Le projet de loi Bachelot et la Santestroïka
Je suis médecin généraliste. J'aurais pu, à propos de la réforme Bachelot qui circule sur internet, redire la nausée que je ressens à être l'éternel pilier du système de soin, tel Atlas portant le monde, mais monté sur un pinacle de carton-pâte. Le projet de loi continue à nous inonder de tâches diverses de coordination et de synthèse, mais sans nous en donner les moyens.
Mais ce n'est pas le titre que j'ai choisi pour mon billet. Je voudrais vous faire réaliser que nous appliquons de plus en plus à notre système de santé un modèle de gestion soviétique planifiée de triste mémoire.

Alors que les américains mangent leur chapeau de chantres du libéralisme dans un pathétique sauve-qui-peut financier, Roselyne Bachelot affine une gestion du système de santé français directement inspirée du Gosplan. Elle ne l'a pas initiée, elle met juste la touche terminale à l'entreprise fondée par ses prédécesseurs.
A l'origine de ces deux reniements, la même cause : une panique devant des gouffres financiers abyssaux, eux-même provoqués par vingt ans de gestion à courte vue insensible aux signaux d'alerte émis de toutes parts.
Les similitudes entre l'économie soviétique stalinienne et l'organisation du système de santé français sont saisissantes. Dans les deux cas, les débuts ont été prometteurs : croissance économique robuste et chômage zéro d'un côté, système solidaire et efficace de l'autre, aboutissant à un des meilleurs système de santé au monde.
Mais la similitude touche aussi la chute du système, effective en URSS, programmée chez nous.
Revue de détail :
Définition des besoins et de la qualité par des experts
Contrairement à l'économie de marché, dont se réclament les libéraux, ce ne sont pas les utilisateurs qui définissent et évaluent leurs besoins, mais des experts. Ces experts sont présent à tous les niveaux : choix de l'offre, répartition, contrôle qualité, validation... C'est exactement le principe de la planification soviétique, censée oeuvrer pour le bonheur des masses populaires.
Production uniformisée, laissant peu de place aux variantes nées de besoins particuliers réels.
Hors du plan, point de salut : il faut suivre les recommandations, les référentiels. Il n'y qu'une seule façon de traiter le diabète, l'hypertension, le cancer. Gare au soignant ou au patient qui sort des "clous". La variété de l'offre de soins sera bientôt aussi misérable que celle des produits de consommation soviétiques.
Contrôles tatillons, envahissants et paralysants
Patients et médecins sont prévenus : ça va contrôler sec ! Non pas tant les malversations et abus, mais les écarts au plan et aux "référentiels médico-économiques" que la Haute Autorité de Santé est priée de pondre au plus vite.
Convocation des agents hors-norme pour les remettre dans le "droit chemin"
L'individualisme était mal vu chez les soviets, il l'est de même dans la réforme Bachelot : à tous les échelons, des contrôleurs vérifient que les pratiques sont en accord avec les normes qui sont passées du statut de "recommandations" à celui de "référentiels". Les mots ont du sens. La santé devient normée.
Inflation de l'administration du service, au détriment de ses acteurs
La mise en place du contrôle des dépenses à l'hôpital a induit une bureaucratie dont la masse salariale approche celle des soignants. Personne n'a tenté de faire le bilan financier de cette aberration. Cette bureaucratie aussi stérile qu'envahissante est un des éléments qui a provoqué la chute du système soviétique. Elle génère actuellement une dégradation de la qualité des soins évidente à l'hôpital. On en est à vouloir mettre des bracelets d'identification aux patients car les intérimaires qui bouchent les trous des plannings ne les connaissent pas.
Produits et services dépassés, évoluant peu
Traquer et interdire l'initiative individuelle pour imposer le respect de la norme a une conséquence grave qui est peut être la principale cause de la chute de l'URSS : l'innovation disparaît, car l'innovation résulte justement de l'initiative individuelle. L'appareil industriel soviétique est devenu progressivement obsolète après des succès initiaux trompeurs. L'état des hôpitaux français se dégrade, les matériels ne sont plus remplacés, voire sont systématiquement volés.
