
Nous sommes le 1er Mars 2009, il est presque 11h30, la foule s’agglutine à l’entrée du Palacio de Vistalegre à Madrid. Il n’y a jamais eu autant de monde autour de ces arènes pour un début de saison, le noy hay billete est annoncé depuis la veille par la taquilla. Il faut dire que l’évènement proposé est vraiment spécial. La mobilisation est forte et mérite d’être soulignée. Qui osera dire après ce jour historique que le monde des toros est ingrat, cruel et que celui qui va aux arènes est un assassin ? Personne, quel pied de nez aux antis ! Les toreros, ganaderos, empresarios, politiques, journalistes, aficionados ont tous répondu présents pour rendre hommage à cet homme ; la planète toro est définitivement une grande famille. Ce sont toutes les valeurs que prône la tauromachie qui en sortent vainqueurs aujourd’hui.
Remettons les choses dans son contexte pour ceux qui n’ont pas compris de quoi je parle. Il y a de ça moins d’un an, le peon du Fundi, Adrían Gomez, se fait prendre par un novillo à Torrejon de Ardóz. Il était en effet dans la cuadrilla d’un apprenti qui aspire à devenir maestro. Par générosité il lui fait part de son expérience et accepte de toréer à ses côtés. Malheureusement après une paire de banderilles Adrían se fait attraper par ce bicho. Le diagnostic qui tombera dans la soirée est tragique. Tout le mundillo est sous le choc en apprenant la nouvelle, l’homme meurtri risque d’être tétraplégique ; après l’opération le verdict tombe : sa vie sera définitivement différente, tout réapprendre, les toros en tant qu’acteur sont du passé. A partir de cet instant c’est toute la planète toro qui est avec lui.