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Sam. 25 Mai

Doléance 30/ Fayçal, le poids des origines et du quartier

Réalisatrice Marion Lary

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Ce récit fait écho à une doléance publiée dans le livre Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

LYON, AOUT 2010

Moi ce qui me fait mal, c'est qu'on se moque de la dignité humaine. Je trouve que les événements récents trahissent une absence de respect minimum de cette dignité humaine. L'expulsion des Roms sans aucune finalité sécuritaire objective, car ça ne produit pas plus de sécurité, c'est une pure instrumentalisation politique. C'est révélateur, on jette des gens en pâture, on s'assoit sur la présomption d'innocence. Et puis créer une catégorie de citoyens qui ne sont pas des citoyens de plein droit mais des ex-étrangers conduit implicitement à ostraciser une partie de la population. Il n'y a pas très loin du sous-citoyen au sous-homme.

Stigmatiser des populations entières Roms, Musulmans, Arabes et Noirs en affirmant que l'appartenance à un groupe est synonyme de délinquance remet en question un des principes fondamentaux de la société française : l'égalité de chacun devant la loi indépendamment de sa race, de sa culture, de sa religion. En fait on fait disparaître l'individu au profit d'un supposé groupe d'appartenance. Ce qui disparait aussi, c'est la possibilité de reconnaître d'autres formes de liens qui eux sont politiques et fondés sur l'usage du libre arbitre dans des parcours singuliers pour chacun. Assigner les gens à une catégorie, c'est déjà leur dénier une partie de leur humanité, je veux dire de leur liberté.

→ à retrouver page 102 du livre Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

 

Après avoir été assistante à la réalisation, Marion Lary réalise des documentaires depuis une quinzaine d’années sur des sujets de société comme la violence conjugale, les demandeurs d’asile, le planning familial, une biographie de Louise Michel… Elle anime aussi des ateliers d’initiation au documentaire en milieu scolaire et professionnel. Et s’engage dans la défense du documentaire et de sa diffusion en étant membre d’ADDOC et de l’ACID. Dans mon quartier je vis, je meurs est son premier long métrage documentaire.

Et c'est à l'occasion de ce tournage qu'elle a rencontré Cécile. « Le film est tourné à Palente-Orchamps, un quartier de Besançon qui a connu les grèves ouvrières de la Rhodia en 1967, la longue occupation des Lip, le cinéma militant des groupes Medvedkine. L'engagement de Cécile pour la défense du quartier et de ses habitants, son dynamisme et son enthousiasme m’ont tout de suite séduite et elle est devenue un personnage de mon documentaire de 75mn, Dans mon quartier je vis, je meurs, dans lequel le Palente-Orchamps d’aujourd’hui est mis en perspective avec les luttes passées et l’influence d’une culture populaire née avec le quartier dans les années 50.»

Le film a été présenté en avant-première au festival de Belfort 2011 et aux Rencontres de Manosque

Filmographie sélective de Marion Lary

  • Histoires de famille (1984)
  • Perdue (1990)
  • Désirs d’enfant (1995)
  • Pères (1997) 
  • La Rage de vivre (1998)
  • Une Semaine au planning (1999)
  • Demandeurs d’asile (2003)
  • A l’École de Louise Michel (2006)
  • En parler ou pas... (2007)
  • Un Silence assourdissant (2009)
  • Dans mon Quartier, je vis, je meurs (2011).

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