Survalorisation des procédures et des produits "bien conçus" à défaut d'être utiles ou efficaces
Ah, la démarche qualité en santé ; quelle merveilleuse machine à détruire... la qualité ! Il suffit de l'avoir vécue pour le comprendre. La "démarche qualité" (ou pire la "qualité totale") est sans doute la pire verrue idéologique que nous ayons appliquée à la santé. L'Homme, sa santé et le soin sont bien trop complexes pour supporter cette approche industrielle réductionniste et stérilisante. Les russes aussi n'en pouvaient plus de leurs produits ternes, mal fichus, uniformes et sans génie, mais conformes au cahier des charges issus du Gosplan.
Déconnexion du client et de ses besoins
Dans l'économie soviétique, le client n'existe pas, il n'y a que des camarades. Dans le système de santé français, il n'y a pas de clients non plus, il n'y a que des patients, et on ne leur demande pas leur avis : ce sont des usagers.
Files d'attente, délais, produits ou services chroniquement indisponibles ou mal répartis
Il n'y a pas de différence fondamentale entre des magasins soviétiques en rupture d'approvisionnement et les attentes interminables à l'hôpital ou les délais de rendez-vous à 8 mois de certains spécialistes. Les médecins généralistes disparaissent des campagnes, ils ne seront pas remplacés et il est illusoire de penser que l'on pourra forcer des jeunes médecins à aller là où la Poste ne reste pas. Tel un trou noir, la planification absorbe les énergies et sclérose l'activité.
Démotivation des agents les plus brillants
Les acteurs les plus performants d'un domaine ne sont pas ceux qui respectent les procédures, mais ceux qui savent faire mieux, ou encore qui les adaptent au mieux. Un travailleur efficace est quelqu'un qui sait s'adapter à l'imprévu, à l'accident, au hors-norme. Comme l'ouvrier soviétique enfermé dans une procédure de production stérilisante, le soignant 2008 est prié de ne pas s'écarter du chemin tracé par le référentiel. Les médiocres s'y épanouissent, les bons s'y morfondent.
Institutionnalisation de la corruption
Dans un système contrôlé par des experts, et dans lequel les prescripteurs ordonnent les dépenses, la corruption s'installe très vite. Dans le projet de loi qui circule sur internet, il n'est mention nulle part de garde-fous contre l'énorme influence de l'industrie pharmaceutique sur les dépenses de santé : la loi anticadeaux officialise en fait les cadeaux ; chaque médecin est l'objet de 25000 euros de dépenses promotionnelles par an de la part de l'industrie pharmaceutique. Cette industrie finance également massivement la formation des médecins. Elle risque bientôt de financer l'éducation des patients, nouveauté du projet de loi.
Apparition d'une économie parallèle inaccessible aux plus démunis
Avec la paralysie progressive du système soviétique par le plan, une offre "privée" permet aux plus riches et aux apparatchiks d'accéder à des biens inaccessibles même à la classe moyenne. Dans le système français, c'est le secteur II (honoraires libres) que la réforme se propose d'encadrer, mais qui persistera ou évoluera sous une autre forme. Lorsque la pénurie s'installe, il existe toujours un marché noir, c'est juste une question de sémantique. Le secteur II n'est pas le problème, c'est la conséquence d'un système qui n'arrive plus à rémunérer ses acteurs.
Grands chantiers à la gloire du Secrétaire général Président
Est-il besoin de détailler les similitudes ?
Bref, vous aurez compris que ce ne sont pas des amendements qu'il faut à ce texte. Nous avons besoin d'une véritable refonte de nos systèmes de valeurs. En modifiant les structures de "gouvernance" du système, la Ministre va de plus paralyser le système pendant plusieurs années : les luttes de baronnies vont générer une désorganisation durable.
C'est peut-être le moment de lire Edgar Morin, au moins son introduction à la pensée complexe : un problème aussi riche et multifactoriel qu'un système de soins ne peut se gérer avec une démarche aussi simpliste que celle perpétuée dans ce projet de loi. Nous ne savons toujours pas, en 2008, évaluer la qualité en santé. Nous faisons semblant de le faire, mais nos outils ne le permettent pas. On n'est pas un bon médecin parce que l'on prescrit tel examen tous les trois mois chez le diabétique ou que l'on prescrit systématiquement des mammographies à toutes ses patientes. La santé, la maladie, la vie, c'est plus compliqué que cela. Il faudra un jour que nous réfléchissions à des outils permettant d'évaluer vraiment la qualité, car quand on ne sait pas dire qui travaille bien ou mal, on ne peut pas progresser (ni faire d'économies). Ce sera alors le début d'une vraie réforme, d'une véritable révolution sanitaire.
