Connectez-vous
Les dossiers Le magasin
Jeu. 09 Fév

Mediapart

Fermer

Presse: notre lettre ouverte aux Etats généraux

| Par Edwy Plenel et François Bonnet

Lire aussi

Nous sommes journalistes. Notre métier est l’information, c’est-à-dire la libre enquête sur tous les faits qui conditionnent la vie publique. C’est un travail qui nous oblige, car il est au cœur d’un enjeu qui nous dépasse: la démocratie.

 

Les droits et devoirs de notre profession ne sont pas un privilège, mais une responsabilité envers les citoyens. La déclaration qui vaut charte déontologique pour les journalistes européens l’énonce clairement : «La responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime toute autre responsabilité, en particulier à l’égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics.» Tout simplement parce que les journalistes sont à la fois dépositaires, instruments et gardiens d’une liberté qui ne leur appartient pas : «Le droit à l’information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de l’être humain, rappelle le même texte, adopté en 1971 à Munich par nos fédérations et organisations professionnelles. De ce droit public à connaître les faits et les opinions procède l’ensemble des devoirs et des droits des journalistes.»

 

Nous sommes journalistes, et nous ne comprenons pas ce que divers représentants de notre profession sont en train de laisser faire. Nous ne comprenons pas comment l’avenir de notre métier peut être confié à une procédure qui est la négation même des principes que nous venons d’évoquer. Nous voulons parler de ces Etats généraux de la presse, initiés, convoqués et organisés par le président de la République française dont les quatre groupes de travail commencent aujourd’hui à se réunir.

Mots-Clés de l'article

 

Mediapart, en la personne de son directeur éditorial, François Bonnet, a été invité à participer aux Etats généraux de la presse. Cette invitation a été faite sous forme de courriel privé, la veille du discours de lancement prononcé à l'Elysée par Nicolas Sarkozy, le 2 octobre. Elle émane de Bruno Patino, ancien membre du directoire du groupe Le Monde et nouveau directeur de France Culture, choisi par le président de la République pour piloter l'un des quatre pôles, celui ayant pour thème «Le choc d'Internet: quels modèles pour la presse écrite?». Depuis, aucun ordre du jour n'a été précisé et aucun rendez-vous n'a encore été fixé. Quand ce sera le cas, nous irons y défendre la position de principe ici expliquée, en espérant convaincre les autres professionnels présents de l'adopter. Parallèlement, nous allons élaborer les deux cahiers de doléances de Mediapart: celui de notre équipe et celui de nos lecteurs, sachant que la liberté de la presse est un bien public.

 

Mots-Clés

Newsletter
Je m'identifie