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Mediapart
Jeu.23 octobre 201423/10/2014 Édition du matin

L'exception Mediapart

|  Par Edwy Plenel

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En 2012, refonder la liberté de l’information

Illustrée dans bien d'autres domaines rédactionnels, moins spectaculaires mais aussi essentiels, cette marque de fabrique – l'indépendance – sera évidemment la nôtre durant la campagne présidentielle pour 2012 qui, de fait, a déjà commencé. Par ses informations, Mediapart a démontré la nocivité d'une présidence qui s'attaque au principe même d'une République démocratique et sociale, et nous le redirons haut et fort en début d'année avec le deuxième tome de notre chronique des faits et gestes de la présidence Sarkozy, sous le titre Finissons-en !, aux éditions Don Quichotte.

Mais la faillite du sarkozysme est celle d'un système oligarchique qui n'entend rien céder de ses privilèges et qui peut fort bien survivre à une alternance seulement partisane. Nous ne cesserons donc, par nos enquêtes, reportages et analyses, de rappeler à l'opposition actuelle dans sa diversité, et notamment au Parti socialiste, qu'après quatorze ans d'une même présidence mitterrandienne et dix-sept ans de pouvoir ininterrompu de la droite conservatrice, notre pays est en droit d'espérer enfin une vraie refondation démocratique, libérant ses énergies populaires et restaurant l'égalité des droits.

En 2012, nous ferons notamment valoir cette exigence sur le terrain de la liberté de l'information, tant la conjonction de la crise démocratique et de la révolution numérique appelle une nouvelle loi fondamentale, à l'instar de la portée libératrice de la loi de 1881 qui a instauré la liberté de la presse en France.

Les compliments que reçoit parfois l'équipe de Mediapart pour son « courage » ne nous enchantent qu'à moitié : demande-t-on à des petits poissons nageant dans une mer polluée d'être courageux ? Non, on se préoccupe de dépolluer la mer ! Et pourquoi faudrait-il qu'un journaliste soit courageux pour arriver à faire loyalement et honnêtement son métier ? Il y a là un immense chantier d'invention politique et juridique dont Mediapart se fera inlassablement le promoteur durant la campagne électorale.

Nos valeurs sont résolument démocratiques et sociales, et conformes en ce sens au préambule si peu respecté de la Constitution française sous deux Républiques, la Quatrième et la Cinquième. Et la ligne de Mediapart, qui en découle, n'est autre que cette quête des informations qui réveillent, bousculent et animent. Qui donnent vie au débat public et qui font bouger les lignes, ébranlant les préjugés, les fatalités comme les servitudes. « Un journaliste en possession de faits est un réformateur plus efficace qu'un éditorialiste qui se contente de tonitruer en chaire, aussi éloquent soit-il » : nous faisons nôtre cette conviction du sociologue américain, lui-même ancien journaliste, Robert E. Park, lequel ajoutait : « Ce sont les informations plutôt que les commentaires qui font les opinions. »

Telle est l'ambition qui nous anime et pour laquelle, plus que jamais, nous avons besoin de vous. Mediapart n'est pas l'aventure d'une présidence, comme l'on dirait d'un jour. Nous entendons bien, avec votre soutien, inventer la nouvelle presse du XXIe siècle, une presse descendue de son piédestal, restaurant la confiance avec ses lecteurs, ne s’arrogeant pas le monopole des opinions, défendant un agenda échappant aux pouvoirs et démontrant que le numérique, loin d'être le lieu de perdition de l'information, est l'endroit même de son enrichissement. Nous accompagner sur ce chemin, c'est contribuer à réveiller l'esprit public.

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