Les redacteurs
Alain, Pascal, Moussa, Sarah...: 12 décès de personnes SDF appris en 7 jours
Nous avons appris en une semaine 12 décès de personnes SDF, portant à 338 les décès appris en 2009. Nous sommes de tout coeur avec leurs proches, familles, amis, travailleurs sociaux, bénévoles.
En période de froid, on parle davantage de ces décès. Mais toute l'année, jour après jour, vivre à la rue tue. Les centres d'urgence ouverts par grand froid ne répondent pas aux besoins de stabilité, de durée, de sécurité et d'intimité dont ont besoin les personnes vivant à la rue.
- Alain, 50 ans, est mort le 9 décembre 2009 à Reims. Alain est mort dans un bloc d'immeuble.
- un homme, 37 ans, est mort le 11 décembre 2009 à Vannes. Cet homme est mort dans des sanitaires publics en face de la gare. il était bien connu des assos et du quartier.
- Pascal, 50 ans, est mort le 12 décembre 2009 à Lorient. Pascal vivait à la rue depuis plus de 10 ans. souvent devant la Poste. Pascal aimait rendre service. Pascal était bien connu des habitants de Ploemer et Lorient.
- Moussa, 60 ans environ, est mort le 12 décembre 2009 à Nanterre. Moussa s'est battu pour la France. Moussa ne voulait plus aller au gros centre d'hébergement à proximité. Il préférait s'abriter dans un petit coin à l'abri des regards.
- Sarah, 36 ans, est morte le 14 décembre 2009 à Paris 10. Sarah a été emmenée par les pompiers et est morte à l'hôpital. Sarah a vécu des années à la rue et y a des amis.
- Frédérique, dit Frédo, 35 ans, est mort le 15 décembre 2009 à Bordeaux. Frédo est mort sous le porche de l'Athénée municipale. Frédo n'avait pas de place en foyers avec son chien. Frédo est peut-être mort de froid.
- Un homme, 60 ans, est mort le 15 décembre 2009 à Avignon. Cet homme est mort dans un local à proximité de la voie ferrée. Cethomme est peut-être mort de froid.
- Un homme, 32 ans, est mort le 18 décembre 2009 à Villeneuve St Georges. Cet homme est mort dans les parties communes d'un immeuble.
- Un homme, 50 ans, est mort le 18 décembre 2009 à Chateauroux. Cet homme est mort dans un garage. Il avait refusé l'offre d'hébergement faite par le samu social.
- Un homme, 28 ans, est mort le 19 décembre 2009 à Marseille. Cet homme, Polonais ou Hongrois, est mort sous une porte cochère, rue François Bazin, dans le quartier Belzunce à Marseille.
- Deux personnes, un homme 46 ans et sa compagne 58 ans, sont morts le 19 décembre 2009 à Grand Champ dans le Morbihan. Cet homme, cette femme, qui vivaient dans une caravane, sont morts intoxiqués au dioxyde de carbone.
De plus d'autres personnes sont mortes du mal logement. Nous ne les ajoutons pas au nombre des décès, mais dénonçons également leur mort due à la misère.
- Un homme, 36 ans, est mort le 19 décembre 2009 à Buaige St Vaast, Pas de Calais. Cet homme au chômage vivait dans une caravane dépendant du logement de sa mère. Le froid est la cause de sa mort.
- Un homme, 57 ans, est mort le 20 décembre 2009 à Corbeil-Essonne. Cet homme est mort brûlé dans l'appartement qu'il squatait. L'origine du feu est apparemment un branchement électrique bricolé.
Ces décès sont ceux que nous apprenons, et en aucun cas la totalité des décès. N'hésitez pas à nous communiquer ceux que vous apprendriez.
Collectif Les Morts de la Rue
72 rue Orfila
75020 PARIS
01 42 45 08 01
06 82 86 28 94
mortsdelarue@free.fr
en honorant ces morts, nous agissons aussi pour les vivants







Triste Ô combien, j'y pense souvent la nuit dans mon lit, non, ça ne devrait pas être, réserve faite de ceux qui refusent la main qu'on leur tend, soit ils ont horreur des conditions d'hébergement en collectif, trop précaires, trop humiliantes, soit parce qu'ils estiment que c'est trop tard, préférant se laisser glisser vers le néant.
