De toutes les fonctions d'une monnaie, le rôle politique est peu mis en avant. Mais si le dollar des Etats-Unis est un instrument d'influence et son statut privilégié une clef dans la (mauvaise) gestion de l'économie américaine, l'euro, qui a dix ans depuis jeudi 1er janvier, reste une monnaie apolitique. Les autorités européennes, y compris la Banque centrale, ont refusé les responsabilités qui découlaient de la création de la deuxième monnaie la plus puissante au monde. Et si les citoyens européens ont bénéficié de la monnaie unique, ils payent aujourd'hui, avec la crise financière, le prix de ce refus. Entretien avec le professeur Richard Portes, qui avait identifié ce problème dès 2004.
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