En attendant, nous allons droit vers le désastre, la "Santéstroïka", et le dépeçage des restes de la sécu par des prédateurs, comme cela s'est passé pour l'économie de feu l'URSS. Si l'on veut arrêter le massacre, il va falloir agir vite, très vite, et imaginer des approches vraiment nouvelles.







Triste article... vous m'avez mis le moral dans les chaussettes, il était déjà pas ben plus haut ! :(.....
Et si les professionnels de la médecine dite libérale, en réalité quasi fonctionnarisés, réfléchissaient à un vrai projet de "santé publique" sans commencer d'abord par s'appitoyer sur leur triste sort.
Car à chaque fois cela se passe de la m^me manière, ils se plaignent su système, le gouvernement les entend, leur accorde une petite augmentation et tout le monde rentre dans le rang jusqu'à la prochaine.
Pendant ce temps des millions de patients ont de plus en plus de mal à dégager l'argent nécessaire pour se rendre chez le médecin et payer leurs médicaments...
Jusqu'à quand ?
J'applaudis votre article des deux mains!
Oui le système de contrôle qualité n'est en rien applicable à ce qui touche directement la vie ou le comportement social! Pour une raison évidente, les systèmes de qualité s'occupent de procédures, et pas de résultats. Il est parfaitement possible de produire de la merde avec une procédure qualité nickel chrome, ca n'a rien à voir. Hors, en matière de santé et plus généralement de société, c'est bien sur le résultat, et lui seul, qui compte. Ce cancer technocratique s'étend à tous les niveaux de la société, même des institutions comme Jeunesse et Sports se trouvent confrontées à des démarches qualités qui tuent toute initiative et formatent les interactions humaines comme autant d'engrenages mécaniques. Que faire devant tant de bêtise?
Les extrêmes totalisantes se rejoignent et un excès libéral rejoint les effets d'un système soviétique...Tout modéliser revient à deshumaniser et tuer la créativité si ce n'est l'esprit critique!
J'adhère, globalement, à votre analyse mais ne peut que m'associer à "mimich29". Les médecins sont fonctionnarisés, de fait, et participent au système...
Il est vrai que les récentes et multiples augmentations inhibent leur serment d'hippocrate...
Consumérisme
Bonjour
Bien sûr, les médecins participent à ce système : en tant que conseillers des ministres, de force de réaction au changement, de complices de l'évaluation normative de la fonction soignante. Je ne dis en aucun cas le contraire. D'ailleurs, je prends garde dans l'introduction de préciser que je ne vais pas geindre sur mon sort.
Comprenons nous bien : les médecins ne sont pas menacés. Fonctionnarisés ou redevenant de purs libéraux, ils s'en sortiront toujours. Ce sont les patients qui vont "prendre", et ça a déjà commencé avec les franchises et l'accès difficile aux spécialistes. Je veux simplement attirer votre attention, à vous citoyens, sur le fait que le système normatif qui se prolonge et s'aggrave, mis en oeuvre par vos représentants, est en train de menacer votre accès aux soins et de détruire votre système de santé en faisant semblant de l'améliorer.
La solution ne passe pas par la revalorisation du généraliste : c'est déjà trop tard http://www.atoute.org/n/forum/showthread.php?t=80474
Il faut entièrement repenser le système de mesure de la qualité. Cela ne va pas se faire du jour au lendemain. J'essaye par cet article de créer au moins le doute dans l'esprit de nos décideurs. Et de mon côté, je réfléchis à des solutions, pour un avenir qui ne peut être proche tant elles tranchent avec l'existant (voir les liens dans l'article). Il est bien clair que le statu quo n'est pas non plus une solution. Il nous faut "travailler à bien penser" comme disait Pascal.
