2 avril 2007 : Faillite de New Century
New Century, numéro un américain des prêts hypothécaires à haut risque, fait faillite. La société est victime de la multiplication des défauts de ménages américains, qui avaient souscrit des emprunts immobiliers dont les taux, variables, ont fortement augmenté au cours des derniers mois. D’autres prêteurs avaient déjà mis la clé sous la porte lors de mois précédents, mais ce sont les déboires de New Century qui annoncent l’éclatement de la bulle immobilière américaine.
22 juin
La banque d’investissement américaine Bear Stearns vole au secours de deux de ses “hedge funds”, malmenés en raison de leur exposition aux prêts hypothécaires à haut risque aux Etats-Unis, les “subprime”, en les renflouant de plus de trois milliards de dollars.
6 juillet
Peter Wuffli, directeur général d’UBS, est remercié, officiellement pour “divergences stratégiques”. La banque suisse paie son lourd engagement dans des activités de titrisation aux Etats-Unis, ce mécanisme qui consiste pour les banques (et pour les assurances) à revendre à des investisseurs certaines de leurs créances, plus ou moins risquées, sous formes de titres financiers. Wuffli est le premier des patrons d’établissements financiers à faire les frais de la crise du “subprime”.
28 juillet
Premières inquiétudes sur les places financières portant sur les engagements bancaires et leurs expositions au segment “subprime”. Le manque d’information sur l’étendue du phénomène accentue le sentiment de panique sur les marchés.
30 juillet
IKB, établissement public bancaire allemand spécialiste des PME, émet un avertissement sur ses résultats 2007 en raison de ses engagements sur le marché hypothécaire américain. Dès le 1er août, le gouvernement allemand réagit et annonce la mise en place d'un plan de sauvetage de 3,5 milliards d'euros, alimenté par un groupe de banques régionales, pour éviter la faillite d’IKB.
6 août
Warren Spector, co-président de Bear Stearns, donne sa démission après la débâcle des deux hedge funds de la banque d’investissement. Le PDG du groupe, James Cayne, violemment critiqué par la presse américaine pour sa gestion de la crise, démissionnera en janvier 2008.
10 août : trois fonds de BNP Paribas gelés
BNP Paribas Investment Partners gèle les opérations sur trois de ses fonds (Parvest Dynamic ABS, BNP Paribas ABS Euribor et BNP Paribas ABS Eonia), en raison de problèmes de liquidité. Après AXA et Oddo, BNP Paribas est le troisième établissement français obligé de suspendre temporairement certains de ses fonds en raison de la crise du crédit immobilier à risque aux Etats-Unis. Deux de ces trois fonds rouvriront finalement le 29 août, le troisième le 30.
10 août : les banques centrales au secours des marchés
Les institutions monétaires volent au secours des marchés. En deux jours – 10 et 11 août-, des banques centrales, aux Etats-Unis, en Europe et en Asie, injectent plus de 330 milliards de dollars d’argent frais afin d’apaiser les tensions sur les marchés monétaires interbancaires et d’éviter une crise de liquidités. Officiellement, l’opération n’est pas concertée. La seule BCE a injecté 94,8 milliards d’euros en réaction à la montée en flèche des taux d’intérêt au jour le jour, ce qui traduit une vraie crise de confiance entre les banques A titre de comparaison, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, la BCE avait injecté sur le marché 69,28 milliards d'euros, puis 40,49 milliards d'euros le 13 septembre.
15 août : Countrywide frôle la faillite
Les spécialistes des prêts immobiliers américains continuent de souffrir, confrontés à la multiplication de défauts. Countrywide, numéro un du secteur après la faillite de New Century, obtient le 15 août une facilité de crédit de 11,5 milliards de dollars auprès d’un consortium de banques. Dans la foulée, les agences de notation abaissent la note de la dette du groupe. Le 23 août, Bank of America injecte 2 milliards de dollars dans Countrywide sous forme d'actions préférentielles, afin de repousser le spectre d'une faillite du prêteur immobilier.
Fin octobre, Countrywide publie sa première perte trimestrielle en 25 ans, de 1,2 milliard de dollars. Il fait état de 422 millions de dollars de pertes supplémentaires sur les trois mois suivants, soit un déficit de 704 millions sur l’ensemble de l’exercice 2007.
Mi-janvier, Bank of America annonce le rachat de Countrywide pour quatre milliards de dollars, tout en titres. Angelo Mozilo, co-fondateur emblématique du groupe en 1969, démissionne et renonce à son “parachute doré”.
17 août
Première intervention de la Fed sur ses taux : son taux d'escompte est abaissé à 5,75 %.
30 août : les agences de refinancement vacillent
Freddie Mac, agence de refinancement des crédits hypothécaires qui permet avec le concours de l’Etat américain de garantir des prêts immobiliers même les plus risqués, fait état d’une chute de 45 % de son bénéfice au deuxième trimestre. Son homologue Fannie Mae connaît des difficultés similaires. Les deux établissements, créés par le Congrès américain, détiennent ou garantissent 40% de l’ensemble des prêts immobiliers aux Etats-Unis (soit 4.800 milliards de dollars). Les marchés craignent que les difficultés de ces agences les contraignent à limiter l’extension de leur portefeuille de prêts, ce qui pèserait par ricochets sur l’ensemble du circuit financier.
14 septembre : les déboires du britannique Northern Rock
La Banque d’Angleterre consent un prêt d’urgence à Northern Rock, huitième établissement bancaire de Grande-Bretagne, spécialisé dans l’immobilier. Dans plusieurs villes du pays, des particuliers se ruent dans leurs agences pour retirer leurs avoirs. En une seule journée, près d’un milliard de livres sort de la banque. Pour éviter une panique bancaire, la Banque d’Angleterre assure la garantie des dépôts de l’établissement en crise au fil des semaines, jusqu’à un total de 25 milliards de livres.
Plusieurs candidats à la reprise, dont Virgin et les fonds d’investissement américains JC Flowers et Cerberus, se manifestent. En février, jugeant les dossiers de reprise peu crédibles, le chancelier de l’Echiquier décide la nationalisation “provisoire” de la banque de Newcastle, effective depuis le 22 février.