Qu'ils puissent tous se procurer un duvet haute résistance serait déjà un pas respectant leur autonomie. Quand même, pendant des lustres, les clochards étaient des gens à la rue volontairement, ils préféraient vivoter à toute autre forme de dépendance matérielle et avait "des combines", une solidarité : sans doute totalement dépassé aujourd'hui à cause du plongeon économique générant le chacun pour soi :
SansAbriGrandFroid,MaraudesDuSamuSocialEnActionPersuasivesMaisSansForcerQuiQueCeSoitAL'HébergementProposé
DuvetsHauteRésistanceLorsGrandsFroidsPourSansAbrisAyantLeursHabitudes
SansAbriEtGrandFroid,DesStructuresOffrentGîteIndividuel&CouvertEtDePlusEnPlusOnAccepteLesChiens
Drole de pays , pendant ce temps des CHRS n'ont pas atteint leur capacités maximun, plus etonnant ils modifient leurs critères d'admissions pour n'héberger que des "SDF" pouvant payer une participation et pouvant recevoir une alloc logement. les économies réalisées ne servant même pas a garantir une qualité de prise en charge puisqu'ils licencient le personnel médico social, alors que le public en grande précarité a grand besoin d'écoute psy. comme je vous dit drole de pays..
La litanie de l'horreur, de l'égoïsme, de l'impudeur... Et pendant ce temps-là, on "cause" identité nationale. Il y a CRIME !!!!!
FRANCE .
J ai honte ,alors que des femmes, des hommes, meurent de froid dans l'indifference presque generale;
A Rennes, afin que le match de football opposant le stade rennais au psg, ait lieu en de bonnes conditions,(dates de championnat,et droits telé obligent)
La pelouse du stade rennais, ce week end ,a ete chauffée pendant des heures pour eviter le gel !
Dans quel pays survit on?
C'est aussi celà " l'identité nationale "
Pas de relation entre les faits , crieront certains !
poujadisme de bas etage , j'entend dèja les vociferations !
Alors " du pain et des jeux " , j 'en connais qui n ont pas de pain !
Non assistance à personne en danger !
France j'ai honte !
Monsieur Sarkozy
Vous aviez ,lors de campagne presidentielle, dans un tres beau discours, promis qu il n y aurait plus de sans abrits.
Qu'en est il de cette promesse ?
Mmes et Mrs dr l opposition pourquoi ne pas interpeler severement le pouvoir en place sur ce sujet?
il est vrai que les sans domicile ne vote pas, et mort moins encore !
Bonjour,
Défaire l'anonymat de ces personnes généralement évitées du regard est selon moi une très bonne chose. Cependant, il faut resituer un peu les choses. Pouvoir prendre le temps de se soucier d'autrui est une chance, car beaucoup d'entre nous sont sans doute trop préoccupés par leur propre situation pour pouvoir penser à d'autres. Cette situation d'ultra nécessité (par opposition avec celle qui en est défaite par un pouvoir financier) est elle même un des rouages de cette machine que nous combattons.
Beaucoup d'entre nous préfèrent éviter du regard ces personnes sans abri. Quand nous leur parlons, c'est parce que nous nous sommes libérés des obligations nécessaires à notre propre vie...
Permettez moi un léger désaccord avec votre proposition.
En effet je ne crois pas que le fait d'être soi-même en proie aux difficultés matérielles ou morales, ne nous dispense de faire un peu à l'occasion pour ceux qui sont les plus exclus.
Agnostique, je ne cherche pas un paradis à bon compte, mais je me soucie chaque fois que je le peux de ceux qui peuvent avoir besoin d'aide.
Cela peut aller d'un regard amical, d'un mot, de quelques euros.
Parrainer un enfant qui pourra aller à l'école, et ne rien demander en retour c'est un des chemins que j'ai pris. Je n'ai pas de regrets cette cause là est aussi bonne qu'une autre.
Je m'acquitte par là de ma dette à moins bien loti que moi. Quoique .......
Et puis j'ai renoncé à sauver le monde ce qui me permet de quelques fois être utile petitement, faisablement.
Bonjour,
Je ne pense pas qu'il y ai de réel désaccord. Votre position je la comprends bien, cependant je n'ai jamais dit que nos difficultés propres doivent nous empêcher d'aider autrui. Mon positionnement souhaitai questionner la nécessité à laquelle nous accordons plus ou moins d'importance.
Ce que j'entends par nécessité, c'est ce que l'on juge vital et indispensable à notre propre vie. Plus l'on y attache de l'importance, et plus nous en sommes préoccupés, donc indisponibles à autrui.
A contrario, plus je modère, réduis, mon indispensable nécessité et plus je suis disponible, prêt à parler. Plus je retrouve aussi le sens commun. Mais c'est un autre débat...