live
Mediapart Live

À midi, il sera trop tard...

Plus que quelques heures pour bénéficier de l'offre spéciale : 2 mois d'abonnement à mediapart pour 9€ seulement, soit un mois offert. N'attendez pas !

ABONNEZ-VOUS

Mediapart
Lun.20 octobre 201420/10/2014 Dernière édition

L'Elysée se veut impavide face aux manifestations

|  Par Lénaïg Bredoux

FO et la CGT appellent à manifester ce mardi contre l’accord sur l’emploi, à la veille de sa présentation en conseil des ministres. François Hollande refuse d’amender le texte et confirme son objectif d’inverser la courbe du chômage cette année. Selon l’Élysée, il n’y a pas, en l’état, de rupture à gauche. 

Partage

De notre envoyée spéciale à Blois

Le divorce est consommé. Du moins dans les mots. La CGT et FO appellent à manifester mardi contre l’accord sur l’emploi, que défend mordicus le gouvernement. Il en fait même un symbole de sa politique et de la méthode Hollande. « Nous appelons à une irruption des salariés sur la scène sociale », a expliqué le futur secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon (lire notre entretien). « Ce texte marque incontestablement un progrès », lui a répondu à distance le président de la République, lundi à l’occasion d’un déplacement à Blois.

Ce déplacement a été opportunément organisé à la veille des manifestations prévues dans tout le pays et deux jours avant la présentation en conseil des ministres du projet de loi transcrivant l’accord signé entre la majorité des partenaires sociaux. « C’est un peu un hasard mais ça ne tombe pas plus mal », sourit-on dans l’entourage du chef de l’État.

François Hollande à Blois, lundi 4 mars.François Hollande à Blois, lundi 4 mars. © Reuters

Après un séminaire sur l’emploi organisé dans la matinée à l’Élysée en présence d'une dizaine de ministres, François Hollande s’est rendu lundi dans un centre de formation des apprentis pour annoncer une réforme de la formation professionnelle, puis dans une petite entreprise pour y signer les premiers contrats de génération. Enfin, pas tout à fait : la loi a bien été promulguée mais il faudra attendre le décret d’application d’ici « deux à trois semaines » avant que cette mesure ne puisse entrer en vigueur. « C’est symbolique », explique-t-on à l’Élysée.

Et des symboles, le gouvernement en a besoin, alors que tous les indicateurs économiques s’enfoncent dans le rouge, que la majorité a du vague à l’âme (lire notre article) et que la cote de popularité de François Hollande est au plus bas. La manifestation de mardi pouvait difficilement tomber plus mal pour l’exécutif. Mais l’Élysée se veut serein. Interrogé lundi en marge de la visite à Blois, le ministre du travail Michel Sapin botte en touche : « Demain ? C’est comme une journée normale, de travail. » « Nous sommes impavides ! Chacun est dans son rôle », entend-on aussi dans l’entourage du chef de l’État. « Attendons de voir s’il y a beaucoup de monde et qui descend dans la rue », estime un important conseiller.

Pour l’instant, les proches de François Hollande ne voient pas dans la mobilisation, appelée par la CGT et FO, l’amorce d’un mouvement plus large que les traditionnels bastions syndicaux et les « bataillons du public ». « Cela ne va pas changer la face du monde », jure même un collaborateur qui voit aussi dans l’appel à manifester des jeux internes aux syndicats, « qui n’ont rien à voir avec le contenu de l’accord » négocié le 11 janvier.

« La CGT a son congrès (du 18 au 22 mars - ndlr) ; Laurence Parisot doit aussi faire face à des élections », glisse-t-il tout sourire. Sans compter, rappelle-t-on à l’Élysée, que la CGT signe aujourd’hui trois quarts des accords majoritaires dans les entreprises. « Cette fois, elle conteste le recours à l’accord majoritaire » dans le cadre des accords de flexibilité négociés par trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC) et le patronat, estime-t-on au Palais. « Cette dialectique n’est quand même pas très lisible pour les salariés ! »

Partage

Toutes les personnes citées ont été interrogées soit à l’occasion du déplacement de François Hollande à Blois, soit au cours des deux dernières semaines. Les conseillers de la présidence de la République et de Matignon interrogés ont tous souhaité rester anonymes, comme le veut l’usage.