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Jeu.31 juillet 201431/07/2014 Dernière édition

L'interminable chute de l'automobile française

|  Par Dan Israel

Les chiffres 2012 sont catastrophiques. Coincés entre des concurrents low cost agressifs et de prestigieux constructeurs allemands, PSA et Renault vendent de moins en moins de véhicules en France. Et sont peu présents sur les marchés qui explosent à l'étranger. Les mauvaises nouvelles devraient continuer.

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La mauvaise nouvelle était attendue, elle n’en est pas moins douloureuse. Le bilan de l’année 2012 est catastrophique pour l’industrie automobile française. Mercredi 2 janvier, le comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) a présenté les chiffres des douze derniers mois, et il est peu de dire qu’ils sont mauvais. En un an, les immatriculations de voitures neuves se sont effondrées de 13,9 % dans l’Hexagone. Elles sont passées sous la barre de 1,9 million, soit le plus bas niveau depuis 1997. Sur la même période, le marché anglais a progressé de 5 % et l’Allemagne a limité la casse avec une baisse de moins de 2 %. En France, la chute est particulièrement brutale pour les champions nationaux : Renault accuse une dégringolade de 22,1 % (marques Renault et Dacia confondues), et PSA Peugeot Citroën une baisse de 17,5 %.

Lire ici les chiffres complets des constructeurs :

Conséquence logique de ce coup de massue : les groupes français ont vu leur part de marché en France baisser de 56,1 % à 52,5 % en un an. Les marques étrangères, elles, chutent aussi sur le territoire, mais de façon beaucoup moins marquée : - 6,7 % en moyenne, dont seulement - 5,1 % pour le numéro un européen, l’allemand Volkswagen. Du côté de la Bourse, les résultats sont tout aussi mauvais pour les Français. En cinq ans, la capitalisation de PSA a été divisée par 6, et celle de Renault, « sauvée » par les 43 % de Nissan détenus par le groupe, a tout de même été réduite de moitié.

Comment expliquer ces chiffres ? Bien sûr, les constructeurs français font face à la crise qui frappe l’Europe depuis 2008. Elle est généralisée : cela fait six ans que le nombre de voitures neuves vendues baisse dans l’Union européenne, tombant à son plus bas niveau depuis 1993 (12 millions de ventes, selon Fitch Ratings). Et puis, ils subissent le contrecoup de la prime à la casse, qui, de décembre 2008 à mars 2011, a boosté les ventes, mais a aussi poussé les consommateurs à anticiper le renouvellement de leur véhicule. Mais ces explications sont loin d’être suffisantes. Et les causes de fond de cet écroulement laissent entrevoir peu de portes de sortie pour les années à venir. Les professionnels eux-mêmes le disent. Le CCFA a indiqué à l’AFP s’attendre « à un marché 2013 au mieux comme celui de 2012 ». Et il y a un mois, le président du comité, Patrick Blain, prévoyait déjà une dégradation pour l’an prochain, tout en tentant de tempérer le pessimisme : « On ne voit pas le marché se redresser mais on ne le voit pas s'enfoncer de la même façon. »

Autant dire que la solution n’est pas à portée de main. Car les constructeurs français pâtissent avant tout de leur positionnement « généraliste », centré sur les voitures de gamme moyenne, du type « compactes » pour reprendre le jargon du milieu. Un créneau qui représente certes les trois quarts du marché, mais qui est aussi de loin le plus encombré, et le moins rentable. Les constructeurs généralistes sont « pris en tenailles entre les véhicules d’entrée de gamme fabriqués dans des pays à coûts salariaux plus faibles (Europe centrale et orientale, Espagne, Portugal, Afrique du Nord) et la domination de constructeurs allemands positionnés sur le haut de gamme », constatait fin octobre dans un rapport sans fard sur le secteur automobile le Conseil économique, social et environnemental (CESE).

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