Médecins spécialistes en Médecine Générale au plus près des patients (nous sommes les seuls à aller encore au domicile de ceux que la maladie empêche de se déplacer autrement qu'en transport sanitaire) et parmi eux les plus malades et les plus démunis nous comprenons parfaitement votre point de vue.
Toutefois vous commettez l'erreur de ranger TOUS « les professionnels de la médecine libérale » dans la même catégorie !
Et le clivage ne se situe pas entre généralistes (ils sont maintenant spécialistes) et spécialistes, mais entre spécialistes à activité majoritairement intellectuelle (médecine générale, pédiatrie, psychiatrie ...) et spécialistes à activité technique: ceux qui utilisent des "machines" et autres appareils coûteux (radiologues, cardiologues, gastro-entérologues ...).
Ceux-ci sont soutenus par les lobbies industriels (qui les fournissent en matériels) au niveau de toutes les instances décisionnelles de l'état et en définitive se retrouvent favorisés notamment au niveau de l'échelle des rémunérations: il faut qu'ils puissent continuer d'acheter du matériel.
Au niveau de l'offre de soins le clivage se situe également entre le secteur hospitalier et la médecine ambulatoire: l'hôpital a toujours été favorisé notamment au niveau des enveloppes ou de l'ONDAM: c'est souvent le 1er employeur des villes et le maire en est de président du CA, donc "touche pas à mon hôpital" ! Savez vous que l'hôpital utilise 52% des ressources alors que l'ensemble des honoraires des médecins généralistes français ne représente que 3,2% ?
Notre système est totalement dérégulé, tout le monde fait tout et n'importe quoi et nous arrivons après de multiples replâtrages au bord de l'implosion c'est-à-dire de la privatisation et des exclus de la santé ce qu'à juste titre vous dénoncez; sommes nous assez bêtes pour ne pas regarder l'exemple de l'autre côté de l'Atlantique avec ses millions d'exclus et ses indicateurs médico-sociaux indignes d'une grande puissance ? (ex: mortalité maternelle périnatale au 50è rang mondial, derrière le Honduras)
Nous, médecins généralistes, disons qu'une autre voie est possible, certes plus contraignante pour les patients, mais à même de pérenniser une sécurité sociale juste et solidaire, c'est la voie choisie par le Danemark par exemple.
Dr Marcel Garrigou-Grandchamp, ESPACE GENERALISTE
"Nous, médecins généralistes, disons qu'une autre voie est possible, certes plus contraignante pour les patients...
" ET pensez-vous que cette autre voie sera trouvée sans des processus de responsabilité, donc de mobilisation , de participation active et constructive des usagers . En tous cas, le face à face entre représentants des professionnels de santé et administration est le film auquel nous allons assister dans les prochains mois de discussion du projet de loi "HSPT" qu'on peut, par commodité, appeler loi Bachelot qui n'en est que le commis voyageur.
Bonsoir,
« une autre voie est possible, certes plus contraignante pour les patients...»
De toute manière le système est à bout de souffle; le libéralisme total, la privatisation intégrale vous en avez un avant goût avec les franchises, forfaits et déremboursements en cascade, cela aussi est contraignant pour les patients et encore plus pour les moins aisés ! Avez-vous analysé la dernière enquête sur le sujet qui donnait le chiffre hallucinant de 40% de français qui avaient renoncé à des soins pour des raisons financières ?
Et il est évident qu'il faut une responsabilisation et une participation de tous les acteurs, aucun système ne peut fonctionner sans régulation ! Mais je reste pessimiste en ce qui concerne la future Loi Hôpital Santé Patients Territoires, la messe est dite et ne prend pas le chemin de "l'autre voie" !
Comme l'expliquait le journaliste de la 5, Eric Lemasson (http://www.mediapart.fr/club/edition/quoi-de-neuf-docteur/vi...) la Loi va encore nous attribuer le rôle de pivot mais sans nous en donner les moyens ni au niveau de l'enseignement, ni au niveau de la démographie, ni au niveau des conditions d'exercice ! J'oubliais, la Loi propose de doubler les sanctions des généralistes refusant les réquisitions préfectorales pour effectuer des gardes ! Sachant qu'il est demandé à ces médecins de travailler illégalement (durée du travail), et sans assurance au mépris du Droit Européen, de leur santé, sécurité et de celle des patients à qui ils doivent donner des soins: un médecin réquisitionné pour effectuer une garde de nuit va enchaîner cette garde après une journée de travail de 8 à 10 heures et parfois il va encore travailler le lendemain !
