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Jeu.31 juillet 201431/07/2014 Édition de la mi-journée

G-20: le rapport que Sarkozy n'a pas commandé à Camdessus

|  Par Philippe Riès

Avant la réunion du G-20, l'ancien directeur général du FMI a proposé un programme minimum de reconstruction d'un système monétaire international. On jugera à cette aune la performance de la présidence française.

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Une fois n'est pas coutume, le rapport sur la réforme du système monétaire international que Michel Camdessus, ancien directeur général du FMI, présentait à la presse, à quelques jours de la réunion à Paris du G20 des ministres des finances et gouverneurs des banques centrales, n'est pas une commande du chef de l'Etat à ce retraité hyperactif. C'est tout aussi bien étant donné l'usage habituellement réservé à ces rapports officiels (le classement vertical) et le niveau extrêmement modeste en la matière des ambitions de la présidence française du G20. Non, «l'Initiative du Palais-Royal» est une contribution spontanée d'un club de «old boys», riches d'une expérience collective unique, et qui jugent en fin de compte que rien de consistant n'a été entrepris jusqu'ici pour s'attaquer aux causes profondes de la crise financière globale.

En exergue de ce texte de quelques pages seulement, on trouve d'ailleurs une citation de Tomaso Padoa-Schioppa, un des promoteurs de cette entreprise décédé en décembre dernier, à la veille de la dernière réunion du groupe: «Tous ceux qui veulent penser l'après-crise en termes constructifs doivent, à mon sens, se poser la question de la reconstruction d'un véritable ordre monétaire international.» C'est peu dire en effet, comme l'observe le rapport, que «l'on n'a pas consacré une attention suffisante à l'importance du système monétaire international». Et d'ajouter: «Comme anciens ministres, gouverneurs de banques centrales et responsables d'institutions nationales ou internationales, nous ne connaissons que trop bien les faiblesses et les insuffisances du système actuel.»

En imaginant que Pelé, Platini, Maradona, Beckenbauer, Cruyff, Eusebio et quelques autres vieilles gloires du football se penchent sur les dérives de leur sport et les réformes possibles, on a une idée de ce que représentent les membres du groupe du Palais-Royal dans l'histoire monétaire et financière des quarante dernières années. On y trouve, entre autres, Paul Volcker qui, à la tête de la Réserve fédérale des Etats-Unis, a mis fin à la vague d'inflation des années 1970 et jeté les fondements de ce qu'on appellera plus tard l'ère de la «Grande Modération», autrement dit l'ère Volcker; Alexandre Lamfallussy, ancien directeur général de la BRI, la banque des banques centrales, et père du «processus Lamfalussy» d'intégration financière en Europe; Toyoo Gyohten, un des principaux architectes de la modernisation financière du Japon, longtemps à tête du Groupe de travail n°3 de l'OCDE; Guillermo Ortiz qui, comme ministre des finances puis gouverneur de la banque centrale du Mexique, a contribué à sortir le pays de la crise de 1994 et le purger de l'inflation endémique propre aux économies d'Amérique latine; Arminio Fraga est le représentant de ces banquiers centraux, qui accomplit le même travail au Brésil sous la présidence de Fernando Henrique Cardoso. Etc.

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