qui ont "la pêche" et beaucoup de fierté d'eux-mêmes: je leur choisis soigneusement des postures de faibles, ce dont ils se croient si éloignés.
Je précise que je crois à ces termes que je choisis. Je crois, que $arko est en fait un faible manipulé, dû à son histoire personnelle de petit élève médiocre et revanchard etc etc, et ses anciens amis d'enfance, qui eux sont vraiment des "gagnants" sans scrupules, eux sont aux postes de la finance et de la haute production, et ce sont eux qui tirent les ficelles.

Bonjour, AxelJ !
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Je suis d'accord avec votre analyse, mais pouvez-vous développer : "il faut éviter l'approche Besancenot..." ?

Bonjour DaCor :-)


Olivier Besancenot
(et par extension à travers lui, tout un style qui se rencontre souvent chez beaucoup de délégués syndicaux ou en lisant l'Humanité par exemple),
quand il "me parle", il parle à la partie de moi qui a mal, qui se révolte, ou qui est dégoûtée.
Il sait trouver les mots exacts et justes qui font mouche, qui me charment et qui me font dire "je ne suis pas seul" et "lui au moins il comprend ma souffrance".
Mais c'est de la communication. C'est soigneusement étudié et calibré. Avez-vous remarqué la diction parfaite de Besancenot? Sa voix jeune, volontaire, les mots et les concepts qui s'enchaînent, c'est de la musique à mes oreilles.
Je vais oser ici une comparaison choquante,
parce que nous sommes sur un fil de discussion à propos de communication:
C'est exactement ce que faisait Jean-Marie Le Pen pour charmer les oreilles de son électorat. Belle diction, belle prestance, et toujours les mêmes concepts, ceux qui caressent toujours dans le sens du poil.


Mais comme je suis sensible avant tout aux actions et aux idées, je me méfie toujours de celui qui cherche à me charmer. Chez Besancenot, mais il n'est qu'un symbole médiatique de ce que j'ai souvent rencontré chez beaucoup de délégués syndicaux, je ne peux totalement exclure que c'est en quelque sorte "un créneau commode" qu'il occupe dans le paysage politique.
Mais ce n'est pas le plus dangereux.
Le plus dangereux, c'est que les Besancenot, Laguiller etc, sont totalement récupérés dans le grand jeu politico-médiatique.
C'est un grand théâtre où ils ont leur place, un grand spectacle qui arrange l'équipe $arkozy tout comme tous ces vieux notables du PS qui s'accrochent à leurs maroquins
(et bien sûr à ceux, côté journalistes, qui se servent de ce grand jeu pour assurer leur fonds de commerce quotidien depuis tant d'années).
Tout comme Le Pen et un Front National assez puissant étaient indispensables à Mitterrand et au PS pour empêcher le RPR d'être majoritaire,
aujourd'hui c'est l'extrême gauche qui est ainsi utile à l'UMP pour s'assurer de la division de la gauche.


Voilà en quoi je crois que Besancenot fait le jeu de $arko et surtout de ses maîtres les financiers et lobbyistes.

Oui, Axel, il est fort! Quand on réfléchit un peu, on ne peut qu'être d'accord avec lui. C'est son analyse qui est la bonne. En fin de compte, si j'ai bien compris, ce qu'il faudrait faire, ce serait un peu comme avec l'économie parallèle des quartiers: les frapper là où ça fait mal, contrôles fiscaux, etc.

Merci de votre réponse !
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Je comprend votre point de vue, je réalise que j'aurai pu y penser moi-même, en changeant de "point de vue", au sens "photographique" du terme... Je vais donc y réfléchir de façon plus approfondie..
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"Mais comme je suis sensible avant tout aux actions et aux idées..." En avez-vous des exemples ?