C'est officiel: les pertes et dépréciations d'actifs subies par les banques et les maisons de titre depuis le début de la crise dite des subprime en 2007 ont franchi cet été le cap des 500 milliards de dollars. 503 milliards précisément, selon le bulletin trimestriel de la Banque des règlements internationaux publié lundi 1er septembre. Et ce n'est pas fini.
La banque des banques centrales note que les primes de risque, qui mesurent le degré de confiance (ou plutôt de défiance) dans la santé des institutions financières, se sont à nouveau tendues à la fin du mois d'août, en raison des difficultés des agences hypothécaires américaines (Fannie Mae et Freddie Mac) et des nouvelles pertes annoncées par AIG, le numéro un américain et mondial de l'assurance. Pour la BRI, cela signifie que «de nouvelles dépréciations et cessions d'actifs sont à attendre dans les mois qui viennent, aggravant les contraintes actuelles de fonds propres et les besoins de financement qui en découlent».
La BRI souligne d'ailleurs que «l'incertitude sur les pertes futures et les besoins en capital ont provoqué des craintes sur la capacité des banques à aller au-delà des 352 milliards de dollars en fonds propres nouveaux levés depuis le début de la crise».
Sans retrouver la situation critique du mois de mars 2008, au moment de la quasi-faillite de Bear Stearns, le niveau actuel des primes de risque «suggère que les pressions sur le marché interbancaire devraient se prolonger pendant un certain temps», écrivent les auteurs du rapport. La BRI relève aussi l'absence d'impact de l'annonce le 30 juillet par la Réserve fédérale des Etats-Unis de nouvelles mesures pour rendre plus efficaces les guichets de refinancement des institutions financières américaines créés ou étendus depuis le début de la crise. Dur.


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La situation est pire que celle que vous décrivez : les primes de risque ou de liquidité ou de signature (vocables qui cachent la même réalité) se sont tout récemment envolées. Une grande banque française de dépôt a emprunté il y a peu sur le marché public de l'épargne quelque 0,1 G d'euros au taux équivalent à euribor 3 mois + 1,3%, parfaitement inconcevable 18 mois plus tôt (l'émission aurait été réalisée à euribor3M +/- 0,01 %).
Philippe Riès 130 points de base? C'est en effet complètement hors norme (le spread moyen calculé par la BRI est de plus ou moins 80, ce qui est déjà très élevé). Vous suscitez ma curiosité sur l'identité de cette banque.
BNPARIBAS ! Une société de crédit foncier (3A par toutes les agences de notation) a trouvé en juin du 10 ans à 100 pb, quand le marché demandait 160 pb. En temps normal, cette société a émis 1,5 Geuro sur 50 ans à 6 pb all in !! La crise de confiance est mondiale et très profonde ... et ceux qui ont du cash ont très peur de le prêter à des institutions qui risquent de faire faillite du jour au lendemain. Tant que les institutions financières n'auront pas "déclaré" toutes leurs pertes, présentes et à venir par effet de dominos, il en restera ainsi.
Les banques ne peuvent déclarer toutes leurs pertes ...parce qu'elles ne les connaissent pas. Les banquiers ont joué aux apprentis sorciers, sans un quelconque sens de mesure et de bon sens. Leur stratégie, dans l'arrogance d'une prétendue science de l'ingénierie financière, jalonnée de formules mathématiques et de martingales, était totalement contradictoire. Les banques sortent de leur bilan des créances qu'elle titrisent, pour se décharge du risque de crédit, et elles prêtent , avec un effet de levier allant jusqu'à 30, aux fonds qui achètent les titres. De transactions en transactions, on peut ainsi concevoir qu'elles aient repris trente fois le risque qu'elles avaient prétendu éliminer ...et probablement cru disséminer!! Les autorités régulatrices ne comprennent rien à tous ces mécanismes. Les banques avaient prétendu gérer le risque, les agences de notation le noter , les rehausseurs de crédit le garantir. Tout ceci n'était qu'un chateau de cartes, avec des acteurs que l'on peut taxer soit de charlatanisme incompétent, soit d'escroquerie. Comment voulez vous que dans cette situation la confiance revienne ?!!
Une opération 3A vient de sortir avec un spread de 51 pb sur 2 ans et 1 G€ : le marché est bien fermé !