"la messe est dite et ne prend pas le chemin de "l'autre voie" !"
J'insiste sur la mobilisation des paroissiens ...il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre ?
Pour l'inauguration d'une clinique au Mans ( pôle sud ) était -il vraiment nécessaire de déplacer
4 compagnies de CRS . Il est vrai que , sur place ,il devait bien y avoir un milliers de
citoyens amenés là pour diverses raisons entre : la curiosité , le désir de manifesté leur
mécontentement devant les déremboursements et autres contestations .
Quel vaste débat ouvre ce billet.
Je ne suis aucunement issu du monde sanitaire, mais les hasards de la restructuration d'une structure gérontologique associative, m'ont mis en situation d'acteur pendant quelque mois. J'ai, par ma fonction dans l'association, été en position d'exercer une fonction de direction d'une structure hospitalière; j'ai été tout à fait étonné de l'archaïsme bureaucratique de la tutelle. Cela m'a permis de sauver des emplois! Mais je suis resté perplexe sur les possibilités de faire évoluer un tel système, d'abord pour répondre aux demandes des patients, puis pour mieux gérer le personnel.
Le contrôle d'un ensemble aussi complexe que les systèmes de santé ne peut se concevoir par un ensemble de texte réglementaire. La loi peut certes encadrer et contraindre des pratiques, sur des plans très divers. Mais définir de manière régalienne (au Ministère) et gérer de manière jacobine (par exemple par les Agences d'hôspitalisation) des modes de fonctionnement comme ceux des organisations sanitaires et médicosociales est voué à l'inefficacité.
L'organisation du système ne peut résulter de considérations "managériales".
Au moins plusieurs dimensions s'imposent :
Celle de la santé publique d'abord : quelle finalités par rapport à quelles valeurs? C'est un débat citoyen qui concerne bien entendu les soignants, mais aussi tous les futurs patients que nous sommes pauvres frères laies! Ce n'est pas seulement une question de moyens affectés comme le démontre certaines comparaisons de dépenses per capita.
Cependant la dimension économique et financière est importante. Toutefois la rémunération des médecins et des autres personnels de santé est fondamentalement guidée par la relation de notre société à l'argent. La dérive actuelle est accablante et j'ai été atterré par les propos du Professeur Debré : "Un chirurgien vaut bien un footbaleur!!!"...sans s'interroger sur le bien fondé des rémunérations accordées aux footbaleurs, comme aux autres stars du show-biz ou du business. La folie financière nous permettra-t-elle de mettre clarifier ce débat?
Pour conclure, la réflexion indispensable sur les systèmes de santé n'est qu'une part d'une réflexion globale sur le fonctionnement de notre société. En effet les graves dysfonctionnements stigmatisés pour la santé, se retrouvent dans l'éducation, le logement et l'alimentation, la sécurité et l'environnement,...toutes fonctions vitales pour la survie de l'humanité que les mécanismes de marché ne peuvent résoudre.
@Daniel CARRE a écrit: «La dérive actuelle est accablante et j'ai été atterré par les propos du Professeur Debré : "Un chirurgien vaut bien un footbaleur!!!"
Bonjour Daniel Carre,
D'habitude les médecins, notamment généralistes, comparent leurs revenus à ceux du plombier, le Professeur DEBRE innove et puis étant chirurgien il se pense "au dessus" de la mêlée il devait donc trouver une échelle de valeur au sommet ! :-))
Il n'en demeure pas moins que ce qui est rare est cher et que la pénurie de médecins va faire monter les coûts, c'est inévitable.
Mais je partage vos inquiétude quant au fond et à l'absence de réflexion de la société sur ces problèmes essentiels se contentant d'une gestion "à vue" sans vision globale et à long terme.
Dr Marcel GARRIGOU-GRANDCHAMP, ESPACE GENERALISTE