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Dim.29 mars 201529/03/2015 Dernière édition

Prescrire publie sa liste noire des médicaments

|  Par Michel de Pracontal

La revue Prescrire a établi une liste de médicaments plus dangereux qu'utiles, sur la base d'informations rassemblées de 2010 à 2012.

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L’exemple des pilules de troisième et quatrième génération illustre la difficulté à choisir les meilleurs (ou les moins mauvais) médicaments : la mode, le marketing des laboratoires, l’influence de médecins leaders d’opinion et médiatisés, ont abouti à une consommation excessive de ces pilules, qui n’ont pas d’avantage clinique démontré, et qui augmentent le risque de thrombose (voir notre article ici). Et cela, en dépit du fait qu’elles n’étaient souvent pas remboursées par la sécurité sociale. Et que depuis 2007, un avis de la commission de la transparence de la Haute autorité de santé (HAS) demandait qu’elles ne soient utilisées qu’en deuxième intention.

Couverture de la revue PrescrireCouverture de la revue Prescrire © DR

Certes, le cas de la pilule contraceptive n’est en rien comparable à celui du Mediator, dangereux et sans utilité médicale. La pilule, elle, a une grande utilité. De plus, elle évite les risques liés à la grossesse ou à l’IVG. Il n’en reste pas moins que la dérive des prescriptions de pilules de 3e et 4e génération illustre, une fois de plus, l’incapacité des autorités sanitaires à orienter la prescription dans le sens le plus souhaitable.

Cette incapacité concerne de nombreux médicaments. Certains sont anciens et se sont montrés plus nocifs qu’utiles. D’autres sont récents mais se révèlent moins efficaces que leurs prédécesseurs, ou plus nocifs. Dans son numéro de février 2013, la revue Prescrire publie une liste de médicaments « à écarter », sur la base des analyses qu’elle a publiées de 2010 à 2012 (l’article est en accès libre).

Les médicaments épinglés par Prescrire sont des produits qui devraient, d’après la revue, être retirés du marché, soit qu’ils exposent à des risques disproportionnés par rapport aux bénéfices qu’ils apportent, soit qu’ils sont inefficaces, soit qu’il existe une meilleure option. 

« En France, début 2013, trop de médicaments à balance bénéfice-risques défavorable restent commercialisés, estime Prescrire. Les autorités de santé n’ont pas fait leur travail de protection des patients en autorisant ou en laissant ces médicaments plus dangereux qu’utiles sur le marché malgré leur des signaux d’alerte manifestes. »

D’une manière générale, la prudence dans le choix d’un médicament consiste, selon Prescrire, « à préférer les plus éprouvés, dont les effets nocifs sont rendus acceptables par une efficacité démontrée sur des conséquences concrètes ». Mais pour les patients, il est souvent difficile d’en juger, si l’on considère que des produits qui devraient être interdits depuis longtemps continuent d’être proposés et de faire l’objet d’une publicité importante.

Parmi les produits à écarter selon Prescrire, beaucoup ont soulevé des problèmes depuis longtemps, sans que cela n’entraîne d’action décisive des autorités. On remarque notamment :

• des produits contre le cholestérol comme le Lipanthyl (fénofibrate) ou le Lipanor (ciprofibrate), qui n’ont pas d’efficacité démontrée mais de nombreux effets indésirables ;

• le Vastarel (trimétazidine), utilisé en cardiologie, sans efficacité démontrée, qui peut entraîner des syndromes parkinsoniens ;

• le Stablon (tianeptine), utilisé comme antidépresseur mais qui expose à des dépendances et des atteintes du foie, et l’Effexor (venlafaxine), autre antidépresseur qui provoque des troubles cardiovasculaires ;  

• les coxibs, antalgiques qui entraînent des risques cardiovasculaires et cutanés ;

• le Protelos (strontium ranelate), traitement de l’ostéoporose qui fait l’objet d’une promotion excessive, compte tenu de ses nombreux effets adverses (voir notre article ici).

On peut remarquer que les laboratoires Servier sont fortement représentés dans la liste de Prescrire, avec six produits à l’index (Procoralan, Vastarel, Valdoxan, Stablon, Vectarion, Protelos). D'autres grands laboratoires apparaissent également, comme Astra Zeneca, Glaxo, Lilly, Novartis, Pfizer, Roche, ainsi que des firmes plus petites comme Fournier ou Menarini (énumération non exhaustive).

Pour voir la liste complète, utiliser le lien suivant :

http://www.prescrire.org/fr/3/31/48400/0/NewsDetails.aspx (à noter que le site, très sollicité, affiche parfois une erreur en lieu et place de la liste).

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