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Jeu.18 décembre 201418/12/2014 Dernière édition

Au QG de Ségolène Royal: «Non, c'est dingue!»

|  Par Ellen Salvi

Au QG de Ségolène Royal, l'annonce des résultats a fait l'effet d'une bombe. 7% des voix: les militants sont abasourdis. Et pourtant, malgré la déception, ils persistent à penser que l'avenir de la gauche ne se fera pas sans leur candidate.

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«Non, c'est dingue ! Elle est derrière Arnaud !» À la Maison des Polytechniciens, le QG de Ségolène Royal situé rue de Poitiers (Paris VIIe), à seulement 300 mètres de Solférino, l'annonce des premières tendances des résultats de la primaire socialiste a fait l'effet d'une bombe. Alors que, à l'instar de Najat Vallaud-Belkacem, les fidèles de la candidate se disaient encore «très confiants» en fin d'après-midi, l'atmosphère et les sourires se sont crispés en quelques minutes.

«C'est une déception, il faut bien le reconnaître», confie le maire de Laval et porte-parole de Ségolène Royal, Guillaume Garot. Derrière lui, les chaînes d'informations créditent sa candidate de 7% des voix. Et d'une toute petite quatrième position, loin derrière Arnaud Montebourg qui rassemble 17% des voix.

Militants pro-Royal © ESMilitants pro-Royal © ES

Tandis que Ségolène Royal reste invisible, retirée dans une salle attenante depuis près d'une heure, ses plus proches fidèles jouent les porte-parole auprès des journalistes, essayant d'expliquer à chaud des résultats qui les laissent encore cois.

«Le système médiatique consomme de la nouveauté. En 2007, Ségolène Royal était l'événement, elle ne l'est plus aujourd'hui, affirme le député Jean-Louis Bianco. Aujourd'hui, la nouveauté est incarnée par Arnaud (Montebourg) et Manuel (Valls). Ce n'est pas un constat d'échec, mais les premières tendances ne sont vraiment pas bonnes.»

Martha, professeur à la retraite, militante au Parti socialiste depuis une dizaine d'années et pro-Royal depuis 2006, se dit tout simplement «abasourdie, assommée» par la nouvelle. Elle qui a tenu un bureau de vote dans le XIVe arrondissement pendant toute la journée, avant de rejoindre la rue de Poitiers, a rapidement vu le vent tourner en défaveur de sa candidate: «La pile des bulletins de François Hollande et de Martine Aubry baissait, tandis que celle de Ségolène Royal restait intacte. C'était absolument terrible.»

Mais malgré les premiers résultats, Martha ne veut pas entendre parler d'échec. Et continue à soutenir «farouchement» sa candidate. Pour elle, Ségolène Royal a pâti de l'image qu'on a voulu lui donner après sa défaite en 2007. Le revers, sans doute, de sa «politique par la preuve», alors même que c'est «elle qui a fait le triomphe de la primaire, qui a lancé toutes les idées. Les autres n'ont fait que suivre.»

Ségolène Royal a été l'initiatrice d'un dispositif démocratique qui a largement fait ses preuves ce dimanche 9 octobre: l'argument est assené par tous les partisans de la candidate. «C'est une partie des idées de Ségolène Royal qui l'a emporté aujourd'hui, affirme sa directrice de campagne, Dominique Bertinotti. Le succès de la primaire, qui est une idée que Ségolène porte depuis 2007, est de toute façon une très bonne chose.»

Un constat partagé par Guillaume Garot: «C'est une déception, mais en même temps c'est la victoire des idées de Ségolène Royal, se réjouit-il. Elle continue à porter la voix de beaucoup de Français, issus le plus souvent des quartiers populaires.»

Pour M. Garot, nombreux sont ceux à défendre les mêmes idées que Ségolène Royal, mais «peut-être ne se sont-ils pas déplacés pour aller voter», regrette-t-il. Si la plupart des militants restent prudents, préférant remettre à plus tard les explications fermes et définitives, chacun a sa petite idée pour justifier les faibles résultats de leur candidate. Et les coupables sont rapidement désignés: les sondages.

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