Almodovar l'a encore ratée, la Palme a été attribuée au Ruban blanc de Michael Haneke. Michael Moore et Fahrenheit 911 en 2004, Ken Loach et Le vent se lève en 2006, Cristian Mungiu et 4 mois, 3 semaines, 2 jours en 2007, Laurent Cantet et Entre les murs en 2008 : la plupart des récentes palmes avaient un sens clair. Accroître l'impact politique de films qui, sans cela, eussent risqué de s'époumoner dans le vide. Couronner une intention davantage qu'une recherche. Un sujet plutôt qu'une invention.
C'était faire un usage stratégique d'une distinction qui fut rarement un baromètre et récompensa nombre de mauvais films. Pas bête. Michael Moore sera toujours préférable à Billie August, à tout prendre.
En va-t-il de même en 2009, avec Le Ruban blanc ? Oui, si l'on considère que c'est un sujet qu'a élu le jury présidé par Isabelle Huppert. Un sujet, que dis-je, le sujet : la barbarie, la violence privée qui fait le lit du terrorisme et de tous les types de violence politique, la montée du nazisme, les racines du mal, la bête immonde sortant du ventre… Vous trouvez qu'il y a là beaucoup d'expressions toutes faites ? Trop pour être honnête et ne pas dissimuler une confusion ? Vous avez raison. Je ne fais pourtant que recopier ce qu'impriment les journaux depuis la présentation du film en milieu de semaine.


